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Full text of "Le livre d'or de Jeanne d'arc : Bibliographie raisonnée et analytique des ouuvrages relatifs à Jeanne d'Arc; catalogue méthodique, dscriptif et critique des principales études historique, littéraires et artistiques, consacrées à la Pucelle d'Orléans depuis le xve siècle jusqu'à nos jours"

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Le Livre d'Or de Jeanne d'Arc 



BIBLIOGRAPHIE 

RAISONNÉE ET ANALYTIQUE 

DES OUVRAGES RELATIFS A 

JEANNE D'ARC 



Catalogue méthodique, descriptif et critique 

des principales études historiques, 

littéraires et artistiques, consacrées a la pucelle d'orléans 

depuis le xv e siècle jusqu'a nos jours 



PAR 



Pierre LANÉRY D'ARC 




PARIS 

LIBRAIRIE TECHENER 

Henri Leclerc et Cornuau, Successeurs, 

219, Rue Saint-Honoré, 219 

1894 



Cet ouvrage a été tiré à 330 exemplaires, dont 10 sur 
papier du Japon (n os 1 à 10) et 20 sur papier de Hollande 
(n os 1 1 à 30). Ces exemplaires de luxe sont numérotés à la 
presse. 



Exemplaire N° 






Débris de la Chapelle de Domremy où Jeanne allait prier. 
(Extrait de la Jeanne d'Arc de Wallon, édition illustrée). 



AVANT-PROPOS 



« C'est le privilège des grands hommes de commencer 
réellement à vivre alors seulement qu'ils sont morts, et de 
ressusciter, pour ainsi dire, après cette existence éphémère 
pour vivre d'une nouvelle vie qui ne s'éteint jamais. Il y a 
plus, cette vie dont ils sont animés, ils la répandent dans le 
monde des vivants, ils l'en inspirent et le fécondent. 

Parmi les gloires immortelles dont le berceau est une 
tombe et dont le trépas ne fut que le baptême d'une éternelle 
jeunesse, est-il, au temple du souvenir, un rang plus élevé, 
une place plus belle que celle de l'humble vierge à qui la 
France doit aujourd'hui d'être la France? Combien de pro- 
ductions intellectuelles, combien d'oeuvres remarquables 
sa mémoire n'a-t-elle pas fait éclore ? » 

Ce mouvement, que constatait déjà en 1830, Vallet de 
Viriville, en estimant à soo le nombre des auteurs qui 
s'étaient occupés de la Pucelle d'Orléans l , n'a fait, depuis 



1 M. Pernot, en 185 1, n'estimait qu'à 400 le nombre des ouvrages littéraires et artis- 
tiques consacrés à Jeanne d'Arc. '11 était évidemment bien nu-dessous du chiffre véri- 
table. 



VI AVANT-PROPOS. 

cette époque, que s'accentuer et que s'accélérer de plus en 
plus. Que dirait l'éminent érudit, le zélé admirateur de la 
grande Française, s'il pouvait voir que, depuis sa réflexion, 
les travaux sur ce sujet ont quintuplé. 

Chaque jour, la figure de Jeanne d'Arc, grâce aux études 
dont elle est, dans ce demi siècle, l'objet, sort plus nette, 
plus resplendissante des voiles du passé pour monter sans 
cesse vers le zénith. 

Jamais, en effet, on ne s'est tant occupé de celle dont le 
souvenir radieux brille d'un si vif éclat dans les fastes de 
notre vieille France chevaleresque '. Jamais on ne s'est tant 
occupé de l'héroïne ; jamais elle n'a été honorée d'un culte 
aussi passionné que dans ces dernières années : des statues 
s'élèvent de tous côtés, en attendant les sanctuaires et les au- 
tels, résultat de la canonisation de demain. Est-ce là un signe 
des temps ? Notre esprit, notre cœur, notre foi, se tournent- 
ils vers la libératrice de la Patrie pour l'implorer, pour lui 
demander aide et secours dans les pénibles épreuves de 
l'heure présente ? 

Quoi qu'il en soit, chaque jour apporte une pierre de plus 
dans la construction de ce monument de gratitude, d'admi- 
ration, édifié par la France au caractère qui personnifie le 
mieux l'héroïsme patriotique et qui couronne par le martyre 
l'épisode le plus merveilleux de notre histoire comme de 
toutes les histoires. 

Une des opérations les plus nécessaires et souvent des plus 
difficiles, à laquelle tout écrivain doit pourtant se livrer 
avant de prendre la plume, c'est de chercher les sources, les 
ouvrages déjà parus sur le sujet qui l'occupe, afin de connaître 
exactement l'état de la question. Plus celle-ci a été fouillée 
avant lui, plus cette recherche sera indispensable, mais aussi 
plus elle sera difficile à faire complète. Or, si on a beaucoup 



1 11 faut être Albert Wolff pour écrire dans le Figaro (30 avril 87) à propos de trois 
tableaux exposés au Salon — dont deux furent nonobstant médaillés — cette phrase peu 
rançaise : « Jeanne d'Arc y relève la tête dans des proportions inquiétantes. » 



AVANT-PROPOS. VU 

écrit, si on écrit de plus en plus sur Jeanne d'Arc, si les 
ouvrages consacrés à cette magnifique épopée forment déjà 
à eux seuls une vraie bibliothèque, tant ils sont nombreux, 
aucune étude bibliographique sérieuse n'en a encore été 
faite l . 

La Bibliothèque historique du P. Lelong, pillée par Lenglet- 
Dufresnoy etpar Chaussard, remonte au milieu du xvin e siècle, 
à une époque où la science historique ne s'était pas encore 
occupée sérieusement de la Pucelle. D'ailleurs, peut-on 
attendre, d'un auteur — quelque laborieux qu'il soit — 
opérant sur un champ d'études aussi vaste que l'histoire 
universelle, des recherches assez approfondies pour pouvoir 
être complètes? La parole du baron de Reiffenberg ne devient- 
elle pas chaque jour plus vraie : « La multiplication croissante 
du papier noirci a donné naissance à une science particulière, 
la bibliographie, dont le domaine est si vaste qu'on a été 
obligé de le diviser pour être en état de le mesurer- Règle gé- 
n érale : 77 ne peut réellement^ avoir d'utile et de complet que 
les bibliographies spéciales. » 2 « Rien de plus incomplet, rien 
déplus inutile, rien de plus absurde, — ajoutait à son tour 



! L'utilité du présent travail avait frappé depuis longtemps la Société bibliographique 
qui se décida en 187^ à mettre au concours cette question. On ne s'étonnera pas, — dit 
M. Marius Sepet, dans la Revue des quest. historiques du I e1 ' avril 1876, p. 6S6, en 
annonçant la chose, — que la Société bibliographique ait voulu déposer aux pieds de 
l'héroïque vierge de France, l'hommage de l'un des prix qu'elle vient d'instituer pour 
encourager les érudits de la France et de l'étranger à faire profiter de leurs labeurs la 
science qu'elle cultive depuis déjà huit années. Elle leur propose le sujet suivant : 

« Faire le catalogue raisonné de tous les documents relatifs à Jeanne d'Arc considérée 
sous tous les aspects. Ce catalogue doit comprendre les imprimés, les manuscrits et les 
monuments figurés de tous genres : livres, brochures, parties ou passages de livres et 
brochures, articles de revues et de journaux, anciennes chroniques, actes officiels ou 
juridiques, extraits, lettres, pièces de théâtre, etc., peinture, scnlpture, sceaux, mé- 
dailles ; l'indication de chaque document devra être autant que possible accompagnée 
de quelques lignes qui en préciseront la valeur. 11 importerait anssi d'en indiquer exac- 
tement la provenance et la généalogie. Le prix est de la valeur de mille francs. Les 
manuscrits devront être remis au siège de la Société bibliographique, boulevard Saint- 
Germain, avant le i er avril 1877. » 

Nous ne savons pas si l'étendue de ce cadre — qui comprend outre la bibliographie, 
l'étude des monuments et des œuvres d'art — (deux questions que nous laisserons nous 
de côté pour aujourd'hui), les difficultés des recherches, ou le peu de temps donné pour 
effectuer ce travail, effrayèrent les concurrents, toujours est-il que le prix ne fut pas 
décerné. 

2 Messager des sciences et arts de Belgique, t. IV, p. 179. 



VIII AVANT- PROPOS. . 

Oettinger, — qu'une soi-disante bibliographie générale. Celui 
qui sait apprécier toutes les difficultés et les obstacles parfois 
insurmontables qu'on rencontre pour remuer l'énorme masse 
des matériaux qu'embrasse une spécialité bibliographique, 
comprendra aisément l'impossibilité d'une bibliographie 
universelle ! ' » Aujourd'hui, devant le flot sans cesse mon- 
tant des publications qui menace de nous submerger, ne 
faut-il pas appliquer cette parole même aux bibliographies 
universelles et ne convient-il pas de spécialiser davantage ? 
Le chanoine Ulysse Chevalier a terminé récemment sa 
bibliographie générale, travail de bénédictin qui est un 
ouvrage de premier ordre 2 . Mais par le fait même que son 
domaine est très étendu, puisqu'elle s'occupe de tous les 
personnages depuis la création du monde, cette bibliographie 
générale perd un peu en profondeur, et on ne saurait légiti- 
mement lui demander autant qu'à une bibliographie spéciale 
consacrée à un seul personnage. Reconnaissons toutefois 
que le catalogue de M. Chevalier, dont le fascicule relatif a 
Jeanne d'Arc a été tiré à part, était ce que nous avions de 
plus complet depuis le travail publié par l'abbé Barthélémy 
en 1847 dont l'ancienneté, les lacunes, les erreurs et les 
fautes d'impression, faisaient une œuvre notoirement insuf- 
fisante. 

La Bibliographie que nous avons publiée en 1880 et en 
1888 chez Techener, était sans doute plus complète, quoique 
bien imparfaite encore. Son plus grand défaut, à notre avis, 
et nous avions imité en cela toutes les bibliographies connues, 
était d'être faite par ordre alphabétique de noms d'auteurs :i ; 



1 Oettinger, Bibliographie biographique universelle, Paris, Lacroix, Daffis, 1866, pré- 
face, p. II. 

2 Aussi est-ce avec la plus sincère satisfaction que nous lui avons vu attribuer, en 
i883, par l'Acadéime des inscriptions et belles-lettres, le prix Brunet, auquel nous-même 
avions osé prétendre. C'était justice. Et même, si nous avions su à quel monument notre 
modeste essai paraissait vouloir disputer la palme, nous n'aurions pas eu la présomption 
de nous mettre sur les rangs. 

3 Si nous possédons bien des bibliographies d'auteurs, c'est-à-dire bien des catalogues 
relevant tous les ouvrages produits par le même écrivain, comme la Bibliographie des 
œuvres de Voltaire par M. Rengesco, on a sans doute remarqué combien étaient rares 



AVANT-PROPOS. IX 

enfin le cadre dans lequel nous avions dû nous limiter pour 
sa publication dans le Bulletin du bibliophile nous avait forcé 
à laisser de côté beaucoup de choses intéressantes. Tel quel 
pourtant cet essai, tiré à un petit nombre d'exemplaires, 
rapidement épuisés, fut accueilli avec faveur et nous valut 
les bienveillants éloges des hommes compétents. Ces encou- 
ragements précieux nous ont engagé à étendre et à approfon- 
dir notre travail pour lui donner une forme, sinon définitive 
— ce qui ne saurait être pour une bibliographie de sujet 
d'actualité comme le nôtre, destinée à devenir de plus en 
plus incomplète chaque jour — au moins plus satisfaisante 
et plus détaillée. 

Nous croyons inaugurer aujourd'hui un genre nouveau 
quoique bien rationnel. C'est une bibliographie raisonnée par 
ordre de matières. Prenant chaque ouvrage, nous nous pose- 
rons les questions suivantes : 

i" A quel genre appartient-il ? 

2° Quel point de l'histoire de Jeanne traite-t-il ? Quelles 
questions élucide-t-il ? 

3° (et subsidiairement). A quelle époque a-t-il été publié? 

Telles sont les trois considérations qui nous serviront à le 
catologuer : son genre, sou but, su date. 

Toutefois, si tels sont les caractères qui ont servi de base 
en principe à nos divisions, nous avons admis certaines 
exceptions : nous avons fait rentrer dans la seconde section, 
celle des monographies, le plus grand nombre d'ouvrages 



les bibliographies spéciales, c'est-à-dire les catalogues des études consacrées à un même 
personnage. Dans les bio-bibliogr?phies générales, celles d'Oettinger et de l'abbé Ulysse 
Chevalier par exemple, comme dans les notices bibliographiques des vies de person- 
nages célèbres, l'ordre adopté en général, quand il y a nn ordre, est l'ordre alphabéti- 
que de noms d'auteurs ; rarement nous voyor.6 l'ordre chronologique ; mais jamais les 
œuvres énumérées ne sont divisées par ordre de matières. En tous cas, nous n'avons pu 
trouver un seul modèle de bibliographie spéciale, c'est-à-dire consacrée à un grand 
homme. 

Puisse le présent e=sai — le premier en son genre à notre connaissance — trouver des 
imitateurs. Les publications historiques s'accumulant et la science bibliographique se 
perfectionnant sans cesse, nous ne doutons pas, qu'imitant notre exemple, les spécialistes 
ne publient successivement les bibliographies de nos hommes les plus célèbres, des 
gloires de notre France ! 



X AVANT-PROPOS. 

possible; or, l'ordre que nous avons suivi pour classer ces 
études est celui des diverses phases de la vie de l'héroïne ; 
commençant par sa naissance, son inspiration, sa nationa- 
lité provinciale, nous la suivrons dans les diverses localités 
qu'elle a traversées, dans son supplice et même après sa 
mort, dans la postérité, dans l'œuvre de réhabilitation et de 
canonisation. Plutôt que de faire un seul chapitre pour tous 
les panégyriques, où qu'ils aient été prononcés, un autre 
pour les statues, qui lui ont été élevées en cent localités 
différentes, un troisième pour les fêtes commémoratives 
qu'on célèbre en son honneur par toute la France, il nous a 
paru bon, au fur et à mesure que nous nous trouvions dans 
une contrée, d'étudier le rôle qu'y joua Jeanne, et, immédia- 
tement, de voir les souvenirs qu'elle y a laissés, les monu- 
ments qui lui y ont été élevés, les fêtes qui lui ont été 
offertes, etc. Cet ordre nous est imposé d'ailleurs par les 
ouvrages eux-mêmes. Car, dès qu'une statue est élevée à 
l'héroïne, une plaquette au moins est publiée qui non-seule- 
ment étudie l'œuvre d'art elle-même, mais encore rend compte 
des fêtes dont l'érection du monument a été l'occasion, 
reproduit les discours qui y furent prononcés, et retrace le 
plus souvent le récit historique du passage de Jeanne dans la 
contrée. Si nous avions fait plusieurs chapitres séparés, le 
même ouvrage aurait dû figurer dans chacun d'eux. Tan- 
disque, de la façon que nous avons établie, comme nous 
avons groupé ensemble tous les ouvrages relatifs au souvenir 
de la Pucelle dans la même contrée, on pourra d'un seul 
coup d'œil se rendre compte des diverses manifestations qui 
eurent lieu en son honneur ; d'ailleurs, pour chaque localité 
nous avons conservé d'abord l'ordre des matières et ensuite 
l'ordre chronologique. 

Au surplus, voici le détail de nos divisions ; 



AVANT-PROPOS. 



XI 



PREMIÈRE PARTIE 

JEANNE D'ARC DANS L'HISTOIRE 1516 notices. 

Section 1. — Histoires générales l 667 notices. 

A Collections de documents n notices. 

B Chroniqueurs du xv° siècle I 

a. Chroniqueurs français ) 

ou- { 52 notices. 

p. » bourguignons J 

y. » anglais, italiens, allemands f 

C Auteurs du xvi e siècle 33 notices. 

D » xvii e siècle 29 notices. 

E » xvm e siècle 51 notices. 

F xix° siècle. Historiens de Charles VII 14 notices. 

G » Histoires de Jeanne d'Arc savantes et critiques ... 3s notices. 

H » Histoires de Jeanne d'Arc populaires 48 notices. 

I » Histoires de Jeanne d'Arc pour la jeunesse 35 notices. 

J » Légendes et romans historiques 12 notices. 

K » Notices biographiques 153 notices. 

L » Conférences • . . 7 notices. 

M » Histoires en images 14 notices. 

N » Historiens anglais 93 notices. 

O » » allemands 54 notices. 

P » Autres historiens étrangers :i notices. 



Section II. — Monographies 2 



849 notices. 



A Orthographe du nom d'Arc et origine de la famille de la Pucelle. n notices. 

B Lieu de naissance, nationalité provinciale de Jeanne 27 notices. 

C Influences subies par Jeanne 15 notices. 

D Inspiration ou hallucination ? 4 1 notices. 

E Etendue de la mission de la Pucelle 8 notices. 

F Domremy. — La maison et les souvenirs de Jeanne. — Pèlerinages, 

fêtes et monuments commémoratiis. — Notre-Dame de Bermont. 73 notices. 
G Vaucouleurs et son monument. — Neui'chàteau et sa statue. — Toul. 

— Nancy, ses souvenirs, fêtes et statues -- notices. 

H Saint-Nicolas. — Saint. Urbain. — Sainte-Catherine de Fierbois. . o notices. 

I Chinon et ses monuments. — Tours n notices. 

J Poitiers et sa statue 7 notices. 

K Chécy. — Saint-Jean de Bray. — Orléans 

a. Généralités sur le siège d'Orléans ; 

[3. Particularités du siège ; 

y. Compagnons d'armes de Jeanne d'Arc ; j „ 

5. Monuments de Jeanne à Orléans ; \ 

s. Institution de la fête du S mai ; j 

Ç. Célébration des fêtes du S mai ; [ 

*r,. Panégyriques du 8 mai \ 

L Patay et Janville. — Campagne du sacre. — Lettres de Jeanne 

d'Arc. — Reims, souvenirs, statues et fêtes 30 notices. 

M Paris, le siège. — Lagny sur Marne. — Melun. — Berry. — Saint- 

Pierre-le-Moutier. — Bourbonnais 19 notices. 

N Compiègne, prise de Jeanne, souvenirs 11 notices. 

O Aisne. — Beaurevoir. — Le Crotoy. — Eu 15 notices. 

P Rouen, ses souvenirs, la prison de Jeanne, ses monuments et ses 

fêtes 6s notices. 



1 C'est-à-dire de la vie de l'héroïne dans son entier. 

1 C'est-à-dire travaux sur des points de détails relatifs à Jeanne d'Arc. 



\II AVANT- PROPOS. 

Q Les deux procès 

a. Manuscrits ; .... ; 

p. Les deux procès ; ^ 3 8 notices. 

■;. Procès de condamnation ; 

o. Procès de réhabilitation 

R Réalité du supplice de Jeanne, la fausse Pucelle 24 notices. 

S Bibliographie 12 notices. 

T La famille de l'héroïne 32 notices. 

U Jeanne d'Arc dans la postérité, son influence 43 notices. 

V Objets ayant appartenu à l'héroïne, reliques 15 notices. 

X Jeanne d'Arc dans l'Eglise, sainteté et canonisation 35 notices. 

Y Etudes sur le milieu et sur le temps où vécut Jeanne 48 notices. 

DEUXIÈME PARTIE 

JEANNE D'ARC DANS LA POÉSIE, 

DANS LA MUSIQUE ET AU THÉÂTRE ^ notices. 

A Poésie latine 18 notices. 

B Chroniques anciennes en vers 12 notices. 

C Complaintes 13 notices. 

D Poésies diverses 208 notices. 

E Petits poèmes et récits en vers • . 38 notices. 

F Poèmes épiques et héroïques 46 notices. 

G Drames en vers 1 

oc. Français ; ; 160 notices. 

p. Etrangers ( 

H Drames en prose ... 43 notices. 

1 Opéras , . . . 21 notices. 

J Poèmes lyriques et symphonies 18 notices. 

K Cantates, hymnes, morceaux divers 108 notices. 

L Pantomimes et ballets 10 notices. 

M Pièces ayant peu de rapport avec Jeanne d'Arc 5 notices. 

APPENDICE 5 i notices. 

A Iconographie 1 . . , 36 notices. 

B Revues 3 notices. 

C Almanachs et éphémérides 5 notices. 

D Ouvrages où il n'est pas parlé de Jeanne d'Arc en dépit du titre. 7 notices. 

Supplément 17 notices. 



Total 2286 notices. 

On trouvera sans doute que ce dénombrement est considé- 
rable, car, certainement, il est peu de héros sur lesquels on ait 
tant écrit ; mais il est encore possible aujourd'hui, en sera-t-il 
de même plus tard, le mouvement d'enthousiasme signalé, 
au lieu de faiblir, s'accentuant de plus en plus? C'est donc, 
croyons-nous, le moment de procéder à cette revue. 



1 Qu'on veuille bien se souvenir que ceci n'est pas rénumération des œuvres d'art 
elles-mêmes, mais des études relatives aux œuvres d'art. Ce chapitre n'est plus très 
important étant donné que nous avons énuméré précédemmenl tout ce qui concerne les 
statues et monuments élevés dans les lieux oii passa l'héroïne. 



AVANT-PROPOS. Xlil 

Nous nous bornerons aux livres imprimés consacres exclu- 
sivement ou en majeure partie à Jeanne d'Arc ; cène sera 
qu'accessoirement que nous citerons les articles de revues 
et de journaux, les histoires générales, les biographies uni- 
verselles, les notices de dictionnaires, et seulement quand 
ils offriront quelque chose de nouveau, d'intéressant, d'im- 
portant, sans chercher à être complet sur ce point, mais 
désireux d'écarter ce qui est par trop banal. Une énumération 
complète de ces sortes de publications, serait fastidieuse et 
sans intérêt. Serait-elle d'ailleurs possible ? Quelle est la 
revue, la magazine, quels sont les journaux illustrés ou quo- 
tidiens, qui n'ont pas publié quelque article sur le sujet qui 
nous occupe, et Dieu sait si ces feuilles sont nombreuses ? 
D'un autre côté, nous n'avons pas cru pouvoir systématique- 
ment les négliger, plusieurs de ces articles, bien que n'ayant 
pas fait l'objet d'un tirage à part, étant d'un beaucoup plus 
grand intérêt que de petites brochures consacrées par leur 
titre seul à Jeanne d'Arc. D'ailleurs aux xv", xvi e , xvn e et 
xviii siècles, c'est presque toujours dans des ouvrages géné- 
raux qu'il nous faut aller chercher ce qui a trait à la Pucelle. 
Nous en tenir aux spécialités eût été écarter absolument la 
majeure partie des productions antérieures à ce siècle-ci, 
production pourtant des plus utiles à connaître. 

Pour la facilité des recherches et des citations nous avons 
numéroté les ouvrages, les ouvrages différents seulement ; 
nous avons même parfois groupé les études d'importance 
secondaire qui se complétaient. Il nous a paru inutile de 
développer ce numérotoge outre mesure. C'est pourquoi 
nous n'arrivons qu'au chiffre de 2300 publications (avec les 
n os bis) y alors que nous eussions pu facilement dépasser le 
nombre de trois mille si nous avions compté les diverses 
éditions de ces ouvrages, et atteindre même un nombre triple 
d'articles en relevant séparément les comptes rendus que 



1 Les articles portant un n° bis sont ceux dont nous n'avons eu connaissance que 
tardivement, alors que notre cote était achevée. Par ce moyen nous n'avons pas eu à 
remanier notre numérotage, nos renvois, ni notre table. 



XIV AYANT-PROPOS. 

nous n'avons fait qu'indiquer le plus succinctement possible 
à la suite de chaque ouvrage, et les diverses publications 
auxquelles nous renvoyons accessoirement. 

Bien que notre catalogue soit destiné surtout aux personnes 
qui s'occupent de Jeanne d'Arc, nous avons cru bien faire, 
pour guider le choix des lecteurs moins éclairés de placer 
une croix ♦ devant les ouvrages capitaux et un astérisque " 
devant ceux qui étaient importants dans chaque genre.. 
(Ce qui ne veut pas dire, bien entendu, qu'une poésie ou 
qu'une histoire enfantine marquée de la croix soit aussi utile 
à connaître et à avoir dans sa bibliothèque qu'une histoire 
savante ou qu'un poème épique précédé d'un simple asté- 
risque). 

Enfin une table des noms d'auteurs permettra de retrouver 
les études de divers genres émanées de la même plume, 
disséminées forcément dans le volume à raison de leur diver- 
sité. 

Encore que nous nous sovions efforcé de condenser le plus 
possible nos notes et d'être très bref, l'analyse nons a amené 
parfois à la critique. Le lecteur voudra bien nous pardonner 
et ne point perdre de vue que notre but est de lui offrir une 
bibliographie et plutôt qu'un ouvrage de critique littéraire ou 
historique. 

Nous avons fait suivre chaque ouvrage du numéro qu'il 
porte à la Bibliothèque nationale quand il s'y trouve, de 
façon à permettre aux chercheurs de se le procurer facilement 
sans avoir besoin de recourir aux catalogues de la Nationale, 
ce qui est toujours un peu long, étant donné leur nombre, 
et ce qui exige certaines connaissances bibliographiques, une 
familiarité avec les divisions du catalogue qui ne saurait 
s'acquérir que par l'expérience '. 



1 A notre grand regret, en l'état actuel des catalogues de la Bibliothèque nationale, 
nous n'avons pu nous procurer pour les volumes entrés antérieurement à {882, que la 
cote des ouvrages d'histoire (les seuls dont le catalogue soit mis à la disposition du 
public). On sait que l'administration travaille avec activité à dresser son inventaire 
général et à confectionner le catalogue méthodique général de ses innombrables richesses. 



AVANT-PROPOS. XV 

Comme notre bibliothèque est, malgré nos efforts de 
chaque jour, encore loin d'être complète, nous ne nous 
dissimulons pas les lacunes que présente notre travail. Pour 
nous assurer la bienveillance de la critique, nous nous ferons 
une arme de cette parole d'un homme qui était bon juge en 
la matière : « Il est impossible, — a dit M. Beuchot, — de faire 
une bibliographie sans faute, malgré la plus sévère attention 
il en échappe toujours. On ne connaît pas assez les diffi- 
cultés que présentent l'histoire littéraire et la bibliographie 
à ceux qui les cultivent. Les travaux de ce genre sont péni- 
bles, minutieux, sans éclat, sans gloire, sans profit aujour- 
d'hui. Ils sont cependant utiles et l'on doit tenir compte à 
leurs auteurs des veilles nombreuses et des recherches 
immenses que leur coûtent souvent ces ouvrages. » 

Si nous avons cédé aux sollicitations de quelques amis qui 
nous ont représenté l'actualité de cette publication, c'est 
dans l'unique intention d'être utile à nos confrères et de 
faciliter leurs recherches. 

Nous tenons à exprimer notre gratitude aux érudits qui ont 
bien voulu encourager et aider nos travaux et tout spéciale- 
ment : à M. le grand-vicaire Desnoyers, admirateur si actif 
de Jeanne, qui a consacré, comme l'on sait, toute sa vie à la 
formation de cette collection unique à la gloire de la grande 
Française, le Musée Jeanne d'Are à Orléans, et dont il a 
assuré à tout jamais la possession à cette ville. La biblio- 
thèque spéciale de M. Desnovers est fort riche, elle nous a 
donné bien desheures de vraie joie. 

A M. le chanoine Chapelier, curé-doyen de Lamarche 
(Vosges), dont la bibliothèque est aussi fort importante, 
quoique de création plus récente ; à M. l'abbé Lemerle, du 
diocèse de Paris, dont la collection artistique est si belle ; 



Entreprise considérable s'il en fût et qui exigeait vraiment un courage exceptionnel, 
étant donnée la longueur énorme des rayons à dépouiller. Notre œuvre eût sans doute 
été plus complète s'il nous avait été possible de consulter ce catalogue, malheureusement 
il ne sera achevé que dans quelques temps, et son impression exigera plusieurs années ; 
jusque- là donc le public n'en pourra pas jouir. 



XVI AVANT-PROPOS. 

à M. Badel de Nancy, à M. Emile Courtois de Saint-Dizier, 
à M. Robert Pinchon de Rouen ; enfin aux auteurs et éditeurs 
qui, comme MM. Motteroz, Debout, Richardin, Jadart, de 
Braux, Mourot, Cordier, J. Fabre, de Poli, Raulx, Taffin- 
Lefort, ont bien voulu s'associera notre œuvre en enrichis- 
sant gracieusement le présent volume par le prêt de quelques- 
uns de leurs intéressants clichés. 

Que ces fervents admirateurs de Jeanne d'Arc, reçoivent 
ici le témoignage de notre sympathique reconnaissance. 
C'est grâce à leurs encouragements que nous avons entrepris 
la publication du présent travail. Notre récompense, la ré- 
munération de nos soins, de nos peines, de nos sacrifices, 
se trouve d'ailleurs déjà dans cette parole dont voulait bien 
nous honorer, à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 
dans la séance du 9 janvier 1891, son éminent secrétaire 
perpétuel, le grand historien de Jeanne d'Arc, en rendant 
compte d'une de nos récentes publications : «... Ce nouvel 
« hommage de M. P. L. d'Arc, dit M. Wallon, vient s'ajouter 
« aux nombreuses preuves qu'il a déjà données à l'Acadé- 
« mie, du zèle avec lequel il se voue à tout ce qui peut illus- 
« trer la mémoire de Jeanne d'Arc... [ » 

A dire vrai, jamais nous n'avons livré à l'impression un de 
nos travaux avec autant de regrets que celui-ci. Non pas que 
nous le croyions plus imparfait que ses devanciers, ou que 
nous lui ayions consacré moins de soin et de peine, bien au 
contraire. Mais, depuis nombre d'années, ce manuscrit sur 
fiches était devenu un but dans nos recherches, un compa- 
gnon dans nos promenades à travers les bibliothèques, une 
préoccupation de tous les instants. Une fois imprimé, il est 
probable qu'il le sera — du moins quant à nous — définiti- 
vement. C'est donc une séparation d'avec lui, c'est donc 
renoncer pour l'avenir à ce qui avait été longtemps le but de 
nos explorations, le mobile de nos lectures, c'est donc nous 



1 Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles- lettres, janv.-fév. 1 89 1 , p . 79 . 



AVANT-PROPOS. XVII 

priver volontairement de toutes les satisfactions que nous 
pourrions avoir encore à l'augmenter, à le perfectionner, et 
nous prévoyons d'ores et déjà que souvent dans l'avenir, 
bien que sa publication n'ait pas été hâtive, nous regretterons 
de ne pouvoir plus corriger, modifier le présent ouvrage. 
Ces occasions de regrets seront sans doute fréquentes, d'a- 
bord parcequ'on continuera probablement plus que jamais à 
écrire sur Jeanne d'Arc, ce sujet étant une mine inépuisable, 
et ensuite parceque, même dans le passé, bien des productions 
nous ont échappé que nous aurions dû citer ; or, le jour où 
nous nous apercevions de ces omissions — et nous en décou- 
vrirons sûrement avec le temps de nombreuses, cet objet 
d'étude devant nous rester familier et n'étant pas de ceux 
qu'on puisse abandonner totalement quand on l'a cultivé 
si longtemps avec amour l — ce jour-là nous regrette- 
rons que le mal soit irréparable. Ce qui nous décide 
c'est qu'avec un pareil raisonnement on ne livrerait jamais 
rien au public : quelle est l'œuvre, en effet, la bibliographie 
surtout, qui ne gagne pas à rester davantage sur le chantier, 
à se polir avec le temps? Nous nous contenterons donc de 
compléter et de rectifier nos fiches, comme nous continue- 
rons notre collection, pour nous-même, tout au plus avec 
l'idée que peut-être un jour nous aurons assez de matière 
nouvelle pour donner lieu à un supplément. Nous faisons 
donc, dès maintenant, dans ce but éventuel, un pressant et 
chaleureux appel à nos confrères, les priant de vouloir bien 
relever nos erreurs et nous signaler tout ce qui pourrait 
parachever le présent travail. 



1 « La vie est chose tellement ennuyeuse — écrivait G. Flaubert dans un des accès 
de misanthropie auxquels il était sujet — que le seul moyen de la supporter c'est de 
l'éviter, et on l'évite en vivant dans la recherche incessante du vrai, du beau, dans la 
la poursuite de son idéal. Aussi j'écris — ajoubait-il — pour le seul plaisir d'écrire, pour 
moi seul, sans aucune arrière-pensée d'argent ou de tapage. Peut-être arriverai je un 
jour à produire une belle chose, car tout cède, n'est-ce pas, à la continuité d'un senti- 
ment énergique ? » Où trouver un idéal dans lequel s'incarne davantage le bien et le 
beau que dans le caractère de notre héroïne ? La contemplation de cette figure toute de 
pureté ne repose-t-elle pas de toutes les tristesses de la vie : 



XVIII • AVANT-PROPOS. 

Quelque imparfaite toutefois que soit cette étude, qu'on 
lui reconnaisse le mérite d'avoir voulu établir le grand nom- 
bre de témoignages consacrés à la Pucelle d'Orléans, d'avoir 
voulu constater combien cette sainte mémoire est chère à 
tous les cœurs français ! 

Evidemment, dans la longue énumération qui va suivre, 
tout est loin d'être chef-d'œuvre : nous trouverons du bon, 
peut-être plus encore du médiocre, parfois même du mau- 
vais. 

S mit bona, suiif quxdam mediocrià, sunt mala plura, 

(Martial, Epig. \, 17), 

Voulant mesurer l'admiration excitée par la sainte héroïne, 
nous avons tenu à tout citer dans ce relevé, qui forme dès 
lors, pour ainsi dire, LE LIVRE D'OR DE JEANNE D'ARC. 

Bien des œuvres parmi les plus médiocres ne sont telles 
que par l'insuffisance d'exécution ; combien furent entre- 
prises avec l'intention louable de contribuer à l'éclat de cette 
belle figure ? Que cette intention leur soit comptée ! Tirés de 
l'oubli, que les noms de ces auteurs, oubliés ou inconnus et 
pour cause, figurent ici, dans cette gerbe, à côté de nos 
meilleurs historiens, de nos grands poètes, de nos artistes les 
plus célèbres, Jeanne, par ce rapprochement, leur paye une 
dette de reconnaissance l . 

Mais, si nous trouvons dans notre revue du médiocre, il 
nous est agréable de constater que nous trouverons bien peu 
de l'hostile ; que les œuvres, inspirées par la mauvaise foi ou 
la folie, dans lesquelles le caractère de notre héroïne est 
méconnu ou parodié, sont relativement rares. Nous les cite- 
rons cependant, obéissant en cela à notre devoir de biblio- 
graphe, ne serait-ce que pour montrer leur petit nombre. 



1 Que si, dans nos citations, on nous reproche d'avoir donné des passages bien mau- 
vais, nous dirons que nous avons parfois agi ainsi à dessein pour éclairer le lecteur sur 
la valeur de l'ouvrage, notre travail — qu'on ne l'oublie pas — est non un recueil mais 
une bibliographie. 



AVANT-PROPOS. XIX 

Le concert unanime de louanges où on n'entend que apolo- 
gistes convaincus et panégyristes ardents, n'est-il pas un 
témoignage qui mérite d'être mis en pleine lumière ? Nul 
personnage dans aucune histoire, le plus célèbre fût-il, n'a 
donné lieu a autant d'écrits, n'a suscité autant de travaux, 
n'a été l'objet d'autant d'études. Aucun n'a excité tant d'ad- 
miration, tant d'enthousiasme ni de foi ! Le nombre des dé- 
tracteurs de Jeanne est si infime qu'on peut dire qu'elle n'a 
eu que des apologistes. Il faut bien reconnaître que, si après 
la mort de Jeanne on l'a presque partout regardée et honorée 
comme une sainte, la France a été à son égard quelque peu 
oublieuse au xvi e et au xvn e siècle, ingrate même au xvm e . 
L'héroïne méritait sans doute mieux et des souverains, qui lui 
devaient le plus beau sceptre du monde et du peuple français, 
qui lui doit la plus belle des patries. Mais quelle réparation 
publique, solennelle, universelle! C'est la gloire de notre 
siècle de l'avoir entreprise et c'est la joie de tous les vrais 
Français de concourir à cette éclatante réparation. 

Jeanne a reparu au ciel de la patrie, comme l'étoile de 
l'espérance et nous la regardons avec amour et nous la 
saluons avec allégresse, et le génie national lui rend hommage 
par toutes les voix : l'histoire, l'éloquence, la poésie, tous 
les arts la célèbrent de concert. A son nom et devant elle, 
tous les partis désarment et s'unissent dans le même trans- 
port d'enthousiasme ; la grande Française, saluée par un 
peuple entier, unanimement respectée, vénérée, invoquée, 
est lavée de ces rares injures qui ne montent pas jusqu'à elle. 
Cet entraînement honore l'héroïne qui en est l'objet et la 
nation qui s'y associe dans d'aussi larges proportions ; si ces 
nombreuses couronnes amoncelées aux pieds de Jeanne d'Arc 
sont à sa gloire, elles sont aussi à l'éloge des admirateurs qui 
les lui ont tressées, et pouvons-nous, les mesurant du regard, 
dire : « Le pays qui professe une si grande reconnaissance 
pour ses grands hommes, un tel culte pour ses héros, une 
pareille vénération pour ses saints est un grand pays, auquel 
on se sent fier d'appartenir! » 



XX 



AVANT-PROPOS. 



Le P. Avroles dédiait naguère son bel ouvrage, si conscien- 
cieux, si nourri, La vraie Jeanne d'Arc devant l'Eglise, 

A la plus méconnue des J'en/ mes 

Jeanne la Pucelle, 

A Vhonneur de sa vraie mère et protectrice 

VEglise romaine. 

Si nous avions eu à inscrire une dédicace en tête du présent 
volume, nous l'eussions formulée : 

A LA PLUS HONORÉE DES FEMMES 

JEANNE LA PUCELLE 

A L'HONNEUR DE LA FRANCE RECONNAISSANTE! 

Notre culte filial a voulu mesurer ce monument de réhabi- 
litation et d'expiation qui, construit par mille mains pieuses, 
par mille cœurs enthousiastes, a élevé Jeanne jusqu'aux cieux, 
à une hauteur d'où, visible pour tous, elle rayonne comme 
la plus pure de nos gloires nationales! 



Aix-en-Provence, 8 mai 1893. 



rJu, 



4- 



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* 



^J 



PREMIÈRE PARTIE 



JEANNE D'ARC 



DANS 



L'HISTOIRE 



# 




Jeanne d'Arc 
d'après un dessin du xvi e siècle appartenant à l'auteur. 




SECTION I 



r r 



HISTOIRES GENERALES 



(i) 



A. — Collections «le documents 

1. (ïODEFROY (Denis), conseiller et historiographe de Louis XIV. 
— * Histoire || de Charles VII || roy de France par Jean Chartier |j sons- 
chantre de Saint-Denys; || Jacqves le Bovvier dit Berry, roy d'ar- 
mes ; || Mathiev de Covcy elavtres avthevrs dv temps. || Qui contient les 
choses les pins mémorables advenues |j depuis l'an 1422 iusquesen 1461. || 
Mise en lumière et enrichie de plusieurs titres, mémoires, traitiez || et 
autres pièces historiques, || par Denys Godefroy, conseiller et historio- 
graphe du roy. Paris, Imprim. royale, Sébastien Cramoîsy MDCLXI 
(1GG1) in fol. de XIII lï". n. numér. 907 p. pour le recueil et 6 If. 
numér. de tahle alphabétique. 

B. Nat. Lb :G 4 

Ce vol. contient, le titre, l'épître au roi, l'avis au lecteur, l'éloge de 
Charles VII, une table de remarques, un portrait de Charles Vil dans un 
ovale, gravé par Grignon, (le roi est couvert de son armure el couronné de 



(11 C'est-à-dire de la vie de l'héroïne dans son entier. 



4 HISTOIRES GÉNÉRALES 

lauriers), ceux de Danois, de Bureau (par Grignon) et celui d'Estienne 
Chevalier, compris dans la pagination et imprimés au verso. 
' Vente Chéreau, 1805, 12 fr. 

Voici ce que renferme ce recueil de documents : 

1° L'Eloge de Charles VII tiré d'un m sl anonyme « De la vie, complexion 
et condition dudit roy Charles. » 

2° L'histoire de Charles VII de Jean Chartier. 

3° Un extrait du livre des Antiquitéz de l'abbaye de Saint-Denis de Jac- 
ques Douhlct. 

4° Abrégé d'histoire chronologique (1422-1467) par un auteur anonyme 
attaché à Philippe le Bon, duc de Bourgogne et au parti anglais (c'est 
le Journal d'un bourgeois de Paris, par Jean Chuffart). 

5° Eloge de Philippe le Bon, tiré de la Flandria illustrala d'Antoine San- 
derus. 

6° Lettres de la fondation de la Chartreuse de Dijon. 

7° Chronique de Jacques le Bouvier dit Berry (p. 309-474), très important 
pour notre sujet. 

8° Chronique de la Pucelle de Cousinot, qui était restée jusque-là iné- 
dite. « Avtre histoire d'vn avteur inconnv... dans laquelle se voient diverses 
circonstances... surtout de la Pucelle d'Orléans du surnom de laquelle 
cette histoire est communément appelée, bien qu'elle linisse un peu avant 
la mort de cette illustre fille. » 

9° Histoire de Charles VII, par Mathieu de Coucy. 

A la suite de ces chroniques importantes, Godefroy a publié une foule 
de pièces relatives à Artus III, à Dunois, à Florent d'Iliers, à Gaucourt, à 
Chabannes, au sieur de Gamaches, à Jacques Cœur, à Jean et à Gaspard 
Bureau, etc.. Enfin in fine il consacre un chapitre de pièces plus spécia- 
lement relatives à Jeanne d'Arc : « Après avoir parlé de tous ces grands 
hommes, l'illustre Pucelle d'Orléans, qui n'a cédé en courage à aucun 
d'eux (ainsy que le peut justifier son histoire particulière insérée cy- 
devant...) paroist icy derechef, afin de parachever quant à présent ce 
volume. » Ces pièces sont : 

1° Lettre de Guy de Laval (p. 895). 

2° Extraits de la chambre des comptes touchant la Pucelle (p. 897). 

3° Lettres patentes d'anoblissement, décembre 1429 (p. 897). 

4° Lettres patentes de Louis XIII, obtenues par Charles et Luc Dulis, 
(p. 899). 

5° Passage de Pie II au sujet de cette Pucelle et le témoignage avanta- 
geux qu'il rend d'elle, (p. 902). 

6° Sentence de révocation du procès de Jeanne, contenant la déclaration 
de son innocence, Rouen 7 Juillet 1456. (p. 903). 

7" Quelques inscriptions, poésies et devises dont on a honoré la mémoire 
de cette Pucelle. Ce sont des extraits de Guy Pape, Martin Franc, de Yulson 
de la Colom bière. 

La Bibl. de l'Institut, n° 245 des ms. Godefroy, possède le ms. original 
de l'Histoire de Charles VIL 



£. PËRRIW — Collection universelle des mémoires particuliers relatifs 
à l'Histoire de France. Tome VIT contenant les mémoires de la Pucelle 
d'Orléans, ceux du Connétable de Richeinont et ceux de Florent sire 
d'Iliers. xiv e et xv c siècles. Londres et Paris, rue d' Anjou-Dauphine 
n n 6, 1785, in-8 de 467 p. qq. ex. sur pap. de Holl. 

Vente de Latour 188.5 dem. vélin 4 fr. 

Celle collection rédigée par Perrin, est dite aussi Roucher, elle com- 
prend 72 vol. 



COLLECTIONS DE DOCUMENTS 



Ce tome VII contient : 

l«p. 1- 7, une notice des éditeurs surles mémoires relatifs à la Pucelle 
d'Orléans. 

2o p. 9 — j 93. Mémoires de la Pucelle d'Orléans. (Chronique de Cousinot.) 

3° p. 193 -- 214. Observations pour servir aux mémoires sur la Pucelle. 

4° p. 215 — 222. Lettre de Guy de Laval. 

5° p. 223 — 417. Mémoires d'Artus III, duc de Bretagne, comte de Riche- 
mont et connétable de Fiance ; depuis 1393 j'usqu'en 1457. 

6° p. 418 — 442. Observai ions sur ces mémoires. 

7° p. 443 — 469. Mémoires de Florent sire d'Illiers, capitaine au service 
de Charles VIL 

« Peut-être nous objectera-t-on que ces mémoires intéresseront faible- 
ment parce qu'aux yeux de bien des gens les exploits de Jeanne d'Arc 
passent pour être mêlés de fables ou au moins exagérés par l'enthousiasme. 
Nous répondrons que le premier reproche tombe de lui-même. Quand 
même on n'aurait pas l'histoire et les lettres de noblesse accordées aux 
parents de Jeanne d'Arc, il suffirait de lire attentivement (dans Lenglet- 
Dufresnoy, Histoire de Jeanne d'Arc, 3 part, in-12) les dispositions qui 
furent recueillies lors des trois révisions du procès de sa condamnation. 
Les deux premières de ces révisions se firent en 1552 et 1557 (sic) on pro- 
céda à la troisième en 1463 sous le règne de Louis XL » 

On peut voir par ce passage le peu de soins qui a présidé à la confection 
de ce recueil; aussi n'a-t-il plus de valeur aujourd'hui. 



3. PETITOT. — Mémoires concernant la Pucelle d'Orléans, dans les- 
quels se trouvent plusieurs particularités du règne de Charles VII depuis 
1122 jusques en 1429. Paris, Foucault, 1810, in-8 de 588 p. 

Est le tome VIII de la Collection complète des mémoires relatifs à l'histoire 
de France. 

Contient: 1° Un avertissement. 

2° Tableau du règne de Charles VII. 

3° Lettre de Guy de Laval. 

4° Supplément des mémoires sur Jeanne d'Arc (Lettres de noblesse de 
Charles VU, chefs d'accusation contre Jeanne, sentence d'absolution, 
fragments de divers auteurs: le Bourgeois de Paris, Monstrelet, Gorckeim, 
Nider, Fulgose, Forest, Meyer, Boethius, Virgile, Heuterus.) 

Cette 4 e partie, véritable histoire de Jeanne, p. 229 h 402, fui l'objet d'un 
tirage à part la même année, sous le titre de Précis de Vhistoire de Jeanne 
d'Arc (Voy. infrà n° 196.) 

5° Chronique d'Arthur de Richemont. 
6° Mémoires de Florent d'iliers. 



4. BUCHOX (J. Alexandre). — Chronique et procès de la Pucelle d'Or- 
léans, d'après un manuscrit de la Bibliothèque d'Orléans, accompagné 
d'une dissertation de l'abbé Dubois. Paris, Verdière, 1827, in-8 de LX1 
413 p. 

Cette chronique anonyme provient d'un m st in-4de la Biblioth. d'Orléans, 
n° 411, portant pour titre : Conpilation abrégée des grandes et générales 
chroniques, datant du XVI 1 ' siècle, et qui n'est autre que l'Ahréviateur du 
procès publié en 1576 dans le Livre de la Pucelle (Rouen, le Mégissier) 
(Voy. infrà n° 87). et dans les éditions de l'Histoire du siège de Tripault à 
partir de 1611. Ce m st comprend : 1° une histoire abrégée de la Pucelle jus- 



HISTOIRES GENERALES 

qu'au sacre ; 2° préliminaires du procès; 3° minute française de condam- 
nation ; 4° information postérieure au procès ; 5° abrégé du procès de 
révision. 

Buchon y a joint: 1° une dissertation de l'abbé Dubois relative à la 
minute française du procès ; 2° la chronique de Monstrelet d'après Codefroy; 
3° la lettre de Guy de Laval ; 4° les lettres patentes d'anoblissement de 
1429 ; 5" celles de 1610 eu laveur «le Charles et de Luc du Lis; 6° sentence 
de révocation du jugement de condamnation, de 14j6; 7° Lettre au duc de 
Bourgogne ; 8° Lettre aux Anglais; 9° Lettre au comte d'Armagnac; 10° 
opinion des docteurs sollicitée par le roi àPoitiers ; 1 1° pièce de vers latins ; 
12° prophétie ; 13° prière faite à l'occasion de la Pucelle. 

Cet ouvrage a été réimprimé par Buchon, avec de notables augmentations, 
sous ce titre : 



o. ÎU'CHO.V — * Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire de 
France avec notes et notices... Mathieu de Coussy, Jean de ïroyes, 
Chronique du comte de Richemont, Chronique anonyme de la Pucelle, 
interrogatoires sur la Pucelle. Divers documents sur la Pucelle, etc.. 
Perceval de Bouloumarck, Martial d'Auvergne, Christine de Pisan, 
Pierre de Fénin, etc.. Paris, A. Desrez, 1838, gr. in-8 de XXXVIII-740 p. 
à 2 col. 

Fait partie de la collection dite du Panthéon littéraire dont il est le tome 
XXXIV. 

Vente de Latour, dem. vélin 9. 50. 

Seules les p. XI à XXXV de ce vol. ont trait à Jeanne. Voici ce qu'il 
contient : 

1° des notices littéraires sur Mathieu de Coussy, Jean de Troyes, Guillaume 
Gruel, sur la Chronique de In Puccllr, sur le Procès de In Pucelle, sur les 
documents divers relatifs à la Pucelle, sur Pierre de Fénin, sur le Journnl 
d'un bourgeois de Paris. 

2" Les Chroniques de Mathieu de Coussy, continuateur de Monstrelet 
(n'ayant pas trait à noire sujet, allant de 1440 à 1400). 

3° Chronique de Louis XI par Jean de Troyes (étranger aussi). 

5° Chronique et Procès de la Pucelle. C'est la réédition de l'ouvrage 
précédent de Buchon de 1827, chronique anonyme d'après le m st 41 i de la 
Bibl. d'Orléans. 

6° Docurnenls divers sur la Pucelle. (Lettre de Guy de Laval; lettres 
patentes d'anoblissement de Charles VII ; lettres patentes de 1612; révo- 
cation de la sentence de 1456 : lettre au duc de Milan par Boulainvilliers — 
que Buchon appelle Bouloumark : Lettre sur le sacre de Charles Vil à la 
reine de Sicile ; extrait du compte du trésorier, voyage à Reims ; chronique 
métrique de Martial d'Auvergne ; extrait de Mathieu Thomassin ; vers de 
Christine de Pisan ; extrait du registre municipal de Clermont ; prière latine 
relative à Jeanne d'Arc ; prophétie relative à Jeanne. 

7- Mémoires de Pierre de Fénin (14071429) étrangers à notre sujet. 

8° Journal d'un bourgeois de Paris. 

Ce vol. esl dédié à S. A. H. la princessse Marie d'Orléans, duchesse de 
Wurtemberg: « Madame, seule de tous les poêles français et étrangers, 
vous avez senti et fait sentir toul ce qu'il y avait d'inneffable douceur et de 
résignation héroïque, de modestie et de grandeur, de simplicité et d'en- 
thousiasme dans celle noble personnification du dévouement à la patrie qui 
nous est apparue sous le nom de Jeanne d'Arc. Schiller en avait fait une 
Vélleda déchue de sa pin, de par son amour pour un Anglais; Goerres, une 
sainte ; Shakspeare, une virago qui invoque les esprits des ténèbres et 
méconnaît sou père ; j'aimerais à oublier ce qu'en a fait Voltaire. Tous, 
Southey, Soumet et tant d'autres avaient méconnu sa beauté réelle pour 



COLLECTIONS DE DOCUMENTS 7 

créer un type beaucoup moins beau qu'elle. Vous nous avez restitué cette 
gloire française dans toute sa grâce. C'est la. véritable vierge de Vaucouleurs 
que vous avez rendue à nos affections ; et maintenant pour la première 
fois nous pourrions dire avec Charles VII 

Ce n'est plus Saint Denis qui nous servira de cri de guerre ; 
Mais Jeanne la Pucelle sera désormais notre patronne. 

(Shakspeare, Henri VI.) 

Il me sérail doux de penser que son véritable interrogatoire, en langue 
française et avec les propres expressions sorties de cri te bouche si pure, 
publié pour Ja première fois par moi, il y a une dizaine d'aunées, a con- 
tribué à vous faire retrouver les traits de cette belle et simple physionomie 
d'une bergère de dix-neuf ans, altérée jusque là par tant de falsifications des 
légistes latins et de leurs interprètes. 

J'ai réuni dans ce volume cet interrogatoire tel qu'il avait été copié 
sur les minutes originales par l'ordre de Louis XII, et diverses autres 
pièces propres à jeter un nouveau jour sur ce grand événement qui, après 
les longs déchirements de l'occupation anglaise, a rendu enfin la France à 
elle-même, et l'a constituée en corps de nation forte et compacte, et 
je me plais à publier ces faits glorieux sous les auspices d'une princesse, 
dont le cœur est aussi parfaitement français que l'est le vôtre. » 



— La même édition avec une feuille de titre et un faux titre nouveaux. 
Paris, Delagrave, S. D. 

— La même édition avec une feuille de titre et un faux tilre. Orléans, 
Herluison, [875 (val. 4 fi\). 

Le Musée britannique acquit en 187G et conserve sous le n° 30 042, série 
additionnelle des m sls , un m st portant faussement la date de lol"2 et imi- 
tation grossière des m sls xvi e s. qui n'est autre qu'une copie du volume 
de l'abbé Buchon. 

Voici dans quels termes ce m sf figure sur le catalogue imprimé de 1882: 
« 30 042. Chronique de la Pucelle d'Orléans, Jehanne Darc agreeing with tbe 
chronicle printed from a m s Orléans by Buchon, Chroniques nationales, t. 
XXXIV p. 143. Vellum f. 4L A modem transcript, with the false date 1312. 
With coarseley illuminated borders. Quarto. » (Voy. infrà n° 38). 

6. I.MHFIt (C). — Collection des meilleures dissertations, notices et traités 
particuliers relatifs à l'histoire de France. Paris, Dentu, 1830,20 vol 
in-8. 

b fr. le vol. qq. ex. sur vélin. 

Tome XVII, p. 328-122 contient la réimpression de divers mémoires sur 
le procès de la Pucelle et sur la fausse Pucelle, qui complètent le recueil 
de Buchon : 

i° Observations sur le Procès de la Pucelle par de l'Averdy. 

2° Réllexions historiques et critiques sur la conduite qu'a tenue 
Charles VII à l'égard de Jeanne d'Arc, après qu'elle eût été faite prisonnière 
par les Anglais au siège de Compiègne, par de l'Averdy. 

3° Sentiment de l'Averdy sur la mission et le procès de la Pucelle. 

4° Du prétendu mariage de la Pucelle. Lettre curieuse du P. Vignier sur 
ce sujet. 

3° Lettre de M. de Vienne Plancy à M. Vignier sur le même sujet. 

6" Problème historique sur la Pucelle d'Orléans où l'on fortifie l'opinion 
de son mariage, par D. Polluche. 

7° Observations sur l'invraisemblance du mariage de la Pucelle par l'édi- 
teur C. Leber, d'après Lenglet Dufresnoy. 



8 HISTOIRES GÉNÉRALES 

8° Remarques sur quelques particularités curieuses de l'histoire de la 
Pucelle par l'abbé d'Artigny. 

• 9° Examen des remarques précédentes sur Jeanne d'Arc par D. Polluche 
avec les répliques de d'Artigny. 

Les 3 premières dissertations ont été empruntées à de l'Averdy t. III des 
Manuscrits de In Bibl. du roi (Voy. infrà n° 1213) et les autres au P. Vignier 
et à Pollue In- fVoy infrà n° 12 iî,' 1 24G). 

Cf. Le conteur Orléanais, 1847. p. 110. 



7. M1CHAUD et POIJJOLLAT. — * Nouvelle collection des Mé- 
moires pour servir ù l'histoire de France... tome III. Mémoires sur Jeanne 
d'Arc et Charles VII. Richemond, Florent d'Jliers, Journal d'un bourgeois 
de Paris, Olivier de la Marche. Paris, Editeur du comment, anahjt. du 
Code civil, 24, R. des petit,') Auf/ustins, 1837, gr. in-8 de 640 p. à 
2 col. 

La collect. comprend 34 vol. 

Les 183 premières pages sont ùe* extraits de chroniqueurs contempo- 
ia ; ns, passages ayant exclusivement trait à la Pucelle : 

1° Une Notice sur Jeanne d'Arc, qui est une véritable vie et qui se ter- 
mine par une revue des principaux historiens', poêles, etc.. 

Elle fut reéditée la même année, en tirage à paît, sous le titre de Notice 
et fit depuis l'objet de plusieurs réimpressions. (Voy. infrà n° 199). 

2° Mémoires concernant la Pucelle d'Orléans. (Chronique de la Pucelle par 
Cousinot de Montreuil). 

3 n Indication analytique de documents pour servir à l'histoire de Jeanne 
d'Arc. Ce sont des extraits : du Journal du siège, de l'Histoire de la Pucelle 
d'après le m st 411 d'Orléans, des Mémoires de Lefèvre de Saint Remy, de 
Jean Chartier, de Monstrelet, etc.. 

4° Etude des procès. 

5° Mémoires d'Artus lit, comte de Richemont d'après Th. Godefroy. 

6" Mémoires relatifs à Florent sire d'Illiers. 

7° Journal d'un bourgeois de Paris. 

Le vol. se termine par les Mémoires d'Olivier de la Marche avec l'état de 
la maison du duc de Bourgogne du même auteur, et par les Mémoires de 
Jacques du Clercq. Ces derniers n'ont pas trait à la Pucelle. 

CR. /a Quotidienne des 24, 26, 29 janvier ; 2, 5, 9, 18, 26 février 1837. 
A perdu beaucoup de sa valeur par la publication des Procès de Quicherat. 



- La même édition, avec une feuille de titre nouvelle. Paris, Guyot, 
1853, gr. in-8, de 640 p. 

- La même édition avec une feuille de titre nouvelle :... Nouvelle édition 
illustrée de cent portraits gravés sur acier d'après les dessins les plus 
authentiques. Paris, Didier, 1801», gr. in-8 de 640 p. 

Les portraits assez médiocres sont volants. En frontispice un mauvais 
portrait de Jeanne d'après Schnetz, gravé par Delaunoy. La Pucelle porte 
ses armes blasonnées sur la poitrine. 



— La même, Paris, Féchoz, 1881, en 30 vol. 



COLLECTIONS DE DOCUMENTS 9 

8. QUICHERAT (Jules). Directeur de l'Ecole de Chartes, membre de 
l'Institut. — >X< Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne 
d'Arc dite la Pucelle d'Orléans, publiés pour la première fois d'après les 
manuscrits de la Bibliothèque royale, suivis de tous les documents his- 
toriques qu'on a pu réunir et accompagnés de notes et d'éclaircissements. 
Paris, Jules Renouard, 18i- 1 -40, 5 vol. in-8. 

R. Nat. Lb 26 51 

Fait partie de la Collection de la Société de l'histoire de France. 

Prix 45 fr. a conservé cette valeur. Cependant vente de Latour, dem. mar. 
25 fr. seulement. Les deux derniers volumes sont épuisés ; en 1891 la Soc.de 
l'hist. de France a décidé leur réimpression. Elle a chargé M. de Beaucourt 
de corriger et de compléter ces deux vol. de documents, ce qui est certai- 
nement un travail délicat mais nécessaire, étant donné le temps que dura 
cette publication et le long intervalle entre l'apparition des divers volumes, 
ce qui avait obligé Quicherat à recourir in fine à un supplément. Les ma- 
tières de ce supplément devront être réparties à leur place respective ; 
d'ailleurs bien des documents ont été découverts depuis 1849 qui mériteront 
de trouver place dans cette collection. 

Tel qu'il est cet ouvrage est nécessaire à tout homme qui s'occupe de 
l'histoire du xv e s. C'est la collection de documents la mieux faite et de 
beaucoup la plus complète que nous ayons sur Jeanne d'Arc, elle est indis- 
pensable pour l'étude de notre sujet. 

Le tome I, de 506 p., est consacré au procès de condamnation (texte 
latin). 

Le tome II de 472 p., au procès de réhabilitation, aussi en latin. 

Le tome III de 473 p., donne la fin du procès de réhabilitation. A partir 
de la p. 389, Quicherat donne les mémoires extra judiciaires publiés sur 
Jeanne au xv e s., comme le résumé des conclusions données par les doc- 
teurs réunis à Poitiers ; le traité de Jacques Gelu archevêque d'Embrun, De 
puella aurelianensi, d'après un m sl assez obscur de 72 p. pet. in-4 à la Bibl. 
nat. dont Lenglet avait déjà donné un extrait ; les propositions d'Henri de 
Gorekum ; enfin la Sibylla Francica. 

En ce qui concerne le procès de révision, nous avons nous même publié en 
1889 un gros volume complétant l'édition qu'en a donnée Quicherat et qui 
peut servir de tome VI aux Procès : Mémoires et consultations en faiseur de 
Jeanne d'Arc par les juges du procès de réhabilitation. Paris, Picard, 1889, 
in-8° de 600 p. (vovez infrà n° 1237). 

Le tome IV, de 537 p., continue les chroniques du xv c s., telles que celles 
de Cagny. Basin, Monstrelet, etc.. (On trouvera les indications relatives à 
chacune de ces chroniques aux noms de leurs auteurs respectifs, dans notre 
chapitre suivant). Il reproduit in fine les témoignages indirects : 

1° Du grec Laonic Chalcondyle ; 2* de Bertrandon de la Broquière (1433) 
écuyer du duc de Bourgogne, d'après le m st 10025, 2, fol. 210 à la B. Nat. ; 
3° de Jean de Vaulx (1460), recteur de l'Université de Paris, d'après le m st 
7909, f. lat., à la B. Nat. ; 4° de Pierre des Gros, doct. en théolog. dans son 
Jardin des nobles 1463. (Cf. Paulin, Paris, M st français de la Bibl. du Roi 
t. II, p. 149) ; 5° de Gui Pape, président du Parlement de Grenoble (1410-1476) 
Decisiones gratian.opolita.nw, quest. 84. ; 6° de Bosmital de Blatna,grandjuge 
de Bohème, relation d'un voyage en France en 1465, d'après Bibliotek des 
literarischen Vereins in Stuttgard, 1844, t. VII ; 7° de Simon de Phares, 
d'après le m sl autographe de la B. Nat. 7487, f. franc. 

Enfin le tome V, de 575 p., contient d'abord des extraits des poètes' du 
xv e s. et ensuite une foule de documents, dont voici le sommaire : 

A. Lettres, actes et autres pièces détachées. 

t. Lettre de la Pucelle aux Anglais (22 mars 1429). C'est la cinquième 
fois que cette lettre revient dans l'ouvrage de Quicherat. 



10 HISTOIRES GÉNÉRALES 

Elle est donnée d'après une copie du temps, perdue aujourd'hui, mais dont 
.deux transcriptions sont à la B. Nat., l'une au cabinet des titres, dossier 
d'Arc, l'autre collection de Charles Moreau, datant toutes les deux du xvm e s. 

2. Fragment d'une lettre écrite au dos de la précédente. 

Cette lettre fut probablement écrite par un chevalier de Jérusalem à un 
commandeur de son ordre. Elle est donnée d'après les deux transcriptions 
précédentes. 

3. Lettre de Charles VII aux habitants de Narbonne (10 mai 1420). 
Lettre en forme de mandement, présentant à la manière d'un bulletin 

d'armée toutes les phases de la délivrance d'Orléans, écrite au fur el à me- 
sure que les nouvelles arrivaient à Chinon où se trouvait le roi. 

D'après l'original conservé aux Archives municipales de Narbonne, 23 du 
second caisson. 

4. Collecte introduite dans l'office à l'occasion de la Pucelle. 

Déjà publiée par Buchon d'après le m st 7301 f. fr. à la B. Nat., et depuis 
bien des fois. 

5. Lettre des seigneurs de Laval \S juin 1429). 

L'original, aujourd'hui perdu, avait fait partie des archives de la Cham- 
bre des comptes. Une copie s'en trouve au tome xx des m sls du fonds Du- 
chesne à la B. Nat. De la Roque a publié celte lettre au chap. xliii de son 
Traité de la noblesse, ainsi que Denys Godefroy en 1GG1, Buchon et les 
autres collecteurs. 

6. Fourniture d'un habillement fait à la Pucelle aux frais du duc d'Or- 
léans. (20-24 juin, 1429). 

7. Lettre de Perceval de Boulainvilliers (21 juin 1429) déjà donnée par 
Buchon. 

8. Fragment d'une lettre sur des prodiges advenus en Poitou(25 juin 1429) 
publié par Buchon d'après le m st 7301 f. fr. à la B. Nat. 

9. Lettre de la Pucelle aux habitants de Tournai (25 juin 29) d'après 
Hennebert, Archives historiques et littéraires, 1837 t. I p 520. 

10. Lettre de la Pucelle au duc de Bourgogne (17 juillet 29) publiée par 
l'archiviste Godefroy dans le Journal de la littérature, des sciences et 
arts de l'abbé Grosier, t. IV, 1780, p. 448 ; par Bernât Saint-Prix en 1817. 
L'original est aux archives du départ, du Nord. Publié d'après un fac-similé 
possédé par M. Aimé Martin. 

11. Lettre de trois gentilshommes angevins à la femme et à la belle-mère 
de Charles VU, (17 juillet 29). Donnée par le P. Menestrier dans sa Biblio- 
thèque instructive t. Il, p. 90, d'après l'original de l'abbaye de Benisson Dieu 
en Forez. 

12. Lettre d'Alain Chartier à un prince étranger, (juillet. 29). Donnée par 
Lami dans les Deliciae eruditorùrh, t. IV p. 38, d'après un m st de la Bibl. 
Ricardi à Florence. La B.Nat 8757 f. lai. en contient une copie aussi vicieuse. 

13. Fragment, d'une lettre au duc de Bedford (juillet) donné par Rymer 
Pacta fœdera t. X p. 408. 

14. Exemption d'impôts accordée aux habitants de Greux el de Domremy, 
(31 juillet). D'après un vidimus de 1483 de la mairie de Greux ; donnée par 
Jollois dans son Histoire-de la vie de Jeanne d'Arc Cette exemption du 
31 juillet 1429 a été confirmée par ordonnance de mars 1656, arrêt du Con- 
seil du 28 février 1682 et par Louis XV le 10 août 1723. 

15. Lettre de la Pucelle aux habitants de Reims (5 août). L'original Con- 
servé à l'hôtel de ville de Reims au xvn c s. se trouve aujourd'hui entre les 
mains de M. de Maleyssie Une copie est intercalée dans le m st de Rogier, 
B. Nat. suppl. fr. 1515,2. M. Varin l'a publiée en 1841 dans les Archives 
administratives de Reims, t. I p. 596. C'est (die que reproduit Quicherat. 

16. Délibération du conseil de la ville de Reims. (5 septembre) môme pro- 
venance, mêmes éditions. 

17. Outrage public fait à la magistrature d'Abbeville à propos de la Pu- 
celle, (15 septembre). Rémission du Trésor des Charles publiée pour la 
première fois d'après le registre J. 175, pièce 12.5 des Archives nationales. 
Les Bénédictins l'ont citée au mot Persina de leur Supplément au glossaire 
de du Cange. 

18. Communication du roi et de la Pucelle aux habitants de Troyes. 
(2 octobre) d'après le Registre des assemblées de Troies, aux Archives de 
l'Aube. 



COLLECTIONS DE DOCUMENTS H 

10. Note de diverses provisions de guerre fournies par la ville de Clerinont- 
Ferrand à la requête de la Pueelle, (7 novembre). Extrait du Lirre des mé- 
moires et diligences de Clermont, fol. 47, aux Archives de cette ville. 

20. Lettre de la Pueelle aux habitants de Kiom. (9 novemhre). L'original 
fut découvert en 1844 aux Archives municipales de Riom, par le président 
ïailhand ; il fut publié depuis par plusieurs journaux. Il était scellé d'un 
cachet rouge dont l'empreinte était détruite et qui portait un cheveu noir. 

21. Lettre du sire d'Albrel aux mêmes (9 novembre), même provenance, 
fut publiée par M. Tailhand dans la Presse judiciaire (de Riom) du 
10 août 44. 

22. Anoblissement de Jeanne d'Arc et de sa famille, (décembre). Imprimé 
pour la première fois par Hordal dans son Heroinse nobilissimae, reproduit 
par de La Roque et bien d'autres. Donné après corrections sur un vidimus 
de Henri II, registre 260, pièce 306 du Trésor des Chartes aux Archives na- 
tionales. Du Li? dit que l'original se trouvait chez un membre de la famille 
habitant la Normandie. 

23. Délibérations du conseil de la ville de Tours sur une demande de la 
Pueelle, (19 janvier, 7 février 1420). Publiée par Vallel Bibl. do l'Ecole des 
Chartes. 1 er sér. t. IV p. 488, d'après un registre de la Mairie de Tours. 

24. Lettre delà Pueelle aux Hussites de Bohème, |3 mars 1430;. Texte 
allemand et traduction; fut mise en lumière par de Hormayr, dans le Tas- 
chenbuch fur Vaterlandische Geschichte 1834. 

25. Lettre de la Pueelle aux habitants de Reims, (16 mars 30). D'après 
une copie du xvn* s. insérée dans le m st de Rogier, B. Nat. suppl. fr. 1515, 2. 
Donnée par Varin, A rchives législatives de Reims, 2 e p. t. I. p. 596. L'original, 
autrefois conservé à l'hôtel de ville de Reims, est aujourd'hui entre les mains 
de M. de Maleyssie. 

26. Lettre de la même aux mêmes (28 mars), même provenance etmêmes 
remarques. 

27. Edit contre les capitaines et soldats anglais qui refusaient de passer 
en France par crainte de la Pueelle, (3 mai) d'après Rvmer, Pacte fœdera, 
t. X p. 459. 

28. Messe chantée pour Charles VII et pour la Pueelle, (li mai). Extrait 
d'un m st inédit des miracles de S te -Catherine de Fierbois,B.Nat f. lat. 7335, 
datant de 1472. Ne contient rien de relatif à la découverte de la fameuse 

épér. 

29. Séjour de la Pueelle dans la paroisse d'Elincourt (mai). Extrait de 
l'Histoire m ste de Béarnais- par M. Hermant, B. Nat. suppl. IV. n° ii. 2, t. III. 

30. Lettre du duc de Bourgogne aux habitants de Saint-Quentin sur la 
prise de la Pueelle, (23 mai). L'original est aux Archives de Saint-Quentin ; 
la B. Nat. en a deux copies : l'une cabinet des Charles, l'autre collection de 
Dom Grenier, paquel 13, n° 5. 

31. Analyse d'une lettre du chancelier de France aux habitants de Reims 
sur le même sujet, (23mai). Extrait des Mémoires de Jean Rogier; l'original, 
autrefois aux Archives de Reims, a disparu, Varin l'a publiée loc. citato. 

32. Renseignements sur le berger par lequel on voulut remplacer la Pu- 
eelle, (août 1431). Extraits de diverses chroniques. 

33. Extrait d'un mémoire à consulter sur Guillaume de Flavy. Pièce iné- 
dite dont l'original est, au cabinet des titres B. Nat dossier Flavy. C'est un 
résumé, écrit "sous Henri II des plaidoieries laites au xv e s. pour ou contre 
Guillaume de Flavy, à l'occasion des procès criminels auxquels il fut mêlé. 

34. Répartition d'un dixième de l'impôt voté par les Etats de Normandie 
pour l'achat de la Pueelle, septembre 1430). Publié par Lottin Recherches 
sur Orléans i T e p. t. I, p- 256, d'après une copie de la Bibl. d'Orléans. L'ori- 
ginal se trouvait avant la Révolution au prieuré de Saint-Martin des champs ; 
M. de l'Averdy en avait l'ait faire une copie pour l'Académie des Inscrip- 
tions, et la ville d'Orléans une autre en 1775 par Barthélémy Mercier, 
ancien bibliothécaire de S te -Geneviève, abbé de S'-Léger de Soissons et 
prieur de S'-Pierre de Montluçon. 

35. Achat de monnaie d'or pour solder l'achat de la Pueelle (octobre), 
même provenance et même impression. 

36. Edit contre les sujets anglais qui désertaient par crainte de la Pueelle, 
(12 décembre. 1430) dans Rymer, loc. citai, p. 472. 

37. Indemnité a Pierre Cauchon pour les négociations qui précédèrent 



12 HISTOIRES GÉNÉRALES 

l'achat de la Pucelle (31 janvier 1431). D'après la cédule originale en par- 
chemin de la B. Nat. collection Gaignières, titres scellés des évêchés t. IV. 

38. Tour baptisée <lu nom de la Pucelle à. Poitiers, (3 mars). D'après l'ori- 
ginal sur parchemin aux Archives de la Vienne, J. 939. 

39. Paiement fait aux docteurs appelés de Paris pour vaquer au procès, 
(4 mars), même provenance que les pièces 34 et. 35. 

40. Gratification accordée à Jean Beaupère en sus de ses journées de 
présence au procès, (2 avril 1430). Ordonnance du foi d'Angleterre d'après 
une copie moderne du portefeuille de Fontanieu n° 136 à la B. Nat. 

41. Deuxième paiement aux docteurs de Paris, (9 avril) même prove- 
nance que le n° 34. 

42. Délibération du Chapitre de Rouen sur le procès de la Pucelle, (13-24 
avril (1431) même provenance que le n° 34. 

43. Gratification à l'inquisiteur Jean Lemaître, (14 avril) même prove- 
nance que le n° 34. 

44. Indemnité aux docteurs envoyés à Paris pour soumettre le procès aux 
facultés, (21 avril) id. 

45. Paiment à Guillaume Erard pour sa participation au procès, (6 juin) 
id. 

46. Règlement de compte définitif avec les docteurs de Paris, (12 juin) id. 

47. Tumulte à Serqueux en Champagne pour le paiement d'une dette 
contractée par le frère de la Pucelle, (1439). Pièce inédile du Trésor des 
Chartes, J. 177, n° 45 aux Archives nation. 

48. Donation de l'Ile-aux-Bœufs à Pierre du Lis, (28 juillet, 1443). Cet acte 
enregistré jadis à la Chambre des Comptes de Paris ne se retrouve plus 
aujourd'hui. Etienne Pasquier, Recherches sur la France, liv. VI, chap. 5, en 
donna un extrait; du Lis dans son Traité sommaire, 1628, p. 27, en donna 
un fragment plus considérable ; c'est celui-ci que Quicherat reproduit. 

49. Aumône du duc d'Orléans à l'un des frères de la Pucelle, (31 juillet 
1450). L'original sur parchemin, provenant des Archives de Joursanvault 
n° 155, était dans la Bibl. particulière du roi au Louvre. 

50. Travaux pour la réhabilitation pendant que le cardinal d'Estouteville 
informait à Rouen, (4 mai 1452) ; extrait d'un registre capitulaire de la 
cathédrale de Rouen. 

51. Notice sur le mémoire de Pierre Lhermite, sous doyen de S'-Martin 
de Tours, (1452). Est un très court extrait du m st 144 jurisprud. franc, de 
la Bibl. de l'Arsenal, mauvaise traduction franc, du mémoire de Lhermite 
dont Quicherat croyait le texte perdu. Nous avons découvert le mémoire de 
Lhermite et l'avons publié in extenso dans nos Mémoires et consulta- 
tions 1889. 

52. Coopération du Chapitre de Rouen au procès de réhabilitation, (19 dé- 
cembre 1455) ; extrait d'un registre capitulaire (Archives de la Seine Inf.), 
publié par M. Chéruel, Revue de Rouen et de Normandie, juin, 1845. 

53. Legs d'un exemplaire du procès de réhabilitation à l'Eglise de Paris, 
(1472); fait par Guillaume Chartier. Publié par Guérard dans son Cartulaire 
de TÉr/lise de Paris, t. IV p. 55. Cet exemplaire donné à Chartier comme 
juge du procès de réhabilitation est celui qui se trouve actuellement à la 
B. Nat. n° 17013. 

54. Confirmât ion du privilège de noblesse accordé aux descendants de la 
famille d'Arc, (octobre 1550).' Publié d'abord par Denys Godefroy p. 897 et 
souvent depuis. Quicherat donne ce texte d'après le registre 200 du trésor 
des Chartes, pièce 306 ; de La Roque, ch. XLIII de son Traité de la no- 
blesse, parle d'un arrêt d'enregistrement rendu par la cour des aides de 
Normandie le 13 décembre 1608. 

55. Marché pour la restauration du monument de la Pucelle à Orléans, 
(1570-71), d'après le m sl 411 de la Bibl. d'Orléans; fut publié par Lottin, 
t. I p. 480. 

56. Permission à la branche cadette de la famille du Lys de prendre les 
amoiries de la Pucelle, (25 septembre 1612) d'après une ampliation de, la 
section judiciaire aux Archives nationales (Cour des aides, liasse 1611-1614) ; 
publiée par Charles du Lis, Lettres patentes ; par Denis Godefroy p. 899 ; 
par Isambert, Recueildes anciennes lois, I. XVI, p. 33 ; parBuchon dans son 
Panthéon littéraire et I. IX de Monslrelet. 

57. Réduction du privilège de noblesse pour les descendants de la famille 



COLLECTIONS DE DOCUMENTS 13 

d'Arc, (juin 1014), d'après Le texte d'Isambert, Recueil des anciennes lois, 
t. XVJ, p. 48 et 398. 

58. Donation du chapeau de Jeanne d'Arc aux Oratoriens d'Orléans, 
(22 avril 1631), d'après Lenglet-Dufresnoy, t. III p. 78. 

59. Inscriptions de la Fontaine élevée à Rouen, (1750), d'après le Diction- 
naire indicateur des /-tics de Rouen de Périaux. 

60. Inscriptions du monument de la Pucelle à Orléans, après sa seconde 
restauration, (1771) d'après Mïllin, Antiquités na[ionales, t. II, art. 9. 

01. Destruction du monument de la Pucelle à Orléans, (août 1791, 
juillet 93) d'après Lottin, loc. citât, t. I, p. 340-344-417 : t. II, p. 62 et 164. 

62. Approbation de Napoléon Bonaparte, premier consul, au projet d'éle- 
ver un nouveau monument à Jeanne d'Arc, (18 février 1803). 11 s'agit du 
monument de Cois place du Martroy ; d'après Lottin, loc. citât, t. IV, p. 349. 
La pièce originale, qui était aux archives municipales d'Orléans a disparu. 

03. Acquisition de la maison de Jeanne d'Arc par le département des 
Vosges, (1818), d'après Jollois Hist. abrégée de J. d'Arc, p. 181. 

64. Pièces signalées par divers auteurs modernes et qui n'ont pu être 
retrouvées. 



B. — Témoignages extraits des livres de comptes. 

65. Arrivée de la Pucelle en France. 

66. Equipement de la Pucelle. 

67. Premier séjour de la Pucelle à Orléans. 

68. Délivrance d'Orléans. 

69. Expédition de Jargeau. 

70. Bataille dePatay. 

71. Prise de Baugency. 

72. Ambassade du duc de Bretagne à la Pucelle. 

73. Voyage et séjour à Reims. 

74. Retour à Reims. 

75. Le portrait de la Pucelle montré en Allemagne. 

76. La Pucelle à Orléans en janvier 143U 

77. Libéralité faite au peintre delà Pucelle. 

78. Procès de condamnation. 

79. Chanoines de Rouen incarcérés au sujet de la Pucelle. 

80. Anniversaire de la mort de Jeanne à Orléans. 

81. Réception du frère aîné de la Pucelle à Orléans en 1436. 

82. Libéralités de la ville d'Orléans envers Isabelle d'Arc. 

83. Commencement delà Procédure pour la réhabilitation. 
8i. La sentence de réhabilitation exécutée à Orléans. 

85. Cadeau pour le mariage d'un neveu de la Pucelle à Orléans. 
80. Libéralités de Charles VII, du duc d'Orléans et de Louis XI envers 
la famille du Lys. 



C. — Documents relatifs à la fête du 8 mai. 

87. Chronique de l'établissement de la fête. Chronique anonyme publiée 
parSalmon, Bibl. de VEc. des Chartes. 2 e s. t. III, d'après le m 3t 891 de la 
reine de Suède au Vatican. 

88. Indulgences accordées par le cardinal d'Estouteville pour la célébra- 
tion de la fête, (9 juillet 1452). L'original, autrefois à l'hôtel de ville d'Or- 
léans, est aujourd'hui au greffe de la Cour d'Orléans ; une copie authentique 
s'en trouve à la Vaticane, dans le m st 891 de la reine de Suède. Fut publié 
par Lenglet Dufresnoy, t. III, p. 207. 

89. Autres indulgences accordées par Thibaud d'Aussigny, (4 mai 1453) ; 
même provenance. 

90. Autres indulgences accordées par François de Brillac, (4 mai 1474) ; 
même provenance. 

91. Autres, par le cardinal Rollin (19 janv. 1482) ; même provenance. 



H HISTOIRES GÉNÉRALES 

92. Frais pour la célébration de la fête au xv c s., (1435-1483). Extrait des 
registres de comptes d'Orléans ; publié par Lottin dans ses Recherches, 
t. I. 

93. Vers composés pour la fête par d'Amerval, d'après Lottin, t. I. p. 
279. 

94. Indications complémentaires. 

D. — Documents sur In finiss» Jeanne d'Arc. 

95. Extrait de la Chronique de Metz, chronique du Doyen de saint 
Thibaud de Metz (Châtelain de la Porte), publié par le P. Vignier dans le 
Mercure galant de nov. 1083. 

96. Autre rédaction du même morceau, d'après un autre m st envoyé de 
Metz à Pierre du Puy, se trouvant dans cette collection, n° 030, à la B. 
Nat. 

97. Extrait du Formicarium de Jean Nider. 

98. Extrait des comptes de la ville d'Orléans pour 1430. 

99. Extrait du contrat de vente d'un quart de la seigneurie d'IIaraucourt 
par Robert des Armoises et Jeanne du Lys, dite la Pucelle, sa femme. Pu- 
blié par D. Calmet, preuves de son Hist. de Lorraine, t. III, col. 193. 

100. Extrait de la chronique d'Alvaro de Lima. 

101. Extrait des comptes d'Orléans pour 1439. 

102. Extrait des comptes de Tours. 

103. Témoignage de Pierre Sala. 

104. Extrait d'une rémission du trésor des Chartes ; accordée au capitaine 
qui prit la conduite des gens d'armes, auparavant, commandés par la 
fausse Jeanne d'Arc en Poitou. 

lOo. Extrait du Journal de Paris. 

100. Extrait, du livre des Femmes célèbres d'Antoine Dufour. 



E. — Supplément aux pièces et extraits concernant la Pucelle 

107. Fragment du religieux de Dumferling ; d'après le m sl 3888 de la Bibl, 
Bodléienne (n° 8 du fonds Fairfax). 

108. Anoblissement de Guy de Cailly, compagnon de la Pucelle, (tin juin, 
1429) ; d'après le m st 10 de Peiresc àla Bibl. Inguimbertà Carpentras, f° 400; 
fut publié plus lard par Vallet, Opuscules de Charles du Lis. 

109. Lettre écrite en 1429 par les agents d'une ville ou d'un prince d'Alle- 
magne, (fin juin) ; publié d'après le Serapeum, Leipsig 1847, parM. Pfeiffer, 
d'après un m st du xv e s. de la Bibl. de Stuttgard, (n° 1 medica), c'est le rap- 
port du comte Vaste et de Jean Rottenbot. 

110. Lettre de Jean Desch, secrétaire de Metz, (10 juill. 1429) ; c'est un 
rapport sur les bruits qui circulaient dans l'Est de la France à l'époque du 
sacre du roi à Reims. 

111. Contribution de Bourges pour le siège de La Charité, (24 nov. I 429), 
d'après La Thaumassière, Hist. de Berry, p. 101. 

112. La prise de Jeanne annoncée au duc de Bretagne, (fin mai, 1430); 
dans un recueil d'extraits des registres de la Chambre des comptes de Bre- 
tagne, à la B. Nat., siippl. fr. 2542, fol. 8. 

113. Séjour delà Pucelle au château de Drugy, (nov. 1430) ; extrait d'une 
chronique latine de Jean de la Chapelle curé et notaire apostolique, écrite 
en 1492. Le m st en est à la B. Nat. dans le recueil de D. Grenier sur la Pi- 
cardie (paquet 4, art. 3). 

114. Itinéraire suivi parla Pucelle de Drugy à Rouen, (nov. 1430) ; extrait 
deYIIist. généalogique des comtes de Ponthieu par le P. Ignace (Jac. Sam- 
son) parue en 1657. 

115. Anoblissement de Jean de Novelompont, compagnon de la Pucelle, 
(mars 1440) ; d'après le Trésor des Charles aux Archives nat. reg. 224, pièce 
126. 

116. Lettre du cardinal d'Estouteville à Charles VII, (22 mai 42) d'après 
l'original conservé dans la collection Grenier, p. 27 n" 2, à la B. Nat. 



COLLECTIONS DE DOCUMENTS 15 

-117. Inscriptions du monument de la Pucelle restauré par les Orléanais 
en 1571 : d'après les notes de la Notitia regni Franciœ de Jean Limnaeus, 
Strasbourg 1655, in-4, lib. VI, eh. G, note 9. 

118. Suite du mémoire à consulter sur Guillaume de Flavy. Est la conti- 
nuation de la pièce citée précédemment sous le § 33. 

119. Chronique espagnole de la Pucelle. Est une notice bibliographique 
sur La Historia de la Ponzella (voy. infrà n° 032). 

120. Itinéraire de la Pucelle. 



F. — Notice littéraire du procès de condamnation. 

121. Des premières écritures du greffe. 

122. De l'instrument du procès. 

123. De l'édition du procès. 

124. Description des manuscrits du procès. 

125. De l'instrument de la sentence. 

126. De l'abrégé ou sommaire du procès. 

127. D'une ancienne traduction du procès. 

fi. — • Notice des pièces delà réhabilitation. 

128. De l'information préalable sur l'iniquité du premier procès. 

129. De la consultation de Théodore de Leliis. 

130. Des allégations de Paul Pontanus. 

131. De la consultation du même. 

132. Du sommaire de Jean Rrehal. 

133. Delà lettre de Brehal au prieur des Dominicains de Vienne. 

134. De la consultation de Pierre Lhermite. 

133. Des premières écritures du procès de réhabilitation. 

136. De deux modes de rédaction appliqués à l'instrument du procès. 

137. De la rédaction vicieuse île l'instrument définitif. 

138. Description du nr 1 unique de la rédaction première. 

139. Description des m sts île la rédaction définitive. 

140. Des consultations insérées au procès. 

141. De l'édition du prucès. 

142. Du résumé des conclusions données à Poitiers. 

143. Du traité de Jacques Gelu. 

144. Des propositions d'Henri de Gorckum. 
143. Du traité De Sybilla Francien. 

Il est à regret ter que ces deux dernières sections, qui sont une élude fort 
savante, une bibliographie fort judicieuse des m sU des procès, n'aient pas 
été'placées en tête du tome I, c'est-à-dire avant les textes dont ils sont la 
description et l'analyse. 

Une table analytique, extrêmement détaillée, des matières contenues 
dans tout l'ouvrage termine le tome V, p. 483 573. 



9. PARIS (Paulin). — Manuscrits français de la Bibl. du Roi, t. VII, 
1818, p. 377-83. 

Analyse le m' 7301 anc. fonds, in-fol. vél. de 135 ff. du xv e s. (anc. 374 de 
la Bibl. Mazarine). Au fol. 81, Opinion des docteurs touchant le fait de la 
Pucelle, qu'avaient publié Buchon et Quicherat, t. III, p. 391. 

A la suite, M. Paris reproduit la pièce de vers commençant par 
Virgo puellares artus inducta virili 
Veste, Dei monitu, properat relevare jacentem 
Liligerum regemque... 

avec la traduction ; la note sur les prodiges advenus en Poitou, les deux 



16 HISTOIRES GÉNÉRALES 

prières relatives à la Pucelle. Le tout a été reproduit par Quicherat dans 
son t. V. 



10. ZELLER (B.) et LUCH AIRE (A.) docteurs ès-lettres. — Charles 
VII et Jeanne d'Arc, extraits d'Enguerraud de Monstrelet, du Journal 
d'un bourgeois de Paris, de Perce val de Cagny, de Jean Chartier, des 
procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, des acles, 
ordonnances et lettres de Charles VII, ouvrage contenant vingt gravu- 
res. Paris, Hachette, 1886, in-16, de 161 p. 

15. Nat. Lb 26 225 
Le faux titre porte : L'Histoire de France racontée pur les contemporains, 
prix 0,50. 

Et un ouvrage de vulgarisation, composé de quelques extraits de chro- 
niques anciennes empruntés à Buchon, Quicherat et autres collecteurs. Les 
gravures ont été imitées de celles du Wallon illustré. Voy. infrà n" 191. 



I 1. DELISLE (L.), membre de l'Institut, administrateur général de la 
Bibl. nation. 

— Rapport sur une communication de M. André Durand relative à l'his- 
toire de Jeanne d'Arc. 

Dans Revue des Soc. Savantes, 18G7, l rc Scm. p. 438-441. 

B. Nat. Le 18 75 

« M. Durand, correspondant du Ministère... voudrait que le Comité pro- 
voquât des recherches approfondies dans les collections de la Bibl. impé- 
riale et les autres dépôts de Paris, pour y faire découvrir des documents 
relatifs à Jeanne d'Arc... lise ligure que ces dépôts en contiennent beau- 
coup d'ignorés... il se trompe... plusieurs historiens qui s'occupent active- 
ment et spécialement du xv c s. (MM. Quicherat, Vallet, etc..) les ont explo- 
rés... Nous croyons que le hasard seul peut désormais faire découvrir quel- 
que pièce nouvelle sur Jeanne d'Arc. ». 

M. Delisle termine en reproduisant un acte du 1 i avril 1433 où sont énu- 
mérés plusieurs travaux de hucherie faits au château de Rouen, et notam- 
ment « au degré de la chambre où soulloit estre logée Jehanne la Pu- 
celle. » 



B. — Chroniqueurs du vv siècle. 



a. — Chroniqueurs Français. 



I îî. CACXY (Perceval de), écuyer du due d'AIeDçoo au xv° s. 

Le plus complet, le mieux instruit, le plus sincère des chroniqueurs de 
la Fucelle ; son témoignage a une grande valeur, puisqu'il resta longtemps 
auprès de Jeanne, qu'il fut témoin et acteur dans cette épopée. C'est en 
1436 qu'il écrivit sa Chronique des ducs d'Alençon, étant attaché à ce per- 
sonnage, à ce capitaine qui s'est tenu le plus constamment avec l'héroïne, 
qui l'a le mieux observée et connue ; les détails qu'il nous donne méritent 
donc une grande confiance, ils seront consultés notamment avec fruit sur 
les préliminaires du voyage à Reims, le siège de Paris, le départ de la Pu- 
celle pour l'Ile de-France en 1430 et l'attachement de Charles VII pour sa 
libératrice. 

Ce qui intéresse notre sujet a été extrait du m sl tome 48, fonds Duchesne 
à la B. Nat fol. <S6 95, par (juieberat qui l'a publié d'abord dans la Biblioth. 
de r cote de Chartes, t. I, 1845-46, p. 143-171 ; et ensuite au t. IV de ses 
Procès, p. 1-37. 

En 1473 un autre chroniqueur alenconnais, anonyme, écrivit sur le 
même sujet un ouvrage succinct qui est resté inédit. lie Thou en avait un 
m st qu'il communiqua à Bry de la Clergerie, lequel l'utilisa dans son His- 
toire du duc/ié d'Alençon. Quicherat, t. IV, p. 38-39, en a donné l'extrait 
qui concerne Jeanne d'Arc, d'après le m st 9574, 3, f. franc. B. Nat. Le seul 
intérètque présente ce témoignage est d'apprendre que la Pucelle avait fait 
au duc d'Alençon des prédictions qui se réalisèrent plus tard. 



I^î. HOI'VII^R (Jacques ou Gilles Ie)ditBerry,héraultdu roi de Fiance 
el roi d'armes en Berry. 

Cet auteur avait été à l'armée avec Jeanne entre le sacre de Reims et sa 
prise à Compiègne, aussi le récit qu'il fait de cette période dans sa Chroni- 
que est-il particulièrement important ; il donne sur celte phase bistorique 
des renseignements qu'on ne trouve pas ailleurs, sinon dans les chroni- 
queurs subséquents qui les lui ont empruntés, comme le Journal du Siège 
de Tripault. 

Ses annales commencent en 1402 et se continuent, suivant les manuscrits, 
jusqu'en 1455, 1438 et même jusqu'à la mort de Charles VIL 

Celte ebronique de Berri, qui était attribuée autrefois à Jean Charlier, 
fut restituée à son auteur et publiée par Denys Godefroy dans son Histoire 
de Charles VII, Paris Cramoisy 1661, p. 369-474. La partie relative à notre 
sujet a été donnée par Quicherat, t. IV, p. 40 à 50, d'après les m s de la Bibl. 
Nat. n° 137 du fonds Notre-Dame et 435 de la Sorbonne. 



18 



HISTOIRES GENERALES 



14. CHARTIER (.Iran), chantre de Saint-Denis au xv e siècle. — 
>X< Chronique de Charles VU roi de France, par Jean Chartier, nouvelle 
édition revue sur les manuscrits, suivie de divers fragments inédits, pu- 
hliée avec notes, notices et éclaircissements par Vallet de Viriville. Pa- 
ris, P. Jannet, 1858, 3 vol. in-16 de LXIV, 271 ; IV, 346 ; Vil, 408. 

B. Nul. Lb ï6 Si. 




Fait partie de la Bibliothèque Elzévirienne, iui\ la IV. 

La base de ce travail avait déjà été publiée <'ii 1857 dans la Biblioth. de 
l'Ecole des Chartes « lisais critiques, 2 e essai, Jean Chartier << et aussi dans 
le Bullet. de la Soc.de l'hist. de France, févi — mars IS.'iS. « Fragments 
inédits de Jean Chartier, ébauche de chronique latine } texte et traduction. » 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 19 

Jean Chartier était le frère du poète Alain Chartier et de Guillaume Char- 
tier, évêque de Paris, juge dans le procès de révision ; ce qu'il a écrit sur 
Jeanne est, donc une source importante. 

Il écrivit d'abord une Chronique latine dans laquelle il nous raconte les 
principaux traits de la vie de la Pucelle, nous dépeinl les remords de Jean 
de Luxembourg et compare à Gaïphe et à Pilate les juges de Rouen. Le 
seul texte connu est un m st possédé par Sir Thomas Philips à Chaltenham. 
(Cf. Kervyn de Lettenhove dans Bullet. de l'Académie royale de Belgique, 
2 e série, t. XXI, p. 174.) 

II écrivit ensuite des Chroniques françaises, qui furent fondues de bonne 
heure dans celles de Saint-Denis. Godefroy, le premier, les a reproduites 
dans son Hist. de Charles 17/, mais en en dénaturant souvent le texte. 

Ce récit très détaillé de la vie de J. d'Arc aune grande importance. Com- 
posé antérieurement au procès de révision, avant 1450, il n'a pu être mo- 
dilié favorablement à la Pucelle par les dépositions des témoins pour ainsi 
dire à sa décharge, et cependant il nous donne de l'héroïne la même im- 
pression ([lie la lecture des pièces du procès. C'est une preuve de la valeur 
historique de ces pièces. Ce que Chartier a écrit sur l'apparition de Jeanne 
est fort précieux, malheureusement c'est un assez médiocre écrivain, un 
appréciateur ppu judicieux des événements, un annaliste inexact et in- 
complet . 

Quicherat, t. IV. p. 51-93, en a extrait, ce qui est relatif à notre sujet, se 
servant pour cela du m sL 8350 de la IL Nat., lequel date de 1470. La Bibl. 
de l'Arsenal, (Hist. n° 100), et celle de Rouen (112 U, 81 signé Etienne 
Roux), possèdent chacune un m sl in-fol. des Chroniques de Jean Chartier, 
datant de la même époque. Dans une petite miniature, représentant 
Charles VII au milieu de sa cour, on voit Jeanne au premier plan. Nous la 
donnons ci-joint (v. page 18) d'après le m st de la Bibl. de l'Arsenal. Celle 
miniature a été reproduite en couleurs dans Villemin (Monuments français 
inédits, t. II, p. 104) et en noir dans Lottin, (Recherches su/- Orléans, t. I, 
p. 228), dans le Wallon illustré. La B. Nat. possède encore, f. franc. 2691, 
un m sl du xv e s. du même ouvrage. 

15. COL'SIXOT (Guillaume), de Monlicuil. — * Chronique de la Pu 
celle ou chronique de Cousinot, suivie de la chronique Normande de 
P. Cochon, relatives aux règnes de Charles VI et de Charles VU, restituées 
à leurs ailleurs et publiées pour la première fois intégralement à partir 
de l'an 1403, d'après les manuscrits, avec notices, noies et développe " 
ments par Vallet de Viriville. Paris, Adolphe Delah&ys, 1859, in-16 
de 540 p. 

B. Nat. La 14 12. 

Tait partie de la Bibliothèque Gauloise. Prix 3 fr. sur pap. Vergé et, 7 fr. 
sur grand pap. Vente de Latour, dem. vél. gr. pap. 4 fr. 50 ; de Bouteiller, 
dem. mar. coins, 3 fr. 

Comme l'indique son titre, ce vol. se compose de deux parties Lien dis- 
tinctes ; 1° La chronique de la Pucelle de Cousinot ; 2° La Chronique nor- 
mande de Cochon. 

La base de ce travail avait élé donnée par Vallet dans : 

— Essais critiques sur les historiens originaux de Charles Vit, par Vallet 
de Viriville. Paris, Dumoulin, 18o7, in-8 de 42 pag. 

Est le tirage à part d'une notice de la Biblioth. de l'Ecole des Chartes, 
4 e série, t. III, 1850-57, p. 1 et suiv. 

La Chronique de la Pucelle de Cousinot, 1422-1429, avait, toujours été 
jusqu'à Vallet attribuée à un anonyme. L'éminent érudit prouva, par un 
mémoire lu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres (séances du 
31 août 1855 au 18 janv. 50), que l'auteur était Cousinot. Ce mémoire fut 



20 HISTOIRES GÉNÉRALES 

publié dans les Mémoires présentés par divers savants, in -4°, l ,e série, t. V, 
p. 98-218 ; Notice des manuscrits, in-4, t. XIX, et en tète de l'édition que 
'Vallet nous a donnée de cette chronique d'après le m sl original, voyez ci- 
après. 

Cette chronique est inspirée de Jean Chartier ; à son tour elle a servi de 
base au Journal du sièye. « Les (/estes des nobles françoys descendus de la 
royalle lit/née du noble roi Priant... et Jehanne la Pucelle. » M sU 9656 et 
10297 à la B. Nat. ; ce dernier, bien plus complet, fut écrit en 1450 pour le 
duc d'Orléans. 

D. Godefroy s'était servi de ce dernier m s1 et en avait publié une partie 
dans son Ilist. de Charles VII en 1661 ; en 1 78o, Moucher en avait inséré 
un extrait dans le vol. de la collect. Perrin relatif à J. d'Arc ; Buchon, 
Michaud et Poujoulat l'avaient aussi édité dans leurs collections relatives à 
la Pucelle. Quicherat avait donné cette chronique au t. IV, p. 203-253, 
d'après le m st 245 de la Bibl. de l'Institut. 

Cousinot écrivit vers 1467, son récit, très élogieux pour Jeanne, est pré- 
cieux, d'autant que l'auteur nous dit avoir connu plusieurs des capitaines 
dont il parle, c'est-à-dire contemporains de l'héroïne. 



— Le même : Chronique de la Pucelle.... Paris, Garnier, [1888] in-18 
de 480 p. 

B. Nat. La 14 12 c. 

Est une réimpression (Saint-Denis, Imprim. Bouillant). 

16. COCIIOX (Pierre), notaire apostolique à Rouen, contempjrain de 
Jeanne. — Chronique normande de Pierre Cochon, notaire apostolique 
à Rouen, publiée par Charles de Robillard de Beaurepaire. Rouen, Le 
Bruinent, 1870, gr. in-8 de XXIX, 372 p. 

Fait partie de la Collection de la Société de l'hist. de la Normandie. 

En tête se trouve reproduite une Notice sur Pierre Cochon, qui avait. déjà 
paru en 1860 dans le Précis des trac, de l'Acad. de Rouen, et qui avait été 
tirée à part la même année, pet. in-8, prix 1 fr. 50. 

Le Pierre Cochon auteur de la dite Chronique normande, n'a aucun rap- 
port avec l'évèque de Bouen qui condamna la Pucelle, quoiqu'en dise 
M. V. Bouton (V. infrà, n° 1231) ; c'est avec éloge qu'il parle de Jeanne. Le 
seul m st qu'on en connaisse appartint à Colbert et se trouve à la B. Nat. 
9859, 3, pet. in-4 de 194 pag. du xv c s., qui [tarait être autographe. Il fut 
mis partiellement en lumière en 1840 par M. Floquet. Chéruel dans son 
Ilist. de Rouen sous la domin. angl. et Michelet, t. IV de son Ilist. de France 
s'en sont servis la même année. Quicherat en cite quelques fragments 
t. IV, p. 339-343 ; jusqu'alors on ignorait le nom de l'auteur de cette chro- 
nique. Vallet, en 1859, publia les chapitres relatifs aux années 1403 à 1430 
et établit le nom de l'auteur (V. suprà, n° 15). Enfin, M. de Beaurepaire en 
édita le texte complet, (années 1108 à 1430). Vallet publia dans la Biblioth. 
de l'Ecole des Chartes, 1. II, 2 e série, divers fragments d'une chronique 
normande manuscrite, ayant fait partie de la collection Joursauvault, au- 
jourd'hui au British Muséum (Plut. 158, E), datant de 1439. Quicherat en 
a donné un extrait, t. IV, p. 343-44. 

Ce récit est curieux en ce que l'auteur le termine exprimant le doute 
que Jeanne ait subi son supplice, cela s'explique si l'on songe qu'il écrivit 
à l'époque de l'apparition de la fausse Pucelle. 

Le même doute se trouve aussi exprimé dans une autre chronique, éga- 
illent anonyme, exécutée en Bretagne en 1440, dont le m sl est à la Bibl. 
S ,c -Ceneviève (1155, Olim. L 2). «L'an mil CCCCXXXI, la veille du Saint 
Sacrement, fut la Pucelle bruslée à Bouen ou condampnée à l'estre. » 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 21 

I 7. I5LOXDEL (Robert), clerc normand du xv e s., instituteur du prince 
Charles, fils de Charles VII. 

Dans son Histoire latine de In réduction de la Normandie par Charles VII 
en HoO. Cet ouvrage a été analysé par Bréquigny dans ses Notices et ex- 
traits des m sls , t. VI. La B. Nat. renferme plusieurs m sts . Quicherat, t. IV, 
p. 347-39, en a donné ce qui est relatif à Jeanne d'Arc d'après le m st 6197, 
fol. 109. 

Un chapitre assez court est intitulé : « De sacrilega ecclesiae de Cleriaco 
exspoliatione et de succursu Puellae et miraculosa obsidionis Anglorum ex- 
pugnatione, et de inopinatae régis Karoli Francise coronatione. » 

18. BASIX (Thomas), de Caudebec, 1412, évèque de Lisieux. — * His- 
toire des règnes de Charles VII et Louis XI par Thomas Basin, jusqu'ici 
attribuée à Amelgard, rendue à son véritable auleur et publiée pour la 
première fois avec les autres ouvrages historiques du même écrivain, 
par J. Quicherat. Paris, ./. Renouard, 1853-59, 5 vol. in-8. 
T. I, liv. IT, chap. XV et XVI, pag. 79 à 97. 

Déjà Quicherat, dans la Bibl. de l'Ecole <les Chartes, t. lit (1841-42), 
p. 333 el dans le t. IV de ses Procès, p. 3b0-o8, en avait donné un extrait 
d'après le m st 1832 du Vatican. La Bibl. Nat. renferme aussi, sous le 
n° 5962 un m st . in-fol. maroq. rouge aux armes de Colbert, intitulé : De ré- 
bus geslis Caroli VII, francorum régis, historiarum libri VII. 

Cet ouvrage avait été jusqu'en 1845 attribué à Amelgard. Le témoignage 
de Basin a une incontestable valeur. Après avoir été attaché jusqu'en 1449 
aux Anglais, l'évêque de Lisieux fut chargé par Charles VII de relever les 
irrégularités commises par Cauchon dans le procès de condamnation, et il 
rendit toujours pleine justice à la Pucelle. Sa relation, contenue en cinq 
chapitres, est conforme à la version généralement adoptée. Les seules cir- 
constances particulières sont qu'il nomme Dunois comme étant un de ceux 
qui engagèrent le plus Charles VII à se servir de la Pucelle, et que ce sei- 
gneur lui affirma tenir du roi que le secret révélé par elle ne pouvait éma- 
ner que de Dieu. 

Meyer, dans ses Annales Flandrise, lib. XVI, avait largement emprunté à 
Basin. 



19. BEAUCOURT (G. du Fresne de). — Charles VU et Louis XI 
d'après Thomas Basin. Paris, Durand, 1860, in-8. 

A propos de Ledit, de Basin donnée par Quicherat. Tirage à part du cor- 
respondant, 1859, tiré à 70 ex. prix 3 fr. 



20* SALA (Pierre), valet de chambre de Louis XL 

Parle de Jeanne dans ses Hardiesses des grands rois. loin. 

Le m s . original en est à la B. Nat. suppl. franc. N° 491 (Cf. sur ce m s . 
Bibl. des Chartes, t. II, P- 281 ; P. Paris, Manuscrits français de la Bibl. 
du roi, t. V, p. 91). 

Témoignage curieux. C'est lui qui nous révèle le secret qui existait entre 
le roi et la Pucelle, particularité que l'auteur tenait du chambellan de 
Boisy. Le P. Labbe en donna un extrait dans sa Concordia chronologica 
(voy. infrà, n° 115) ; Symphorien Guyon, Lenglet, t. 11. p. 149, Quicherat, 
t. IV, p. 227-81, ont reproduit ce qui a trait à Jeanne. 



22 HISTOIRES GÉNÉRALES 

21. CHATELAIN DE LÀ PORTE, doyen de Saint-Thibaud de 
Melz, curé de Saint-Sulpice, puis de Saint-Eucaire. — Chroniques de la 
noble ville et cité de Metz, depuis la fondation d'icelle, de quels gens et 
en quel temps el!e fut construite. Metz, Veuve Bouchard, 1G98, in-12. 

Donne de curieux détails sur Jeanne d'Arc, notamment sur la fausse Pu- 
érile. 

Le ms. original se trouve à la IL Nat. (fonds Gange, n° 122). En 1G30, 
Symphorien Guyon en avait donné un extrait dans son Hist. d'Orléans ; 
Dom Calme! dans les preuves de son Hist. de Lorraine, t. II, col. 200 
(voy. infrà, n° 133); Qnicherat, t. IV, p. 321-28 et t. V en donnant la ma- 
jeure partie. L'abbé Marchai dans ses Documents sur l'histoire de Lorraine 
en a donné une nouvelle et définitive édition. 



— Le même. Les chroniques de la ville de Melz, recueillies, mises en or- 
dre et publiées pour la première fois par J. F. Huguenin. Metz, Lamort, 
1838, in-8. 

Châtelain de la Porte a encore parlé de Jeanne, dont il est un sincère 
admirateur, dans sa Chronique de Lorraine, qui n'est que la mise en prose 
d'une sorte de chronique versifiée de peu de valeur historique. Tous les 
exploits des Français sous le règne de Charles VII sont attribués à la Pu- 
celle. Mais, tandis que dans son premier ouvrage (1443) il refusait de 
croire à la réalité du supplice de Jeanne, ayant vu la fausse Pucelle — pas- 
sage dont le P. Vignier dans le Mercure galant de nov. 1683 avait repro- 
duit à l'appui de sa thèse sur la fausse Pucelle (Voy. infrà, n° 1244) — 
dans le second (1-iGl), après avoir connu le procès de réhabilitation, il 
n'est plus aussi aflirmatif et garde sur cet épisode un silence prudent, dé- 
clarant « s'en remettre aux croiiicques ». 

22. TIIO.UASSIX (Mathieu), procureur général fiscal en Dauphiné sous 
Charles VIL 

Raconte les hauts faits de la Pucelle dans Registre delphinal. C'est un 
cour! niais élogieux récit des hauts faits de la Pucelle. Thomassin regrette 
de n'avoir pu lire les procès — qu'on avait promis de lui prêter, dit-il — 
et qui contenaient parait-il « des choses merveilleuses ». Le M st original 
est à la Biblioth. de Grenoble. 

Des extraits ont été publiés par Rochon en 1838 dans son Panthéon lit- 
téraire, (vol. Mathieu de Coucy) et par Quicherat, t. IV, p. 303-312. 

Dans un ms. de la B. Nat. 0G2'i, 3 fol. 22, qui contient des fragments du 
même auteur, Thomassin dit « Jehanne la Pucelle que je crois sans doute 
estre en paradis. •> 

23. Cil IILLA1 MM 1)1 : XAXdllS. 

A la fin du ms. K696, f. lat. de la 15. Nat. se trouvent des notes relatives 
à la Pucelle ; le récit est continué jusqu'à l'année 14G2. 

Cet ouvrage est le seul document qui donne le G mais, comme date de 
l'arrivée de Jeanne à Chinon. 11 tire aussi quelque intérêt des chrono- 
grammes dont, il est accompagné. 

Quicherat en a extrait ce qui était relatif à noire sujet, t. IV, p. 313-14. 

2-1. (H\V JEL (Guillaume), écuyer de Richement sous Charles VIL — 
Croniequcs des Bretons, Histoire d'Artus III, duc de Bretagne et connes- 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 23 

table de France, contenant ses mémorables faictz depuis l'an 1413 jus- 
qu'en l'an 1457, de nouveau mise en lumière par Théodore Godefroy. 
Paris, Ahr. Pacard, 1022, in-4. 

Vente Pluquet, 19. 

Fut reédité dans VHistoire de Charles VII du fils de Théodore, Denis Go- 
defroy, en 1661, puis en 1 7 s ; i par Perrin dans le t. VU, de sa Collection, 
par Buchon l. VIII, Michaud et Poujoulat, t. III, etc., enfin, pour ce qui a 
trait à la Pucelle par Quicherat. t. IV, p. 315-20. 



- * Le même: Chronique d'ArIhur de Richemont, connétable de France, 
duc de Bretagne (1393-1458) par Guillaume Gruel, publiée pour la So- 
ciété de l'histoire de France par Achille Levavasseur. Paris, Renouard, 
1890, iu-8 deXC-313 p. 

B. Nat. Lk 1 509 bis. 

Avec une excellente introduction el une table analytique. Ce qui a trait 
à la Pucelle se trouve aux pp. 68-75. Le texle en a été établi d'après le 
ms. 966 de la Bibl. de Nantes, du xv e s., vélin in-4 de 66 ff. avec enlumi- 
nures, qui est la meilleure version comme de la chronique de Gruel. 

Th. Godefroy avail établi son texte d'après un ms. appartenant au chan- 
celier de la cathédrale de Tournai, nis. aujourd'hui disparu Godefroy en 
lit lui-même une copie qui appartint pendant longtemps à la Bibl. de 
l'Institut, n° 240 du tonds Godefroy et qui disparut elle-même. 

La B. Nat. n IJ 18697 f. franc, possède un ms. in-fol. de 201) ff. provenant 
de la collection du duc de Loislin, abbé de S'-Germain des prés et évêque 
de Metz, après avoir appartenu au chancelier Séguier. La B. Nat renferme 
encore deux ms. de la chronique de Gruel, l'un n° 5037 f. franc, in fol. de 
306 ff. du xvi" s. provenant de la collect. du président de Thon; l'autre, 
n° 5507 f. fr. in-fol. de 08 ff. du xvu° s. provenant de la collect. Bigot. 

Cf Valeur historique de la chronique d'Arthur de Richemont, connétable 
de France, duc de Bretagne (4393-1458) par Guill. Cruel, étude critique 
par A. Levavasseur, 1887, gr. in 8. Prix 3 fr. 



25. GAGl'IX (Robert), ministre général des- mathurins, doyen de la fa- 
culté de droit do Rome. 

— Annales 1495, in-8°. 

« Pridie Kalendorum octobris. » In fine: « In aedibus divi maturini pari- 
siensis. » 

L'histoire de Jeanne est au fol. 84, v° 86, chap. X. Gaguin s'y montre 
très favorable à l'héroïne. 



— Le même, sous le titre de : IL Gaguini Compendium super Franco- 
rum gestis. Paris, Durand Gerlier, 1497, in-4 de 109 IV. en caract. 



cr 



goth. 



In fine : « Finis compendij irnpressi Parisiis impensis magistri Durandi 
Gelerii : diligenti vero accuratione magistri Andrée Bocard : anno Chris- 
tiane pietatis millesimo quadringentesimo nonagesimo septimo : ad ij Kal. 
april. 



24 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Le mémo. Lyon, J. Trechsel, 1497, in-i de 4 if. prel. et CXXlll f . 
.çhiff. 

In fine : « Impress. Lugduni impêsis M. Jo. Trechsel alemanni et dili- 
genti accuratione iodici Badii ascensii anno millesimo quadrigêtisimo no- 
nagesimo septimo ad VIII Kalendas iulii. » 

— Le même, Paris, 1499. 

In fine : « Anno salutis millesimo quadringentesimo nonagesimo nono, 
pridie calendarum oetobris. » Vente Hibbert, 11 shell. 

— Le même. Rob. Gaguini compendium super Francorum gestis ab 
ipso récognition et auctum. [1500J in-fol. de G IL prel. CLXIX ff. de lexte 
el 5 lî. lettres rondes. 

In fine : « Parisiis impressit Thielmanus Kerver impensis bibliopolorum 
Durandi Gerlerii et Joannis parvi. Anno M quingentesimo ad idus Janua- 
rias. » 

La B. Nat. possède un ex. sur vélin. 

— Le même. Purin, Gerlier, 150i. 

— Le même. De origine et gestis Francorum perutile eompendium, S. 
1. ni D. [Paris, 1500] in-4. 

La partie nous intéressant occupe les ff. 79 -8o. 



- Le même. Compendium Roberti Guaguini super Francorum gestis. 
[1514] in-8. 

De XVI ff. n. cbiff. pour le titre gravé, poésie, table alphabétique, et 
CCCXII ff. numér. de lexte. 

In fine : « ImpressM rursus diligens ac peritus chalcographus Anthonius 
bônemere... anno domini Millesimo quingentesimo decimo quarto die vero 
xij iulij. >•> Suit la marque de Poucet le preux. 

Au V° du fol. CGXI commence l'histoire de Jeanne qui finit au fol. GGVII. 

« Jahânx puellse ad carolum advêtus. Erat illis diebus apud vallicolorè 
ànos viginti nata iohàna q pre iacobo darco : matre ysabella invico dâpre- 
rao genita ob corpis perpétua integritatem puelle app'ellationê obtinuit... » 

Voici les intitulés des chap. relatifs à noire sujet : 

Johânae gladius. — Aurelianensis obsidio. — Anglorum cèdes. - 
Puelle Johâne fortuna mala apud côpendiû. 

Gaguin termine en disant que « Jeanne fut brûlée eu haine Je la France, 
après avoir subi de nombreux interrogatoires sur la loi et la religion. On 
l'accusait d'avoir été imaginée et d'avoir reçu des leçons de magie par 
Charles VII, mais elle mourut avec une sublime piété. » 



- Le Compendium fut traduit en français par Pierre Desrey, auteur d'un 
prologue et de la continuation de ces chroniques : 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 25 

- Les grandes croniques : excellent faits et vertueux gestes des... roys de 
France... composées en latin par Rob. Gaguin et depuis en Ian christifer 
mil cinq cens et quatorze soigneusement reduictes et translatées a la 
lettre de latin en nostre vulgaire francoys. Paris pour Poucet le Preux 
et Galliot Duprê, 1514, au mois d'avril. 

in fol. goth. de 12 11', prél. et CGLIIJ 11'. de texte, grav. s. bois. 
qq. ex. sur vélin avec miniatures, ventes Dubois (1725) sur vélin. 200 flor. ; 
Le prévôt (1857) 60 IV. 

- Le même. Les croniques de France... depuis l'exidion de Troye la 
grande... jusqu'au règne du roy francoys premier. 

Paris, Poucet le Preux et Galliot Duprê, 1515. 

in-fol. goth. de 12 ff. prél. CCXU1IJ ff. de texte, lig, s. huis qq. ex. sur 
vélin. 

- Le même, sous le titre de : Mirouer historial de France. 
Paris, Galliot du Pre, 1516. 

in-fol. goth. de CLXXXV ff. chiff. 



- Le même sous le titre de : La mer des croniques et miroir historial 
de France. Paris, Nicole de la barre, 1518, 

in-fol. goth. de 12 ff. prél. et GGLVi 11. de texte, lig. s. bois. 



- Le même, même titre, Paris, Hegnault Ghaudière a renseigne de 
l'homme sauvage S. D. 

in-fol. goth. avec la marque de G. Chaudière sur le titre. 



- Le même. Paris, Phil, Le Noir, 1525, in-fol. goth. fia 

- La même édition. Paris, Ambr. Girauit, 1525. 

- Le même. .1 V enseigne de la fleur de lys dor, 1527. 

in-fol. goth. de 10 ff. prél. et CGXXXV ff. fig. s. bois. 



— Le même. Paris, Jacques Nyverd, 1530. 

in-fol. de CCXXXVI1I ff. avec in fine la marque de Nyverd. 
vente Coste, raar. r, 100 IV. 



Le même. Paris, Gaudoul, S. D. in-i fig. s. bois. 

Le même. Paris, rue S. Jacques, a la fleur de lys dor, 1532, in-fol. 



26 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Le même. Paris, rue S. Jacques a lenseigne des deux cochets et rue 
neufve nostre Dame a S. Nicolas, 1530. 

in-fol de 10 ff. prél. et GCXLVJ ff. 



— Un résumé de ces chroniques fut publié sous le titre de : 

— C'est le sommaire historial de France... nouvellement réduict en 
forme dung promptuaire ouepitome... selon les vol. de Robert Gaguin... 
Paris, PU. Le Noir [1523]. 

pet. in fol. goth. sur bois. Vente A. Martin 40 f r ; de Bure 20 fr. 

Gaguin fut copié en ce qui touche l'épisode de la Pucelle par Adrien 
Barlandus, professeur d'éloquence à l'Université de Louvain, dans sa Chro- 
nique des ducs de Brabant : 

— Rerum gestarum a Brabantiee ducibus libri très. Anvers, Hardr. 
Tiletan et Jo. de Hoochstrate, 1526, pel. in-8. 

— Le même. Louvain, Rescius, 1532. 

— Le même. Anvers, 1551, pet. in-8 

— Le même. Bruxelles, 1565, pet. in-12. 

— Le même, sous le titre de : Hadr. Barlandi ducum Brabantiee chronica. 
Antuerpiec ex officina Plantiniana. 

in fol. portr. et fig. de Colaert. (prix 20 fr.) 



— Traduction française : 

Chronique des ducs de Brabant d'Adr. Barlande. Anvers, J. B. Vrient, 

1603, 

— La même, Anvers, en la boutique Plantinienne, 1612. 

pet. in-fol. avec les fig. et portraits gravés par Colaert de l'édit. latine de 1600. 
(prix 25 fr.) 

En Italie, Baptistin Fulgose, doge de Gènes, lui aussi, était contenté 
d'emprunter à Gaguin son jugement sur la Pucelle dans son 

— De dictis factisque memorabilibus eollectanea : a Camillo Gilino latina 
facta Mediolani, Jac. Ferrarius, 1509. 

in-fol. de 336 ff. La B. Nat. possède un ex sur vélin. 

vente Libri l.'i shell. 

Liv. III, chap 2 De fortitudine, f° K. o. 

— Le même, Paris, Pierre Vidoue, 1518, in-4. 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 27 

— Le même. Anvers, 1565, in-8. 

— Le même. Bâle, 1567, iu-8. 

— Le même. Cologne, 1604, in-8. 

26» X... — $ê Chroniques de France [appelées chroniques de Saint-Denis, 
depuis les Troiens jusqu'à la mort de Charles Vil en 1461] Paris, Pas- 
quier Bonhomme, 1476. 

In fine :« Fait a paris eiî lostel pasquier bon home... le XVI e iour de 
ianvier Lan de grâce Mil CCCCLXXVI » 3 vol. in-fol. goth. à 2 col. de 40 
lignes, sans chiff. réclam, ni signât, de 295, 331 et 314 fî. n. chiff. 

Vente Lavallière 300 fr; Mac Garthy, .100 fr. Brunet parle d'ex, incoinpl. 
ou en mauvais état vendus en 1853 et 1857, 1700 et 3400 fr. 

L'histoire de Jeanne occupe les chap. XIV à XXVII du Livre du roi 
Charles 17/ au t. III, fol. 18 1-194 Ce récit anonyme n'est pas toujours 
d'une scrupuleuse fidélité ; ainsi il y est dit au début que Jeanne était origi- 
naire des marches du Berry , pour du Barrois, et celle cireur se retrouvera 
dans toutes les éditions postérieures. 

A propos de la Tremoïlle la chronique rapporte un bruit à retenir: « Et 
disait-on qu'ils [les ennemis] avaient donné argent au sire de La Tremoille 
affin de demourer en trêves cl abstinence de guerre pour cette foys. De 
laquelle chose furent bien mal contens aucuns des capitaines du dit ost et 
en parloient bien fort en murmurant contre le dit De la Tremoille et autres 
estans du conseil du Roy. » 

Voici comment se termine l'histoire de Jeanne : « Lequel De luxembourg 
la vendit aux Anglois qui la menèrent a Rouen ou (die fut durement traitée. 
Et après qu'ils l'eurent longuement tenue la firent ardre publiquement au 
dit Rouen en lui imposant plusieurs maléfices selon ce que dit Juvenal le 
satirique: Sic volo, sic jubeo, sic pro ratione voluntas. » 

Les chap. relatifs à Jeanne sont intitulés de la sorte : 

De la pucelle qui fut amenée au roy et comment elle alla avec grosse 
armée sus le siège d'orleâs pour mener vivres. 

Cômêt le bastard dorleans, les sires de Rays et de Lore menerêl gràt 
quantités de vivres en la ville d'orleâs et leur vint audevant iehàne la 
pucelle son estàdart en sa main, et cômêt la dicte Jehàne prit plusieurs 
bastilles sur les ditz. 

Comment Talbot prit Laval. 

Comment le roy par ladmonnestation de iehânhe la pucelle tist une 
grande armée a Gyen sur Loire pour aller a Reims. 

Comment le roy de France vint a Saint Denis et comment les Frâcoys 
vindrent courir devant paris ou il y eut de grans escarmouches et y fut 
navrée iehanne la pucelle. 

Comment iehanne la pucelle print la'ville de sainct pierre le mouslier. 

Comment le comte darondel et menssire iehau De luxembourg mirent 
le siège devant la ville de Compiègne et cément iehanne la pucelle fut prise 
et de sa mort. 



— Le même. Paris, Anllhoine Vérard, 1493. 

In fine : Imprimé a paris par iehan Maurand pour Ant. Verard demourant 
a paris a limage sait iehan levangeliste,le dernier iour daoustlan MCCCC qua- 
tre vingtz et X1IJ. » 3 vol. L. r r. in-fol. goth. 2 col. de 40 et 47 lignes. 1. 1 de 7 
ff. prél. et CCLXXIIJ ff ; t. II, de 9 ff. prél. et CCLXXUIJ ff ; t. 111 de 8 If. 
prél. et CCLVIJ ff. Cette édit. est mieux imprim. que la première, et 
est ornée de grav. sur bois, banales il est vrai, ce sont les mêmes qui sont 
répétées dans tout l'ouvrage, aucune de spéciale à notre sujet. Les chap. 



28 HISTOIRES GÉNÉRALES 

de cette édit. à la différence de la précédente ne sont plus Qumérotés. 

L'hist de Jeanne se trouve au t. III, fol. CXLIII v° à CLIV v°. 

La B. Nat. et la B. de l'Arsenal (n° 5053) possèdent un ex. de cette édit. 

Vente Soubise 83 fr ; d'Heiss, 246 ; de Bure, mai'., 300 ; un ex. sur vélin 
avec 953 miniatures 151 liv. sterl. Paris. 



- Le même. Le premier [le second, le tiers] volume des | grans 
croniqs de France. || Nouvellement imprimées a Pairs (sic) Avecques 
plusieurs incidences survenues durant les règnes des très chrestiens roys 
de france tant es royaulme dytallie, Dalmaigne, Dâgleterrre, Despaigne, 
Hongrie, Herusalem, escoce, Turquie. Flandres et antres lieux circon- 
voisins. Avecques la cronique frère Robert Gaguin contenue a la cronique 
martinienne. Ils se vendent a paris en la rue ueufve noslre Dame a 
l'enseigné de agnus del. loi 4. 

In tint' du 3 e vol. « Cy finisl le tiers et dernier volume des grands croniques 
de France imprimées a paris Lan mil cinq cens et quatorze le premier iout 
d'octobre pour Guillaume Euslace libraire du Boy et relieur iure de luni- 
versité de paris demourant en la dite ville en la rue neufve noslre Dam- 
e a l'enseigne de agnus dei ou au palais au troisiesme pillier en la grant 
salle. Et a le Roy nostre sire donne au dit Guillaume Euslace lettres de 
privilèges pour vendre et distribuer ses ditz livres telles comme il sensuyt. » 
(suit en effet le privilège). 3 vol. in-fol. goth. de 50 lignes, t. I de 6 ff. prél. 
et CCIIIJ ; t. II de 7 ff prél. et CXGXG ; t. III de 12 ff. prél. et CCLXXVJ. Le 
t. I seul a des grav. s. bois. 

Vente Morel Vindé 91 fr. ; Bevoil, 010 ; d'Esling, 700 ; un ex. sur vélin 
avec 50 miniatures fut vendu successivement; Gaignat 680, Lavallière 850, 
M. Cartby 1800 fr. 

On trouve des ex. du I. I avec la marque de François Begnault, h Télé- 
pliant, sur le titre ainsi qu'au dernier f. 

« Ils se vendent a paris en la grand rue sainct Jacques a l'enseigne de 
sainct Claude. » 

Vente d'Esling (mar. fleurdelysé) 556 fr. 

Ce qui a trait à Jeanne d'Arc se trouve au t. III, fol. CI v° à . CY. 



27. X.. — LdMer des hystoires. Paris, Vincent Comin, 1488. 

In fine « Ce présent volume fut achevé ou mois de février pour Vincent 
Comin marchant demourant a lenseigne de la rose en la rue neufve Nostre 
Dame de Paris et imprime par maistre Pierre Lerouge lan mil CCCG II1J 
XXVII.J. o 2 vol. gr. in-fol. goth. à 2 col. de 50 lignes, t. I de 12 ff. prél. 
et CCLVIIff ; t. II de 8 If. prél CCLXXI. plus 28 ff. n. numér. pour le mar- 
tijroloç/e des saints. Fig. s. bois. 

Vente Picart, 20 fr. ; Heber, 16 liv. 10 sbell ; Turner (1878, mar. r. par 
Trautz) 2.800 fr. 

La B. Nat. possède l'ex. sur vélin avec miniatures qui fut offert à 
Charles VIII. 

La partie relative à la Pucelle se trouve au t. II, fol. CCXXXVIII v° à 
CCXXXIX v° : « Q En ce temps cest assavoir durant ce siège dorleans une 
pucelle de XVIII ans ou de XX comme disent aucuns native de lorraine... » 
et se termine ainsi, inspiré' évidemment par les chroniques de S 1 Denis: 

« Apres ce fust tenue longuemenl en prison par le dit De luxembourg 
lequel finablement la vendis! aux Anglois qui la menèrent a Bouen ou elle 
fust durement traitée. Car finablement ils la firent brûler publiquement en 
lui imposant plusieurs maléfices et villains cas. » 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 



29 



— Le même. Lyon, Jean Dupré, 1491. 

2 vol. iu-fol. goth. à 2 col. t. I de 10 ff. prél. et CCIIIJ ; t. II de CCXXl et. 
23 ff. pour le martyrologe, fig. s. bois. Le Wallon illustré en reproduit une 
représentant Jeanne à cheval à la tète de ses troupes ; nous la donnons nous 
même ci-dessous. 

Vente Lavallière 30 fr ; Heber, Il liv. ; Coste, mar. r. 300 fr. 




- Le mjme. Paris. Ant. Vérard, S. D. [postérieur à 1500] 

2 vol. in fol. goth. à 2 col. de 48 lignes, fig. s. bois. T. I de 12 ff. prél. et 
CCLVI1 t. II, de CCCIX plus 36 ff. pour le martyrologe et la table. 

La B. Nat. possède un ex. sur vélin qui fui vendu successivement : 
Gaignat, 200, Lavallière 300, Mac Carthy 930 fr. 



— Le même. Lyon, Jehan Dîamaiitier, 1506. 

2 vol. in-fol. goth. à 2 col. fig. s. huis. 

B. Nat. réserv. G. 674, G7,'>. 

— Le même. Paris Anguilbert de Marne f et François Regnault. S. I). 

2 vol. in-fol. goth. à 2 col. fig. sur bois. 



Le même. Paris, Jean Bonhomme, S. D. 
2 vol. in-fol. goth. vente Heber, 2 liv. 12 sh. 



30 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Le même. Paris, Poucet le preux, S. 1). 

' 2 vol. in-fol. goth. vente Heber, cuir de Russie, 4 liv. 4 sh. 

— Le même. Paris, Jean Longis, S. D. 

2 vol in-fol. uni h. vente Solar, mar. r., 99 fr. 

— Le même. Paris, Magdalaine Boursette, veufve de Fr. Regnault, S. D. 

2 vol. in-fol. goth. fig. s. bois. Vente Gancia, 04 fr. 

— Le même. Paris, Galliot du pré, 1536. 

2 vol. in-fol. goth. fig. (Imprimé par Nie. Cousteau) 
vente Solar, 9.J i'r. 

— Le même. Paris, Nicolas Cousteau, 15i3. 

2 vol. in fol. 

— Le même. Paris, Jehan Longis, 1550. 

2 vol. in-fol. fig. Vente de Quatremère 90 fr ; de Villafranea (1874 par 
Lortie) 230 fr. 

— Le même. Paris, Oudin Petit et les Angeliers, S. D. [entre 1550 et 
1560]. 

3 t en 1 vol. in-fol. goth. 

— Traduction espagnole (?) : Mar de historias, Yaleneia, 1531, in-fol. 

28. [GORCUM (de) et GERSOX]. — * Sibylla Francica | seu | de 
admira | bili pvella, Iohan na Lotharinga, pastoris filia dvetrice 
exercitvs Francorvm sub Carolo VIL Dissertationes aliquot coœvorum 
scriplorum historiese et philosopbicae, in quibus | de arte magica 
obiter disputatur et bislo | rise alke complures lectu Iucun | dissimee iu - 
seruntur. Hem Dialogi duo | de querelis Francise et An | gli.e, 
et jure succossionis ulrorumque Regum in regno Francise, | omnia 
ex bibliotheca Melchioris Haimins feldii Goldasti erula et in lucem 
producta. Vrsellis ex officina Cornelii Sntorii, impensis Johannis 
Berneri, anno M.DGV1 [1606] in-8 carré de 211 pour l'Index auctorum, 
30 et 43 p. 

B. Nat. Lb •* 23. Ventes Didot 1883 mar. citr. par Lortie 120 fr. ; de Bou- 
teiller mar. z. fil. dent. 30 fr. 

Ce vol. rare et curieux imprimé à Ursel dans le duché de Nassau, se 



CHRONIQUEURS DU XV SIÈCLE 31 

compose de deux parties avec pagination séparée : La première, de 30 p. 
est consacrée à la dissertation intitulée : 

Laudayani cujusdam anonymi clerici de Sybilla Francise Rotuli duo quos 
Goldasto communicavit R. P. IohannesMynzenbergiusPrior Monasterii Car- 
melitarum apud Franco furdianos. 

La seconde partie de 43 p. renferme : 

2. M. Heinrici de Gorckeim Propositionum de Puella militari in Frajicia 
libelli II. — 3. Johannis de Gerson, Cancellarii Parisiensis apologia pro ea- 
dem ; quant tamen veluti spuriam censet Goldastus. — 4. Ejusdem veritas ad 
justificationem ejusdem Puellœ : quam et ipsam spuriam esse affirmât Gol- 
dastus. — 5. Pétri Fpiscopi Cameracensis Dialogi II de querelis Francise et 
Anglise, et jure successionis utrorumque Regum in reg no Francise. 

« Le livre de la Sibylla est, dit Quicherat, tout de divagations, sauf en un 
endroit où l'auteur donne une attention particulière à ce que la Sibylla de 
France, qui était Sibylle pour lui aussi bien que l'Erythréenne ou celle de 
Cumes, n'avait de prédictions qu'au service de son pays. Cela passait pour 
surprenant en un siècle où des milliers de prophètes prétendaient régler 
le monde au gré de leurs oracles. » 

L'opuscule de Gorckum, composé au moment où Jeanne était à l'apogée 
de sa gloire est curieux en ce qu'il nous donne l'opinion des Allemands 
sur la Pucelle. C'est d'ailleurs le même intérêt que présente la Sibylla, l'au- 
teur s'y efforce également de prouver que Jeanne était une sibylle agréée 
de Dieu, comme ses devancières de l'antiquité. 

Ce Dialogua cujus interlocutores sunt milites duo, unus Francus aller an- 
glus, avait déjà été imprimé dans les Œuvres complètes de Gerson au t. II 
[Cologne, Jean Koeloff 1483, 4 vol. in fol. et Parisiis 1000 in-fol.p. 870) sous 
le titre de : Opus collativum de quadampuellâ quse olim in Franciâ equita- 
vit. Cujus edilio May. Joanni de Gerson adscribitur, sec? magis apparet sty- 
lus Ma</. Henrici d<- Gorckeim. Fabricius ne parait pas avoir eu connais- 
sance de ces propositions. 

Ces deux premiers chapitres, Sibylla Francise clerici anonymi Rotuli duo, 
et les propositions de Gorcum ont été reproduits par Quicherat, t. 111. La 
Bibl. vaticane, fonds de la Reine de Suède n° 307, possède un ms de la Si- 
bylla sur lequel Quicherat a pu corriger les lacunes de l'édit. de 1606. La 
Bibl. nat. suppl. lat. n° 1033 possède un ms du xvin s. copié sur celui du 
Vatican. 

Les troisième et quatrième chapitres sont dûs à Gerson : « Voici ce qui 
a été écrit à Lyon par Monsieur le Chancelier [Gerson] le quatorzième jour 
de mai, la veille de la Pentecôte, après le miracle qui a eu lieu à Orléans 
par la levée du siège des Anglais. » On sait en effet que Gerson mourut à 
Lyon cette même année 1429. L'auteur conclut qu'on peut pieusement et 
sainement soutenir le fait de la Pucelle attendu les circonstances, les faits, 
et surtout la justice de la cause qu'elle défend ; il réfute diverses objections, 
notamment celle tirée du port des habits d'hommes. 

Quant au chapitre V il se compose de deux dialogues qui sont attribués 
au cardinal Pierre d'Aillv évèque de Cambrai par erreur car celui-ci était 
mort en 1420. (Salembier, Petrus de Alliaco, Lille, Lefort, 1886 p. xlv: et 368) 
Jacques Lelong dans sa Biblioth. de la France n os 7346 et 73o9 les attribue 
avec plus de raison à Pierre de Cambrai, chanoine de Saïnt-Aubert. 

Ces deux dialogues ont été reproduits dans les Œuvres de Gerson édit. 
d Ellies du Pin, t. IV, p. 844 sous leur propre titre (Antuerpise, 1706, 5 vol. 
in fol. ou Hagœ-comitum). 



29. BOLLAIW II LIEHS (Pereeval de) Sénéchal de Berry, conseiller 
et chambellan de Charles VII. 

Écrivit au duc de Milan une lettre en français, relative à la Pucelle, dans 
laquelle il donne des détails curieux sur son enfance à Domremy, sur la 
prédiction de sa venue. Xous n'en possédons que des traductions. La lia- 



32 HISTOIRES GÉNÉRALES 

duction latine de cette lettre fut publiée d'après un m s de la Chartreuse de 
Moelck, dans le Codex hisiorico-diplomaticus faisant suite au Thésaurus 
anecdotorum dePez (111, p. 237). M. Voigt en publia une traduction alle- 
mande (Gazette littéraire de Leipsick, 3 juin 1820), Buchon dans son Pan- 
théon littéraire, t. VIII, traduisit en français cette traduction allemande. 
Ces deux auteurs appellent Boulainvilliers Bouloumarck. Quicherat, t. Y, 
p. 114-21, donne le texte latin, ainsi que A. de Lalour à la suite de son 
édition d'Astésan (voy. infrà, n° 450). 



30. ROURROX (Jacques de), comte delà Marche, roi de Naples. 

Adressa à Guillaume de Champeaux évêque de Laon, président de la 
Chambre des comptes de Charles Vil une curieuse lettre, écrite en fran- 
çais, où sont racontés les hauts faits de Jeanne et la plupart des événe- 
ments principaux de la première moitié de l'année 1429. Elle est loin pour- 
tant d'être aussi détaillée sur notre sujet que celle de Boulainvilliers. 

La traduction latine de cette lettre avait été signalée en 18.'il par Guill. 
Waltenbach dans le m 5 3470 de la Biblioth. impériale de Vienne (Archives 
X, 1851, p. HBBriefe ùber Johanna von Arc) du xv e s. ff. 08-72. M. Bouge - 
not en lit en 1892 l'objet d'une communication au Comité des travaux his- 
toriques M. Siméon Luce en a publié la traduction française dans la Revue 
bleue du 13 fév. 92, p. 201 204. 



31. lliers (Florent d'). 

Capitaine de Chàteaudun qui contribua à l'entrée de Jeanne dans Or- 
léans. Ses mémoires, fort intéressants, ont été publiés par tous les collec- 
teurs, Denis Godefroy, Perrin, Petitot, etc., enfin par Quicherat, t. IV. 



31 bic . Rt'XOIS (J.). — Lettre historique. Dunois à Xaintrailles au sujet 
de la mort de Jeanne d'Are. [Paris, 1830] in-8 de 3 p. 

Extrait du Mercure de France au xix c s., 1830, p. 361 63. 

Lettre apocryphe en pseudo-vieux fiançais dans laquelle Dunois raconte 
à son compagnon d'armes la captivité de Jeanne et son supplice. N'est, en 
dépit de son titre, qu'une œuvre d'imagination sans valeur aucune. 

32. Ql KRI.RAT (J.). — Relation inédite sur Jeanne d'Arc, extraite 
du Livre noir de l'hôtel de ville de La Rochelle, publiée par M. J. Qui- 
cherat. Orléans, Hcrhiison, 1870, in-8 de 40 p. 

Pap. vergé, tiré à 60 ex. numér. dont 4 sur peau de vélin. Portrait fac- 
similé d'après Iean Leclerc le jeune 1612, prix 4 fr. 

Avait déjà paru dans la Revue historique, t. IV, juill-aoùt 1877, p. 327-44 
avec fig. 

« C'est un extrait fait au xvi e s. de l'un des registres depuis longtemps 
détruits de l'hôtel de ville de La Bochelle. Le M s en est à la Biblioth. de 
cette ville sous le titre de : Extrait de la matricule des maires et échevins de 
la ville de La Rochelle, contenu au Livre noir estant en parchemin, dans le- 
quel sont incérez les choses qui sont survenues de remarque commencent en 
l'an 1429, maire Robert de Montmiral. 

Le sujet du morceau est un récit des actions de la Pucelle depuis son 
arrivée à la cour de Charles VII jusqu'à sa mort. Beaucoup de faits impor- 
tants ne sont que mentionnés, d'autres ont été passés sous silence, mais 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 33 

plusieurs points sont traités avec une véritable ampleur et présentent des 
détails tout à l'ait nouveaux. Celte relation est précieuse, notamment quant 
au portrait de la Pucelle, à ses vêtements, à son épée de Fierbois, à sa 
bannière, à la reddition de Troyes après les prédications du frère Richard. 
L'auteur du registre est le greffier de l'hôtel de ville qui était en exercice 
pendant 1429 et 1430. Son témoignage est celui d'un contemporain 
sans être celui d'un témoin oculaire. Les erreurs quant à la coïnci- 
dence des jours de la semaine avec le quantième du mois, prouvent que 
la rédaction a dû en êtie faite après coup et de mémoire. Il faut tenir pour 
une addition postérieure, le dernier paragraphe qui est un résumé, sans 
proportion avec tout le reste, de tout ce qui se passa entre la catastrophe de 
Compiègne et celle de Rouen. 

Je pense d'après cela que la relation rochelaise peut prétendre à figurer 
comme la première en date dans la série des chroniques relatives à Jeanne 
. d'Arc. » 

33. Qi.ICHFRAT (.1.). — "Documents nouveauxsur Jeanne d'Arc, sup- 
plément aux témoignages contemporains sur Jeanne d'Arc. [Paris, Félix 
Alcan, 1882,| in-8 de 13 p. 

Extrait de la.Revue historique, mai 1882, t. Xl\, p. 00-83. Quicherat exa- 
mine : 

1° Les renseignements fournis par une chronique écrite en français que 
M. de Smet a fait rentrer dans le 3 e vol. de son Recueil des chroniques de 
Flandre. (Voy. ci-après . 

2° Ceux qui nous sont donnés par Le livre des trahisons de France envers 
Bourgogne, publié par Kervyn de Lettenhove. 

3° Deux morceaux oratoires latins composés à la louange de Philippe le 
Ron. 

4° Un document extrait par M. Doinel des Archives d'Orléans, qui établit 
que Jeanne avait été dans cette ville locataire d'une maison appartenant au 
Chapitre. 

5° Enfin une relation inédile d'un auteur picard, partisan des Bourgui- 
gnons, qui parle pourtant de Jeanne avec sympathie. On y trouve in extenso 
l'armistice de Charles VII avec le duc de Bourgogne. 

Ce récit anonyme contemporain fortélogieux est tirédu m s 23018 f. franc, 
à la B. Nat. f° s 483, 485, 400, 493, 495 8, 507. Ce n'est pas toutefois un do- 
cument de premier ordre. Il a été reproduit dans les Analecta juris ponti- 
fia', janv. 1884, p. I 13-118 in-fol. 

34. SMET (J.J. de). 

Dans son édition récente du Corpus chronieorum Flandriœ, Bruxelles, 1856, 
t. III, p. 405. reproduit une chronique anonyme contemporaine écrite à 
Tournai, fort élogieuse pour la Pucelle, d'après le m s 19084 de la Bibl. de 
Bourgogne. M. Coethals à Courtrai en possède un autre m s . 

Ce chroniqueur parait avoir eu sous les yeux la décision des docteurs de 
Poitiers commis parle roi pour examiner Jeanne au début de sa mission. 

35. DELISLE (Léopold). — * Nouveau témoignage relatif à la mission 
de Jeanne d'Arc, communication faite à l'Académie des inscriptions et 
belles lettres le 23 octobre 1885. Paris, Champion, l88o, in-8 de 
22 p. 

B. Nat. Lb 26 226 

Cette étude avait déjà paru dans le t. XLVI de la Bibl. de l'École de Char- 
tes, G49-08.- 
C'est la publication de qq. pages inédites écrites en 1429 par un contem- 



34 HISTOIRES GÉNÉRALES 

porain de Jeanne dans lesquelles il raconte les principales actions de la 
vie de celle ci. Ces pages se trouvent à la suite du m s 37;>7, Breviarium his- 
toriale, à la Ribl. vaticane (in-4 de 159 ff. à 2 col. du xv 6 s.). Quoique le 
nom de son auteur soit inconnu, le comte Ugo Balzani attribue cette chro- 
nique à Jean de Colonne. Cf. la communication faite par lui à la Societa 
romana di Storia patria, t. VIII. 

La nouvelle de la prise d'Orléans sur les Anglais excite l'admiration du 
chroniqueur qui compare Jeanne aux femmes les plus célèbres de l'anti- 
quité, Débora, Judith, Esther chez les juifs, Penthésilée chez les Grecs, 
auxquelles il la préfère sans hésitation. Il trace d'elle ce beau et vigoureux 
portrait : « Si de aliis circumstantiis queratur, hujus puelle etas an no ru m 
xvii, fortitudo et aptitude corporalis quam in sustinendis bis laboribus ha- 
bet, ita ut nulli sit secunda quantumcunique robusto virili vel bis assueto; 
imo nullus qui valeat aut velit in diligentia eam subsequi. Nullum emolu- 
mentum temporale querit, sed cum multa si hi donantur, nichil impendit, 
sed ea redonat : responsa ejus brevissima et simplicia ; in facto sue lega- 
tionis prudentissima, vita honestissima, sobria, in nullo superstitiosa nec 
sortilega, licet nonulli emuli veritatis eam asseverent sortilegam. » L'au- 
teur la défend contre ces accusations de sortilège, et la raison principale 
de cette défense est prise de la mission divine de la Pucelle. « Pro re utili 
millitat et equa, puta pro regni Francorum paciticatione, unde sequelur 
fidei sublevatio, que, visis suffrages olim per dictum regnum fidei et eccle- 
sie impensis, sic utique non decidisset, sic in tôt bellorum incursibus im- 
mersum non fuisset : unde oporfet necessario concludere a Deo et non sor- 
tilège procedere. » 

« Gloire à Dieu, ajoute l'historien patriote, gloire à Dieu qui exalte les 
humbles et humilie les puissants. La Pucelle est pleine de dignité et de 
noblesse ; elle est généreuse, de mœurs irréprochables nullement supers- 
titieuse dans son ardente piété, il n'y a point à invoquer de sortilège pour 
expliquer ses succès qui sont de vrais miracles. Sa piété est profonde ; elle 
communie tous les jours. Ses victoires sont l'œuvre de la volonté divine et 
non de sortilèges, comme le prétend l'envie. Un jour Jeanne a demandé 
devant une nombreuse assistance de seigneurs que le roi lui fit don de son 
royaume. Le roi, non sans hésitation, fit ce queJeannelui demandait. « Voilà, 
dit elle alors, le plus pauvre chevalier de France, » puis elle offrit à Dieu 
le royaume qu'elle venait de recevoir, et, sur l'ordre d'en haut, elle remit 
au prince le royaume de la part de Dieu. Les expressions du chroniqueur, 
son sincère enthousiasme, dénotent évidemment un clerc français. L'ouvrage 
auquel il ajoute cette note est la chronique universelle qui fut plus tard 
imprimée à Poitiers, en 1479, sous le nom de Breviarium historiale. 

Quel est le nom de son auteur '? nos jeunes savants de l'École française 
de Home auront à cœur de le découvrir. M. Delisle pose ainsi le problème: 
quel est le clerc français, attaché plus tard au pape Martin V, qui a com- 
posé le Breviarium historiale, et qui se trouvait à Bologne en 1414 quand le 
pape Jean XXIII se mit en route pour le Concile de Constance ? La note 
additionnelle dont il s'agit, et qui n'a pu être jointe aux copies du Brevia- 
rium déjà en circulation, fut écrite sans aucun doute à Rome dans les six 
derniers mois de l'année 1429. Précieux surtout comme témoignage de 
l'impression produite sur les contemporains par l'apparition de Jeanne, son 
caractère et ses premières victoires, le texte communiqué à l'Académie par 
M. Delisle contient pourtant quelques faits originaux, fournis sans doute au 
clerc résidant à Rome par ses correspondants de France, et dont il pourra 
y avoir lieu de tenir compte dans la biographie de la Pucelle : Le fait de 
ses communions quotidiennes, par exemple, ou du moins extrêmement fré- 
quentes, ne serait pas, s'il était définitivement établi par le rapprochement 
de ce texte avec d'autres témoignages, sans une réelle importance, non seu- 
lement pour une juste apréciation de la façon dont Jeanne comprenait la 
pratique de la religion, mais aussi pour la critique de la thèse soutenue à 
cet égard par l'école janséniste au xvn c s. La piété vive et profonde de 
Jeanne est un des traits de son caractère qui ressort ent le plus clairement 
des témoignages de son histoire et, sans aucun doute ce sera aussi l'un de 
ceux qui seront le plus particulièrement pris en considération par les juges 
du procès de canonisation. » 

CR. de Marins Sepet dans Bévue des <jut>sl. histor. janv. 86, p. 302. 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 35 

36. \IOI.A\DO\ (Boucher de), membre du comité des travaux histori- 
ques, président de la Soc. hist. et archéol. de l'Orléanais etc.. 

— Nouveau témoignage relatif à la mission de Jeanne d'Arc par M. Léopold 
Delisle. Rapport à la Société archéologique par M. Boucher de Molandoa* 
Orléans, Herluison, 1886, in-8 de 16 p. 

Prix 1 fr. Tirage à part d'une notice des Bulletins de /;> Soc. nrcheolog.de 
l'Orléanais 1886, t. VIFI, n° 128 p. 417-25. 

A aussi été inséré dans le Journal de la Soc. d'archéolo. lorraine, 1886 p. 
7.1 -78. 



37. HARDY (Michel) archiviste de la Dordogne, correspond. duMinist. 
de l'Instr. publ. 

— * La mission Jeanne de d'Arc prèehée à Périgueux en 1420, témoigna- 
ge d'un contemporain. Périgueux, A.Seirjne, 1887, in-8 de 8 p. et 1 fac- 
similé. 

Tirage à part du Bullet. de la Soc. archéol. et hist. du Périgord. 

Le Fr. Hélie Bodant, prédicateur dominicain, étant venu à Périgueux, an- 
nonça atout le peuple les grands miracles accomplis en France par l'in- 
tervention delà Pucelle. Périgueux, comme la plupart des villes de France, 
n'hésita pas à croire à la mission divine de Jeanne. Le 13 déc. 1429, les 
consuls de la ville firent célébrer une messe chantée, à la fois pour remer- 
cier Dieu et attirer ses grâces sur l'héroïne. La dépense pour cet office so- 
lennel figure dans le livre des comptes de l'hôtel de ville de Périgueux de 
1429. 

Kappelons qu'en 1450, son évèque, Hélie de Bourdeille, élèvera la voix en 
faveur de Jeanne, en écrivant un long mémoire pour établir son innocence 
lors du procès de réhabilitation. Ce mém. a été donné par nous dans nos 
Mémoires et consultations (voy. infrà n° 1237). 



38. | REI.ISLE (Léopold). |— Note sur la chronique de la Pucelle, conser- 
vée au Musée britannique, (imprimé à la suite de la Chronique des tards- 
venus) S. nom lieu ni dale. [Imprim. Daûpeley -Gouverneur, 1889] in-8 
de 11 p. 

Tirage à part d'une notice de la Bibl. de VEc. des Chartes, t. L. 1889. 
Non mis dans le commerce. 

Communication faite à l'Académie des Inscriptions le 28 juin 89. 

Ce mémoire montre qu'un m s du Musée britannique n° 300 12 intitulé 
Chronique de la Puce/le d'Orléans, Jehanne d'Arc daté de 1512 avec minia- 
tures gouachées, est l'œuvre d'un faussaire. Ce n'est que la chronique pu- 
blié par Buchon, t. XXXIV. (Voy. suprà n° 5). 



39. ARC (Pierre Lanéry d') et GRELLET-BALGUERIE (Charles) 
— La Pmzela dorlhienx. Récit contemporain en langue romane delà 
mission de Jeanne d'Arc, de sa présentation au roi Charles VII et de la 



36 HISTOIRES GÉNÉRALES 

levée du siège d'Orléans. Communiqué le 13 juin 1889 au Congrès des so- 
ciétés savantes. Paris-, Alph. Picard, 1890, in-8 de 16 p. 

B. Nat. Lb 26 253 

Tiré à 200 ex. sur pap. de Hollande, numér. (2 fr.). 

C'est une note contemporaine extraite du registre des Actes des consuls 
de la cité d'Albi, année 1427-28 (vieux style), fol. 154, actuellement dans 
les archives de la ville d'Albi (Tarn) n° 4, Aa. La B. Nat. en possède une 
copie t. IX f° 287 des m s de Doat. 

Cette note avait déjà été publiée par Quicberat t. IV, p. 300-302 et par 
Compayré, Etudes histor. et docum. inédits sur l'Albigeois, Albi, Papailhan, 
1841, in 4. 

Elle est curieuse en ce qu'elle prouve une fois de plus quel intérêt pre- 
naient nos villes à l'admirable entreprise de la Pueelle, avec quel entbou - 
siasme elles l'accompagnaient de leurs vœux et combien' vivement elles se 
réjouissaient de ses succès. 

CIL H. Omont dans Bibl. Ecole Chartes, janv. 90, p. 147 ; M. Sepet.iteuue 
des quesi. histor. avril 90, p. 649; Eug. d'Auriac, Rev. de la Soc. des études 
histor. 1890, p. 5o ; Revue critique, 26 mai 90, p. 408 ; etc.. 



•10. X... — Registres du conseil du Parlement de Paris (liber consiliorum 
parlamenti) de 1400 à 1431). M s du xv e s. sur pap. in-4 de 55i II". 

Vente Techener 1888, demi-rel. vél. 600 fr. 

Ce ms. précieux, rédigé au jour le jour, renferme des détails circonstan- 
ciés sur les principaux événements intéressant Paris à cette époque : assas- 
sinat du duc d'Orléans, massacre des Armagnacs, supplice de Capeluche, 
meurtre du duc de Bourgogne, traité de Troyes, mort de Charles VI et 
spécialement sur les victoires de Jeanne d'Arc et son supplice. 



[3. Chroniqueurs bourguignons. 

41. MOXSTREIJET (Enguerran de), — >£ Les chroniques de France, 
d'Angleterre et de Bourgogne... in fine: Paris, Anthoîne Yérard au 
petit pont, s. d. [vers 1490] 3 vol. in-fol. goth. de 47 lign. à 2 col. 

B. Nat. La 14 1 

Vente Robert Turner (1878) aux armes du duc de Boxburghe 3.250 f. au 
baron de Rothschild. 

Les chai). LVII à CV du livre III traitent de la Pueelle, du siège d'Orléans, 
du procès de Rouen etc. 

Etant attaché au duc de Bourgogne, qu'il suivit au siège de Compiègne 
comme capitaine, Monstrelet était hostile à Charles VIL Quoique très par- 
tiales et même injustes à l'égard de Jeanne, ses chroniques sont précieu- 
ses, parce que l'auteur fut lui-même témoin des événements qu'il raconte, 
et surtout parce qu'il rassembla un très grand nombre de pièces telles que 
traités, ordonnances, discours. 11 dit avoir été présent à l'entrevue qu'eut 
la Pueelle avec le duc de Bourgogne après sa prise. 11 était au camp de 
Compiègne quand Jeanne fut faite prisonnière. Monstrelet se garde bien de 
mentionner la vente de la Pueelle aux Anglais par Jean de Luxembourg, 
son maître. 

Selon lui, ses visions étaient des rêves et sa mission une supercherie, il 
trouve même qu'elle fut justement condamnée « à cause de ses erreurs 
pestilencieuses, en expandanf le sang humain, en faisant sédition et 
commocion de peuple et renouvelant guerre mortelle. » 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 37 

— Le même. Anthoine Vérard, rue neufve Noslre Dame, [vers 1500] 3 vol. 
in-fol. goth. à 45 lign. 

B. Nat. La '* 2 

T. I: IX ff. prelim. pour titre, prologue et table, texte de CCCII ff. 
T. !I : VIII ff. pour titre, prologue et table, CCI! ff. de texte. 
T. III : VII ff. pour titre, table, grav. s. bois (cette grav. ne se trouve pas 
dans le 3 e vol. de la seconde édit.) texte ff. CXXXIIl à CCLX. 

In Une : « Cy finist le tiers volume denguerrant de Monstrelet... imprime 
à Paris pour Antboine Vérard. » 

Vente Lavallière (vélin avec 28o miniatures) 640 fr. ; Mac-Carlby, 1800; 
en avril 1860 Techener acheta à Harlem un ex. vélin 5 600 florins, il le re- 
vendit 18.000 fr. à Ambr. Firmin-Didot, à la vente duquel en 1878 il attei- 
gnit le beau chiffre de 30.500 fr. Exempl. superbe avec 6 grandes miniatures 
et 159 petites à la gouache, magnilique reliure en mosaïque de Lorlic, les 
3 tomes en 2 vol. 



— Le même. Le premier || second et tiers || volume de Enguerran de 
.Monstrelet, esuyvât Froissart, nagueres imprime à Paris des cronicques 
de France, dâgleterre, descosse, despaigne, de bretaigne, de gascongne, 
de flandres et lieux circonvoisins. Paris, Jehan, Petit et Michel le 
Noir, 1512. 

In fine : Cy finist le tiers volume de Enguerran de Monstrellet avecque 
les grandes cronicques des roys de France Louis XI de ce nô et Charles VIII 
son 1 1 1 z — le tout faict et adiouste avecque la cronique du dit de Môstrellet, 
lan de grâce mil V cens et douze le III e iour de décembre pour Jehan Petit 
et Michel Le Noir. 3 tom. pet. in-fol. goth. 

B. Nat. La » 3. 

Vente Solar (par Duru) 480 fr. ; Lacarelle (1888, par Trautz-Bauzonnet) 
305 fr. 

Le règne de Louis XI est par Jean de Troy et celui de Charles VIII par 
Pierre Desray. 

— Le m '>me (avec addition jusqu'en 1516), Paris, François Regnault, 

1518, 3 vol. pet. in fol. golh. à 2 col. 

B. Nat. La u 4 
Vente Villafranca (1874, maroq. vert par Lortic) 1100 fr. 

— Le même. Paris, Guillaume Chaudière ou Pierre L'huiUier, 1572, 

3 tomes in-fol. 

B. Nat. La ll et 3 A 
Vente Solar (maroq. br. aux armes de Nassau) 400 fr. 
Cette édition fut revue par Denys Sauvage, c'est la plus belle. 
La partie concernant notre sujet se trouve t. II p. 33-47. 

— Le même. Les chronicques... reveue et corrigée sur l'exemplaire de 

la librairie du Roy et enrichie d'abregez pour l'introduction d'icelle avec 

des annotations en marges et des tables fort copieuses. Paris, L. Met- 

ttaijer, 1505, 3 tomes en 1 vol. in-fol. 

B. Nat. La t4 6 



38 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Le même. Les chroniques... d'Enguerran de Monstrelet gentilhomme 
jadis demeurant à Cambray en Cambrésis. Contenant les cruelles guerres 
civiles entre les maisons d'Orléans et de Bourgogne, l'occupation de Pa- 
ris et de Normandie par les Anglois, l'expulsion d'iceux el autres choses 
mémorables advenues en son temps en ce royaume et pays eslranges. 
Paris, L. Sonnius, 15%. 2 tom. in-fol. 

(val. 33 fr.) 

— Le même. Paris, Orry, 1603. 

H. Nat. La 1; 7 



— Le même. Paris, Vèrdière, 1826-27, 15 vol. in-8. 

Edition, avec notes el éclaircissements, due à Buchon. T. XXVI à XL de 
sa Collection des chroniques. 

A la tète du premier vol. se trouve un mémoire sur la vie de Monstrelet 
par Dacier, dans lequel celui-ci fait l'éloge de l'impartialité de ce chroni- 
queur. Ce n'est pas en tous cas relativement à Jeanne d'Arc que Monstrelet 
s'est montré impartial, car son témoignage respire d'un bout à l'autre la 
prévention d'un ennemi. Quant au texte, Buchon s'est servi des m s de la 
B. Nat. bien préférables aux imprimés toujours fautifs ou incomplets ; il a 
fait usage aussi d'un cahier de corrections laissé par Ducange. 

— Le même. Paris, Desrez, 1842, gr. in-8 à 2 col. de XII, 8311 p. 

— La même édition avec feuille de litre nouvelle : Orléans, Ilerlui- 
son, 1875. 

Prix 7 fr. 50. 



- Le même : $< La chronique d'Enguerran de Monstrelet en deux livres 
avec pièces justificatives, 1480 à 1444, publiés pour la Société de l'histoire 
de France par Douet d'Arcq. Paris, veuve Renouard, 1857-01, 5 vol. in-8 
(45 fr.). 

: Traductions anglaises : The clwonicles of Monstrelet... Ai the llafod 
press } by James Henderson, 1809, 4 vol. gr. in-4. 

50 pi. color. prix £0 guinées ; il a été tiré 25 ex. in-fol. 

B. Nat. La 14 8 
Et aussi 1810, 12 vol. in-8 ; 1849 in-8 avec 100 grav. s. bois (prix 35 fr ). 
La partie des chroniques de Monstrelet, intéressant notre sujet, avait déjà 
été publiée par Denis Godefrôy, en 16(31, dans son Hist.de Charles VII ; elle 
l'a été aussi par Quicberat, t. IV, p. 360-404, d'après le m s 8346 du f. franc, 
à la B. Nat. 

Cette biblioth. possède encore sous le n° 20361, même fonds, un ms 
exécuté à (iènes en 1510, lequel renferme plusieurs miniatures où ligure 
la Pucelle ; le Wallon illustré en a reproduit plusieurs, et nous en donnons 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 



39 



nous-même ci-joint une qui représente à droile la bataille de Palay et à 
gauche la Pucelle assistant à l'exécution de Franquet d'Aï ras. Sous le 
n° 2679 un ms du xv« s. ; fonds Lavallière n° 32, un m s avec miniature 
représentant la bataille de Palay, dans laquelle en voit Jeanne d'Arc à 
cheval. Cette miniature a été donnée par Champollion-Figeac et par Silves- 
tre dans le t. III, de leur Paléographie universelle, iu-fol. Cf. une étude 
d'Edouard Achard Jeanne d'Arc d'après le chroniqueur Monstrelet dans la 
Revue alsacienne, Nancy, Berger Levrault, 1882-83, in-8, 450-oo. 




L'influence néfaste de Monstrelet, dans son jugement sur la Pucelle, a 
été grande sur ses contemporains et dans la suite. Dom Plancher dans son 
Hist. de Bourgogne attribue faussement à Jeanne d'avoir fait trancher la 
tète à Franquet d'Arras. 

Kervyn de Lettenhove dans sa Belgique sous la domination des ducs de 
Bourgogne, p. 197-203, publie le Livre des trahisons de France envers la 
maison de Bourgogne, par un auteur anonyme très violent contre Jeanne 
qu'il accuse d'avoir « le diable au ventre. » 



40 HISTOIRES GÉNÉRALES 

42. R. (F.) — La mission de Jeanne d'Arc résumée dans un chroni- 
queur wallon contemporain (1429-1431J par B. F. S. nom. [Douai, 
1881 ] in-8 de 24 p. 

Extrait des Souvenirs de la Flandre Wallonne, recherchés historiques, 

2» s., t. I, p. 143 167. 

A été l'ait d'après l'extrait de la chronique anonyme publiée par Uouet 
d'Arcq dans l'édition de Monstrelet citée plus haut. 



43. \VAYRI.\ RL FORESTEL (Jean de), capitaine bourguignon qui 
combattit conlre Jeanne d'Arc avec les Anglais. 

— Anchiennes Chroniques d'Engleterre par Jehan de Wavrin, publiées 
pour la Société de l'histoire de France par M"° Dupont. Paris, Re- 
nouard, 1858-1863, 3 vol. in-8. (27 fr.). 

Chap. VIII à XIII. Ce que Wavrin dit de Jeanne d'Arc est une compilation 
de nos chroniqueurs français, Froissart, Monstrelet, Math, de Coucy, faite 
avec déloyauté et de parti pris contre la Pucelle. C'est Wavrin qui le pre- 
mier a fait d'elle un instrument de la politique, c'est en somme, quoique 
français, un des écrivains qui lui sont le plus hostiles. 

Comme addiLion au témoignage de Monstrelet sur Jeanne, le récit de la 
campagne du mois de juin 1429 est ce que ces chroniques d'Angleterre of- 
frent de plus intéressant ; on y voit avec quelle supériorité l'armée fran- 
çaise fut conduite à ce moment. Pour le reste, Wavrin se contente de 
reproduire Monstrelet en renchérissant sur les termes de haine et de 
mépris à l'égard de celle qu'il appelle « femme monstrueuse » et de -ceux 
qui ont cru en elle et qu'il traite de « folz ». 

Quicherat, t. IV, p. 40o-2.'i a publié un extrait de ce qui nous intéressait 
d'après le m s 67o7, f. franc, à la B. Nat. 

A été récemment publié en Angleterre dans Recueil des chroniques, 
Iiolls Publications, London 1879, t. III, p. 281 suiv. 



44. LA MARCHE (Olivier de). — Ml moires d'Olivier de la Marche mis 
en lumière par Denis Sauvage. Lyon, Guillaume Rouille, MDLXl(IoOl). 

In fol. de VI ff.-43."i pp. plus 4 pp. d'annotations. 

Cet auteur, qui avait été page et gentilhomme de Philippe le Bon, avait 
vu et peint la cour des ducs de Bourgogne, leurs intrigues, leur politique, 
en homme qui n'y a pas été étranger. Mais il ne parle pas de Jeanne d'Are, 
cet épisode n'étant pas à la gloire du parti bourguignon. 

— * Le même. Mémoires d'Olivier de la Marche, maître d'hôtel et capitaine 
des gardes de Charles le Téméraire, publiés pour la Société de l'histoire 
de France par Henri Beaune et J. d'Arbaumont. Paris, Laurens, 1883- 
88, 4 vol. in-8. 

(36 fr.). D'après le m" 2868, 2869 de la B. Nat. f. franc. 



45. I)Y\TER (Edmond de), greffier de la Chambre des comptes de Bra- 
bant. 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 41 

- Chronica nobilissimoruin ducum Lotharingie et Brabantiœ ac regum 
Francorum. Edit. de Mgr. Ram. Bruxelles, 1854-60, t. III, p. 493 suiv. 

Etant au service d'Antoine de Bourgogne, duc de Brabant, ce flamand 
consigna sur un registre de la Chambre des comptes de Brabant, dont il 
était greffier, comme renseignement extrait d'une lettre écrite à Lyon le 
22 avril 1429, c'est-à-dire quinze jours avant la blessure reçue parlaPucelle 
à Orléans, la prédiction faite par Jeanne à Charles YII qu'elle serait blessée 
à Orléans. 

Au sommaire latin de cette lettre, le greffier ajouta que les faits s'étaient 
accomplis et fit suivre le tout d'un court résumé des derniers temps de la 
Pucelle. Il se montre somme toute assez peu favorable à l'héroïne. 

De Cliarmettes avait cité ce témoignage, t. I, p. 424, d'après le Registre 
noir de la Chambre des comptes de Brabant, (collection d'Esnans I, p. 110- 
116). Quicherat, t. IV, p. 42o-28, avait reproduit ce qui a trait à notre sujet, 
mais ignorait le nom de l'auteur. 



46. LE FÊVRE DE SAINT-REMY (Jean). - - * Chronique de Jean 
Le Fèvre, seigneur de Saint-Remy, publiée pour la Société de l'histoire 
par François Morand. Paris, Renouard, 1876-81, 2 vol. in-8. 

Le texte en a été établi d'après un m s de la Bibl. de Boulogne sur-mer. 
T. II, chap. CLVIII p. 140 et 180. 

Conseiller du duc de Bourgogne, roy d'armes de la Toison d'or, gouver- 
neur de la Gorgue et du Pays de l'Alleu, Le Fèvre de Saint-Remy fut témoin 
oculaire des exploits de Jeanne. Il nous raconte notamment avec assez de 
détails la prise de la Pucelle devant Compiègne. Monsfrelet et G. Chas- 
tellain se sont beaucoup servis des mémoires de Le Fèvre pour écrire leurs 
chroniques ; tous les trois sont à peu près muets sur la captivité, le juge- 
ment et le supplice de Jeanne. Monsfrelet et Chastellain se bornent à re- 
produire le manifeste du duc de Belford, justificatif après la mort de la 

Pucelle. 

Au chap. CLXXX, p. 263, Le Fèvre raconte l'histoire du berger qui essaya 
de jouer l'inspiré, en ces termes, on saisira ce qu'il y a d'hostile dans ce 
rapprochement et dans la façon dont il est présenté : « Bien advez ouy par- 
ler comment aucuns de légier entendement et créance voulage, se boutè- 
rent à croire que les faiz de la Pucelle estoient choses miraculeuses et 
permises de par Dieu, et fort y furent enclins plusieurs de ce croire. Or 
advint après la mort de Jehenne la Pucelle que aucuns, aussi de folle 
créance, mirent sus un fol et innocent bregier, lequel, comme avoit dit 
Jehenne la Pucelle, disoit qu'il avoit revelacion divine: icelle folie fut 
expérimentée à la charge, déshonneur et perte du royaulme. » 

Le m s existe encore à la B. Nat. n° 9869-3. Buchon l'a publié dans sa 
Colleetion de chroniques, (t. VIII, des Mémoires de Monsfrelet), Quicherat, 
t IV, p. 429-39 nous en donne un extrait. 



17. CIIASTEIJ. Yl.\ (Georges), historiographe de Charles VIL — Chro- 
nique des ducs de Bourgogne. Paris, Verdière et Carez, 1827, 2 vol. 

in-8. 

Forme les t. XLII et XLIII de la Collection des chroniques françaises de 
Buchon. 

Chastellain, qui avait pourtant suivi le roi à la guerre, se contenta pour 
écrire ces mémoires de compiler les Chroniques de Monslrelet et les Mé- 
moires de son ami Lefèvre de Saint-Remy et s'y montre aussi hostile 
qu'eux à la Pucelle. 



42 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Le même ; Œuvres historiques inédites de Sir Georges Chastellain. 
Paris, Desrez, 1838, gr. in-8. 

Edition due encore à Buchon, faisant partie de son Panthéon littéraire. 

— Le même. Bruxelles, 1803-66, 8 vol. in-8. 

Edition due à Kervyn de Lettenhoe. Prix 6 fr. le vol. v, i. II. 

La Bibl. d'Arras, n° 256 et celle de Florence, n° 176, possèdent deux 
m 5,s du xv e s. des mémoires de Chastellain. Quicherat en avait donné des 
fragments dans la Biblioth. de VEc. des Chartes, t. IV, 1842-43, p. 62-78. 

La partie relative à Jeanne a été reproduite par Quicherat, t. IV, 
p. 440-47. 

Chastellain a parlé aussi de Jeanne d'Arc dans ses vers, mais s'y montre 
beaucoup plus juste. (Voy. infrà, n° 1473). 

Cf. Pinchart. Notes sur Georges Chastellain y Bruxelles, 1862, in-8. 

48. MEYER (Jacques), docteur en philosophie et en théologie. 
— Commentarii sive annales rerum flandicarum libri XVII. Antuerpiœ, 
in aedihus Io. Sieelsii, (excudebat To. Graptueus) 1561, in-fol. 

Liv. XVI, p. 273. 

Ce flamand, qui écrivait à la fin du xv c s., quoique généralement hos- 
tile à la France, est très élogieux pour Jeanne d'Arc ; il s'est inspiré dans 
son récit de Thomas Basin. 

— Le même dans la collection des Annales sive historiée rerum belgiea- 
rum. Franefort, Sicjismond Feyerabend, 1580 in-fol. 

Lenglet et Quicherat, t. IV, en ont donné des extraits. 

49. FALQEEMBERQLE (Clément de). 

Greffier du parlement de Paris sous la domination anglaise, Fauquem- 
berque a consigné sur un registre des notes historiques au fur et à mesure 
des événements ; ce devait être un esprit très modéré qui cherchait à ne 
pas se compromettre. Après avoir raconté le supplice de Jeanne, il ajoute : 
« Deus sua 1 animœ sit propitius et misericors ! » 

Ce registre est conservé à la Section judiciaire des Archives du Palais 
Soubise (Registre du conseil, n° xv). On y voit le croquis d'une femme à 
mi-corps, de profil, épée d'une main, bannière de l'autre. Bien ne mérite 
moins le nom de portrait que cette fantaisie échappée à la plume du 
greffier le jour où il enregistra la nouvelle de la délivrance d'Orléans. La 
robe et les longs cheveux prouvent jusqu'à quel point il a été mal informé. 

Quicherat, t. IV, p. 450-60 a recueilli toutes les notes de ce registre re- 
latives à la Pucelle. Avant lui, L'Averdy, p. 342. Lebrun de Charmettes, 
t. II, p. 395-404 et Felibien dans son Histoire de Paris, t. IV, p. 590, en ont 
donné quelques-unes. 

Les trois croquis de Fauquemberque ont été reproduits par Vallet dans 
ses Recherches iconographiques, (voy. infrà, n° 2092). 

50. CHEFFART (Jean), recteur de l'Université de Paris. 

Son Journal d'un bourgeois de Paris est un des témoignages les plus hos- 
tiles et les plus passionnés sur Jeanne d'Arc, ce qui n'est pas étonnant si 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 43 

l'on remarque que l'auteur, aLtaché au parti qui fui vaincu en 1414, déteste 
tous les régimes qui furent en vigueur depuis celui des bouchers ; aussi les 
Anglais lui sont-ils moins odieux que les Armagnacs. Cependant il n'édite 
pas encore les calomnies qui seront imaginées plus tard. Les griefs allé- 
gués se réduisent à une paraphrase des douze articles transmis par Cau- 
chon à l'Lniversité de Paris. A l'année 1440, cette chronique ajoute de 
grands détails sur la fausse Pucelle, mais l'auteur dit que Jeanne fut réel- 
lement brûlée et ses cendres jetées à la rivière. 11 appelle Jeanne « une 
chose en forme de femme. » 

Le m s . original est à Rome (fonds de la reine de Suède). Godefroy l'a 
publié en 1661 dans son Ilisf. Je Charles VII, de la Barre et l'abbé de 
Salles dans leurs Mémoires pour servir à l'histoire de France et de Bour- 
gogne (Paris, Gaudoin et Giffard, 1729, in-4), Quicherat, t. IV, p. 46174, 
ainsi que les autres collecteurs de chroniques cités par nous. 



';. Chroniqueurs anglais, italiens cl allemands. 



51. WORŒSTER (William). 

Le plus ancien des annalistes anglais qui .aient parlé' de Jeanne d'Arc — 
il écrivait en 1 470 — s'exprime ainsi : « 1430 : le 23 mai de cette année 
fat prise par les Anglais, près de la ville de Compiègnc une femme appelée 
Pucelle de Dieu, » dans Heanie, Liber niger scaccarii, Oxford Hearne, 1728, 
2 vol. in-12, t. I, 121. 

Reproduit par Quicherat, I. IV, p. 475. 



52. CAXTON (William), littérateur anglais, 1412-1495- 

— The chronicles of England, Westminster, 1480, in-fol. golh. 

— Le même. Saint- Albain, 1483. 

— Le même. Anvers, Gérard de Leew, 1493. 

— Le même. Westminster, Wynkyn de Worde, 1497, 1502, 1513, 1520, 
1528, partie Vil, fol. 152. 

— Le même. Londres, Richard Pinson, 1510. 

— Le même. Julian Notary, 1504, 1515. 

Fut reproduit par Quicherat, t. IV, p. 476-77. 

Caxton se fait l'écho complaisant d'une invention anglaise, prétendant 
que Jeanne pour retarder son supplice se serait prétendue sur le point 
d'être mère, infamie que reproduira Polydore Virgile et que rééditera 
Skaskspeare dans son acte V d'Henri VI. Néanmoins, dans la page consacrée 
à Jeanne d'Arc, on trouve un ton relativement modéré qui contraste avec 
la fureur qu'on verra dans les chroniques postérieures anglaises. Sauf le 
mensonge final qu'il n'avait guère moyen de contrôler, son récit est aussi 
impartial et aussi convenable qu'il pouvait l'être à cette époque dans la 
bouche d'un ennemi. Lui aussi appelle Jeanne In Pucelle de Dieu. 

Son témoignage est précieux en ce qu'il est celui d'un contemporain (il 
avait vingt ans en 1430). Il est probable qu'il donne son impression per- 
sonnelle et par suite celle des Anglais intelligents de son temps. 



44 HISTOIRES GÉNÉRALES 



53. BOETIIIl S (Hector). 



Cet historiographe d'Ecosse, au XVI de son Histoire d'Ecosse, écrite à la 
fin du xv e s., admet la source divine de la mission de Jeanne ; c'est le seul 
écrivain anglais que nous trouvons avant le xvn° siècle osant aussi fran- 
chement élever la voix en faveur de Jeanne. 

Lenglet, t. III en donne un extrait. 



54. XYALTËR BOYYER, écossais. — Scolichronicon, Oxford, 
Hearne, 1722, 5 vol. in-8. 

Cette liist. d'Ecosse est de Nordun, Bower ne fit que la continuer. 



— Le même, Edimburgh, Geodall, 17)39, 2 vol. in-fol. 

Au liv. XV « De victrici Puella Francise et de morte ejus » Bower repro- 
duit la prophétie de Merlin et les vers y relatifs. 

W. Ephinstone, religieux de Dumferling, plus tard évêque d'Aberdeen, 
qui compléta aussi Fordun, donna à son tour un extrait de la vie de la 
Pucelle. Quicherat, t. IV, p. 478-84. 

La Bibl. S. Geneviève, n° 1492, possède un m s incomplet qui en est une 
traduct. française. Le m s origin. anglais se trouve à Oxford. 



55. SAIXT-AXTOXIX de Forciglioni, archevêque de Florence. 

— Historiarum opus trium partium historialium seu cronica libri XXIV. 
Venise, 1480, in-fol. goth. 

— Le même. Nuremberg, 1484, in-fol. goth 

— Le même. Bâle, 1491, in-fol. goth. 

— Le même. Lyon, 1517, in-fol. 

Est fort élogieux sur le compte de la Pucelle dans le chap. IX du 
titre XXII. « Multa admiralione digna agebat : quo autem spiritu ducta vix 
sciebatur. Credebafur magis spmtu Dei. Hoc patuit ex operibus suis; nihil 
enim inhonesfum in ea videbatur, nihil superstitiosum ; in nullo a veritate 
lidei discrepabat. » 

50. Bl.'OXlXCOXTRO (Lorenzo).— Do ortu regum Napolilanorum et 
rerum undique geslarum. 

Ecrit en 1 4o8. 

Ce Toscan de la cour d'Alphonse I, roi de Naples, accuse formellemen 
Bedford d'être l'auteur de la mort de la Pucelle, 

Muratori a publié cette chronique sous le nom d'Annales Sauminiatenses 
dans sa collection lierum Italicarum seriptores, t. XXI, col. 130. 

Quicherat en a donné un extrait, t. IV, p. 0O0-6. 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 45 

57. yEXEAS SYLYHS.qui fut pape au xv e s. sous le nom de Pie II. 

Dans ses mémoires, qu'il publia sous le nom de son secrétaire Jean Gobe- 
lin, au li v. VI qui traite des affaires de France, il parle avec beaucoup de 
jugement de la Pucelle ; c'est à lui que nous devons 1rs détails du sacre 
de Reims ; tout ce qu'il rapporte, il le tient de témoins oculaires. Comme 
récit et comme appréciation, ce morceau peut passer pour ce qui a été 
écrit de meilleur à l'étranger au xv e s. sur la Pucelle II représente Jeanne 
comme une vierge admirable qui a relevé la France de la ruine. 11 cons- 
tate que, devenue chef de guerre, elle a gardé sa pudeur sans tache et n'a 
jamais prêté à la médisance. Il rapporte bien cet on-dit accrédité parmi les 
Bourguignons, d'après lequel elle aurait été suscitée par d'habiles poli- 
tiques, mais il ne s'y arrête pas, et il remarque que ce qui est bien certain 
ce sont ses grandes qualités et ses immenses services. 11 conclut ainsi : 
« Digna res quœ memoriœ mandaretur, quamvis apud posteros plus admi- 
rationis sit habitura quam fidei. » 

Denys Godefroy dans son Ilist. de Charles VII en donne un extrait Qui- 
cherat aussi, t. IV, p. 507-18. 

Dans son Nouveau témoignage sur la Mission de Jeanne, (voy. suprà, n° 35) 
M. L Delisle a signalé une allusion à Jeanne d'Arc, faite par .Eneas Syl- 
vius dans un poème récemment publié à Home. 

58. GUERXERI BERNI. 

Ce capitaine italien du xv° s. parle de la Pucelle dans sa Chronique, qui 
a été publiée, sous le titre de Chronicon Eugubinum, par Muratori, t. XXI 
de sa collection des historiens italiens Rerum italicarum seriptores, Medio- 
lani, 1723-51, 25 vol. in-fol. Cf. pour les nombreuses éditions subséquentes. 
Brunet, t. III, col. 1950. Ce qui a trait à notre sujet a été reproduit par 
Quicherat, t, IV, p. 519-20. 

59. SABADIXO. — Ginevera de le elare donne. [Genièvre des illustres 
femmes] di Joanne Sabadino de li Arienti a cura di Corrado Ricci e 
A. Baechi délia Lega. Bologna,, pressa Romagnoli delVAcqua, 1888. 

In-12 de LVIII-408, p. tiré à 202 ex. 

Est le t. CCXXIH de la Scelta di curiosité letterarie inédite o rare dal se- 
colo XIII al XVII. 

On connaît deux m sls originaux de cet ouvrage : l'un à la Bibl. de Parme, 
provenant de chez les Carmes, l'autre daté de 1483 qui se trouve aux Archives 
d'Etat de Bologne ; c'est d'après ce dernier qu'a été donnée celte édition. 

On rencontre sur Jeanne d'Arc des pages intéressantes, étant donné 
qu'elles ont été écrites par un contemporain. M. de Puymaigre les compare 
à celles écrites par Forest de Bergame, quatorze ans plus tard, et, bien 
qu'on puisse retrouver des ressemblances dans les deux notices de ces au- 
teurs, il conclut que le moine de Bergame n'avait pourtant pas dû con- 
naître le m s de Sabadino. Ces deux écrivains ont dû plutôt profiter indivi- 
duellement d'un ouvrage — aujourd'hui disparu — dans lequel s'étaient 
condensées les traditions populaires, en modifiant ce thème primitif, cha- 
cun d'après ses traditions personnelles. 

Le récit de Sabadino est le meilleur, le plus exact et le plus détaillé. Il 
fait sacrer le roi à Reims et non à Orléans, il ne place pas Orléans sur le 
Rhône etc., il dit que cette notice a été écrite d'après le récit d'un person- 
nage éminent de la cour de Charles VII, Guillaume Guasche. 

Ce qui est postérieur à la mort de Jeanne est plus légendaire qu'histo- 
rique, et ici la narration de Sabadino commet absolument les mêmes er- 
reurs que celle du frère Philippe, attribution du procès de réhabilitation à 
Louis XI, etc. 

Ce qui a trait à notre sujet a été récemment publié avec des notes criti- 
ques du plus haut intérêt par M. Th. de Puymaigre : 



46 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Jeanne d'Are, sa vie par un italien du xv° siècle. Bruxelles, Al- 
fred Vromant, 1889, gr. in-8 de 16 p. 

Tirage à part d'un article de la Reo. des quest. historiques, avril 89, 
p. 563-74. 

R. Nat. Lb*«8. 



60. FOREST DE BERGAME (Jacob Philippe). — % De m pluri- 

mis 1 1 claris scelestisqz 1 1 Mulieribus. Opus 1 1 prope divinisz 1 1 novissime 1 1 
congé 1 1 stum. [ | [Valence, 1407]. 

In fine : Ferrariœ ïpressus opéra etïpensa magistri Laurentii de Rubeis 
de Valentia MCGCGLXXXXVIJ, in-fol. goth. de 5 IV. n. chiff. pour le pro- 
logue el la fable et CLXXX ff. avec tig. 

R. Nat. Réserve G. 349. 

Vente Rrienne Laire, mar. 50 fr. ; Rutsch, 1858, 48 flor. ; Didot, 1879 par 
Lortic, 1520 fr. 

Au fol. CXLIV « De Ianna gallica pulcella optima iuvencula, cap. GLVIf, » 
avec un petit bois représentant une femme coiffée à la grecque, armée 
d'un arc et d'un carquois, œuvre de haute fantaisie. 

Cet article est plein d'erreurs et tient plus du roman que de l'histoire. 
L'auteur place Orléans sur le Rhône et fait réhabiliter la mémoire de 
Jeanne par Louis XI, faisant ordonner à ce roi de jeter au fumier les osse- 
ments de ceux des juges de Jeanne qui étaient morts. L'œuvre de cet Au- 
gustin, qui fut écrite en 1433, n'a quelque importance que parce que le 
frère Philippe prétend tenir certains renseignements d'un témoin oculaire, 
chevalier lombard attaché ;ï la cour de Charles VII. (Yoy. pour la commu- 
nauté de ses sources avec Sabadino l'art, précédent et l'étude de M. de 
Pùymaigre : J. d'Arc, sa vie \>;ir un italien du xv e s. 1889). Quicherat, t. IV, 
p. 5*21-28, en a donné le texte. 



- Le môme. De memora || bilibvs et claris mv | lieribvs aliqvot di 
| versorvm scri |] ptorvm o || pera. Parisiis ex œdibus Sim. Colinsei, 
MDXXI [1521]. 

In-4 de CCXIX ff. num. et 2 ff., de table, avec la marque de Simon de 
Colines, aux lapins, sur le litre. 
Vente de Crozet 1886, 72 fr. 

R. Nat. Réserve G 436. 

Celte édit., due à Ravisius Textor, professeur au collège de Navarre, est 
plus complète, mais moins recherchée, elle n'a pas de vignettes. Au fol. 
CXXXVI1I, cap. CLVII, reproduction de la notice de Jeanne d'Arc de l'édit. 
originale. Au fol. CLXXXXVIII jusqu'au v° du fol. CCXIV. « Valerandi 
Varanii de Gestis loannx virginis Francise, egregise bellatricis : libri qua- 
tuor, » qui n'es! que la réimpression du poème publié en 1516 par Valeran 
de la Varanne. (Voy. ce nom n° 1453). 



— La même édition mais datée de lo20. 

— Novissime historia et omnium répercussio || nos, noviter a reveren- 
dissimo pâtre Ja|| cobo Philippo Bergomèse ordinis he ||remitarum 



CHRONIQUEURS DU XV e SIÈCLE 47 

édile : que supplementum 1 1 supplemeati cronicarû niincupatur. Yene- 
tiis per Albertinum de Lissona Vercellesem, 1503. 

In-fol de CCCCLÏ ff. et 10 de table. 

Au fol. CCCCI, anno 1407, il est sommairement parlé de Jeanne. 

: Le mèmedans Supplemenlum chronicarum... usque adannum MCGGGGX 
editum a venerando Paire Jacobo Philippo Bergomale. Veneliis, 
Georgius de Rusconibus, 1513, in-foJ, fig. s. bois. 

Vente C. 1832, 80 IV. 

Le chap. Pulcella gallica se trouve à la p. 208. 



61. \IDER (Jean), docteur en théologie, prieur des dominicains de 
Nuremberg et de Bàle, 

— Formicarium seu dialogus ad vilam christianam excmplo conditio- 
num formicse incitativus. Paris, 1519, in-i. 

— Le même. Douai, 1602, in- 12. 

Au chap. Vlll du liv. V De maleficiis, se montre très hostile à Charles VII 
et à la Pucelle. Lenglet et Quicherat, I. IV p. 502-4 en donnent des extraits. 
Nider raconte aussi l'histoire d'une aventurière « qui prétendait que Dieu 
l'avait ressuscitée pour rétablir l'archevêque de Trêves » laquelle peut 
s'appliquer à la fausse pucelle. 

Cf. sur le môme suietle Tractatus de Visionibus et revelationibus, Stras- 
bourg, 1517 in-4). 

62. EBERHARD DE WIXDECKEX, trésorier de l'empereur Sigis- 
mond. 

La Bibl. royale de Munich possède son m s . de l'histoire du règne de cet 
empereur, dans lequel il est parlé de la Pucelle. L'écrivain allemand a 
reproduit dans son chap. CCLII, consacré à l'héroïne, les relations offi- 
cielles envoyées de France à l'empereur. Seul de tous les contemporains, 
il raconte qu'une ambassade fut envoyée à. Jeanne d'Arc par le duc de 
Bretagne — ambassade dont Dom Lobineau et Dom Morice ont trouvé par 
hasard la mention dans un document de la Chambre des comptes de Nan- 
tes. Hist, de Bretagne, t. I, p. 580. Le récit d'Eberhard se termine tout de 
suite après le sacre du roi, on se demande pourquoi. 

Guido Guerres a donné un extrait de ce m s . et après lui, Quicherat en a 
donné le texte et la traduction, t. IV, p. 48o-o01. 



63. KŒXIGSHOFEX (de), Chanoine de Saint-Thomas à Strasbourg. 

— Hie vahet an die Cronica, wie got geborem ward. S. nom, lieu, ni 
dale [Augshourg, Bsemler vers 1474] in-fol. de 183 ff. non chilT. à 30 
lignes. 



48 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Le même, s. nom. AugsbourgAklf), ï part, in-fol. de 192 iï. non chiff. 

— Le même. Augsbourg, Ant. Sure/, 1480, in-fol. de 8 et 1">7 IT. 

— Le mime. Augsbourg, Schœnsperger, L487; 

Schilter en 1098 a donné une édit. abrégée d'après un m s . incomplet 
mais elle ne va i[ue jusqu'en 1382 et ne reproduit donc pas ce qui a trait à 
notre sujet. 

C'est en des termes élogieux que Kœnigshofen parle de la Pucelle dans 
sa chronique ; voici la traduction du passage relatif à l'héroïne, dans son 
chap. « Le siège de Metz et comment beaucoup de chevaliers se rendirent 
en France. » 

« En ban du seigneur 1429 avant la moisson, le duc Charles de Lorraine 
avec une grande armée de Français et d'Allemands et le duc Etienne de 
Bavière avec 300 chevaux s'en allèrent devant Metz. .. el quand on voulut 
s'en aller, beaucoup, par goût des exploits et des aventures s'en allèrent 
plus loin jusqu'en Fiance pour assister aux événements merveilleux qui se 
passaient en ce pays, grâce à une jeune vierge qui était devenue très célè- 
bre. Ils vinrent au secours du roi Charles qui, dans son enfance, avait été 
chassé parles Anglais de son apanage, et avec l'aide de Dieu, grâce à la Pu- 
celle, il peut de nouveau venir à Paris, reprendre les grandes villes et les 
châteaux appartenant à sa couronne. La Pucelle disait d'avance quel jour 
on gagnerait ou on perdrait la bataille, et à cause de ces prodiges beaucoup 
de guerriers accoururent. A la fin, d'après tous ses historiens, elle dit: de- 
main, devant cette ville forte (elle la nomma) nous combattrons, je serai 
prise et mise à mort. Et il en fut ainsi : elle fut prise et mise à mort par 
les Anglais ses ennemis comme elle l'avait prédit. » 

Le m s original de Kœnigshofen était conservé à la Bibl. de Strabourg, il 
fut consumé par les bombes allemandes dans la nuit du 24 août 70. La 
Bibl. nat., m s allemands 83, en possède une copie datant de 1479 ou 1480, 
qui provient de la Bibl. Mazarine où elle portait le n° 7828. C'est la plus 
ancienne chronique que l'on ait sur l'Alsace. 



C. — Auteurs du xvi c siècle. 



64. DUFOUR (Antoine), évéque de Marseille. 

Dans sa Vie des Femmes Célèbres donne des détails curieux sur notre sujet, 
notamment en ce qui concerne la fausse Pucelle du Mans. 

I. a dernière vie, la XG[ C est celle de Jehanne de Vaucouleurs ; Antoine 
Dufour fit en 1501 le panégyrique de l'héroïne aux fêtes du 8 mai à Orléans. 
(Voyez infrà n" 1017.) 

Le m s original, offert par l'auteur à Anne de Bretagne en 1501, contient 
une miniature avec portrait de Jeanne, le XCI°, lequel a été lithographie et 
colorié par Sorrieu. (Le Houx de Lincy, Femmes célèbres de l'ancienne 
France, 1848, in fol. pi. (Voyez infrà n° 376). Le m s lui-même fit partie de 
la bihl. du marquis de Coislin, il fut vendu en 1850 trois mille fr. et fut 
acheté vers 1865 par M. G. de S. célèbre amateur de Paris. Nous n'avons 
pu savoir ce qu'il est devenu. 

Il est in-ibl. velin de 77 IL d'une écriture ronde fort belle de.30à 34 lign. 
à la page, majuscules en or sur azur, avec 77 vignettes d'un beau coloris. 
(Cf. le Bullet. du bibliophile de Techener, janv. 1846.) 

Jeanne est représentée dans la miniature sur un cheval blanc revêtue 
d'une armure dorée qui se rapporte complètement à l'indication du n° 31 
de V Inventaire des vieilles armes du château d'Amboise. « Si l'on réfléchit 
dit Le Roux de Lincy (Bibl. de VEc. des Chartes, 1847-48, p. 418) que l'ou- 
vrage d'Anl. Dufour a été composé pour Anne de Bretagne, on comprendra 
comment le peintre chargé d'exécuter le rira pu avoir à sa disposition l'ar- 
mure qui était précieusement conservée dans le château d'Amboise sous le 
nom d'armure de Jeanne d'Arc. 

Cette armure a été reproduite par J. L. B. Carré dans La panoplie (Chà- 
lons, Pinteville Bouchard, Paris Fuchs, 1795, in-4, pi. XXV et XXXI), dans 
la Collection d'urines de Dubois et Marchais (Paris, 1834, pi. IV et V). 

La Jeanne d'Arc de la miniature du m s de Dufour, reproduite par Le 
Roux de Lincy, ressemble en tous cas étonnamment à une figure qui se 
trouve dans un m s français du xv c s., des Chroniques de Monstrelet,u° 2078 
à la Bibl. Nat. « Comment Lahire et Xaintrailles vinrent courir le pais du 
duc de Bourgogne » (Wallon illustr. 1876, p. 186). Le personnage est aussi 
sur un cheval blanc carapaconné de la même façon ; sa cuirasse est iden- 
tique et son casque d'une forme spéciale est le même. La seule différence 
est qu'il est tourné de l'autre côté. 

05. t'R ARTIFR (Alain). — Cy commence un notable et excellent Trait- 
lié sur le fait de la guerre en corrigant et reprenant les estas chascun 
a l'endroit de soy, lequel trailtié est nomme quadrilogue pour ce que en 
quatre personnes fut compile par delTunct vénérable discret et sage 
maistre Alain Chartier. 

In fine : Impressum Brugis per Colardum Mansion. In fol. caract. 
goth. 

Au v° du premier fol. se trouve la préface : « La matière de cestui livre 
se peut equiparer celle du temps présent de l'an LXXV1I... » L'ouvrage 
commence au recto du second f. 

B. Nat. Lb 2G 77 Réserve. 

4 



50 HISTOIRES GÉNÉRALES 

(>0. C'HARTII-IR (Alain). — Sensuyyent les Faictz de maistre Alain 
Chartier contenant en soy douze livres dont les noms sont en la table 
cv après qui traictent de plusieurs choses touchant les guerres faictes 
par les Angloys. Imprimez à Paris par la veufve feu Jehan Trepperel 
et Jehan Jehannol [ 1514] in-4 caract. goth. 

B. Nat. Lb M 78 Réserv. 



- Le munie. Imprimez à Paris par Philippe le Noir et fust achevé le 
xv e iour Je iuillet. S. D. in-4 car. goth. 

B. Nat. Lb 18 79 Rés. 



- Le même. Los faitcz et ditz de feu bonne mémoire maistre Alain Char- 
tier en son vivant secrétaire du feu roy Charles, septiesme du nom. 
Nouvellement imprime reveu et corrige, oultre les précédentes impres- 
sions et divise par chapitres pour plus facillement comprendre le contenu 
en icëulx. On les vend a Pans en la houticque de Galliot du pre. Mil 
cinq cens vingt et six (152'»). In fol. car. goth. 

B. Nat. Lb 26 80 Réserv. 

Le quadrilogue a donné lieu au : Quadrilogue invectif d'Alain Chartier 
par M. Brière-Valigny. Reims, imp. P. Régnier, 1857 in 8 (notice extraite 
des Stances ci travaux <!<' l'Acad. de Reims). 

B. Nat. Lb - 6 8. 



07. CHARTIER (Alain). — Les cronieques du feu roy Charles sep- 
tiesme de ce nom que Dieu absoulle, contenans les faitz et gestes dudit 
seigneur, lequel trouua le royaulme en grant désolation et néantmoins 
le laissa paisible. Ladvenement de la pueelle, faitz et gestes dicelle et au- 
tres choses singulières advenues de son temps rédigées par escript par 
feu maistre Alain Chartier home bien estime en son lemps, secrétaire 
du idit feu roy Charles vij e . On les vend a Paris en la rue Saint Jac- 
ques en la maison de Fr&nçois Begnault. 

In fine : Et furent acheuees d'imprimer le m e iour de décembre 
MCXXV11I (1528). Pet. in-fol. goth. de LXXX IL à long. lign. titre 
rouge et noir. 

IL Nat. Lb. 2 « 1 Rés. 
Ventes Cailhava ;io f. ; Butscb, 07 florins ; Sauvage (1880) mar. bl. ileur- 
delysé parChambolle Duru, 1000 f. 



— La même édition avec une feuille de titre nouvelle 



AUTEURS DU XVI e SIÈCLE 51 

In fine : On les vend à Paris en la maison de Jehan Longis demourant 
souhz la seconde porte du palais ou en la gallerie par ou on va en la 
chancellerie en la première houctique. 

Ventes Chéreau (1865) par Kœhler 195 fr. ; Lacarelle (1888) par Trautz 
Bauzonnet 005 fr. 

- Le même. >ï< L'histoire mémorable des grands trovbles de ce 
royavme sonl)s le roy j Charles VII contenant la grant desolatio en la- 
quelle il le trou | uà a son advenement à la couronne par l'vsvrpatio de- 
Angloys j ses merveilleux faicts darmes et de la plus part de sa no- 
blesse | ensemble de la Pucelle Jeanne par le moyen desquels les dits An- 

| gloys furent chassez... par Alain Chartier homme bien estime et secret- 

taire du dit Roy. Nevers par Pierre Rovssin imprimeur de Monseigneur 

le duc de Nevers et de Rethellois, MDXCIIIJ (1594) in-4 de 2 iï.n. chiff. 

et CCVI ff. 

R. Nat. Lb 2S 2 
Un des premiers livres imprimés à Nevers. 

Aux fol. LVII à LXV, Chartier raconte l'épisode de la Pucelle, mais en 
termes fort brefs et excessivement froids. 11 raconte le siège d'Orléans as- 
sez sommairement, le sacre du roi à Reims et termine ainsi brusquement : 
« Mil et cinq cens combatans mirent le siège devant la dicte ville de Com- 
piegne, et y fut prinse la dicte Pucelle d'un picard: et depuis ce la vendit 
messire Jean de Luxembourg aux Anglois. » El voilà tout ! 11 n'est rien dit 
de son procès, de son supplice ni de sa réhabilitation. Cela n'est point éton- 
nant si l'on se rappelle la phrase de l'historiographe de Charles VII : « Le 
roi choisissait les faits à confier à l'histoire avec le sens et le jour sous le- 
quel // entendait qu'ils fussent appréciés ». 

Barthélémy parle d'une édit. de 1589 et le catalogue de la vente Philarète 
Chasles mentionne une édit. identique de 1 592 probablement par erreur. 

— Se trouve aussi dans ses Œuvres complètes augmentées sur les exemplai- 
res escrits à la main sur le m* de la Biblioth. du Président de Thou, écrit de 
la propre main de l'auteur par André Duchesne, tourangeau (Paris 1617 in- 
4) Edit. la plus complète, p. 830 et suiv. val. 4b fr. vente de Bouteiller, veau, 
i 1 fr. 

Cette histoire a donné naissance à : 

-Discours | surl'histoire | du Roy Charles | VII. Jadis escripte | parmais- 
tre Alain Chartier son secrétaire | ov se peut veoir j que Pieu iamais 
nabandonna ceste très chres | tienne invincible Couronne en ses plus fort 
| déplorez affaires : et que tout ce que ses plus | conjurez ennemis ont 
onques voulu entre I prendre sesle enfui comme en moins de rien | dis- 
sipe et esvanouï en fumée. S. nom ni lieu, MDXCIIII (1594) in-8. 

R. Nat. Lb SG 3 

- Le même. Paris, Abel Langelier, MDXCIIII (1594) in-12 de 204 p. 

R. Nat. Lb 26 3 A. 

Le P. Lelong dit que l'auteur en est Rlaise de Vigenere. Nous citons cet 
ouvrage parce qu'il est relatif à V Histoire de Charles VII, mais il n'y est 
nullement parlé de Jeanne d'Arc. 

Cf. P. Delaunay, prof, à la lac. des lettres de Rennes, Etude sur Alain 
Chartier, Paris, Thorin, 1876, in-8, prix 4,50. 



02 HISTOIRES GÉNÉRALES 

68. VIGNEULLES (Philippe Gérard natif de) 1471-1528. — Jeanne 

d'Arc dans les chroniques messines Je Philippe de Vigneulles, publié 
d'après le manuscrit original par L. de Bouteiller, ancien député de 
Metz. Orléans, Herluison, 1878, in-8 de 2G p. 

Tiré à 60 ex. dont 4 sur vélin ; prix 4 fr. 

Cet opuscule est un extrait du livre III des Grandes Chroniques de Metz 
et de Lorraine de Philippe de Vigneulles, lequel consacre une notice assez 
détaillée aux exploits de Jeanne. 

Voici notamment comment est raconté l'incident de Fierbois : 

« Or, je vous veult maintenant dire et conter de quelle armure ladicte 
Jehanne usoit en batailles. Nous debves savoir que au pais de Touvainne y 
ait une église dédiée a saincte Katherine, qui esl ung lieu très veneranbles 
a ceulx du pais et en laquelle on voit encor aujourdhuy plusieurs viel et 
anciens dons que les anciens y ont donnés. Parquoy la dicte Jebanne, elle 
estant avec le Roy, et peu avant quelle partit pour Orléans, comme dit est, 
manifesta au Roy Charles que en ce temple, entre les sainctes oblacions et 
entre plusseurs vielle ferrailles, y avoit une vielle espée, laquelle estoit de 
tout les coustes amprainte et couverte de lleurs de lys ; et dit la dicte Je- 
hanne est requist le Roy que l'on y envoiait ung armurier pour chercher 
la dicte espée, et qu'il list tant quelle luy fust donnée. Le Roy Charles de 
ces choses ce esmerveilla et luy enquist ce aultrefoys avoit ce temple visité 
et comment elle avoit ebeu de congnoissance. « Celluy, dit-elle, qui le 
ma enseigné n'est point ung homme. C'est Dieu seul et non aultre 
qui celle chose ma revelles ; car du lieu, dit elle, jamais en ma vie 
je ny fut ny nen heus oncques congnoissances. » A cest reponce, envoia 
le Roy ung armurier au dit lieu pour (juerir le gleve et luy fut recomrnen- 
dés que quant il lauroit trouvés qu'il la pourtoit a ladicte Jeanne. Alors ce 
mist larmurier en chemin et tant chemina quil vint a saincte Catherine et 
illes entre plusieurs aultres vielle armeureslrouvoit celle espée toutte en- 
rouillée, laquelle il apporta à Charles, et tantost la donnoit a ladicte Pu- 
celle, et dicelle usoit toutte sa vie sen en point avoir daultre. » 



01). CHAMPIER (Symphorien). — La nef des dames vertueuses co- 
posee par maistre Simphorie Champier docteur en médecine... Imprime 
a Lyon sur le rosne par ïacques Arnollet [1503] pet. in-4 goth. de 80 IL 
fig. s. bois, titre rouge et noir. 

— Le même. Nouvel! émet iprimee a paris le uf iour de may lot 5 
pour Iehan delagarde libraire, pet. in-4 goth. de 100 fT. à long, lignes. 

— Le même. La nef des | dames vertueuses con | tenant quatre livres. 
Le pmier est la (leur des da | mes. Le second est du re | gime de 
mariage le tiers des sibilles : et le quart de vraye amour. On 
les vend a Paris p. Philippe le noir libraire iure en luniversife de 
Pa | ris a la rue Saint laques. 

Au recto du dern. fol. : Ce présent livre a este fini et acoply le vingt VI 
iour Daoult lan MCCCCCXXXI (1531) pet, in-8 goth. de 112 fT. n. mi- 
mer. 

B. Nat. V 6168. 
Au fol. .'i7 recto se trouve un chap. intitulé De Jehanne la Pucelle, avec 
un bois mais qui n'est pas relatif à notre sujet car il représente la sainte 
famille. 



AUTEURS DU XVI e SIÈCLE 33 

In fine, Champier laisse percer un doute sur la réalité du supplice de 

Jeanne : « Elle se porta si vaillamment contre les dites Angloys quelle les 
chassa vertueusement de plusieurs villes de France comme de Paris, de 
devant Orléans et plusieurs autres lieux. Et a la parfin fut en trayson prinse 
et baillée aux Angloys qui en despit des Francoys la bruslerent a Rouen, 
ce disent ils néanmoins : que les Francoys le nyent. Pourquoy Ion la com- 
pare proprement a Penthesilée. » 



70. X... — Le Rozier Ilistorial de France | contenant deux Roziers 
Le pmier rozier contient plusieurs belles roses et boutons De instruc- 
tions et beaulx enseignemens pour Roys... comme ilz se doivent mainte- 
nir et gouverner et conduyre pour mener ostz et batailles contre leurs 
ennemys... Le second Rozier Autrement Chroniques abrégées contient 
plusieurs belles Rozes et boutons extraitz et yssus de la maison de France 
et de Angleterre tant en ligne directe collateralle. Pareillement Dalle- 
maigne, Espaigne, Escoce, Sicille, Flandres et autres tant des royaul- 
mes chrestiens que des infidèles. 

In fine : Cy fînist le Rozier... nouvellement imprime a Paris le 
xxvi- iour de feurier Lan Mil cinq cens et xxu (1522) avant Pasques. 
in-fol. go th. à 2 col. de 45 lign. de 2 IL et CGXIIIJ. titre rouge et noir, 
nomb. iig. s. bois. 

La B. Nafc. en possède un ex. sur vélin qui fut vendu successivement : Bel 
langer 120 fr. ; de Selle 100 ; Gaignat 195 ; La Vallière :i."iO fr. 

L'auteur anonyme du Rozier, cite son nom en anagramme à la fin d'une 
poésie qui commence l'ouvrage. La Croix du Maine el Gabriel Naudé ont lu 
Estienne Porchier, d'autres Pierre Chenisot. Cf. les .l/ s de la Bibl. du roi de 
Paulin, Paris, t. IV, p. 116 suiv. 

Le chap. de Jehane la piicelle, se trouve aux fol. CXII-CXV. C'est un ré- 
sumé fort sommaire et qui n'offre rien d'original. Il est accompagné de la 
même grav. s. bois que celle de Lu mer des hystôires, Lyon Dupré 1491, 
représentant la Pucelle à cheval. Le récit se termine ainsi : « Pendant le 
dit siège Jehanne la Pucelle et autres cappitaines se partirent de Laigny 
pour venir secourir la dicte ville de Compiègne ou ils firent par plusieurs 
iours grandes escarmouches sur les Anglais, mais advint ung iour en une 
saillie que la dicte pucelle fut prinse par ung picard De la compaignie de 
messire Jehan de Luxembourg, lequel De luxemhourg la vendit après aux 
Anglois qui par envye la firent brusler a Rouenluy imposant plusieurs ma- 
léfices ainsi que on dit que qui veult la mort de son chien il luy met la 
rage sus. » 



— La même édition... Ils .se rendent a Paris en la rue Saint Jaques a 
lenseigne sainct Claude {François Regnau.lt 1523]. 

— Le même : Rozier ou epithome bistorial de France divise en trois 
parties. En la première... La seconde partit" laquelle fut copilee a la re- 
queste de feu roy Loys unziesme que Dieu absoulle contiet par manière 
de cronique et par années distinctes les failz et gestes des Francoys, an- 
gloys... On les rend a Paris en la rue sainct Jacques a lenseigne de 
Lelephant. 



54 HISTOIRES GÉNÉRALES 

la Gne ." pour François Regnault libraire... achevé d'imprimer le xx e 
iour de feurier Lan mil cinq cens xxvui (1528) avant Pasques, in-fol. 
goth. à 2 col. de xl ; clxxx et XI ff. plus 1 f. n. chiff. pour la souscrip- 
tion et la marque de Regnault à L'éléphant, titre rouge et noir, fig. s. 
bois. 

71. X... — La legede des Fiâmes | artisiens et harynnuyers : | ou autre- 

met leur cronique abrégée en laquelle sont contenues plusieurs hystoi- 
res de F race... Ils se vendent a Paris en lu rue saine! Jaques a len- 
seigne sainet Claude [François Regnault]. 

In fine : Nouvellement imprime a Paris le xx e iour de may mil cinq 
cens xxii (1522) pet. in-4, goth. de G ff. prel. et CI. grav. s. bois. 

B. Nat. ex. sur vél. de la vente Mac. Carthy 37.'i f. ; ventes d'Esseling 3b ; 
Solar 66 fr. 

Aux ff. LIIII-LV, chapitre consacré à l'hist. de Jeanne se terminant ainsi: 
« Je passe la prinse de la Pucelle en une saillie au siège de Compiegne 
laquelle fut vendue par sire Jehan de Luxembourg aux Anglais qui par en- 
vie la feirent brusler a Rouen, allegant a lencontre délie quil est deffendu 
aux femmes prendre et vestir les vestements des hommes Deuteronmii XII. 
Et Sainet Paul aussi deffend quune femme ne rase les cheveulx de son chief, 
prime ad Chorintheos XI e cap. en luy imposant davantaige plusieurs malé- 
fices disant quelle usoit dart magique. Mais tout ce est très bien confute 
par le chancelier de Paris maistre Jehan Gerson en ung traicte quil a fait 
qui se comence : Tulit me Deus cum se querer gregem.., » 

— Le même : La légende des Flamens | chronique abrégée en la- 
quelle est faicte succint recueil de lorigine des | peuples et estais de 
Flandres... avec plaisante comemoratio de plusieurs choses faictes et 
advenues en France, Angleterre et Allemoigne depuis sept ou huict 
cens ans. Paris, Galliot du pré, 1558, pet. in-8. 

Ventes Morel-Vindé, 18 fr. 50 ; Parison, 70 fr. 
C'est aux pp. 78 et suiv. qu'il est parlé de Jeanne. 

72. I.ESXAUDFUIU (Pierre de). — La louenge de mariage et recueil 
des hystoires des bonnes vertueuses et illustres femmes composes par 
maistre Pierre de Lesnauderie lors scribe des privilèges de I université 
de Caen... Ils se vendent à Paris en la rue Saint-Jaques a lenseigne 
sainet Claude près des Maturins. 

In tine : Imprime a Paris te IX e iour de may mil cinq cens et XXIII 
(1523) pour Fracois Regnault, libraire iure... Pet. in-4 goth. de G ff. 
prél. etCXIII. 

B. Nat. Y Réserve. 

Au fol. LI se trouve une notice fort courte intitulée : De Jehanne la 
Pucelle de Franco. 

(Jq. grav. s. bois mais aucune de relative à notre sujet. 
Vente de Coislin mar. r. 70 fr. 



AUTEURS DU XVI e SIÈCLE 55 

- Le même : Imprime nouvellement a Paris par Anthoine Contenu le 
XXV iour Doetobre mil cinq cens XXV ( 1525) pour, Françoys Ré- 
gnant t. ln-8 goth de f> iï. prel. et GXLV. 

Le chap. de Jehanne la Pucelle est au fol. LXIV. 
Ventes T... 1888, 450 fr. ; Techener, 320 fr. 



Le même : Paris, Jehan Sainct Denys, S. D. in-4 goth. 
Vente Solar, mar. 100 fr. 



— Le même. Imprime par Alain Lotrian et Denis Janof, imprimeurs et 
libraij'es, demeurant en la rue neufve Nostre-Dame a Lenseigne de 
Lescu de France. S. D. in-4 goth. de 4 et LXXXIV. 

— Le même. Paris, Pierre Sergent, S. D. 



73. GILLES (Nicole). — Les très élégantes, 1res veridiques et co- 
pieuses annales... depuis la triste désolation de la Ires inclvte cile de 
Troyes jnsques an règne du très vertueux roy François, compilées par 
feu maistre Nicole Gille... On les vend a Paris en la boutique de Ga- 
liot du pre. 



In fine : El fut achevé dimprimer lan mil cinq cens vingt et cinq 1525/ 
par Anthoine Couteau pour Calliol du pre. 2 tom. en 1 vol. in-fol. 
goth. de 6 iï. prel. et CLVII : 4 ff. et CXLIIIJ. 

La B. Nat. possède un ex. s. vél. acheté 8.10 fr. à la vente MacCarthy. 

Cette chronique, extraite de celle de S'-Denis, qui était aussi estimée en 
son temps, contient plusieurs chap. sur le siège et la délivrance d'Orléans, 
13 p. sont relatives à notre sujet. 

La Bibliotheca Bigot, annonçait une édit. de Paris l.'i*20 ; le P. Lelong 
mentionne une édit. de 1492 et une de 1498, mais par erreur comme le dé- 
montre Brunet, t. II, col. 1596, elles appartiennent à d'autres chroniques 
de France abrégées. 



• Le même. Paris, Galliot Dupré, 1527, 2 tomes in-fol. goth. de 6 et 
CXL11II If; 4 et CXLIJ ff. 

Imprimé par Nicolas Couteau. 



- Le même. Paris, Jehan Petit, 1528, 2 t. in-fol. goth. de et CXL ; 
4 et CXXXIIII if. 

Imprimé par Guill. Bossozel. 



56 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Le même. Paris à la rue Saincl Jacques a l'enseigne de la peur de 
lis r/or [Jehan Petit] 1533. 2 t. in-fol. goth. à long. lign. do 6 ff. 
CXXXVJ ; 5 etCXLIJ. 

Vente Gancia, 42 fr. 

— Le même. Paris, Jehan Longis, 1536, 2 t. in-fol. goth. de 6. 
CXXXVIH et 5-CXLV ff. 

In fine la marque de Jean Longis 

— Le même. Paris, Nicolas Cousteau, 1538, 2 t. in-fol. goth. 

Vente Gancia, 101 fr. 

— Le même. Paris, rue neufve Nostre Dame a lenseigne Saincl Jehan 
Baptiste, 1541. 2 t. in-fol. goth. fig. s. bois. 

Vente Leprevost (1837), 30 fr. 



- Le même. Paris, Arnoul Langelier, 1544, 2 t. in-fol. goth. gr.av. s. 
bois. 

Ventes Barthès (1857), 2 liv. 8 sh. ; D... (1892), 50 fr. 



- Le même. Paris. Galliot du pré, 1547, 2 t. in-fol. de u-CXXXH ; 
6-CXLU IL en lettres rondes. 

Imprimé par René Avril. Vente Lavallière, 670 fr. ; la B. Nat. possède un 
ex. s. vél. acheté 1020 fr. à la vente Mac Carthy. 



— Le même. Paris, Galliot du Pré, 1552. 2 vol. in -S. 

Augmenté par Denis Sauvage. Vente Gouttard, 100 fr. 

— Le même. Paris, Ruelle, 1558, in-fol. 

— Le même : augmentées par Fr. de Belleforest. Paris, 1575, in fol. 

L'histoire de Jeanne se trouve p. 347. 

— Le même: ^ Les | chroniqves et | annales de France | dezloriginedes 
franeoys, | et leur venves ez gavles. | Faictes jadis briefvemenl par Ni- 
cole Gilles secrétaire du | Roy, jusqu'au Roy Charles huictiesme et de- 
puis addi | tionnées par Denis Sauvage jusqu'au Roy | Franeoys second 



AUTEURS DU XVI e SIÈCLE 57 

du nom. Revu par Belleforesl et Ghappuys. Paris, Jean Cavellat 
MDXXXV (1585) id-fol. de 32 ff. d'epistre, daté.- de 1572 et signée Bel- 
leforesl, de table et 521 If. mimer. 

Au verso du fol. 309, jusqu'au v u du i'. 328 se trouve intercalée l'hist. 
fort détaillée de Jeanne d'Arc sous le titre De la renne de la Pucelle vers le 
Roy de France. 

Cette édit. est, notamment sur notre sujet, beaucoup plus complète que 
les précédentes car Belleforest y a ajouté un grand nombre de réflexions 
et d'appréciations. Il prit à cœur de réhahiliter la mémoire de Jeanne et 
consacre les dix derniers 1T. à résumer les procès de la Pucelle d'après le 
m s de Saint Victor, donnant en outre les opinions élogieuses de bien des 
historiens de l'époque. 

« Plusieurs se sont aheurtez à celle sotte el perverse opinion qu'à bon 
droit cette tille a esté par les Anglais mise à mort et que tant s'en fault 
qu'elle fut pucelle, mais superstitieuse. Je suis marry qu'un François 
s'aheurte aux fantaisies des estrangers, et plus qu'il se glorifie en l'évidence 
d'une si impudente menterie, laquelle je luy veux prouver, non par seule 
raison ou verisimilitude, car chacun peut en icelle abonder, ains par le 
discours du procès mesine qui luy fut faict à Rouen par Pierre Gauchon, 
que j'y ai recouvert de messieurs les religieux de Saint Victor, comme de 
ceux qui estans marris du tort fait à la mémoire de celle illustre guerrière, 
prennent un singulier plaisir à donner les moyens de la venger de ce 
blasme.» 

Fol. 3Ii9 à 366 v°, Belleforest a ajouté un résumé très complet du procès 
de réhabilitation avec la traduction des principales pièces. 11 termine ainsi : 
« Et prieray tout bon et loyal François d'aimer plus (avec vérité) l'honneur 
de sa nation que (faulcement) se laisser conduire par ses rêveries et opi- 
nions de quelque estranger sans marque et qui est mal affectionné à la 
réputation des nostres. » 

Il appelle Jeanne, Jeanne Dare. 



— Le môme, 1600. 

— Le même. Paris, Seb. Chappelet, 1017 in-fol. avec les portraits des 
rois en taille douce. 

— Le même, 1621 . 



14. GRASSAILLES (Charles de).— Rega | lium Franciœ | libri 
dvo, iura omnia j et dignilates christià | niis.GalUaeregum, continentes 
Garolo Degrassalio Carcassonensi'authore. Prestant apud heredes Simo- 
nis Vincentii Luçjduni MDXXXVLI1 (1538) pet. in-4 de 10,322 ff. 
pour le liv. I, 137 pour le second et i p. d'erratum. 

B. Nat. Ld 9 3. 
Vente Y)... (1892) mar. dent. 20 fr. 

A la p. 234 du liv. I, se trouve une grav. xylographique sur Jeanne, la 
plus ancienne que l'on connaisse ; nous la reproduisons ci-joint (v. page 58). 
Le Magasin pittoresque de janv. 1879, p. 16, en avait donné un croquis ; le 
texte de l'ouvrage lui-même ne parle pas de Jeanne, il n'y a que la grav. 
qui y soit relative. 

Cet ouvrage fut réimprimé en 1545 apud Galeotum Pratensem, mais sans 
les grav. par conséquent cette édit. est étrangère à notre sujet. B. Nat Ld 9 3A. 



58 



HISTOIRES GÉNÉRALES 



* 

-X- 



L 




4 

t 



75. BOUCHET (Jean). — Annales d'Aquitaine S. lieu ni dale[1524] in- 



fol. 



goth . 



Au fol. XXXII, Bouchet copie le Miroir des femmes vertueuses en ce qu'il 
disait de Jeanne d'Arc, et ajoute ce souvenir personnel qu'il avait entendu 
dire dans sa jeunesse que Jeanne logea à Poitiers à l'hôtel de la rose et 
s'était servi comme montoir d'une petite pierre se trouvant au coin de la 
rue Saint-Etienne. André Thevet dans sa Chorographie universelle, t. II, fol. 
581 répète le même fait comme le tenant de Jean Bouchet. Quicherat, 
t. IV, p. 336-37 a reproduit ce passage de Bouchet. 

Cet historien est somme toute très élotdeux pour Jeanne, qu'il appelle 
Ieanne Dart. « Les Anglois menèrent la bonne Pucelle bien l'accusoient 
quelle estoit sorcière, devineresse dont jamais ne sceurent faire preuve, 
aussi sa vie estoit toute bonne et saincte. » 11 est curieux que Bouchet ne 
mentionne même pas le procès de réhabilitation. 



— Le même, 1524. 

— — Poitiers, 1525, in-fol. goth. 

— Le même : Les correctes et additionnées annalles d'Aquitaine. Poitiers, 
Jehan et Enguilhert de Marne f mil CCCCC trente et ung (1531) in-fol. 
goth. de 12. CCXIIÏ ff. 

Ventes libri (1859), 1 liv. 6 sh ; A. Martin (1825) 20 f.50. 

— Le même. Poitiers, 1535. 

- Paris, Gui!/. Lehret, 1537, in-fol. de 10-CXCÏX ff. 
Ventes Costê 40 fr. ; Giraud, SI fr. 



— Paris, 1540. 



AUTEURS DU XVI e SIÈCLE 59 

— Le même. Poitiers, t'Ho. 

Vente Monmerqué 17 fr. 

— — Poitiers, 1547. 

— — Paris, I5."w. 

— — Paris, 1607. 

— Le même. Les Annales d'Aqvi laine. Faicts et gestes en sommaire des 
roys de France et d'Angleterre... par Jean Bovchet. Augmentées de plu- 
sieurs pièces rares extraictes des bibliothecques et recueillies par 
A. Movnin. Poitiers, Abraham Movnin, MDGXXXXÏIII, (1644) in-fol. 
de 18 ff. prél. et 666 p. 

Les ff. prél. contiennent : un titre grave, le titre imprimé, un potr. du 
duc de Larocheloucauld, la dédicace à François de Laroche Foucault épilo- 
gue, tables et éloge. On trouve toujours à la suite de cet ouvrage plusieurs 
autres du même auteur, relatifs à Poitiers età Sainte Radegonde, avec titres 
et pagination spéciale. 

Partie IV, p. 2 t.'»- i-'.t. De Jeanne la Pucelle. 

A la suite de cette notice « S'ensuyt l'épitaphe de la Pvcelle, » poésie en 
54 vers se terminanl ainsi : 

« Je faisais tout au nom Dieu glorieux. 

Lequel j'aymois, comme son humble ancelle : 
On me nommoit partout Ieanne Pucelle : 
Car chaste fus du corps et de l'esprit : 
Souvenl prenois le corps de lesus Christ, 
Et si jusnais trois iours en la sepmaine. 
Puis cestuy la, qui tous ses servans meine 
Après avoir en ce monde souffert, 
En Paradis m'a ce logis offert. » 

76. /FMIIJ\ (Paul). — De rébus gestis Francorum Jibri X. additum 
est chronicon Joann. Tilii. Parisiis, Vascosanus, 1539, in-fol. 

Au liv. X épisode de la Pucelle : « Johana lotaringa puella duodeviginti 
circiter annos nata, sub paire oves pascere solila, ad regem ducitur, praj- 
dicans se mente divinitus admonita venire... » 

— Le même. Vascosan, 1544, in-fol. de IV et 244 ff. ; fol. 222. 

— — — 1548, in-8 ; 1550, in-fol.; 1535, in-8 ; 1576, in-fol.; 
Bâle, 1601. 

= Traduction française : Histoire des faicts, gestes et conquestes des roys... 
par noble et scavant personnage Paul /Femyle veronois ; et depuis mise 
en François par Jean Renart, gentilhomme angevin. Paris, Morel, 1581, 
in-fol. 

Est une traduction très fantaisiste, le traducteur ayant corrigé bien des 
erreurs d'/Emile : « Et comme si en ce temps Dieu et les hommes eussent 



60 HISTOIRES GÉNÉRALES 

entrepris d'aider aux François, on amena en France une jeune fille de Lor- 
raine aagée d'environ 18 ans... » 



— Le même. Paris, Morel, 1598, in-fol. p. 621-22 ; 1602, iu-fol. ; 1609, 
in-fol. ; 1644, in-fol. 

77. BOUCHARD (Alain). — Mirouer des fem | mes vertueuses. Ensem- 
ble la patiece | Griselidis. | L'histoire admirable de Jebaue | pucelle 
native de Vaucouleur. | Laquelle par révélation divine etpar | grat mi- 
racle fut cause de expulser les | Angloys lanl de France, Normandye | 
et autres lieux circonvoysins ainsi | que vous verrez par la dicte Hist- 
toire | extraicle de plusieurs croniques | de ce faisant mention. On les 
vëd à Lyon a la maison feu Barnabe Chaussard près de confort. 
[1546] in-16 de 40 ff. n. numér. de 22 lign. à la p., caract. goth. 

Le titre est orné de 3 grav. sur buis représentai)! des sujets saints. 

Excessivement rare. Vente Coste 505 fr. 

La patience de Griselidis avait plusieurs fois été imprimée auparavant, 
mais toujours seule et sans l'histoire de Jeanne d'Arc. 

Ouvrage curieux qui était très populaire du temps de Louis XII. L'his- 
toire de Jeanne d'Arc occupe les 19 premiers feuillets. L'auteur dit tenir 
de deux octogénaires que la Pucelle avait été vendue à Jean de Luxemhourg 
par Guillaume de Flavy : « La dicte Pucelle ung bien matin fist dire rnesse a 
Sainct Jacques et receut son créateur, puis se retira près d'ung des pilliers 
d'icelle église et dit à plusieurs gens de la ville qui la estoyenl (et y avoit 
cent ou six vingts petits enfants qui moult desiroient a la veoir) : mes en- 
fants et chers amys je vous signifie que l'on m'a vendue et trahie et que de 
brief seray livrée a mort. Si vous supplie que vous priez Dieu pour moy ; 
car je n'auray plus de puissance de faire service au Roy ne au royaume de 
France. » 

M. Rendu (infrà n° 1131j dit que ce témoignage ne saurait charger Flavy 
et « doitètre applicahle à un aube séjour que Jeanne aurait fait à Compiègne 
un mois auparavant lorsque cette ville n'était pas encore assiégée. Jeanne 
était alors venue dans le but d'arrêter les Bourguignons qui s'avançaient 
de Noyon vers le confluent de l'Aisne et de l'Oise. Son plan d'attaque man- 
qua par la trahison du capitaine de Soissons. Elle rentra tout aflligée à 
Compiègne et c'est à cette époque qu'il est supposable qu'elle se plaignit 
au peuple et lui fit part de pressentiments qu'elle n'avait plus le jour où 
elle fut prise. » 

Quoi qu'il en soit, ce doit être là l'origine de ce que tous les historiens 
postérieurs tels que Belleforest et Jean Bouchel ont dit sur cette trahison. 

Le miroiter donne aussi une version spéciale du secret révélé à Charles VII 
et des incidents de l'arrivée de Jeanne à la Cour, mais ce récit doit être 
purement fantaisiste. 



- Le même. On les rend a Paris en la rue neufve Nostre Dame a /en- 
seigne Sainct Nicolas [1547] pet. in-8 goth. 

Avec in -fine la marque de Pierre Sergent successeur de Jean Denys. 

B. Nat. Lb 2G 2t. 

Lenglet s'est trompé de lieu, et le P. Lelong avant lui, en indiquant cette 
édit. d'Orléans. D'ailleurs ils avouent n'avoir jamais vu cet ouvrage. 

Gratet-Duplessis signale une édit. du Mirouer in-16 imprimée en lettres 
rondes à Lyon vers la tin du xvi e s. 



AUTEURS DU XVI e SIÈCLE 61 

- Le même. Histoire da la patience Je Griselidis... Histoire admirable de 
Jeanne la Pucelle native de Valoncour. Lyon, Pierre Rigaud, 1610, 
in-16 de 87 p. 

Il y a deux titres séparés l'un pour Griselidis, l'autre pour Jeanne d'Arc. 
Lenglet et Lelong parlent d'une édit. de Lyon, Pierre Rigaud, 1660 ; ils ont 
dû faire erreur et confondre avec 1610. Barthélémy est venu mettre le com- 
ble à la confusion en taisant de Y Histoire admirable un ouvrage tout à t'ait 
différent du Mirouer et en lui donnant avec une faute d'impression la date 
de 1560 ! 



- Le même. Mirouer des femmes vertueuses, Ihystoire admirable de 
Jehanne Pucelle. Paris, [Crapelel 1840] in- 12, car. gotb. 

B. Nat. Lb 26 21 A. Réserve. 

Est une impression de l'édit. de 154C duc aux soins de M. Gratet l)u- 
plessis. 

Fait partie du tome X, de la Collection de poésies, romans chroniques, 
publiée d'après d'anciens m s et des édit. des xv c , xvi e s. à 6 lï. 



- Le même. .Mirouer des femmes vertueuses ensemble l'bistoire de 
Jehanne Pucelle native de Vaucouleur... | Paris, Colomb de Balines 
Belin-Leprieur i 1842| in-12 de 25 p. 

Extrait de la Nouvelle bibliothèque bleue, légendes populaires de In France 
arec introduction de Charles Nodier et des notes historiques de Leroux de 
Lincy, p. 249-274. (prix 3..'i0). 

Cf. Vallet de Viriville. Notes bibliographiques sur le Mirouer des femmes 
vertueuses par Alain Bouchard . Paris, Dumoulin, l8oo, in-8. Extrait de la 
Bibl. <le l'Ecole des Chartes lN,">;i, p. tôt. ■ 



78. BI-ILL.YY (Guillaume du) seigneur de Langey. — Instructions sur 
le faict de la guerre. Paris, Michel Vascosan et Galiot du Pré, 1548, 
in-fol. delV-GXI IL 

Ventes Lavallière (vélin aux armes de d'Urfé avec 4 miniatures 300 fr. ; 
Mac-Carthy 401 fr. 

P. 56 un paragraphe est intitulé Jehanne la Pucelle ; du Bellay y révoque 
en doute le caractère de la mission de Jeanne et fait de l'héroïne l'objet 
d'un stratagème de Cour. 



— Le même. Paris, Michel Vascosan,lM9,m-îol.et 1553 in-8 de IV-CXI 17. 

— Le même sous ce nouveau titre : Discipline militaire de G. du Bellay 
comprise en (rois livres, nouvellement reveue. Paris, 1556. 

— Le même, même titre : Lyon, Ben. Rigaud, 1592, pet. in-8 de 12-255 IL 

Vente Coste mar. bl. 27 fr. Au folio 233. 



62 HISTOIRES GÉNÉRALES 

79. WASSEBOURG (Richard de). — Antiquitez | de la | Gaule, 
Belgicqtie, royaulme de France, Auslrasie et Lorraine. avec l'ori- 
gine des Du j chez et comtez. Exlraî j ctes soubz les vies des eves 
| ques de Verdun, anciene cité | d'icelle Gaule : par M. Ri chard de 
Wasse | bourg. Archidiacre en l'Egli | se de Verdun, On les vend a 
Paris... par Vincent Sertenas... et aussi se vendent en la cité de Ver- 
dun, 1549, 2 tom. en 1 vol. in-fol. de 6-553 et 38 1T. 

Imprimé à Paris par Francoys Girault. 

Au chap. II du prologue, fol. V, Richard est assez peu édifiant sur la 
vertu de Jeanne. Au liv. VII fol. 472 et suiv. se trouve une notice assez dé- 
taillée. A relever ce curieux passage : « Un jour la vierge Marie s'apparut à 
elle, estant soubz un arbre et luy ordonna se faire mener au dicl Rby 
Charles, pour luy donner ayde et le délivrer de ses ennemys. Icyj'escripray 
un incident, que moy estant un jour au dict vilage de Damremy me fut 
référé par plusieurs habitas d'icelluy vilage qu'ëcores presentemêt on voit 
au finage, l'arbre soubz lequel fut faicle la dicte révélation et que depuis 
jamais soubz iceluy ne pleut ne negea. » 



80. BILLOX (François de). — Le fort inexpv gnable de l'honnevr 
dv sexe Féminin, constrvit par Francoys de Billon secrétaire. On 
les vend à Paris chez Ian d'Allyer libraire sur le pont Saint Michel à 
l'enseigne de la rose blanche, 1555, in-ide 6-257 lî. 3 p. et 2 fî. grav. 

Vente E. R. par Cliambolle Duru 90 fr. Au fol. 48 La Pùcelle d'Orléans, 
notice très louangeuse de 35 lignes : « pauvre Pucelle qui as si heureu- 
sement et par ta peine vengé les oppressions faites aux François : les tortz 
et griefz, les mespreis et rades traictements pas si longtemps souffertz d'vne 
infinité de pauvres Dames françoises seront-ilz jamais vangez d'aucune ta 
semblable"? Qui te feit ériger la statue sur le pont d'Orléans, fors les nobles 
Dames de la cité par leur grande poursuyte? Espèrent elles pas encoresun 
jour estre certaines de ce que dessus, par quelque divin oracle de toy at- 
tendu, en recompense de leur bon office en ton endroit'.' » 



— La même édition avec une feuille de titre nouvelle: Paris, Jean 
d'Allyer, 1558. 

B. Nat. Z 1403 A' Rés. 
Ventes Leprevost (1857) 28 fr. ; Qualremère 40 fr. 

— La même édition avec une feuille de titre nouvelle : La défense et for- 
teresse invincible de l'honneur et vertu des daines, divisé en quatre bas- 
tions. Paris, Chesneau, 1564, in-4. 

Ces trois ouvrages sont de même tirage, ce qui le prouve c'est que les 
ff. portant les n os 44-48 se trouvent en double, les premiers auraient dû 
être numérotés 40-i4. 



<S I . PASQUIER (Etienne) conseiller et avocat général du roi à Paris. 



AUTEURS DU XVI e SIÈCLE 63 

— >$< L<?s recherches delà France revues et augmentées de quatre livres. 
Paris, Mettayer et L'huillier, 1596, in-fol. 

Contient en totalité VI livres. C'est la première édit. du livre. VI. 

Au fol. 2o9, liv. VI, chap 4 et 5, Pasquier parle avec élévation et enthou- 
siasme de Jeanne : De la Pucelle et de son procès, c'est là une histoire criti- 
que de la plus haute valeur. Pasquier y apprécie quel fut le rùle de l'hé- 
roïne et s'y montre son défenseur convaincu : « Grande pitié jamais per- 
sonne ne secourut la France si à. propos et plus heureusement que cette 
Pucelle et jamais mémoire de femme ne fut plus déchirée que la sienne... 
Les Anglais l'estimèrent sorcière et hérétique et la firent brûler, quelques- 
uns des nôtres se firent accroire que ce fut une feintise, les seigneurs de 
France feignant qu'elle était envoyée de Dieu pour secourir le royaume... 
Pour le regard de ceux-ci non seulement je ne leur pardonne, mais au 
contraire ils me semblent être dignes d'une punition exemplaire pour être 
pires que l'Anglais et faire le procès extraordinaire à la renommée de celle 
à qui toute la France a tant d'obligation. Ceux-là lui otèrent la vie, ceux- 
ci l'honneur et l'ôtent par un même moyen à la France. De ma part je ré- 
pute son histoire un vrai miracle de Dieu... tout cela me fait croire (join- 
les voix du ciel qu'elle oyoit) que toute sa vie et histoire fut un vrai myst 
tère de Dieu. » 

Pasquier était l'ami de Charles du Lys, il en parle plusieurs fois dans 
cette notice et consacre un assez long passage à l'anoblissement de la fa- 
mille de la Pucelle : « Jamais service fait à la France, ne vint au paragon 
de celui de la Pucelle; aussi jamais lettres d'anoblissement ne furent de 
tel poids et mesure que celles-ci. » 

Pasquier se servit pour cette notice du même m s que Belleforest, celui 
de Saint -Victor. 



- Le même. Paris, Laur. Sonnius, 1611, in-4. 

p. ;!;>:i-;i6l . 

Le même. Paris, L. Sonnius, 1617, in-4. 
vente Monmerqué 5.75. 

— Paris, Jean Petitpas, 1621, in-fol. 

— Paris, L. Sonnius, 1621, in-fol. 

— Paris, Olivier de Varennes , 1633, in-fol. 

— Paris, Menard, 1643, in-fol. 

— Orléans, Guill. de Lui/ne, 1605, in-fol. 

- Le même. Les œuvres d'Estienne Pasquier. contenant ses recherches 
de la France... ses lettres. Amsterdam, C ie des libraires associés 
MDCCXXIII [1723] 2 vol. in-fol. à 2 col. deXVT-1364 ; XLIX-1482 col. 

Titre rouge et noir. Au chap. V du liv. VI, t. I, col. 535-544, Sommaire du 
procès de Jeanne la Pucelle ; au chap. XIV du liv. XIX, col. 942, il est encore 
parlé incidemment de Jeanne et de son indigne condamnation. 

Au t. II, liv. I, Lettre 8, col. 11. Lettre de Ronsard, où il est parlé des 



64 HISTOIRES GÉNÉRALES 

fausses pucelles ; liv. XXI, lettre 4. cal. 643-46, lettre à M. du Lys au sujet de 
sa généalogie de Jeanne d'Are et des inscriptions pour mettre sous les sta- 
tues de Charles VII et de la Pucelle du pont d'Orléans ; liv. XXI, lettre 5, 
col. 647-48. Lettre à M. du Lys. Pasquier lui envoie des vers biens médio- 
cres sur la Pucelle : 

Ce tableau porte en blanc de Jeanne la mémoire 
Car nul ne peut au vif représenter sa gloire. 
Muta tabella silet ; Ianœ nain gesta Puellœ 
Nemo referre potest, quo meruere modo. 

Il y a d'autres lettres adressées à M llc du Lys mais n'ayant pas trait à 
Jeanne d'Arc. 

Ces lettres avaient déjà été souvent imprimées : 

— Paris, Abel VAngelier, 1586, in-4 de 8-330 et 14 ff. 

En dix livres, fol. 13 Lettre à Ronsard. 
Ventes Solar 60 fr. Ch. Giraud, 79 fr. 

— Avignon, Brumereau, 1590. 

— Lyon, J. Veyrat, 1597, in-16. Vente Solar, mar. 10 fr. 

— Arras, Gilles Bauduyn, 1598, in-16. 

— Lyon, Frellon, in-16. 

— Lyon, Huguetan, in-16. 

— Lettres, contenans, plusieurs belles matières et discours sur les affaires 
d'estat de France, (en 22 livres). Paris, Jean Petitpas, 1619, 3 vol in-8. 

— Paris, Laur. Sonnius, 1619, 3 v. in-8. 

— Le même. Les œuvres d'Etienne Pasquier... Amsterdam, 1728, 2 v. in -fol. 

— OEuvres choisies d'Estienne Pasquier avec notes et élude 
sur sa vie et ses ouvrages par Léon Fougère, prof, de rhétorique au Ly- 
cée Desjartes. Paris, Firmin Didot, 1849, 2 vol. in-18, CCXXXVIII 
252 et 496 p. 

T. I, p. 175-194, chap. XXIX: Sommaire du procès de Jeanne la Pucelle; 
t. II, p. 428-29 Feugère consacre qq. notes explicatives à notre sujet. Cette 
édit. ne renferme pas les lettres de Pasquier à Charles du Lys ni à sa tille. 

8£. POSTEL (Guillaume). — ♦ Los très merveilleuses victoires dos 
femmes du nouveau monde et comme elles doivent à tout le monde par 
raison commander et même à ceulx qu'auront la monarchie du monde 
vieil. A madame Marguerite de France. Paris, Imprimerie de Jean Goul- 
lard a lenseigne dû Phénix près le collège de Reims el Wasencore. 
1553, in-16, de 81 ff. de 22 lignes, lettres rondes. 

Ventes Gaignat 220 fr., La Vallière 144, Nodier 36 fr. 

Jeanne d'Arc y fait le sujet du chap. VIII intitulé : Démonstration très 
claire que Dieu ha plus de Providence cure et sollicitude de la France qu'il 
n' ha de tous les Estats temporels et la déclaration quelle chose feust la pu- 
celle 'Barroisse ou Lorraine Jeharine Darc ou Day dicte de Vaucouleurs qui 
au Roy Charles septiesme restitua la corone et chassa les Angloys, d'icelle 
injustes occupaieurs, hors de la France. » Postel écrit avec l'ardeur enthou- 
siaste dont il était coutumier :« Quiconque ne croit pas en Jeanne d'Arc 
mérite d'être exterminé comme destructeur de la Patrie... ses laits sont 
chose nécessaire à maintenir autant (pie l'Evangile. » 



AUTEURS DU XVI e SIÈCLE 65 

On connaît l'exagération excessive et l'imagination vagabonde de Postel. 
Il passa la fin de sa vie à chercher le Messie propre au sexe féminin, vou- 
lant que ce sexe eût son messie comme l'autre avait eu le sien. 11 crut avoir 
trouvé cette nouvelle incarnation divine dans une vénitienne, la mère de 
Jeanne, dans laquelle il voyait le précurseur direct de Jeanne d'Arc. Pos- 
tel fut vivement attaqué. On publia notamment contre lui en 1557 un pam- 
phlet, Exhortation aux princes chrétiens sur le fait de In paix où il est dit : 
« Tandis qu'il a été en France, par je ne sais quel ambage de rêverie, il 
s'est dit fils d'une pucelle Jeanne, laquelle disent les chroniques, avoit au- 
trefois chassé les Anglois hors du royaume de France. » C'était lui faire 
payer un peu cher son enthousiasme pour Jeanne que de lui prêter l'idée 
de vouloir se faire passer pour le fils de l'héroïne, 120 ans après sa mort. 
Ouoiqu'il en soit le Parlement le fit incarcérera Saint Martin des Champs, 
où ce détraqué resta jusqu'à sa mort en 1581. (Cf. art. d'Abel Lefranc dans 
Bullet. annuaire de la Soc. de l'hist. de Finance, 1891, p. 2H-25.) 

Le m s original Des très merveilleuses victoires figurait dam la Ribl. Balnze 
n° 434, il a passé à la B. Nat. f. franc. 2113 [fol. 125]. Lenglet en avait 
donné un extrait. 



■ Le même. Paris, Jehan Ruelle, 1553, in-lG, de 07 H'. 
Ventes Gaignat, mar. 140 ; Mac. Carthy 200 IV. 

- Le même. Sur l'imprimé à Paris 1553, pet. in-12. 

Vente Lamy, mar. bl. 8 IV. 

- Le même. Rouen [vers 1750] pet. in-12. 

Conforme à l'édit. originale. 

- Le même avec une notice biographique par Gustave Brunet. Turin, 
liai/, 1809, in-8. 

Tiré à 100 ex. prix 5 fr. 



84. KCiIXAT — loannis Ba | ptistse egnalii, | viri doctissimi, de | 
exemplis illustrium virorum... Parisiis in officina Audoeni Parvi ad 
floris Lilii insigne, 1554, pet. in-lô de XVI lî. prel. 334 ff. num. et 
1 f. de sou script. 

La souscription est au nom de Maurice Menier; sur le titre marque à la 
fleur de lys de Petit. 

Aux fol. 93-94 De Ioanna virgine Gallica, notice assez sommaire dans 
laquelle Egnat montre pourtant son admiration pour l'héroïne : « Galli 
tantœ virtutis libertatisque receptœ, memores eaiii ubique pictam, veluti 
familiare numen colunt. » 



— Le même. Venetiis Nieolaus Tridentinus, 1554, in-4 de 4 lî. et 310 p. 
Liv. llf, chap. 2, p 85. 

5 



OG HISTOIRES GÉNÉRALES 

85. SAUVAGE (Denis) — Croniqve de Flandres, ancienement compo- 
sée par auteur incertain, et nouvellement mise en lumière par Denis 
Sauvage.., Lyon, Guillaume /{ouille, MDLXH [1562] in-fol. de VIII- 
367 p. 

Est suivi des Mémoires d'Olivier <!<■ la Marche avec feuille de titre spéciale 

de VI ïï. p. et, 4 p. d'annotations, (voy. supra n" 44). 

Aux chap. CIV, CX p. 335-359 se trouve l'épisode de Jeanne d'Are em- 
prunté au récit de Monstrelet, sans rien d'original. La lettre du Roy d'An- 
gleterre au due de Bourgogne pour justifier la condamnation de la Pucelle 
est reproduite. 11 est à regretter que Sauvage ait rajeuni le style de l'auteur 
anonyme dont il publie le texte d'après un ancien ms. 

11 ne faut pas confondre cet ouvrage avec les Chroniques et Annales de 
France de Nicole Gilles dont D. Sauvage donna une édition en L'>.'i'2. (Voy. 
suprà n° 73). 

80. BELLEFOREST (François de). — Histoire des neuf rois Charles 
de France. Paris, 15G4, in-4 et aussi Paris, 1 T> * » S . in-fol. ; Paris, 1570, 
in-fol. ; Lyon, 158:1, in-fol. 

z= ,j< Les grandes annales et histoire générale de France, dès le venue des 
Francs en Gaule jusque au règne du roy Henri 111. Paris, Gahr. Buon, 
1579. 2 vol. in-fol. de XII If. prél. 817 fî. de texte. 57 11', n. chiff. de 
tables ; 2 ff. 882 tï. (entés 818-1002) et 3i 1T. de tables. 

Vente du Bibliophile Jacob, 20 fr. 

Il ne faut pas confondre ces Grandes annales, dont Belleforest est l'au- 
teur, avec les Anna/es cl Chroniques de France de Nicole Gilles (voy. suprà 
n°73) dont Belleforest a seulement revu Ledit, de 1573. 

Cette histoire de Jeanne, qui est très détaillée, se trouve au t. II fol. 
1079-1101. 

« En ce temps-là fut bruit d'une Pucelle es marches de Barrois, nommée 
Jeanne Baie, natifve d'un village près Vaucouleur nommé Dom Remy, près 
d'un autre dit (iras. . » Belleforest cite de nombreux extraits d'auteurs : de 
Meyer, Robert le Maçon, Chartier, Valeran de la Varanne, plusieurs pièces 
du procès de condamnation et un certain nombre de poésies sur Jeanne 
d'Arc. 

Aux fol. 1174-1180 est un récit assez complet du procès de réhabilitation 
avec le rescrit du pape et la sentence d'absolution ; très élogieux pour la 
Pucelle. Voici sa conclusion : « Nul ne peut doubter que ce ne fut un 
œuvre divin et procédant de l'infinie bonté du tout-puissant, ayanteompas- 
sion de la Gaule, et la visitant de sa faveur par le ministère de cette Pu- 
celle. » 



— Le même, avec continuation jusqu'en 1501 par G. Chappuis. Paris 
1000, in-fol. et aussi 1020. 

Chap. LXXXVII-XCIII et chap. CXVI. 

87. X... — " Cy commen | ce le livre de la | Pucelle : natifve de Lor- 
raine, | qui reduict France entre les | Mains du Roy, enseble | le ju- 
gement et com | me elle fus! Bruslee | an Vieil Marché | a Rouen. Ft 



AUTEURS DU XVI e SIÈCLE 07 

la | fin plusieurs | aultres | choses advenues du depuys en la Ville 
de Rouen. On les rend a Rouen, an hault desdegrez du Palaix, chez 
Martin le Mesgissier, S. 1). in-16 de 38 ff. 

It. Nat. 

<( Lan mil quatre cens vingt neuf avoit une jeune fille au pays de Lor- 
raine aa^iée de dix huict ans ou environ nommée Jehanne natii've d'une 
paroisse nommée Dompre fille d'un laboureux nome Jacpies taré... » 

Cette histoire n'est qu'un emprunt au ms, alors inédit, de VAbréviateur 
du procès, chronique inspirée de celle de Jean Charlier et écrite en lbOO 
sur l'i i Ire de Louis XIT à l'instigation de l'amiral Louis Malet de Graville. 
Elle comprend une vie de la Pueelle, suivie d'un abrégé très succinct des 
deux procès, du nom des juges du procès de révision et de la traduction 
intégrale de la sentence définitive. 



-■ 



- Le même : Ensvit le lime de la Pueelle natifve de Lorraine, qui réduit 
France entre les mains du Roy. Ensemble le iugement et comment elle 
fut bruslee au vieil marché à Rouen l'an 1431 avec les procédures et 
interrogatoires. [Rouen, Martin Lemègissier, lo78, in-8 de 29 p. 

Est l'opuscule précédent, moins les quatre dernières pages, réimprimé à 
la suite de la Description dv pays et dvché de Normandye ex/miel de In Cro- 
nique de Normandye non encore imprimée faicte pur feu maistre Jean Na- 
yerel (Rouen, Martin Le Mégissier, U>78, 2 part, en 1 vol.). 

Ventes Le Chevallier 8G l'r. ; Martainville, 122 fr. 



- Le même, réimpression identique à la suite du même ouvrage, 1381, 
1389, 1610. 

En 1011 Olyvier Boynard et Jean Nyon, libraires à Orléans, joignirent à 
leur Histoire du siège cette vie de Jeanne d'Arc qui occupe les 27 ff. limin. 
Depuis, toutes les édit. de Tripault contiennent cet « Extrait d'un ancien 
livre escript à la main et curieusement: contenant le procès de Jehanne 
d'Arc : auquel livre il y a quelques feuillets rompus tellement que le 
commencement défaut. » 

Depuis Buchon, dans le t. IX de sa Collection des chroniques nationales, 
imprima d'après le ms 411 delà Bibl. d'Orléans sous le titre de Chronique 
et procès de la Pueelle d'Orléans (voy. supra n° 4) l'ouvrage en question, 
moins le fragment de prologue cité plus haut, qui fait le litre dans Tri- 
pault, et moins l'abrégé du procès de réhabilitation qui le termine. 

Quicherat, t. IV, p. 254-260, en a extrait le peu d'original que contient la 
compilation connue sous le nom d' Abréviaieur du procès, et p. !t45-46 a re- 
produit le court passage de la Chronique anonyme de Normandie relatif à 
notre sujet, d'après Ledit, de Rouen, Le Mégissier 1581. M. Duranville a pu- 
blié une Elude sur l'histoire et chronique de Normandie éditée par Le Mégis- 
sier en 1610, dans la Rev, de Rouen et de Normandie, 18i>0, p. 1 et suiv. 



88. IIAILLAiV (Bernard de Girard du), historiographe de France. 

— De l'Estat et succez des affaires de France, depuis Pharamond, jusqu'au 
roy Louis onzième. Paris, L'huillier, loTO, in-8. 

Assez incrédule sur les mérites de Jeanne, du Haillan met en circulation 
bien des infamies. « Le miracle de ceste fille, soit que ce fust un miracle 



68 HISTOIRES GÉNÉRALES 

composé, aposté ou véritable, esleva le cœur des seigneurs, du peuple et 
du roy, telle est la force de la religion et bien souvent de la superstition, 
car les uns disent que cette Ieanne estoit la g... de Jean Bastard d'Orléans, 
les autres du sieur de Baudricourt, les autres de Potbon, lesquels estans 
lin>, advisez et voyans le roy si estonné qu'il ne scavait plus que faire ny 
que dire, et le peuple pour les continuelles guerres tant abbattu, s'advisèrent 
de se servir d'un miracle composé d'une faulse religion, qui est la cliose 
du monde qui plus esleve et anime les cœurs. Et le peuple estoit fort pro- 
pre à recevoir telles superstitions. Ceux qui croient que c'estoit une pu- 
celle envoyée de Dieu ne sont pas damnez, ne sont pas ceux qui ne le 
croient point. Plusieurs estiment cet article dernier estre une hérésie, 
mais nous ne voulons pas tresbucber en elle ny trop en l'autre créance. » 
Et ensuite du Haillan raconte avec force détails la supercherie de la recon- 
naissance du roi dans le château de Chinon. 



— Le même, même lieu 1571, in-8, 1372 in-i portraits, 1573, 2 t. en 
1 vol. in-lG ; 1594, in-8 ; 1595, in-8. 

— Le même Anvers, 1596, in-8. 

_ _ Paris, Marc Orry, 1609, in-8. 

— — Genève J. Sloer. 1609, in-8. 

— — Paris, Le Mur, 1611, in-8 de 700 p. 
Prix 12 fr. 

— Le même Paris, Gilles Robinot, 1613, in-8 de 20 ff. prél. 407 IL 
numér. et 23 ff. de table. 

Voy. fol. 156-157. 

— Le même Paris, Le Mur, 1619, in-12 de 12 ff. prél. 349 ff. numér. 
et 22 ff. de table. 

Voy. fol. 137-139. 

~ Histoire générale des rois de France, contenant les choses mémorables 
advenues... jusqu'à Charles VIL Paris, Pierre de Saint-André, 1576, 
in-fol. 

Voy. p. 1144 et suiv. 

Du Haillan, qui ne craindra pas d'écrire modestement dans son épîlre 
dédicatoire de 1584: « Je suis le premier qui ait écrit l'histoire de France et 
le seul qui l'ai fait en bon ordre et en beau langage », est le premier parmi 
les écrivains français qui ait osé attaquer le caractère et les mœurs de 
Jeanne. On a dit qu'il s'était inspiré de du Bellay, c'est une erreur, celui-ci 
ne renferme rien de semblable. 

Du Haillan réédite ici le même système qu'il avait exposé dans l'ouvrage 
précédent. 11 fut imité sur ce point par Gabriel Naudé, Des coups d'étal, cbap. 
III p. 128. « Les Anglais, dit celui-ci, devenus maîtres de la France, il fut 
nécessaire d'avoir recours à quelque coup d'état pour les 1 ? chasser. Ce fut 
doncques à celui de Jeanne la Pucelle qu'on se décida. » Du Haillan attri- 



AUTEURS DU XVI e SIÈCLE 69 

bue en somme bien plus de mérite à Agnès qu'à Jeanne. Il raconte 
qu'Agnès pour stimuler le roi lui fit le récit d'un songe qu'elle aurait eu : 
« Ces paroles piquèrent si fort le cœur du roy qu'il se mit à plorer et de là 
prenant courage et quittant sa chasse, prit le frein aux dents, si bien que 
par son bonheur et vaillance chassa les Anglais de son royaume. » Ce que 
reproduisit aussi Brantôme dans le discours VI de sa Vie des dames Galantes. 

— Le même. Paris, 1577; Genève, 1580; Paris, 1580; Paris, 1584; 
Paris, à l'Olivier de Pierre Lhuillier, 1585, 3 vol. in-8 ; 

— Le même Paris, Lehastien Cramoisy et J. Petit Pas, 1615, 2 vol. in- 
fol. 

— Le même. Paris, 0. Sonnius, 1627, 2 vol. in-fol. 



89. TILLET (Jean du) sieur de la Bussière. 

— Mémoires et recherches touchant plusieurs choses mémorables pour 
l'intelligence de Testât et des affaires de France, Rouen, 1577, in-fol. 

— Le même. Troyes, 1578, in-8. 

— Le même sous le tilre de : Recueil des roys de France... par Iean du 
Tillet, protenotaire et secrétaire du roy, greffier de son parlement, plus 
une chronique abrégée par Iean du Tillet, évèque de Meaux frères. Paris, 
Jac. du Puys, 1580, in-fol. 

— Le même. Paris, Jac. du Puys, 1586, in-fol. 

— — Paris, Jamet et P. Mettayer, 1602, in-4. 

— — Paris, Orry, 1607, in-4. 

— La même édit. avec une feuille de titre nouvelle. Paris, Abel Lange- 
lier, 1607. 

— Le même. Paris, Pierre Mettayer, 1618, 2 vol. in-4 de IV fT. prél. ; 
456, 424, 389 p. et 32 ff. de table. 

P. 233-35 le chap. intitulé Du Roi Charles septiesme est en entier consa- 
cré à « Ieanne Darc fille de laques Darc et d'Ysabeau de Vauteur natifvede 
Dompremy... » 

Voici comment du Tillet juge la mission de Jeanne : « Assez d'esprits lé- 
gers, mal parlans du dit secours, l'attribuans a ruse d'aucuns capitaines, 
ayant oublié ce qui est écrit de Delbora, label et Iudith, la main de Dieu 
n'est abbriée. S'il a voulu commencer à donner la victoire par le moyen 
d'une fille pauvre, il fut cogneu qn'elle fut lost exercitée et asseurée au 
faict des armes et que les dits ennemis du Roy déclinèrent tousiours depuis 
qu'elle fut employée. » 

Au t. II se trouve la Chronique abrégée de l'évèque de Meaux, où l'hist. 
de Jeanne est très sommairement racontée. Cet abrégé avait déjà fait l'ob- 
jet de bien des éditions sous divers titres : 

— Chronicon de Regibus Francorum, Paris, 1547; Paris, Vascosan ; 1551, in-8. 

— La chronique des rois de France, Paris, Galiol du pré, 1549 pet. in-8, 1550 
1553 ; Rouen, Le Mégissier, 1550, 1552, in 8. 



70 



HISTOIRES GENERALES 



— Brefves narrations des actes et faicts mémorables. Rouen, Jehan du Gord, 
15S6, 1566. 

— Les Faits mémorables advenus... Lyon, Benoist Rigaud, i'.ÏM, 1577, in- 10 
de 492 p. Le récit de la vie de Jeanne se trouve aux p. 227-28. 

90. VlGXlftK (N.) — Sommaire de l'histoire des Français. Paris, 1579, 
in-fol. 

V. p. 369 et suiv. 

91. THEXTyr — Les vrais pourlraits | et vies | des | hommes 
illustres | ... recueilliz de leurs tableaux, | livres, medalles antiques | et 
modernes | par André Theyet Angpumoysin | premier cosmographe du 
Roy. Paris, Vefve I. Keruerl et Guill. Chaudière, rue Saint Iacques, 
1584, 2 t. gr. in-fol. de XVI lï. n. chilî, 664 (T. numér. et XV11I ff. de 
tahle. 




Titre gravé. Vente C... 1892. 95 fr. 

Au fol. 279 portrait de la Pucelle à mi- corps, tète nue, cheveux au vent, 
cuirasse damasquinée, étendard dans la main gauche, la droite sur son 
épée. Au-dessus ces mots : « Jeanne la Pucelle, Chapitre XXV. » C'est le 



AUTEURS DU XVI e SIÈCLE 71 

portrait gravé le plus ancien que l'on connaisse (si <>n peut donner le nom 
de portrait à une œuvre d'imagination) après celui du Regalium Francise de 
1538. Nous en donnons ci-joint la reproduction. A la suite se trouvent ',1 11', 
de texte racontant les hauts faifs de l'héroïne dans un style qui ne manque 
pas d'originalité. En voici le préambule : 

« 11 n'y a celui qui sçache que Dieu choisit les choses viles, hûbles et 
abiectes pour s'en servir à côfondre et dompter, ce qui semble estre le 
plus fort et puissant. Et ainsy par la côférence des écritures trouvés avoir 
esté pratiqué et observé qu'vn sexe féminin fragile et imbécile a maintefois 
esté présenté pour secourir un royaume exposé à la fureur des ennemis : 
les exemples de Débora, Haster et Iudith ne sont que trop notoires... » 

Voici ce que dit Thevet du portrait qui illustre sa notice: « Le pour- 
traict de laquelle Monsieur nostre maistre Hilaire Hilaret, Docteur de Paris, 
Prédicateur ordinaire de la ville d'Orléans et l'un des sçavans hommes aux 
langues de nostre aage, m'a envoyé de la dicte ville, tel que ie vous le re- 
présente, et comme iadis il estoit au trésor de la ville : le corps de cuirasse 
de laquelle très vertueux Prince Charles de Lorraine, Duc d'Aumale m'es- 
lant venu visiter en mon logis le quinziesme Ianvier mil cinq cens octanle 
deux, me dist avoir en son chasteau d'Annet, où il le conserve entre ses 
autres plus rares singularitez, et de mesme façon que celuy duquel vous 
la voyez armée. » 

Dans plusieurs autres noticesqui précèdent ou qui suivent, comme dans 
celle de Talbot, etc. il est parlé incidemment de Jeanne. Voir au fol. 284 
l'incident de l'épée de Fierbois. 



— Le même sous le nouveau titre de: Histoire | des plus illvslres } et 
scavans hommes | de leurs siècles j avec leurs Portraits en Taille 
douce, { tirez sur les véritables originaux. Paris, François Manger, 
MDCLXXI, [1671] 8 vol. in- 12. 

Le chap. de Jeanne la Pucelle occupe les p. 153-166 du tome IV. 

B. Nat. G 29631. 

Contient une réduction de la première édit., le cartouche portant Jeanne 
Ut Pucelle se trouve au-dessous du portrait. 

Opmeer avait donné une autre réduction de ce portrait dans son Opus 
chronolographicum (Voy. infrà n° 100). 

La Biographie Michaud donne par erreur comme date de cette édit. 1621 
au lieu de 1671. 

1)2. ARC (P. Lanéry d") Lauréat de l'Institut, avocat à la Cour d'Aix. 

— Jeanne d'Arc par André Thevet, extrait de ses Vrais portraits et vies 
des hommes illustres (1584), avec une note sur les armes ayant appar- 
tenu à la Pucelle. Orléans. Herluison, 1S!I0. in-S de 41 p. 

Tiré à 100 ex. sur p. de Holl. 2 fr. 

En frontispice portrait de la Pucelle de Thevet. 

B. Nat. Lb 26 262. 

La notice préliminaire étudie ce qu'ont pu devenir les armures et épées 
de la Pucelle à propos de ce que dit Thevet de la cuirasse de son portrait. 
La conclusion de cet avant-propos est qu'aucune des armes dites ayant ap- 
partenu à Jeanne d'Arc n'a une authenticité vraisemblable. 

« La notice de Thevet n'offre rien de bien original ni de bien nou- 
veau au point de vue historique. Nous l'estimons pourtant intéressante 
en ce qu'elle montre que si le xvi° siècle a relativement peu écrit sur Jeanne 
d'Arc, sa mémoire n'en vivait pas moins dans les esprits et dans les cœurs, 
et que, lorsqu'on parlait, c'était pour célébrer les vertus, la sainteté, pour 
chanter les louanges de la libératrice de la France. » 



72 HISTOIRES GÉNÉRALES 

CR. La France nouvelle, 23 oct. 90 ; Le Messager (Tours). 24 oct. ; Le Pet. 
Répuhl. de i'Aube, 25 oct. par Etienne Georges ; Polybiblion, nov. ; Bulle/, 
du Bibliophile nov. p. 576; Messager de V Allier par Choussy, 21 fév. 91 ; 
Académie des inscriptions, janv. 91 p. 79, par Wallon, etc. 

Cette étude sur les armes de la Pucelle a été reproduite plusieurs fois. 
Elle a inspirée notamment l'abbé Cochard, M. Mourot, etc. 



OiJ. (jOLLUT (Louis). — Les mémoires historiqves de la Repvb. Seqva- 
noise et des Princes de la Franche-Comté de Bovrgovgne,.. par M. Lois 
Gollvl advocat au Parlement a Dole. Dôle, Anl, Dominique, CI3T3XCII 
[1592] in-fol. de 10 ff. prel. 1108 p. et 17 1T. de table. 

Titre rouge et noir. P. 724, 779-80, un chap. est consacré au siège d'Or- 
léans et à Jeanne. En voici le passage le plus curieux : « Et l'ut chose mé- 
morable que ceste Pucelle veinquit tousiours quand elle combattoit les 
Anglois, mais son bon heur l'abandonnoit contre les Bourgougnons, comme 
si la diversité des querelles angloises, mal fondées, et celle de Bourgougne, 
prinses sur justes occasions, heussent estées cause de ceste variété. 

«... La gentille pucelle fut pieuse, et tost après la paoure pucelle fut 
bruslée à Rouhen par commandement des Anglois. Ce que toutefois fut 
grandement reprins, par tous les gens d'honeur : car Ion ne luy pouvoit 
objecter, pour la vérité aucune culpe, si ce n'est la mort de François d'Ar- 
tois, estimé le plus vaillant chevalier [lisez : la plus franche canaille] qui 
fut au party de Bourgougne, qu'elle fait mourir par la main du bourreau 
luy faisant Irancher la teste. » 



— La même édit. avec une feuille de titre nouvelle : Dole, Dominique, 
1595, in-fol. 

— La même édit. avec une feuille de litre nouvelle : Dijon, 1647. 

— Le même : Nouvelle édition corrigée et enrichie par Ch. Duvernois. 
Arbqis, Javel ; Besançon, 1841-46, in-i en 2 part, de 67 iï. plus les 
prel. 

Prix 20 fr. 

94. SFRIÎKS (Jean de). — Inventaire général de l'histoire de France. 
Paris, Saur/min, 1590, 8 vol. in-16. 

T. IV p. 108 et suiv. une notice est intitulée Jeanne d'Arc. Cette notice, 
comme le règne de Charles VU d'ailleurs, est l'œuvre de Jean de Mont- 
lyard, de Serres étant mort avant d'avoir achevé son histoire. 

Montlyard comprend la grandeur et l'héroïsme religieux de la Pucelle, 
et lui reconnaît son caractère providentiel : <• Dieu voulait nous châtier, 
dit-il, niais non nous ruiner, le Français ne peut être gouverné que par un 
Français, l'Océan est une assez forte barrière peur retenir ces deux états 
chacun dans ce qui lui appartient. » 

Voici comment il conclut : » Ainsi elle servit heureusement la France 
un an, laissant un infini regret à ceux de son siècle pour avoir esté tout 
iniquement et cruellement traictée ; et une mémoire de louange immor- 
telle à l'advenir pour avoir esté un tant utile et nécessaire instrument 
pour la délivrance de nostre Patrie lorsqu'elle estoit au bord de sa ruine. 
Mais la sage Providence de Dieu avoil limité son labeur et sa vie. Dieu s'en 
voulait servir à ces commencements : mais pour monstrer que'Charles n'a 



d 



AUTEURS DU XVI 6 SIÈCLE 7.3 

pas esté l'auteur de la restauration de cet Estât, m - is lui mesrae, il a voulu 
faire honte aux hommes par une fille, certes très digne d'être honorée par 
notre postérité. » 

— Le même. Paris, A Saugrain et G. de Rue*, 1600, 3 vol. pet. in-3 de 
16 IL prél. 1032, 602 elle t. 111 côté 693-1982. 

Titre gravé, t. II, p. 70-138. 

— Le même. Paris, Saugrain, 1606, 1608, 1614, ï vol. in-8. 

— Le même. Paris, Saugrain, 1618, 1627, 1631, iu-fol. 

— Le même. Genève, Pierre Aubert, 1619, 2 pet. in-S de 8 IL prél. 
1513-1203 p. et un indice chronolog. 

ï. I, p. GH-081. 

— Le même. Génère, 1632. 2 vol. in 8. 

— Le même : Le véritable Inventaire... Paris Arnould Cotinet, Roger et 
Preuveray, 1648, 2 vol. in-fol. de 6 ff. lim. 82i p. table ; 3 1T. lOiO et 

table. 

Frontispice gravé, titre rouge et noir, belles fig. de Boulanger. 
T. I, p. 310-320. 

— Le même. Lyon, 1653, 3 vol. in-S. 

V. les deux cliap. intitulés : Le mémorable sièye d'Orléans et le sacre de 
Charles septième. 

— .1. Serrani Syllabus AnnaliumGalliee aPharamundo adHenricum IV... 
Paris, 1612. 

Traduction latine anonyme de L'inventaire. 

L'œuvre de Jean de Serres fui- traduite aussi en anglais en 1011 par un 
anonyme avec des réflexions pour contrebalancer l'opinion favorable de 
Montlyard. Ainsi à côté de Jeanne la Pucelle, le traductenr ajoute ou 
plutôt la sorcière. Il reproduit aussi plusieurs passages hostiles empruntés 
par lui à du Haillan Fut réimprimé en 1024. 

= Fameux siège d'Orléans et le sacre du roi à Reims, extrait de J. Ser- 

c 

rani Syllabus Annalium Galliœ, 1660, vol. in-fol. 
Est un extrait en Anglais de ce qui est relatif à notre sujet. 

95. PO\TI S HEI'TFRIJS, prévôt d'Arnheim. — Rervm Burgundi- 
carvm libri sex, in quibus describuntur res gesfee Regum, ducum, co- 
mitumque utriusque Burgundiœ... Auctore Ponto Heutero Delphio 



74 HISTOIRES GÉNÉRALES 

Anluerpiae ex officina Christophosi Planlini, MDLXXXIIII, [1584] in- 
fol. de i il', prel. 192 p. et 6 iï. do lable. 

t. es ji 1 00- i 08 sont un court résumé de la vie de Jeanne d'après G. Chas- 
tellain. La seule partie originale est celle où il est fait description de l'an- 
cien monument de la Pucelle à Orléans que Pontus dil avoir vu eu 1500 : 

« S mi I qui fabulam, quœ de puella Ioanna scribimus, putent. Sed pra?- 
terquam quod recentioris sit mémorial, omniumque scriptorum libri, qui 
(uni vixerunt, mentionem de ea prœclaram faciant, vidi ego meis oculis 
in poule Aureliano Irans Ligurum aedifîcato erectam hujus puellae œream 
imaginem, coma décore per dorsum fluente, utroque ^eini coram aères 
cruciflxi Christi simulachro nixam, cum inscriptione positam fuisse hoc 
tempore, opéra sumptumque Virginum ac matronarum Aurelianensium, in 
memoriam liberatœ ah ea urbis Anglorum obsidione. Adhœc habebam, 
dum haec scriberem, historiam lingua Gallica manu scriptam Georgi Cas- 
tellani, qui testatur aliquot locis sese hoc tempore vixisse, ac puellam 
Ioannain vidisse. » 



— Le même. Hagae-comitisj ex officina Theodori Maire, CI3I3CXXXIX, 
[1639] in-fol. 

— Le même dans : Opéra historica omnia burgundica,Z.oi?anu, 1649 ; Lo- 
vanii, 1051 ; et Hagœ comitis, 1725, 1 vol. in-fol. en 3 tomes. 

96. YERYILUE (François Berealde de). — La Pvcelle, | d'Orléans | 
reslitvee par | Berualde de Verville. | Sous le sujet de cette magnanime 
pv | celle est représentée un Fille | vaillante, chaste, scauante et | Belle. 
A Tours par Sébastien Molin. libraire imprimeur, demeurant en la 
grand" rue. 1500. Pet. in-12 de fî. prél. n. chiff. 317 ff.numér. 1 f. de 
vers à louange de la Pucelle. 

Le privilège est daté de 1596. 

— La même édit. avec une feuille de titre nouvelle. Paris, Math. Guil- 
lemot, 1599. 

Venle Veinant 1860, 36 fr. 

C'est un roman médiocre'dédié à la maréchale de la Chastre. Le style de 
Verville est des plus alambiqués. En veut-on un échantillon? Voici l'épître 
Aux Dames d'Orléans : 

« Mes Dames, j'avais regret de voir nostre Pucelle qui est pleine de re- 
nom demeurer muette, et comme laissant ensevelir sa gloire estre preste 
découler avec les ondes de la Loire : et pour ce estant animé par les 
beaux dessins qui l'ont faict paraislre ainsi que l'Astre de vertu, j'ai com- 
muniqué avec l'asseurance qui m'a donné l'audace de la remettre en vie 
pour faire encore bruire sa renommée par l'univers. Je scay que je vous 
l'aurez aggeable, car la vertu estant l'aine de voslre ame vous prendre/, 
plaisir a relire l'honneur de 1 celle qui est vostre honneur. » 

Verville nous présente l'héroïne battant dans un tournoi devant Charles 
de Lorraine tous les chevaliers, c'est un véritable roman de chevalerie en- 
tremêlé de vers et d'épisodes amoureux, dans le goût de la lin du xvic s., 
avec des scènes aimables racontées dans une langue galante, précieuse et 
fleurie. Se termine au siège de Compiègne, au moment où la Pucelle va 
être laite prisonnière, tout à fait brusquement : « Je poursuivais mes des- 



AUTEURS DU XVL a SIÈCLE 75 

sins triomphants, lorsque toul d'un coup je ressentis un desloyal revers de 
fortune. Devant ces espées félonnes la douleur se mesla dans mon àme 
par le dédain de celle qui a tout pouvoir sur nies conceptions. Ma Belle 
avait pris plaisir de nie voir réduire ses perfections soiilis ces rayons ima- 
ginez à son advantage, et représentez soubs le pourtraict de la plus 
vaillante des tilles. Mais je ne scay quelle nuée Iuy a passé devant les yeux 
qui l'a rendue ingrate à nies volontez, cruelle à mes humilitez. Ce desplai- 
sir me faiet cesser tontes mes entreprises, celte froide humeur nie gelle la 
voix, je jette bas mon courage, je coule devant elle tout en pleurs. » 

Suivant l'auteur, « Jeanne avail reçu le jour dans une isle du golfe Per- 
sique, es'ant fille d'un gentilhomme français nommé Borondor el de la 
reine de celte isle ou reine des nymphes. » 



07. VIXCËINïT (le R. P.), de Nancy religieux du troisième ordre de 
S'-François. — Les justes et véritables Eloges de la Sérénissime Maison 
de Lorraine, contenues en deux livres. 

L'abbé Chapelier possède un très beau ms. de cet ouvrage provenant du 
couvent des religieux tiercelines de Nancy, probablement le ms. original. 
Aux p. 169 et suiv. Notice de la Pucelle, tirée en grande partie de Mézeray. 

La Bibl. de Nancy possède sous les n os 751, 752 deux copies de ce pré- 
cieux ms. 



O. — Auteurs du xvii" siècle. 



98. GRÉGOIRE (Pierre). — De Republica. Lyon, 1609 in-foi. 

P. 208 et suiv. petite notice Johanna puella d'Aï. Grégoire reproduit les 
lettres d'anoblissement. 



99. JOLI (Jac.) — >ï< Puella? | aurelianensis | cavsa | adversariis ora J 

tionibus disceptata. | Ad amplissimum viruni | D. D. Nicolay equitem 
Torquatum | regi'a consiliis et regiarum | rationum principem, auctore 
Jacobo Jolio j totam causée controversiam sequens pagella indicabit. | 
Accesserunt ejusdera Ioli varia poemata. | Parisiis apud Julianvm Ber- 
tavt in monte D. Hilarii prope coUegium de la Mercy. MDC1X [1609] 
in-12 de 10 ff. n. num. et 173 p. 

Le litre porte les armes de France. Les Poemata varia, qui se trouvent in 
fine, ont un titre particulier daté de 1608 et 70 p. 
Vente Techener 1860 mar. fleurdelysé par Trautz, 48 fr. 

B. Nat. Lb 26 24. 

Il était autrefois d'usage, comme l'on sait, que les élèves de rhétorique 
prononçassent des plaidoyers en séance publique à la fin de l'année sco- 
laire. Jacques Joli, régent de seconde au Collège royal de Navarre, avait 
choisi pour la représentation solennelle de l'année 1608 le procès de Jeanne 
d'Arc. Onze élèves prirent part à cet exercice d'éloquence. 

Godefroy Yon ouvre la séance par un discours ayant pour but de démon- 
trer qu'il vaut mieux chercher un sujet de déclamation dans l'histoire na- 
tionale que dans l'histoire étrangère. 

Le président Louis Nicolaï — fils du Président de la Chambre des 
comptes, à qui l'ouvrage est dédié — adresse une allocution aux juges An- 
glais. Charles Canto accuse Jeanne ; Jean Dolet la défend. Le président ré 
sume les dédats, signale les crimes prouvés et engage les juges à donner 
leur avis. Ces crimes sont au nombre de trois : 1° Lèse majesté et déguise- 
ment, 2° visions, 3° magie et sortilèges. 

Claude Goynart est d'avis que l'accusée n'est pas coupable de lèse ma- 
jesté, mais doit être punie pour avoir déguisé son sexe. Jean Uubobéril, 
breton, expose que le fait d'avoir revêtu des habits d'homme n'est pas un 
crime capital. René Léon, du Mans, déclare que l'on ne doit point ajouter 
foi aux songes ni aux visions. Iiegnault de Senneville cherche à prouver 
que les visions viennent de Dieu. Godefroy Yon expose en vers que si les 
visions de Jeanne ne sont pas mensongères, elles émanent des puissances 
infernales. François de Montescot, de Chartres, dit qu'il ne faut croire ni à 
la magie ni aux sortilèges, que ce sont des erreurs, tandis que Jacques du 
Bueil, abbé d'Orbais, soutient que la magie est un art professé par les mé- 
chants et les impies. Jean Boessot, de Vouilhac, prouve dans un long 
poème latin, l'existence de la magie. Le président prononce la sentence 
et, pour rester fidèle à l'histoire, condamne Jeanne d'Arc a être brûlée 
vive. 

Cette singulière composition est précédée de cinq éloges poétiques de 
l'auteur et de son œuvre. 



AUTEURS DU XVII e SIECLE 



i i 



In Gne l'auteur ajoute : « Hic fortasse aliquam expectas, amico Lector, 
Virginis Joannœ apologiam ; verum illam nos quotidianis exercitationibus 
occupati in aliud terapus rejecimus. Totidem enira aut pluribus orationi- 
bus, quibus hic falsô accusata est, et crudeliler condemnata, ejus defensio- 
nem animo jam meditati sumus : quœ (si Ueus dederit) ejus innocentiam 
in oculis atque in luce omnium explicabant. » Nous ne croyons pas que ce 
procès de révision, que Joli promet pour l'avenir, ait jamais paru. 

CH. Bullet. du bibliophile, 1860, p. 1149. 



100. OPMKER. — Opus Chronographîcum orbis universi. Antuerpiae, 

1611. 2 vol. in-fol. 




jSgîTv^g 







*m 







|HER01K€ NOBILISSIM^I 
1QANN4: Darc LothaI 

ringje wlgoavkelia- 
neatsis pvblla: historia , 
Ex vamsj^rauifuma? atque 

mcorruptilïïrna* {idcLs> 
{criptoribus excerpta 

fumruLs wiruCicatcL 

niahore Ioanné Hcndal Serenifàimi 

Ducis Lotharirynia Consinano 

EtI-V-Do/icre ac pvjêjfcrej 

publko in aima <vniuerji = 

tate Pcnti-MuRana. 



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1 \Apuâ Mekhicrerru) 

\ J&ernardum Eiusdetn 

S'a-.DiaxsTffoar&pkur, 



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f um. yirzu^£^i£ £{e/fis'. 



l^qrurj. gaultirr~^;uï?~^ S * 



Au t. I, p. 411, courte notice avec un portrait, tête dans un médaillon 
copiée sur la grav. de Thevet mais tournée à gauche au lieu de Tètre à 
droite. « Joanna Lotharingia Aurelianensis sexto mense obsessos liberavit 
et hostes profligavit... » Qpmeer termine par ces mois : « Scripsilque eam 



f8 



HISTOIRES GENERALES 



Apologiam Joannes Gerson Theologus, cancellarius Parisiensis : similiter 
et Henricus Gorcomius Batavus. » Faisant allusion à l'édit. de la Sybilla 
qui venait de paraître à Ursel en 1006 (voy. suprâ n° 28). 



101. IIOIÎD.M. (Jean). — ^< Heroinse nobilissimœ | Ioannee Darc lo- 
tha | ringee uulgo aurelia | nensis puellae historia | ex variis gravissimse 



Talïs jnebmis erat mvliebri veste pvtlla. 




Mollis an hicfaciesïanimcwc teneHajJuellœi 
VéJîé vitellari Mcwtia <vtrqo latet. 

L CZ~y X. QaukUrJcuiji. 



atque J incorruptissimae fidei J scriptoribus excerpta eiusdem Mavortiae 
virgi | nisinnocentiaaca | lumniis vindicata | authore ioanne Hordal se- 
renissiini | ducis lotharingiae consiliario | et 1. V. doctore ac professore 
| publico in aima universi | laie Ponli Mussana. Ponti-Mussi apud 
Me I chiorc m Bernardum ejusdem ser Duçis typogr&phum MDCXII 
[1612] pet. in-i de IX 11'. 251. p. 



AUTEURS DU XVII SIÈCLE 



7 U 



B. Nat. Lb 26 25. Ventes de Béhague 1880 par Trautz, 455 fr. ; F. Didot 

1881 par Duru, 150; Rouquette, 1885 par Gapé, 150 ; de Bouteiller mar. 73. 

Le titre gravé par Léonard Gaultier, représente le monument de l'ancien 

pont d'Orléans. La planche originale était dernièrement encore entre les 



TÀLISM-ARMAEVITBELLACI SCHEMATEVTRGQ 




Tuanatc audmtes §dli:si taie tenehat^> 
Talladium tkiibansTroia,])erennis erat. 



mains de M. Friry, ancien magistrat à Remiremont. MM. de Bouteiller et 
de Braux s'en sont servis pour donner un tirage de ce titre dans leur Fa- 
mille de Jeanne d'A rc, é dit. Whatman. (Le format de cette planche étant 
trop grand, Ledit, ordinaire sur pap. vergé n'en contienl qu'une réduction 
de Riballier). 
Le vol. de Hordal contienl en outre deux portraits de la Pucelle par 



80 



HISTOIRES GENERALES 



L. Gaultier, qui figurent aussi dans le Recueil d'inscriptions de Charles dn 
Lis, édit. de 1613 el de 1028 (voy. ci-après u° 1490) l'un à mi-corps, dont 
nous avons donné un fac-similé dans la l' e édit. de nuire Bibliographie 
des ouvr. rein/, à Jeanne d'Arc, l'autre à cheval qui a été souvent reproduit 
notamment par Chaussard en 1800, dans le Wallon ill. dans le J. Fabre ill. 
etc. Nous donnons ci-joint ces trois gravures. 

Le monument du vieux pont qui figure sur le titre a été souvent gravi'' : 
voir Chaussard, le Wallon illustré, Millin, Samuel Rush Meyrick A critical 
inquiry into cou/. Armour, London, 182*, in-fol. colorié. 

On trouve souvent des ex. incomplets, qui n'ont que 6 ff. limin. c'est-à- 
dire sans les deux lf. de portraits et dans lesquels le privilège est renvoyé 
à la fin. Les ex. complets doivent donc contenir : 




1. La feuille de titre gravé, — 2. La dédicace « Illustrissimo generosissi- 
moque principi Francisco a Lotharingia marchioni de Hatonchastel comiti 
de Vaudemont, de Salm, Chaligny, Baroni de Vivier, Ruppe, Brandebourg, 
Domino de Dompremy etc.. » — 3. Extrait du privilège, approbation. — 
4. Portrait à cheval. — 5. Pièces de vers : « Nobili, clarissimo, doctissimo- 
que viro D. Joanni Hordal... » par Charles du Lis, Cat. de Cailly, Jac. de 
Cailly, Stephan Hordal, Guillot, Marot. — 6. Portrait d'après le tableau de 
l'hôtel-de-ville. — 7. 1 f. de poésies. — 8. 1 f. de privilège. — 9. Histoire 
de Jeanne d'Arc. 

Cette hist. a quelque valeur parce que l'auteur-, descendant de Jeanne 
d'Arc, consulta les pièces originales du procès qui étaient conservées dans 
le trésor des chartes à la Biblioth. du Roi. 

M. Friry, de Remiremont, possédait une planche représentant les armoi- 
ries de Jeanne qu'il attribuait à Léonard Gaultier et qu'il pensait avoir été 
faite pour cet ouvrage de Hordal. MM. de Bouteiller et de Braux dans leur 
Famille de Jeanne trArc en ont donné un tirage en attribuant à ce cuivre 
la même origine, d'après paraît-il des indications certaines qu'ils possè- 
dent. Pour nous, nous aurions plutôt cru que celle gravure, dont nous 
avons donné une reproduction dans la première édition de notre Bibliogra- 
phie, eût été faite pour les Lettres patentes de du Lis (voy. infrà n° 1278) 
et en second lieu qu'elle ne saurait être attribuée à L. Gaultier. Autant en 
effet le burin de cet artiste était ordinairemenl gracieux, brillant et ferme, 



AUTEURS DU XVII e SIÈCLE 81 

autant la planche dont, il s'agit est lourde, terne, disgracieuse. Quoi qu'il 
en soit, cette gravure ne parut ni dans L'un ni dans L'autre de ces ouvra- 
ges. 



102. [MASSOX (Jean Papire), archidiacre de l'église de Bayeux.] 

— >Jc Histoire mémorable de la vie de | Jeanne d'Arc appellée | la 
Pueelle d'orléans | extraicte des interrogatoires et repon | ces à iceux, 
contenus au procès de sa | condamnation et des dispositions de | 112 
tesmoins ouys pour sa justification | en vertu des huiles du Pape Ca- 
lixte [ III en l'an 14^5. S. nom. mais la dédicace est signée. Paris, chez 
Pierre Chevalier au Mont Sainl-Hilaire à la cour d'Alhret MDCXII 
[ 1612] pet. in-8 de 15 ff. et 144 p. 

Les h", lim. contiennent la Dédicace au roy, celle au maire d'Orléans, 
un avertissement, le privilège et la table. Les armes de France sur le titré. 

B. Nat. Lb 2Ô 20. 

Quelq.ex. ont en frontispice un portrait de Jeanne en minerve avec celle 
inscription Iana lotharingla digna heroina liberatrix Aurelianensis. D'autres 
ont le portrait par Léonard Gaultier qui figure dans V Histoire du siège de 
Tripault. édit. de 1606. (Voyez infrà n° 873). 

L'histoire coupée en 177 petits chapitres est écrite d'une façon rebutante. 

Masson avait déjà parlé de la Pueelle dans ses Annales : 

— Papirii Mas | soni annalium libri quatuor: editio secunda. Lutetiœ 
apud Nicolaum Chesneau, MDLXXVUI (1578) in-12 de 3 ff. 503 p. et 
76 ff. n. nu m. de table". 

P. 472-78 le chap. Carolus septimus est à peu prés en entier consacré à 
De Joannse virgine Tullensi.. « flœc ex oppidulo cui Remigio nomen in agio 
Tullensi apud Leucos nata, pâtre Jacobo Darcio agricola, maire Isabella... » 
Masson se montre un partisan convaincu de l'innocence de Jeanne dont il 
loue les qualités morales. Quoiqu'il n'écrive qu'une histoire bien abrégée, 
il s'étend complaisamment sur les témoignagnes du procès de réhabilita- 
tion et sur les auteurs qui lui sont favorables « Erat mulier forma haud 
illiberali, dit-il, que dicebat sibi cum Deo esse colloquium : bec regebat 
Gallos qui ipsam sequebantur, militieque dux erat. De Maria puteolana sui 
temporis sorti et spectata bello virgine Petrarcha ad Joannem Columnam 
elegantem epistolam scribit liv. IV, de rébus familiaribus : quam qui lege- 
rint mirabuntur tantum in re militari virginis decus : acmulto magis Joan- 
nam laudabunt, cujus auspiciis Anglos ah Aureliœ mœnibus depulsos, tôt 
urbes bello receptas, Regem per medios hostes ad suscipiendam inaugura- 
tionem Rhemos ductum intelligent. » 



10»t. Al BURT (Pierre). — Histoire ou recueil des gestes des roys de 
France. Paris, 1622, in-4. 

P. 228 et suiv. 

104. FRIZOX (P.) — Gallia purpurala. Paris, 1638, in-fol. 
P. 487, Joanna Darcia. 



82 HISTOIRES GÉNÉRALES 

105. DUPIJvIX (Scipion). — Histoire générale de France. Paris, 1038, 
in-fol. 

T. II, p. 791, Jane d'Arq. 



100. MÉZERAY (Fr. Eudes de). — Histoire de France depuis Fara- 
mond jusqu'à maintenant. Paris, Guillemot, 1643-1651, 3 vol. in-fol. 
portr. 

B. Nat. Lb 33 94. 

Frappé des prodiges do la vie de la Pucelle, Mézeray a non seulement, 
adopté tout ce qui pouvait révéler l'intervention du ciel, mais encore il a 
cru devoir renchérir sur le merveilleux de cette histoire. Il met en œuvre 
la légende sans esprit de critique. 

« Jeanne, dit-il, avait voulu se retirer en son village, après avoir exécuté 
les deux points de sa mission : mais elle se laissa retenir par les prières 
des gents de guerre; dont elle ne s'en trouva pas bien, le ciel n'estant 
pas obligé de l'assister en ce qu'il ne luy avoit pas commandé. Mais, 
comme elle outrepassait sa commission, ainsi qu'elle le reconnut par après, 
et portoit encore les armes après avoir fait sacrer le Roy, Dieu, qui est 
jaloux qu'on luy obéisse ponctuellement, n'estoit plus obligé de continuer 
les miracles en sa faveur. Par ainsy l'ennemy ayant rudement rembaré les 
François et elle s'estant opiniâtre à faire teste sur la retraite, elle trouva 
la barrière fermée par la trahison de Guillaume Flavy, Gouverneur de la 
ville. » Cette thèse bizarre a été reprise et développée de nos jours par 
de Gaucourt, Gazeau, de Beaucourt. 

L'Histoire de France de Mézeray a été imprimée un grand nombre de 
fois voir pour ses diverses édit. Brunet, t. III, col. 1694. 



— Le même. Paris, Louis Billaîne, 1007 et aussi 1668, 3 vol, in-4. 

Y. t. II, p. 084 et suiv. 708 et suiv. 

— Le même. Amsterdam, Abrah, Wolfang, 1668, 4 vol. in-12 ; 1673 
6 vol. in-12 avec portr. 

Vente du baron Pichon 18G9, ex. de Pixérécourt, mar. par du Seuil 
2.000 fr. — T. If, p. 10-17. 

_ „ Paris, Denys Thierry, 1076-80, 8 vol. in-12. 

— — Paris, Denys Thierry, 1685, 3 vol. in-fol. 

— — Paris, Denys Thierry, 1085, et aussi 1090. 3 vol. in-4. 

— — Amsterdam, Ahr. Wolfang, 1688, in-12. 

— — Amsterdam, 1700, 1 v. in-fol. 

— — Amsterdam, Henry Sehelte, 1705, 4 vol. in-12. 

Mien que publiée sous le nom de Mézeray, celle édit. n'est autre qua 
l'histoire de Marcelj (voyez ci-après n° 12-2).' 



AUTEURS DU XVII e SIECLE 



83 



Amsterdam, 1753, et aussi 1755 in-12. 

Paris, aux frais du gouvernement, Impr. Barbier, 1830, 



18 vol. in-8. 





107. BIE (J. de). — La France métallique... tirés de plusieurs cabinets 
avec une explication. Paris, J. Camuzat, 1036, pet. in-fol. 

P. 51 Medalles des princes du sang de France, grands seigneurs et no- 
bles d'ancienne extraction. P. 53-54 se trouvent quatre médailles gravées 
de la Pucelle que nous reproduisons ci-contre, p. 55-56 la légende expli- 
cative. « Les historiens qui la font originaire de Lorraine s'abusent, car 
elle estoit née en France au village de Domremy qui est du bailliage de 
Chaumont en Bassigny. » 




108. CERIZIERS (René de), Jésuite, aumônier de Louis XML 

— JJ? Ieanne | d'Arc, | ov | l'Innocence | affligée. \P;iris, Denise Ccm 
lies retire de Jean Camuzat, 1639] in-12 de 145 p. 



Extrait des Trois estais de l'Innocence, scavoir : l'Innocence affligée, l'Inno- 
cence Reconnue, l'Innocence couronnée, in-12 de x-302 p., p. 157-302. 



84 HISTOIRES GÉNÉRALES 

La première p. porte au recto un faux titre, au verso une grav. au trait. 
Jeanne au premier plan armée d'une longue épée, au fond une bataille, à 
gauche la scène du bûcher. 

Est un récit tout à fait larmoyant surtout dans sa seconde partie. L'au- 
teur fait faire à Jeanne un long discours au moment de son supplice, qui 
serait tout à fait émouvant s'il n'était très fade. « Comme elle prononçait 
ces paroles, ses yeux demeuraient colez au ciel, mais d'une façon si dévote, 
qu'il estoit aysé de juger que son cœur y estoit desia. Ah Dieu que l'inno- 
cence affligée a de puissans charmes sur l'âme de ses spectateurs. Ses plus 
cruels ennemis sentirent les effects de cette secrète passion, qui nous solli- 
cite en faveur des misérables. Après que son silence eut un peu recueilli sa 
dévotion, elle se tourna vers le peuple et luy souhaita toutes sortes de bé- 
nédictions, avec des termes si puissans et des larmes si douces que chacun 
jugea bien que ces bons désirs venoient plus loin que de sa bouche. Ce fut 
icy où toute l'assemblée accompagna la Pucelle de ses larmes et de ses 
soupirs. Mais tandis que tout le monde pleurait, elle montait sur son bû- 
cher avec autant de courage et de joye comme si elle eust monté dans un 
throsne. » 

L'auteur lui fait faire encore un discours. Comme détails peu rebattus, 
Ceriziers nous raconte, sommairement il est vrai, l'histoire de la bretonne 
Péronne et le supplice qu'elle subit pour avoir soutenu que Jeanne était 
innocente. Ceriziers discute aussi la question de la nationalité et conclut 
en faveur du Bassigny champenois. Il dit s'être servi du Recueil d'inscrip- 
tions de du Lis. Il termine ainsi : 

« Après avoir considéré les grands services que noire nation doil à celle 
innocente bile, je m'estonne qu'il se trouve de l'ingratitude parmi nous el 
que quelques-uns ayment mieux eslre obligez de leur salut à une sorcière 
qu'à une sainte. Je ne sais ce qui soulève du Haillan contre Jeanne d'Arc, 
mais je sais bien qu'il la traite plus cruellement que n'ont fait les Anglois. 
Peut-estre qu'il appréhende de nous donner des armes contre sa religion, 
accordant la vérité de ses miracles ; et partant qu'il juge plus à propos 
de soupçonner sa vertu que de la reconnaistre au préjudice des Hugue- 
nots. Je pardonne aussi peu à ces infâmes qui ont souillé leur histoire d'un 
blasme qui ne l'empesche pas d'estre Pucelle : quoyque leur dessein soit 
sans effect leur effort n'est pas sans malice. Toutefois j'estime que l'on 
permet aux limaçons de se traîner sur les ileurs, qu'ii faut souffrir que 
l'impudence soit effrontée. 

Néantmoins quelque opinion que puissent avoir les étrangers, nous ne 
changerons jamais la nostre : la mémoire de Jeanne d'Arc sera tousiours 
respectée parmy nous ; et nous ne cesserons point de parler d'elle avec 
honneur. Nous regarderons son envoy comme un des plus illustres mira- 
cles dont le ciel mérite nostre reconnaissance. » 



Le mémo. [Paris, Camuznt, 1640.] 

Extrait des Trois eslats... in-8 de 491 p. avec la même grav. 

Le même. [Paris, Camuzat et Lepetit, 1640,] pet. in-8 de 145 p. 
Extrait des Trois estais... t. I, p. LJ7-302 avec la même grav. 



Le même. [Lyon Carteron, 1040,] in-8. 
Extrait des Trois estats... in-8 de 240 p. 

Le même. {Toulouse, 1650,] in-8. 



AUTEURS DU XVII e SIÈCLE 85 

- Le même. [Rouen, 1661] in-8 de 107 p. 

Extrait des Trois estais... en 224 p. ; p. 117-224 avec la même grav. 

- Le même. Jeanne d'Arc | surnommée | la Pucelle d'Orléans | ov | 
l'innocence | affligée. | [Paris, Estienne Loyson, 1669] in-12de 175 p. 

Extrait des Trois estais de l'Innocence contenant l'histoire de la Pucelle 
d'Orléans ou l'innocence affligée, in-12 de 331 et '184 p.; t. I, p. 1-175, en 
frontispice une grav. nouvelle « La Pucelle d'Orléans L. Spirinx fecit. » 



— Le même identique. Paris, 1696. 

Fut traduit en Anglais par W. Lower. London, 1654, in-8 fig. et en alle- 
mand Dillingen, 1685, in 8 fig. 



109. LAHIER (Le P. François) de la G ie de Jésus. 

— Le grand | Menologe | des saintes, Bien-Heureuses [ et vénérables 
Vierges. contenant... Les Eloges | de celles, qui ont presque toutes 
vécu au monde en réminent état de la Virginité. Lille, Imprimerie 
de Nicolas Ruche, au bras d'or, CL) ICqXLV ( 1045) 2 part, in-4 de 
011-500 p. 

P. 510 et suiv. de la première partie, à la date du 30 mai: De la dévote et 
généreuse Jeanne cTArc surnommée la Pucelle d'Orléans. 

Bonne notice, comme d'ailleurs toutes celles du Menologe. Après avoir 
retracé la vie de l'héroïne, Lahier fait la description du monument d'Or- 
léans et termine en passant en revue les auteurs qui parlent de l'héroïne : 
iEneas Sylvius, S^Antonin, Nider, Nauderus, Laziard, Paul Emile, Fulgose, 
Sabellique, Boëce l'écossais, Massonius, Mariana, Debrio, Calcondile, Mons- 
trelet, Chartier, Gilles Nicole, du Tillet, Belleforest, Bergomas, Gaguin, 
Polydore, Nerer, Forcatule, du Saussai, Gerson, Gobelin, Pierre Grégoire, 
Louis Miguel, Jean Hordal. 

A la fin de cette notice l'auteur ajoute : « Tiré des auteurs cottes et de 
Spondaïuis en ses Annales sur les années 1429 1430. » 

110. SAI\TE-1IARTHE (Les frères de). - Histoire de la maison de 
France. Paris, 1047, in-fol. 

T. I, p. 638 et suiv. 

111. LEMOYXE (le P. Pierre) de la Compagnie de Jésus. 



— ^ La gallerie des femmes fortes. Paris, Antoine de Sommaville, 1647, 
gr. in-fol. 

Frontispice d'Audran et 20 portr. en taille douce par Mariette d'après Vi- 



gnon. 



Ventes Salmon 19 fr. ; de Béhague 1880 par Chambolle Duru, 125 fr. 

Une grav. in folio représentant La Pucelle envoyée de Dieu au secours de 
la France entre dans Orléans assiégé par les Anglois et par la liberté de cette 



86 



HISTOIRES GENERALES 



rilli' donne commencement à la délivrance de l'Estat. Elle Lien l son étendard 
de la main gauche et de la droite montre le ciel d'où lui vient un rayon 
inspirateur. Elle est velue de son armure, chapeau à plumes, médaillon 
sur la poitrine portanl ses armes blasonnées, au fond Orléans avec des 
troupes ; au bas Annales Gallise, Mariette d'après Vignon. L'original de ce 
dessin de Vignon se trouve au riche musée des Capucins de la Croix de 
Reynier à Marseille, lequel musée es| dû au zèle du P. Louis Antoine pro- 
vincial. 




L/AlPucelfe enuoyee deî)ieu aujècours de la^France 
entre dans Or/eans afiieae' par tes v4nolou: etpar 
la no e r te' de cette^ilte donne commencement a la^t 
deliuran.ee de t'£flat. .Atmatcs (?jf/ix 



La notice est d'un débit pompeux, prétentieux et n'a aucune valeur his- 
torique. On en peut juger par ce portrait : « Je souhaiterois que nous 
l'eussions vei'ie dans la chaleur du combat, commencer ses premières ar- 
mes par des efforts de vaillance consommée. Mais si nous sommes venus 
trop tard pour estre spectateurs de cette vaillance, pour voir les éclairs et 
l'impétuosité de ce feu héroïque, qui donnoit fanlosl, une si vive action à 
ses bras et si soudains mouvements à tout son corps ; nous pouvons au 
moins en voir la lueur sur son visage et un reste de chaleur qui l'agite 
encore, non pas avec tant de violence qu'auparavant, mais avec plus de 
dignité et plus de Justesse. Le combat et la victoire ont laissé un agréable 
mélange de rougeur sur ses ioïies et sur son front : Et les esprits de la 
hardiesse y reçoivent de l'adoucissement et une nouvelle grâce, des es- 
prits de la joye qui leur sont meslez. On ne luy void rien de l'air de sa 
naissance, ny des façons de sa nourriture (!!!)... 



AUTEURS DU XVII e SIÈCLE 87 

— Le môme. Leiden, Jean Elzevier, 1660, pet. iu-12 de 36 tï. prél. 453 
p. et 13 fî. de table. 

Un frontispice et 20 fig. copiées sur l'édit. précédente. 

Cette édit. est plus recherchée que celle in-folio. Ventes Chénier, 37 fr. ; 
Labedoyère, 41 ; Solar, 57 ; d'Essertenne 1881 par TrautzBauzonnet, 400fr. ; 
d'Héry, 1874 par Derôme loi ; R... 1888 par Cuzin, 200 fr. 

— La même édition avec une feuille de titre nouvelle : Leiden chez Elze- 
vier et se vend à Paris chez Ch. Angot, 1660. 

Ventes Danyau, par Thouvenin, 139 fr. (Ce même ex. n'avait été payé en 
1867 à la vente Yemeniz que 48 fr.) ; de Béhague 1880 par Duru, 130; 
R. 1888 par Trautz Bauzonnet, 3o0. 

— La même édit. avec f. de titre nouv. : Leide chez Elzevier el se vend à 
Paris chez Ch. Angot, 1661. 

Avec à la fin un f. de privilège. Vente A. F., 1888 parBozérian, 110 fr. 

— Le même. Paris, Gabriel Quinet, 1663, in- 12. 

La Pucelle d'Orléans occupe les p. 120-142. Le portrait est assez Un, c'est 
toujours le même modèle, étendard dans la main droite. 

— Le même. Quatrième édition revue et corrigée. A Paris chez Jean Co- 
chart an Palais dans la Gallerie des prisonniers au Sainct-Espril 
1663, 2 vol. in-12 de 38 lï. n. cbitï. 300 p. (la dernière cotée par erreur 
306), 251 p. et 10 fî. n. chiff. 

Le titre gravé est de Jeanne Mathieu. Portraits réduits d'après l'édit. 
originale, mais lourds et empâtés. A la p. 120 du t. Il, La Pucelle, 
Annales Gallice. Etendard dans la main gauche, car les portraits ont été 
retournés. 

Vente D. 188e, 3 fr. 

— Le même. Paris, C ic marchands libraires du Palais, 1663, 2 t. in-12 
de 299, 231 p. et la table. 

La Pucelle d'Orléans occupe les p. 112-133. La grav. est comprise dans 
la pagination, elle est assez fine, Jeanne a son étendard dans la main 
droite. 



- Le même. Lyon, libraires de la C ie , 1667, 2 t. in-12 en 1 vol. de 31 ff. 
486 p. et 10 ff. de table n. chiff. 

La Pucelle d'Orléans y occupe les p. 368-401, gravure assez fine, étendard 
dans la main droite, même légende qu'en bas de la grav. de l'édit. de 
1647. 



88 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Le même. Cinquième édition revue et corrigée. Paris, Michel Bobin et 
Nicolas le Gras, 1667, 2 vol. in-12 de 23 ff. prél. 300 et 9 il', de ta- 
ble ; 3 11'. 288 p. et «S ff. 

La Pucelle d'Orléans occupe les p. 120-142 du t. II. A la p. 120 grav. sut- 
acier bien différente, qui parait plutôt copiée sur l'édit. de Cochait 1663 
que sur celle de 1647 in-fol. Elle est assez grossière. L'étendard se trouve 
toutefois dans la main droite. La légende ne porte que ces mots La Pucelle, 
Annales, Gallise. 



— Le même. Sixième édition Paris, Jean Ribou, 1008, I vol. in-12 de 
12 ff. prél. 440 p. et H ff. de table. 

Les grav. sont comprises dans la pagination. La Pucelle d'Orléans occupe 
les p. 380-400. La grav. fort lourde est celle de l'édit. précédente, la même 
virgule entre Annales et Gallise. 

112. VINCHANT (François) 

— Annales | de la | province et comté d'ilaynav. | Recueillies par 
feu Fr. Vinchant augmentées par le R. P. Ant. Ruteau de l'ordre des 
P. P. Minimes. Mons, Jean Ilarart, 1048, in-fol. de G ff. 418 p. et 7 f- 
de table. 

Est très élogieux pour la Pucelle qu'il compare à toutes les guerrières 
de l'hist. profane et de l'hist. sainte. L'auteur avait eu connaissance du 
poème de Valéran de la Varanne dont il cite les idées. 

— Le même. Bruxelles et Mons, 1848-54, vol. gr. in-8. 

Au t. IV, p. 123 et suiv. 

I 13. COLOMBIÈRE (Vulson de la) 

— >i* Les | Portraits | des | bommesillvslres | françois | qui sont peints 
dans la gallerie |- dv Palais cardinal de Ricbelieu ; avec leurs princi- 
pales actions, armes | devises et éloges... desseignez et gravez par les 
sieurs Ileince et | Rignon... Dédiez à Monseigneur | Séguier Cbance- 
lier de France... ensemble les abrégés historiques de leurs vies com- 
posés par Vulson... Paris, Henry Sara, Jean Paslé, Charles de Sercy 
et chez les aulheurs, 1650, gr. in-fol. de 01 ff. n. cbiff. dont 27 por- 
traits gravés. 

B. NuL. Lu ' 2. 

Le fol. H, qui est le xxi c , est intitulé Abrégé de lu rie cl des actions 
miraculeuses de Jeanne d'Ark, surnommée la Pucelle d'Orléans sous le règne 
de Charles VII, 2 p. à 2 col. ; c'est une bonne notice à la louange de la 
Pucelle, pleine de réilexions personnelles intéressantes. La Colombière, 
parlant de la devise de la Pucelle dit qu'elle « avait pour corps une main 
tenant une épée avec ces mots consilio firmata Dei, comme je l'ayrecueilly 



AUTEURS DU XVII e SIÈCLE 89 

d'une médaille d'or qui fut frappée en son honneur, après qu'elle eut fait 
sacrer et couronner le Roy Charles septième à Reims. » Cette médaille qui 
existait encore au xvii e s. qu'est-elle devenue? 

La précédente feuille est un portrait d'après le tahleau de Simon Vouet, 
faisant partie de la galerie du Cardinal Richelieu. Jeanne est en pied, 
vêtue d'une longue robe et d'une cuirasse, cotte de maille, collier, chapeau 
à plumes, une épée nue dans la main droite. Un lit en tète Puella aureliaca 
ce qui voudrait dire d'Aurillac. L'encadrement est formé de 7 caissons 
représentant les principales phases de la vie de Jeanne, au-dessus un 
écusson portant ses armes, quatre médaillons contenant des emblèmes 
allégoriques. 

Ce portrait de Simon Vouet. aujourd'hui au Musée Jeanne d'Arc à 
Orléans, fut gravé bien d'autres fois. On en connaît une petite estampe de 
20 X 0.11 intitulée « Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans, 
tiré de la gallerie des Portraits des hommes illustres, peint pour le cardinal 
de Richelieu par S. -Vouet, premier, peintre du Roi Louis XIII, gravé par 
L. J. Cathelin, ci-devant membre de l'Académie de peinture et de sculpture. 
Chez Vaudet, marchand d'estampes au Louvre. » 

Mercier, abbé de S. Léger, dit dans l'Année littéraire de Fréron 1777, 
que l'encadrement de 7 caissons fut ajouté pour « l'Abrégé des hommes 
illustres et grands capitaines par Vulson de la Colombière, Paris, 1090. » 
Il a voulu sans doute dire pour Ledit, de 1650. 



- La même édit. avec une feuille de titre nouv. Paris, Edme Pepingué, 
1655. 

B. Nat. Ln < 2 A. 

- Le même sous ce nouveau titre : Les | hommes | illvslres | et grands 
capitaines | François | qui sont peints dans la galerie | du palais royal | 
ensemble un abrégé de leurs vies et actions mémorables. | Composez par 
M. de la Colombière avec leurs portraits... dessignez et gravez par les 
sieurs Heince et Bignon. A Paris chez Estienne Loyson, 1690, in-fol. 
de 50 lî. n. chitT. elles mêmes portraits. 

IL .Nat. Ln l 4. 

Il manque ici la feuille d'avertissement au lecteur et la très jolie planche 
représentant les armes de Séguier supportées par des amours. Le haut des 
titres des pages de texte est précédé d'un petit en tète gravé sur bois, 
ornement qui ne se trouve pas dans Ledit, originale. 

Jeanne d'Ark occupe les pi. 17 et 18 ; la feuille de texte est aussi cotée 
H ; la gravure est de la même planche. A la fin du vol. se trouvent aussi 
les devises relatives à Jeanne d'Arc. 



-Le même. Les portraits | des hommes illustres ...dédiez à 
Monseigneur Séguier, Chancelier de France | comle de Gyen... 
Paris, Michel Bohin et Nicolas le Gras, 1067, in-12 de 18 ff. 528 p. et 
XXXII p. pour les devises héroïques peintes dans la galerie du palais 
cardinal. 

B. ÏS T at. Ln » 2 B. 

Portraits médiocres compris dans la pagination. La vie de Jeanne d'Ark 
et son portrait y occupent les p. 113-133 et les fol. IX et X des Devises. 



90 



HISTOIRES GENERALES 



- Le même. Histoire | des | hommes | illustres | français qui ont vécu 
sous les règnes de nos | roys et qui par leurs vertus ont esté | esleves 
à toutes les charges dignitez j et emplois militaires, contenant leurs 
vies, actions, deuïses et éloges. Chez I. Bapl. Loi/son au Palais, dans 
la (jd salle à la Croix d'or, 16G7. in-12 de VI-538 p. 

Frontispice mais pas de portraits. P. 107-126. La rie et les actions mira- 
culeuses de Jeanne d'Ark surnommée la Pucelle d'Orlé<m$, A la tin du vol. le 
détail des grav. de redit, de 1650 et les devises, 




— Le même. Paris, Iacques Cotlin, 1GG8, in-12 de 14 tï. 377 p. et 32 p. 



B. Nal. Lu i 2 C. 



Les crav. sont 



p. 81-94, elle est p 
de Michel Bobin, 166 



\i hors texte et non paginées. La vie de Jeanne occupe les 
st précédée d'un portrait un peu meilleur que celui de l'édit. 



AUTEURS DU XVII e SIÈCLE 91 

11 n'est pas signé, légende Puella Aureliaca, copié sur celui de l'édit. 
in-fol. niais sans l'entourage. Les armes de Jeanne en haut à droite. Le 
détail de l'entourage de la grav. de 1650 se trouve relaté aux Devises 
héroïques de la Pucelle d'Orléans à la fin du vol. 



— Le même. Paris, laïques Cotlin, 1668, in-12 de 5 IT. 100 p. 

Titre rouge et noir. Ici les devises se trou/ent à la suite de chaque vie, 
les grav. hors texte sont celles de l'édit. précédente. 

B. Nat. Lu « 2 D. 

La vie de Jeanne d'Ark occupe les p. 83-06. 



- La même édit. avec une feuille de titre nouvelle : Paris, Charles Os- 
mont, 1672. 

Titre rouae et noir. 



- Le même. Les portraits des hommes illustres qui sont peints dans la 
galerie du Palais Cardinal... Paris, F. Mauger, 1008, in-12 grav. hors 
texte. 

La vie de Jeanne d'Ark occupe les p. 83-98. 



- Le même. Histoire | des illustres | et grands hommes | de nostre 
temps, | etc. par M. V. 1). L. C. Paris, Jean Baptiste Loyson, 1073, 
in-12 de 5 IL 534 p. et 2 11'. 

Sans les grav. La vie de Jeanne d'Ark y occupe les p.l07-l2."i. Les devises 
suivent la vie de chaque héros. 

B. Nat. Lu » 3. 



- Le même. Les vies | des | hommes | et | grands capitaines j Iran" 
çois, qui sont peints dans la gallerie du Palais-royal... Paris, Nieolas 
Legras, 1690, in-12 de 5 IL numér. et 396 p. 

Avec les mômes portraits que ceux de l'édit. Bobin de 1607, comptés dans 
la pagination. Le privilège qui se trouve à la dernière p., daté de 1673, est 
au nom de J. B. Loyson avec cession à Nicolas Legras pour cette impres- 
sion seulement. 

B. Nat. Ln ' 5. 

La partie relative à Jeanne comprend les p. 83-98. 



■ La même édit. avec une feuille de titre nouvelle. Paris, Nicolas Legras, 
1092. 



92 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— La même édit. avec feuille de litre nouv. même lieu, 1700. 

Dans la notice de Dunois il est encore parlé de Jeanne d'Ark. Le 
P. Lemoyne avait aussi inséré cette Vie de Jeanne Dark dans La science 
historique, 1609, in-fol p. 210 et suiv. 

— L'ouvrage du P. Lemoyne fut traduit en italien par la marquise Foschiero. 
Modena, 1701, in-4 avec les 20 portraits. 

114. YYOX (Marin) — Lloges | des | illustres | François. [Caen chez 
Marin Yvon à Froide-rue'] MDCLII (1652) pet. in-4 de 103 p. 

B. Nat. Ln l G. 

Le dernier des 46 éloges est celui de la Pucelle d'Orléans, p. 99-103. Il 
est intéressant en ce qu'il constate une fois de plus qu'au xvn e s. on con- 
sidérait déjà Jeanne comme une sainte envoyée de Dieu. Au point de vue 
historique, à côté des erreurs courantes de l'époque, on y trouve des par- 
ticularités négligées par les autres auteurs du temps. Se termine ainsi : 
« Charles VII, lui donna chartre d'annoblissement et privilèges aux filles 
aussi bien qu'aux hommes d'annoblir leurs maris. Cette noblesse est pré- 
férable à tous les tiltres de l'antiquité, la vraye noblesse procédant plutost 
de la cause que des années. Combien est-il plus illustre et plus avantageux 
delà tirer de la souche d'une véritable sainte envoyée de Dieu pour le salut 
de la France, pour la conservation de son roi et pour l'exaltation de son 
pays. Cette considération m'a empêché d'accompagner cet éloge de 
quelque autre héroïne, n'ayant pu trouver dans leur grand nombre une 
tille assez relevée en vertus héroïques pour luy pouvoir raisonnablement 
comparer. 

Cette notice relative à la Pucelle a été réimprimée de nos jours par 
M. G. de Braux : 



- Eloge de Jeanne d'Arc (Extrait des Eloges des Illustres Français à Caen, 
Marie Yvon MDCLII). Nancy, Crèpin Leblond, 1888, in-8 de 8 p. 

Tirage à part du Journal de la Soc. d'archéolog. lorraine, mars 88. p. 28-31 
sous le titre de : Un ancien éloge de Jeanne d'Arc. 

B. Nat. Ln 21 37773. 



115. LABBE (le P. Phil.), Jésuite. — L'abrégé royal de l'alliance chro" 
nologique de l'histoire sacrée et profane, avec le lignage d'outre-mer, les 
Assises de Jérusalem et un recueil historique de pièces anciennes. Paris, 
Gaspard Mcluras, MDCL1 (1651) in-4. 

Vente M. 1893, 12 fr. 

— Le même. 1664, 2 vol. pet. in-4. 

Le chap. XXI de ce Recueil historique, t. I, p. 671-76 est la Lettre de 
Guy XIV à ses mère et ayeule.... 

Le P. Labbe fait suivre cette lettre de quelques considérations sur le fait 
de la Pucelle : « Je n'avais point résolu de m'estendre plus au long sur le 
discours de Jeanne la Pucelle d'Orléans, mais d'autant que je scay que quel- 
ques uns estiment qu'elle se sauva des prisons et des brasiers de Boiïen et 
qu'elle estoit encore en vie après l'an 1431, je produiray icy quelques ex- 
traicts du susdit Iournal du Bourgeois de Paris... 



AUTEURS DU XVII e SIÈCLE 93 

11 termine ainsi : « Depuis, maintes personnes qui estoient abusez d'elle 
creurent fermement que par sa saincteté elle se fust eschappée du feu et 
que on eut arse une autre cuidant que ce fust elle mesme. En l'an 1440 le 
Parlement et l'Université firent venir à Paris une femme suivant les gens 
de guerre, que plusieurs croyaient estre Jeanne la Pucelle, et pour cette 
cause à Orléans avoit esté très honorablement reçeue, laquelle femme fust 
monstrée au Palais et sur la pierre de marbre en la grant cour, et de là 
fust preschée et toute sa vie et tout son estât et recognut qu'elle n'estoit 
pas Pucelle et qu'elle avoit esté mariée. » 

Suivent plusieurs pièces relatives à Charles VII, notamment un extrait 
d'un armoriai mst possédé par le sieur du Bouchet, relatif aux hauts per- 
sonnages de l'époque. 

= Goncordia chronologica in lechnicam et historicam divisa. Parisiis, ex 
typograph. regia, 1656, 5 vol. in-fol. et aussi 1670. 

Vente Soubise 48 fr. 

Reproduit plusieurs documents relatifs à la Pucelle, notamment la lettre 
de Guy de Laval ; au t. II un extrait du ms de Pierre Sala Hardiesse des 
grands rois où ce courtisan de la Cour de Charles VII raconte l'histoire de 
la fausse Pucelle — anno 1441 — et sa déconvenue quand le roi l'accueillit 
par ces paroles : « Ma mie, soyez la bienvenue au nom de Dieu qui sait le 
secret qui est entre vous et moi. » Au t. III p. 332 335, Labbe raconte som- 
mairement la vie de la Pucelle: « ejus cineres in sequanam projecti, ex- 
cepto tamen corde, quod nunquam comburi potuit. » 

Il parle encore de la Pucelle dans ses autres ouvrages : 



= Abbregé chronologique de l'histoire sacrée et profane. Paris, 1663-66, 
5 vol. in -12. 

T. IV, p. 649-50. 

— Eloges historiques des rois de France. Paris, Gaspard Meturas, 1664, 
in-i. 

T. III, p. 175 et suiv. 

= L'histoire des rois de France réduile en abrégé. Paris, Jean Hénault, 
10117, in- 12. 

P. 382-83, très courte notice. 

1 16. IGXACE (le P.) né Jacques Samson. — Histoire généalogique des 
comles de Ponthieu. Paris, 1037, in-fol. 



117. BERT1ÏAULT (Pierre). - Florus Francicus sive rerura a Fran- 
cis bello gestarum Epitome. Paris, Claude Tiboust, 1060. 

Il est parlé de Jeanne aux p. 232 et suiv. 



94 HISTOIRES GÉNÉRALES 

118. GUILLAUME (M Ue Iacquelte). 

— * Les dames illvstres | ov par bonnes et fortes raisons il se 
prouue que le sexe féminin surpasse en foules sortes de gen | res le 
sexe masculin. A Paris chez Thomas Iolly libraire iurè au Palais 
dans la petite salle des Merciers à la palme et aux armes d'Hollande, 
1665, in-18 de vi et 444 p. 

Dédié à S. A. R. mademoiselle d'Alençon. 

La section IV, p. 144-180 est consacrée à Jeanne d'Arc, c'est une assez 
bonne histoire, d'une jolie impression, pleine de réflexions originales avec 
de nombreux détails sur la jeunesse de Jeanne. Pour son époque, c'est as- 
surément une des meilleures et des plus intéressantes notices. La sainteté 
de Jeanne y revient à plusieurs reprises et fait de cette histoire un monu- 
ment important. Se termine ainsi : « La Pucelle est glorieuse dans le Ciel, 
sa mémoire est illustre sur la terre, la France l'avouera toujours pour 
l'ange tutélaire de ses lys et sa race jouyra des honneurs que ses incompa- 
rables vertus luy ont acquises. 

Si le ciel l'eût laissée dans la maison de son père, il ne posséderait pas 
une des plus belles lumières de son firmament, et l'Eglise serait privée de 
l'intercession et des prières d'une sainte et de l'exemple d'une héroïne. » 



1 19. BOULAY (du). — Historia universilalis parisiensis, Paris, 1070, 
in-fol. 

T. V, p. 384. 



120. BUSSIERES (Jean de). — Joannis de Bussières Belliiocensis e 
societate iesu ; historia francien: editio altéra, prima longe, auctioret 
emendatior. Lyon, Laur. Arnaud et Pierre Borde, MDCLXXI (1671), 
2 vol. in-4 de v-615, 661 p. et les tables. 

Titre rouge et noir frontispice gravé. 

Le § XVII du liv. XII, p. 589-92 est intitulé Puella aurelianensis Jeanne 
Darc. Il commence ainsi : « Et vero Francià unà ope servari poterat ; et 
quemadmodum in theatralibus scenis, quando res ita involutœ sunt et 
perplexœ, ut explicari humanà industrie nequeant, evocatur Deus ex ma- 
china ; ita hoc tempore ad evolendam Franciam malis, arcessendus fuit e 
superis Deus. Nec ipse amantissimo regno defuit ; prœstititque auxilium ve- 
rum, ut amat facere, ab re intirmissimà atque in speciem despicatissimà. 
Ea virgo nata annos octodecim e parentibus rusticis, ex Gaula et pascuis 
ad militiam atque victoriam repente evecta. Tara insignem eventum quo- 
niam ad laudem Franciœ supra cœteros eximius est, divinamque opem 
contestatur acprœsens deploratis rébus auxilium, delibare paucis scripto- 
rem haud decet. Ioanna (id Virgini nomen) nata erat Damremij, in pago 
ad Mosam fluvium in Tullensi agro ; pater Jacobus Darcius, Isabella Gual- 
teria mater... » 

On le voit, de Bussières, inexact sur les détails, est un défenseur ardent 
de l'inspiration de Jeanne « immissa cœlitus » sur les vertus de laquelle il 
s'étend complaisamment. Il termine son éloge par les faveurs dont le roi 
combla sa famille, par la description du blason insigne qui lui fut donné 
« atque apposite, ut imago assertœ Francise iret in posteros, isque ensis 
futuris sa'culis praduceret, qui depulsà caligine, securitatem regno in- 
duxisset. » 



AUTEURS DU XVII e SIÈCLE 95 

121. 1ÏAROLES (Michel de), abbé de Villeloin. — Histoire des roys de 
France. Paris, Guill. de Lui/ne, 1078, in-12. 

P. 263 etsuiv. consacre une bien mauvaise notice à « Jeanne Darc, tille 
d'un laboureur dans le Diocèse de Toul en Lorraine qu'on disoit avoir 
conversé avec les Fées quoy qu'elle le nia positivement... » Est rempli 
^inexactitudes : Paray pour Patay, Dompré pour Domremy, etc. L'auteur 
trouve moyen de passer complètement sous silence le procès de réhabili- 
tation et se contente de dire : « Mais enfin Dieu a justifié son innocence 
par la suite du temps et par le bon succès de toutes ses entreprises, qui 
ne se peut attribuer qu'aux faveurs singulières qu'elle reçut des grâces 
d'en baut. » 



122. MARCEL. (Guillaume). — Histoire de l'origine et des progrès de 
la monarchie françoise... prouvée par des titres authentiques. Paris, 
Denis Thierry, 1086, 4 vol. in-12. 

T. III, p. 243 etsuiv. publie entre autres pièces inconnues à cette époque, 
la sentence d'absolution du second procès. 

Le Bibliophile Jacob dans le Bullet. du Bouquiniste, 1857 p. 471 et suiv. 
dit qu'on trouve des extraits de cet ouvrage, divisé en 7 vol. avec ce nou- 
veau titre : Abrégé chronologique de l'histoire de France j>ar François Méze~ 
ra/j, nouvelle édit. Amsterdam, Henri Schelte, 170."), cette supercherie était 
pour écouler un stock invendu d'ex, de l'histoire de Marcel. 



123. THOMASSLj\1. — Rerum gallicarum epitome quadrilingua... 
Abbrégé de l'histoire de France en quatre langues. Notre-Dame de V er- 
mitage (Suisse); Straslxmrçf, Sledel ; Coire, David Tertz ; Paris, 
BoudotMm, 2 vol. in-8. 

Au verso latin et français sur 2 col. ; au recto allemand et italien. 

124. DAXIEL (le P. Gabriel). — Histoire de France. Paris, 1696. 

I vol. in-4. 

On dirait que l'intérêt ecclésiastique prime pour lui la vérité historique 
et qu'il a eu moins à cœur de glorifier Jeanne que de réhabiliter ses juges. 

II pousse le parti pris jusqu'à mettre dans la bouche de la martyre une 
abjuration qui n'a jamais existé que dans l'imagination prévenue du parti 
anglais. 11 rend cependant hommage à Jeanne et paraît admettre l'inspira- 
tion. « Des gens que le seul mot de miracle effarouche ont avancé sous le 
règne de François I er , sans aucune autorité tirée des auteurs contempo- 
rains, qqe ce fut un artifice des généraux français d'avoir fait venir la Pu- 
celle à la Cour comme une fille miraculeuse pour frapper l'esprit des peu- 
ples. Mais quel heureux concours de circonstances ! Avoir trouvé une fille 
de dix-sept ans, brave dans les combats, prudente dans les conseils, irré- 
prochable dans ses mœurs au milieu des camps ! Elle fut jugée dans le 
temps sainte ou sorcière suivant les préjugés superstitieux qui régnaient 
alors, et selon l'esprit et l'intérêt des partis. » 

— Le même. Paris, Delespine, 1713, 3 vol. in-fol. 
T. II, col. 1050 etsuiv. 



( JG HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Le même. Paris, 1722. 10 vol. in-i. 

— Le même. Paris, Denys Mariette, Jacques Poil in, 1731, 9 vol. in-12. 

— Le môme. Nouvelle édition augmentée [parle P. Griffet]. Paris, li- 
braires associés, 172"», in-4. 

T. VI et VII. 

— Le même. Paris, 1755-00, 17 vol. in-i. 

T. VII, p. 55-97. 

— Le même. Amsterdam, 1755, 24 vol. in-12, avec fig. 

— Le même, édit. abrégée. Paris, 172 / i , 9 vol. in-12 ; 1727 G v. in-4 ; 
1751, 12 vol. in-12. 

125. [JU1LLY (Baudot de)], 1076-1759. — Histoire de Charles VIL S. 
nom. Paris, Pierre de Luyne, 1097, 2 vol. in-12. 

0. Nat. Lb 20 5. 

L'auteur avait, paraît-il, vingt et un ans quand il écrivit cet ouvrage, qui, 
il faut le reconnaître, est très léger de science étant fait sur des travaux 
de seconde et de troisième main. Il est néanmoins d'une lecture facile, 
l'historien y déploie une intelligence sagace et un véritable talent de narra- 
teur. C'est là d'ailleurs la première histoire consacrée à Charles VU. 

Le liv. III est presque en entier occupé de Jeanne d'Arc. 

« Une voix divine se fit entendre à elle plusieurs fois... Nous ne donnons 
pas ces choses pour des vérités certaines dont on ne puisse douter. Nous 
sçavons combien les révélations doivent être suspectes ; mais, s'il est, des 
occasions où l'on puisse les recevoir, nous oserons avancer que celle-ci en 
est une. Nous devons poser pour un principe indubitable qu'elles ne sont 
pas au-dessus de la puissance de Dieu et que notre religion nous enseigne 
qu'elles ne sont pas sans exemple dans les histoires du vieux et du nouveau 
testament. Ces deux principes établis, pourquoi ne croira t-on pas que le 
Seigneur s'est servi de révélations pour déclarer sa volonté à une tille 
vaillante, qu'il avait fait naître poiir la gloire et le rétablissement de la 
France, surtout lorsque des actions héroïques ont confirmé qu'elle avait été 
divinement inspirée?... 

On la regardait comme un ange visible, comme ie démon tutélaire de la 
liberté publique. Chacun lui offrait sa vie et ses biens... » 

Voici le récit un peu fantaisiste de la mort de Jeanne : « Elle .seule en- 
visagea la mort avec des yeux indifférents. Elle sortit de la prison le visage 
serein et l'air assuré. Plus on eut pour elle de dureté, plus elle témoigna 
de constance. Elle marchait dans les rues comme si elle eût été au triom- 
phe... Elle parla au peuple en peu de mots, avec un bon sens, une tranquil- 
lité et une modération admirable... Peut-être qu'il n'y eut jamais de vic- 
time plus pure... » 

— Le même. S. nom. Paris, quai/ des Augustins Didot à la Bible d'or, 
Nyon /ils, à l'occasion Damounevîlle, à S^-E tienne Savoy e, rue S [ -Jac- 



AUTEURS DU XVII e SIÈCLE 97 

qu es à l'Espérance MDCCL1V (1754) 2 vol. in-12 de 12 il', prél. loi, 
423 p. et 1 f. de privil. au nom de Nion. 

B. Nat. Lb ïC 5 A. 
P. 322-454, épisode de Jeanne d'Are. 

120. [Jl'ILI.Y (Baudot de)]. — Mémoires secrets et intrigues de la 
Cour de France sons Charles Vil par M lle de Lussan [pseudonyme de 
Baudot de Juilly]. Paris, Pissot, 1741, in-12. 

Contient pas mal d'erreurs sur la Pucelle, mais est fait aussi dans un 
excellent esprit. 

— Le même. La Haye, IT.'i", in-12. 



E. — Auteurs du xviii e siècle. 



127. [DURAND (M me ) née Catherine Bédacier.] — Mémoires secrets de 
la cour de Charles Vil par M me D... Paris, Hibou, 1700, 2 vol. in-12 

— Le môme. Seconde édition. Paris, Praulf, 1 7 3 i , 2 tom, en 1 vol. in- 
12. 

Ce livre a une certaine tournure historique, mais n'est qu'un tissu de ro- 
mans et d'anecdotes de fantaisie. 

Quérard parle aussi d'une édit. de 1741-37, nous croyons qu'il a fait con- 
fusion avec l'ouvrage de Baudot de Juilly. 



128. REXOIT (le R. P.) né Picarl, de Toul. — Histoire ecclésiastique 
et politique de la ville et du diocèse de Toul. Toul, Alexis Laurent, 
1707, in-4. 

P. 330 et suiv., biographie de Jeanne. 

129. AXSELME fie P,j. — Histoire généalogique de la maison de 
France. Paris, 1712. 

T. I, p. 66 et suiv. 

— Le même. /Se cond é édition, Paris, 1720. 
T. I, p. 116. 

130. LEGEXDRE. — Histoire de France. Paris, 1718, in-fol. 
T. II, p. o38 et suiv. 

131. RAPIX-THOYRAS. - * Histoire d'Angleterre. La Haye, 
Alex, de Roffissart, 1724-30, 13 vol. in-4 fines grav. et cartes. 

Au tome IV, p. 57-71, récit de la vie de Jeanne ; p. 1 petile vignette fine- 
ment gravée représentant Jeanne à la tète de ses troupes entrant à Orléans 
par le pont des Tourelles, la disposition des lieux est assez exacte, et 
p. 180-202, à la suite du règne de Henri VI, un chapitre spécial intitulé 
Dissertation sur ta Pucelle d'Orléans. 

Quoique français, cet auteur, réfugié en Angleterre à la suite de la révo- 
cation de l'édit de Nantes, se montre fort hostile à l'héroïne, réédit nt 
contre elle toutes les paroles de doute déjà connues. Il prétend relever le 



AUTEURS DU XVIII e SIÈCLE 09 

blâme d'Estienne Pasquier à l'encontre dos détracteurs de la Pucelle, 
et adopte la conclusion de Monstrelet : « Je conclus de l'examen 
que je viens de faire qu'on peut juger avec quelque fondement que la pré- 
tendue inspiration de la Pucelle n'était qu'une intention pour redonner du 
courage aux Français consternés. » Toutefois il ne peut s'empêcher de recon- 
naître ceci : « Avant que de finit cette matière, je ne puis m'empêcher de 
faire une réflexion sur la barbarie avec laquelle la Pucelle fut traitée. 
Comme Jeanne n'était pas française, Henri ne pouvait pas supposer qu'elle 
fût sa sujette et par conséquent il ne pouvait la traiter que comme une 
simple prisonnière de guerre, il pouvait encore moins la punir comme 
schismatique, hérétique et sorcière, alors même qu'elle en aurait été con- 
vaincue. Si la maxime que les Anglais voulurent alors établir était une 
fois reçue, il n'y aurait point de prisonnier de guerre qui ne fût en danger 
d'être jugé par ses ennemis pour des crimes supposés et de succomber 
sous leur malice. » 

- Le même. La Haye, de Rogissart, 1740, 10 vol. in-4. 

- Abrégé de l'histoire d'Angleterre. La Haye, C. de Rogiss&rt et P. de 
Hondt, 1730, 3 vol. in-4 à 2 col. 

T. Il, p. 17-20. Cette édit. est beaucoup moins complète surtout sur notre 
sujet, car elle ne contient pas la Dissertation qui est fort importante. 

Cette histoire a été traduite en anglais par Tyndal : 

- History of England by Rapin. London, 1731. 

T. I, p. 5o0. 



132. LIMIERS (de). — Annales de la monarchie française... avec... 
les médailles authentiques. Amsterdam, Lhonoré et Châtelain, 172i, 
3 v. in-fol. 

Le T. I, p. 212, contient une courte notice de Jeanne sans rien d'original 
« Jeanne d'Arc fille de laques d'Arc et d'Isabeau Gautier, native d'une 
ferme nommée Le Gras, paroisse de Saint-Remi entre Domprein en Barrois 
et Vaucouleurs en Lorraine... » 

T. III, p. 12-13, une médaille avec sa description : « Sous Charles VII pa- 
rut en France Jeanne Darc nommée la Pucelle d'Orléans, parce qu'elle fit 
lever aux Anglais le siège de cette ville. C'est cet événement célèbre que 
représente la médaille XIX. On y voit le pont de la ville d'Orléans, au mi- 
lieu duquel est un mât traversant une couronne de chêne et de laurier 
pour marquer que la ville a été secourue,... c'est le sens de la légende. 

Servatos monstrat cives hostemque péremption, dans l'exergue et le nom 
de la ville Aurélia. » 



133. CALMET (Dom. Aug.) — Histoire ecclésiastique et civile de la 
Lorraine. Nancy, J. Ji. Cusson, 1728, ï vol. in-fol. grav. 

Vente C. 1891, 120 fr. 

— Le même. Deuxième édition. Nancy, ALcseure, 1745-57, 7 vol. in-fol. 

Reproduit dans le T. II, col. 121-22, aux pièces justificatives, l'extrait du 
P. Vignier relatif à la fausse Pucelle et à son mariage avec Robert des Ar- 
moises. 



iOO HISTOIRES GÉNÉRALES 

Au t. III, col. VI, aux preuves, D. Calmet a reproduit la Chronique de 
Lorraine d'un auteur alors anonyme, serviteur du duc René II, (Châtelain 
de la Porte) écrite à la lin du xv e s. (Voyez suprà, n° 21). Quicherat qui a 
donné un extrait de ce qui nous intéressait, t. IV, p. 329-38, croit que cette 
chronique devait à l'origine être en vers, dont on a brisé le mètre pour se 
l'approprier. 

Quoi qu'il en soit, ce n'est pas un témoignage historique, mais c'est un 
curieux et unique monument du merveilleux que l'imagination populaire 
avait ajouté à la vie de Jeanne dans son propre pays. Tous les exploits du 
règne de Charles VII y sont mis sur son compte, comme il était d'usage de 
le faire pour les héros des chansons de geste. Jeanne s'empare successive- 
ment de Bordeaux, Rayonne, Dieppe, Honfleur, Harileur, Caen et de toute 
la Normandie, de Paris où elle fait couronner le roi, puis elle disparaît 
tout à coup sans qu'on soit sûr que les Anglais raient fait brider. 

Le t. IV, de cette seconde édit. est intitulé La bibliothèque de Lorraine, 
Nancy, 1751. 

D. Calmet parle encore de la Pucelle dans un autre ouvrage qui est le 
complément du précédent : 

— Notice de Lorraine, Nancy, Beaurain, 1756, 2 vol. in-fol. 

T. I, p. o7 et suiv. 

— Le même. Lunêville, 1833-37, 2 vol. st. in-8 à 2 col. 



1 34. VAISSLTTE fDorn) — Histoire générale du Languedoc, Paris, 
Vincent, 1730-45, 5 vol. in-fol. fig. 

Ventes Duteil 76 fr. : Abrial, 121 fr. 
T. IV, notes 33 et 34. 

— Le même augmenté et continué par le chevalier du Mège, Toulouse, 
Paya, 1840, 10 vol. gr. in-8 à 2 col. 



135. X... — Histoire romanesque de Jeanne d'Arc. S. nom. Amster- 
dam, 1735. 

Cité par Duntzer parmi les vol. empruntés par Schiller à la Bibl. de Wei- 
mar. Est-ce bien exact? ne serait-ce pas avec une interposition de chiffres 
1735 pour 1753 l'Histoire de Lenglet Dufresnoy ? En tous cas nous n'avons 
jamais rencontré cet ouvrage. 



136. AUVIGXY (d*) — Vie des hommes illustres de la France. Ams- 
terdam, Paris, Legras, 1730. 20 vol. in-12. 

T. V, p. ^17 310 notices sur Georges La Trémoille et Jacques-Cœur, il y 
est incidemment parlé de Jeanne d'Arc. 

— Le même. Amsterdam, Paris, Knapen, 1760, 26 vol. in-12. 



AUTEURS DU XVIII e SIÈCLE 101 

137. IBÉNAULT (le Président) — Nouvel abrégé chronologique de 
l'histoire de France. Paris, Prault, 1740, 2 v. in-12. 

Nous citons cet ouvrage à cause de sa brièveté qui est étonnante. 

— Le même. Paris, Prault, 1746, in-8 ; 1749, in-12 ou in-4 avec les fig. 
de Cochin ; 1732 ; 1756, 2 v. in-8 (T. I, p. 334-58 et 368) ; 1768, 2 v. in-4 
(t. I, p. 306); 1775 5 vol. in-8; Paris, Costes, 1821, 6 v. in-8 ; etc.. 



138. [PITAVAL (Gayot de)] — * L'innocence opprimée par des juges 
iniques. [Paris, Charles Nicolas Poirion, 1743] in-12 de 111 p. 

Extrait des Causes célèbres et intéressantes avec les jugemens qui les ont 
décidées recueillies par M... avocat au Parlement [Gavot dePitaval] en 20 vol. 
in-12, t. XIX p. 1-111. 

Cet ouvrage, en grande partie inspiré de celui de René de Geriziers. Les 
trois estais de l'innocence (voy. suprà n° 108), commence ainsi : « Lorsque 
le royaume de France fut sur le penchant de sa ruine sous Charles VII, 
deux personnes du sexe eurent la gloire de le relever et de le rétablir : 
Agnès Sorel et Jeanne d'Arc, Pucelle d'Orléans. » Ce préambule et ce rap- 
prochement font douter de la valeur historique de cette histoire. Elle n'est 
cependant pas trop mauvaise et renferme in fine un assez grand nombre 
d'extraits de chroniqueurs. 

Gayot prend à cœur notamment de réfuter la thèse de Rapin-Thoyras : 
« Il faut avouer que le comte de Dunois ou le seigneur qui a été l'ouvrier 
de l'intrigue a bien choisi la comédienne Quelles scènes de combats san- 
glans, d'attaques soutenues! Que ce rôle est fort pour une fille de dix-huit 
ans ! Quelle présence d'esprit ! Jamais elle ne se dément ; qui a jamais 
donné à la feinte cet air de vérité ? Qui ne s'y méprendrait? Non, on ne 
réussira jamais à faire croire que la Pucelle d'Orléans n'est pas un person- 
nage de bonne foi, qui obéit aux impressions extraordinaires qui la font 
agir, soit que Dieu en soit le principe, ou une imagination vive qui en soit 
persuadée. » 



- Le même avec nom d'auteur \La Haye, Jean Neaulme, 1750 1 in 12 de 
74 p. 

Extrait du môme ouvrage, t. XX, p. 1-74. 

- Le même. S. nom. [Paris, Savoye, 1757] in-12 de 108 p. 

Extrait du même ouvrage, t. XIX, p. 1-108. 
Voyez pour la traduction allemande, infrà n° 608. 



139. DUCLOS — Histoire de Louis XL Paris, 1745, 4 vol. in-12 ou 
La Haye, 1750, 3 vol. in-12. 

Le liv. I est consacré à Charles VU et l'épisode de Jeanne d'Arc y est ra- 
conté. 



102 HISTOIRES GÉNÉRALES 

140. FABRE (le P. J. Claude) et GO U JET — Histoire ecclésiastique 
(commencée par l'abbé Fleury) Paris, Lemcreier, Desaint, Hérissan 
etc., 1751, in-4. 

* 

L'hist. de Jeanne se trouve au t. XXI, p. 602-G47. 



1-11. LADVOCAT (l'abbé) — Dictionnaire historique, bibliographi- 
que. Paris, 1752-60. 

T. 1, article Jeanne d'Arc. 



I I'*. RIC'HER ( Edmond) syndic de la faculté de théologie de Paris au 
xvn e s. — Histoire de la Pucelle d'Orléans. 

Cette histoire est restée inédite, car au moment où le libraire Debure 
allait la publier, elle fut pillée par Lenglet-Dufresney (voy. ci-après) à qui 
ce m s avait été communiqué. 

Le m s autographe existe encore à la Bibl. nat f. franc., n° 10448, (an- 
cien 285 du fonds Fontanieu) 4 tom. en 1 vol. de 114, 241°, 108 et 69 fi". Il 
est daté de 1628. Quoiqu'il renferme une lettre de privilège datée de 1694, 
il ne fut jamais imprimé. 

Cette histoire se divise en quatre parties : 1° Vie de Jeanne ; 2° Histoire 
du procès de condamnation; 3° Hist. du procès de réhabilitation; 4° Ex- 
traits de divers auteurs sur le fait de la Pucelle. 

Ce travail, composé sur les m s latins des deux procès, n'est remarquable 
ni par le style, ni par l'arrangement et distribution des matières. Son mé- 
rite, et c'en est un grand, consiste dans une parfaite exactitude. Richer dé- 
clare la mission de Jeanne miraculeuse et réellement divine, il en parle 
avec une très curieuse naïveté : selon lui, la preuve que c'étaient des es- 
prits célestes et non point de malins esprits qui apparaissaientà Jeanne c'est 
que leurs voix étaient douces, agréables et fort intelligibles, or, d'après 
notre auteur « les voix des malins esprits sont rudes, horribles, effroyables 
tout ainsi que des vis à pressoir, le bruit des roues de charette, où quelque 
éclat de tonnerre, et en outre pleines de ténèbres et de puanteur sulfurée. » 

La préface et le commencement de cette histoire ont été donnés par 
d'Artigny (voyez ci après), qui raconte le plagiat de Lenglet. 



143. LEXGLET-DUERESXOY (l'abbé) — * Histoire | de Jeanne 
Darc, vierge, héroïne et martyre d'état ; suscitée parla Provi- 
dence pour rétablir la monarchie françoise. Tirée des Procès et au- 
tres pièces | originales du temps. Paris, Coûte/lier, Pissot, Chardon, 
1753-54, 3 vol. in-12 deXL-218 ; 209, 2 iï. de table; XII-302 et 1 f. 
d'errata. 

Le T. III, porte le même titre mais sans noms d'auteur ni d'éditeur : à 
Orléans, 1754. Ventes de Latour rel. v. 2 fr. ; de Bouteiller dem. rel. 7 fr. 
En épigraphe : « Infirma mundi elegit Deus, ut confondat fortia. » 

La B. Nat. possède l'exempl. de l'auteur avec notes manuscrites Réserve. 

Lb 26 28. 

L'ouvrage est divisé en trois parties : dans la première, l'auteur expose 
sommairement la vie de Jeanne et le procès de condamnation ; dans la 
secondé, le prqcès de réhabilitation, avec la liste des procès m sts et des 



AUTEURS DU XVIII e SIÈCLE 103 

traités imprimés sur la Pucelle, on peut dire que c'est là la première bi- 
bliographie sur ce sujet; dans la troisième, il passe en revue les témoi- 
gnages d'historiens en faveur de Jeanne : Gorckeim, Monstrelet, S'-Anto- 
nin. Pie II, Fulgose, Bergame. Nider, etc.. Etude des divers systèmes 
imaginés pour expliquer la mission de la Pucelle. Parallèle du courage 
héroïque de Jeanne avec celui de plusieurs autres dames. Quelques docu- 
ments sur la Procession d'Orléans, les indulgences qui lurent accordées à 
leur occasion, lettres de noblesse. Enfin un supplément au m s des procès 
de la Pucelle. 

Voici comment ce singulier abbé exprime son sentiment sur la mission 
de Jeanne : « De croire que cette fille ait eu des visions, des apparitions, 
des révélations de Saints et de Saintes, j'abandonne cette pieuse créance à 
des personnes d'un esprit moins rétif que le mien. Mais à ces apparitions 
je substitue une persuasion intérieure, une méditation réfléchie qui frappe, 
qui anime, qui agite fortement l'imagination, et ce sont les etforts de cette 
dernière faculté qui souvent nous. représentent comme réels des objets qui 
ne sont que de simples images que nous nous formons en nous-même. 
On sait que la chose est commune en quelques maladies particulières où 
l'homme infirme se représente tout ce qui n'est pas et qu'il croit néan- 
moins aussi réel que s'il existait effectivement. Soyez persuadés qu'en ma- 
tière de piété la chose se passe de même. C'est ainsi qu'on doit expliquer 
grand nombre de visions et d'apparitions que l'on trouve dans la vie de 
ces saintes âmes, qui sont le sujet de notre admiration. » 

Cet ouvrage, qui renferme un grand nombre de documents utiles et qui, 
jusqu'à un certain point, peut être considéré comme le précurseur des 
collect. de documents de Buehon et de Quicherat, est, comme nous l'avons 
dit suprà, un simple résumé du m 8 inédit d'Edmond Kieher. Ce m s avait 
été confié par le libraire de Bure à l'abbé Lenglet pour savoir ce que celui- 
ci pensait de sa publication. Lenglet le copia et le lit paraître à la hâte avec 
de légères modifications, tout en disant dans son titre même et dans sa 
préface qu'il avait fait cette histoire sur des documents originaux. 

- Le même : Histoire | de | Jeanne d'Arc. | dite | la Pucelle d'Orléans. 
| Par M. l'abbé Langlet du Fresnoy. Amsterdam, par la C ie [PariV], 

1759, 3 vol. in-12 de VIII- 113 ; 160 ; 184 p. et 2 ff. de poésies. 

Ces 2 ff. de poésies, placés entre les p. VIII et 1 du t. I, sont des ex- 
traits du Recueil d'inscriptions de Charles du Lis. 

Cette seconde édit. est moins complète que la précédente en ce qu'elle 
n'a pas la table et que la préface a été abrégée. 

B. Nat. Lb 20 28 A. 

- La même édit. avec une feuille de titre à la date de 1775. 

Vente de Bouteiller dem. rel. 1.50. 

- Une nouvelle édit. en avait été annoncée dont il ne parut que le titre : 
Histoire | de Jeanne d'Arc | dite | la Pucelle d'Orléans. Paris, Guillyn, 
Pissot, MDCCLIV (1754), in-4 de 8 pp. sur pap. fort, en tète une belle vi- 
gnette signée Caron. 

Ce prospectus contient l'annonce d'une histoire in-4. « Le Public a reçu 
trop favorablement l'Histoire de Jeanne d'Arc, nommée la Pucelle d'Or- 
léans, pour que je ne m'applique pas à lui donner le degré de perfection 
dont je suis capable. L'édit. que j'en ai publiée au mois de juin 1753 en 
forme in-12 a pu satisfaire les cabinets et les personnes qui aiment à con- 
noitre le détail de notre histoire. Mais je crois devoir m'altacher dans cette 
nouvelle édit. à favoriser les grandes bibliothèques, surtout celles des 
communautés, qui ne redoutent rien tant que les petits livres qui s'éga- 
rent, se perdent ou s'emportent aisément. Celle ci sera in-quarto, toute en 



104 HISTOIRES GÉNÉRALES 

grand papier, nommé communément papier royal, je n'en ferai tirer que 
2o0 ex. dont 200 seront mis en souscription et je me réserve les 30 restans 
pour avoir le plaisir d'en faire des présens. » On le voit le modeste abbé 
considérait son livre — qui n'était pas de lui — comme un objet tout à 
fait précieux. « Le vol. fera prés de 000 p. de caractères dits S'-Aug stin, 
de la même forme et grandeur que ce programme. Les preuves et pièces 
justificatives seront du caractère de Cicero et quelques unes même de Petit 
romain. Voici ce que contiendra cette édition... 11 y aura deux papiers : le 
papier royal de France, nommé grand raisin, dont le prix sera de douze 
livres en blanc, y compris le portrait en grand de la Pucelle et quelques 
autres gravures moins importantes. L'autre papier royal sera d Hollande et 
se payera seize livres en blanc. On s'engage à délivrer l'ouvrage tout im- 
primé au 1 nov. de cette année 1754. » 

L'ouvrage de Lenglet fut traduit eu Anglais par Grave, (voyez infrà 
n° 508.) 



144. ARTICiW (l'abbé d') — Mémoire sur un projet qu'avait formé 
l'auteur de donner au public une histoire de la Pucelle d'Orléans, com- 
posée par Edmond Richer, préface et commencement de cette histoire. 
[Paris, Debure, 1750] in-12 de 25 p. 

Extrait des Nouveaux mémoires de critique et de littérature, t. II, p. o0 et 
suiv. ; t. VU, p. 323-oG. 

Raconte comment l'ouvrage de Lenglet n'est qu'une copie du m 5 d'Ed- 
mond Richer, et les conditions dans lesquelles fut commis ce plagiat. 
» Pour donner au public une idée de la manière dont Richer traitait son 
sujet, je transcrirai la préface et le commencement de son histoire. » 



145. CIŒYHIKIt (de) — Mémoires pour servir à l'histoire des hommes 
illustres de Lorraine. Bruxelles, [Nancy'] 175 i , 2 vol. in-12. 

T. I, p. 55-60, l'auteur s'occupe de Jeanne d'Arc, il attribue ses inspira- 
tions à un cerveau malade et couvre Voltaire de Heurs. 

— Le même sous le litre de: Histoire secrète de quelques personnages 
illustres de la maison de Lorraine. S. nom. Londres, 178i. 2 vol. in-12. 



146. YOLTA1KE (F. Arouet de) — Essai sur l'histoire, sur les mœurs 
et l'esprit des nations. Génère, 1756, 7 vol. in-8. 

Le chap. LXXX, où il est parlé de Jeanne d'Arc, contient les plus gros- 
sières erreurs et les plus odieux mensonges sur Phéroïne. «On la fit passer 
pour une bergère de dix-huit ans ; il est cependant avéré par sa propre 
confession qu'elle avait alors vingt-sept années, etc.. » 

Rohrbacher (Voy. infrà n 3 200) relève et réfute ces accusations de Voltaire 
et termine ainsi : « On se demandera quel motif Voltaire pouvait avoir de 
dénaturer ainsi l'histoire de Jeanne d'Arc, personnage le plus français, le 
plus merveilleux, le plus poétique qu'il y ait peut-être dans l'histoire hu- 
maine ; c'est que, Parisien par la naissance, Français par la langue, Vol- 
taire était, on le voit dans ses lettres, Anglais par l'esprit, et Russe par le 
cœur. A tout cela il est une cause encore plus intime: Jeanne d'Arc la 
gloire et le salut de la France était surtout chrétienne. Tout doit aboutir à 
traîner Jeanne d'Arc dans la fange d'un poème où l'obscurité la plus ordu- 
rière le dispute à l'impiété la plus exécrable. » 



AUTEURS DU XVIII e SIÈCLE 103 

Voltaire reconnaît pourtant que « Jeanne aurait eu des autels dans les 
temps où les hommes en élevaient à leurs libérateurs. 

— Le même. Paris, 1757,0 v. in-12; Amsterdam, 1757, 7 v. in-8, Ge- 
nève, 1761-63, 8 v. iu-8, et dans les Œuvres complètes. (Edit. de 
Kœhl, t. XVII, p. 356). 

147. BARRAI, (l'abbé). — Dictionnaire historique et critique. Soissons, 
1758. 

148. UORERI. — Dictionnaire historique. Paris, 1759, 10 vol. în-fol. 
Articles Arc et Charles VII. 

149. [MAIJBLY (Aublet de)]. — Vie de Jeanne d'Arc. S. nom. [Paris, 
Duchesne, 1702] in-12 de 40 p. 

Extrait des Vies des femmes illustres <!<> la France, 6 vol. T. I, p. 1-39. 

Est fait dans un esprit philosophique non déguisé. « Je ne donne ni des 
satyres ni des panégyriques, l'histoire de la Pucelle d'Orléans suffira seule 
pour en convaincre. Je n'irai point avec les Anglais la désigner comme une 
magicienne, une sorcière, ni avec certains Français la faire converser avec 
Saint Michel, Sainte Catherine, et à chaque instant la représenter comme 
une fille qui n'a rien entrepris que par l'inspiration divine... » 

L'auteur attaque violemment le P. Berthier, fait de Jeanne une servante 
d'hôtellerie qui menait boire les chevaux : « Ce fut à cette école qu'elle ap- 
prit à se former et à s'instruire des affaires du royaume. 11 n'y a personne 
en effet, qui sache plus de nouvelles qu'un domestique d'hôtellerie, lors- 
qu'il a assez de bon sens pour y prêter l'oreille. » Evidemment, la Fiance 
sauvée par une domestique, une fois surtout qu'il a été démontré qu'elle 
savait les nouvelles, il n'y a plus rien d'étonnant, 

Maubuy donne un amant à Jeanne, nous expose sa dévotion extatique, 
ses exploits, sa captivité, son procès, et blâme fortement les Français, le 
roi et son entourage de n'avoir rien tenté pour l'arracher à ses bourreaux. 
C'est un panégyriste qui vaut un détracteur. Chaussard, p. 384-400 en donne 
un extrait. 



loO. SAIXT-FOIX (Germain, François, Poullain de). — Essais histo- 
riques sur Paris. Londres et Paris Duchesne, 1706, 7 v. in-12. 

T. VI, p. 201 et suiv. 



loi. VILLARET (l'abbé). — Histoire de France. Paris, Saillant, 
1765-85, 30 vol. in-12. 

T. XIV et XV, récit de la vie delà Pucelle, écrit sans grand enthousiasme 
il est vrai, intéressant cependant ; les vertus, les qualités, la bonne foi de 
l'héroïne y reçoivent un hommage incontestable; bien que l'auteur se targue 
d'être un esprit fort et qu'il lui répugne d'accorder la moindre créance au 
surnaturel, Villaret reconnaît que « trente ans après sa mort, le fameux 
comte de Dunois, dans un âge également éloigné d'une jeunesse inconsi- 
dérée et d'nne vieillesse faible et crédule, affirmait encore avec serment 
que toutes les actions de cette tille, qu'il avait presque toujours accompa- 



106 HISTOIRES GÉiNÉRALES 

guée, portaient un caractère surnaturel, dont le souvenir se retracera sans 
cesse à sa mémoire. » 

Cette notice est précédée d'un portrait de la Pucelle. 

152. X... — Lettre écrite de Munich sur la bataille d'Azincour et sur la 
Pucelle d'Orléans, à l'occasion des t. XIII et XIV de l'histoire de France 
par M. Villaret, Paris, 1764, in-12 de 12 p. 

Extrait de la Gazette littéraire, 1764, p. 83-94 et p. 263 pour la réponse à 
cette lettre par M. Villaret qui se vante d'avoir étudié le procès de Jeanne 
dans le m s lui-même. 

B. Nat. inv. Z 49412. 



153. BOULAI W1LLIERS (de). — Nouvelles recherches sur la 
France ou recueil de mémoires historiques pour servir de supplément à 
l'Estat de France de M. de Boulainvilliers. Paris, L. T. Hérissant, 1760, 
2 vol. in-12. 

i 

Une notice est consacrée à la Pucelle d'Orléans, son histoire. C'est bien 
le moins, car dans ses Réflexions sur r/iist. de France à M 1Ie Cousinot, 1707 
2 vol., Boulainvilliers, au cours des cent pages qu'il a écrites sur le règne 
de Charles VII, trouve le moyen de ne pas même citer une fois le nom de 
Jeanne d'Arc ! Quant on compare la lettre écrite en 1429 par Perceval de 
Boulainvilliers au duc de Milan sur les hauts faits de l'héroïne, on trouve 
l'enthousiasme du neveu singulièrement froid. 

154. CROIX (de la). — Dictionnaire historique des femmes célèbres, 
Paris, 1767. 

T. Il, p. 499, article Pucelle d'Orléans. 



155. MILLOT (l'abbé). — Elémens de l'histoire de France. Paris, 
Durand, 1770, in-12. 

T. II, p. 220-53. 

= Elémens de l'histoire d'Angleterre. Paris, Durand, 1776, in-12. 
P. 409-419, réfute Montrelet. 

= Elémens d'Histoire générale, de l'histoire de France et de l'histoire 
d'Angleterre. Paris, 1800, 15 vol. in-8. 

= OEuvres. Paris, Teuré, 1819, 12 vol. in-8. 

156. [MALLLT (de), doyen de la Cbambre des comples de Bar]. — 
Mémoires alphabétiques pour servir à l'histoire au pouillé et à la des- 
cription générale du Barrois S. Nom. Bar, Richard Br if flot, 1749. 



AUTEURS DU XVIII e SIÈCLE 107 

— Le même. Nancy, Hyacinthe Leclerc, 1773, in-12. 

P. 120 et suiv. bonne notice de Jeanne d'Are. 

157. TLRP1X, collaborateur à L'encyclopédie de Diderot. — Jeanne 
d'Arc, Histoire de France. [Neufchktel-Paris, 1751-72], in-fol. 

Extrait de Y Encyclopédie ou dictionnaire raisonné par une Société de gens 
de lettres mis en ordre et publié par M. Diderot, en 28 vol. 

Cette notice à côté d'excellentes choses contient de grossières erreurs. 

« Cette célèbre amazone... obligée par misère de sortir de la maison pa- 
ternelle, se mit servante d'hôtellerie... elle se forma à tous les exercices 
de cheval et au maniement du sabre et de l'épée dans cette hôtellerie... 
Des auteurs pieusement imbécilles, ont remarqué qu'étant chez ses parents 
elle avoit coutume de se retirer sous un chêne et en ont conclu qu'elle 
avait eu de longs entretiens avec Saint-Michel... Charles l'avait annoblie 
elle et toute sa famille, ses trères et toute leur postérité tant en ligne mas- 
culine que féminine ; on leur donna des armoiries qui ne pouvaient être 
plus nobles et plus significatives : son nom d'Arc fut changé en celui du 
Lys. Le hameau où elle avait pris naissance fut exempté de toutes tailles, 
aides et autres subsides à perpétuité. Il reste encore des rejetons de cette 
illustre famille en Anjou et en Bretagne : le dernier mâle est mort en 1660. 
Les piérogatives accordées aux femmes leur furent ôtées en 1614, au regrel 
de tous les bons citoyens, on pourrait les leur rendre. Ses monuments de 
la reconnaissance à Orléans et du repentir à Rouen, le sollicitent plus puis- 
samment que les discours étudiés des panégyristes ; puisque c'était une 
femme qui avait acquis les privilèges de cette famille, il était peut-être 
plus juste d'en priver les mâles. » 

— Le même avec les notes d'Oclavien Diodati. Lucques, 1758-71, in-fol. 
de 28 v. 

— Le même. Livourne, 1770, 33 vol. in-fol. 

— Le même. Genève, Pellet, 1777, in-4 en 39 vol. 

10 col. au t, 111, p. 212-217. 

— La même édition : Lausanne et à Berne, Sociétés typographiques. 
1778, 36 vol. gr. in-8 à 2 col. 

Toujours t. III, p. 212 17. 

— Le même. Refondue et augmentée par le professeur de Félice. Yver- 
dun, 1778-80, in-4 de 58 vol. 

158. VIAR1). — Epoques les plus intéressantes de l'histoire de France. 
Paris, 1773, in-12. 

159. X... — Abrégé historique de Jeanne d'Arc dite la Pucelle d'Or- 
léans, précédé d'un argument sur l'histoire d'Orléans, S. nom. Orléans, 
Légal, 177 4 in-12. 



108 HISTOIRES GÉNÉRALES 

160. REXO.Y (l'abbé). — Histoire de Lorraine, Paris, Valade, Nancy, 
les libraires, 1777, in-8. 

L'auteur parle de Jeanne, p. 108 et suiv., 219, 268 et s. dans un excellent 
esprit. 

161 . 1)1 'RIVAL. — Description de la Lorraine et du Barrois. Nancy, 
reare Leclerc, 1778-38, 4 vol. in-4. 

T. I, p. 14 et suiv. 

162. TOLSTAIY-RICHEROLRG (Gaspard, François de), de l'Aca- 
démie de Rouen, lieutenant des maréchaux de France, 1716-1799. — 
Mémoire sur la Pucelle d'Orléans. 

Cet ouvrage m s est resté aux mains de l'arrière petit-fils de l'auteur, le 
V e de Toustain. 

163. RICHER, ancien avocat au Parlement. — Histoire du procès de 
Jeanne d'Arc appelée la Pucelle d'Orléans. [Amsterdam, Michel Phey, 
1780] in-12 de 206 p. 

Extrait des Causes célèbres et intéressantes avec les jugements qui les ont 
décidées en 22 vol. T. XVII, p. 132-338. 

Donne en somme une histoire de Jeanne assez détaillée et assez com- 
plète pour l'époque ; malheureusement l'auteur termine en reproduisant 
les passages de du Haillan, de Naudé, les plus attentatoires à l'honneur de 
l'héroïne : « Que Jeanne fut vierge ou qu'elle ne le fut pas, c'est un mys- 
tère impénétrable... Qu'elle fut avant de paraître à la Cour la maîtresse du 
comte de Dunois ou de Baudricourt, c'est une chose que les faits constatés 
par l'histoire rendent bien peu vraisemblable.» L'auteur conclut ainsi: 
« Quoi qu'il en soit, que son apparition soit due à la politique ou qu'elle 
ait été ménagée par la Providence, il est certain que c'est à sa bravoure, à 
la confiance qu'elle inspira aux troupes du roi et a l'effroi dont sa présence 
frappa les Anglais que Charles VII dut la conservation de sa couronne. Si 
c'est la politique qui lui a mis les armes à la main, le hasard servit bien 
ceux qui imaginèrent ce stratagème, et l'on peut dire qu'ils se connais- 
saient bien en caractères. D'où purent-ils savoir d'ailleurs qu'il existait 
dans le royaume, une paysanne obscure de la trempe de Jeanne d'Arc? » 

:= Cet ouvrage fut traduit en allemand : Iéna, 1790, in-8. 



164. ESSARTS (Toussaint Lemoyne dit des), 1744-1810. — Procès fa- 
meux. Paris, 1786, 20 vol. in-18. 

T. I. 

165. MERCIER. - Portraits des rois de France. Neufchâtel, 1783, 
2 v. in-8. 

T. II, p. 1-36. 

L'auteur « par amour de l'humanité et de la Patrie veut rendre à cette 
héroïne la justice qui lui est due et s'élève avec l'indignation d'un bon 



AUTEURS DU XVIII e SIECLE 



109 



Français et d'un vrai philosophe contre le fanatisme et la barbarie des An- 
glais, l'ingratitude et la lâche indifférence de Charles VU, plus incroyables 
encore. » 



166. GUYOT (l'abbé), membre des Académies de Nancy et de Rouen. 
— L'histoire d'Angleterre représentée par figures gravées par David, 
graveur de Monsieur, membre de l'Académie des Beaux-arls de Berlin 
etc., accompagnées de Discours par Letourneur et l'abbé Guvot. Paris, 
1786, 2 vol. in 4. 

La Pucelle y est représentée, I. II, p. 73-78, pi. XVIII. 

— Le même. Paris, 1791. 
T. IV, p. 137. 




167. BL1\. — Jeanne d'Are ordonne aux Anglais de sortir de France. 
Paris, Blin, 1787, 1 f. in-4 grav. 



Se compose d'un texte gravé à 2 col. courte notice de Jeanne, en tête 
une fort jolie grav. très finement coloriée représentant Jeanne lançant sa 
lettre aux Anglais avec une arbalète. (Sergent del. Roger sculpt. en haut à 
gauche 0, à droite : n° 3). 



110 



HISTOIRES GENERALES 



= Réception de Charles VII à Reims. Paris, Bliii, 1791, 1 fol. gr. in-4 



grav. 



Texte gravé à 2 col. en tête une grav. coloriée signée Desfontaines del. 
Moret sculp. 




168. X... — Le siège d'Orléans en 1429. Paris, Depeuille, 1780, 1 fol. 
piano gravé. 

Extrait des Tableaux des François. 

La grav. représente Jeanne montant à l'assaut elle est signée Borel et 
Marchand. En légende : « On songeait à la retraite... lorsque la Pueelle 
après un demi quart d'heure revint. Elle courût au pied du Fort, y planta 
son étendard... Et ce même jour Jeanne et les François rentrèrent dans la 
ville par le pont, ainsi qu'elle l'avait assuré, o 



169. X... — Nouveau dictionnaire historique ou histoire abrégée de ions 
les hommes qui se sont fait un nom par... leurs vertus. Par une société 
de gens de lettres. Caen et Lyon, 1780, 9 v. in-8. 

Art. Arc et Charles VIL 



1 70. VOLTAIRE (F: Arouet de). — Arc (Jeanne d'). 

Dans le Dictionnaire philosophique, Amsterdam 1789, 8 vol. in-12, t. I. 
<< La plupart de nos historiens qvii se copient tous les uns les autres, 



AUTEURS DU XVIII e SIÈCLE 411 

supposent que la Pucelle lit des prédictions et qu'elles s'accomplirent. On 
lui fait dire qu'elle chassera les Anglais hors du royaume, et ils y étaient 
encore cinq ans après sa mort. On lui fait écrire une longue lettre au roi 
d'Angleterre, et assurément elle ne savait ni lire et écrire ; on ne donnait 
pas cette éducation à une servante d'hôtellerie dans le Barois, et son pro- 
cès porte qu'elle ne savait pas signer son nom... » 

Le même dans les OEuvres complètes, édit. Beuchot, t. XXVI, et réim- 
pressions : Paris, F. Didot, 1813, 14 v. in-18 ; Paris, Ménard et Desenne, 
1828, 14 v. in 18 ; Paris, Impr. Doyen, 1829,9 v. in-16 ; Paris, Hiard, 1833, 
U v. in-18. 



171. LEYEQLE (P. Ch.) — La France sous les cinq premiers Valois. 
Paris, De bure aine, 1788, 4 vol. in-12. 

Le t. IV est en entier consacré au règne de Charles, règne qui est assez 
bien écrit et assez exact. L'histoire de la Pucelle occupe les p. 78-lo9. 



172. POXCE. — Jeanne d'Arc brûlée par les Anglais à Rouen en 1431. 
[Paris, Ponce, 1700] in-fol. plan. grav. 

Extrait des Illustres Français. 

B. Nat. Ln 1 21. 

Nous signalons cet ouvrage uniquement pour dire que Ponce, après avoir 
réuni dans la même feuille, la liv c , Agnès Sorel et Jeanne s'exprime ainsi sur 
leurs rôles respectifs : « Agnès fut aimée de Charles VII et cet amour sauva 
la France et l'arracha des mains des Anglais. — Jeanne d'Arc ou du Lys, 
née à Domremi en Lorraine fut l'instrument dont les ministres de Chai les VII 
se servirent pour ranimer le courage de la nation et délivrer la France du 
joug des Anglais [ce furent donc les ministres qui délivrèrent la France ?] 
Jeanne étant tombée en leur pouvoir [des minisires'?] ils la firent brûler à 
Rouen... » Un portrait de Jeanne en buste d'après le tableau de l'hôtel-de- 
ville ; un bas-relief représentant la scène du bûcher, le tout très médiocre. 



173. ÎVOEL (F. J. M.) — Ephémérides politiques et littéraires. Paris, 
Neuville, 1700, 4 vol. in-8. 

— Le môme. Paris, Lenormant , 1803, et aussi 1812, 12 vol. in-8. 

Prix, 48 fr. t. I. 

174. GAILLARD (Gab. Henr.). de l'Académ. franc, et de l'Acad. des 
inscriptions. 1720-1800. — Histoire delà rivalité entre la France et 
l'Angleterre, Paris, 1771-77, 7 vol. in-12. 

— Le même, Paris, Biaise, 1818, 6 vol. in-8. 

T. IV, p. 60 et suiv. 

— Histoire de la querelle de Philippe de Valois et d'Edouard III, continuée 
par leurs successeurs. Paris, Moutard, 1774, 4 vol. in-12. 

T. III, p. 229-370 raconte tout au long l'épisode de la Pucelle. 



H2 HISTOIRES GÉNÉRALES 

175. X... — * Histoire | de | Jeanne d'Arc, | ou la | Pueelle d'Or- 
léans, | avec les détails de sa vie militaire. S. nom. Orléans, Letourmy, 
S. D. in-18 de 07 p. 

B. Nat. Lb 26 97. 

Assez bonne notice avec un bois, le poitrail de l'hôtel-de-ville d'Orléans 
dans un cartouche enguirlandé « Jeanne d'Arc dite la Pueelle d'Orléans. » 
Les 5 dernières pages sont une « Notice des éditeurs sur les mémoires rela- 
tifs à la Pueelle d'Orléans. » 

« On ne peut, sans se rendre coupable d'injustice et d'ingratitude, con- 
tester à Jeanne d'Arc un des premiers rangs des héros de notre nation. Les 
Français doivent éternellement chérir et respecter sa mémoire. Elle se 
crut réellement inspirée, mais elle ne l'était que par son zèle et son cou- 
rage, au-dessus de tout ce qu'on prèle aux héros de la fable et de l'histoire : 
les effets seuls distinguent l'enthousiasme vertueux du fanatisme. >» 



— Le même. Histoire de Jeanne Darc ou la Pueelle d'Orléans, contenant 
les détails de sa vie militaire, son procès et sa fin malheureuse à Rouen. 
Nouvelle édition. Rouen, Lecrène-Lahhey , 1811, in-18 de 96 p. 

Avec le même portrait. Se termine par une chanson assez médiocre sur 
la Pueelle. 

Fait partie de la Bibliothèque bleue. 



— Le même. Paris, Gennequin, [1825], in-12 de 95 p. avec le bois. 

— Le même. Rouen, Leeresne, [1844], in-18. 

Prix, 1,30. 



176. A\QUF/riL(L. P.) de l'Institut. —Histoire de France. Paris, 
Ja.net, Cotelle, 1797, 9 vol. in-12. 

Anquelii introduit au milieu du règne de Charles VII, en guise d'épisode, 
l'Histoire de Jeanne d'Arc qui est racontée assez exactement et dans lequel 
il est assez élogieux pour l'héroïne en reproduisant les appréciations du 
P. Daniel et de Villaret. Mais il conclu I ainsi sur la question d'inspiration : 
'< Un sage qui avait vu admirait et hésitait de prononcer. Imitons sa cir- 
conspection, nous qui ne savons que par le rapport d'autrui ; mais nous en 
savons assez pour assurer que l'histoire ne présente pas une autre héroïne 
de dix-sept ans, modèle de bravoure dans les combats, de sagesse dans les 
conseils, de sévérité dans les mœurs, inébranlable dans ses résolutions, 
marchant toujours d'un pas ferme à son but, voyant avancer une mort 
cruelle sans se troubler, sans regretter les hautes destinées qu'elle pouvait 
légitimement se promettre et à laquelle enfin il sérail dif fi cille de trouver 
un défaut. » 



Le même. Paris, Janet et Cotelle, 1805, in-12. 
T. IV, p. 281 et suiv. 

— 1807, 12 vol. in-12. 



AUTEURS DU XVIII e SIÈCLE 113 

— — — 1818, S vol. in-8. 

_ _ _ 1818-20, 13 vol. in-8. 

— — Paris, Lecointe et Duvet), 1822, 15 vol. in-18. 
T. V, p. 31-39. 

— — Paris, Janet Cotelle, 1826-28, 13 vol. in-8. 

— — Paris, Desrez et Beauvais, 1830, 4 v. gr. in-8 à 2 col. 
Collection du Panthéon littéraire (. I. p. 369-400. 

— — Paris, Heideloff, 1837, 4 v. in-8. 

— — Paris, Fume, 1857. 5 v. gr. in-8. 
Grav. de Philippart relatives à noire sujet. 

— — Paris, Fayard, 1860, gr. in-8. 

177. FOXTEXA1 (l'abbé de). — Galerie du Palais-Royal, gravé d'après 
les tableaux... qui la composent avec... une description bislorique de 
chaque tableau. Paris, J. Couche, 1786-1803, 3 v. gr. in-fol. et 355 fig. 
grav. par S'-Aubin, Couché, Delaunay, Delignon, Bacquoy, Lemire. 

59 livraisons. Vente Morcand, 800 fr- 



F. — XIX e siècle. Historiens «le Charles Vil. 



178. BOISSY D'AXGLAS. — Mémoire où l'on examine particuliè 
rement quelles furent les poursuites auxquelles donna lieu contre Char- 
les, Dauphin de France, le meurtre du duc de Bourgogne commis au 
pont de Montereau, gr. in-8, de 40 p. 

Extrait des Mémoires de l'Académie des Inscriptions et belles lettres, 1818, 
p. 545-o84. 

Nous citons cet art. quoi qu'il n'y soit pas traité de Jeanne, parce qu'il 
est relatif à l'un des épisodes du xv e s. les plus importants par ses con- 
séquences. 

Cf. le Journal de Verdun, oct. 1733. 



179. PIGAULT=LEBRLÏ\, membre de la Société philotechnique. 
— Histoire de Charles VII le victorieux. Paris, Barba, 1827, in-12 de 
VIII, IV el 230 p. 

B. Nat. Lb 26 7. 

Histoire faite dans un 1res mauvais esprit ; nous présente Jeanne comme 
une servante de cabaret, simple aventurière, douée du don de seconde vue. 
M. Pigaull reproduit à ce sujet toute la théorie d'un sieur Johnson, p. 50- 
400. 



180. DELAXDIXE de Saint-Esprit. — Charles VII, Paris, Débécourf, 
1843, in-12, de 43 p. 

Extrait de son Histoire des querres d'invasion, maison de Valois, p. 333- 
376. 



— Le même. Paris, Aubry, 1 844. 

Extrait des Fastes de France, 12 vol. in-12 ou 4 in-4. 

181. DA\SI\ T (Hipp.), ancien élève de l'Ecole Normale, prof, au Lycée 
de Strasbourg. — Elude sur le gouvernement de Charles VIL Thèse 
présentée à la Faculté des lettres de Paris. Str-asbourg, Imprim. Silber- 
mann, 1856, in-8, de 208 p. 

B. Nat. Lb 26 82. 



HISTORIENS DE CHARLES VIT 115 

— Le munie sous le lilre de : Histoire du gouvernement de la France pen- 
dant le règne de Charles VU. Paris, Durand, 1858, in-8 de 443 p. 

B. Nat. Lb 2G 86. 
CR. Correspondance littéraire, 1857, p. 33-35. 

182. CHÀSLES (E.) — Une question de justice historique. Le carac- 
tère de Charles VIL Paris, 1856, in-8, de 20 p. 

Extrait de la Revue contemporaine 30 juin, 1836, p. 310 28. 
Article dans lequel l'ouvrage .d'Henri Martin est vivement critiqué-. 

183. GAVEAl' (TabbéAbel), — La mission de Charles VIL Extrait 
delà Civilta Catlolica, traduit par M. Gaveau. Paris, Pion, S. date 
in-8» 

Prix, 0,00. 

184. LÉLILS. — Charles VIL [Paris, Lehuhy, vers 1860], in-8 de 
Il p. 

Portrait hors texte de Charles VII d'après la Galerie de Versailles; 

Extrait des Rois de Franco, 06 grav. sur acier d'après les tabl. aullient. 
du Musée de Versailles, accompagnées d'une notice histor. par Lélius. 
P. 131-47. 

La moitié de cette notice est consacrée au récit de l'épisode de Jeanne 
d'Arc. En voici la conclusion : 

« Si Charles Vit a bien mérité de la Franc»', il fut bien servi lui-même 
par le peuple de France, dont Jeanne d'Arc est une sublimé révélation, 
par les vainqueurs de Formignies et de Châtillbn, par le robin Jean Bu- 
reau, par le trafiquant Jacques-Cœur. 11 fut bien servi par tous ces dévoue- 
ments, mais le bûcher de Jeanne d'Arc, la spoliation et l'exil de Jacques- 
Cœur sont une tache à sa mémoire, et la postérité l'a appelé Charles-le- 
bien-servi pour river à son nom, comme un reproche éternel, le souvenir 
des services qu'il a si mal reconnus. Charles manquait des qualités actives 
du cœur, dont la reconnaissance est la plus rare. » 

185. VALLET, de Viriville. — * Charles Vil roi de France et ses con- 
seillers (1403-1461). Paris, Dumoulin, 1859, in-8 de 64 p. 

CH. Gazette dis heaux-arts 1859, p. 373. 

186. VALLET, de Viriville.— * Histoire de Charles Vil roi de Fiance 
et de son époque (1403^1461). Paris, Veuve Retiouard, 1862-65$ 3 vol. 
in-8 de 488, 102 et 512 p. 

Prix 22 fï. b'O. Vente de Bouteiller 1888, dem. mar. 9 f. 

B. nat. Lb i6 87. 

La couvert, du I. I, porte la date de 1863. 

Ouvrage fort important auquel l'Académie a décernéjj le grand prix Go- 
bert de 20.000 fr. Vallet atilisa les travaux inédits de Gaspard de Fonta- 



HISTORIENS DE CHARLES VII H7 

nieu, conseiller d'Etat au xvm c s. Cette hist. de Charles VII, restée manus- 
crite, se trouve à la Bibl. Nat. suppl. fr. n° 480o. m- fol. de 430 1T. Plusieurs 
fragments de cet ouvrage avaient déjà été publiés: Bullet.de laSoc.de 
l'hist. de France, 18€i , p. 111 ; Biblioth. de l'Ecole des Chartes, 1862, p. o4 ; 
Bullet. du bibliophile 1863, p. 13-34. 

Le t. I, expose les faits antérieurs à la venue de la Pucelle ; le t. II, est 
presque en entier consacré à Jeanne, années 1424 à 1444 ; le t. III, ter- 
mine le règne, il est muni d'une table analytique. 

« Le nom de Jeanne Darc, dit M. Vallet en tête de son second vol., suftit 
bien à lui seul pour dénommer cette période. Aussi, lui avons nous consa- 
cré un livre spécial de cet ouvrage que Jeanne d'Arc remplit tout entier. 

J'avouerai sans peine que j'ai tremblé devant ce redoutable modèle. 
Comment en effet prendre la parole sur ce thème amplifié si souvent et 
après tant de voix éloquentes? Tout homme de sens en pareil cas voit se 
poser devant lui ce dilemme : ou justifier son entreprise par quelque nou- 
veauté, ou se taire. Dans le domaine des arts Jeanne d'Arc a tenté de nom- 
breux concurrents et, parmi ceux-ci, des maîtres de premier ordre. Pein- 
tres, sculpteurs, graveurs, poètes, dramaturges, romanciers, ont de siècle 
en siècle abordé cet immortel programme. Quel est cependant en ces 
divers genres, le monument que l'on puisse citer? 

Ce qui est vrai du portrait physique s'applique — de moins en moins — 
jusqu'à nos jours au portrait moral. Or l'histoire aussi est une œuvre de 
science et une œuvre d'art. De la science, les productions historiques 
tiennent la vérité, qui en est la propre vie: l'art peut y ajouter l'illusion et 
le prestige. 

Instruit par ces exemples, nous nous sommes attaché, avec une modestie 
prudente et intéressée à traiter la figure de la Pucelle en subordonnant l'art 
à l'exactitude. Nous avons contenu chez nous les battements du cœur qui 
troublent la main : bien convaincu que, môme sans interprète, l'émotion 
dans un pareil sujet, se propage directement du fait au lecteur. 

Il est un point sur lequel je demande la permission d'insister. L'histoire 
et le caractère de la Pucelle sont assurément extraordinaires et tout à fait 
propres à cette héroïne. Cependant, et c'est là le point que je désire éclai- 
rer, on se tromperait gravement si l'on voyait dans cette admirable figure 
un personnage destitué de tout lien d'analogie avec ses devanciers et 
ses contemporains. En approfondissant mes recherches sur l'histoire du 
xv c s., j'ai retrouvé plusieurs des attaches visibles qui unissent cette femme 
illustre, sans l'amoindrir, au milieu d'où elle a surgi. Ainsi j'ai signalé, 
peut-être le premier, dans ce livre, l'aide sensible que prêtèrent à la Pu- 
celle certaines doctrines religieuses et populaires ; doctrines qui se propa- 
geaient alors principalement au sein des ordres mendiants, puis par eux 
au sein de la société chrétienne. Mais ce que je n'ai pu dire avec une suffi- 
sante étendue c'est le nombre et l'histoire de toute une série de personna- 
ges qui ont été directement soit les précurseurs, soit les imitateurs (plus 
ou moins bien inspirés !) de la Pucelle. » 

On a reproché à Vallet d'être sévère pour Charles VII ; voici comment 
l'auteur repousse par avance ce reproche '. 

« Parmi les critiques, si bienveillantes d'ailleurs, qu'a obtenues le pre- 
mier vol. de celte Histoire, on m'a conseillé de me tenir en garde contre la 
sévérité de mes jugements. Après avoir lu ce tome I, de savants confrères, 
animés en faveur de Charles VII d'une certaine appréhension, ont redouté 
d'avance la note que j'attacherais publiquement à celui qui laissa prendre 
et qui laissa mourir la Pucelle. Ces voix amies, qu'on me pardonne l'ex- 
pression, m'ont en quelque sorte crié grâce pour leur roi. 

L'historien vraiment digne de ce titre n'accorde pas de grâces et de 
même, il ne fulmine point d'anathèmes. Les rois et les bergers sont 
égaux devant son tribunal. Mais ses arrêts ne valent que par leurs considé- 
rants, c'est-à-dire les faits et les preuves. Ils n'ont d'autre sanction que 
.l'assentiment du public éclairé,, qui le juge à son tour pièces en main. -J'ai 
montré Charles VII vis à-vis de Jeanne Darc, tel qu'il m'est apparu à la 
lumière de l'histoire. » 

CR. par du Fresne de Beaucourt dans Correspondance littéraire, 1862, p> 
71, 18*53, p. 176 ; 



US HISTOIRES GÉNÉRALES 

187. BEAUÇOURT (G. du Fresne de). — Une nouvelle histoire de 
Charles VII, compte-rendu de l'ouvrage de M. Vallet de Viriville, 18(32- 
1865. Paris, Imprim. de Divry [1866] in-8. 

Tirage à part de la Revue bibliographique, 1866. 

B. Nat. Lh S6 88. 

Cherche à laver Charles VII des accusations portées par Vallet dans l'ou- 
vrage précédent. 



188. VALLET de Viriville. — Mémoire sur les institutions de Char- 
les VII. Paris, Dumoulin, 1872, gr. in-8 de 115 p. 



Tirage à part de la Biblioth. de l'Ecole des Chartes, 1872, p. 5 118. 

Cette étude complète la liste des travaux de Vallet sur le règne de 
;s VU. 

Cf. Guizot, Méin. de l'Acad, des sciences et polit. 1863, p. 811-817. 



1 89. BEALTOl RT (G. du Fresne de). — * Le caractère de Charles VII. 
Paris, Palmé, 1875, in-8, de 22i p. 

Tiré à 50 ex. Tirage à part de la Revue des quest. histor. oct. 1870, (t. IX, 
p. 347-406), avril 71, (t. XII, p. 71-122], juill. 72, (XIV, p. 61- 128), janv. et 
avril 75, (t. XVII, p. 153-196 ; 375-438). 

« Il faut bien reconnaître que Charles VII n'a point été jugé d'une ma- 
nière équitable, son caractère a été mal apprécié parce qu'il a été mal 
connu. Nous ne saurions avoir la prétention de formuler ici un jugement 
définitif, nous n'avons pu dans ces pages à la fois trop longues et trop 
courtes, rectifier toutes les erreurs, exposer tous les faits et montrer cette 
grande figure royale sous un jour complet. Notre seule ambition a été de 
la faire revivre dans ses traits véritables et - sans parti-pris d'apologie, fai- 
sant la part de la lumière et des ombres, de permettre au lecteur d'asseoir 
son jugement non plus sur des faits tronqués, erronés ou mal interprétés, 
mais sur un ensemble de renseignements certains et irréfragables, sur des 
documents nouveaux ou mieux présentés, sur des témoignages dont per- 
sonne ne saurait contester l'importance et la valeur. Ceci n'est et ne pou- 
vait être qu'une ébauche. Le temps et le personnage exigent une plus vaste 
toile ; nous essayerons de l'offrir un jour au public, guidé toujours par 
l'amour de la justice et de la vérité. » 

Cf. sur le même sujet, du même auteur, Bullet. de la Soc. de l'hist. de 
France 1S64, II, p. 123-53 ; [167-98 ; 449 51, Chronique de Mathieu d'Escou- 
chy. 



190 BEAUÇOURT (G. du Fresne de). - * Histoire de Charles Vil. 
Paris, Soc. bibliographique Tardieu, 1882-91, fi vol. in-8, de lxxxvii- 
480 ; fififi ; 5ii ; 595 ; et un album de fac-similés et portraits. 

Prix 62 fr. 

B. Nat. Lb 26 210. 

L'Académie des Inscriptions a aussi accordé à cet ouvrage le grand prix 
Gobert. T. I. Le Dauphin ; t. II, Le roi de Bourges ; t. III, Le réveil du roi ; 
t. IV, L'expansion de la royauté ; t. V, Le roi victorieux ; t. VI, La fin du 
•rèene. 



HISTORIENS DE CHARLES VII H 9 

Dans le tome II, presque en entier consacré à Jeanne d'Arc, M. de Beau- 
court célèbre avec un éloquent enthousiasme l'intervention de l'ange de la 
victoire. Il montre comment « le bras de Dieu, qui avait si longtemps fait 
sentir à la France le glaive de la justice divine, s'étend sur elle pour l'arra- 
cher à une ruine presque certaine. » 

Apres avoir lavé Charles VII de la triple accusation d'immoralité, d'amour 
du plaisir, d'inertie, M. de Beaucourt, inspiré des meilleures intentions, 
cherche, chap. V, à montrer le mal fondé des reproches d'ingratitude et 
de trahison à l'égard de Jeanne que lui ont adressés la plupart des histo- 
riens, Quicherat et Vallet notamment. C'est « à la lueur de tous ces docu- 
ments » qu'il étudie la conduite de Charles VII depuis l'apparition de 
Jeanne à Chinon jusqu'au jour fatal où elle tomba aux mains des ennemis 
de la France. De cette élude il résulte que Charles n'a été pour Jeanne ni 
un ingrat ni un traître « Nous devons constater que, sans l'initiative 
royale, sans la persévérante énergie déployée par Charles VII durant plu- 
sieurs années, le but n'aurait pas été atteint. Sans lui le solennel hom- 
mage, rendu si nécessaire par les obcurités et les calomnies du procès de 
Rouen, n'eût pas été rendu par l'Eglise à la Pucelle : sans lui, cette grande 
et pure figure, aujourd'hui l'objet d'un concert unanime de respectueuse 
admiration, n'eût pu recevoir l'éclatante lumière de la réhabilitation. L'ar- 
rêt de réhabilitation doit, ce nous semble, servir d'excuse à Charles Vil de- 
vant la postérité pour avoir imparfaitement répondu à la grâce divine 
pendant la mission de Jeanne et pour avoir oublié ou méconnu un instant 
ses devoirs de roi, au risque d'encourir le reproche d'ingratitude envers 
celle qui l'avait sauvé. » 

Le t. V, (Paris, Alph. Picard, 1890) contient La réhabilitation de Jeanne 
d'Arc, 1450-1456. 

CR. de Léon Leceslre dans Bihl. de l'Ecole des Charles 1886, p. 120 ; de 
J. Cornély dans le Clairon du 3 janv. 83. « Histoire de Charles VII, tome 
second. » 



101. ZELLER(B.) et A. LUCHA1RE, docteurs ès-lettres. —Char- 
les VII et la monarchie absolue (1438-1461). Paris., Hachette, 1886, in- 
16, de VIII- 176 p. 

B. Nat. Lh 26 232. 
Prix, 0,50. 

Ce sont des extraits d'Enguerrand de Monstrelet, de Mathieu de Coucy, 
de Thomas Basin, du Journal d'un bourgeois de Paris, de Jacques du Clercq, 
d'Olivier de la Marche, etc.. illustrés de quinze gravures. 

Ce petit, vol. de documents fait suite à celui cité suprà sous le n° 10. 
Nous le plaçons ici parce qu'il intéresse plus le règne de Charles VII que 
l'épisode de la Pucelle. 



G. — XIX e siècle. Histoires savantes et critiques. 

192. CHAUSSARD (P. J. B. Publicola), prof, de belles-lettres au ly- 
cée d'Orléans, meirib. de plus. soc. sav. 1766-1823. — * Jeanne d'Arc 
recueil historique et complet. Orléans, Darnaiill-Maurant , 1806, in-8 
en 2 part. Xll, 24 et 500 p. 




B. Nat. Lb 2G 34. 
Vente de Latour, demi-veau (Dupré), S fr. 

Trois grav. au trait: 1, Statue de (iois par C. Normand (que nous repro- 
duisons ci-dessus) ; 2, monument de l'ancien pont de 14o8 ; 'i, Portrait de 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 121 

la Pucelle à cheval d'après la grav. de Léonard Gaultier dans L'ouvrage de 
Hordal, 1012 et dans celui de Charles du Lys. 

Cette hist. n'est que le résumé de l'Averdy, t. III des M s de la Bibl. du 
roi (voy. infrà, n° 1213). Elle est précédée d'un « Coup d'oeil sur le règne 
de Charles VII » et suivie d'un « Projet d'inscriptions pour le monument 
de Gois », d'une « Dissertation sur les portraits de Jeanne », d'une << Notice 
sur les monuments érigés à Rouen et à Orléans. » La bibliographie est ti- 
rée uniquement de la Biblioth. historique de la France, du P. Lelong, re- 
vue par Fevret de Fontette, t. II, n os 17172 et suiv., ouvrage qui avait déjà 
été pillé par Lenglet Dufresnoy. 

Ce volume fut publié à l'occasion de l'érection de la statue de Gois. il est 
dédié à M. Grignon-Désormeaux, maire d'Orléans. Voici comment l'auteur 
explique son but : 

« L'analyse des m s publiés par M. de l'Averdy est peu connue, elle est 
même en quelque sorte hors de la circulation commune puisque ce vo- 
lume fait partie de la collection des Mémoires de VAca<lém. des inscriptions 
el belles lettres. Notre but a été de donner à cette analyse plus de publicité 
en la réduisant sous un format plus commode et moins dispendieux un 
nouveau caractère d'authenticité en reconnaissant de nouveau sa valeur, 
enfin un intérêt plus piquant, plus direct, en bornant ces recherches à la 
juste mesure de la curiosité historique. » 

Voici les cinq problèmes indiqués par Chaussard : 

1° J. d'Arc a- 1- elle été l'instrument delà religion ou celui de la poli- 
tique ? 

2° A-t-elle été soustraite au supplice et faudrait-il absoudre le fanatisme 
du crime d'avoir livré cette héroïne aux flammes ? 

3° Est-il vrai que cette tragédie n'eut lieu que pour ouvrir en France à 
l'horrible Inquisition un chemin de feu et de sang? 

4° Que sont devenues les minutes originales des pièces du procès? A t-on 
l'espérance de les recouvrer? Quel est le degré d'authenticité des copies 
manuscrites ? 

5° Les traits de J. d'Arc sont-ils parvenus jusqu'à nous? 



193. BERRIAT SA1\T-PRIX, profess. à la Faculté de droit de Pa- 
ris, membre de l'Institut. — * Jeanne d'Arc ou coup d'œil sur les révo- 
lutions de France au temps de Charles VI et de Charles VII et surtout de 
la Pucelle d'Orléans, avec un itinéraire exact des expéditions de Jeanne 
d'Arc, son portrait, deux cartes, l'une du siège d'Orléans, l'autre du 
théâtre de la guerre, plusieurs pièces justificatives inédites et des tables 
alphabétiques et chronologiques. Paris, Pillet, 1817, in-8 de 368 p. 

Pap. verg. deux cartes, port, gravé au trait : Jeanne à mi- corps, corsage 
ouvert et lacé, chapeau à plumes, son épée nue dans la main gauche. Nous 
en donnons ci-joint la reproduction. 

B. Nat. Lb 86 37. 

Prix 6 fr. ; ventes de Latour, dem. mai. vert tète dorée 5 fr., de Bou- 
teiller, 1888, dem. mar. 2 fr. 

Berriat est le premier auteur qui ait donné un tableau chronologique de s 
•itinéraires de la Pucelle, f Joseph Fabre dans sa Jeanne d'Arc, 1S.S3, p. 249- 
301 reproduit ce tableau des itinéraires avec additions et rectifications), son 
admiration pour la Pucelle est grande, mais on lui a reproché un certain 
septicisme et un esprit ouvertement rationaliste. 11 semble croire que 
Jeanne se soit prêtée à un arrangement concerté entre le roi et qq. géné- 
raux, ce qui est démenti par tous les documents. 

Berriat « ne pense pas être au temps où il soit nécessaire d'appeler dans 
l'histoire l'intervention divine. 11 consent à reconnaître que tous les événe- 
ments sont réglés parles décrets de la Providence, mais il ne croit pas 



122 



HISTOIRES GENERALES 



qu'il faille supposer qu'elle ait eu !»■ dessein d'agir miraculeusement lors- 
que les faits sont susceptibles d'une explication naturelle. Il ne lui paraît 
pas plus raisonnable d'adopter sur Jeanne d'Arc la croyance de nos aïeux 
qui la regardèrent comme surnaturellement inspirée et chargée d'une mis- 
sion divine, qu'il ne le serait d'embrasser les calomnies des Anglais qui la 
traitèrent de sorcière et de magicienne. Cédant au civisme et à l'enthou • 
siasme dont elle fut animée, dit-il, son propre génie lui suggéra seul la 
grande entreprise qu'elle eut le courage et le talent d'exécuter La cour 
n'eut d'autre mérite que de lui fournir les occasions qu'elle sollicitait. » 




Les notes et pièces justificatives sont plus importantes que le texte qui 
n'occupe que 96 p. Une partie de ces pièces avait déjà été publiée dans le 
Magasin encyclopédique, 1802, t. I, p. 179 : Notice d'un M s original de la 
Bibl. île Grenoble, contenant les poésies d'Astésan etc... lue le 22 mars 1800 
à VAcadêm. de Grenoble. Voir le C. R. du Journal des savants, novem- 
bre 1817. 



194. LE BRUN DE CHARRETTES, sous-préfet de Saint-Calais. 
— >ï< Histoire de Jeanne d'Arc surnommée la Pucelle d'Orléans, tirée de 
ses propres déclarations, de cent quaranle-qualre dépositions de témoins 
oculaires et des manuscrits de la Bibliothèque du Roi et de la Tour de 
Londres, orné du porlrait de J. d'Are ot de sept jolies figures. Paris, 
Arthus Bertrand, 1817. 4 vol. in-8 de XVI-451 ; 430 ; 455 ; 458 p. 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 123 

B. Nat. Lb 2 ' 3 30. 
Prix 2o f. ; ventes de Latour, dem. vél. 4,50 ; de Bouteiller, 3 IV. 
Les fig. sont fort mauvaises : 

1° Portrait de Jeanne d'après le tableau de l'hôtel-de-ville (Vauzelles del. 
Couché se.) Le catal. du Musée d'Orléans par Mantellier ne dit. pas que ce 
portrait soit tiré de cet ouvrage ; il le fait figurer par erreur dans les pro- 
ductions du xvn e s. 

2° Vue de la maison o i naquit la Pucelle (Vauzelles). 

3° Vue de l'intérieur de la chambre où naquit la Pucelle (Vauzelles). 

4° Entrée de Charles VII et de la Pucelle dans la ville de Reims (Chas- 
selat). 

5° Ruines du château de Meun-sur-Yèvre (Vauzelles . 

6° Vue de la grosse tour où la Pucelle fut enfermée (Vauzelles). 

7° La Pucelle en habit de religieuse écoutant sa sentence de mort (Chas- 
selat). 

8° Vue du monument élevé à Rouen à l'endroit où périt la Pucelle (Vau- 
zelles). 

Toutes ces gravures ont été faites par Couché, elles portent l'indication 
du livre et la pagination. 

« Il y a dans celte œuvre, dit M. J. Fabre, quelque talent, beaucoup de 
sagacité et infiniment de conscience. » L'auteur, en effet, éclaircit sage- 
ment les faits obscurs et montre une critique hostile dans la solution des 
problèmes. 

Après avoir exposé dans une introduction historique de 220 p., où l'on 
rencontre des aperçus lumineux, tout ce qu'il croit nécessaire à la connais- 
sance de l'état de la France et de l'Angleterre à l'époque de la Pucelle, 
l'auteur fond et lie dans son récit la générosité des circonstances dissémi- 
nées dans les pièces des deux procès et de nombreux extraits des chroni- 
queurs et des historiens. 11 donne à son récit un développement, une exac- 
titude, un intérêt el une chaleur qui le rendent bien supérieur à tout ce 
qui avait été écrit jusque-là. Les procès y sont analysés avec un soin ex- 
trême. Celui de révision notamment y est donné jour par jour avec une 
grande exactitude. 

Le livre XVI e et dernier est intitulé : « Exposition des divers systèmes 
par lesquels on a voulu expliquer l'avènement de la Pucelle. » L'auteur les 
réduit à quatre et les expose avec leurs arguments et leurs objections : 

« Le premier système, celui des Anglais au xv e s., attribuait tous les 
succès de la Pucelle aux merveilles de la magie. Le second consiste à re- 
garder J. d'Arc comme une espèce de Mahomet, comme un de ces génies 
hardis et habiles, qui, à l'aide d'un feint enthousiasme, séduisent et 
trompent des nations pour s'en faire les arbitres. Le troisième système 
présente la Pucelle comme une jeune fille ignorante et fanatisée, mais dé- 
sintéressée et vertueuse, dont quelque politique se sera servi, comme d'un 
instrument aveugle, pour jeter la terreur dans les armées anglaises, rendre 
le courage aux Français et sauver la Monarchie. » L'auteur à ce propos 
expose et rélute le système de M. Caze (186o) qui faisait de J. d'Arc la fille 
incestueuse d'Isabeau de Bavière el du duc d'Orléans. Enfin Lebrun mon- 
tre Jeanne réellement choisie par le Ciel pour délivrer la France, favorisée 
d'apparitions célestes et de révélations divines ; il fait très lumineusement 
ressortir tout le merveilleux de ses hauts faits et passe en revue ses nom- 
breuses prédictions, en montrant qu'elles se sont toutes réalisées. A remar- 
quer à ce sujet une page extraite du Registre des comptes de Brabant, éta- 
blissant que Jeanne avait prédit la blessure qu'elle devait recevoir quinze 
jours plus tard devant Orléans. 

« Rappelez-vous la mort terrible de ses persécuteurs ; rappelez-vous les 
merveilles qu'elle avait accomplies ; joignez h ces faits le témoignage de 
cette multitude de témoins qui tous déposent de sa douceur habituelle, de 
sa patience, de sa bonté, de sa candeur, de sa modestie, de son humilité, 
de sa chasteté, de sa charité, de son courage, de son désintéressement, de 
sa générosité, de sa piété tendre et brûlante ; prononcez ensuite si une 
âme si pure était digne ou non de recevoir les secrets de la divinité, et s'il 
y a eu une manifestation suffisante de la part du Ciel pour le croire. Je 



124 HISTOIRES GÉNÉRALES 

m'aperçois, dit en finissant l'auteur, qu'en réfutant les systèmes qui attri- 
buent les faits de la Pueelle à l'intervention humaine, j'ai suffisamment 
exposé le système contraire, qui consiste à y reconnaître la main de Dieu. 
Que si l'on demande à l'auteur de cette histoire quelle est son opinion par- 
ticuière sur Jeanne d'Arc et les merveilles de son avènement, il se conten- 
tera de répondre dans toute la simplicité de son cœur : je suis Français, je 
suis chrétien. » 

C. R. dans les Annales encyclopédiques, fév. 1818 ; Daunou, Journal des 
Savants, 1817, p. 687-94 ; Débats, août 1817 ; Gazette de France, 17 oct. 1817. 

Cette histoire a été traduite en allemand par de Lamothe Fouqué, en 
1826 (Voy. infrà, n° 526), et a fourni les éléments à plusieurs autres ou- 
vrages. 



19o. CAZE (Pierre). — * La vérité sur Jeanne d'Arc ou éclaircissement 
sur son origine. Paris, Ifosa, Londres, Treuttel et Wurtz, 1819, 2 vol. 
in-8 de 350, 352 p. 

B. Nul. Ln 27 534. 

Prix 12 f. ; ventes de Latour, dem. mar. 7 f. ; de Bouteiller, dem. rel. 
4 f. 

Cet ouvrage n'est que le développement des observations critiques et his- 
toriques qui suivent la tragédie de P. Caze, intitulée La mort de Jeanne 
d'Arc publiée en 1805, (Voy. infrà, n° 1786). Le système soutenu par Caze 
est des plus extravagants, des plus invraisemblables, quoique intitulé « Vé- 
rité... » 11 cherche à prouver que Jeanne était la fille d'Isabeau de Bavière 
et du duc d'Orléans, l'ouvrage n'a pas d'autre but. 

Caze commence, à propos de l'inspiration de Jeanne, par faire la critique 
des ouvrages de Berriat Saint-Prix et le Brun de Charmettes, qui venaient 
de paraître peu de temps auparavant : « Pourquoi nous astreindre à pen- 
ser que l'entourage du roi, en apprenant qu'il existait à Domrémy une 
jeune fille, véritable prodige d'intelligence, de vertu, de piété, d'enthou- 
siasme, d'amour pour son pays et pour la famille royale, n'ait pu être en- 
traîné par la connaissance de toutes ces particularités, à l'idée, à la volonté 
d'en faire usage et de diriger la jeune fille conformément à ses heureuses 
dispositions ? 

De quelque génie enthousiaste et patriotique que l'on veuille la gratifier, 
sera-t-il croyable que, seule, elle ait pu concevoir l'entreprise la plus auda- 
cieuse, la plus vaste, la plus extraordinaire qui fût jamais ? N'est-il pas 
plus probable de rencontrer les causes d'un si grand phénomène dans un 
concours de forces et de choses, que dans la volonté d'une villageoise sans 
expérience, dont le génie et l'enthousiasme civique exigeaient au moins 
qu'on leur indiquât et qu'on leur préparât les moyens d'agir ? 

Mais avant que de grands succès eussent signalé son mérite et provoqué 
l'enthousiasme, est-il raisonnable de penser que, sur la foi de ses seules 
promesses, le roi, les princes du sang, la noblesse et les généraux se soient 
((('terminés à fouler aux pieds tous les privilèges du rang, au point, de lui 
donner ou de lui laisser prendre le commandement de l'armée"? Un pareil 
bouleversement dans les idées monarchiques ne parait n'avoir pu être que 
le produit d'un prestige dont cette fille était déjà environnée. Ce prestige, 
d'après l'observation rétléchie et le rapprochement des faits, m'a semblé 
devoir être celui de la naissance. 

Maison découvrir la véritable mère de Jeanne d'Arc? La femme de 
Charles VI, Isabelle de Bavière passait ouvertement pour entretenir un 
commerce incestueux avec le duc d'Orléans frère du roi. L'enfant qui en 
provint mourût, disent tous les historiens, vingt-quatre heures après s;i 
naissance. Je regarde cette mort comme supposée et je me fonde sur 
l'extrême intérêt qu'avait la reine elle duc de soustraire aux yeux accusa- 
teurs de la Cour et de la ville le vivant témoignage de leur crime. N'est-il 
donc pas bien naturel de présumer que, pour tromper des haines prêtes à 
éclater, le duc d'Orléans lit passer pour morte l'enfant dont il s'agit, après 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 125 

l'avoir fait disparaître et l'avoir remise en mains sûres pour la faire secrè- 
tement élever '? 

Caze suppose que le secret révélé au roi par Jeanne lors de l'entrevue de 
Chinon était celui de sa naissance. 11 développe longuement ce système et 
essaye de le défendre contre les critiques et les objections que le Brun de 
Charmettes lui avait faites dans son Hist. de Jeanne d'Arc. 

A la fin du tome II, se trouve un supplément avec pagination à part de 
80 p. intitulé : Fragmens d'un poëme sur le même sujet, par le même au- 
teur, divisé en quatre chants : 

Après avoir étudié de quelle façon les poètes ont traité Jeanne d'Arc, et 
comment ils auraient dû le faire, Caze dit : « Séduit par de semblables 
considérations, j'ai osé moi-même entreprendre un poëme fondé sur les 
idées qui ont été développées dans cet écrit au sujet de l'amazone fran- 
çaise. Les trois premiers chants que j'en publie étaient composés avant nos 
désastres. Le cœur brisé de tant d'infortunes, j'ai senti ma veine se refroi- 
dir et mon travail est demeuré interrompu. » 

Voici le début du chant premier : 

« Archange dont les Cieux vénèrent la puissance, 
toi qui d'Orléans protégeas la constance, 
Chante ses défenseurs ; associe à ta voix 
La harpe séraphique et chante les exploits, 
• Les prodiges guerriers de la vierge amazone 
Qui vengea sa patrie, et son prince et le trône, 
Qui, des Français trahis ranima la valeur 
Et brisa de l'Anglais le sceptre usurpateur. 
Dis quel rayon céleste éclaira l'héroïne, 
Dis quelle ombre a voilé sa royale origine 
Et dis quelle vertu, quel ascendant vainqueur 
A des travaux si grands excita son grand cœur. 
Les filles du printemps, les Heurs et la verdure 
Commençaient à renaître au sein de la nature. 
Sur ces bords émaillés, où la Vienne en son cours, 
(lliinon, baigne tes murs, en redis les contours, 
L'aurore soulevant son urne orientale 
Epanchait le rubis, et la perle et l'opale... » 

Ces trois chants ne traitent que le début de l'histoire de Jeanne, sa ve- 
nue auprès du roi à Chinon. Les vers en sont bien filandreux. 



196. Pr>TITOT. — * Précis de l'histoire de Jeanne d'Arc, surnommée 
la Pucelle d'Orléans ; extrait de la collection des mémoires relatifs à 
l'histoire de France, publiée par M. Pelitot. Paris, Foucault. 1819, pet. 
. in-8 de 178 p. 

B. Nat. Lb 26 40. 

Vente de Bouteiller, dem. rel. 2 fr. 

C'est un tirage à part des fascicules lo à 26 (p. 229-402) du t. VIII de 

cette collection, intitulé Mémoires concernant la Pucelle d'Orléans, Paris, 

Foucault, 1819, in-8, fascicules qui étaient intitulés dans cet ouvrage Sup- 

. plément des mémoires sur Jeanne d'Arc, c'est la même édit. avec une feuille 

de titre nouvelle. (Voy. suprà, n° 3). 

Comprend : 

1° Une bonne notice sur Jeanne d'Arc. 

2° Pièces relatives à l'histoire de Jeanne d'Arc. (Lettres de noblesse de 
Charles VII, chefs d'accusation contre Jeanne, sentence d'absolution). 
N ; 3° Fragmens extraits du Journal du bourgeois de Paris, de Monstrelet et 
de différentes histoires publiées par des écrivains étrangers aux xv e et 



126 HISTOIRES GÉNÉRALES 

xv e s., extraits de Lenglet Dufresnoy : Gorciim, Nider, Fulgose, Fdresf de 
Bergame, Meyer, Boetbius, Virgile, Ppntus Heuterus. 
Sans valeur depuis les collections Buchon, Michaud et surtout Quicherat. 

197. JOLLOIS Ingénieur en chef des Vosges, cheval, de la Légion 
d'hon., membre résident de la Soc. histor. de l'Orléanais et déplus, soc. 
sav. 

— * Histoire abrégée de la vie et des exploits de Jeanne d'Arc, surnommée 
la Pucelle d'Orléans, suivie d'une notice descriptive du monument érigé 
à sa mémoire à Domremy, de la chaumière où l'héroïne est née, des 
objets antiques que cette chaumière renferme, et de la fête d'inaugura- 
tion célébrée le 10 septembre 1820. Paris, Kilinn, Ifnprim. de Didot 
l'aîné, 1821, in-fol. de XXIV-202. 

B. Nat. Lb s6 4i. 

Douze planches gravées, d'après les dessins de Charles Pensée, par 
Latitte, Schrœder, Celu, Blondeau, de Saulx, Dormief, Bigant, Pauquet. Le 
frontispice est joli, mais les planches médiocres. Tiré à 250 ex. à 80 fr. et 
50 ex. atlas à 160 fr. val. 20 à 30 fr. Vente de Bouteiller, déni. inar. '.> fr. 

« Ce livre, dit M. .1. Fabre, révèle un antiquaire consciencieux et un écri" 
vain médiocre. » Les 149 premières p. sont l'histoire de Jeanne. P. 151 un 
faux titre « Notice sur le monument érigé à la mémoire de Jeanne d'Arc. » 
Le titre de départ porte en plus : « Sur la chaumière où l'héroïne est née 
et les objets antiques qu'elle renferme, suivie de la description de la fête 
d'inauguration célébrée à Domremy le 10 septembre 1820. » Cette seconde 
partie vaut mieux que la première et est vraiment originale. La partie ar- 
chéologique est très soignée, les notes justificatives contiennent in-extenso 
les discours qui furent prononcés lors de la cérémonie d'inauguration du 
monument. 



198. DELOKT (Joseph), sous-chef au Ministère de l'intérieur. 

— Essai critique sur l'histoire de Charles VII, d'Agnès Sorelle et de Jeanne 
d'Arc avec portraits et fac-similé. Paris, Ferra jeune, Lehel, 1823, in-8 
de 200 p. 

Prix 6 fr. B. Nat. Lb 2 « 6. 

Fut fait en collaborât, anonyme avec M. Lépine, prof, à l'Ecole des 
Cbartes. 

G. B. de Daunou Journal des savants, 1824, p. 167-7!!. 



— La même édit. avec une feuille de titre nouvelle : 182i. 

Les mêmes deux portraits de Charles VIII et d'Agnès ; un fac-similé de 
13 signatures. 

199. MICHAUD (Joseph-François) de l'Académie française, censeur 
des journaux, lecteur de Louis XVIII et de Charles X, 1707-1839, et 
POUJOULAT. 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 127 

-* Notice sur Jeanne d'Are, surnommée la Pucelle d'Orléans. Paris, 
Beauvais, Delaunay, Dentu, 1837, in-8 de 328 p. 

B. Nat. Lh 26 46. 

Prix S fr. ; ventes de Latour, dem. mar. 5 fr. ; de Bouteiller, dem. mar. 
1.50. En frontispice le portrait de Jeanne en buste d'après le tableau de 
l'hôtel-de-vile d'Orléans « Lithogr. Delpech à Paris. » 

Cette vie de Jeanne d'Arc n'est autre chose que, légèrement modifiée, la 
notice qui figure en tête du tome 111 de la Collection des Mémoires, par 
Michaud et Poujoulat, parue la même année Voy. suprà n" 7). 

Elle comprend : 

1. Etat de la France en 1429. 

2. Histoire de Jeanne. 

3. Procès de révision, traités et mémoires à consulter. 

4. Examen des principaux historiens de Jeanne. 
o. Poètes de Jeanne d'Arc. 

C'est en somme une bonne histoire bien comptète. La seconde partie, 
« Comment Jeanne d'Arc a été jugée depuis le xv 8 s. jusqu'à nos jours » est 
un examen très judicieux des principales productions historiques sur notre 
sujet. Les auteurs concluent par cette réflexion : « Lorsqu'une grande ini- 
quité s'accomplit dans le monde, on voit les rayons de la vérité luire et 
monter peu à peu ; une génération calme succède à une génération pas- 
sionnée ; on met les faits' à la place des ardentes préoccupations des par- 
tis et le cours naturel des siècles amène la justice. Le temps est le grand 
réparateur dans les choses humaines. Les quatre siècles écoulés depuis le 
supplice de Jeanne d'Arc ont complètement purifié sa mémoire de toutes 
les souillures qui furent l'ouvrage des mauvaises passions ou de l'igno- 
rance. Les générations actuelles, éprouvées par de longs malheurs, ont 
mieux senti la véritable grandeur, le véritable patriotisme, et, mieux que 
les derniers âges elles ont compris et admiré l'héroïque dévouement de la 
vierge de Domremy. C'est à nos enfants qu'il appartiendra de sentir d'une 
manière complète tout le merveilleux des exploits de Jeanne. » 

- Le même. Paris, Prou.,-, 1837, in-8 de 332 p. 

- Le même. Paris, Marescq, 1845. 

- Le même, sous le nouveau titre de : Vie de Jeanne d'Arc. Paris J. Ver- 
mot, [1861], in-12de 344 p. 

Côté par erreur 444. Prix 2 fr. 50. 

B. Nat. Ll» 2 M17. 



— Le même. Vie de Jeanne d'Arc, précédée de son panégyrique par 
M& r Dupanloup, évèque d'Orléans. Paris, Amable Rigaud, [1869], in" 
12 de 320 p. et aussi 1873 in-8 de 324 p. 

— Le même, avec le panégyrique, Paris, Blériot el Gautier, 1884, in-12. 

CR. de Chaudes-aigues dans Magasin fur die Literatur des Auslandes, Ber- 
lin, 12-14 juill. 1837 p. 330-36, qui est une véritable étude critique. 



200. ROHRBACIIF.R (l'abbé) docteur en théologie. 



128 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Jeanne d'Arc [Corbeil, Imprim. de Crète, 1851], in-8 de 125 p. 

Extrait de V Histoire universelle de VE(jlise catholique, Paris, Gauine, 1851, 
livre LXXXI[ e , tome XXI, p. 274 399. 

Est une histoire assez détaillée de la vie de l'héroïne, d'autant que ces 
125 p. sont d'impression compacte 

B. Nat. H. 18244. 
La l re édit. était de Paris, Gaume, 1842-49, 29 vol. in-8. 
La 3 e également de Paris, Gaume, 1856-61, 29 vol. in-8. 

Cette édit. et les suiv. sont plus complètes, l'auteur ayant pu profiter des 
Procès de Quicherat. 



— Le même. Paris, Gaume, 1872, in-i à 2 col. de 79 p. 

Extrait du tome XI de ladite Histoire universelle, sixième édition, p. 174- 
253. 

Le livre LXXXIl e (1431-1447) est intitulé: « Du salut de la France par 
Jeanne d'Arc à la réunion des chrétiens d'orient avec l'Eglise romaine sous 
le pape Eugène IV. » 

Se termine ainsi : « La mémoire de Jeanne d'Arc était donc réhabilitée ; 
mais il reste deux de ses contemporaines qui ont encore à réhabiliter leur 
propre honneur, l'Angleterre et la France. 

L'Angleterre, battue par Jeanne d'Arc, l'a llétrie et brûlée, moins encore 
par haine que par peur ; cette peur et cette haine se trahissent encore plus 
ou moins dans toutes les histoires anglaises. Cependant voilà plus de qua- 
tre siècles que la chose est payée ; quatre siècles peuvent suffire à une na- 
tion pour n'avoir plus peur d'une jeune fille morte et pour oser lui rendre 
pleine justice. Individu ou nation, quand on a commis une faute, le seul 
moyen de s'en justifier devant Dieu et devant les hommes c'est de la con- 
fesser avec une généreuse humilité .. 

Quant à la France, elle a le tort de regarder l'Angleterre comme seule 
coupable envers Jeanne d'Arc En fait, Jeanne d'Arc a battu l'Angleterre et 
sauvé la France ; or elle a été trahie par un Français, vendue par un Fran- 
çais, poursuivie par des Français, jugée et condamnée par des Français ; 
ce n'est que longtemps après sa mort ignominieuse que la France a songé 
à rétablir sa mémoire ; et encore est-ce la France du moyen- âge, car la 
France philosophique et voltarienne a repris et continué l'œuvre de l'An- 
gleterre ; en faisant l'apothéose de Voltaire qui l'a traînée dans la boue. » 

Il y a eu depuis encore deux édit. de Gaume à peu près identiques, la 
dernière de 1893, 15 vol. à 2 col. à 8 fr. le vol. 

L'ouvrage de Rohrbacher a eu aussi deux éditions allemandes. 



— Lé même. Lyon, Briday ; Paris, Palmé, iu-4. 

Cette édit. est augmentée de notes dues à l'abbé Guillaume. 

— >X< Le même. Paris, Louis Vives, 1872, in-4 à 2 col. 

Cette édit., due à Mgr. Fèvre, est enrichie de 150 dissertations. L'une 
t. X, p. 322-35, a pour objet la mission divine et la sainteté de Jeanne 
d'Arc. « Jeanne est une femme surnaturellemenl suscitée de Dieu pour 
sauver la lille aînée de fEglise ; Jeanne a par ses vertus surnaturelles et 
ses actes, répondu magnifiquement a la vocation de la Providence. » Telles 
sont les conclusions de Mgr. Fèvre. C'est le prologue, si ce n'est la subs- 
tance même du procès de canonisation. 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 129 

— Le même. Paris, Louis Vives, 1877, in-4 à 2 col. 

201. BARTHÉLÉMY (l'abbé J.), de Beauregard [Franche-Comté], 

chanoine de Reims et de Périgueux, des Académies d'Orléans, <le Reims, 
de Nancy, de Besançon ; de la Soc. archéolog. de l'Orléanais, etc. 

— * Histoire de Jeanne d'Arc d'après les chroniques contemporaines, les 
recherches des modernes et plusieurs documents nouveaux, suivie de 
près de 1.200 articles indiquant tout ce qui a été publié sur celte hé- 
roïne... Ornée de gravures. Paris, Dile-Roupe, 1817, 2 vol. in 8 de 
3 tî. 528, 536 p. 

B. Nat. Il) 26 60. 
Prix 10 fr. Vente de Bouleiller, dem. mar. 3 fr. 

Renferme 6 assez jolies eaux-fortes ; 4 p. de dédicace à Mgr. Gousset, 
archevêque de Reims. 

« Mon livre n'est au fond qu'un syllogisme en faveur de l'héroïne, qui 
s'est dite inspirée, et ne s'explique réellement que par l'inspiration ou 
l'intervention divine. Si les rationalistes croient aux prétendues explica- 
tions qu'ils en donnent ils perdent tout droit d'accuser les autres de crédu- 
lité. Vous trouverez dans mon livre la réfutation de leurs syslèmes. 

Si quelques-unes de mes papes tombent sous les yeux de M. Michelet, il 
en sera, je crois, fort peu coulent, comme je l'ai été fort peu des siennes. 
Ce qu'il a écrit sur Jeanne d'Arc, est d'autant plus déplorable que l'er- 
reur et le paradoxe y sont recouverls d'un brillant vernis de mysticisme et 
de poésie. L'éloge que l'on en fait et la réputation de l'auteur m'ont déter- 
miné à y donner une attention particulière. Mon livre est conçu dans une 
pensée à la fois éminemment catholique et française, c'est une œuvre de 
palriolisme et de foi à laquelle j'ai travaillé avec amour. » 

Au sujet de la Bibliographie, voici ce que dit l'alibi'' Barthélémy : « Je 
dois beaucoup à M. le baron le Prieur de Blainvillers, conseiller référen- 
daire à la Cour des comptes, qui a bien voulu mettre à ma disposition sa 
collection sur Jeanne d'Arc, (l'est le travail manuscrit de M. de Sémonville, 
son beau-père, qui m'a donné l'idée d'établir le catalogue de tous les ou- 
vrages qui ont paru sur la Pucelle ou dans lesquels il est parlé en bien ou 
en mal de celte héroïne. M. Jarry, d'Orléans, qui possède aussi une magni- 
fique collection, a bien voulu revoir ce travail et y ajouter plusieurs arti- 
cles. » Cette Bibliographie, comme nous l'avons dit dans noire préface, 
renferme pas mal d'erreurs, et surtout un très grand nombre de fautes 
d'impression. 

CR. Bibliographie catholique, sept. 1847. 

— La même édition avec une feuille de titre nouvelle: Paris, Aubrtj, 
Dile-Roupe, Sagnier et Braij, 1853. 

Les grav. s'y trouvent rarement. 

202. PAILLIET (J. B. J.), conseiller à la cour d'appel d'Orléans. 

— Rapport sur l'histoire de Jeanne d'Arc de M. l'abbé Barthélémy de 
Beauregard. Orléans, 1851, in-8 de 32 p. 

Extrait du tome X des Mémoires de la Soc. des sciences d'Orléans, p. 54 
à 86. 

9 



130 HrSTOIRES GÉNÉRALES 

203. QUICHERAT (Jules) — $< Aperçus nouveaux sur L'histoire de 

Jeanne d'Are. Paris, Jules Rcnouard, 1850, in-8 de II et 167 p. 

B. Nat. Lb 26 61. 

Prix 3.50 ; vente de Bouteiller dem. mar. 3 fr. 

L'auteur dit dans sa préface que ce livre n'est ni une histoire, ni un pa- 
négyrique, mais un ouvrage de pure critique destiné à accompagner la 
publication des Procès. C'est une étude très remarquable en 26 paragraphes 
des principales questions controversées auxquelles l'histoire de Jeanne a 
donné naissance : 

1. De l'enfance et de la vocation de la Pucelle. 

2. De l'état de la France à l'avènement de la Pucelle. 

3. Des dispositions du gouvernement français à l'égard de Jeanne d'Arc. 

4. Preuves de l'opposition faite aux desseins de la Pucelle. 

5. Si Jeanne a accompli sa mission. 

6. Des visions de Jeanne et de sa constitution physique. 

7. Des facultés extraordinaires mises en jeu par les visions de Jeanne. 
(Quicherat établit clairement que Jeanne a eu des visions et qu'elle a pré- 
dit l'avenir.) 

8. Si Jeanne a été trahie devant Compiègne. (Défend Flavy du reproche 
de trahison.) 

9. Examen critique de la sortie de Compiègne. (Conclut que la prise de la 
Pucelle est due au hasard seul de la guerre ) 

10. Considérations nouvelles sur la trahison à laquelle Jeanne succomba. 
(La Trémoïlle jaloux de Jeanne lui a préparé un échec et s'applaudit de sa 
captivité.) 

11. De ceux qui firent le procès. 

12. Des vices de formes signalés au procès. 

13. De la prison de Jeanne. 

14. Du défaut d'informations auprès du clergé français, 
lo. De l'instruction du procès. 

16. De la correction des douze articles. 

17. De l'absence d'avocat au procès. 

18. D'un faux confident aposté auprès de Jeanne. 

19. De prétendues altérations dans la lettre de Jeanne aux Anglais. 

20. De l'abjuration ou retractation de Jeanne. 

21. D'une information faite après la mort de Jeanne. 

22. De la communion accordée à Jeanne le jour de sa mort. 

23. De la rédaction du procès. 

24. Conclusion sur le procès. 

25. De la réhabilitation de Jeanne. 

26. De l'opinion sur la Pucelle. 

L'auteur conclut ainsi : « C'est à ceux qui se sentent la force d'aborder 
un tel sujet, de poursuivre l'œuvre de justice si lentement, si péniblement 
commencée. La sainte du moyen-âge, que le moyen-âge a rejetée, doit de- 
venir celle des temps modernes. Elle a confessé par sa mort bien des sen- 
timents pour lesquels il convient qu'il y ait encore des martyrs. Moins 
embarrassée de l'ennemi que de ceux dont il avait fallu qu'elle lit ses auxi- 
liaires, contrecarrée tout le temps par la mauvaise foi, par l'envie, par l'in- 
capacité raisonneuse et parleuse, abreuvé*; de peines et de dégoûts, elle 
immola ses douleurs à sa conscience d'avoir bien fait, et de pouvoir faire 
mieux encore. Forcée enfin de s'arrêter dans l'accomplissement de son 
ouvrage elle ne crut pas qu'il vaudrait moins parce que d'autres auraient 
l'bonneur de l'achever et elle légua ses victoires à ses persécuteurs, comme 
gage de celles qu'ils y ajouteraient par la force du destin. Aussi, du dernier 
regard qu'elle jeta sur la terre, elle vit la France reconquise et consolée : 
Sérénité admirable de l'espérance enfantée par une conviction vraie, abné- 
gation dont il faut prier Dieu que les cœurs se pénètrent toutes les fois 
que chercheront à se réunir les forces divisées de la Patrie. » 

Cette savante élude a donné lieu à de nombreuses controverses : on lui a 
reproché des tendances rationalistes et son injustice vis-à-vis de Charles VII 
qu'elle accuse formellement d'avoir trahi la Pucelle. 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 131 

204. \Ili IIFI J\T (Jules), de l'Académie des sciences morales et politi- 
ques. — ^ Jeanne d'Arc (1412-1432) Paris, Hachette? 1853, in 12, de 



VJII et H 7 p. 



lî. Nat. Lb 2G 07. 



Fait partie de la Biblioth. des chemins de fer, à 1 fr. le vol. Sans faux 
titre. 

« Lue enfant de douze ans, une toute jeune fille, confondant la voix de 
son cœur avec la voix du ciel, conçoit l'idée étrange d'exécuter la chose que 
les hommes ne peuveut plus faire, de sauver son pays. Elle couve cette 
idée pendant six ans sans la confier à personne. Sans nul appui de piètres 
ou de parents, elle marche tout ce temps seule avec Dieu dans la solitude 
de son grand dessein. Elle attend qu'elle ait dix-huit ans et alors elle l'exé- 
cute malgré les siens et malgré tout le monde. Elle plonge intrépide au 
milieu des épées, elle rassure les vieux soldats, entraîne tout le peuple 
qui devient soldat avec elle et personne n'ose plus avoir peur de rien. 
Tout est sauvé ! La pauvre tille, de la chair pure et sainte de ce corps déli- 
cat et tendre a émoussé le fer, brisé l'épée ennemie, couvert de son sein le 
sein de la France. 

Pour la première fois, on le sent, la France est aimée comme une per- 
sonne. Et elle devient telle du jour qu'elle est aimée. C'était jusque-là une 
réunion de provinces, mais, dès ce jour, par la force du cœur elle est une 
patrie. Beau mystère, touchant, sublime ! Comment l'amour immense et 
pur d'un jeune cœur embrasa tout un monde, lui donna cette seconde vie, 
la vraie vie que l'amour seul donne. Enfant, elle aimait toutes choses, di- 
sent les témoins de son âge. Elle aimait jusqu'aux animaux. Elle aimait 
ses amies, ses parents, mais surtout les pauvres. Or, le pauvre des pau- 
vres, la plus misérable personne, la plus digne de pitié en ce moment, 
c'était la France. Elle aima tant la France ! Souvenons-nous toujours, Fran- 
çais, que la patrie chez nous est née du cœur d'une femme, de sa ten- 
dresse, de ses larmes, du sang qu'elle a donné pour nous ! » 

Cet ouvrage avait déjà été publié par Michelet dans le t. V, de son His- 
toire de France, Paris 1841, où il occupe 130 p. ; le même, Paris, Lacroix, 
1871-74, 17 vol. in 8, t. V, p. 1-129, plus l'appendice in fine ; le même, 
Paris, Lemerre, 1885, t. VI, p. 152-191 ; le même, Paris, Marpon et Flam- 
marion, 1879, t. V, p. 124-291, et 1880, 19 vol. in-8, illust. par Vierge. (7 fr. 
le vol ) 

Des extraits en ont été donnés dans bien des recueils, notamment dans 
la Lecture rétrospective, Paris, 10, rue S'-Joseph, 20 août 1890, p. 3.'i6-G8, 
etc. 



Cette histoire de Jeanne d'Arc a été l'objet de grands éloges et de vives 
critiques. C.R. d'Arthur Ponroy dans le Monde chrétien 18IJ4 ; le Constitu- 
tionnel, 30 oct. 1842 ; la Bibliographie cathol.. sept. 1854. 

« Ce n'est pas, dit Sainte Beuve, qu'une critique sévère et précise, une 
critique d'un goût simple ne put relever dans ce brillant et vivant mor- 
ceau, bien des inexactitudes et des infractions au ton vrai du sujet. L'au- 
teur, comme toujours, pousse à l'effet ; il force les couleurs, il fait grima- 
cer les personnages qui interviennent; il dramatise, il symbolise. Mais, 
quand on a posé toutes ces réserves, on doit, pour être juste, reconnaître 
que Michelet a bien saisi la pensée du personnage, qu'il a rendu avec vie, 
avec entrain et verve, le mouvement de l'ensemble, l'ivresse de la popula- 
tion, ce cri public d'enthousiasme qui, plus vrai que toute réflexion et que 
toute doctrine, plus fort que toute puissance régulière, s'éleva alors en 
l'honneur de la noble entant, et qui n'a pas cessé de l'environner depuis. 
La Jeanne d'Arc de Michèle! est plus vraie qu'aucune des précédentes. » 
Bien qu'on puisse reprocher à Michelet. une trop grande préoccupation de 
combattre le mysticisme et une prédilection trop marquée à chercher les 
occasions de réagir contre l'idéalisme, on doit constater que cette ligure, 
rendue avec un si chaud lyrisme, pure, hère, belle, est une des meilleures 
pages de Michelet. 



132 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Le même. Paris, HacheUe, 1856, in-18, de VIII et 149 p. 

B. Nat. Lb iû 67 A. 
Vente de Latour 1885. dern. mar. 4 fr. 50. 



— Le même. Deuxième édition. Paris, HacheUe, 1863, in-16, de 108 p. 

B. Nat. Lb 29 07 B. 

— Le même. Troisième édition. Paris, Hachette, 1873, in-12, de XVI- 
153 p. 

Prix, 2 fr. 

— Le même, identique, 1875. 

— Le même, identique, 1879, 

Fait partie de la Bibliothèque variée. 3 e série, à 2 fr. le vol. 

— Le même, identique, 1890. 

— Le même. Avec une introduction et un répertoire explicatif des notes 
de Micbelet par Emile Bourgeois, professeur à la faculté des lettres de 
Lyon. Paris, Hachette, 1888, in-18, de XL, 182 p. et la table. 

Frontispice et une carte. Prix, 2 fr. 

Cette édition par M. Bourgeois est la plus complète en ce qu'elle con- 
tient une assez longue introduction sur Jeanne d'Arc et Michelet et à la fin 
un Répertoire alphabétique des recueils, manuscrits, historiens, personnages 
cités par Michelet. 

— Le même. Nouvelle édition [avec les notes de M. Bourgeois]. Paris, 
Hachette, 1890, de XXXI 1-1 91 p. 

— Le même. Avec dix eaux fortes de Boilvin, Boulard, Champollion, 
Courtry, Géry Bicbard, Milius et Monziès, d'après les dessins de Bida. 
Paris, Hachette, 1888. in-8, de IX, 168 p. et 1 table. 

B. Nat. Lb s,î 07 E. 

Titre rouge et noir, texte encadré. Prix 12 fr. 

Les eaux fortes représentent dix scènes fantaisistes de la vie de Jeanne. 
Il est à regretter que celte édition n'ait pas les notes et appendices de 
M. Bourgeois. 

205. DESJARDINS (Abel), doyen de la Faculté des lettres de Douai, 
correspondant de l'Institut, mort en 188(1. 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 133 

— Vie de Jeanne d'Arc, d'après les documents nouvellement publiés. 
Paris, Didot, 1854, in- 12, de 1V-388 p. 

B. Nat. Lb - 6 71. 

1 carte. Prix 2 fr. SO. 

(( Le recueil de pièces et de documents de Quicherat, si vaste, si com- 
plet, si habilement distribué, si digne enfin de la reconnaissance de tous 
les amis de l'histoire, est par sa nature même peu accessible au publie. 
Or, pourquoi le public ne serait-il pas admis à profiter de tant de rensei- 
gnements nouveaux"? Pourquoi ne le mettrait-on pas en possession de 
tant de curieuses découvertes ? 

Sur ce merveilleux épisode de notre histoire nationale, M. Quicherat a 
trouvé le dernier mot; ce dernier mot, qu'il a dit seulement pour les 
hommes d'étude, nous essayons de le répéter pour tout le monde. » 

Aussi Desjardins déclare-t-il, qu'avant d'affronter la publicité il veut 
régler ses comptes : « Je crois n'avoir qu'un seul créancier, c'est M. Jules 
Quicherat, à qui je dois tout. En faisant cette déclaration, je constate l'exis- 
tence de ma dette, sans avoir la prétention de pouvoir l'acquitter. » 

M. Desjardins termine son ouvrage par la conclusion suivante : « Notre 
siècle s'honore, en attestant par de pareilles œuvres son culte de vénéra- 
tion et d'amour pour la patronne de la France. Qu'il poursuivre sa mission 
et qu'il l'achève. 

Le pays n'aura payé sa dette que quand il aura élevé à Jeanne trois mo- 
numents dans les trois villes où elle a laissé les traces glorieuses de son 
passage. 11 est digne de la France de montrer à ses entants la sainte libé- 
ratrice : à Orléans, dans le combat ; à Heims, dans le triomphe ; à Rouen, 
dans le martyre. C'est le vœu de notre patriotisme. Puissions-nous le voir 
exaucer ! » 

L'auteur a même vu plus et mieux qu'il ne souhaitait. 



— Le même. Vie de Jeanne Darc. Seconde édition. Paris, Firmin Didot, 
1862, in- 12, de VÏ-400 p. 

B. Nat, Lb 26 71 A. 
1 carte. Vente de Latour, dem. mar. 4 fr. 

— Le même. * Vie de Jeanne d'Arc. Troisième édition. Paris, birmin 
Didot, 1885, in-4, de V et 230 p. 

Prix, 4 fr. 

Cette édit. dédiée à Aug. Thierry, est illustrée de soixante grav. sur bois, 
presque toutes tirées du Wallon illustré. Ce senties même clichés. A noter 
que le nom de la Pucelle, dans celte édit. est partout écrit avec une apos- 
trophe. 

— Le même identique, 1889. 

B. Nat. Lb 26 244. 

Fait partie de la Biblioth. histor. illustr. L'ancienne France. 

CB. par de Beaucourt dans la Correspondance littéraire, 25 août 1863, p. 
289-92. 



200. MARTIN (Henri) * Jeanne Darc. Paris, Furne, 1857, in-12, de 
376 p. 



134 HISTOIRES GÉNÉRAI, ES 

B. Nat. Lb * 5 109. 

Prix, 2 fr. 30; ventes de Latour, dem. mar. 2 fr. 30; de Bouteiller, dem. 
mar. 1 fr. 

En frontispice la statue de la Princesse Marie. 

Cette histoire est un des plus chauds éloges de la PuceUe ; P. Larousse 
la qualifie même d'œurre définitive sur Jeanne d'Arc. M. Martin appelle 
l'héroïne « le Messie de la France » ; il dit « qu'elle avait la sainteté d'un 
être descendu du ciel plutôt que celle d'un être qui lutte pour gagner le 
ciel. » On lui a reproché, non sans raison, d'être trop aliirmatif quand 
il parle du complot impie, ourdi contre Jeanne, entre Charles VII, La 
Trémoille et Regnault de Chartres; et, aussi d'avoir exagéré l'attitude in- 
soumise de Jeanne vis-à-vis de l'Eglise. 

IL Martin avait publié dans la France littéraire, en 1834 le canevas de 
cette étude. (Voyez infrà, n° 346 bis.) 

L'histoire est suivie, p. 327-376, d'un appendice intitulé « Des récentes 
études critiques sur Jeanne Darc. » (Voy. ci-après n° 208). 



— Le même, Paris, Fume, 18(H, in-12, de 'iN p. 

— — — 1867. 

— — — 1877. 

_ _ _ 187!», in-12, de 141 p. 

— — — 1880, in-12, de 1 44 p. portrait, grav. 

— Le môme. Nouvelle édition, illustrée de vingt gravures sur bois. Paris, 
Fume, 188:'). in-12, de 248 p. 

Avant de faire l'objet d'un tirage à part, Jeanne Darc avait été publiée 
dans VHistoire de France de M. Martin. (Paris, Fume, 1833-36, 13 vol. in-8). 
La seconde édit. n'était qu'un nouveau tirage de la première ; la 3° refon- 
due en 19 vol. fut publiée par Furne de 1837 à 1834. 

La 4 e édit. est de 1855 60, in-8°, t. VI, p. 87-303. Un joli portrait de Jeanne 
ressemblant à celui d'Audibran qui se trouve au second vol. de VOrléanide 
de Le Brun des Charmettes, sauf qu'ici Jeanne porte au cou une croix 
attachée par un fil, tandis que dans celui de Le Brun la croix est retenue 
par une chaînette. — En frontispice, Jeanne au bûcher, par Raffet et Re- 
vel, assez médiocre. — Et aussi 1861, t. VI, p. 87-303, 1863, p. s ( .)-2'.i7 sans 
les grav. 18G7, 1878, etc., en 17 vol. avec lit;. Grand prix Gobert à l'Acadé- 
mie française. 

11 a été fait de la Jeanne Darc d'Henri Martin des édit. populaires: 

— Paris, Librairie de la Bibliothèque démocratique, 9, place des Vic- 
toires, 1871, in-32, de 222 p. 

Fait partie de la Biblioth. démocratique à 30 centimes ; Directeur Victor 
Poupin. 

— La même édition avec une feuille de titre nouvelle. 1872. 

— Paris, Librairie centrale des publications populaires, 45, rue des 

Saints-Pères, 1870, in- 18, de X el 143 p. 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 135 

En frontispice portrait assez médiocre de Jeanne. 
Fait partie de la Biblioth. de la jeunesse française. 



— Le Livre d'Or des peuples par M. Pierre Lefranc. Paris, Willems et 
Lacroix Verbœckoven, (18GG), in-8, à 2 col. 

Forme les livraisons 20-23, p. 153 180. Illustrations de Lecestre père. 
— La même édition. Paris, Paul Dupont, s. date. 

207. MARTIN (Henri), — Jeanne Darc et le conseil de Charles VIL 
Paris, 1856, in-8, de 56 p. 

Tirage à part de la Revue de Paris, 15 nov. 18oo, p. o20-552, 1 er déc. p 
42-G6. 

208. MARTI\ (Henri). — Des récentes critiques sur Jeanne Darc. 
Paris, 1856, in-8. 

Tirage à part de la Revue de Paris, 15 sept. 18o6. Puis a paru à la suite 
des diverses éditions de Jeanne Darc, (voy. suprà n° 206). 

Cette notice répond aux critiques — relatives à l'inspiration et à l'aban- 
don de la Pucelle par Charles Vil — faites à H. Martin par MM. de Carné, 
Nettement, Renard, de Beaucourt, Chasles, (Voyez infrà ces divers ouvra- 
ges, n os 740 et suiv.) et Rapetti dans le Moniteur, 8 juill. 18o6. 

209. BEAI COURT (G. du Fresne marquis de). — * Le règne de 
Charles VII, d'après M. Henri Martin et d'après les sources contempo- 
raines. Paris, Durand, 1856, in-8, de 115 p. 

B. Nat. Lb 26 83. 

Prix, 3 fr. ; vente de Bouteiller, 1888, dem. mar. 1 fr. 

o L'historien dont le nom est inscrit en tête de cette étude a-t-il, avant 
d'entrer en matière, jeté un coup d'œil profond sur son sujet? S'est-il 
affranchi de tout parti pris et, en prenant la plume, a-t-il annoncé des 
vues élevées, des intentions d'impartialité ? 

Parcourons le tome VI, où nous retrouvons le merveilleux épisode de 
Jeanne d'Arc, examinons plus spécialement le rôle qui y est fait à la 
royauté, la part qui lui est attribuée dans les grands événements de ce 
temps, et prenons à tâche d'éclairer au ilambeau d'une sérieuse et impar- 
tiale critique la voie suivie par l'historien. 

Cédant aux séductions de son sujet, séductions irrésistibles nous en con- 
venons, M. Henri Martin a intercalé dans son Histoire de France une vie de 
Jeanne Darc. (Des 435 pages consacrées au règne ce Charles VII, 176, plus 
du tiers, appartiennent à Jeanne d'Arc.) 

Nous n'aurions pas le courage de lui en faire un reproche si toute cette 
partie de son œuvre n'avait été écrite sous l'empire d'étranges préoccupa- 
tions, et si nous ne nous trouvions en face d'un système qui bouleverse 
toutes les notions historiques reçues jusqu'ici. 

Examinons successivement comment l'historien a compris Jeanne d'Arc, 
quelle mission il lui a assignée, si, comme il le prétend, elle a été trahie, 
et enfin, si la réhabilitation de la Pucelle n'a été qu'un arrêt qui faussa 
l'opinion pour des siècles, en ne jetant sur les faits qu'une lumière incom- 
plète et douteuse. » 



136 HISTOIRES GÉNÉRALES 

Est une étude fort complète de ces quatre questions: Inspiration. — 
Points de sa mission.— A-t-elle été trahie. — La réhabilitation. Voici sa 
conclusion: « M. II. Martin, en parlanl de Jeanne d'Arc, en a fait tout à la 
fois uni' inspirée et une somnambule ; contrairement aux témoignages 
contemporains il a assigné à sa mission des points qui n'en faisaient pas 
parlic ; il a inventé contre elle un système de trahison de la part du roi et 
de ses conseillers, que renverse un examen sérieux des faits. Enfin, il est 
tombé dans une erreur complète en voulant prouver que la réhabilitation 
n'avait été qu'un travestissement imposé à la figure de Jeanne d'Arc, d 

Cf. dans le même sens A. Nettement dans L'union des 2 et 16 juill. 50. 
D'une polémique recentra l'occasion de Charles VII et Jeanne d'Arc ; M. Net- 
tement ne veut pas « qu'on fasse d'une Vendéenne, une révolutionnaire. » 



210. BEAUCOURT (du Fresne de). — * Un dernier mot à M. Henri 

Martin. Paris, Durand, 1857, in-8, de 60 p. 

IL Nat. Lb 20 111. 
Prix, 2 fr. 
Cet opuscule fut publié pour répondre à l'art d'H. Martin de la Bévue de 
Paris l.'i sept. 1856, Des récentes critiques sur Jeanne Darc, lequel fut repro- 
duit dans les diverses édifions de sa Jeanne Darc. Paris, Furne, 1857. 

Est la continuation de la thèse de la brochure précédente. 

« Résumons le débat. Deux Jeanne d'Arc sont en présence: l'une extati- 
que et somnambule en qui éclate la grande âme de la Gaule, annonçant 
non Feulement la délivrance d'Orléans et le sacre de Reims; mais s'enga- 
geanl à détruire l'Anglescherie ; trahie par le roi et ses conseillers, traves- 
tie par une réhabilitation mensongère, dégagée, luronne, frondant l'auto- 
rité royale, tournant autour de Paris comme un jeune lion autour d'une 
bergerie; consumée par la lièvre des héros; jeune aigle pour les ailes 
duquel le momie n'est, pas trop grand ; rêvant un projet de croisade, vou- 
lant empêcher la ruine de Constant] nople et menaçant les Hussitcs de son 
bras vengeur; enfin théologienne en même temps que guerrière, devant 
prononcer sur ces mêmes Hussites, faire connaître le vrai pape et pacifier 
l'Eglise. C'est la Jeanne d'Arc de M. Henri Martin. 

L'autre envoyée de Dieu, symbole le plus élevé de l'héroïsme chrétien, 
soutenue jusqu'à latin, jusqu'au sacre du martyre, par cette inspiration 
divine sans laquelle elle n'eût été qu'une simple et ignorante bergère ; 
disant parfois des choses qui ne se sont pas réalisées, mais invariable et 
inflexible quand il s'agit des deux points de sa mission, si miraculeusement 
remplie, mal vue mais non trahie par les conseillers de Charles VII, et glo- 
rieusement non moins que sincèrement réhabilitée par son roi : humble, 
pure, ayant sans cesse sur les lèvres son religieux serment : En nom Dieu ! 
- marchant d'après l'ordre de son conseil, gardant jusqu'au bûcher le culte 
de cette royauté au salut de laquelle elle s'est vouée, suppliant le duc de 
Bourgogne de faire la paix, se laissant entraîner à l'attaque de Paris, sui- 
vant ensuite l'armée à regret, traversant enfin douloureusement une pé- 
riode de sombres pressentiments, pour se relever bientôt plus grande et 
plus glorieuse, et confesser une dernière fois devant ses juges et ses bour- 
reaux l'incomparable mission qu'elle a accomplie. 

C'est l'autre Jeanne d'Arc. Quelle est la vraie, quelle est la fausse ? C'est 
au lecteur à prononcer. » 

Cf. dans le même sens un art. dans Edinburg Review, 1857, CV1, p. 400. 



214. BARA1VTE (le baron de), pair de France, de l'Académie fran- 
çaise. — * Histoire de Jeanne d'Arc, Paris, Didier, 1850, in-12, de II 
et 270 j). 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 137 

B. Nat. Lb 2G 112. 

Prix, 3 fr. ."iO. Un fig. s. ]>nis, représentant Jeanne sur les remparts, la 
main droite appuyée sur son casque empanaché. 

Cette histoire est intéressante quoique incomplète et superficielle, pé- 
chant parfois par une recherche exagérée de couleur locale et manquant sou- 
vent de vigueur. Monstrelet el le Journal d'un bourgeois de Paris, sont les, 
sources ordinaires où l'auteur a puisé; avec de tels guides, il n'est pas sur- 
prenant qu'il ait commis parfois des inexactitudes. 

— Réimpressions identiques, 1865. 

B. Nat. Lb 26 112 A. 



1867. 



1808. 



B. Nat. Lb 26 112 B. 



B. Nat. Lb 56 112 C. 

— 1872. 

Vente de Latour, dem. mai. grenat, 3 f. 

— 1880, in-8 de 280 p. vignettes. 

Celle histoire de Jeanne est extraite de V Histoire des dues de Bourgogne, 
(Paris, Ladvocat), 1824-20, 14 vol. in-8 et 8 livraisons de grav. port, caries, 
plusieurs relatives à Jeanne d'Arc. Cit. des Débats, 20 mai 1825. 

5 e édit. Bruxelles, 1835-36, 10 vol. in-8 avec les noies du baron de Reif- 

fenberg. 6° édit. Paris, Dufey, 1837-38, 12 vol. in-8, fig. ; 7 e édit. Paris, 

Lenormand et Garnie/*, 1854, 12 vol. in-8 ; 8° édit. Paris, Garnier, 1858. 
8 vol. in 12 avec 101 grav. s. bois et 16 cartes, etc.) 

Le tirage à part est plus complet toutefois. Les 40 dernières pages ra- 
content les fêtes du 8 mai 1856 à Orléans pour l'inauguration de la statue 
par Loyatier et reproduisent en majeure partie le panégyrique de Mgr Du- 
panloup. La préface de cette édit. est dédiée aux sociétés chrétiennes d'ou- 
vriers de Paris et signée « un membre de la Société de S'-Vineent de 
Paul. » 



212. WALLOiV (Henri), sénateur, secrétaire perpétuel de l'Académie des 
Inscriptions, ancien ministre de l'Instruction publique. — >ï< Jeanne 
d'Arc. Paris, Hachette, 1800, 2 vol. in-8 de LVIII, 333, 358 p. 

Prix 12 fr. Vente de Bcudeiller, dem. mar. 6 fr. 

B. Nat. Lb 26 115. 

Ne pas juger de celte excellente élude pleine de foi et d'enthousiasme, 
par l'injuste compte rendu de Louis Veuillot que nous citons comme un 
objet de curiosité : « Celte Jeanne d'Arc est le meilleur ouvrage de M. Wal- 
lon. Toutefois, ce bon travail, patient, probe et soigné comme tout ce qu'il 
fait (en littérature), a le défaut d'être bien morne encore. Cela semble une 
chose difficile et impossible de parler de Jeanne d'Arc et de rester morne. 
M. Wallon y a réussi. Jeanne d'Arc, cette Jeanne d'Arc si belle, si agis- 
sante, cette belle illuminée des champs, cette fleur de lis si svelle, si ro- 



1C»8 HISTOIRES GÉNÉRALES 

buste, si fraîche el si franche, et d'un si grand parfum, elle ne vit pas dans 
son livre : c'est une pierre non pas même un marbre. » 

L'opinion de Wallon sur l'étendue de la mission de Jeanne a été attaquée 
en 1868 par M. de Beaucourt dans Jeanne d'Arc et sa mission d'après son 
dernier historien. (Voy. infrà, n° 744). 

— Le même. Deuxième édition, ouvrage qui a obtenu en 1860, de l'Aca- 
démie française, le grand prix Gobert. Paris, Hachette, 1867, 2 vol. 
in-8 de LXXII, 376 et 456 p. 

B. Nat. Lb 26 115 A. 

— Troisième édit., 1873, 2 vol. in-12 de 456-450 p. 

— Quatrième, 1876, 2 v. in-12 de 456-450 p. 

— Cinquième, 1879, 2 v. in-12 de 458-450 p. 

— Sixième, 1882, 2 v. in-16. 

Prix 7 L 

— >J< Le même. Jeanne d'Arc. Edition illustrée, d'après les monuments de 
l'art, depuis le xv B siècle jusqu'à nos jours. Paris, Firmin Didot, 1876, 
in-4 de VII-549. 

Cet ouvrage est le plus complet et le plus artistique qui ait paru sur 
Jeanne d'Arc, c'est le plus beau monument élevé à la mémoire de l'hé- 
roïne. A n'avoir qu'une histoire, c'est celle-là qu'on devra choisir; elle est 
accompagnée d'éclaircissements et de tac-similés qui en font une œuvre 
unique, et illustrée de quatorze chromos et deux cents grav. dues à nos 
premiers artistes. Ce vol. est un des mieux réussis de la si belle collection 
Didot. 

Voici les divisions de l'ouvrage : 

I. Dornréiny et Vaucouleurs. — II. Orléans. — 111. — lieims. — IV. Pa- 
ris. — V. Compiègne. — VI. Rouen, les juges. — VII. L'instruction. — ■ 
VIII. Le jugement. — IX. L'abjuration. — X. Le supplice. — XL La réha- 
bilitation. — XII. L'histoire. 

Eclaircissements. 

I. Armes et vêtements militaires, par G. Demay. 

IL Notice explicative de la carte du royaume de France pendant la mis- 
sion de Jeanne d'Arc, par Aug. Longnon. 

III. La famille de Jeanne d'Arc, par E. de Bouteiller. 

IV. J. d'Arc dans les lettres, par M. Sepet. 

V. J. d'Arc dans la musique, par G. Cbouquet. 

VI. Iconographie de J. d'Arc, par Cl. Lavergne. 
Vif. Table analytique. 

Voici un extrait de la liste des gravures très artistiques : 

I. Chromolithographies. 

1. Jeanne entend ses voix célestes, Lableau de Benouville à Domremy. 

2. Vue de Domremy et de la vallée de la Meuse, aquarelle de Gh. Pensée. 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 139 

3. Arrivée de Jeanne à Ghinon, tapisserie allemande du xv e e. 

4. Episode de l'histoire de Charles VII et de J. d'A., m s du xv e s. (Le roi 
en prière devant le crucifix, Jeanne amenée au château de Ghinon, Jeanne 
au siège de Paris ) 

5. Les enseignes de la Pucelle. La France en prière, ni s du xv c s. 

6. Entrée de Jeanne à Orléans, projet de vitrail de M. Lechevalier Chevi- 
gnard. 

7. Sacre du roi à Reims, tapisserie du xvn e s. 

8. La Vierge avec l'enfant Jésus, S. Michel etJ. d'A., peinture du xv 6 s. 

9. Supplice de Jeanne, tableau de Legrip. 

10. Entrée de Charles VU à Rouen, chronique de Monstrelef, m s du xv s. 

1 1. Barrière commémorative de la délivrance d'Orléans donnée par Fran- 
çois I. 

12. Prophétie de Merlin, tableau de Balze. 

13. La Pucelle, musée histor. d'Orléans. 

14. Les trois ordres de la Nation, m s du xv e s. 

IL Photogravures 

1. Le roi Charles VII, tableau du temps conservé au Louvre. 

2. J. d'Arc, tableau de Deruet appartenant à M. du Haldat du Lys à 
Nancy. 

3. J. d'Arc, tableau de Simon Vouet, conservé au Musée d'Orléans. 

4. J. d'Arc, tableau du xvu c s. Hôtel de ville de Rouen. 

III. Gravures sur Lois 

Au nombre de 200, elles reproduisent les vues de tous les monuments et 
lieux cités dans le volume ; les portraits, tableaux, gravures et statues de 
personnages ; des reproductions de miniatures ; plans et cartes ; les sceaux, 
blasons et armes des personnes. Elles sont originales et vraiment artis- 
tiques, nous n'en donnerons pas la liste ; elles comprennent pourtant en ce 
qui concerne plus spécialement Jeanne : 

Les bas-reliefs de Vital-Dubray, de Foyatier ; la borne qui servit de 
montoir à l'héroïne en partant de Poitiers ; la fontaine de Rouen ; le fron- 
tispice du poème de Chapelain ; les statues de Lefeuvre, Chapu, Rude, 
Georges Clère, Slodtz, Gois, Princesse Marie, Foyatier, Lameire ; les ta- 
bleaux d'Ingres, Benouville, Deveria, Ary Scheffer ; le dessin du greffier au 
parlement; les gravures de la Mer tles histoires, de Léonard Gaultier, de 
Charles David ; les médaillons de Chapu ; des médailles à l'effigie de Jeanne ; 
les monuments de Domremy, d'Orléans, de Rouen, etc. 

En tète de cette édit. illust. se trouve un bief de Pie IX à RI. Wallon qui 
donne l'opinion du Pape sur Jeanne : « Personne ne saurait méconnaître 
que Dieu, voulant relever la France de ses désastres et lui rendre son roi 
légitime, n'ait choisi ce qui était faible pour briser les forces des puissants 
et qu'il ait pour cela donné à une simple fille des champs un courage ex- 
traordinaire et une merveilleuse science des choses de la guerre et de la 
politique. Vos lecteurs apprendront dans ce livre, par l'obéissance, la réso- 
lution et les souffrances de Jeanne qu'il est toujours utile et glorieux de se 
soumettre à la. volonté de Dieu et de bien servir sa patrie ; en outre qu'il 
faut attendre de Dieu seul et non des hommes la récompense du bien ac- 
compli. » 

- Le même. Deuxième édition. Paris, F. Didot, 1876, in-4 de XII- 
556 p. 

Comme on le voit par la pagination ceci est bien réellement une seconde 
impression ; elle contient en plus quelques gravures nouvelles. 

CR. du P. Gazeau, Etudes religieuses, 1860, p. 450-65 ; Vallet, Bibl. Ecole 
des Chartes, 1860, p. 285-87 ; J. Jenner dans lier. cath. d'Alsace de Stras- 



140 HISTOIRES GÉNÉRALES 

bourg, 1800, p. 383-87; de Beaucourt dans Correspondance littéraire, 
25 avril 1800, p. 275-78 et dans Rei\ des quest. hist. 1 juill. 67, p. 325 ; de 
Wai'lly (voy. inl'rà n° 745) ; Bibliogr. cathol. avril 1860 et oct. 1867 ; F. G. 
dans la Scienza et la fede, Napoli, 1861, I. XL1I p. 104-202 ; E. Charles, Re- 
vue du monde cathol. t. XXIII, p. 009-611; C. Défrémery, Rev. critique, 
1869, p. 397 ; de Pontmartin, Nouveaux samedis, 1876, t. XIII, p. 247-63 ; 
A. Angel, dans Nation de New-York, 1876, t. XXII, p. 409. 

11 a été l'ait une édition populaire abrégée de l'ouvrage de Wallon, (voyez 
infrà n° 255) laquelle a été traduite en allemand. 



213, DANTIER (Alphonse). — Jeanne d'Arc, [Paris, Douniol, 1870] 
in -8 de 34 p. 

Extrait du Correspondant, 25 mai 76, p. 052-84. 

Est le compte rendu très élogieux de la Jeanne d'Arc de Wallon, édit. 
illustrée. 

(( En publiant une édition illustrée de la Jeanne d'Arc de M. Wallon, la 
maison Didot ne vient pas seulement ajouter un nouveau prix à cette his- 
toire ; c'est aussi un hommage de reconnaissance et d'admiration offert à 
la plus pure de nos renommées nationales. » Parlant des appendices ajou- 
tés à cette édition, l'auteur ajoute :« C'est comme sa vie posthume racontée 
à la suite de sa vie réelle, or cette seconde existence, qui constitue ici-bas 
l'immortalité, ne fait, tout en couronnant l'œuvre de l'auteur, qu'ajouter de 
nouveaux rayons à l'auréole de la martyre. En la voyant ainsi honorée, 
ainsi dépeinte sous les diverses formes de l'art, dans notre siècle où le 
septicisme, renversant tous les dogmes et tous les autels, voudrait aussi dé- 
couronner toutes les gloires, le cœur du croyant se console et se rassure. 
Devant la gloriflcatiou de la sainte fille que, depuis nos désastres, on a poé- 
tiquement appelée In patronne des envahis, il se souvient, il pense et il 
espère. Conformément au vœu de l'historien de Jeanne d'Arc, les âmes 
chrétiennes espèrent qu'il leur sera bientôt donné d'associer une fois de 
plus à leur foi l'image de la patrie et d'invoquer la pieuse héroïne, qui, 
comme sainte, aura nom Jeanne de France ! » L'auteur retrace, à propos 
de ce compte rendu, les grands points de la vie de l'héroïne. 



S 14. VILLIALUIl'; (Nicolas), avocat et économiste. — * Histoire de 
Jeanne d'Are et réfutation des diverses erreurs publiées jusqu'à aujour- 
d'hui. Paris, Dentu, 1803, in-12 de 439p. 

B. Nat. Lh 26 123. 

Prix 3,50 ; vente de Lalour, dem. chagr. 1.50. 

Histoire sérieuse, dans laquelle on regrette de trouver adoptées bien des 
opinions sujettes à caution. L'auteur est un peu trop vif dans sa polémique, 
notamment vis à vis de Quicherat, de Wallon, etc., et trop peu modeste vis 
à vis de lui-même : « La connaissance particulière et traditionnelle de cer- 
tains faits et coutumes, l'habitude des discussions judiciaires, l'élude assi- 
due de la théologie, de la politique et de la science militaire nous oui fait 
considérer comme un devoir la composition et la publication d'une histoire 
nouvelle. » 

Voici ce qui- pense Villiaumé de la mission de Jeanne : « Ce qu'elle nom- 
mait ses voix n'était que le pressentiment que revêtait la forme de son édu- 
cation et de son siècle. Ce pressentiment si net, si impérieux lui semblait 
. être un discours tenu par des saintes de la pari de Dieu. C'est l'extase des 
âmes sublimes qui donne aux hommes supérieurs les moyens d'agir vive- 
vement sur l'humanité; mais cette vertu ne se voit qu'aux époques reli- 
gieuses. La Pucelle fut douée de l'inspiration naturelle au plus haut degré 
octroyé à l'humanité et elle reçut de la Providence la mission spéciale de 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 141 

sauver la Fiance. Quant à l'inspiration surnaturelle elle a pu l'avoir aussi 
parfois, mais nul ne le sait. L'historien n'a pas besoin de ce moyen. Pour 
expliquer sa vie sublime, où n'apparaît d'ailleurs aucun miracle. » Villiaumé 
s'occupe spécialement in fine de l'orthographe du nom Darc, de la natio- 
nalité lorraine, de l'âge de la Pucelle, etc., mais ses solutions ne sont pas 
plus judicieuses. 

- Le même. Seconde édition. Paris, Lacroix Verbseckoven, 1864, in-8 
de 416 p. 

H. Nat. Lb 26 123 A. 
Vente de Bouteiller dem. mar. 2.50. 



— Le même. Troisième édition revue par l'auteur. Paris, lihr. interna- 
tionale Bourdier, 1864, in-8 de 412 p. 

Prix 7,50 ; vente de Bouteiller, dem. mar. 2.50. 

— Le même. Quatrième édit. Paris, libr. du Petit journal, 18fio, in-12 
de 439 p. 

— Le même. Cinquième édit. revue et corrigée par l'auteur, Paris, libr. 
du Petit journal, 18Gfi, in-8. 

Vente de Latour, dem. mar. 5 f. 

— Le même. Sixième édit. Revue et corrigée par l'auteur, Paris, lihr. du 
Petit journal, 1867, in-8 de 412 p. 

— Le même. Septième édit. Paris, Dentu, 1874, in-8 de 412 p. 

CIL de Vallet dans Bibl. de l'Ecole des Chartes. 4 e s. t. V, p. 173-75 ; de 
Beaucourt dans la Correspondance littéraire, 25 août 18G3, p. 289-92 ; de 
Paul Coq dans la Gazette de France du 4 décembre 03. 



* 1 r». LESCX RF, (Adolphe de), rédacteur en chef au Sénat. — * Jeanne 
Darc l'héroïne de la France, illustré de douze gravures sur acier par 
Léopold Flameng. Paris. Paul Ducroeq, [1806] gr. in-8 de XI-616 p. 

B. Nat. Lb 26 137. 
Prix 14 f. ; vente de Bouteiller dem. Lavall. 11 f. 

« Ce livre est notre part de souscription à la grande réparation nationale 
dont l'œuvre se poursuit en ce moment [à Rouen]. Le moment est bon 
pour lui et les circonstances lui tiendront lieu de talent. 

Cette histoire, nous l'avons écrite d'après les documents irrécusables du 
procès, sans asservir cette libre figure à aucun lien de convention. Jeanne 
Darc appartient à tous les partis. Son autel est celui de la patrie elle- 
même, son histoire est une réconciliation. Nous n'en avons fait ni une ex- 
tatique, ni une visionnaire, ni une incarnation druidique, ni un mystique 
fantôme, ni une Velléda du xv e s., ni une militante Marie d'Agreda. Inspi- 
rée, elle le fut à coup sur, mais sans le savoir et surtout sans s'en vanter, 
cachant Dieu en elle et payant de sa personne, comme si elle n'eût pas été 



142 HISTOIRES GÉNÉRALES 

une élue. Ses nombreuses blessures attestent sa modestie autant que son 
intrépidité. Elle se battit sans se croire invulnérable, et, quand elle souffrit 
elle osa pleurer. Elle honora trop l'humanité pour que nous ayons songé à 
l'idéaliser. Nous l'avons laissée humaine pour la mieux admirer. Nous lui 
avons gardé sa vivacité et son alacrité rustiques, en même temps que sa 
pudeur angélique et sa vertu sublime, son pratique bon sens en même 
temps que son héroïque courage. Nous n'avons par rougi de son ignorance. 
Savoir mourir n'est-ce point assez"? n'est-ce pas assez d'un grand sentiment 
pour faire une grande âme ? Jeanne aima la France jusqu'à la mort. Voilà 
tout. Son patriotisme suffit à sa gloire et son martyre peut se passer du 
lyrisme. La vérité est son plus bel éloge. Les héros ne sont pas des acteurs. 
Elle n'a pas joué un rôle, elle a rempli un devoir jusqu'au bout, c'est-à- 
dire jusqu'au sacrifice d'elle-même. Son miracle, c'est sa vie. Nous n'en 
avons pas cherché d'autre. Ses ennemis, malgré eux, nous ont fourni son 
panégyrique. Ce qui la condamna alors, l'exalte aujourd'hui. Ce qui la tua. 
la rend immortelle. Voilà de quelle façon nous avons compris notre tâche. 
Que nos lecteurs prennent à lire ce livre un peu du mâle plaisir que nous 
avons eu à récrire. 

Que le Pape Pie IX canonise celle que le Pape Pic H a louée. Celle qui 
honore les fastes nalionaux ne saurait déparer les listes hagiographiques. 

Rien ne manque à sa gloire, elle manque à la leur. Les héros et les mar- 
tyrs de la pairie doivent avoir, à côté de ceux de la foi, leur couronne et 
leur autel ; afin que, chaque fois que l'indépendance nationale sera mena- 
cée, leur glaive passe aux mains d'un héritier digne d'elles, que leur dé- 
voûment fasse des rois, que leur exemple fasse des héros, leur image des 



artistes, et leur gloire des poêles 



» 



Le style de l'ouvrage est heureusement moins haché que la préface, c'est 
. somme une bonne vie de Jeanne. Les eaux-fortes de Flameng sont belles. 

CR. de G. Landrol dans le Constitutionnel, 6 déc. 1866. 



— Le môme. Nouvelle édition, identique. 

210. SF,PF.T (Marins), ancien élève de l'Ecole des Chartes, bibliothéc. 
à la Bibl. Nation. — * Jeanne d'Arc, avec une introduction par Léon 
Gautier. Tours, Marne, LS69, in-8 de XX-314 p. 

B. Nai. i.b - G t:;i. 

Prix 3 f. Vente de Lalour 1885, dem. vél. 15 f. 
i grav. d'Emile Bavard. 

— Le même. 1869, in-12 deXIX-280 p. 

B. Nat. Lb 25 l.'il A. 

— Le même. 1870, in-8 de XX-33i p. 

Vente de Bouteiller, dem. Levai). 2 fr. 
Frontispice. 

— Le même. Deuxième édition, LS70, in-12 de 288 p. 

Prix 1.25. 4 figures. C'est la seconde édit. in-12. 

— — 1871, gr. in-8 de 333 p. 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES i i3 

— 3 e édit. 1873, ïn-12 de 288 p. 

— 4 e édit. 1870, in- 12 de 288 p. 

— 5 e édit. 1877, in-8 de XVI-336 p. 4 grav. 

— 6 e édit. 1878, in-12 de 288 p. 

— 7 e édit. 1879, in 8 de 342 p. 

— 8 e 1880, in-12 de 288 p. 

— 9 e 1881, in-8 de 352 p. 

Prix 2 fr. 40. Treize gravures. Fait partie de la Biblioth. des familles et 
des maisons d'éducation. 

— 10 e 1882, in-8. 

— 11 e 1884, in-12 de 288 p. 

— 12 e 1880, in-8. 

— 13e 1889, in-12 de 288 p. 

Prix 0.80, 4 grav. Fait partie de la Biblioth. de la jeunesse chrétienne. 

— 14 e 1889, in-8. 

— 15- 1890, in-12 de 288 p. 

217. SEPET (Marius) - * Jeanne d'Are. Tours, Marne, 1885, pot. 
in-4 de XI-503 p. 

B. Nat. Lb 2 « loi 0. 

Prixl5fr.il a été tiré 130 ex. d'amateurs sur Hollande, Whatman, 
Chine, Japon et Vélin. 

Cette édit. est de beaucoup plus complète que la première ; elle est illus- 
trée de 30 dessins hors texte de Andriolli, Joseph Blanc, Barrias, de Cur- 
zon, Edouard, Frémiet, Hanoleau, Jourdain, J. P. Laurens, Le Blant, Lu- 
minais, A. Maignan, Maillart, Martin, Rochegrosse, Zier, gravure sur bois 
de Méaulle. Elle comprend en outre une introduction sur la France avant 
et au temps de Jeanne, écrite de main de maître (133 pages) ; et une partie 
complémentaire : réhabilitation, étude des monuments de la postérité dans 
l'histoire, la poésie, l'art, etc. La partie comprenant Jeanne d'Arc dans les 
lettres, reproduit, à peu de chose près, le remarquable travail critique pu- 
blié par M. Sepet dans le Wallon illustré. 

« En terminant ce tableau de la France au temps de Jeanne d'Arc, con- 
cluons que Jeanne fut de son temps, mais qu'elle le dépasse de toute la 
hauteur de sa vertu, de son inspiration et de sa mission surnaturelles. Su- 
prême et radieuse personnification du Moyen âge chrétien et français, elle 
apparaît, à l'entrée des temps modernes comme un ange de salut et d'ave- 
nir pour la patrie, dont, par sa vie et par sa mort elle a réparé et expié les 
fautes, et resserré l'alliance avec Dieu. » 

L'ouvrage de M. Sepet est un des pins magnifiques hommages qui aient 
été rendus à la Pucelle, d'une valeur historique, d'une sûreté de critique 
et d'une orthodoxie parfaites. 




Marche sur Orléans 

(Jeanne d'Arc illustrée de M. Sepet, 1885;, 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 145 

Il a été fait un prospectus dé 4 p. in-i « Alfred Maine éditeur à Tours. 
Etrennes de 1885. Jeanne d'Arc par Marius Sepet. » 1 grav. d'A. Maignan 
« Jeanne d'Arc suspend son armure en ex-voto aux murs de l'abbaye de 
Saint-Denis. » 

— Le même. Deuxième édition revue, Tours, Marne, 1887, in-4 de 535 p. 

29 compositions hors texte. 

— Le même. Troisième édit. revue, 1891, in-4 de 000 p. 

29 gravures. 

B. Nat. Lb - c 151 Z. 

= Le même. Seizième édition. Texte revu spécialement pour cette édition. 
Tours, Marne, 1898, in-i- do 308 p. 

C'est le même texte que Tédit. illustrée de 1885 moins le chap. 11 de 
l'introduction, avec quelques autres abréviations dans la partie complé- 
mentaire. L'illustration est différente. 

— Le même. Dix-septième édit. Texte revu spécialement pour celle édi- 
tion. 1891, in-4 de 307 p. 

G. R. d'A. Bruel, Bibl. Ecole des Chartes, 1869, p. 70 1 et 188<> p. 123; 
Bihliograph. cathol. avril G9, juin 77 ; de G. de Beaucourt dans Revue des 
quest. histor. 1 janv. 1809 p. 352, 1885 p. 326 et oct. 91 p. 686 ; de Doncieux 
dans la Controverse et le contemporain 1885, p. 505-508 ; du P. Delaporte 
dans Etudes religieuses, 91 [t. 864-66, etc. 

Il a été fait de cet ouvrage une édition très succincte pour la jeunesse, 
voyez infrà n° 298. 

M. Sepet consacre parfois sa chronique bibliographique et critique de la 
Revue </<•* questions historiques à notre sujet. Cf. notamment août 90, p. 647- 
638. Lire aussi ses comptes rendus dans le Monde, etc. 

£18. («LIBAL (Georges) prof, à la Faculté de Poitiers, aujourd'hui 
doyen à Aix. 

— Histoire du sentiment national en France pendant la guerre de cent 
ans. Paris, Sandoz et Fiachbacher, 1875, in-8 de 532 p. 

Prix 7.30. Vente de Bouleiller, dem. mar. 2 fr. L'histoire de Jeanne Darc 
occupe les p. 303 à 332. Elle est précédée par celles de Jean le Bon, 
Charles V et Charles VI. « Après avoir descendu dans le livre précédent les 
degrés qui ont lentement conduit la France de la vie à la mort, suivons 
maintenant le merveilleux élan par lequel elle est remontée de la mort à 
la vie. » 

Voici le sommaire du livre 111 : 1. La France sous la domination anglaise. 

2. Alain Chartier et le sentiment national dans la littérature. 

3. à 7 Jeanne Darc. 

8. Jacques Cœur. 

9. Délivrance du territoire. 

Voici comment termine M. Cuibal : « Il est bon que l'histoire nous inflige 
parfois de ces déceptions. Elle fortifie ainsi notre foi dans la justice su- 
it) 



146 HISTOIRES GÉNÉRALES 

prême : en ne lui permettant pas de se traîner sur ces preuves sensibles, 
rapprochées, terre à terre, elle l'oblige de prendre un plus grand essor. 

Je ne sais s'il sera jamais donné au pinceau du peintre ou au ciseau du 
statuaire d'exprimer, dans ce qu'ils avaient d'extraordinaire el de mer- 
veilleux, ces contrastes de rêverie el d'action, de douceur et d'impétuosité, 
de grâce féminine e1 de force virile, d'enthousiasme religieux et de fougue 
guerrière qui se fondaient si harmonieusement dans la physionomie mo- 
rale de l'héroïne ; mais, grâce aux beaux travaux de la science contempo- 
raine, nous pouvons tous porter son image au fond du cœur. Sa mémoire 
n'appartient pas à un parti, à une Eglise, à une coterie ; elle appartient à 
la France, à la France tout entière, à la France renouvelée et rajeunie par 
la grande Révolution de 1789. Martyre de la Patrie et de la libre inspira- 
tion religieuse, immolée aux ressentiments des Anglais par l'obscurantisme 
pharisaïque des docteurs de la scolastique, Jeanne IDarc a deux titres éga- 
lement sacrés au pieux respect de notre foi patriotique et libérale : elle a 
assuré la délivrance politique et préparé l'affranchissement religieux de 
son pays. Sur les champs de bataille elle a vaincu l'étranger. Dans son 
martyre et sur son bûcher elle a vaincu le grand péché du Moyen-âge : 
l'Inquisition. » 

CR. de G. de fieaucourt dans Rev. des quesf. histor. 1 janv. 76, p. 3o3-i>4. 

21î). C*OD1lFRO\ (Frédéric) lauréat de l'Académie des Inscriptions. 

— * Le livre d'or français. La mission de Jeanne d'Arc, ouvrage illustré 
d'un portrait inédit de la Pucelle en chromolithographie tiré d'un ma- 
nuscrit du xv e s., de quatorze encadrements sur teinte, de frises, orne- 
ments et culs de lampe de la mémo époque et de quatorze compositions 
originales imprimées en camaïeu de Glaudius Ciappori-Puche. Pari*, 
Philippe Reichel, 1878, in-4 de XIÏ-389 p. 

Prix 40 f. Q. q. ex. sur vélin. Ne vaut pas plus d'une dizaine de fr. 

« Notre intention n'est pas de refaire, clans tous ses détails, la vie de 
Jeanne d'Arc. Cette épopée à la fois divine el humaine, merveilleuse comme 
une légende, vraie comme l'histoire, a été souvent écrite, à des poinls de 
vue divers, avec un remarquable talent. Nous voulons surtout, en utilisant 
ce qui s'est publié de meilleur sur l'héroïne française, caractériser sa mis- 
sion religieuse el patriotique et solidement établir qu'elle fut une vraie 
sainte, une sainte digne de la vénération réservée à ceux que l'Eglise a 
placés sur ses autels. » 

En dépit de ce programme, celle vie de Jeanne ne diffère pas beaucoup 
de ses devancières. Elle est faite avec soin, dans un excellent esprit, elle 
produit des documents et éclaircissements critiques intéressants, mais est 
bien loin de valoir à tous égards le Wallon illustré. L'Académie française 
lui a pourtant accordé le prix Monthyon. Les gravures en sont mauvaises, 
l'impression défectueuse, la reliure mal faite et cependant l'éditeur a cru 
faire merveille, car la dernière page est consacrée en entier à léguer à la 
postérité les noms de tous ceux qui ont collaboré à cet ouvrage. 11 n'est 
pas jusqu'au papier qu'on dit avoir été fabriqué exprès ! Or il est atroce et 
tout piqué. 

Le portrait de la l'ueelle en chromolithographie servant de frontispice est 
tiré du m s 632 bis. Suppl. franc à la M. Nat. Champion des dames de Martin 
Franc. Quoique le titre de Godefroy l'annonce comme inédit, il a été déjà 
publié plusieurs fois, comme nous le disons infrà n" 1472. 

L'auteur consacre un ebap. à « Jeanne d'Arc dans la postérité : » il passe 
en revue les principales productions historiques, poétiques, théâtrales, 
iconographiques et de la chaire chrétienne. Les critiques sont judicieuses. 
Le dernier cliap. est intitulé « Jeanne d'Arc devant le Pape. » lài appendice 
l'auteur passe en revue les miracles de Jeanne, sa mission divine et conclut 
qu'elle doit être rangée dans la classe des martyrs. 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 14/ 

CR. G. de Beaucourt, Revue des quest. histor. 1 avril 1878, p. 702-703, 
après de nombr. critiques, refuse à cet ouvrage le titre de Livre d'Or. 

Il a été fait un spécimen illust. de cet, ouvrage, reproduisant le litre 
gravé, in-4 de 4 p. 

— Le même. Paris, Delhomme et Briguet, 18!)2, in-8 de 410 p. 

Prix 6 IV. C'est la même ëdit. avec des changements insignifiants, faite 
par l'éditeur à l'insu de l'auteur, tels que la suppression des illustrations. 



220. DLBOIST, professeur d'histoire. 

— Guerre de cent ans d'après Froissard et les chroniques du temps, les 
religieux de Saint-Denys, Juvénal des Ursins et la chronique de Jeanne 
d'Arc. Paris, Berche et Tralin, 1882, 2 vol. in-12 de 320 et 358 p. 

Fait partie de la Collection dos chefs-d'œuvre à 3 fr. le vol. 
Le t. I va de 1328 à 1380 (Philippe VI, Jean le Bon, Charles V) ; le t. II 
de 1380 à 1453 (Charles VI, Jeanne d'Arc et Charles Vil). 

Les pp. 222 à 300 sont une véritable histoire de Jeanne, qui serait 
excellente si l'auteur s'était montré critique plus sévère sur les sources 
auxquelles il a empruntés ses détails. C'est ainsi qu'il reproduit le racontar 
d'après lequel Louis XI aurait fait faire un procès aux juges de Jeanne 
encore vivants et fait subir la peine du talion à deux d'entre eux. 

L'auteur est assez judicieux dans son opinion sur la prise de la Pucelle 
à Compiègne : « C'est à tort que l'on a rapporté à la trahison de Flavy la 
captivité de la Pucelle. Cet homme répugnait peu au crime : toute sa 
sanglante histoire le prouve; toutefois, si criminel qu'il ail été, on ne peut 
l'accuser d'être traître quand il n'eût pu l'être qu'à ses propres dépens. 
Mais, s'il n'a point livre la Pucelle, est-il complètement innocent de sa 
perte? Evidemment en cette occasion, il se montra moins préoccupé de la 
sauver que de garder sa ville. Or, la Pucelle était d'assez grande impor- 
tance pour que tout fût à risquer, même à Compiègne, afin de la sauver, 
et une sortie énergique de la garnison aurait suffi peut-être pour dégager 
le pont, ne fût-ce qu'un seul moment et donner à la Pucelle le temps de 
rentrer dans la place. Ainsi elle fut victime, sinon de la trahison, au moins 
d'un abandon inspiré par le plus aveugle égoïsme et, à cet égard, l'événe- 
ment de Compiègne répond trop bien à cette funeste politique, qui, depuis 
si longtemps, minait sourdement ou entravait l'œuvre de Jeanne d'Are. » 



221. FABHE (Joseph), député de l'Aveyron, actuellement prof, à 
l'Ecole normale supérieure des filles à Sèvres. — * Jeanne d'Arc, libéra- 
trice de la France. Paris, Ch. rJelagrave, 1882, in-12 de 17! p. 

B. Nat. Lb 26 211. 

— Deuxième édition revue et corrigée. Paris, Delagrave, 188i, in-12, de 
364 p. 

Prix, 3 fr. 50. Avec notes, éclaircissements et fac simile d'une lettre de 
la Pucelle. 

Publié à la suite «l'une proposition faite par M. Fabre en 1883 à la Cham- 
bre des députés d'une fêle nationale en l'honneur de Jeanne d'Arc. « M'est- 
il pas juste que tous les Français vénèrent, publiquement le nom de celle 



148 



HISTOIRES GENERALES 



qui contribua si puissamment et si glorieusement à leur assurer cette na- 
tionalité de Français. Jeanne est la sainte de Franee ; il est conforme à 
toutes les traditions que les saints soient glorifiés l'anniversaire du jour où 
ils furent martyrisés... Une telle fête ne serait que la consécration pure et 
simple d'un souvenir vivant dans toutes les mémoires, dans tous les cœurs 
et rapprocherait tous les Français à quelque parti qu'ils appartiennent, 
dans une même communion d'enthousiasme. » 




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Le gouvernemenl eut-il peur d'une fête qui se serait adressée à l'imagi- 
nation, au sentiment de la foule, c'est-à-dire a ce qui est inséparable delà 
foi ? Craignit-il de la mettre en parallèle avec celle du I i juillet ? Fut-il 
humilié que l'Eglise réservât pour la Sainte de Fiance toute sa solennité 
sacrée et toutes ses pompes? Enfin Jeanne n'appartenant à aucun parti, 
mais à la France, était elle dans des conditions à, être vue favorablement 
par les gouvernants d'alors, et ceux-ci pouvaient-ils admettre une fête qui 
ne fût jias une œuvre de parti? Toujours est-il que le projet ne fut pas 
adopté. 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 



149 



Cel, ouvrage renferme bien des pages chaudement senties et chaudement 
rendues, qu'on sent sorties d'une plume enthousiaste guidée par un cœur 
dans lequel le sentiment patriotique est profondément enraciné. 

« Qu'importe ce qu'il advint de ses cendres ? Jeanne est entrée en posses- 
sion de l'immortalité. Elle vit dans l'admiration des patriotes de tous les 
pays. 




Jeanne d'Arc, tableau de Deveria au Musée d'Angers 
(Extrait de la Jeanne d'Arc de J. Fabre, édit. illustrée). 

Gloire à jamais à toi, ô la plus belle fleur de notre belle France ! 
Comment as- tu pu, héroïne de dix-sept ans, opérer en quatre mois tant 
de merveilles ? 
Tu as pu parce que tu as cru, et tu as cru parce que tu as aimé. 
Puisse ton souvenir nous enflammer, nous, enfants de la France. 



150 HISTOIRES GÉNÉRALES 

• La France est éprise de toi, car Éa vertu lui a fait toucher un sommet 
non atteint ni avant ni depuis. Et elle peut dire fièrement aux autres peu- 
ples : où est votre Jeanne d'Arc '.' 

Mais ce n'est pas assez de te chérir, il faut t imiter. Oh ! souffle-nous 
cette grande pitié pour la patrie, cette haine profonde pour l'envahisseur 
dont tu étais animée ! Souffle-nous cette foi qui soulève les montagnes ! » 

— * Troisième édition illustrée de quarante gravures hors texte d'après des 
tableaux, des statues, des estampes et des documents de toutes les épo- 
ques. Paris, Librairie illustrée et Delagrave [1884], in-8 de 319 p. 

Prix, 6 fr. Les illustrations, dont nous reproduisons deux ci-contre, en 
font une œuvre artistique importante à placer à la suite du Wallon ; on y 
retrouve les reproductions des principaux tahleaux, statues de J. d'Arc. 

CR. Mémorial rfrs Vosges, 30 mai 84 ; lier, politique et littéraire, 1 er sept. 
84, p. 003-604 ; Gaulois, 24 sept. 84 ; Le drapeau 1884, p. 244-43 ; p. 268-09. 
« La patronne de la patrie, Jeanne d'Arc, 1412-1431, à propos d'un livre 
nouveau, » 3 grav. 

— Le même. Edition illustrée de il gravures. Paris, librairie illustrée, 
Delagrave [1891], in-8 de IV-359 p. 

Lue édition abrégée de cet ouvrage a été faite pour la jeunesse, voyez 
infrà, n° 303. 



'2*2*2. ARC (F. Lanéry d'). — Jeanne d'Arc, par M. Joseph Fabre. Mar- 
seille, Chauffard, 1884, in-8 de i p. 

Extrait des Annales de Provence des 5-20 juill. 84, p. 478-81. 

Compte rendu de Jeanne d'Arc, libératrice de la France, en faveur du pro- 
jet d'établissement d'une fête nationale en l'honneur de Jeanne d'Arc. 

'2*211. CAXKT (Victor), prof, d'histoire aux facultés catholiques de Lille. 
— Jeanne d'Arc et sa mission nationale. Lille et Bruges, Société de 
S'-Augustin, Desvlée de Brouwer et C ie , 1887, gr. in-8 de VII-408 p. 

Prix, 4 fr., texte encadré de rouge. 

L'auteur dans deux < hap. prélimin. constate l'état de décadence maté- 
rielle et morale de la Fiance, de Philippe de Valois jusqu'en 1429, ces dé- 
sastres sont la conséquence des fautes des rois et de la nation, de l'affai- 
blissement de la foi ; leur conséquence ne tend à rien moins qu'à la 
destruction de la nationalité française, et ils ne peuvent être humainement 
réparés. Dieu intervient et montre qu'en lui est le salut, comme en dehors 
de lui la ruine, en nous envoyant Jeanne d'Arc. L'auteur reproduit, d'après 
les historiens les plus autorisés et les documents originaux, l'enfance, la 
mission, les succès de Jeanne, comme aussi son martyre et sa réhabilita- 
tion. Puis ensuite il examine d'une manière plus spéciale les questions 
théoriques que soulevèrent la vie de la Pucelle et les systèmes développés 
relativement à sa mission par les adversaires du catholicisme, étudie sur- 
tout sa vie publique et les caractères de son inspiration : la française et la 
sainte. 11 démontre l'impossibilité d'attribuer sa mission à d'autres mo- 
biles qu'aune inspiration surnaturelle. Il engage tous les catholiques h hâter 
par leurs vœux la canonisation, car la Fiance veut pouvoir invoquer pu- 
bliquement sa libératrice. La résurrection religieuse et morale ne pourra 
qu'être activée par le culte de Jeanne d'Arc. 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 151 

L'auteur parait être d'une sévérité peut-être excessive envers les Arma- 
gnacs dont le chef Tanneguy du Chàtel racheta des excès criminels par 
d'incontestables services, et dont Robert le maçon se montra le défenseur 
sincère, bien que peu iniluent de Jeanne. 

Enfin, ce qui est plus important encore, on pourrait reprocher à M. Canet 
de ne pas s'être expliqué bien nettement sur la question si controversée 
de l'étendue de la mission de la Pucelle. 

Dans un appendice final se trouve l'espèce de plébiscite provoqué par 
Ivan de Wœstyne du Figaro, au sein de l'Académie française idée qui eut 
un si piètre résultat. (Voy. infrà, n° 1326). 

CR. Revue des quest. histor. I 01 ' oct. 88, p. 618. 

= Jeanne d'Arc, ses exploits, son procès, ses vertus. Lille, Soc. de S [ - Au- 
gustin Desclée, de Brouwer, 1888, gr. in-8 de 3 ff. et 226 p. 

Prix, 2 fr. Texte encadré de rouge. 

Comme le dit la préface, cet ouvrage n'est qu'une seconde édit. abrégée 
du précédent, avec 99 grav. qui ont été empruntées au J. Fabre illustré et 
au Wallon. 

L'auteur a resserré le cours un peu trop abondant de son exposé et « re- 
tranché un certain nombre de considérations historiques et des détails qui 
n'étaient pas absolument nécessaires pour mettre en relief la douce et 
puissante physionomie de la vierge chrétienne envoyée de Dieu pour sauver 
la France au xv n s. » 

— * Le même. Jeanne d'Arc et sa mission nationale. Illustré de nom- 
breuses gravures dans le texte. Lille, Desclée, de Brouwer, 1892, in-8 
Jésus de il>8 p. 100 grav. dans le texte. 

fi. Nat. Lb - 6 295. 
Prix, o i'r. 

« Comme texte, c'est celui de la première édition revu avec le plus grand 
soin. Dégagé de quelques détails il a reçu des additions et des notes qui 
complètent le récil primitif et le mettent au courant des découvertes ré- 
centes. 

Puissent ces hommages multiples à la Vierge qui sauva la France des 
Anglais et réveilla le sentiment patriotique, avec celui des devoirs imposés 
à une nation chrétienne, servir à votre temps et devenir un moyen de ré- 
génération religieuse et de relèvement social. » 

22 8. MARIA" (Paul), capitaine d'artillerie [37 e régiment]. — * Jeanne 
Darc tacticien et stralégiste. L'art militaire dans la première moitié du 
xv e siècle, Paris, Librairie militaire Baudouin, 1889-90, 4 vol. iu-12 
de 321, 330, 322, 321p. 

Prix, 14 fr. Titre rouge et noir. 

B. Nat. Lb 2G 249. 

T. I. La campagne de l'Oise (1430) et le siège de Compiègne, combats de 
Lagny et de Pont-1'Évêque. 

11. Les voix de Jeanne Darc avant la sortie de Compiègne. 

111 Campagne de l'Oise, prise du boulevard du pont de Compiègne 
(19 juillet 1430 , assaut de la bastille Saint-Ladre (23 octob.) 

IV. Levée du siège de Compiègne, Jeanne Darc est remise au roi d'An- 
gleterre ; Le Crotoy (21 nov. 1430) ; combat de Conty. 

Chacun de ces i vol. est terminé par un index alphabétique fort utile. 



152 HISTOIRES GÉNÉRALES 

« Le duc d'Alençoii,un des plus illustres capitaines du xv e s., un des lieu- 
tenants de Jeanne Darc, a tracé de la Pucelle le portrait suivant : « En 
toutes choses hors du fait de guerre elle était simple comme une jeune 
fille ; mais au fait de la guerre elle était fort habile soit à porter la lance, 
soit à rassembler une armée, à ordonner les batailles ou à disposer l'ar- 
tillerie. Et tous s'étonnaient de lui voir déployer dans la guerre l'habileté 
et la prévoyance d'un capitaine exercé par une longue pratique. On l'admi- 
rait surtout dans l'emploi de l'artillerie, où elle avait une habileté con- 
sommée. » Quand ce portrait tomba sous mes yeux, j'étais à l'Ecole poly- 
technique et fus tout décontenancé de découvrir pareille assertion émanant 
d'un homme de guerre aussi rompu au métier des armes que le duc 
d'Alençon. Jeanne Darc en effet savait vaincre et excellait à profiter de la 
victoire. C'est-à-dire qu'elle fut un habile tacticien et un stratégiste de pre- 
mier ordre, c'est ce que je vais démontrer. » 

Ce livre est donc le récit des hauts faits de Jeanne au point de vue mili- 
taire. 

« Cet ouvrage est consacré à l'examen des actions de la Pucelle. Est-ce à 
dire qu'il soit fermé au reste? Non, ce livre est ouvert à toul ce qui inté- 
resse l'héroïne. C'est par une fiction de son imagination que l'historien 
sépare en son héros, le tacticien du stratégiste, le visionnaire de l'homme 
d'action. Raconter l'histoire de la Pucelle sans examiner le pourquoi de 
ses qualités morales serait aussi vain que l'écrire sans chercher le secret 
de ses aptitudes militaires. Le nœud de la discussion : où finit l'inspira- 
tion ? où commence le génie "? a été examiné dans le second de ces quatre 
volumes. Pourquoi s'étonner si sur ce point comme sur le plus mince détail 
de tactique, l'auteur de ce livre a recherché la vérité? » 

Un beau passage est celui où M. Marin regrette que Bossuet n'ait pas fait 
l'oraison funèbre de Jeanne, au lieu de celle du Prince de Coudé', et où il 
prouve que tout ce qu'avait dit l'aigle de Meaux du vainqueur de Rocroy 
s'appliquait plus justement encore à la libératrice de la France. 

CR. d'Anatole France dans Le Temps, I e1 ' sept. 89 ; de M. Sepet dans Le 
Monde du 9 déc. 89 ; de René Doumic dans le Moniteur Universel du 
lo août 90; de Germain Lefèvre-Pontalis dans Bibl. de l'Ecole des Chartes, 
juill. 92, p. 472-73. 

Cf. sur le même sujet Paris-Journal du 21 oct. 71 « Jeanne d'Arc grand 
général. » 



225. Bl T RY (Henri Blaze de). — Jeanne d'Arc. Paris, Librairie aca- 
démique Didier, Perrin, 1800, in-8 de *J2a p. 

13. .Nat. Lb 2G 259. 

Prix, 7 fr. 50. 

Histoire divisée en trois livres : 

I. De Domremy à Reims ; II. De Reims à Compiègne ; III. De Compiègne 
à Rouen. 

Pour réparer les injustices du public envers Henri Blaze de Bury, on 
comptait beaucoup autour de lui sur sa Jeanne d'Arc. 11 s'y était élevé, 
disait-on, à des hauteurs que ses autres ouvrages ne laissaient pas pres- 
sentir et l'on expliquait ce merveilleux essor en rappelant que, pendant la 
dernière année de sa vie, Blaze restait silencieux, dédaignant, de prendre 
sa part des conversations vulgaires, lout entier à sa pensée, et que cette 
pensée, de plus en plus immatérialisée, l'enlevait tantôt dans la région des 
cygnes et des aigles, tantôt dans le séjour des anges et des saints. 

Le sujet de Jeanne d'Arc se prêtait admirablement à cette métamor- 
phose. Sachant que la veuve et la fille aînée du regretté défunt, presque 
aussi lettrées que lui-même, attachaient une grande importance à cet 
ouvrage, on pouvait supposer qu'elles le feraient précéder de quelques 
pages où il eùi été bien facile de nous intéresser et de nous émouvoir en 
nous parlant du contraste entre le talent d'Henri Blaze et l'indifférence de 
la génération nouvelle. 



HISTOIRES SAVANTES ET CRITIQUES 153 

En oulre, il est évident que les épreuves n'ont pas môme été corrigées. 
Des passages d'une certaine dimension sont textuellement répétés jusqu'à 
trois fois, et pourtant une révision sévère eût été d'autant plus nécessaire 
que l'auteur, au lieu de planer dans les régions idéales, au lieu de monter 
jusqu'à Jeanne d'Arc, la fait descendre jusqu'à lui et reste fidèle plus que 
jamais à ses instincts, à ses habitudes de fantaisiste et de sceptique. A 
l'appui de ces remarques nous ne citerons que trois phrases. 

Voici le début du livre : « Histoire, fable, mythe ou légende, il s'agit ici 
d'un sujet plein de précipices, où nier, douter, affirmer est également 
dangereux. Jeanne d'Arc, me disait un soir quelqu'un à voix basse et dans 
le mystérieux crépuscule des confidences impossibles, Jeanne d'Arc a-t-elle 
seulement jamais existé ? 

Vraiment sous quelque aspect qu'on l'envisage, cette Jeanne vous émer- 
veille. Il semble qu'elle obéisse au seul instinct et c'est toujours la ré- 
flexion qui prédomine. Elle agit à la fois de méditation, de calcul et de 
fulgurante instantanéité. Est-ce bien toujours son Dieu qui la commande? 
On le croirait à l'entendre. Et pourtant que de sagesse, de science acquise, 
de froide raison et de logique dans cette possession de technicité solide 
mêlée à ce délire sibyllin. » 

Voici le troisième passage qui nous précipite des sommets du Thabor au 
bas de la Butte Montmartre. « Voltaire n'a rien compris à son sujet. Il ne 
s'aperçoit pas qu'en attaquant Jeanne d'Arc il tire sur ses propres troupes. 
C'était tout le contraire qu'il aurait dû faire, car la Pucelle représente 
bien plutôt la lutte de l'esprit moderne contre l'obscurantisme clérical. 
C'est une protestante avant la lettre, la mère anticipée de la réforme. » 

CIL d'Anatole France dans Le Temps du 12 janv. 90 ; de Jalliffier clans 
les Débats du 29 avril 91 ; Revue historique, juillet-août 90, p. 35o-o9, tous 
des éreintements. 

- Le même. Paris, Didier, 1890, in-16. 

Prix, 3 li . 50. 



**,*>** 

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bis BOUTIOT. -- Guerre des Anglais (1429-1435). 



Cet ouvrage figure dans le calai, de la vente Siméon Luce, nous n'avons 
pu nous le procurer ni avoir sur lui des indications complémentaires. 



II. — XIX e siècle. Histoires populaires, 



226. GUILBERT (Ph. J. Et. V). — Eloge historique de Jeanne d'Arc, 
surnommée laPucelle d'Orléans, suivi de noies, de pièces justificatives, 
de sou procès et de diverses remarques historiques. Rouen, Imp. de Vin- 
cent Guilhert, an XI (1803), in-8 de 84 p. 

Prix 1.50. 

En épigraphe : 

Plus le péril est grand, plus doux en est le fruit ; 
La vertu nous y jette, et la gloire nous suit. 

Cet ouvrage, qui paraît avoir été inspiré de celui de Léon Tripault, est 
plus oratoire qu'historique. En voici un échantillon : « L'héroïne française 
a eu le courage de Clélie, la vertu de Lucrèce, la stoïque fermeté de Porcie 
et par dessus tout cela l'intrépidité d'un chevalier français. » 

"ifiH . X... — Jeanne d'Arc ou la Pucelle d'Orléans. Fait historique de 
l'histoire de France sous le règne de Charles VII. [S. nom.]. [Mantes, 
Imprirn. de Refay, 1814], in-8 de 100 p. 

B. Nat. Lb'- 6 35. 

Assez bonne histoire de Jeanne, étant donnée l'époque de sa publication, 
assez dure pour Charles VII. « Quel que fut le motif de l'abandon dans le- 
quel on le laissa, il ne ternira pas moins la mémoire d'un prince qui lui 
devait tout et qui sans elle eût vu passer sa couronne, héritage de ses an- 
cêtres, en des mains étrangères ; en vain son caractère indolent lui servi- 
rait-il d'excuse? Charles devait racheter par des sacrifices celle qui en 
avait tant fait pour lui. Quelle tâche pour ce prince qu'un tel abandon? En 
vain l'histoire lui donne-t-elle le titre de victorieux ; elle ne pourra jamais 
effacer l'opprobre dont il s'est couvert. » Rapporte que Louis XI fit mettre 
à mort deux des juges du procès qui vivaient encore à son époque et dis- 
perser les ossements de deux qui étaient morts, leurs biens confisqués 
étant employés à construire une église au lieu où Jeanne avait subi son 
supplice. Ce qui est faux. 

— Le même... Fait historique du règne de Charles VU. Paris, Montau- 
don, [1815], pet. in-18 de 105 p. 

Le titre est gravé, il porte un portrait de Jeanne avec chapeau à plumes. 
En frontispice Jeanne sur les remparts d'Orléans. « La Pucelle après un 
demi-quart d'heure d'absence revint,, elle courut au pied du fort, y planta 
son étendard. » Le vol. est imprimé par Foirestier à S'-Germain. 

— Le même, identique, 1817. 

— Cinquième édition. Paris, Vauquelin, 1820, pet. iu-lN de 106 p. 



HISTOIRES POPULAIRES 155 

228. LFAIAIRE (Henri). — Vie de Jeanne d'Arc, surnommée la Pu- 
celle d'Orléans, écrite d'après les manuscrits les pins authentiques de la 
Bibliothèque du Roi, et dans laquelle on trouve des détails exacts sur la 
naissance de cette héroïne, sur les sièges d'Orléans et de Paris, et sur le 
couronnement de Charles VII, orné de 4 gravures en taille douce. Paris, 
Leprieur, 1818, in-12. 

B. Nat. Lb 2G 39. 
Prix, 2 fr. 
Quatre grav. hors texte. 

229. A. D. — Vie historique de Jeanne d'Arc, par M. A. D. [S. Nom.] 
Paris, Caillot, 1827, pet. in-18 de 106 p. 

B. Nat. Lb 26 99. 

En frontispice Jeanne sur les remparts. « Par son intrépide vaillance elle 
ranime les guerriers, n 

Nous nous demandons si l'auteur ne serait pas A. Douesnel qui signa des 
mêmes initiales en 1828 une Epître de Jeanne d'Arc? 

— Le même identique. Paris, Caillot et Delàrue, 1822, in-18 de 106 p. 

B. Nat. Lb 26 99 A. 
Le même frontispice. 

230. X... — Jeanne d'Arc ou la Pucelle d'Orléans. [S. nom, lieu ni 
date], in-12 de 144 p. 7 fig. 

Extrait de VAlmanach de Gotha, (Gotha, Justus Perthes, 1822), p. 1-144. 

Le portrait de Jeanne par Vauzelles et les 6 grav. de l'histoire de Le 
Brun de Charmettes. 

L'histoire de Jeanne, dont tous les éléments sont empruntés aussi à Le 
Brun, est paginée séparément, elle est placée après le calendrier, la généa- 
logie des souverains de l'Europe et les tables chronolog. sur l'histoire. 



231. QUATREMÉRE-ROISSY (Jean-Nicolas), ancien conseiller au 
Ghâlelet, 1754-1831-, auteur du Règne de Louis XIV (sic). 

— Jeanne d'Arc ; Paris, Lenormant, père, 1827, in-8 de 177 p. 

B. Nat. Lb 26 43. 

Prix, 3 f. ; vente de Bouteiller, dem. mar. 1.50. 

L'auteur a cherché à rendre populaire et à resserrer en un vol. d'un 
prix à la portée de tout le monde, l'histoire de Le Brun de Charmettes, 
surtout en la dramatisant. « 11 me semble que cette histoire, telle que je 
l'ai rédigée, peut être considérée comme un drame, oserais-je dire comme 
une épopée? Il y a du merveilleux, une héroïne toujours en action, un 
grand intérêt, des événemens importans et une catastroph e du plus grand 
pathétique. » 



156 HISTOIRES GÉNÉRALES 

Bonne histoire faite dans un excellent esprit: soutient in fine, en appen- 
. dice la question de la mission divine, mais glisse un peu trop légèrement 
sur le procès de condamnation et l'interrogatoire de Jeanne. 



232. SLGUR (le comte de), de l'Académie française, pair de France, 
1753-1832. — * Jeanne d'Arc, épisode historique. Paris, Alexis Ey- 
mery, Fruger et C ie , 1829, in-8 de 76 p. 

Tirage à part du chap.'V de Charles VII surnommé le victorieux. 

Œuvres complètes, t. XXXII, Histoire de France, t. VIII, p. 354-426. (Pa- 
ris, A. Eymery, 1829, in-8 de 223 p. 

C'est une véritable vie de Jeanne au milieu de l'histoire du règne de 
Charles VII, l'auteur s'est inspiré de Buchon et de Walkenaer. « Il ne faut 
pas juger cette héroïne, ses visions et ses exploits d'après les idées de no- 
tre siècle ; le temps des lumières n'est pas celui des miracles : de nos jours 
les inspirations de cette femme exaltée n'auraient enflammé ni effrayé au- 
cun courage ; mais, comme il est certain qu'on la crut alors, qu'on l'ad- 
mira, qu'on la suivit, qu'elle devint la libératrice de sa patrie et que sa 
vaillance patriotique, si elle ne fit point des miracles, opéra des prodiges, 
bornons-nous à raconter ses visions, ses exploits, comme ses contempo- 
rains nous les ont transmis. » 

— Le même. Paris, A. Eymery, Fruger, 1820, in-lG, grav. 
Prix 1 f. 

233. [PUGET (A. de).] — * C'est de Jehanne la Pucelle, légende de la 
fin du xv s siècle. S. nom. Paris, Guyot, 1833, 2 vol. in-8 de VII-2G2, 
252 p. 

Vente de Latour, dem. vél. 5 f. ; de Bouteiller, dem. mai. 2 f. 

En frontispice, buste de Jeanne et les « Scultures placés (sic) en 1421 sur 
la porte de la famille d'Arc. » 

C'est une histoire moderne écrite en vieux français. Chacun des deux tomes 
comprend neuf livres, le second vol. est intitulé Procès. Voici comment débute 
le second livre du Procès : « Par le dessus dict evesque Pierre Cauchon, 
fust citée à comparoir Jehanne-la-Pucelle en la chapelle royale du chasteau 
de Bouen, au jour de merquedy vingt et unième jour de febvrier 1430 à 
huit heures du matin, luy intimant Mgr de Beauvois, qu'elle serait excom- 
muniée s'elle ne vouloit comparoir. Fist réponse, Jehanne, que voulentiers 
elle comparoîtroit et respondroit vérité, pourveu que ce fust devant clercs 
tant françois que anglois, et requeroit et supplioit en oultre sa révérende 
paternité épiscopale qu'elle peut ouir messe avant d'aller en jugement. 

Le jour déclaré, pendant ce que on admenoit la Pucelle, Mgr l'evesque 
exposa aux adsesseurs par luy appelés et mandés (à sçavoir soixante mais- 
très ez arts, docteurs en théologie et en décrets, licenciés ou bascheliers 
en celle Faculté), que la dicte Jehanne avoit requis d'ouir messe, mais qu'il 
avoit eu conseil avecq aulcunes discrettes et notables personnes, par les- 
quelles il avoit trouvé, qu'actendu les crimes et la difformité d'habit de 
ceste créature, on lui debvoit différer la licence d'ouir messe et le divin 
service. » 

CB. Annales de philosophie chrétienne, t. VIII, p. 61-68. 

234. X... — Histoire de Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans, 
d'après les manuscrils de la Bibliothèque du roi. S. nom. Paris, Mar- 



HISTOIRES POPULAIRES 157 

chauds de nouveautés, Imprim. de Bouchard Hnzard, 1830. pet. ia-18 
de 158 p. 

B. Nat. Lb 26 47. 
Grossières grav. s. bois ; en frontispice un chàteau-fort. 
Voici les 10 chap. dont se compose cet ouvrage : 

1. Etat de la France sous Charles VII. 

2. Naissance de J. d'Arc à Domremy. 

3. Jeanne présentée au gouverneur de Vaucouleurs. 

4. Arrivée à Chinon. 

o. Départ pour Orléans, entrée dans cette ville. 

0. Entrée du roi à Reims, son sacre et son couronnement. 

7. Prise de la Pucelle devant Compiègne. 

8. La Pucelle prisonnière, son procès. 

9. Exécution de Jeanne. 

10. Poètes de Jeanne d'Arc, se termine par la Messénienne de C. Dela- 
vigne. 

« Les quatre siècles écoulés depuis le supplice de Jeanne d'Arc ont pu- 
rifié complètement sa mémoire de toutes les souillures qui furent l'ouvrage 
des mauvaises passions ou de l'ignorance. On peut remarquer aussi que le 
caractère de Jeanne d'Arc a plus ou moins frappé les générations selon 
que les esprits s'élevaient plus ou moins aux idées de la grandeur morale, 
selon que l'on avait plus ou moins de penchant pour les choses héroïques 
et qu'on aimait plus ou moins la patrie et la gloire. C'est à nos enfants 
qu'il appartiendra de sentir d'une manière complète tout le merveilleux 
(les exploits de Jeanne ; les événements, qui dans le xviue s furent livrés 
à la moquerie seront environnés de plus de respect que les actions hé- 
roïques de l'antiquité. » Bien pensé mais mal dit. 

- Le m^nie sous le lilre de: Histoire... d'après les anciennes chroniques 
de France et les manuscrits de la bibliothèque du roi. Paris, Renault, 
inij>rim. de Moquet, 1813, in-18 de 108 p, 

IL Nat. Lb - 6 47. A. 

Les grav. s bois, aussi grossières, sont cependant différentes de celles 
de la l re édit. et plus nombreuses, il en sera de même dans les réimpres- 
sions suivantes. 

La messénienne manque dans cette édition ainsi que le chapit. X. 

- Le même. Histoire... d'après les manuscrits de la Bibliothèque royale, 
les anciens chroniqueurs et les historiens modernes. Paris, Renault, 
Imprim. de Lacour, 18H, in-8 de 108 p. 

On retrouve la messénienne, ainsi que dans les édit. suiv. 



— Identique. Paris, Renault, Imprim. de Henry, 1844. 

B. Nat. Lb 2(i 47 B. 

— Identique. Imprim. par Gerdès, 1845. 

— Identique. Librairie populaire des villes et des campagnes, Imprim. 
Arhieu à Poissy, 1845, in-18 de 108 p. 



158 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Identique. Imprim. par Henry, 1845. 

— Identique. Imprim. par Lacour, 1845. 

— Identique. Imprim. par Pommeret, 1 <S i G . 



B. Nat. Lb 26 47 G. 



B. Nat. Lb î6 47 D. 



— Identique. Librairie des villes et des campagnes, 1850. 

B. Nat. Lb 26 47 E. 

— Identique. Paris, Renault, Imprim. par Pommeret, 1852. 

— Identique. Paris, Renault, Imprim. par Gardés, 1853. 

B. Nat. Lb 26 47 G. 

— Identique. Paris, librair. des villes et des camp. [1854]. 

B. Nat. Lb 26 47 H. 

— Identique. Imprim. par Valder, 18' 0. 

— Le môme. Epinal, Pellerin, 1852, in-18 de 107 p. 

— Identique. 1850. 

B. Nat. Lb °- 6 47 F. 

— Le même. Imprim. d'Arbieu à Poissy, 1850. 

— Le même. Avignon, Imprim. Pei/ri, 1857. in-18 de 00 p. 

B. Nat. Lb 2 6 io8. 

— Le même. Paris, Renault, 1800, i n -10. 

B. Nat. Lb 26 108 A. 

235. KARR (Alphonse) — Jeanne d'Arc [Paris, Imprim. Decour- 
chant, 1830], pet. in-18 de 54 p. 

Extrait des Paysans illustres, Plutarque des campagnes, (Paris, Bureau de 
la Société des dictionnaires et chez tous les libraires de France.) p. 97-150. 

En tête un mauvais bois représentant Jeanne au bûcher. 

Sévère pour la monarchie. Commence ainsi : « Bans les jardins du Ver- 
sailles de Louis XIV, sous ces impudiques charmilles où M mc de Montespan 
et ses compagnes vinrent prendre leurs ébats, où Louis XV donna rendez- 



HISTOIRES POPULAIRES 159 

vous plus d'une fois à ses maîtresses, on trouve nu vieux bloc de marbre 
ignoré de la foule... c'est une jeune femme attachée sur un bûcher; son 
corps sera bientôt réduit en cendres mais sa gloire ne périra qu'avec le 
nom français. Ni le roi ni ses maîtresses ne songèrent à se détourner de 
cette vierge qui brûle au bûcher pour avoir fait sacrer le roi de France à 
Reims. Le peuple de 91, quand il entra à Versailles demandant à grands 
cris qu'on lui donnât le roi et la reine de France pour les conduire à 
l'échafaud, ce peuple, brisant tout sur son passage, respecta le vieux mar- 
bre, parce que c'est une gloire nationale : c'est Jeanne d'Arc. » 

Suit l'histoire de la Pucelle. 



230. [BI.OCQl EL (Simon)]. — Histoire de Jeanne d'Are, surnommée 
la Pucelle d'Orléans, contenant les détails de sa vie, de sa bravoure, de 
son procès, de sa fin malheureuse et de sa réhabilitation d'après les ma" 
nuscrits les plus authentiques, par Monblis, [pseudonyme de Simon 
Blocquel]. Paris, Delarue ; Lille, Blocquel-Castiaux, [1840], in-18 de 
103 p. 

B. Nat. Lb 2 6 44. 

Prix, 1 f. ; en frontispice grav. pliée : Supplice de Jeanne d'Arc, lithogr. 
de Blocquel, Lille. » 

Ouvrage fait pour être colporté dans les campagnes. 

237. SERMET. — Jeanne d'Arc ou L'héroïne du xv e siècle, d'après les 
monuments contemporains et les principaux écrivains modernes. Pai'is, 
Soc. de S^Nicolas, Vrayet de Surey, 184-1 , in-18 de IV-212 p. 

B. Nat. Lb 2G 50. 

Cette histoire parait inspirée en grande partie de celle de Michaud et 
Poujoulat. « Dieu a délivré nos ancêtres du joug de l'étranger parce qu'ils 
se sont montrés constamment fidèles au culte de la vérité et à sa loi di- 
vine. Leur dévoûment au catholicisme les a rendus dignes d'être les ins- 
truments des desseins de la Providence; admirable mission que désignait 
si bien le titre placé en tête de nos vieilles annales Gesta Dei per Francos ! 
malheur à nous si nous quittions la voie que nous ont tracée nos pères. 
Dieu délaisse qui l'abandonne, Chaque atteinte portée au catholicisme est 
une attaque directe contre notre nationalité. De là notre mépris pour Vol- 
taire et ses vils imitateurs. Leurs sarcasmes, leurs perlides calomnies ont 
fait beaucoup d'incrédules et pas un bon citoyen. Ils ont cru tuer la reli- 
gion, ils n'ont tué que l'esprit public. 

11 est donc utile que le peuple sache comment, à une époque ridicule- 
ment taxée de superstition et d'obscurantisme, nos aïeux défendaient leur 
indépendance. Voilà l'unique motif qui nous a engagé à raconter après 
tant d'autre la vie de Jeanne d'Arc. Nous avons pensé qu'aujourd'hui, où 
des périls sans nombre nous menacent, il y aurait quelque utilité à écrire 
le récit exact, simple, populaire des prodiges opérés dans d'autres temps 
par la foi et le patriotisme. » 



238. DUMAS (Alexandre). — Jehanne la Pucelle (1429-1431), Paris, 
Ma g en et Comon, 1812, in-8 de VII-340 p. portrait. 

Prix, 7.50. « Dédié à la mémoire de la Princesse Marie, hommage de 
respect à la fille de France, hommage d'admiration à l'artiste euro- 
péenne. » 



160 HISTOIRES GÉNÉRALES 

Cet ouvrage, comme tous les romans historiques de Dumas, est un mé- 
lange de vérités et de fictions prises de toutes mains dans les chroniques 
les plus diverses et combinées avec un art brillanl de mise en scène. Du- 
mas appelle Jeanne « le Christ de la France. Elle a racheté, ajoute-t-il, les 
crimes de la monarchie comme Jésus a racheté les péchés du monde. Un 
an suffît à Jehanne la Pucelle pour sauver la France. Venue de Dieu elle 
retourna à Dieu ; seulement elle était descendue du ciel avec la couronne 
des Anges, elle y remonta avec la palme du martyre. » 

— Le même. S. lieu ni date, pet. in-4 à 2 col. de 29 p. 

Extrait du Magasin littéraire, mais 1812. 2 e année n° IX, p. 1-29. 

— Le même. S. lieu ni date, pet. in-i à 2 col. de 42 p. 

Extrait des Œuvres complètes d'Alex. Dumas, t. XI, p. 207-308, 1 grav. 
s. bois représentant Jeanne à l'assaut. 

— Le même. Paris, Michel Lèvy, 18112. in-12 de 201) p. 

— Nouvelle édition, identique, 1866. 

— Nouvelle édition, Paris, Calmann Lévy, 1883, in-12 de 200 p. 

Dans ces 3 dernières éditions à 1 f. 25, chaque vol. a 295 p. mais les p. 
1 -200 seules sont Jehanne la Pucelle, à leur suite sont deux autres récils 
historiques étrangers à notre sujet. 

— Nouvelle édition augmentée. Jeanne d'Arc ; suivi d'un appendice con- 
tenant une analyse raisonnée des documents anciens et de nouveaux 
documents inédits sur la Pucelle d'Orléans par J. A. Buchon, avec une 
introduction de Charles Nodier de l'Académie française. Paris, Ch. Gos- 
selin, 1843, in-12 de XV-433. 

B. Nat. Lb 2 » 55. 

Prix, 3.50 ; vente de Latour 85, dem. mar. 5 f. 

Se compose de deux parties : la première de 173 p. n'est que la réim- 
pression de l'histoire de Dumas, la seconde p. 175-453 la réédition de 
l'analyse de Buchon publiée en 1838 dans le Panthéon littéraire, sous le 
litre de « Appendice contenant une analyse raisonnée des documents an- 
ciens et de nouveaux documents inédits sur la Pucelle d'Orléans par J. A. 
Buchon. » (Voy. suprà n° 5.) 

Ch. Nodier dans sa préface dit que cette œuvre de Dumas est une « his- 
toire écrite avec le cœur d'un français et la foi d'un chrétien, c'est un 
livre qu'il faut lire comme il a été écrit, avec la foi. » 

C.R. Journal des villes et des campagnes, 10 mai 1843. 

£39. X... — Histoire de Jeanne d'Arc. S. nom. Lille, Lefort, 181-4, 
2 part, en 1 vol pet. in-18 de 21 ï p. 

B. Nat. Lb 28 58. 

En frontispice une lithographie représentant Jeanne au bûcher. 

En épigraphe : « Vous êtes la gloire de votre peuple parce que vous avez 
allié la chasteté à un mâle courage. » 



HISTOIRES POPULAIRES 161 

— Le même. Deuxième édition, Lille, Lefort, 1853, 2 part, en 1 vol. pet. 

in-18 de VIII-215 p. 

B. Nat. Lb 26 08 A. 
Le même frontispice ; la couvert, qui est la même que celle que la pre- 
mière édit. porte la date de 1844. 

Ce sont les tomes 348 et 349 de la Collection de la Biblioth. de Lille. 

"2 10. I.OCIÎ (Frédéric), ancien chef de bureau au ministère de l'Inslruct. 
publique. — Jeanne Darc (1429-1431). Paris, Curmer, 1850, in-32 de 

Ci p. 

Prix, 0."20. N° 37 de la Biblioth. de l'enseignement universel. 

— Le même, Jeanne d'Arc. Paris, Dubuisson, 1800, in-18 de 208 p. 

B. Nat. Lb 2a 134. 

Est le t. XXX VIII de la Bibliothèque utile, à 00 cent, le vol. 

C'est le môme ouvrage considérablement augmenté, rédigé à nouveau, 
ce qui en fait une histoire tout à fait différente. 

« Les véritables assassins de la Libératrice ce sont ceux qui ont entravé 
ou déjoué ses plans, ceux qui en ne lui donnant pas de suffisantes ressour- 
ces militaires l'ont réellement livrée aux Anglais. Ceux-là, c'est le ministre 
ha Trémouille, c'est l'archevêque de Reims, Regnault de Chartres, chance- 
lier de France ; c'est enfin par dessus tous, et le plus criminel, Charles VII, 
ce misérable monarque, qui était tenu de faire l'impossible- en faveur de 
celle qui avait fait pour lui l'incroyable, et qui l'abandonna à ses ennemis, 
par une ingratitude monstrueuse entre les plus loyales ingratitudes. 

De ces apparitions, de ces voix que faut-il penser'? Gomment les expli- 
quer? La question ne saurait être débattue. A quoi bon d'ailleurs? Jeanne 
a délivré la France; elle a donné à la Patrie son âme, son cœur, son cou- 
rage, sa vie dans un martyre héroïquement subi ; les annales du monde 
n'offrent pas un autre exemple semblable de vertu, de désintéressement et 
d'abnégation. Oue nous faut-il de plus pour la vénérer, l'admirer et nous 
inspirer, si nous le pouvons, de cette merveilleuse personnification de la 
Patrie ? 

En ces derniers temps, croyant faire plus, on a parlé de canoniser Jeanne 
d'Arc. Ce serait une inutile expiation : l'Eglise a voulu flétrir la Pucelle ; 
n'ayant pu y réussir elle l'a tuée. Que le sang de Jeanne d'Arc demeure 
neffaçable sur la justice de l'Eglise ! » 

— Le même. Paris, Félix Alcan, 188"), in-18. 

Est le t. XXXV1U de la Biblioth. utile à 1 I'. le vol. 

Dédié à la jeunesse française. 

CIL d*U. Ladet dans Le temps, 4 juill. 18GG ; Le grand journal, 10 juin 66; 
de Nestor Roqueplan dans le Constitutionnel, ï.\ avril 66 ; 

211. MARTIN (Félix). — La légende de Jeanne Darc, (1410-1431). 
Nantes et Paris, librairie nouvelle, 1851, in-12 de 27 p. 

H. Nat. Lb 2G 63. 
Prix, 0.;i0. 

Notice dédiée à Miehelet, faite dans un esprit philosophique accentué. 

c Pour nous, I initiative de sa mission appartient à Jeanne. Tout le prouve. 

Il 



162 HISTOIRES GÉNÉRALES 

En outre, grâce aux progrès de la science qui de nos jours a constaté sinon 
expliqué les étranges phénomènes de l'extase.. , il est impossible de la re- 
garder comme une sorte de marionnette dont je ne sais quel bras mysté- 
rieux aurait tenu le fil. Jamais machiavélisme politique n'a fait et ne fera 
d'une paysanne une héroïne, une martyre. La foi seule peut produire de 
tels miracles. 

Honte éternelle sur le roi fainéant qui ne tenta pas une démarche pour 
sauver l'héroïne qui, après lui avoir reconquis son trône, mourut pour sa 
cause. La tradition, peut-être par une ironie semblable à celle qui dans 
l'antiquité a fait décorer des noms de Philopator et de Philadelphe des 
princes parricides et fratricides, a appelé Charles Vil le victorieux, le sur- 
nom dont il est réellement digne, c'est celui de lâche ou ingrat. 

Honte éternelle aussi sur le philosophe qui essaya un jour d'avilir 
Jeanne Darc, la gloire la plus pure de sa patrie. L'ignoble poème de la Pu- 
celle, c'est la bonté du nom de Voltaire. Il suffit parfois d'un nuage pour 
voiler tout l'éclat du soleil ! 

Jeanne morte, le génie qui avait animé son corps s'échappa, comme le 
phénix, du bûcher de Houen et passa dans toute la France. La nation, 
réveillée par ses exploits, fut debout, après son supplice. Les jouis de la 
domination étrangère étaient dès lors comptés. 

Sois donc bénie, fille du peuple ; sois bénie à jamais du Français auquel 
lu as rendu une patrie ! » 



242. LAMARTIXE (Alphonse de).—* Jeanne d'Arc, année 1400 de 
J.-C. S. nom, lieu ni date, [Paris, F. Didot, 1852], in-8 do 111 p. fig. 
et portrait. 

Vente de Latour, dem. v. 2 fr. 50. 

Extrait du Civilisateur par Lamartine, journal historique, t. I, ~ e et 3 e li- 
vrais, avril-mai 1852, p. 49-160. 

Voici la conclusion de cette vie écrite par une plume chaude et poétique : 
« Telle fut la vie de Jeanne d'Arc, l'inspirée, l'héroïne et la sainte du pa- 
triotisme français; gloire, salut et honte de sa patrie tout à la fois. Le 
peuple, pour l'encadrer parmi les plus sublimes et les plus touchantes 
figures de l'histoire, n'a pas besoin d'accepter les imaginations enthousiastes 
de la multitude ni les explications d'un autre temps. Le sol opprimé 
souille son âme sur une jeune fille ; sa passion pour la liberté de son pays 
lui fait le don des miracles, don que la nature fait à toutes les grandes 
passions désintéressées (?). 

Tout semble miracle dans cette vie, et cependant le miracle ce n'est ni 
sa voix, ni sa vision, ni son signe, ni son étendard, ni son épée : c'est elle 
même. La force de son sentiment, national est la plus sûre révélation. Son 
triomphe atteste l'énergie de celte vertu en elle. Sa mission n'est que l'ex- 
plosion de celle foi patriotiqne dans sa vie ; elle en vil et elle en meurt, et 
elle s'élève à la victoire et au Ciel sur la double flamme de son enthou- 
siasme et de son bûcher. Ange, femme, peuple, vierge, soldat, martyre 
elle est l'armoirie du drapeau des camps, l'image de la Fiance popula- 
risée par la beauté, sauvée par l'épée, survivant au mari vie et divinisée 
par la sainle superstition de la patrie. » 



Le môme. Bruxelles, 1852. 

Le même. Paris, Bureaux du Constitutionnel, 1856, in-8 de 103 p. 
Ëxtrail de la Vie </<'.s- grands hommes, t. Il, p. 149-252. 



HISTOIRES POPULAIRES 163 

— Le môme. Paris, l'auteur, rue de la Ville VEvêque, 1863. 

Extrait des Œuvres complè'tés, t. XXXV. 

— Le même. Paris, Léry frères, 1863, in-12 de 241) p. 

B. Nat. Lb - ,; 124. 

— Identique, 1867. 

Collection Michel Lévy, à i fr. le vol. 

H. Nat. Lb 26 124 A. 

— Le même. Paris, Calmaun Lévy, 1881, in-12 de 245 p. et aussi 1888. 
Prix, I fr. 25. 

243. = Traduction hollandaise: 

— Jeanne d'Arc. Amsterdam, K. A. Schadd 9 1864. 

244. FAX RE (Léopold,) imprimeur à Niort. — Duguesclin et Jeanne 
d'Arc ou la France aux xiv° et xv° siècles, récils historiques d'après les 
chroniques de L'époque avec dix lithographies à deux teintes de Victor 
Adam. Niort, Robin ; Paris, Allouard et Kœppelin | 1853], gr. in-8 de 
IV-311 p. 

H. Nat, La ,2 4. 
Prix 10 fr. Jeanne occupe les p. 115-311 et 6 grav. hors texte, p. 309-311 
la mort de J. d'Arc poésie de G. Delavigne. 

245. LAFOXTA1XE (A. P.), conseiller municipal et adjoint au maire 
d'Orléans. — * Vie de Jeanne d'Are. Orléans, (ialineau, 1854, in-12 de 
508 p. et IV de table. 

15. Nat. Lb 2G 70. 

Prix, 3 fr. LiO ; ventes de Latour, dem. niar. 3 IV., de Bouteiller, dem. 
mar. 2 fr. 

<( Jeanne d'Arc est, après (?) Napoléon, le personnage le plus extraordi- 
naire que l'histoire moderne puisse signaler à la curiosité et à l'admiration 
des siècles. » 

« lin illustre académicien parlant des Procès de Quicherat, a dit : Je ne 
crois pas du tout impossible qu'on arrive à tirer de l'ensemble de ces docu- 
ments bien lus, sans leur faire violence, une Jeanne d'Arc à la fois sincère, 
sublime et naturelle. C'est ce programme que j'ai essayé de réaliser et 
voilà mon excuse pour avoir osé aborder un sujet déjà traité par des 
hommes supérieurs et que l'on regarde généralement comme épuisé. » 

C'est, somme toute, un récit fort exact et qui ne manque pas de va- 
leur. 



164 HISTOIRES GÉNÉRALES 

246. DUFAUX (Ermance). — Jeanne d'Arc par elle-même. Melun, 
Imprim. Desrues, 1835, in-12 de 392 p. 

B, Nat. Ln 21 oo9. 
Vente de Latour, dem. mur. bl. 3 fr. 

Vies dictées d'outre-tombe à Ermance Dufaux âgée de quatorze ans et pu- 
bliées par elle. 

Comme l'indique ce sous-titre, cette histoire, qui n'a d'ailleurs rien que 
de très ordinaire, aurait été dictée à cette enfant par l'esprit de Jeanne 
évoqué dans une séance de magnétisme. Drôle d'idée d'imaginer, d'inspirer 
confiance au lecteur de cette façon. Le style toujours à la première per- 
sonne, puisque Jeanne parle seule, est fatigant. 

— Le même. Evocation des esprits. Histoire de Jeanne d'Arc dictée à elle- 
même, à Ermance Dufaux, âgée de quatorze ans. Seconde édition. 
Paris, Ledoijen, 1860, in-18 de YIII-382 p. 

B. Nat. Ln 27 iiGO. 

£47. RENZI (A.), administrateur de l'Institut historique de France, 
membre de plus, académ. et soc. sav. franc, et étrang. — Jeanne Darc, 
sa mission et son martyre, avec le plan du siège d'Orléans et la photo- 
graphie de la statue équestre de M. Foyatier. Paris, l'auteur, Garnier, 
Dentu ; Orléans, Gatineau, 1853, in-8 de 128 p. et 1 plan. 

B. Nat. Lb 26 104. 

Prix, 3 fr. Le plan est celui de « la ville et du siège d'Orléans en 1428. 
Lith. Bretagne. » 

Histoire bien superficielle. En voici la conclusion : u Jeanne Darc par les 
faits merveilleux qui se sont accomplis sous sa direction unique et par son 
admirable patriotisme si peu compris à l'époque où elle apparut, peut re- 
vendiquer le privilège singulier d'avoir été le type de la nationalité fran- 
çaise. 

Son supplice fut la conséquence de l'ingratitude de Charles VU, de la 
trahison de s°s barons, de la servile complaisance du clergé soumis à 
l'étranger: il fut plus qu'inutile aux Anglais. 

Le sacrifice de l'héroïne lit, au contraire, naître en France le sentiment 
national et y excita cette réprobation qui ne manque jamais de se faire 
jour chez un grand peuple contre l'injustice et l'immoralité. » 

Est dédié à M. Genteur, maire d'Orléans; divisé en deux parties et 07 
chap. 

— La même édil. avec une feuille de titre nouvelle portant : Deuxième 
édition revue, corrigée et augmentée, Paris, Dentu ; Orléans, Pesty ; 
Tours, Sorin et Cousturier ; Rouen, Fleuri/, 1837, in-8 de 3 tï. prel. 
1 grav. 1 plan et 128 p. 

B. Nat. Lb 26 104 A. 

Prix, 1 fr. 50; ventes de Latour, dem. niar. 10 fr. ; de Bouteiller, dem. 
rel. 1 iï. 

Malgré son titre c'est la même édit. La seule augmentation est au verso 
du titre une liste d'une demi-page de bibliographie. Le prix en était baissé, 
et pour cause, de moitié. 



HISTOIRES POPULAIRES 16") 

248. ROBVILLE (de). — Histoire de Jeanne d'Are dite la Pueelle 
d'Orléans, suivie de Jeanne Hachette ou l'héroïne de Beauvais. Paris, 
Lebailly, [1857], pet. in-18 de 120 p. 

B. Nat. Lb 2 ° 107 et 107 A. 

Vente de Latour, dem. mar. 3 fr. 

Fig. s. bois grossières, très mauvaise impression. Les 108 premières pages 
sont consacrées à Jeanne d'Arc, c'est une œuvre de vulgarisation popu- 
laire, dangereuse, absolument injuste pour la monarchie. En voici un 
spécimen : 

« Les hommes studieux ont toujours déploré que, parmi tant de richesses 
littéraires dont la France s'enorgueillit, nous ne puissions pas citer et 
mettre entre les mains de la jeunesse une bonne histoire de France. [Heu- 
reusement que Robville est là ! ] Les modernes historiens de la France 
n'ont généralement trouvé rien de mieux à faire que de copier leurs de- 
vanciers et d'accepter les faits et les dates tels qu'on les trouve dans les 
livres. 

L'histoire ne trouve sous sa plume que les faits et gestes des rois, des 
reines, des grands, et quels faits ! Des assassinais, des empoisonnements, 
des partages, des successions démembrant le royaume et au milieu de tout 
cela des guerres, toujours des guerres sanglantes entreprises sans motifs, 
dirigées sans but, n'amenant d'autres résultats que le massacre de la po- 
pulation virile de la France en l'honneur de quelques ambitieux. 

Parlerons-nous de ces temps honteux où d'effrontées courtisanes, assises 
sur les marches du trône, dictaient leurs caprices à des rois vicieux, à des 
ministres dociles, à des généraux d'antichambre ; de cette époque où de 
longues et calamilcuses guerres, n'ayant rien de juste, rien d'honorable, 
rien de national, naissaient souvent d'un sarcasme lancé, d'une préséance 
négligée, d'une faveur refusée. Telle est en abrégé l'histoire de France 
jusqu'à la Révolution. » 

Après cette déclaration on est étonné de trouver que cette brève histoire 
de Jeanne n'offre rien d'original et ne diffère en rien de ses devancières, 
si ce n'est par la médiocrité. 



Le même, identique : 1838 



1860 



1863 



1865 



1867 



°68 



Lb 26 107 B et C. 



— D 



E 



G 



— H et I 



Le même. Paris, Paul Dupont, S, D. in-18 de 108 p. 



166 HISTOIRES GÉNÉRALES 

*«£ lï>. \... — * Légendes populaires. Jehan ne d'Arc. S. nom, Pari*, Ga- 
briel de Gonet et Martinon [1860] in-8 de 40 p. 

Huit lig. s. bois dans le texte, lithogr. de Célestin Nanteuil. Prix, 
fr. 50. 

C'est la xx e livraison de la Collection des légendes populaires, p. 289-320. 

Assez bonne liist. de Jeanne : « C'est en vain qu'on cherche dans la vie 
de Jeanne d'Arc une ombre au milieu du rayonnement éblouissant de tant 
de vertus, de tant de piété, de tant de dévouement. L'esprit se trouble en 
contemplant l'image calme et radieuse de cette faible créature, si élevée 
par l'esprit et par le cœur, si supérieure à tous ceux qui l'entourent el 
surtout à tous ceux qu'elle combat. 

Jeanne fut une sainte aux yeux de ses contemporains ; elle est la plus 
grande figure du xv siècle aux yeux de l'histoire. C'est l'ange du patrio- 
tisme, c'esl le génie de la nation opprimée par l'occupation Anglaise ; c'est 
la France tout entière s'incarnant dans une jeune lille d'une adorable 
beauté, d'une douceur angélique et d'un jugement tellement prompt, telle- 
ment sûr, tellement éclairé, que ses moindres paroles jetaient dans la stu- 
peur les grands politiques et les grands docteurs du temps. 

Jeanne d'Arc est la vierge des batailles ; c'est la personnification de celle 
que les preux invoquaient avant de combattre ; c'est l'épée qui donne la 
victoire en se montrant, c'est la madone du triomphe. 

Tous les caractères du miracle se trouvent réunis dans la vie de Jeanne 
d'Arc, qui est à la fois légende et histoire — la légende la plus émouvante 
qu'on puisse trouver dans les souvenirs populaires, et l'histoire la plus 
vraie, la plus authentique qu'on puisse emprunter aux archives du 
royaume. 

.Nous n'aurons pas à séparer la légende de l'histoire dans le récit, 
nous n'aurons qu'à raconter les événements. Altérez la vérité, quand elle 
nous est transmise avec tant d'unanimité, pour la plier aux exigences 
d'une œuvre d'imagination, ne serait pas seulement enlever à la vie de 
Jeanne d'Arc le charme émouvant qui lui appartient en propre, ce serait 
encore et surtout, une profanation. » 

250. [HARCOURT (la marquise d'), née de Saint-Aulaire.] -- Vie de 
Jeanne d'An par l'auteur de M me la duchesse d'Orléans [pseudonyme de 
la duchesse d'Harcourt], Paris, Lèvy frères, 1804, in-12 de 346 p. 

B. Nafc. Lb 20 126. 

L'abbé Ulysse Chevalier, par confusion, donne comme auteur de cette 
histoire la comtesse d'Agoult. 

« C'est aux femmes, dit M me d'Harcourt, aux jeunes filles que nous avons 
pensé en écrivant la biographie de Jeanne d'Arc ; car c'est à elles plus par- 
ticulièrement que cette vie appartient, et, si nous ne nous trompons pas, 
c'est elles aussi qui y ont le plus a y apprendre. » 

— Identique, avec une feuille de litre portant : Deuxième édition. 

li. Nat. Lb 26 126 A. 

— Le même. Paris, Calmann Lévy, 1890, in-12 de 346 p. 

C'est aussi la même édit. avec une feuille de titre et une couvert, nou- 
velles. 



251. MONTENON (Ph. de). — Récil national, Jeanne d'Arc Paris, 
Elie Gâuçfiiet, 180"), in-18 de 212 p. 



HISTOIRES POPULAIRES 167 



B. Nat. Lb 26 132. 

Prix, 1 fr. Vente de Latour 1885, dem. mar., 2 fr. 50; de Bouteiller dem. 
rel. I fr. 

Assez bonne histoire de Jeanne divisée en deux livres : 1° La mission et 
le triomphe ; 2° La mission couronnée par le martyre. L'auteur s'est inspiré 
en grande partie des récents panégyriques prononcés aux fêtes du 8 mai. 

« Je voudrais raconter d'une manière simple et brève, dit-il, l'histoire de 
la glorieuse lille, de la sainte qui n'a pas d'autels, de la peuvre pastoure à 
laquelle, quand pitié vint au royaume de France, il fut donné mission par 
le roy du ciel de rendre à la cause nationale trahie par plusieurs princes 
son légitime éclat, un instant comme entièrement effacé. » 



252. SUE (Eugène). — Jeanne Date, la Pucelle d'Orléans. Paris, La- 
croix Verbœckoven, 186o, in-18 de 319 p. et la table. 

B. Nat. Lb 2ti 129. 
Prix, 2 fr. ; vente de Latour 1885, dem. mar. 3 fr. 
Imprimé par Poupart-Davyl. 

Sorte de roman historique en VI chap., souvent assez inexact et parfois 
pitoyable, en tous cas trop fantaisiste et écrit trop vite. Le récit est entre- 
mêlé de dialogue, 

« Deux bourreaux appliquent une échelle au flanc du massif de pierre, 
montent sur son faite à peine refroidi, abattent à coups de hache la poutre 
où sont enchaînés les restes de Jeanne Darc... » Le lecteur se demande 
comment Jeanne a pu brûler et le poteau de bois auquel elle était enchaî- 
née rester intact. 

E Sue a donné à son récit une sorte de forme apocalyptique assez cu- 
rieuse : la prophétie de Mvrlin en forme la base. Il explique l'inspiration 
de Jeanne par les hallucinations. 

— Le même identique. Deuxième édition, 1865. 

B. Nat. Lb 26 120 A. 

— Le même. Paris, Charlieu cl Huillery | 1866], in-4 à 2 col. de 96 p. 

B. Nat. Lb 2S 120 B. 
Prix, 1 fr. 50 ; tig. s. bois. La couvert, sert de titre. 

— Le même. Paris, Flammarion, 1888, in-12 de 319 p. et la table. 
Prix, 1 fr. 25. Imprimé par Louis Boyer à Asnières. 

25ÎÎ. TRANCHANT (Alfred), ancien rédacteur de la Pairie et LAD1- 
MIR (Jules). — Jeanne d'Are (1429-1431). Paris, Cournol, 1860, in-8 
de 45 p. 

i portrait photographié par Pierre Petit. 

Extrait des Femmes militaire* de In France, p. 82-127. 

Histoire des plus fantaisistes et des moins sérieuses, qui est un véritable 
roman, surtout en ce qui concerne la dame des Armoises. 

Reçue en 1436 par les frères de la Pucelle à Metz, accueillie à Arlon par 



168 HISTOIRES GÉNÉRALES 

la duchesse de Luxembourg, conduite par le comte de Wurtemberg à Colo- 
gne où elle met en rumeur tout le pays du Rhin. A Metz elle épouse le 
Chevalier des Armoises, elle part pour Rome combattre le duc de Milan en 
faveur du Pape Eugène IV, en 1439 elle guerroie en Poitou et en Guyenne 
contre les Anglais. Elle est l'objet d'une réception enthousiaste de la part 
des Orléanais, mais enfin reçue par Charles Vil elle est déconcertée par 
les qnestions de celui-ci, avoue sa supercherie et est exposée après arrêt 
du Parlement sur la table de marbre du Palais, après quoi elle est mise 
en liberté et ne fit plus parler d'elle depuis. 

CR. du Journal du Loiret 20 janv. 1866 et le n" du 21 janv. où Vergnaud 
Romagnési publie une lettre pour relever des erreurs de détail et établir 
la vérité de la légende de la dame des Armoises. 



25-1. WALLON (Henri). — * Jeanne d'Arc, édition abrégée de l'ou- 
vrage couronné en 1860 par l'Académie française. (Grand prix Gober t). 
Paris, Hachette, 1867, in-12 de XI-290 p. 

Prix, 1 fr. 2.I. Fait partie de la collection des Biographies nationales. 
Est l'abrégé de l'ouvrage cité plus haut sous le n° 212. 

— Le même identique. Deuxième édition, l<Xfi!). — Troisième, 1873. — 
Quatrième, 1876. — Cinquième, 1878. — Sixième, 1880. 

255. = Traduction allemande : 

— Johanna d'Are, die Jungfrau von Orléans, nach IL Wallon. Munster, 
Aschendorff, 1869, in-12 de 342 p. 

Est, comme l'indique son titre, une histoire faite d'après l'ouvrage de 
Wallon, et dans le même esprit, mais qui est loin d'en être la traduction : 
tout au plus un abrégé. 

25(>. GUIZOT. — * Jeanne d'Arc. S. lieu, ni date, [Paris, Hachette, 
1873], in 4 de 34 p. 

Vente de Latour, 1885, dem. cuir de Russie, 6 fr. 

Cinq fig. de Neuville : vignette, Jeanne gardant ses brebis ; en frontispice, 
une grandi' clarté lui apparut; portrait de Charles VII ; Jeanne arrache 
elle-même la flèche ; elle est interrogée dans sa prison. 

Est le tirage-à part de l'Histoire <!<• France racontée à mes petits enfants, 
(Paris, Hachette, 1873), t. Il, p. 289-322. 

Excellente histoire assez détaillée el fort exacte: « Sainte en elîet était 
Jeanne, par la foi el par la destinée. Jamais créature humaine ne s'est si 
héroïquement confiée el dévouée à l'inspiration qui venail de Pieu, à la 
mission qu'elle recevait de Dieu. Jeanne n'a rien cherché de ce qui lui est 
arrivé et de ce qu'elle a fait, ni l'action, ni la puissance, ni la gloire. Sa- 
crer son roi, délivrer sa patrie de l'étranger, tout lui est venu d'en haut, 
et elle a toul accepté sans hésiter. Elle a cru en Dieu et elle lui a obéi. 
Dieu n'était pas pour elle une idée, une' espérance, un élan de l'imagina- 
tion humaine ou un problème de la science humaine; c'était le créateur 
du monde, le sauveur du genre humain par Jésus-Christ, l'Etre des êtres, 
seul souverain légitime des hommes qu'il a faits intelligents et libres, le 
Dieu réel el vrai que nous cherchons péniblemenl aujourd'hui, el que nous 
ne retrouverons que lorsque nous cesserons de prétendre nous passer de 



HISTOIRES POPULAIRES 169 

lui et. nous mettre à sa place. Notre histoire ni aucune autre histoire n"ofTre 
un pareil exemple, dans une modeste âme humaine, d'une foi si pure, si 
efficace dans l'inspiration divine et, dans l'espérance patriotique. » 

CR. de G. de Beaucourt dans Rer. r/ra quest. histor. I er avril 73, p. 667- 
675. 



— Le même. S. lieu, ni date, in-8 de 87 p. 5 fig. 

Tirage à pari de VHistoire de France racontée à iws petits enfants, (Paris, 
Hachette, 1875), t. II, p. 285 à 372. 
Cette histoire a été rééditée identique, en 1877, avec les tig. de Neuville. 



257. (nULM\MIX (Alexandre). - - Jeanne d'Arc, l'épée de Dieu, ou- 
vrage posthume de M. Guillemin, revu et complété par A. Rastoul et 
illustré par S. Langlois. Paris, Dillet, 1 874 , gr. in-8 de VIII-578 p. et 
16 fig. 

Prix. 15 fr. 

Excellente histoire de Jeanne d'Arc. Les vingt dernières pages con- 
tiennent 99 fragments du poème du même auteur. (Voy. infrà n° 1754). 

— Deuxième édition identique. Paris, Dillet, 1875. 

Vente de C— 1880, dem. mar. 12 fr. 

— Troisième édition identique, 1878. 

— Quatrième édition. Paris, Douniol-Jules Gerrais, [1880], in-12. 

Prix, 5 fr. 

CR. Bibliographie cathol, décemh. 74. 

258. BLOSSAC (M me Clémence). — Histoire de Jeanne d'Arc. Paris, 
Bernardin, Béchet, | 1875], in-18 de 106 p. 

Q. q. ex. sur pap. de holl. Un de ces ex. vente de Latour, 3 fr. 
Simple récit, pas mal fait, sans réflexions personnelles. 

259. TAXIL (Léo), [pseudonyme de Gabriel Jogand-Pagès]. — Jeanne 
d'Arc, victime des prêtres, Etude historique avec Révélations et Docu- 
ments. (La trahison, le viol, le procès, le supplice.) Paris, Librairie 
anti-cléricale | 1880] gr. in-8 de IV-403 p, et 2 ff. de tables. 

Prix 5 f. A paru en 51 livr. à 10 cent. — 51 mauvaises grav. s. bois. 

« La légende de Jeanne d'Arc est partout : son histoire reste encore à 
faire. Il reste surtout à raconter, dans toute sa hideuse vérité, le double 
crime du clergé maudit de l'infâme Inquisition, non seulement les prêtres 
ont brùtë la Pucelle, mais encore ils l'ont violée ! 

L'odieuse prêti aille a cru effacer sa honte en revisant le procès de sa 



170 HISTOIRES GÉNÉRALES 

victime. Si la papauté scélérate en vient à mettre la Pucelle sur les autels 
catholiques, ce sera la dernière ignominie infligée à la touchante héroïne, 
à la vivante incarnation du patriotisme populaire. Le clergé aura beau 
faire, il n'en a pas moins aux mains la double tâche ineffaçable : la tâche 
du sang, la tâche du viol. 

C'est ce crime sans précédent dans l'histoire que nous voulons mettre 
dans tout son jour, en montrant que c'est bien la prètraille catholique 
seule qui est la grande coupable. 

Puisse cette sinistre lumière du bûcher de Jeanne d'Arc éclairer les der- 
niers râles de l'Eglise agonisante ! 

Je me suis surtout attaché à démontrer les trois points suivants : 

1° Le procès de Jeanne d'Arc est un procès d'Inquisition. 

2° Il est le crime non-seulement d'un évèque français, comme l'avoue 
Dupanloup en restreignant ainsi les responsabilités, mais le crime du pape, 
des évêques, des clergés catholiques fiançais et anglais, en un mot le 
crime de l'Eglise tout entière. 

3° Les prêtres n'ont pas seulement brûlé l'héroïque patriote, mais, dans 
leur ignoble lâcheté ils ont été jusqu'à violer la vierge, le viol fut le pro- 
logue du bûcher ! » 

Le titre de départ et le titre courant portent : Jeanne d'Arc violée et brû- 
lée par les prêtrvs. 

Œuvre immonde, spéculation sur le titre lubrique de ce livre bourré de 
citations et de documents copiés dans Quicherat pour avoir l'air d'un tra- 
vail d'érudition, et en imposer au populaire. Mais aucune pièce ne prouve 
aucune des calomnies que Taxil prétend avoir établies d'une façon irréfu- 
table. 

Il a été distribué aussi des prospectus dans le même style ordurier. 
La même honnête librairie a édité en môme temps une Pucelle de Voltaire. 

Quoique non daté, nous supposons que ce livre parut vers 1880 ; il est 
antérieur à 1885, époque où son auteur s'est converti, adorant ce qu'il 
avait jusqu'alors essayé de souiller. Ceux qui l'ont accueilli ont pratiqué 
largement le pardon des injures, s'il est possible qu'on puisse jamais ou- 
blier de pareilles saletés. Lors de sa soi-disant conversion, Taxil prétendit 
que ce fut en écrivant cette histoire que ses yeux se dessillèrent. (Cf. les 
Confessions d'un ex-libre penseur, Paris, Letouzey et Ané 1887, eh. XII 
« Ma conversion par J. d'Arc » p. 347-367.) Un vrai miracle à l'actif de 
Jeanne ! Comme nous devons être reconnaissants à celle-ci d'une pareille 
recrue ! 



2<>0. FONT-RÉAUJLX (H. de). — * Jeanne d'Arc. Illustrations de Yan 
d'argent, de Philippotaux et d'après les bas-reliefs du monument de 
Jeanne d'Arc à Orléans. Limoges, Ardunt, 1885, in-4 de 317 p. 

Histoire assez complète en XI chap. Un appendice de 24 p. renferme la 
production de diverses pièces : 

Lettre du Pape Martin V au duc de Bourgogne. 

Lettre de l'Université de Paris à Henri VI. 

Délibération de l'Université de Paris contre la Pucelle. 

Formule de l'abjuration. 

Sentence après l'abjuration. 

Circulaire d'Henri VI après la mort de la Pucelle. 

Sentence contre frère Bosquier- 

Lettre de Parnalio de Boulavillar (Boulainvilliers). 

Extrait de la chronique allemande de Windecken. 

Le tout est illustré de 24 grav. assez médiocres et point du tout origi- 
nales, qui ont déjà ligure dans bien d'autres ouvrages sur le même sujet. 

— Nouvelle édition, ornée de 33 gravures, compositions diverses, repro- 



HISTOIRES POPULAIRES 171 

(ludions de statues, bas-reliefs, en têtes et culs de lampes. Limoges, 
Ardant, 1 1891 1, pet. in-fol. de 336 p. 

Prix, 3 t'r. 50. 

— Identique [1893]. 

SOI. SAUSSOIS (A. du). — Biographie populaire de Jeanne d'Arc. 
Paris, l'auteur, /?, rue d'Uzès, 1886, in-16 de 110 p. 

B. Nat. Ln « 93. 

Prix, IV. 75. Portrait et 3 grav. 

Imprimé à Lyon chez Gaillet. Fait partir de'la Galerie des homme* utiles. 

C'est une très courte liist. populaire faite pour la propagande : 

« M. Marins Sepet, dans son beau livre, Jeanne d'Arc, a admirablement 
résumé, en peu de lignes, l'histoire de Jeanne d'Arc. C'est ce résumé qui 
va servir de texte à notre opuscule. » 

SOS. POSTEL (Raoul), ancien magistrat. — Jeanne d'Are. Paris, Li- 
brairie mondaine, Degorce-Cadot, [1887], in-16 de 190 p. 

B. Nat. Lb 26 237. 
Prix, 3 fr. 50 ; 6 grav. et 2 cartes. 
Fait partie de la Biblioth. de l'adolescence. 

« Est-ce que, de nos jouis, nombre de femmes ne subissant aucuue 
influence religieuse ou patriotique, femmes ou jeunes tilles, honnêtes, 
ignorantes de tout vice, mais malades ou exaltées, n'ont pas des visions, 
des hallucinations? Que l'on consulte à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris 
les bulletins de service du docteur Gharcot, on y trouvera des cas de femmes 
voyant, entendant et même faisant des choses inénarrables ; la science les 
soigne, les traite et les guérit. » 

M. Postel a-t-il trouvé parmi les folles de la Salpêtrière des femmes qui 
aient sauvé la France ? En quoi cette explication éclaire-t-elle le miracle 
de la délivrance ? 

CR. de Maurice Peyrol dans Nouvelle renie, 1 er nov. 87. 



S03. LESIGNE (Ernest). — La fin d'une légende. Vie de Jeanne Darc 
(de 1409 à 1140). Paris, Charles Bayle, 1889, in-12 de 152 p. 

B. Nat. Lb 2,J 209. 

Prix, 2 fr 50. Couvert, rouge el noire. 

« Pourquoi détruire cette légende? Pane que la vérité lui est mille fois 
supérieure; parce qu'il esl taux que la France ait dû attendre d'une Pu- 
celle son salut; parce qu'il est faux que Jeanne Darc ait sauvé la France ; 
parce qu'il est inique de dépouiller tonl un peuple de sa gloire, chèrement 
acquise, pour en revêtir une seule personnalité, fût-ce une lemme, fût-ce 
une vierge... 

Croire en des messies, les attendre, s'en remettre à eux du soin de son 
salut, c'est pour un peuple dégradation, envahissement... La France n'a 
jamais eu besoin de messies. Jeanne Darc fut une honuète tille, elle ne fut 
pas le messie de la Fiance. Robuste paysanne hallucinée, engagée au 
service du roi comme porteuse de bannière, elle déploya dans ces fonc- 
tions toute la fougue de son nervosisme, toute sa passion guerrière, toute 



172 HISTOIRES GÉNÉRALES 

sa ferveur superstitieuse... La légende de Jeanne Darc est un outrage au 
pays, aux Orléanais. 

Mais toute légende passe, tout mensonge est démenti, toute cangue est 
rencontrée par le travailleur qui la détache et met à nu la resplendissante 
vérité; toute nuit se dissipe et tout voile jeté provisoirement sur les siècles 
est brusquement enlevé, aux applaudissements unanimes des peuples, le 
jour inaugural du monument de l'histoire. » Et ce que l'auteur laisse mo- 
destement entendre, c'est que c'est lui, M. Lesigne, qui, statuaire de génie 
« aux applaudissements unanimes des peuples, dévoile la vérité, ouvrant 
les portes de l'aurore au jour inaugural du monument de l'histoire. » Enfin 
M. Lesigne prétend ériger en histoire la légende de la dame des Armoises. 

En voilà plus qu'il n'en faut pour montrer que ce factum est l'œuvre 
d'un fou... pas bien dangereux et reste un outrage impuissant. « Un outrage 
au pays, un outragea la France, parce que, comme le dit M. Lesigne lui- 
même, il est inique de dépouiller un peuple de ses gloires » et que si la 
France est ce qu'elle est, c'est grâce à ceux de ses enfants qui ont tout sa- 
sacrifié à la Patrie. Vouloir nier ces héroïsmes, ces dévouements, c'est 
vouloir retirer à la France son plus beau fleuron, son titre de « pays fertile 
en sublimes actions. » Est-ce faire œuvre de bon Français? 

CR. d'Anatole France dans Le Temps du 12 janv. 90 ; de Jalliffier dans 
les Débats dn 29 avril 91 ; Revue historique juillet-août 90, p 3.'nwi9 ; de 
P. L. d'Arc dans Eludes religieuses mars 90, p. 201 ; d'Hector Pessard dans 
Petit Marseilllais des 8 et 23 déc, 90 ; de Gallus dans Moniteur universel du 
19 déc. 89. — Tous des éreintements. (Voy. aussi infrà Mùller, n° 1202, et 
Thomassin, n° 1262 ,,is .) 



264. CORBAIVI (Paul), correspondant de l'Académie royale d'histoire 
de Madrid. — Jeanne Darç. Paris, Alcide Picard et Kaan [1889], in-8 
de 124 p. 

R. Nat. Lb 2,; 248. 
Prix, 1 fr. 50. Fait partie de la Biblioth. d'éducation nationale. 

Grav. dans le texte et hors texte. En frontispice « Jeanne Darc » par 
Gabriel Ferrier. 

Si l'auteur voit dans Jeanne une sainte, on peut le soupçonner sans té- 
mérité aucune de ne pas réclamer pour elle autre chose qu'un culte laïque : 
« C'est la Révolution avec ses grands héros, Kléber, Hoche et Marceau qui 
a vraiment ressuscité Jeanne Darc et créé pour elle un nouveau culte na- 
tional. » 

Le rôle odieux du juge (l'Eglise Pierre Cauchon est mis en relief sans 
un mot de restriction en faveur du clergé français ni de l'Eglise, comme si 
le clergé s'était fait en masse le complice du prélat, traître à son pays, 
et comme si l'Eglise n'avait jamais, ni alors, ni depuis, flétri les bourreaux, 
ni réabilité la victime. 

A part ce défaut, grave pour un historien, et malgré les lacunes, le récit 
de M. Corbani se lit avec intérêt ; on sent un chaud admirateur de L'hé- 
roïne. 



- Le même. Troisième édition, Paris. A. Picard et Kaan, 1893, in-8 de 
133 p. et 14 grav. 



HISTOIRES POPULAIRES 



173 




"2ii7i DISSOUT (L'abbé Henri), missionnaire apostolique à Arras. 
— * Jeanne d'Are. Paris, 8, rue François I er , [1890], in-12 de IIi:?39 



B. Nat. Lb 26 266, 

Prix, fr. 80, tiré à 5000 ex. 34 grav. ou vignettes dont nous donnons 
Irois ci-contre, grâce à l'obligeance de l'auteur. 

La même édit. avec une feuille de titre portant : nouvelle édition revue 

par l'auteur. 




« Nous voulons raconter la vie de Jeanne d'Arc dans un livre à la fois 
bérieux et populaire, complet et d'un prix modique. » Les sources histo- 
riques ont été judicieusement étudiées par l'auteur, qui introduit dans le 
récit quelques idées personnelles : notamment dans le récit de l'abjuration 



174 



HISTOIRES GENERALES 



de Saint-Ouen, la description du supplice de Jeanne et des instants qui le 
suivirent. 

Se termine ainsi :« L'Eglise a lavé l'honneur de son enfant... Aujourd'hui 
nous devons lui demander plus : la France aurait besoin une seconde fois de 
Jeanne d'Arc pour la délivrer des progrès croissants de l'impiété. Sup- 
plions le vicaire de Jésus-Christ de nous donner la Pucelle comme céleste 
protectrice et de nous permettre de la prier. » 

C.R. d'Auguste Roussel dans YUnivers, 6 mai 91. 

- Le même. Troisième édition revue" et augmentée 11' mille. Paris, 8 rue 
François I e ' [1892], 2 vol. in-12 de 11 IL d'approbation, 111-212 et 164. 
vignettes et grav. 




Les XXXII premiers chapitres sont identiques, mais celle ('dit. est plus 
complète en ce quelle contient deux chap. nouveaux : 

1" Discours sur le patriotisme de Jeanne d'Arc, qui fut prononcé par 
M. Debout à Domremy pour l'inauguration de la statue de M. André Allar 
le 2.'i août 91. 

« Majorem hac dilectionem nemo habet ut animam suam ponat <juis pro 
amicis suis ? 



HISTOIRES POPULAIRES 175 

Il est une vertu que je voudrais voir descendre du cœur de Jeanne d'Arc 
dans le cœur de tous les Français, c'est son patriotisme... Je vous parlerai 
donc du patriotisme de Jeanne d'Arc, et, désireux de le voir imité de tous, 
j'essayerai de vous le faire connaître dans ses secrets les plus intimes : Le 
patriotisme de Jeanne d'Arc a été inspiré, soutenue, dirigé par la religion; 
chez elle ce patriotisme n'a pas hésité à commencer, continuer, achever 
son œuvre par le sacritice jusqu'à ce saint excès de donner sa vie pour 
nous, c'est-à-dire pour la France. généreux élan de notre grande libéra- 
trice ! Quel plus grand amour peut-on témoigner à ses amis que de leur 
donner sa vie ? 

... Non, l'œuvre de Jeanne d'Arc n'est pas finie ; si la pieuse guerrière 
apparaît de nouveau aujourd'hui, s'élevant à l'horizon de la Fiance comme 
l'emblème, et le gage de l'espérance, c'est pour achever cette œuvre ; mais 
pour l'achever, il lui faut, comme pour la commencer, des soldats mar- 
chant sur ses traces, des soldats pleins de son patriotisme religieux et 
héroïque ; ces soldats les voici. Ce sont tous ces chrétiens, ces Fiançais 
prêts, à l'exemple de Jeanne d'Arc, à prier ardemment Dieu pour la France, 
à se sacrifier pour la Patrie, à dépenser leur vie au salut de leurs compa- 
triotes, de leurs frères. Qui d'entre nous ne voudrait jusqu'à son dernier 
soupir se dévouer à cette grande cause ? » 

2° Rapport sur les œuvres de Jeanne d'Arc et la Basilique nationale de 
Domremy, présenté au Coagrès catholique de Lille, en novembre 91. 

« Il y a un an, à pareille époque, Mgr l'évèque de Nancy vous recomman- 
dait, avec sa chaude éloquence, la glorification de Jeanne d'Arc à Dom- 
remy. Cette entreprise qui, depuis plusieurs années, subissait de regretta- 
bles arrêts, sortit comme rajeunie de vos applaudissements et des résolu- 
tions que vous acclamiez ; elle reprit son essor avec un nouvel élan. Ce 
sont ces progrès d'une œuvre chère à tous les cœurs français que Mgr l'évè- 
que de Saint-Dié m'a prié de vous exposer aujourd'hui. » 



266. 15AIÎUOU (Alfred).— * Histoire complète de Jeanne d'Are, ouvrage 
illustré de nombreuses gravures et poitrails. Paris, librairie universelle 
d'Alfred Duqnesne, [1891], pet. in-i de 152 p. 

Prix, 2 f. Les 34 bois sont très m jjiocres et ont déjà paru en bien des 
endroits, notamment, en 1888 dans la Jeanne d'Arc de Jules Lerniina. Mais 
le texte en est très bon, on le sent écrit par un fervent admirateur de la 
Pucelle, bien au courant de la science moderne. 

Voici l'intitulé du chap. préliminaire: Résumé de la mission de Jeanne 
d'Arc. — Un jugement de Michelet. — Les deslins de la France. -- La pa- 
trie. — Ce qu'elle exige. — Une fête nationale. — Hommage de l'Angle- 
terre. — Lettre intéressant! 1 d'un journaliste de Londres. — Réponse de 
M. Fabre. -- A quelle femme de l'histoire les Anglais assignent la première 
place. -- Une curieuse nomenclature: le jugement des membres de l'Aca- 
démie française sur J. d'Arc en 1884. — Comment les poètes ont chanté 
l'héroïne. — Les anciens et les modernes. Universel hommage à la 

grande Française. —Croisade de Mgr. Pagis, 

L'histoire proprement dite se compose de 10 chap. : I. L'arrivée à Chi- 
non ; II L'état de la France ; III La bergère et le roi; IV L'enfance de 
l'héroïne ; V Le siège d'Orléans ; VI Le sacre à Reims ; VU Jeanne prison- 
nière ; VIII Le procès de la Pucelle ; IX Le bûcher de Rouen ; X La réha- 
bilitation. 



267. COSTE (le R. P.) de la congrégation des P.P. Eudistes. 

— Mois de Marie de Jeanne d'Are. Paris et Lyon, Delhomrne et Briguet, 
(1892), in-24 de 183 p. 



17(3 HISTOIRES GÉNÉRALES 

Prix, 0.7o. 

« C'est Marie qui donna Jeanne d'Are à la Fiance ; c'est elle qui l'ins- 
pira, la forma sur son modèle et la seconda dans toutes ses entreprises ; 
Jeanne ne faisait rien sans Marie. Elle la consultait sans cesse, autant et 
plus que les voix qui lui inspiraient tous ses desseins. » 

L'auteur déroule ensuite la vie de l'héroïne, faisant ressortir la patriote, 
la sainte, la servante de Marie. Une réflexion pieuse et pratique, une prière 
à la vierge et une strophe de cantique terminent chaque lecture. Ce ne 
sont pas des éphémérides, mais bien la vie entière de Jeanne, divisée en 
31 chapitres, une lecture pour chaque jour du mois. 



268. FABRE (Joseph). — * Le mois de Jeanne d'Arc. Paris, Armand 
Colin, 1802, in-18 de 344 p. 

B. Nat. Lb 2S 297. 
Prix, 3 f. :;o. 
« Mai est le mois de Jeanne d'Arc. 

C'est au mois de mai que la bergère de Domremy recul de ses voix sa 
mission. 

C'est au mois de mai que Jeanne délivra Orléans et que plus lard elle 
fut faite prisonnière à Compiègne. 

C'est au mois de mai que la martyre de Rouen fut jugée et brûlée. 

Le conseil supérieur de l'Instruction publique a voté la fête scolaire de 
Jeanne et le Parlement votera bientôt sa fête nationale. De là l'intérêt 
qu'il y a de rappeler an jour le jour les faits qui établissent que mai est 
bien le mois où Jeanne d'Arc doit être glorifiée par les écoliers d'aujour- 
d'hui et par tous les Français de demain. 

Au surplus, il ne s'agit pas de faire du mois de Jeanne une sorte de con- 
currence au mois de Marie. 

Ce serait méconnaître la pieuse fille qui, en tète de ses lettres, voulait 
toujours que figurassent les deux noms de Jésus Maria. 

Puis, qui ne voit qu'on abaisse le nom de Jeanne d'Arc toutes les fois 
qu'on en fait nue arme de combat? 

Mais, puisqu'il su trouve que c'est en mai qu'elle a accompli ses actions 
les plus héroïques et les plus touchantes, quel catholique pourrait ne pas 
trouver naturel que le beau mois, consacré au culte religieux de Marie, soit 
également consacré à la commémoration patriotique de Jeanne d'Arc? 

Vierge des Vierges... Jeanne fut un beau lis des champs toujours immar 
culé. 

Vierge prudente... Elle allia la finesse à la candeur, le bon sens à' l'en- 
thousiasme. 

Vierge clémente... Elle fit la guerre avec un esprit de paix et fui douce 
aux vaincus. 

Vierge puissante... Elle écrasa sous son talon le léopard et rendit la 
France aux Fiançais. 

Vierge fidèle... Elle excusa et glorifia jusqu'à la mort son cher seigneur 
le roi qui l'avait abandonnée. 

Heine des martyrs... Parmi ceux qui oui pâli el succombé pour la Patrie, 
qui fut si grand qu'elle? 

Etude du malin... Elle brille radieuse sur notre Fiance moderne, comme 
l'aurore du beau jour où partout le sang de Fiance sera maître 

Qu'elle unisse donc tous les Français dans une commune glorification ! 

Ils peuvent l'expliquer différemment, ils l'admirent également. 

Ces pages sont l'évangile du patriotisme ! >< 

Dans l'avant propos, l'auteur reproduit les vues remarquables émises à 
l'occasion de ce livre par un général [ Davout duc d'Auerstaedl j sur le rôle 
de Jeanne d'Arc considérée comme chef de troupes et sur les conditions 
morales du commandement militaire. 

Cet ouvrage, divisé en 31 éphémérides ou lectures, — une pour chaque 
jour du mois, — avait déjà paru dans Le Temps du I au 31 mai 1892. 



HISTOIRES POPULAIRES 177 

G. H. de Bernard-Derosne dans La République française, 29 août 92 : La 
fête de Jeanne d'Are. « M. J. Fabre s'est juré qu'un jour la grande fête na- 
tionale de la France serait celle où la France célébrerait la gloire de Jeanne 
d'Arc. Ce jour, je le crois, est proche. M. Fabre fait tout ce qu'il faut pour 
cela. 11 le fait d'une façon admirable. Il a la foi, et, avec la foi, cette iné- 
branlable persévérance que donne la foi. Il est probable qu'il ne se trouvera 
personne en France pour regretter que M. J. Fabre ait voulu que la grande 
i'ète française soit la fête de la grande Française. Cette idée est profondé- 
ment et manifestement juste, d'une justesse si frappante et si évidente 
qu'on s'étonne qu'elle ait mis quatre cents ans à se produire. » 



260. [MKRESSE (l'abbé Em.) vicaire à la métropole de Cambrai.] 

— Jeanne d'Arc, ouvrage, illustré. S. nom. Cambrai, Imprim. Deligne et 
Lenglet, 1892, in-4 de VIII-190 p. et 1 p. de table. 

B. Nat. Lb 26 291. 
Prix, 3 fr. 

La couvert, porte : « Jeanne d'Arc avec une introduction par l'abbé Sa- 
lembier, docteur en théologie, agrégé aux facultés calboliques de Lille, 
aumônier au monastère d'Esquermes. Ouvrage illustré de 11 grandes gra- 
vures. Deuxième édition. » 

Est le tirage à part d'une série d'articles, sur la vie surnaturelle de Jeanne 
d'Arc, publiés par le Bullet. des Ecoles chrétiennes, en 1891, sous la direc- 
tion du chanoine Meurisse, supérieur du petit Séminaire de Cambrai. 

« Bien n'est plus propre à calmer notre esprit si souvent troublé par les 
agitations du dehors^ qu'une douce et illustre mémoire où se retrouvent 
les traits d'une vertu sublime, unie à une foi invicible et supérieure à 
toutes les infortunes. La touchante histoire de la vierge lorraine avait 
exercé sur nous cette intluence bienfaisante ; dans notre siècle d'incrédu- 
lité et d'égoïsme, Jeanne d'Arc nous est apparue comme le type le plus 
lidèle du surnaturel et du patriotisme. Nous nous sommes arrêtés avec 
une sorte d'attendrissement devant son enfance si pieuse, si inno- 
cente et si pure ; nous avons admiré Jeanne dans sa mission aux: ordres 
célestes; nous avons surtout appris dans ses malheurs en quoi consistent 
la noblesse, la grandeur, la force, la résignation, le .dévoùment et l'hé- 
roïsme. Nos sentiments sont de ceux qui peuvent être partagés ; c'est 
pourquoi l'on nous a conseillé de publier ces pages conlidentes de nos 
impressions. Peut-être ceux qui les liront en éprouveront-ils quelque bien ; 
peut-être verront-ils s'augmenter leur amour pour la patrie et leur recon- 
naissance envers Dieu qui la protège ; peut-être s'inspireronl-ils de l'exem- 
ple de l'enfant de Lorraine pour se montier dociles aux inspirations de la 
grâce, constants dans leurs résolutions, fermes dans leurs combats, hum- 
bles dans leurs succès, courageux dans leurs épreuves ! Tel est notre désir 
en faisant paraître ce modeste travail que nous supplions Jeanne d'Arc de 
bénir pour Dieu et pour la patrie ! » 

Cette hist. est divisée en XVIII chap. Les gravures n'ont rien d'original. 



270. LEIIIRE (Charles). — * Jeanne d'Arc et le sentiment national. 
(1412-1431, 1870-18"). Pa ris, Ernest Leroux, 1892, in-12 de 4 IL et 
206 p. 

B. Nat. Lb 5C 285. 
Prix, 3 fr. 
Honoi'é d'une souscription du Ministère de l'Instr. publ. 

12 



178 HISTOIRES GÉNÉRALES 

« Cette histoire fera mieux connaître et aimer de nos jeunes enfants la 
libératrice de la France. Elle propagera dans leur cœur un véritable culte 
national pour notre martyre. Ainsi se développera en eux la piété des sou- 
venirs patriotiques et la religion de la Pairie qui crée les grands dévoù- 
ments et qui fera surgir de son sol les nouveaux héros de notre nouvelle 
délivrance. Il n'est pas d'enseignement plus haut et plus simple, plus tou- 
chant et plus pur, plus vrai et plus extraordinaire, plus salutaire et plus 
patriotique, plus national que celui qui ressort de la vie de Jeanne d'Arc, 
de son œuvre et de ses propres paroles. 

Nous croyons qu'un livre qui réussirait à vulgariser cet enseignement 
aurait, s'il était accueilli par toutes les classes de la société, une portée 
considérable et produirait les meilleurs fruits. C'est donc à la nation, c'est 
donc aux nations que ce livre s'adresse ; car la ligure de Jeanne appartient 
à l'humanité tout entière. La cause qu'elle a défendue est celle de l'indé- 
pendance des peuples et de l'intégrité du territoire national. 11 n'est plus 
permis à aucun français de marchander désormais son admiration pleine 
et entière pour notre libératrice. La principale éducation de tout Fiançais 
est de faire l'apprentissage du patriotisme : voilà pourquoi nous voudrions, 
avec un éloquent panégyriste, que « cette histoire fût racontée par les 
pères à leurs fils, par ceux-ci à leurs enfants et ainsi de génération en 
génération » et que ce récit, popularisé de la sorte, eût pour conséquence 
prochaine l'institution d'une fête générale périodique en l'honneur de 
notre libératrice, vivant idéal de la Patrie française. » 

Ce livre émané de la plume d'un fervent enthousiaste de Jeanne fut 
écrit en 1885 pour soutenir la campagne entreprise à la chambre par Joseph 
Fabre pour rétablissement d'une fête nationale. 

« Nous avons voulu faire preuve de la plus complète impartialité en lais- 
sant à tous et à chacun, suivant ses dispositions d'esprit, la liberté de 
donner à la fête un caractère soit laïque soit religieux. Nous admettons 
qu'elle peut avoir simultanément ce double caractère, mais nous croyons 
que le sentiment qui doit dominer dans celle fête, c'est l'unité dans le 
culte de la patrie. » 



271. KERVFA (M me Soudry du). — Jeanne d'Are étoile de la Franco. 
Causeries patriotiques. Paris, Téqui, 18112, in-12 de XLV-258 p. 

Prix, 3 f. iiO. Confient une grav. repliée de Philippolaux et 2 bois dans 
le texte. Couvert, parchemin. 

c Encore un livre sur Jeanne d'Arc ! C'est trop, diront peut-être ceux qui 
veulent du nouveau ! 

Du nouveau ! Mais, depuis six mille ans que le soleil éclaire, illumine et 
réchauffe notre planète, il y a-t-il quelqu'un d'assez exigeant pour dire 
qu'il est trop vieux, trop connu"? 

Eh bien ! Jeanne d'Arc est aussi pour nous un astre dont la splendeur 
bienfaisante ne blasera jamais personne. Mieux encore : quand il plaira 
au Créateur des mondes d'arrêter la course sidérale du notre, Jeanne, mon- 
tée par son martyre au rang des astres éternels, sans déclin et sans phases, 
brillera au sein de Dieu de l'inextinguible éclat de sa vertu et de son dé- 
vouement sublime... » 

N'est pas à proprement parler une histoire mais bien la réunion de dix 
causeries écrites par une femme du monde pour les gens du monde, la 
plupart racontant la vie de la Pucelle et quelques-unes contenant l'examen 
de questions accessoires. 



271 bi9 . GOMBERVAUX (Raoul de). — * Jeanne d'Arc, sa mission, 
son culte. Lettre préface de Monseigneur Pagis, évêque de Verdun. Dis. 



HISTOIRES POPULAIRES 



179 




Le siège d'Orléans : peinture de Lenepyeu au Panthéon 
(Extrait de Jeanne d'Arc, sa mission, son culte, par R. de Gombervaux, 

Paris, Dentu, 1393). 

cours et notices de NN. SS. les prélats de l'Eglise de France. Ouvrage 
orné de nombreuses illustrations : statues, monuments, portraits, etc. 
Paris, E. Dcniu. 1893, in-8 de XV-137 et 1 table; plus 19 grav. hors 
texte. 

Prix, 2 fr. 

Cet ouvrage se compose de deux parties : la première de GO p., est une 
bonne histoire de l'héroïne, la seconde intitulée le culte de Jeanne, étudie 
les diverses manifestations récentes dont l'héroïne a été l'objet : 1° dans 
l'Eglise de France, 2° à Paris, 3° à Orléans, 4° à Domremy, 5° à Vaucou- 



180 



HISTOIRES GENERALES 



leurs, 6° à Rouen. L'auteur étudie les statues ou monuments élevés dans 
ces diverses villes et en donne la reproduction. 

Voici comment Mgr Pagis apprécie dans sa préface cette seconde partie, 
la plus importante de l'ouvrage : 

« Sauvée par l'héroïne, délivrée des Anglais, rendue à elle-même, la 
France a-t-elle payé comme il convenait sa dette de reconnaissance? 11 
n'est pas douteux qu'après la mort de Jeanne on ne l'ait presque partout 




regardée et honorée comme une sainte ; mais bientôt l'oubli s'est fait, un 
oubli qui a duré trois siècles : Sans doute les souvenirs de Jeanne ne sont 
pas tout à fait éteints, comme le prouvent les médailles frappés en son 
honneur, les statues, les peintures, les vitraux qu'on trouve dans quelques 
églises et cette belle fête qu'Orléans célèbre chaque année. C'est quelque 
chose, ce n'est pas assez : Jeanne méritait mieux et des souverains, qui lui 
devaient le plus beau sceptre du monde, et du peuple français, qui lui doit 
la plus belle des patries. 11 n'est que trop vrai : la France a été oublieuse 



HISTOIRES POPULAIEKS 



181 



au xvi" et au xvn e siècle, plus qu'ingrate au xvm c . 11 fallait une réparation 
publique, solennelle, universelle, c'est la gloire de notre siècle de l'avoir 
entreprise et c'est la joie de tous les vrais Français de concourir à cette 
éclatante réparation. 




Voyez ce qui se passe depuis quelques années : Jeanne a reparu au ciel 
de la patrie, comme l'étoile de l'espérance, et nous la regardons arec 
amour et nous la saluons avec allégresse et le génie national lui rend 



182 HISTOIRES GÉNÉRALES 

hommage par toutes les voix : l'histoire, l'éloquence, la poésie, tous les 
ails la célèbrent de concert. 

L'épiscopat se mêle au mouvement et presque toujours il le provoque. 
Si Ton recueillait tout ce qui a été dit ou écrit sur Jeanne d'Arc par les 
évêques français, on ferait un immense volume, composé de chefs d'oeuvre 
et l'on constaterait que dans ce magnifique concert de réparation et de 
glorification, que notre époque fait entendre, les notes les plus harmo- 
nieuses, les plus vibrantes de patriotisme et de foi, c'est l'Episcopat fran- 
çais qui les a données. Il ne se contente pas de parler, il agit, et les mani- 
festations publiques dont la seconde partie de ce livre contient le récit, 
sont dues à l'initiative épiscopale. Les fêtes d'Orléans, la basilique de 
Domremy, le monument national de Vaucouleurs, celui de Rouen, la statue 
de Reims sont dus à l'initiative d'évèques français. 

Toutes ces manifestations de la France du xix e siècle, en l'honneur de 
Jeanne d'Arc, l'auteur est le premier à les réunir dans un même récit, ins- 
piré par un sentiment patriotique. Les journaux nous avaient bien raconté 
ces témoignages publics de la piété française ; mais les impressions du 
journal sont fugitives et ne laissent que de vagues souvenirs; ce livre res- 
tera, il sera dans toutes les mains, on le lira, on le relira; par les émo- 
tions profondes et durables qu'il est appelé à produire dans le public, il 
aura contribué pour une large part à propager le culte patriotique de 
Vhéroïne, qui ne sera, je Tespère, que le beau prélude du culte de la 
Sainte, » 

Renferme l'appréciation de plusieurs évêques sur l'héroïne et sa sainteté, 
notamment celle fort enthousiaste de Mgr Gouthe-Soulard, archevêque 
d'Aix. 

Voici la liste des grav. : 

1° Statue de la princesse Marie. — 2° de Chapu — 3° Les voix, par Lenep- 
veu (Panthéon). — 4° Le siège d'Orléans, par Lenepveu (Panthéon.) — 
5° Le sacre, par Lenepveu (Panthéon). — 6° Le bûcher, par Lenepveu, 
(Panthéon). — 7° Statue de Frémiet, à Paris. — 8° de Foyatier, à Orléans. 
— 9° Maison de Domremy (Intérieur et extérieur.) — 10° Portrait de 
Mgr Sonnois, évèque de S l -Dié. — 11° Groupe d'Allar. — 12° Basilique de 
Domremy — 13° Portrait de Mgr Pagis, évèque de Verdun. — 14° Porte de 
France à Vaucouleurs. — lo° Crypte de Vaucouleurs (extérieur). — 10° id. 
(intérieur). — 17° Monument de Vaucouleurs, projet de MM. Eude et Richar- 
dière. — 18° Portrait de Mgr Thomas, cardinal de Rouen. — 19° Monu- 
ment de Bon-secours près Rouen. 

Grâce à l'amabilité de l'éditeur, nous pouvons offrir à nos lecteurs dans le 
présent ouvrage plusieurs de ces gravures. 



272. BOURXAXI) (François), prof, à l'Ecole professionnelle cathol. 
ancien élève de l'Ecole des hautes-études, etc. 

— Jeanne d'^rc, ouvrage illustré de gravures. Paris, Lefort, [1893 | gr. 
in-8 de 192 p. 

Prix, 2 f. bO. 

<( Ce nom magique de Jeanne d'Arc a le don d'émouvoir jeunes et vieux, 
de retremper nos âmes aux sources divines du beau et du bien. 

Jeanne d'Arc est pour nous la personnification de la France, de la Patrie 
et de la Puissance divine. Elle est la personnification la plus belle du peu- 
ple se levant pour chasser l'étranger envahisseur. Quelle leçon pour les 
cœurs patriotes que cette histoire de -Jeanne d'Arc ! Lorsqu'un peuple pen- 
che vers la tombe, ce n'est pas un sauveur politique ou d'épée qu'il lui faut, 
mais un Rédempteur par la sainteté. Ce que Jeanne d'Arc a surtout cherché, 
c'était de sauver noire foi. Je n'ai pas écrit ce livre pour ceux qui ne croient 
pas. Il y a des choses que les plus grands savants ne peuvent apprécier s'ils 
n'ont la foi La puissance divine qui s'est manifestée dans la vierge lor- 



HISTOIRES POPULAIRES 183 

raine, et cette vie miraculeuse de Jeanne feront sourire ceux qui préten- 
dent qu'il n'y a rien au-delà de cette terre, mais elle fera toujours, jusqu'à 
la fin des siècles, palpiter les cœurs de ceux qui croient que ces mots de 
Dieu et Patrie sont sacrés entre tous. » 

L'ouvrage est divisé en deux parties. L'une de cent pages est l'histoire 
de Jeanne en dix chap. La seconde étudie la mémoire de l'héroïne : La 
réhabilitation ; 2° Culte de Jeanne d'Arc ; 3° Jeanne stratégiste et tacticien; 
4° Jeanne devant les historiens ; o° Jeanne et les Anglais : Le volume se 
termine par le Panégyrique du P. Monsahré (1877) et un abrégé de la bro- 
chure du chanoine Cochard sur les reliques de la Pucelle. (Voy. infrà 
n° 1337). 



1. — XIX siècle. Histoires pour la jeunesse. 



272. FRÉVILLE (A. F. J.). — Vie de Jeanne d'Arc, surnommée la 
Pucelle d'Orléans, par rapport à ses grandes vertus, née à Dom Rémi 
en Lorraine, l'an 1412. Paris, Genêts et Brunol Labbê, 1811, iu-12 
de 71 p. 

Extrait de la Vie des enfants célèbres ou modèles du jeune âge, t. II, 
p. 27.'i 346. 

En épigraphe : « Vergine d'alti pansieri et régi. » 

— Le môme. Paris, Parmenlier, 1824, in-12 de 07 p. 

Extrait de Beaux traits du jeune àrje suivis de l'histoire de Jeanne d'Arc, 
p. 303-371. 

27ÎÎ. MOXTROXR (Maxime de), archiviste paléographe, correspon- 
dant du ministère. — Jeanne d'Arc ou le récit d'un preux chevalier, 
chronique française du xv° siècle par M. Max de M*** S. nom. Paris, 
Soc. des bons livres, 1832, in-12 de XIX et 279 p. 

B. Nat. Lb 26 45. 

Prix, t f. 

« Un grand nombre d'écrivains, dit l'auteur, ayant entrepris de traiter 
l'histoire de Jeanne d'Arc, nous avons cru devoir circonscrire celle-ci dans 
un cidre nouveau, en lui donnant une bonne forme dramatique. » Ajou- 
tons que ce cadre est fort médiocre. L'auteur fait raconter l'histoire de 
Jeanne par un chevalier recueilli dans un château, qui agit à la mode des 
troubadours. Divisé en quatre récits. Ce qui est dit de Jeanne n'est pas 
mauvais quoique un peu ampoulé. 

— Le même... par Maxime de Montrond. Seconde édilion augmentée de 
documents historiques avec un beau portrait en pied de l'héroïne d'après 
le modèle de la princesse Marie. Paris, Sagtu'er et Bray, 1844, in-12 de 
XIII-262 p. 

— Identique avec une feuille de titre sans date. 

— Identique, Lille, Leforl, 1811, iu-12 de 270 p. portrait. 

B. Nat. Lb 26 45 A. 
Vente de Bouteiller, dem. mai', 2 fr. 



HISTOIRES POUR LA. JEUNESSE 18o 

— Troisième édition. Lille, Lefort, 1830, in-12 de 264 p. portrait. 

B. Nat. Lb 2G 45 B. 

— Quatrième édit. Lille, Lefort, 1857, in-8 de 160 p., portrait. 

B. Nat. Lb 26 45 C. 
Prix, 2 fr. 

— Cinquième édit. Lille, Lefort, 1859, in-8 de 160 p., portrait. 

B. Nat. Lb 26 45 D. 

En frontispice une grav. s. bois. « A la vue de la Pucelle qui revient au 
milieu d'eux en agitant son étendard, les Français reprennent courage et 
recommencent l'attaque. » 

— Sixième édit. Lille, Lefort, 1839, in-8. 

B. Nat. Lb 20 45 E. 

— Septième édit. Lille, Lefort, 1865, in-8. 

B. Nat. Lb 26 45 F. 

— Huitième édit. Lille et Paris, Lefort, [1868] in-8 de 167 p. 

B. Nat. Lb 36 45 G. 
Vente Bouteiller, 1.50. 

— Neuvième, identique, 1873 et aussi : 1876, 1878, 1880, 1882, 1824, 
1887, 1892, Lille et Paris, Lefort, in-8 de 167 p., portrait. 

Prix, 1.25. 

CR.. Bibliographie cathol., mars, 1845. 

27 1. KOY (J. J. E.), professeur aux collèges de Sainte-Barbe et de la 
rue des Postes. — Histoire de Jeanne d'Arc dite la Pucelle d'Orléans. 
Paris, 1833. 

Est un assez bon résumé de l'histoire de Le Brun de Charmettes. 

— Le même. Edition revue et approuvée par une société d'ecclésiastiques. 
Tours, Manie, 1839, in-12 de VIII et 304 p. 

B. Nat. Lb 26 48. 
Prix, 1.25, 4 Qg. 
Fait partie de la Biblioth, de la jeunesse chrétienne, 



186 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Le même. Deuxième édition. Tours, Maine, 1840, in-12 de 2 4 |t. 

B. Nat. Lb 26 48 A. 



B. Nat. Lb 26 48 B. 



D. 



E. 



Editions identiques : 3 e 1841. 

— 4 e 1843. 

— 5 e 1841. 

— 6 e 1847. 

— 7 e 1849. 

— 8 e 1850. 

— 9 e 1851. 

— 10 e 1852. 

— 11 e 1855. 

— 12° 1857. 

— 13 e 1859. 

— 14° 1861. 

— 15 e 18G2. 

— 16 e 1864. 

— 17° 1865. 



18° 1867, toujours : Tours, Munie, in-12 de 284 p. 

B. Nat. Lb 2C 48 M. 

On trouve des ex. de la huitième édit. de 1830 avec une feuille de titre 
nouvelle : 



H. 



K. 



HISTOIRES POUR LA JEUNESSE 187 

— Orléans, Alph, Gatinean, 1850, toujours in- 12 de 284 p. 4 grav. sur 
acier. 

Ou y a joint le portrait de J. d'Arc, gravé par Le mire sur un ancien ta- 
bleau de l'hôtel-de-ville d'Orléans. 



275. = Traduction allemande : 

— Geschichte der Johanna von Arc genannt die Jungfrau von Orléans. 
Fur die reisere chrislliche Iugend ans dem Franzœsischen des J. J. 
Roy, mil approbation des Ërzbischofs von Tours. [Histoire de Jeanne 
d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans, pour charmer la jeunesse chré- 
tienne, traduit du français de J. J. Roy, avec approbation de l'arche- 
vêque de Tours]. Augshourg, Lampart, 1842, in-12 de 289 p. 

Une grav. représentant le sacre, «Kunst, Austalt, G. Serz, Nurnberg ver- 
lag von Lampart, Augsburg. » Traduction littérale, divisée également en 
douze chapitres. 

— Le même. Leipsig. S. I. ni date, in-12. 

— Le même. Dritte, sehr vermehrte und verbesserte Aullage mit einem 
Stablsticbe. [Troisième et très augmentée édition, avec une gravure sur 
acier]. Regenshurg, G. J. Manz, 1869, in-12 de VI1I-264 p. 

Prix, 2.50. La même grav. représentant le sacre, au nom de Manz à Re- 

gensbourg. 

Est le t. II de la Bibliotck fur die reisere chrislliche Iugend. 

— La même édition avec une feuille de titre portant : Vierte Auflage, 
[Quatrième édition], [1883]. 



276. ~ Traduction espagnole : 

— Barcelona, 1841, in-8, 1 fig. 

Cette traduction est signée M... Y... D... 

277. CELLIEZ (M 1Ie Adélaïde), née de Rossi. — Vie de Jeanne d'Arc. 
Paris, Gaumé frères, 1841, in-18 de 200 p. 

13. Nat. Lb 26 53. 
Prix, 0.80. Fait partie de la Biblioth. instructive et amusante. 

On trouve des ex. de la même édit. avec une couverture nouvelle : 

— L'Arc en ciel, illustration de la jeunesse, prime de nov. et déc. 1857. 
Vie de Jeanne d'Arc par M lle A. Celliez. Paris, Arnauld de Vresse, 
[1857], in-18 de 26G p. 



188 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Le même sous le nouveau titre : Histoire de Jeanne d'Arc, martyre de 
sa religion, de sa patrie et de son roi. Tournai, Casterman, 1854, in-12 
de 216 p. 

Prix, 0.80. En frontispice « J. d'Arc blessée à l'attaque des Tourelles », 
signé V. Dedoraken. 

278. X... — Précis de l'histoire de Jeanne d'Arc à l'usage de la jeu- 
nesse. S. nom. Tout, veuve Bastien, 1843, iu-18. 

B. Nat. Lb 26 43. 
La couvert, imprimée sert de titre. 



279. LECLERC (M lle Antonine). — Dieu, la France et Jeanne d'Arc. 
Orléans, Alph. Gatineau, 1846, in-12 de 175 p. 

Frontispice : « Il n'a voulu rendre ses armes qu'à la libératrice de la 
France. 

Médiocrement écrit dans un style trop imagé et ampoulé qui sent 
l'époque de sa naissance : « Le Soleil quoique bien faible encore, commen- 
çait à réveiller la nature ; déjà les plaines se couvraient de gazon ; la pri- 
mevère nouvellement épanouie annonçait le retour du printemps, et sem- 
blait, par son naïf langage, proclamer la miséricorde divine... » 

— Le même sous ce nouveau titre : Jeanne d'Arc ou la jeune fille inspi- 
rée. Limoges et Paris, Martial Ardant, 1848, in-12 de 264 p. 1 grav. 

Fait partie de la Biblioth. religieuse-, morale, littéraire pour l'enfance et, la 
jeunesse. 

— Seconde édition. Limoges, Paris, Ardant, 1851, in-12 de 216 p. 



1 grav. 



IL Nat. Lb 2lî 02. 



— Le même. Dieu et la France ou Jeanne d'Arc la jeune fille inspirée. Li- 
moges, Ardant frères, 1855, in-12. 

— Identique, 1856. 

IL Nat. Lb 2,i 84. 

— — 1859. 

84 A. 

— — 1861. 

— 84 B. 

-* ~ 1862, 

— 84 C. 



HISTOIRES POUR LA JEUNESSE 189 

— — Limoges, Ardant et Thibaut, [18GG]. 

B. Nat. Lb 26 84 D. 

— Identique, [1867]. 

— 84 E. 

— Le même sous un nouveau titre : Histoire de Jeanne d'Arc ou Dieu et 
la France. Limoges, Ardant et Thibaut [18G8] in-18. 

B. Nat. Lb 26 84 F. 

— Le même. Jeanne d'Arc ou la jeune fille inspirée. Limoges, Ardant et 
Isle, 1860, in-32 de 63 p. grav. 

B. Nat. Lb 26 114. 

— Le même sous ce même litre. Limoges, Ardant et Isle, 1876, in-8 de 
119 p. 

— Identique, 1879, 1882, 1884. 

— Le même sous un nouveau titre : Jeanne d'Arc. Limoges, E. Ardant, 
| 1801] pet. in-8 de 11!) p. 

Prix, O.oO ; 5 grav. s bois. Le titre courant porte : « Jeanne d'Arc, Dieu 
et la Fiance. » 



280. [COLLIN de Plancy (Aube)]. — Histoire de Jeanne d'Arc par le 
baron deNilinse, [pseudonyme de Collin] Plancy, Soc. S l -Yictor ; Pa- 
ris, Têtu, 1847, pet. in-2i de 44 p. 

Fait partie de la Biblioth. d'encouragement. 

281. BEAUSSIRE. — Histoire de Jeanne d'Arc. Plancy ( Aube) 18Z2, 

iu-12. 

282. PORCHAT (J. J.). — La vie et la mort de Jeanne d'Arc racon- 
tées à la jeunesse. Paris, Borrani et Droz, 1852, pet. in-18 de XI-173 p. 

B. Nat. Lb 26 64. 

Prix, 1 fr. Deux lithogr. hors texte : la statue de la princesse Marie et la 
fontaine J. d'Arc à Domremy. 

« Cette histoire tient du prodige et sa pareille ne se trouve chez aucune 
autre nation. Je n'ai jamais vu, dit un vieil écrivain, de cas aussi mer- 
veilleux ni plus digne d'être mis par écrit pour demeurer en la perpétuelle 
mémoire des Français, afin que les princes et le peuple puissent reconnaî- 
tre la singulière grâce que Dieu leur fit en les préservant de tomber sous 
la domination de leurs anciens ennemis les Anglais. 



190 HISTOIRES GÉNÉRALES 

Pendant sa courte vie, Jeanne a donné l'exemple des plus hautes vertus: 
on ne saurait, jeunes amis, vous proposer un plus salutaire et plus tou- 
chant modèle. La France serait une terre bénie si tous ses enfants savaient 
l'aimer et la servir comme Jeanne d'Arc. ■> 

Celle histoire esl assez bonne, sans offrir rien de saillant. 

— Le même. Paris, Ch. Delagrave, 1882, in-8 de X et 102 p. 

Prix, 2 fr. Fig. s. bois de Godefroy Durand. 

— Le même, identique, 1883. 

— Troisième édition. Paris, Delagrave, 1885, in-8 de X el 102 p. 

Quoique identique avec les mêmes grav. cette édit. est différente; elle a 
élé imprimée par Nuret-Majesté à Châteauroux, tandis que la précédente 
est de Dupin de Boy à Paris. 

— Quatrième édition, identique 1887 et aussi 1890, 1892. 

C.R. Bibliogr. calhol. mai 1852. 

283. WAILLE. — Rapport sur l'histoire de Jeanne d'Arc de M. Pur- 
chat. Paris, Imprim. de Simon Raçon, [1852], in-18. 

Extrait du Bullet. de la Suc. pour Vinstruct. élément. 

B. Nat. Lb sc 6p. 

284. MONTLOUIS (René de). -.- Jeanne d'Arc ou l'héroïne de Vaucou- 
leurs, suivie de Irois légendes. Limoges, Ardant frères, 1853, in-12 
de 144 p. 

B. Nat. Lb 5 " 66. 
Prix, 0.80. Fontispice. 

Fait partie de la Biblioth. religieuse, morale et littéraire. 
Hist. pour les fout jeunes enfants. 

— Le même. Limoges, Paris. Aidant, 1857, in-8 de 190 p. et 1 table. 

B. Nat. Lb 2 » 66 A. 
Jeanne d'Arc occupe les 44 premières pages. 

— Identique, 1859. 

B. Nat. Lb s « CG B. 

— Le même sous le titre de : L'héroïne de Vaucouleurs ou Jeanne d'Arc. 
Limoges, Paris, Ardant, lSlid. in-18. 

B. Nat. Lb 56 113. 



HISTOIRES POUR LA JEUNESSE 191 

— Le même : Jeanne d'Arc ou l'héroïne de Domremy, [1806], in-18. 

B. Nat. Lb * 6 133. 

285. CLÉMENT. — Vie de Jeanne d'Arc, Rouen, Még ar</,[18o3],ia-12 
de 211 p. 

B. Nat, Lb 26 69. 

Prix, 1 fr. En frontispice « Sacre de Charles Vil ». Fait partie de la Bi- 
hlioth. morale de la jeunesse. 

« Ce livre est destiné, dit Fauteur, à des enfants de douze à treize ans. 
Ce n'est donc pas l'histoire de Jeanne d'Arc que j'ai dû écrire, ce n'est 
qu'un petit abrégé dans lequel je me contente d'apprendre ta mes jeunes 
lecteurs les faits les plus frappants et les plus faciles à comprendre. Faire 
•roître dans leurs cœurs l'amour de Dieu et l'amour de la patrie, voilà le 
)ut que je me snis proposé en entreprenant ce petit ouvrage. » 



cr 



— Le même. Rouen, Mégard, [1855], in-12 de 144 p. 

Frontispice. B. Nat. Lb 2fi 69 A. 

Identique 1850 — 

— 69 B. 

— [1857] — 

— 69 C. 

— 185!) 



1862 



69 n. 



69 E. 



1807 toujours Rouen, Mégard, in-12 de lii- p. 

B. Nat. Lb - G 69 F. 

— Le même. Rouen, Mégard, 1880, pet. in-8 de XI-157 p. 1 grav. 

— Le même sons le titre de : Histoire de Jeanne d'Arc, Rouen, Mégard, 
1893, in-8 de 160 p. 10 grav. Prix, 05. 

286. COLLIN de Planoy (Aube). — Jeanne d'Arc. Paris, Pion, [1861], 
in-8 de 20 p. 

Extrait des Légendes des femmes dans la vie réelle, p. 278-29.'i, avec 
2 mauvaises chromos : Jeanne d'Arc au bûcher et à Domremy. Prix, 3.50. 

Bien qu'approuvée parl'évêque d'Arras, cette histoire est un factum sans 
aucune valeur et semée d'erreurs. 

287. BARBIER (M Ue C.) - Histoire de Jeanne d'Arc, l'héroïne de 
Vaucouleurs. Limoges, Ardant frères, 1802, in-12 de 179 p. 

B. Nat. Lb 26 120. 
Prix, 1 fr. 



192 HISTOIRES GÉNÉRALES 

288. RABOTEAU (P. E.) de La Rochelle. — Jeanne d'Arc, scènes 
nationales. (1429-1431). Limoges, Barbon, 1862, in-8 de 20 p. 

Histoire très médiocre extraite de la Galerie de l'enfance, scènes histori- 
ques et morales par Alexandre de Sailliet, (Limoges, Barbou, 1862, in-8 de 
256 p.), p. 89-114. 

289. LAPORTE (A. de) des Vaulx, médecin major militaire. — Le 
roi de Bourges, scènes du xv e siècle par A. Delaporle. Lille, Lefort, 
1863, in-8. 

B. Nat. Lb 2G 89. 

— DeuxiemeeditionparA.de la Porte des Vaulx. Lille, Lefort, 1863, 
in-8. 

B. Nat. Lb 8(i 89 A. 

— Identique [1868]. 

B. Nat Lb 2C 89 B. 

■ — Le même. Septième édition. Lille, Lefort, 1887, in-8 de 165 p. gra- 
vures. 

290. [I APOUTE (A. de) des Vaulx]. - Jeanne d'Arc par Armand de 
Solignac [pseudonyme d'A. de la Porte des Vaulx]. Limoges, Arda.nl 
frères, [1863], in-8. 

Prix, t. :;o. 

Histoire assez complète, exacte et bien écrite ; on voit que l'auteur avait 
bien étudié la question avant de prendre la plume. Divisée en cinq chap. : 
I La France envahie ; Il L'enfance de Jeanne ; III La Pueelle aux armées; 
IV La trahison et le martyre ; IV La réhabilitai ion. 

— Le même : Jeanne Darc, libératrice de la France, vierge et martyre, 
1410-1431, par Armand de Solignac. Limoges, Paris, Ardant frères, 
1870, in-8 de 142 p. 3 grav. sur bois. 

— Le même. Limoges, E. Ardant, \Hc]'2, in-8 de 143 p. vignettes. Et aussi 
1884, 1885. 

— Le même. Limoges, E. Ardant, [1801 |, gr. in-8 de 144 p. 

Prix, 1.15 ; quatorze grav. et cartes. 

291. F... — Jeanne d'Arc ou la bergère inspirée, par F... S. nom. 
Limoges, F. F. Ardant ; Paris, Ardant, [1863], in-32 de 04 p. 

Fait partie de la Bibïioth. chrétienne de l'adolescence et du jeune âge. 

B. Nat. Lb 2fi 125. 



HISTOIRES POUR LA JEUNESSE 193 

292. FRÉVILLE (Valentin). 

— Orléans ou la France au .\v e siècle. Limoges, Barhou frères, 1 1808], 
in-18. 

B. Nat. Lb 2G 94. 
Prix, 1.25. 

293. DRIOU (A.). — * Jeanne Darc. S. nom. Limoges, Ardant, 1807, 
gr. in-8 jésus. 

Extrait de la collection de biographies publiée par A. Drieu sous le pseu- 
donyme de J. Delanox, sous le titre des Femmes illustres de la Financé, (Li- 
moges, Ardant, 1867, gr. in-8 de 304 p. prix 2.40). Et aussi 1884, 1887. 

— Le même. Histoire de Jeanne Darc par J. Delanox, [pseudonyme de 
A. Driouj. Limoges, Aidant Thibaut, [1869], in-18. 

B. Nat. Lb 26 152. 

— Le même. Limoges, E. Ardant, 1878, in-12 de 72 p. et vignettes. 

— Identique, 1870. 

— — 1881. 

— Le même. Limoges, Eugène Ardant, [ 1891], in-18 de 57 p. 

— Le même. [1893], in-12 de 71 p. 

Plus huit grav. hors texte d'après les bas reliefs de Vital Dubray, monu- 
ment d'Orléans, gravés par A. llousselin. Prix, 0.35. 

294. [PAU (M 1,e Marie-Edmée)]. — Histoire de notre pelite sieur ou 
l'enfance de Jeanne d'Arc. Dédiée aux enfants de la Lorraine. S. nom. 
[Nancy, Husson-Lemoine, 1873], in-4 de 93 1T. n. chiff. 49 grav. à 
l'eau forte dont plusieurs coloriées. 

Texte encadré, nombr. vignettes en rouge, sur gd. pap. Prix de la sous- 
cription 20 fr. Vente de H. Ï88G 15 fr. 

C'est une histoire de Jeanne bergère, pour les enfants. Nous ne l'aimons 
pas beaucoup, les grav. en sont très médiocres. Ouvrage surfait. Cepen- 
dant, comme le dit Mgr de S'-Dié, a les sentiments profonds de foi patrio- 
tique et religieuse dont ces pages sont pénétrées, en font un digne récit et 
comme un écho fidèle de l'héroïsme et des vertus de Jeanne. Personne ne 
lira ce livre sans se sentir meilleur, sans trouver son cœur plus attaché à 
la France et à Dieu. » 

— Le même : Histoire de noire petite sœur Jeanne d'Arc dédiée aux en- 
fants de Lorraine par Marie-Edmée avec une préface par M. Antoine de 

13 



194 HISTOIRES GÉNÉRALES 

Latour, deuxième édition. Paris, Pion, lX7i-, in-4 de X-84 ]). avec 
53 grav. à l'eau forte et un portrait de l'an leur. 

Vente de Latour chagr. r. 22 fr. 

— Le même : Troisième édition avec une lettre de Mgr de Saint-Dié. Ou- 
vrage couronné par l'Académie française. Paris, Pion, 1879, pet. in-8 de 
XXÏV-166 p. nombreus. grav. 

Prix, 2 fr. 

— Le même: Quatrième édition. Paris, Pion, 1891, in-IN. 

lî. Nat. Lb 2R 167 IL 

305. PAlJ(M lle M. E). — Le journal de Marie Edmée, introduction de 
M. Antoine de Latour. Paris, Pion, 1870, in-8 de 571 p.. portrait. 

Contient le récit des pèlerinages faits à Domremy par cette fervente ad- 
miratrice de l'héroïne et une longue prière adressée par elle à la sainte Pn- 
celle. 

296. LATOUR (Antoine de). — Le livre de Marie-Edmée. Paris, Dou- 
niol, 1874, in-8 de 32 p. 

Tirage à part du Correspondant 1874. 

C'est le récit sous forme de lettre à M. Guy Patin, secrétaire perpétuel 
de l'Acad. franc., de la vie de M 11 " Pau, auteur de l'ouvrage précédent, le- 
quel venait d'être couronné par l'Académie. M. de Latour raconte la façon 
dont fut fait ce livre, le but que se proposait Marie-Edmée, son entrevue à 
ce sujet avec Mgr Dupanloup et les conseils que lui donna l'illustre évêque. 
Ce compte rendu est une véritable biographie de M" Pau qui venait de 
mourir; mais il y est constamment parlé de Jeanne d'Arc, pour qui 
M" e Pau avait un vrai culte. 

297. CHABAWES (la comtesse Armand de). — * La vierge lorraine, 
Jeanne d'Arc, son histoire au point de vue de l'héroïsme, de la sainteté 
et du martyre. Paris, Pion, 1874, in-12 de 300 p. 

Prix, 3.;;0; vente de Latour, dem. mar. 4.50. En frontispice, portrait de 
Jeanne d'après Schnetz. 

Cetle histoire est écrite d'une plume ferme et convaincue, vrai poème 
en prose, composé de trois parties : la victorieuse, la victime, la martyre. 
Ce poème est en même temps un panégyrique, car l'auteur s'est proposé 
de montrer avant tout dans Jeanne, la sainte. La sainte dans la jeune fille, 
la sainte dans la guerrière, la sainte dans la suppliciée; la sainte avec 
l'héroïsme du courage, plus encore avec l'héroïsme des vertus. 

Voici ce qu'en dit Mgr de Verdun : « L'autorité des documents, la soli- 
dité des preuves, la grâce et l'entrain du récit, la pureté de la doctrine, 
l'élévation des sentiments, le parfum de piété qui s'exhale de ce livre en 
font une œuvre qui convient admirablement aux familles chrétiennes, aux 
maisons religieuses, aux lecteurs de tout âge, aux vrais amis de la 
France » 



HISTOIRES POUR LA JEUNESSE 195 

- Seconde édition, honorée d'une lettre de Roire et de plusieurs approba- 
tions épiscopales. Paris, Pion, 1887, in 12 de 360 p. 

C'est la môme édition avec XVI p. liminaires en plus. 

CR. Bibliogr. cathol., mai 74; Controverse et contemporain, l.'i nov. 87, 
p. 469. 

- La même édit. Paris, Pion, 1891. 



298. SEPET (Marins). — Jeanne d'Arc. Paris, Société bibliographi- 
que, 1876, pet. in-16 de 128 p. 

— Le même. Deuxième édition, 1877 ; 3° éd., 1878 ; i°éd., 1879; 5 e , 1880. 

Cet ouvrage est un abrégé très succinct de V Histoire de M. Sepet, voyez 
supra, n° 216. 

Toutes ces édit. sonl identiques, in 10 de 128 p. Elles font partie de la 
Bihliolh. à 25 centimes. 



299. LABOELAYE (M'" c E. de). - ' Vie de Jeanne d'Arc. Parts, Pé- 
iaçfaud, 1877, in-12 de XVIi 115 p. 

Les p. limin. contiennent une approbation de l'évêque de Verdun, une 
lettre de Mgr Dupanloup et la préface. En frontispice, statue de la prin- 
cesse Marie ; 2 lie;, s bois, titre rouge et noir. Vente de Latour, dem. mar. 
2 50. 

« Ce livre ne vient pas offrir au public de nouvelles et savantes décou- 
vertes dans le champ de l'histoire ; encore moins s'annonce-t-il comme un 
panégyrique ou comme une œuvre littéraire. On demandait pour les jeunes 
tilles un livre qui put les instruire, les intéressée, les aider à grandir dans 
les vertus qui t'ont les vraies chrétiennes et les vraies françaises. Celui-ci 
est de la plus scrupuleuse exactitude, ayant puisé aux sources les plus 
pures : Wallon. Goerres, O'Reilly. L'auteur s'estimera récompensé de son 
travail si cette biographie abrégée répond au pieux et patriotique désir du 
saint évèque d'Orléans qui la lui a confiée. » 

— Le même. Ouvrage approuvé par les évêques de Mézières et d'Orléans. 
Paris, Téqui, 1880, in-12 de 151 p. 

Prix, 1 fi. 



300. [RENAUD (M" cs Adèle et Céline)]. — Jeanne d'Arc et la France 
au xv e siècle. [Paris, Téqui, 1880], in-12 de 30 p. 

Extrait de L'Eglise à travers les siècles. (Paris, Téqui, 1880, in-12 de 
364 p , 2 fr.) t. III, chap. XII, p. 287-315. 

Est un récit dialogué de l'histoire de Jeanne. 



■t- ' 



301. [PLACE (M llc Louise de)]. — * Jeanne d'Arc, sa mission, sa vie, 
sa mort, par Louis Morvan (pseudonyme de M" L. de Place], précédé 



196 HISTOIRES GÉNÉRALES 

d'une lettre Je Mgr Frappel. Nancy, Lechevallier, 1883, in-16 de XII 
et 208 p. 



B. Nat. Lb 26 214. 



Prix, 3 fr. 



En frontispice, la statue équestre de Foyatier. 

Est dédié « à la France, patrie de Jeanne d'Arc et la mienne. A la Lor- 
raine son pays natal. » Un des meilleurs ouvrages pour la jeunesse, on sent 
dans les veines du jeune écrivain le sang valeureux paternel. 

« D'éminents historiens ont retracé à l'envi cette grande page d'histoire. 
Pourquoi venir élever la voix après tant de voix illustres, prendre la 
plume après tant d'éloquents écrits? On a parlé aux érudits, nous voulons 
parler à tous. 

Le nom de Jeanne d'Arc est dans toutes les bouches ; son histoire doit 
être dans toutes les mains. Telle est la pensée qui a inspiré ce court vo- 
lume. 

Nous avons écarté toute digression historique et n'avons cherché à faire 
qu'un simple récit , nous nous sommes surtout attaché à peindre la phy- 
sionomie personnelle de Jeanne d'Arc et à présenter non un tableau d'his- 
toire mais un portrait vivant et ressemblant. 

Nous avons consciencieusement étudié et suivi la vérité historique et 
consulté les sources les plus sérieuses et les plus autorisées. 

Puisse ce livre contribuer à faire mieux connaître et aimer en France la 
noble femme qui mourut pour l'honneur de sa patrie ! Puisse-t-il réveiller 
dans les âmes françaises, l'espérance, l'énergie, le culte de la foi, du dé- 
voùment et du patriotisme. 11 aura rempli sa mission. » 

L'histoire occupe les 132 premières pages ; le récit en est simple, plein 
de naturel et de charme. Le reste du vol. se compose de notes sur des 
questions de détails, bien faites et fort intéressantes. (Nom — famille — 
portraits — lettres — compagnons — étendue de la mission — juges de 
Jeanne d'Arc, etc.) 



— Identique avec une feuille de titre nouvelle. Deuxième édition, A T ancy, 
Lechevallier; Paris, Jules Vie, 188i. 

— Identique. Troisième édition. 

î*02. CLÉVILLE (F. de). — Jeanne d'Are où l'épée de la France. 
Tours, Rouillé-Ladévèze , 1880, iu-8 de 120 p. grav. 

— La même édition, avec une feuille de titre nouvelle : Tours, A. (lai- 
tier, 1892. 

Prix, 1 f. 2o. 

30rt. POULLIlX (Marins). — Histoire de Jeanne d'Arc. Limoges, Marc 
Barhou, 1888, iri-4 de 336 p. 

Prix, 4 fr. Ci m lient de nombreuses gravures, tirées du Wallon illustré. 

Le texte n'en est pas mauvais, bien qu'il ne renferme absolument rien 
d'original et que les détails n'en soient pas toujours complètement exacts. 
Voici comment l'auteur s'excuse de venir après tant d'autres raconter une 
histoire que tant d'hommes éminenls ont déjà écrite : 



HISTOIRES POUR LA JEUNESSE 197 

« Nous croyons que l'ouvrage que nous offrons aujourd'hui à la jeunesse 
française méritera par un point surtout d'attirer et de fixer son attention. 

A l'époque où nous vivons, au lendemain de la plus effroyable catas- 
trophe dont la Fiance ait été frappée, depuis le jour à jamais néfaste où 
un roi dément et une reine criminelle cédèrent par le traité de Troyes le 
royaume de France à un roi d'Angleterre ; au lendemain, disons-nous 
d'une catastrophe comme celle de 1870, il est bon, il est salutaire de mon- 
trer à nos enfants comment, dans des circonstances plus terribles encore, 
leur pays fut arraché des mains de l'étranger par l'intervention presque 
miraculeuse d'une femme, d'une enfant. 

Ils verront, en lisant ces pages, à la fois si tristes et si réconfortantes, 
qu'il ne faut jamais, aussi grand que soit le malheur qui nous accable, dé- 
sespérer du succès, quand la cause pour laquelle on lutte est celle du droit 
et de la justice. 

La vierge lorraine possédait, entre tant d'autres, deux vertus primor- 
diales : La foi et l'espérance. Comme elle, conservons ces deux vertus 
ineffaçablement gravées au fond du cœur, et, quels que soient les coups 
qui nous frappent, ne désespérons jamais du lendemain : ayons foi dans 
les destinées de la patrie française. 

La France a pour la protéger un palladium que rien ne saurait lui ravir : 
c'est l'ombre même de sa glorieuse héroïne. Tant qu'elle fixera sur elle 
ses regards, nul ne pourra jamais dire : Finis Galliœ ! » 

■ — La même édition : 1802. 



303 h \ POULLIN. — Jeanne d'Arc. Limoges, M. Barhou, 1888, gr- 
in-8 de 144 p. avec grav. 

Fait partie de la Collect. publiée sous la direction de M. A. Dubois. Est 
une édit. abrégée de l'ouvrage précédent. 

304. SALEMBIER (l'abbé L.), aumônier du monastère d'Esquermes. 
— * Vie de Jeanne d'Arc, dédiée aux enfants des écoles catholiques. 
Préface de Mgr Baunard. Ouvrage illustré de gravures. Paris, Lille, 
Leforf,\m)2] in-12 de 80 p. 

B. Nat. Lb 26 294. 

Court récit de la vie de l'héroïne : « Vous ferez bon accueil à ce livre, 
mes enfants, dit Mgr Baunard dans sa préface, car c'est bien Jeanne d'Arc 
elle-même qui vient à vous, dans ces pages, avec la vérité et la beauté de 
ses traits de vierge, de guerrière et de martyre. Si vous voulez l'honorer, 
vous aussi, par quelque emblème qui rappelle ce qu'elle fut, déposez de- 
vant son image, un lys, un laurier et une palme, c'est sa vie tout entière. 

CB. de P. L. d'Arc. Etudes religieuses, déc. 92, p. 912. 

305. FAIÎRE (Joseph). — Jeanne d'Arc, libératrice de la France. Pa- 
ris, Ch. Delagrarc, [1892], in-12. 

Prix, 1 fr. Edition abrégée pour la jeunesse de l'ouvrage cité suprà sous 
le n° 221. 



j. — XIX e siècle. Légendes, romans historiques. 

300. X... — Jeanne d'Arc. [Paris, Fr. Barlier, 1787] in-12. 

Extrait de la Biblioth. universelle des romans (Paris, Barlier, 1787). 

307. IIKÈS (J. P.) physicien et littérateur d'Issoire, 1705-1827. 
— L'héroïne du xv c siècle. Paris, Lèopold Collin, 1808, 4 vol. in-12. 

Prix, 8 fr. Fut traduit en 1825 en Allemagne ou plutôt imité. (Voyez infrà 
il" 585). 

308. [ABAXY (M me Marie Thérèse Pérbux d')| 1753-1821. —L'amazone 

française ou Jeanne d'Arc par M me D***, l'auteur de Seila, [pseudonyme 
de M me d'Abany], Paris, l'auteur, rue S-Honofé, S { -Germ;iin en Laye, 
Foirestier, 1819, 2 vol. in-8 de VIII, 387, 380 p. et 1 f. 

En épigraphe : « Le Seigneur a rendu votre nom si célèbre que les 
hommes ne cesseront jamais de vous louer, vous vous êtes présenté devant 
Dieu pour empêcher la ruine de vos frères. » 

Le style de ce roman médiocre pouvait plaire en 1820, mais il sonne 
bien faux aujourd'hui. « Alors la nature au plus beau mois de l'année, 
embellie de tout l'éclat dont la munificence du Créateur enrichit ses ou- 
vrages, semblable à une jeune épouse qui se pare pour son bien-aimé de sa 
robe nuptiale où se marient les plus brillantes couleurs, attend en tres- 
saillant le soleil qui va paraître tel qu'un vainqueur rayonnant de gloire et 
de beauté. 

Bientôt succède au silence un léger bruit qui s'augmente peu à peu. 
L'alouette ma.tinale donne à tout ce qui respire le signal du réveil. Les 
oiseaux gazouillent doucement .. le zéphyr... le lis, etc.. » et ainsi de suite 
comme une pluie sans fin. Le xxiv e chant se termine à Reims. 

— Le même sous ce titre: Jeanne d'Arc, poème en vingl-qualre chanls 
par M me d'Abany auteur de Seila, édition augmentée d'une notice sur 
la vie de cette héroïne, de l'histoire de son procès et de ses détails au- 
thentiques sur ses derniers moments par A. Antoine. Paris, M"" Picard, 
1823, 2 vol. in-8 de XII, 387, 302 et 1 f. de notes. 

Prix, 10 fr. Qq. ex. sur vélin ; vente de Bouteiller 1888, dem. rel. 

3 fr. 50. 

La notice, de 4 p. est tout à fait insuffisante. 

En dépit de son nouveau titre de poème, c'est la même édition à laquelle 
on a ajouté : 1° une feuille de litre nouvelle : 2° douze pays prélimin. dont 

4 sont occupées par une notice, plus que sommaire, de la vie de Jeanne ; 



LÉGENDES, ROMANS HISTORIQUES 499 

3° Une feuille cotée p. 381-392 pour le Procès de Jeanne d'Arc, qui est le 
bref récit de la seconde partie de la vie de Jeanne, non traitée par 
M me d'Abany dans son poème. 

A la fin, le même f. non côté de notes qui se trouvait terminer la pre- 
mière édit. 



309. GOTTIS (M me Augustine). — Jeanne d'Arc ou l'héroïne française, 
orné de quatre jolies figures et du portrait de l'héroïne. Paris, Arthus 
Bertrand, 1822, 4 vol. in- 12 de XII-288, 333, 322, 342 p. 

Prix, 12 fr. vente de fiouteiller cart. 4 fr. 

Le portrait et les 4 fig. sont les mômes que celles de l'histoire de Le 
Brun de Charmettes éditée 5 ans auparavant par Arthus Bertrand. (Voy. 
n° 194). Toutefois les légendes de chaque figure se trouvent en haut et non 
en bas ; le portrait de Vauzelles ne porte pas le mot « frontispice » 

L'auteur réédite le système de Caze (Voy. n° 195). 

« En donnant à Jeanne d'Arc une autre origine que celle vulgairement 
connue, je m'expose à bien des critiques, mais je ne l'ai fait qu'après avoir 
trouvé des renseignements presque certains [?]. Mon héroïne n'en est pas 
moins grande, moins vertueuse : au contraire, cette même situation sert à 
développer la profonde énergie de son caractère ; elle en fait ressortir 
toutes les nuances ; elle motive cet enthousiasme de gloire qui l'animait, 
justifie la vie des camps où elle fut pour ainsi dire jetée par des mains 
habiles et qui surent adroitemenl tirer un immense avantage des qualités 
extraordinaires dont la nature l'avait douée. 

L'opinion que j'ai mise au jour était généralement répandue en Angle- 
terre au temps de Shakspeare, environ 133 ans après la mort de la Pucelle 
« je ne suis pas la fille d'un pasfeur, fait-il dire à l'héroïne, mais un reje- 
ton de la race des rois. » Jeanne d'Arc eut le même état de maison qu'une 
fille de France. Est-il présumable que dans ces temps de féodalité la cour 
eût osé braver ainsi d'antiques préjugés et insulter aux prérogatives de la 
noblesse? L'armée eût-elle obéi aune fille sortie des derniers rangs de la 
société ? 

Tous ces faits sont dissertes avec beaucoup d'esprit et d'adresse dans 
La vérité sur Jeanne d'Arc par M. Gaze. Peut-être est-ce prévention, mais 
il doit convaincre tous ceux qui le liront. 

M. Le Brun de Charmettes dans son Histoire de Jeanne d'Arc, monument 
d'une vaste érudition et d'un grand amour de son pays, n'adopte pas la 
version de M. Caze, mais il la rapporte tout entière dans son quatrième vo- 
lume, et, je dois en convenir, ce fut la citation qu'il en fit qui me donna 
l'idée première que j'ai adoptée depuis. » 

L'auteur est tellement entraînée par son imagination que, lorsque par 
hasard, les paroles qu'elle met dans la bouche de ses personnages sont 
vraies, elle signale ce fait extraordinaire, en note, par ces mots : « histori- 
que. » 



310. [HAUTEFEUILLE (Comtesse E. d') né de Marguerye]. —Jeanne 
d'Are par Anna-Marie [pseudonyme de M me d'Hautefeuille] Paris, Dèhè- 
court, 1841, 3 vol. in-8 de IX, 392 et 392 p. 

Prix, 15 fr. Ventes de Latour 1885, dem. v. G fr. : de Bouteiller 1888, 
dem. rel. 2 fr. 50. 

B. Nat. Lb * 6 52. 

Dédié à M. Ballanche. En épigraphe : « Les hommes ne cesseront de la 
louer, parce que voyant l'extrémité où le peuple était réduit, elle a donné 
sa vie pour le délivrer. » 



2 00 HISTOIRES GÉNÉRALES 

Comme il fallait une intrigue pour soutenir l'intérêt du roman, l'auteur 
entremêle à l'action les sentiments de Pierre, frère de l'héroïne, pour 
Clotilde la nièce de Baudricourt. Les vœux des amants sont échangés dans 
la prison de Jeanne cl, celle-ci parait y prendre un vif intérêt. Ce roman 
n'est pas mal écrit et ne manque pas de chaleur. In fine du t II. p. 376, se 
trouve une Munir d'Arc, légende du xv e s., court récit de la vie de l'héroïne 
en vieux langage, dont la naïveté est assez gracieuse. 

M mc d'Hautefeuille débute toutefois par une erreur : « L'héroïne si pure, 
qui, dans tous les temps, aurait dû faire l'orgueil et la gloire des femmes, 
n'a cependant jamais été célébrée par aucune d'elles, hormis par Christine 
de Pisan, qui dans ses vieux jours l'avait connue et consacra quelques vers 
à sa mémoire. Depuis lors les femmes ont paru l'oublier. » Et M me de Choi- 
seul? Et M u, e Gottis? Et M mc d'Abany? 

CR. Bibliogr. cathol. août 41. 



311. CRAOX (la princesse de), auteur de Thomas Morus, d'Henri Percy, 
etc. — Le siège d'Orléans en 1420. Paris, Dumont, 1843, 4 vol. in-8 de 
354, 346, 306, et 316 p. 

Sur vélin tiré à petit nombre, prix, 30 fr. Vente de Bouteiller, dem. mar., 
5 fr. 50. 

Roman historique qui embrasse, nonobstant son titre, toute la vie d e 
Jeanne d'Arc, jusqu'au supplice ; il contient bien des longueurs. M ,uc de 
Craon a fait dans l'écuyer d'Aulon un perpétuel étalage d'érudition, qui est 
un défaut du livre. Daulon a trop la mine d'un professeur détaché auprès 
de l'héroïne et nous fatigue avec ses cours et ses citations continuelles. 
L'abus de l'érudition n'empêche pas M mu de Craon de décrire avec vivacité 
et intérêt les principales scènes de l'histoire qu'elle raconte ; pour tout ce 
qui touche aux mœurs, aux usages, à la vie privée de l'époque, elle fait un 
judicieux emploi de couleur locale et est en général très exacte. 

CR. de Cuvillier-Fleury dans les Débats, 17 sept, et 1 er oct. 18i4;La 
Quotidienne du 18 juin 1843. 



312. FOUSSETTK (Jules). — Orléans ou la France au xv° siècle, ro- 
man historique. Limoges, Barbon frères, 1843, in-12 de 286 p. 

Deux grav. sur cuivre (« Sire, sauvez-nous » et « Captivité ») et deux 
fleurons. (« Orléans » et le bûcher). 11 y a deux feuilles de titre : l'une 
gravée, sans date, libre, l'autre imprimée. 

Prix, 1 fr. 25. Fait partie de la Biblioth. chrétienne et morale. 

Romantique et pompeux. L'auteur fait proposer par Henri VI à Jeanne, 
quelques instants avant son supplice, de passer à son service en lui pro- 
mettant de la combler d'honneurs. La fin imitée de Schiller, est pourtant 
assez poétique : « Adieu, vierge inspirée ! Tu vins parmi nous comme un 
ange protecteur, et Dieu qui te destinait à devenir un messie de liberté te 
fit sortir d'un humble hameau; devant toi tombèrent les citadelles, s'en- 
fuirent les soldats couverts d'armures d'airain ; tu passas pure, modeste à 
travers les enivrements de la fortune et de la gloire, et, quand la délivrance 
fut accomplie, tu la scellas de ton sang. 

Ta prière est montée vers le trône de celui t'envoya, l'arc-en ciel brille 
dans la nue ; devant toi l'empirée ouvre ses portes d'or, de suaves harmo- 
nies remplissent ton oreille, tes pieds désormais fouleront les champs 
radieux semés d'étoiles et de soleils, des plis de la robe s'échapperont des 
jets de lumière, et ton front, orné d'une immortelle beauté, portera une 
couronne de rayons. Ecoute : les bruits qui montent de la terre vers ta de- 
meure splendide sont un cantique d'amour et de victoire. Adieu, la dou- 
leur fut courte, il t'est donné des joies éternelles ! » 



LÉGENDES, ROMANS HISTORIQUES 201 

— Identique, avec une feuille de titre nouvelle, 1844. 

— Le même, sous un nouveau titre: Jeanne d'Arc ou l'épée de Charles- 
Martel. Limoges, Barbou, frères, [1867], grav. in-8 de 102 p. 

Vente de Latour dem. mur. 3 fr. En frontispice « Romée, voulez-vous être 
libre ? » 

— Le même. Limoges, Barbou, [1807], in-18 de 251 p. 

En frontispice Jeanne sur les remparts d'Orléans. 

— Le même. Limoges, Barbou, 1882, gr. in -4 de 22k 

Biblioth, morale et littéraire. 

313. LUTANGE (J. F. D. d'Attel de), membre correspondant de la Soc. 
roy. des Antiquaires de France. 

— L'héroïne d'Orléans, xv e siècle, avec une carte de tous les lieux cités 
dans cet ouvrage, et un plan de la ville d'Orléans, à l'époque de sa déli- 
vrance par Jeanne d'Arc. Paris, Charpentier, l S i 4 , 3 vol. in-8 de XVI- 
208, 343 et 330 p. 

Prix, 10 fr. Vente de Bouteiller, 1888, dem. rel. 4 IV. 

« Grâce aux laborieuses recherches faites depuis un demi-siècle, nous 
savons maintenant presque tout ce qu'il est possible de savoir, historique- 
ment parlant, de la jeune fille de Domremy. Mais connaissons-nous bien 
sa véritable physionomie, au physique comme au moral ? Les récits froi- 
dement exacts de ces historiens érudits ont-ils fait poser la naïve bergère 
dans l'intimité du tète à tête? Non, certainement non ! Ecrivant l'histoire, 
ces savants estimables ont pensé qu'il leur était interdit d'emprunter le 
faire de Walter Scott pour peindre leur héroïne dans les petits détails 
d'intérieur et de la vie privée ; toutes choses cependant dont le public est 
passablement avide. 

Mais nous, qui écrivons le roman historique, n'avons-nous pas beau jeu 
pour combler la lacune de nos trop véridiques devanciers, fidèles jusqu'au 
scrupule, ou plutôt n'avons-nous pas le droit de tirer par induction de ces 
faits historiques, d'autres faits non moins attachants? 

Notre plan a donc été de suppléer au silence de l'histoire en faisant 
parler et agir cette héroïne comme elle a dû parler et agir en réalité, dans 
les diverses circonstances où elle s'est trouvée et sur lesquelles nous 
n'avons que peu ou point de renseignements. 

Cet ouvrage pourrait donc être considéré comme une histoire de Jeanne 
d'Arc, racontée par elle-même. On sait du reste tout ce que les aveux ou 
plutôt les demi-aveux d'une femme donnent à penser et plus encore à de- 
viner. 

Célébrer la vierge de Domremy, ne point la déflorer, tel a été non seu- 
lement le but qu'on s'est proposé, mais encore, si cela était nécessaire, de 
réhabiliter sa mémoire. » 

Ce récit estjnalheureusement par trop fantaisiste en bien des endroits. 

« Nous ne pouvons terminer sans manifester notre étonnement deTin- 
souciance de nos rois pour honorer dans ses arrière-petits neveux la nié- 
moire de l'héroïne de Domremy. Jeanne et toute sa famille furent anoblies, 
il est vrai ; mais depuis, les faveurs du trône ne descendirent jamais sur 



202 HISTOIRES GÉNÉRALES 

leur lignée. Et pourtant il existait des rejetons de cette souche illustre, des 
parents de cette Jeanne qui sauva la France. Toujours est-il que dans notre 
belle Fiance qui offre tant d'illustrations, ces précieux débris de la famille 
d'Arc ne peuvent être oubliés. Aussi, se demande-t-on encore comment il 
se fait que nos grandes familles n'aient pas tenu à honneur de s'allier avec 
celle-ci. On se demande surtout, nous le répétons, par quelle fatalité nos 
rois n'ont jamais appelé prés du trône, pour en refléter l'éclat, ces descen- 
dances féminines qui rappelaienl directement de si sublimes dévoûments, 
puisque c'était une femme qui avait donné ces exemples d'héroïsme? Si le 
destin fatal à sa dynastie ne s'y fut opposé, un grand homme, il n'est 
besoin de le nommer, eût sans doute acquitté cette dette de reconnaissance 
nationale. Quant à nous, nous tenons pour certain que la première cham- 
bre du royaume recevra dans son sein une véritable illustration en voyant 
siéger parmi ses membres un des petits neveux de la noble Jeanne. Espé- 
rons que cet acte de justice est réservé à la haute sagesse du monarque qui 
nous gouverne. » 

C. ri. Bibliogr. cathol. act. 1846. 

311. 1)1 'MAS (Alexandre) fils, de L'Académie française. — Tristan le 
Roux. Paris, Michel Lévy, 186G, in- 18 de 327 p. 

Prix, 1 fr. 25. 

Ce roman commença à paraître le 28 avril 1850 dans la Gazette de France 
sous le titre de La restauration do Charles Vil, avec le sous-litre de Tristan 
le Roux. C'est une étude de la mission de la Pucelle : « Nous avons l'ail de 
l'histoire fantastique de Tristan le Roux, dit, Dumas, le cadre des événe- 
ments réels que nous avions à mettre sous les yeux du lecteur, parce que 
cela était le seul moyen de montrer à la fois les deux faces du xv° siècle, 
qui d'un coté s'éclaire chrétiennement, au feu du bûcher de J. d'Arc, l'in- 
carnation de la foi, l'envoyée de Dieu; et de l'autre au bûcher de Cilles de 
liais, la personnification de la magie, de l'esprit d'athéisme... » 

Quoiqu'il s'agisse d'un roman, l'histoire n'est pas sacrifiée à la fantaisie ; 
sauf dans les scènes relatives à Tristan le Roux, le récit est assez exact. 



315. GrUÉNOT (L'abbé C.). — L'espion ou les Anglais chassés de 

France. Tournai, Caslerman, 1868, in-8. 

Prix, 1 fr. 20. 

— Nouvelle édition. Paris ; Bruxelles ; Leipsig ; Tournai, V ve Casterman, 
1881, in-8 de 158 p. 

Roman pour la jeunesse basé sur les faits historiques de la Guerre de 
Cent ans, période de 1422-1451 et spécialement sur les hauts faits de la 
Pucelle ; la vie de l'héroïne y est racontée tout au long assez exactement. 
En frontispice lilhogr. « Elle se retourna et vit l'archange S'-Michel. » 

316. LERMIXA (Jules). — * Jeanne d'Arc, grand roman national. 
Paris, L. Boulanger, [1888], in-4 de 396 p. 

A paru en 50 livraisons à 10 cent. Illustrations sur bois assez grossières. 
Tirage à part d'un feuilleton du Voltaire publié la même année. Prix, 5 fr. 

Mélange d'histoire et de fantaisie, sévère pour Charles VU et ses courti- 
sans, pour les hommes d'Eglise, mais plein d'enthousiasme patriotique 
pour Jeanne. 

« Un an d'agonie et Jeanne n'avait pas faibli ! Quand on se rappelle que 



LÉGENDES, ROMANS HISTORIQUES 203 

Jeanne était une femme, qu'elle n'avait pas vingt ans, on ('prouve un 
sentiment de vénération qui va jusqu'à l'enthousiasme. 

Ici notre scepticisme n'a rien à voir. 

Nous ne croyons pas que Jeanne ait reçu une mission de Dieu, mais la 
tenant d'elle-même, à qui la pouvait-elle rapporter sinon à la seule puis- 
sance extra-terrestre dont sa mère l'avait si souvent, si doucement entre- 
tenue? Est ce qu'à cette époque il ne nous faut pas tenir compte de l'in- 
fluence unique qui dirigeait les consciences? Est-ce que Jeanne aurait pu 
s'en dégager? Jeanne d'Arc libre penseuse ! Là serait le miracle, et il nous 
rencontrerait incrédules. Jeanne fut une dévote de la Patrie et à cette 
Patrie elle donna la seule forme, la plus haute qu'elle pût concevoir à cette 
époque, celle de la divinité. » 



310. w * BUET (Charles). — La bergère de Domremy. [Paris, Blèriot, 

Gautier, 1890], gr. in-cS à 2 col. 

Extrait de L'ouvrier, 4 mai 89 — 26 avril 90. (50 n os : 1462-1513). 

Roman historique un peu trop parsemé d'épisodes romanesques étran- 
gers à l'histoire de la Pucelle, mais qui reste, après tout, une œuvre saine 
et moralisatrice, marquée au coin du plus pur patriotisme. 



K. — XIX e siècle. Notices biographiques. 



317. FELLER (l'abbé F. X. de), de la C ie de Jésus. — Dictionnaire 
historique ou Histoire abrégée des hommes etc.. Liège, 1781. 

Donne une notice médiocre, faite sans enthousiasme : « A dix-sept ans 
Jeanne crut voir Saint-Michel... Charles, qui en la perdant eût perdu sa 
dernière ressource, crul devoir profiter du courage d'une iille qui parais- 
sait avoir l'enthousiasme d'une inspirée et la valeur d'un héros... » Cette 
notice contient trop de croire pour avoir été écrite par un croyant. 

— Le même : Quatrième édit. Paris, Mêquignon fils, 1818, in-8. 

— Le même : Huitième édition revue avec soin et corrigée par une société 
desavants et d'ecclésiastiques. Lille, Lefort, 1832, 13 vol. à 2 col. 

T. VII, p. 268-271. 

— Le même. Nouvelle édition continuée par Ch. Weiss et l'abbé Busson. 
Paris, Leroux, Gaume, 181-8, gr. in 8 à 2 col. 

T. IV, p. 570 et suiv. 



318. FERRAXD (Le comte Ant.), de l'Académie franc., pair de France. 

— L'esprit de l'histoire ou lettres politiques et morales d'un père à son (ils 
sur la manière d'étudier l'hist. de France. Paris, 1802, 4 vol. in-8. 

Le chap. XI est intitulé Jeanne d'Arc. 

— Le même, 1804, 1809, 181 i. 

— Le même. Paris, Tenon, 1826, 4 v. in-8 (25 fr.) ou 5 in-12 (15 fr.). 

319. HAUDRICOURT (F. Ternisien d'). — Fastes de la nation fran- 
çaise, ouvrage présenté au roi et honoré de l'accueil liât leur de Sa Ma- 
jesté ainsi que de la souscription des empereurs, rois, princes, ministres 
et principaux personnages de l'Europe. Paris, l'auteur, £803-1805, 
17 livr. en 68 cah. in-4 sur vélin. 

Une f. du t. II, contient une notice gravée fort sommaire intitulée Jeanne 
d'Are la Pucelle d'Orléans, née à Domremi en 4412. En tète, grav. représen- 
tant le siège d'Orléans. Lafitte et Bcrtaux del. Bosq. sculps. Val. 35 fr. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 20; 

Le môme. Paris, Decrouan, I 18071 3 vol. in-fol. gravés. 



o J 



390. PRIDHOMME (Louis). — Cérémonies et coutumes religieuses. 
Paris, 1810, 13 vol. in-fol. 

= Répertoire universel, historique et biographique des femmes célèbres. 
Paris, Ach. Desauges, 1820-27, 4 vol. in-8. 

Prix, 32 fr. Très mauvais ouvrage conçu dans un très mauvais esprit. 
T. III p. 79. 

— Le même sous le titre de: Biographie des femmes célèbres. Paris, 1830, 
4 vol. in-8. 

•331. X... — Le lava ter historique des femmes célèbres des temps an- 
ciens et modernes. Paris, 1811 avec grav. coloriées. 

La notice VII est celle de Jeanne d'Arc, portrait. 

322. \... — Jeanne d'Arc ou la Pucelle d'Orléans. S. nom [Paris, Le- 
rouge, 1813], hi-2ï de 93 p. 

Extrait des Annales du crime et de l'innocence par MM. R.. et P. V.. an- 
ciens avocats, t. 1-93. 

333. PEIfàXOT (Et. Gai).) — Dictionnaire historique et biographique. 
Paris, Prudhomme, 1813, 4 v. in-8. 

T. H, p. 221 et suiv. 

— La même édition, avec un nouveau titre, 1822. 

Peignot s'est toujours défendu d'être l'auteur de cet ouvrage. 

3S4. DELACROIX (J. Vinc), juge au trib. de Versailles. — Tableau 
historique et politique de la France. Paris, A. Bertrand, 1814, 3 vol. 
in-8. 

Prix, 18 fr. Assez bonne notice de douze pages sur Jeanne, avec des re- 
marques assez étendues. 

325. DURDEiXT (R. J.) — Jeanne d'Arc dite la Pucelle d'Orléans, ses 
exploits, sa mort funeste. [Paris, Alexis Eymery, 1814], in-12 de 21 p. 

Extrait des Epoques et faits mémorables de l'hist. de France, p. 98-119. 
Notice fort abrégée. Une grav. hors texte. « Elle attaqua Jargean (sic) con- 
jointement avec le Duc d'Alençon, monta sur la brèche son Etendard à la 
main Dusaulchoy. » 



• 06 HISTOIRES GÉNÉRALES 

« Jeanne se persuada que le ciel l'avait destinée à sauver sa patrie et le 
trône de son roi... Le jugement des bons esprits est désormais fixé sur 
cette immortelle héroïne. Elle ne fut pas sans doute inspirée, mais elle 
crut l'être et les Français le crurent alors également. Ce fut assez pour que 
son enthousiasme opérât des prodiges. » 



326. X... — Histoire de Jeanne d'Arc dite la Pucelle d'Orléans. S. nom. 
Montpellier, A. Seguin, in-8 de 40 p. 

B. Nat. Lb 26 38. 

A pour but de prolester contre le poème de Voltaire. Les 29 premières p. 
sont une hist. A la fin se trouve un mémoire adressé à Louis XVI par 
Mgr du Lau, archevêque d'Arles, et une lettre du clergé de France au roi 
pour la suppression des œuvres immorales de Voltaire. 

327. BARBIER-VÉMARS, conserv. de la Biblioth. royale. —Notice 
de Marc Bruèresur la Pucelle. [Paris, 1818], in-12. 

Extrait de l'Hermès romanus en 6 vol. 



328.X... — Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans, brûlée comme sor- 
cière à Rouen, le 30 mai 1431. [Paris, Alexis Eymery, 1818], in-8 de 
21p. 

Extrait des Derniers moments des plus illustres personnages français... 
d'après les chroniques et journaux du temps. S. nom. p. 19-40. 

« Il n'est aucun Français qui ne sache par cœur l'histoire de cette pieuse 
fille qui releva l'honneur de sa patrie et ramena sous nos drapeaux l'infi- 
dèle victoire C'est pourquoi nous allons la raconter. » 

329. GARINET (Jules), avocat à la Cour de Paris. — Histoire de la 

Magie en France. Paris, Foulon, 1818, in-8 avec pi. 

Prix, G fr. P. 93 et suiv. Raconte assez longuement le procès. 



330. WALKEN^ER (C. A., membre de l'Institut. — + Jeanne d'Arc. 
[Paris, Michaud, 1818], in-8 à 2 col. de 28 p. 

Extrait de la Biographie universelle, dite de Michaud, t. XXI p. 401 .'119. 

Cet article est un excellent résumé de la vie et du procès de la Pucelle, 
l'auteur y juge Jeanne et son époque avec un grand amour de la vérité et 
une science profonde. C'est un simple récit sans une réflexion personnelle. 

« Ce fut à treize ans que l'exaltation de son imagination se manifesta pai- 
lles effets d'une nature extraordinaire, qui influèrent sur le reste de sa vie 
et qui furent le soutien et le mobile de toutes ses actions. Elle eut des 
extases : vers l'heure de midi, dans le jardin de son père, une voie incon- 
nue vint retentir à son oreille. Cette voix lui dit être celle de l'archange 
Michel ; il était accompagné d'un grand nombre d'anges ; elle vit aussi 
l'ange Gabriel, puis enfin et beaucoup plus fréquemment, sainte Catherine 
et sainte Marguerite. Il est remarquable que jamais Jeanne d'Arc n'a varié 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 207 

sur la réalité de ces apparitions : les rigueurs de la prison, l'espoir d'adou- 
cir ses bourreaux, les menaces d'être livrée au bûcher, rien ne put lui 
arracher un désaveu. Toujours elle soutint que les saintes lui avaient fré- 
quemment apparu et lui apparaissaient encore, qu'elles lui parlaient, 
qu'elle les voyait enfin, non des yeux de l'imagination, mais de ses yeux 
corporels ; qu'elle n'avait agi que par leurs conseils... » 

— Le même. Deuxième édit. Paris, Desplaces, [1858], gr. in-8 à 2 col. 
de 18 p. 

Biographie universelle, t. XXI, p. G-24. 

Quicherat, qui avait été chargé de cette notice lors de la refonte de la 
Biographie unie., s'est contenté de reproduire l'article de Walkenaer en y 
ajoutant qq. notes, c'est-à-dire qu'il h' trouvait bien fait. 

— Le même, Jeanne d'Arc. [Laon, lyp. Melleville, 1830], in-8 de 69 p. 

Extrait de Vies <le plusieurs personnages célèbres, t. I, p 102-231. 

331. X... — Les héroïnes françaises. Choix des traits et aclions mémora- 
rables propres à inspirer aux jeunes personnes le goût de la décence et 
de la vertu. S. nom. Avignon, Chaillot, 181!), in-IS. 

332. BLWCHARR (P). — Histoire de France en eslampes. Paris 
P. Blanchard, 1820, in-12. 

Mauvaise notice. 

— Le même, dans Beautés de l'Histoire de France. Paris, P. Blanchard, 
182i, in-12 avec 12 gr. 

Prix, :i fr. Onze édit. différentes de 1809 à 1824. 

333. LEROUGE. — Sur Jeanne d'Arc. S. 1. ni date [18201, in-8 de 
2i p. 

Extrait des Mém. de In .Soc. des antiq. de France, 1820 p. 403 80. 

B. Nat. Le 1S 2 

Est une notice sur la vie de l'héroïne lue en séance publique le 30 ma- 
1810. « Jeanne d'Arc ! Que de souvenirs rappelés à la fois par le nom juste- 
menl célèbre de cette héroïne du xv e s. Amour de la patrie, dévouement 
généreux, courage extraordinaire, victoire inespérée ; défaite d'un ennemi 
jaloux et envieux, toujours ennemi même en signant sa paix ; bassesse, lâ- 
cheté, superstition, fanatisme religieux et vengeance atroce cachée sous ce 
dernier voile ; tels sont, messieurs, les principaux traits de la notice que 
j'ai à vous soumettre. J'éviterai toutefois de reproduire les traditions sur- 
naturelles et merveilleuses dont les historiens n'ont cessé de surcharger 
leurs relations, comme si une fille douée d'un courage mâle ne pouvait 
s'armer d'une lance guerrière et obtenir des triomphes militaires sans 
l'assistance de Dieu ou le secours du Diable ! Je rapporterai les faits tels 
qu'ils ont dû être, tels qu'ils ont été sans doute et, cette fois du moins, le 



208 HISTOIRES GÉNÉRALES 

vrai sera vraisemblable. » Assez médiocre comme valeur, mauvais comme 
esprit, faux dans les détails. 

334. GALLOIS. — Histoire abrégée de la vie et des exploils de Jeanne. 
d'Arc surnommée la Pucelle d'Orléans. Paris, 1821, 1 fol. piano. 

335. X... — Almanach des femmes célèbres. Paris, Ladvocat, 182;!. 

330. C... (l'abbé). — La jeune héroïne. [Paris, Demie, 1826], in- 12 de 
16. p. 

Extrait de l'Ecole de la jeunesse p. 13-29. 

337. SC4IŒLL. (Samson Frédéric). — Cours d'histoire des états euro- 
péens. Paris l'auteur, Pihan Delaforest, Gide, Berlin, 1830, 47 vol. 
in-8. 

T. XI, p. 9-18 se trouve un assez bon résumé de l'hist. de Jeanne. 
Quoique protestant, Schœll reconnaît l'inspiration divine. 

338. SISMOXDI (Simonde de), correspondant, de l'Institut. — Histoire 
de Jeanne d'Are, [Paris, Treuttel et Wurtz, 1831] in-8 de 92 p. 

Extrait de VHist. des Français, t. XIII, p. 11b et suiv. 

Sismondi est assez froid en parlant de la Pucelle, quoique ce qu'il en 
dise soit généralement exact : ce qu'il dit de l'Eglise est assez injuste : 
« L'Eplise était contre la Pucelle. TouLe personne d'ailleurs qui prétendait 
à des pouvoirs surnaturels non délégués par elle, était accusée de magie. » 

— Le même. [Bruxelles, Adolphe Wahlen, 1830]. in-8 de 60 p. 
Extrait du t. IX, p. 1-60. 

339. \... — Jeanne d'Arc dite la Pucelle d'Orléans [Paris, Louis fio- 
sieu, 1833], in-8 de 32 p. 

Extrait du Répertoire général des causes célèbres, p. 49-80. 

340. X... — Jeanne d'Arc, sa naissance, ses premières années, ses ex- 
ploils, son procès, sa mort, 1833. 

Dans le Magasin pittoresque, 1833 p. 140 et suiv. — La fontaine de Rouen 
grav. 

3 11. DUPliY (M me Aurore). — La France illustrée par ses fem'mes ou 
beaux exemples des femmes qui se sont distinguées en France par leurs 
talents ou leurs verlus. Paris, P. Maumus, 1833, in-12, 4 grav. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 209 

— Le même. Paris, A. Pigoreau, 18il, in-12. 

— Le même sous ce nouveau titre: Illustrations de la France ou beaux 
exemples offerts parles femmes recueillis par M me *** S. nom. Limoges et 
Paris, Ardant, 1851, in-12, et aussi 1853, Prix, 1 fr. 

342. LARREY. — Histoire d'Angleterre. Rotterdam. 4 vol. in-fol. 

343. ISELIX. — Lexique historique et géographique. 
3 14. MALARSIC — Histoire de France. 

345. CHATEAERRIAXD. — Analyse raisonné de l'histoire de France, 

1838. 

346. TASCHEREAU. — Jeanne d'Arc. 
Dans la Revue rétrospective t. III, 1834 p. 425-28. 

346 tis . MARTIX (Henry). — Jeanne d'Arc, chroniques. [Pam, 1834] 
in-8 de 30 p. 

Extrait delà France littéraire 1834, p. 292-320. 

C'est le résumé de YHistoire de Jeanne d'Ai'c que publia, la même année 
chez Fume, H. Martin dans son Histoire de France (Voyez supra n° 206), ou 
peut-être le canevas qui lui avait servi pour ce travail, mais froidement 
écrit et dépourvu de tout l'enthousiasme qui l'anime. On y retrouve toute- 
fois le même esprit philosophique : 

« Dès l'enfance, la jeune villageoise, douée d'une âme ardente et impres- 
sionnable, avait été profondément émue des calamités nationales dont le 
contre-coup se faisait ressentir jusque sur cette frontière lointaine. C'était 
une de ces organisations presque immatérielles où tout se porte à la tète 
et au cœur : elle atteignit la puberté sans ressentir les incommodités natu- 
relles à son sexe et la tendance mystique de son caractère se développa 
pour lors avec une énergie extraordinaire. Elle repoussa ceux qui, touchés 
de sa rare beauté, la requirent d'amour, et passait ses journées entières 
immobiles, méditant en quelque lieu isolé. » 

347. X... — Jeanne d'Arc. [Paris, Léger, Pomel, 1834], în-32. 
Extrait des Femmes célèbres. 

348. CRAPELET (Charles). — * Jeanne d'Arc, née en 1410, morte le 
30 mai 1431. [Paris, Crapelet, 1836], in-8 de 24 p. 

Portraitde Jeanne dessiné par Dailly, gravé par M lle André. Jeanne lève 
les bras au ciel en action de grâces, robe et cuirasse, chapeau à plumes. 

Fait partie du Plutarque français, vie des hommes et femmes illustres de 
la France avec leurs protraits en pied par Ed. Mennechet, en 8 vol., t. II avec 
pagin. séparée de 24 p. 

14 



210 HISTOIRES GÉNÉRALES 

Bonne notice écrite par une plume poétique et un cœur plein de foi : 
«... De toutes parts les vœux du peuple en détresse imploraient un miracle 
et tous les yeux tournés vers le Ciel attendaient l'ange de salut que Dieu 
semblait devoir à tant de souffrances. 

Il parut enfin, cet ange, sous les traits d'une belle et chaste jeune fille. 
On le vit par ses consolantes paroles rendre l'espoir au prince consterné, 
relever par ses promesses les courages abattus, frapper les ennemis de son 
glaive, puis disparaître un jour au milieu d'un nuage de flammes : la 
France était sauvée... » 

— Le même sous le titre de : Jeanne d'Arc. Portrait historique, xv e siècle. 
Paris, Dufart, 1840, in-8 de 24 p. 

B. Nat. Lb ?l5 49. 
Prix, 2 fr. Vente de Bure 1853 4 fr. 25. 

— Le même. Paris, Imprim. de Crapelet, 1840, in-8 de 28 p. 

La couvert, sert de titre. 

— Le même. [Paris, Impr. Crapelet, 1844] in-8 de 24 p. 

Portrait hors texte de Jeanne d'après Ingres par Pollet. 
Extrait du t II, du Plutarque français. 

— Le même. [Paris, Langlois et Leclercq, 186G], gr. in-8 de 16 p. 

Extrait dut. II du Plutarque français, p. 141-157, la même grav. hors 
texte. 

— Le même. [Paris, Garnier S. D] gr. in-8. 

Extrait du t. II du Plutarque français, même portrait hors texte. 

349. LORIQUET (Le P.) de la C ie de Jésus. — Histoire de France. 
Paris, Ruzand, 1833, 2 vol. in-8. 

350. X... — Dictionnaire de la conversation. Paris, Belin-Mandar, 
1833-37, 52 v. in-8. 

Article Jeanne d'Arc. 

— Le même. Revu par W. Duckelt. Paris, Didot, 1851-58, 10 v. gr. 
in-8. 



351. MOREAU. (Hégésippe), 1810-1838. — Jeanne d'Arc. [Paris, Ba- 
chelin Deflorenne, 1803], in-12 de 24 p. 

Extrait des Œuvres inédites avec introd. et notes d'Armand Lebailly, 
p. 57-81. Prix 2 fr. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 211 

Cette notice, qui ne manque pas de beaux passages, avait pourtant déjà 
paru dans le Journal des demoiselles du 15 mai 1830, premier portrait d'une 
Galerie des femmes célèbres. 

« A la deuxième affaire, qui fut la plus chaude et la plus sanglante, 
elle eut le cou percé d'une flèche, et pleurait, la pauvre tille. « Monsei- 
gneur, dit elle à Dunois, sauriez-vous pas des paroles pour adoucir les 
blessures '? — Oui, répondit-il, j'en sais qui en ont guéri de plus profon- 
des. » En parlant ainsi, le guerrier indiquait de la main sa poitrine; puis 
se penchant sur son cheval, il souffla ces trois mots à l'oreille de Jeanne : 
Dieu, Honneur, Patrie. « Oh ! vous êtes un grand clerc, dit-elle, il me sem- 
ble que je n'ai plus de mal. » 

— Le même. Orléans, Herluison, 1878, in-8 deVI-17 p. 

Tiré à 60 ex. dont 4 sur vél. Prix 4 fr. 
Avec une introduction par René Biémont. 



352. DESCHAMPS (Emile), poète.— Jeanne d'Arc, l'héroïsme. Paris, 
Sagnier et Bray, 1837, in-12 de 30 p. portrait. 

Tirage à part des Causeries jnorales et littéraires sur quelques femmes cé- 
lèbres^]). 79-104. 

Avait déjà paru dans le Journal des jeunes personnes du 1 janv. 1834, p. 
29G-4I0. 

353. LA VALLÉE (Théophile), prof.d'hist. à Saint-Cyr, 1804-1867. — 
* Histoire des Français... Paris, Paulin et Hetzel, 1838, 4 vol. in-8. 

t. il, p. i38-i;;7. 

La notice très élogieuse sur Jeanne d'Arc forme le chap. VI du livre II. 

Se termine ainsi : « Triste image du peuple qui se sacrifie pour la royauté 
ingrate et dédaigneuse ! La mort de Jeanne d'Arc fut pourtant la rédemp- 
tion de la France. La sainte fille avait révélé au peuple ce qu'il était ; elle 
avait allumé en lui le feu sacré ; elle lui avait appris à souffrir, à se dévouer, 
à mourir pour la patrie ! C'est la renommée la plus pure et la plus tou- 
chante de l'histoire ! C'est l'être en qui le sentiment national a été le plus 
profond ! C'esl la France elle-même, la Franco incarnée ! Et si les témoi- 
gnages de cette merveilleuse histoire n'existaient pas, rassembles même 
par la main du bourreau, on pourrait croire que Jeanne n'est que l'idéal 
poétique de la France, de la France intelligente et enthousiaste, héroïque 
et sensée, dévouée et martyre comme elle ! Epopée de quinze mois que 
l'on ne peut raconter sans être saisi de l'enthousiasme du siècle qui a vu 
cette noble apparition, sans se prosterner devant cet ange, sans se soule- 
ver d'indignation contre ces seigneurs qui la trahirent, ce roi qui l'aban- 
donna, et ce pouvoir spirituel si dégradé qui ne sut pas élever des autels 
à la martyre de la patrie, et mettre au rang des saints la patronne de la 
France ! » 

— Le même. Sixième édition revue et corrigée. Paris, Helzel, Charpentier, 
1847, 4 vol. in-12. 

Chap. III du tome II, p. 113-129. 

— Le môme. Quinzième édit. Paris, Charpentier, 18G2, 4 vol. gr. in-8. 



212 HISTOIRES GÉNÉRALES 

Chap. VI du t. II p. 290-32:;. 

Cet ouvrage devenu classique fut réédité une cinquantaine de fois par 
Garnier, Hachette, etc. 



351. VALElWIN (F.). - Jeanne d'Arc. [Tours, Marne, 1841], in-12 
de 32 p. 

Extrait des Ducs de Bourgogne p. 156-185. 

Courte notice, exacte, faite dans un excellent esprit. 

— Le même identique 1844, 1846, etc... 

P. 156-184. 

355. X... — Encyclopédie catholique (sous la direct, de l'abbé Glaire). 
Paris, Parent- Desbarres, 1839-48, 20 vol. in-4. 

356. GABOURG (Amédée).— Histoire de France. Paris, Canuet, Pé- 
risse, 1839, 3 vol. in-12. 

— Le même. Paris, Périsse, 184.3, 2 vol. in-12. 

— Le même. Paris, Lecoffre, 1846, 3 vol. in-12. 

357. BUREAU. — Histoire de France. Paris, Hivert, 1839, 2 v. in-12. 

— Le même, 1843. 

358. CABOCHE DEMERVILLE (J.).— Vie de Jeanne d'Arc. [Paris, 

Garnier], in-4 de 48 p. 

Fig. sur bois assez médiocres dans le texte et 2 lithogr. hors texte par 
Géniole et Gavarni. 

Extrait des Vies des enfants célèbres, p. 73-120. 

Bonne biographie de Jeanne qui rend hommage à sa valeur, à sa modes- 
tie et à sa piété, elle se termine ainsi : « Honneur au vieux roi età la jeune 
princesse qui ont tiré d'un oubli coupable une des plus belles gloires de la 
France !.. » 

— Le même. Deuxième édition [Paris Garnier, 1844] in-4 de 48 p. 

Extrait du même ouvrage. 

359. MASSON (Michel). — Jeanne d'Arc [Paris, Didier, 1841] in-18 
de 13 p. 

Extrait des Enfants célèbres, p. 257-269. Courte biographie, différente de 
celle de l'ouvrage précédent, commençant par : « Si, ce qu'à Dieu ne 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 213 

plaise, les temples, les colonnes triomphales, etc.. » et se terminant ainsi : 
Sis cendres furent jetées an vent. Sa mémoire est immortelle. » 

360. FOA (M me Eugénie). — La paysanne de Domremy ou Jeanne d'Arc. 
Paris, Auhert, 1841, in-24 de 59 p. 

En frontispice « Jeanne d'Arc ou la petite paysanne, imprim. Aubert. » 
Dédié à Gustave Crémieux. 

— Le même. [Paris, Bédelet, S. date,] in-8 de 31 p. 

En frontispice Jeanne à Vaucouleurs. « 11 faut que j'aille vers le noble 
Dauphin, mon Seigneur le veut ainsi. » Hadamart. inv. Impr. Lemercier. 

Extrait des Enfants illustres, contes historiques (Paris, Bédelet, in-8), p. 
1-31. 



361. X... — Encyclopédie moderne. Paris, Duménil, 1842, 25 vol. in-8. 
— Le même sous la direction de L. Renier. Paris, Didot, 1846-51. 

362. BURETTE (Théodose). — Histoire de France. Paris, Du- 
crocq, Lehuby, 1842, 2 v. gr. in-8. 

Prix, 40 fr. Dessins de Jules David, gravés par Chevin. 

363. X... — Orléans ancien et moderne. Paris, Mallet, S. D. 
P. 258-280. Notice assez détaillée, fig. 

364. LEROY (Onésime). — Salut et gloire de la France au xv° siècle. 
Geneviève et Jeanne d'Arc. [Pari*, Hachette, 1844], in-8 de 30 p. 

Extrait de l'Histoire comparée du théâtre et des mœurs en France, chap. V, 
p. 269-303. 

Cf. du même auteur. L'histoire de France dans ses rapports avec le théâ- 
tre français, Paris, 1840 ; Le Constitutionnel, 6 nov. 1840. 

36o. X... — Détails sur l'enfance de Jeanne d'Arc. [Orléans, les li- 
braires, 1844], in-12 de 7 p. 

Extrait des Efrennes des familles, p. 91-97. 

366. X... — Jehanne d'Arc. [Paris, Desloges, 1844], in-18 de 5 p. 

Extrait de Y Almanach des gloires nationales , p. 65-70. A été plusieurs fois 
réimprimé, en 1845, 46, etc. 

367. X... — Jeanne d'Arc. 

Dans le Bullet. de l'alliance des arts, 1844, p. 184. 



214 HISTOIRES GENERALES 

308. MICHELANT (Louis). —Jeanne d'Arc. [Paris, Aubert, Didier, 
1844], pet. in-4 de 8 p. 

Extrail îles Faits mémorables de l'hist. de France; 2 grav. de V. Adam •' 
Jeanne d'Arc présentée à Charles Vil ; supplice de J. d'Arc. 

309. RATHERY. — Jeanne Darc surnommée la Pucelle d'Orléans. 
[Paris, Treuttel et Wurtz, 1844], in-8 à 2 col. 

Notice fort sommaire extraite du t. XX de l'Encyclopédie des gens du 

monde. 

370. HEXRIOX (le baron). — Histoire générale de l'Eglise. Paris, 
Gaume, 1845, 13 vol. in-8. 

T. VI. 

Et aussi dans son Histoire de France, Paris, Decourchant, 1839-41, 4 vol. 
in-8. 



37 1 . LAEREXTIE, ancien, insp. gén. de l'Université. — Histoire de 
France. Paris, 1845, 8 vol. in-8. 

T. IV. 

372. X... — Sur une leçon de M. Quinet, relative à Jeanne d'Arc. 
Dans la Quotidienne du 2o avril 43. 

373. X... Encyclopédie moderne. Paris, Didot, 1845. 

374. HELF (M me LeBassu d'). — Jeanne d'Arc. [Paris, Eymery, 1846] 
gr. in-8 de 26 p. vignettes. 

Extrait des Anges de la terre personnifiés par E. de Saintes, p. 169-95. 

375. OZAXEALLX. — Histoire de France. Paris, Dezobry, 1846, 
2 v. in-8. 

370. LIXCY (Le Roux de). — Jeanne d'Arc. [Paris, Leroi, 1847], gr. 
in-4 à 2 col. de li p. 

Extrait des Femmes célèbres de l'ancienne France, mémoires historiques 
sur la vie publique et privée des femmes françaises, p. itJO-162 et 188-90 pour 
les notes. 

Portraits en couleurs dessinés par Lanté gravés par Gatine. Celai de 
Jeanne, litograph. par Girard est tiré du ras. d'Antoine Dufour, (voy. su- 
pra, n° 64). 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 215 

Ces portraits sont les mêmes que ceux de la Galerie française des femmes 
célèbres par leurs talents, leur rang ou leur beauté. Paris, 1827 et Leroi, 
1840, in-fol. 

On trouve des ex. avec une feuille de titre nouvelle : Paris, P. H. Krabbe, 
■ 1852. 

— La même édition avec feuille de titre nouvelle. [Paris, Arnauld de 
Vresse, 1858]. 

Extrait du même ouvrage auquel le libraire Arnauld de Vresse ajouta un 
second volume par G. Leynadier. 

B. Nat. Ln 17 11. 

— Le même. [Paris, Leroi, 18i8], in- 18 de 42 p. 

Extrait du même ouvrage, p. 475-510 et 659-606. 
Cette édit. en petit format n'a pas de grav. 

377. X... — Jeanne Darc. [Paris, 60 rue Richelieu, 1847], in-8 de 6 p. 
Extrait de Y Image, mai 47 p. 132-38, grav. s. bois. 

378. CANTU (César). — Jeanne d'Arc. [Paris, F. Didot, 1848]. 
— Le même. [Paris, F. Didot, 1867]. in-8 de 10 p. 

Extrait de son Histoire universelle traduite par E. Aroux et Leopardi. 
Troisième édit. parisienne revue par Armand Lacombe, en 19 vol. t. Xlf, 
p. 195-205. 

Bonne hist. succincte de l'héroïne avec de nombreux extraits de Gœrres, 
Quicherat, Michelet. « Elle marchait toujours en avant des combattants, 
mais sans tuer aucun ennemi : pure de carnage et de vices, au milieu du 
sang et de la corruption des camps ; simple comme une bergère et robuste 
comme une héroïne ; redoutable aux ennemis, prompte à pleurer lors- 
qu'elle en voyait un mourir, comme aussi lorsque, par vengeance ou envie, 
quelque outrage était lancé contre son honneur, elle s'affligeait surtout de 
voir dans les batailles tant de chrétiens périr sans confession. Ce ne furent 
donc ni la valeur, ni les combinaisons politiques qui sauvèrent la France, 
mais la piété. On éprouve le plus vif intérêt à l'entendre elle-même expri- 
mer la conviction profonde qui la rendit la libératrice de son pays. » 

379. VUILLEMIN (F.). — Jeanne d'Arc. [Nancy, M ,lc Gonnet, 
1848], in-8 de 10 p. 

Extrait de la Biographie vosgienne, p. 17-27. Biographie de la Pucelle 
avec une bonne nomenclature des principaux ouvrages publiés. 

380. BLOUET. — Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans, née vers 
1412, condamnée à mort par les Anglais et brûlée à Rouen en 1431. 
1 fol. in-8. 

Extrait de la Galerie universelle, n° 12. Lithogr. de Ducarme. Jeanne 
buste à droite d'après le portrait de l'hôtel-de-ville d'Orléans. 



210 HISTOIRES GÉNÉRALES 

381. QLATRERARRES (le comte de). — Etude historique sur la 

chevalerie. [Paris, Edme Picard, 1849], in-fol. de 8 p. 

Dans les Œuvres choisies du roi Rein'', t. II. p. LXII-LXIX. 

M. de Quatrebarbes faisant une notice sur le Livre des tournois du roi 
René, retrace avec les usages et les mœurs de la chevalerie les plus beaux 
faits d'armes dont on lui est redevable. 11 considère la mission de Jeanne 
d'Arc comme le dernier acte, mais le suprême et le plus magnifique haut- 
fait de la chevalerie. Il consacre à ce récit huit grandes pages chaudement 
écrites. 



382. GUÉRIrV (Léon). — Jeanne d'Arc. [Paris, Louis Janet, 1850], 
pet. in-8 carré de 32 p. 

Extrait des En fan/s du peuple ou les fils de leurs œuvres, p. G">-90 . Une 
grav. hors texte Jeanne à Ghinon. 

383. DROHOJOWSKA (la O se ), née Symon de Latreiche.— Jeanne 
d'Arc. [Paris, P. C. Lehuhy, 1850], in-8 de 10 p. 

Extrait des Femmes illustres de la France, illustrées par J. David et 
Bayalos, p. 57-67. Pas de grav. relative à notre sujet. 

B. Nat. Lu 17 12. 

— La môme édit. avec feuille de litre nouvelle. [Paris, Eug. Ducrocq, 
1862]. 

B. Nat. En 17 12 A. 

384. IV1EL. — Portraits des personnages les plus illustres. Paris, 1850. 
T. II. 

385. BLIPUY (Victor), ancien ministre de Flostruct. publique. — His- 
toire de France. Paris, Hachette, 1854 , 2 vol, in-12 avec grav. 

Excellent récit de la vie de Jeanne qui a été bien des fois réimprimé, 
cet ouvrage ayant été longtemps classique. 

380. [CONSTANT].— Biographie de Jeanne d'Arc par L. G... S. nom. 
Orléans, Constant, aîné, 1855, in-12 de 12 p. 



Prix, 0,50. 



B. Nat, En 27 557. 



387. A... — Jeanne d'Arc et Jeanne Hachette ou l'héroïne d'Orléans et 
l'héroïne de Beauvais. S. nom. Paris, l'auteur, 30 rue de la Harpe, 
1855, 1 f. piano. ' 

Imprimé par Desoye à Paris. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 217 

388. BUCHEZ. — Jeanne d'Arc. [Paris, rue neuve de l'Université, 6, 
1858], pet. in-4 de ï p. à 2 col. 

Extrait de YEncyclopédie du xix° s., t. XIX, p. 070-74 



389. SAINTE-BEUVE, de l'Acad. franc. — Jeanne d'Arc. [Paris, 
Garnier, 1859], in-4 de 19 p. 

Portrait hors texte Juana de .lrco. (G. Staal del. ; Geoffroy sculp.). 

Tirage à part de la Nouvelle galerie de femmes célèbres, Urée des Cause- 
ries du lundi, p. 1-19. 

Cette notice, qui avait déjà paru dans les Causeries du lundi, Paris, Gar- 
nier, 1858, t. II, p. 388-420, n'est qu'un compte rendu des Procès de Qui- 
cherat. A propos de ce recueil de documents du prof, de l'Ecole des Char- 
tes, Sainte-Beuve retrace la vie de Jeanne, succinctement mais assez exac- 
tement. Voici la conclusion du critique : « Je ne doute pas qu'on arrive à 
tirer de l'ensemble de ces documents bien lus et contrôlés, et sans leur 
faire violence, une Jeanne d'Arc à la fois sincère, sublime et naturelle. » 

— Le même, 1802 et 1872, identique. 

390. MORIXG (Michel). — Jeanne d'Arc. [Paris, Vermot, 1860], fn-4 
de 13 p. 

Extrait de la Jeunesse historique, p, 10-23. 

Deux grav. hors texte : adieux de Jeanne à ses parents ; Entrée de 
Charles VII à Reims. 



391. X... — Histoire de Jeanne d'Arc par un membre de la Société de 
Saint-Vincent de Paul. S. nom. Coulommiers, Imprim. Moussin, [1862] 
in- 18. 

La couvert, sert de titre. 

B. Nat. Lb 2G 122. 

392. BONNECHOSE (Emile de). — Histoire d'Angleterre, ouvrage 
couronné par l'Ac. française. Paris, Didier, 1862, in-8. 

T. II, p. 109-181. 

393. PIERROT (l'abbé). — Histoire de France. Paris, 1802, in-8. 
T. VI. 

394. X... — Histoire de Jeanne d'Arc. Paris, Hachette, 1802, in-4 de 
22 p. 

Extrait de l'Histoire populaire de France, chap. XXXV, p. 1-22. 

Nombreuses vignettes sur bois représ, les phases de la vie de la Pucelle. 
Le texte n'est guère que du Duruy. 



218 HISTOIRES GÉNÉRALES 

395. X... — Jeanne d'Arc. 

Dans le Cabinet historique, t. VIII, 1862, p. 134-39. 

390. TROGXON (Aug.) — Histoire de France. Paris, Hachette, 1863, 
in-8. 

T. II, p. 412-452. 

397. MLLLER (Elisabeth). — Jeanne d'Arc. [Paris, Bédelet, 1863], 
in-8 de 10 p. 

Extrait de Plaisir et savoir, huit jours au Musée de Versailles, entreliens 
familiers sur l'hist. de France, p. 107-117. 

Histoire enfantine médiocre ; grav. coloriée, hors texte, représentant la 
mission de Jeanne. 

398. PELLETAN (Eug.). — La mère. Paris, Pagnerre. S. D. in-8. 
Dans le chap. La sorcellerie. 

= La profession de foi du xix e s. Paris, Pagnerre, 1864, in-8. 
P. 281 et suiv. 



399. DARESTE (G.). Doyen de la fac. des lettres de Lyon, correspon- 
dant de l'Institut. — Histoire de France. Paris, Pion, 1863, in 8. 

P. 83-115. 



400. IH'BAEET, prof, au Lycée Louis-le-Grand et MARGUER1N 

anc. dir. de l'Ecole Turgot. — Jeanne d'Arc, 1429-31 . [Paris, Paul Du- 
pont, 1865), in-4 de 30 p. 

Extrait des Grandes époques de la France, couronné par l'Acad. fran- 
çaise), t. I, p. 171-201, plus, illustr. de Godefroy Durand. Excellente no- 
tice. 



— Le même. [Paris, Paul Dupont, 1868], in-4 de 27 p. 

Extrait du même ouvrage, p. 183-210, avec les illustr. 

— Le même. [Paris, Delar/rave,Paul Dupont, 1880], in 12 de 32 p. 

Extrait du même ouvrage. Une seule grav. Jeanne prisonnière devant 
Compiègne par God. Durand. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 219 

401 . PRÉVOST-PARADOL, de l'Académ, franc. — Essai sur l'hist, 
universelle. Paris, Hachette, iSOo, 2 vol. in-12. 

T. II, p. 205-8. 

403. VALLET. — * Jeanne Darc. [Paris, F. Didol, 1866], in-8 à 
2 col. de 23 p. 

Extrait de la Nouvelle Biographie générale, dite de Ilœl'er, t. XIII, p. 79- 
102. 

Excellente biographie. Voir aussi, du môme auteur, dans le même ou- 
vrage, les notices d'Astésan, Chabannes, Charles VII, Chartier, Regnault de 
Chartres, Chastellain, Math, de Coucy, Cousinot, Duclercq, Du lys, Estou- 
teville, Falstaff, Flavy, Giac, Gruel, "d'Iliers, Lahire, de la Marche, etc., 
ainsi que les noms d'auteurs : Chapelain, Voltaire, etc. par divers. 

403 [HUMBERT, de Mirecourt]. — Jeanne d'Arc, notice biogra- 
phique. [Mirecourt, Humhert, 1866], in-12 de 17 p. 

Extrait de Voyage dans les Vosges et notices biographiques des célébrités 
vosgiennes, par H. le Vosgien. Notice I. 

404. LABUTTE (Augustin), correspond, du Ministère, avocat. — 
* Jeanne d'Arc, sa vocation, sa mission, sa mort. Gesta Dei ! Paris, 
Furne-Jouvet, 1806, in-8 de 28 p. 

Prix, 0.50, au profit de l'œuvre pour le rachat de la Tour de Rouen. 

B. Nat. Lb s6 13G. 

Court récit sans grande valeur, souvent inexact. « La France allait périr, 
l'heure était décisive, Jeanne vint, la sauva et mourut pour l'avoir sauvée. 

Ce drame à la fois touchant et sublime ne saurait jamais devenir assez 
populaire. C'est au peuple surtout que nous avons pensé en nous efforçant 
de le faire tenir dans ce cadre étroit, en nous bornant à en indiquer rapi- 
dement les grandes lignes, en nous arrêtant un instant seulement à cha- 
cune des principales étapes de la vie si courte et si glorieusement remplie 
de l'héroïne. » 

Se termine ainsi : « Sa mort servit encore la France qu'elle avait tant 
aimée, car l'exécration dont elle couvrit le nom Anglais fut sa rédemption. 
Jeanne sortit des rangs du peuple, lui apprit ce qu'il valait et comment on 
souffre, on se dévoue et on meurt pour la patrie. C'est, dit un contempo- 
rain, la renommée la plus pure et la plus touchante de l'histoire ! (suit ici 
la phrase que nous avons citée de Lavallée, pillée). Charles VII fit plus 
tard réhabiliter sa mémoire. Mais qu'était-il besoin de cette tardive jus- 
tice ? la reconnaissance de tout un peuple ne F avait-elle pas devancée de 
plusieurs années en proclamant sainte de la patrie, l'héroïque jeune fille, 
au pied même de son bûcher ? » 

405. OUSLE (J. Pellassy de F). — * Biographie populaire de Jeanne 
d'Arc, de 1420 à 1431. Noyon, Imprim. de Andrieux-Duru, 1806, gr. 
in-8 de 50 p. 

B. Nat. Lb 26 138. 
« La présence de la Pucelle à Compiègne ; son dévouaient héroïque pour 



220 HISTOIRES GÉNÉRALES 

coite ville qu'elle aimait tant; le combat du 23 mai 1430, ce dernier effort 
d'un patriotisme empreint d'une sorte de désespoir; les premiers temps de 
sa captivité ; voilà quelques points importants sur lesquels des notions 
exactes et sûres n'ont pas encore acquis ce degré de vulgarisation, de po- 
pularité auquel on doit tendre toujours quand on écrit pour ceux qui ne 
lisent pas les longs ouvrages remplis de citations, de preuves et de dates. 
Or, c'est pour cela surtout que j'ai écrit ; c'est pour cette partie des masses 
populaires toujours si sensibles aux récits des actes de courage et d'abné- 
gation ayant pour but la défense et le salut du pays ; je m'adresse donc 
plus particulièrement au peuple et à l'armée. » 



— Le môme. S. nom. [Noyon, Imprim. Andrieux, 18G8], in-8 de 51 p. 

Extrait du Dullet. du comité archéolog. de Noyon, t. III, p. 110-61. 

— Le môme. Dédié au peuple et à l'armée. Compiègne, Valliez, 1809, 
in-18 de 150 p. 

Prix, 1.25. 

406. LEMOWIER (L.). — Notice sur Jeanne d'Arc. Rouen, Imprim. 
de Boissel [1866] in-8. 

B. Nat. Lb 26 139. 



407. BÉLÈZE (G.) anc. chef d'instit. et A. LESIEUR Inspect. gén. 
de l'enseign. supérieur. — Charles Vil, Jeanne d'Arc. [Tours, Marne, 
1866], in-12 de 31 p. 1 grav. 

Extrait de Récits et biographies de l'hist. de France, illustrés par Philip- 
poteaux et Karl Girardet. en 2 vol. T. I, p. 328-58. 

Bonne biographie d'après Wallon, Henri Martinet Michelet. Adopte sur la 
mission de Jeanne la théorie de Wallon. 



408. FE1LLET (A.) chef, d'instit. off. de l'inst. publ. — Jeanne Darc. 
[Paris, Hachette, 1867], in-12 de 25 p. 

Extrait de Simples récits de l'hist. de France, p. 145-69. 



409. HÉR1CAULT (C. d') et L. MOLAXD. — Jeanne d'Arc [Paris, 
Garnier, 1867], in-8 grav. 

Prix, 20 fr. 

Extrait de La France guerrière. 

— Le môme. [Paris, Garnier, S. D.] in-18, grav. sur acier. 
Extrait de La France guerrière en 4 vol. t. II. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 221 

— Le même. [Paris, Garnier, 1872], in-12 de 20 p. 

Extrait de La France guerrière, Jeanne d'Are, François I } récifs histori- 
ques in-12 de 322 p. ; p. 1-26. Prix 3 fr. 

P. 5 portrait de Jeanne ; p. 21 Jeanne attaque les Tournelles. 

410. XARJO. — Jeanne Darc, sa vie, son procès, sa mort. Paris, 
Marpon, 18G7, in-24 de 68 p. 

Prix, O.oO. La couvert, sert de titre. 

Deux fig. s. bois grossières, représentant l'une la statue d'Eugène Paul à 
Domremy, l'autre Jeanne poursuivant les Anglais. 

Histoire populaire succincte un peu dure pour la royauté et pour 
l'Eglise. « Jeanne représente à la fois le Tiers-État sauvant la patrie, et la 
libre pensée écrasant le dogme par la logique, la bonne foi et la raison. La 
France n'a qu'une sainte et cette sainte est Jeanne Darc. » 

«... Ce livre n'est pas une histoire complète de Jeanne Darc, mais une 
rapide esquisse de cette vie si merveilleuse... Nous avons consulté surtout 
MM. Michelet, H. Martin, Lamartine, Wallon, Quicherat et Frédéric Lock, 
et nous n'avons pas même hésité à reproduire des passages entiers des 
œuvres de ces écrivains. » 

Débute par une pièce de vers de Paul Thouzery en 14 strophes: 

« Ah, pourquoi donc mes vers ne sont-ils pas sublimes? 
Que ne peuvent-ils donc vers les plus hautes cimes 
Voler pour t'élever un hommage éternel ! 
Mes rimes passeront, mais non pas ta mémoire ; 
Plus pure chaque jour rayonnera ta gloire. 
Jeanne Darc, Jeanne Darc, ton nom est immortel ! » 



411. BERN (Jules du). 

Dans V Influence des femmes sur les destinées de la France, Paris, Dentu, 
1867, in-8 de 318 p. dit qq. mots, fort mauvais d'ailleurs, sur notre sujet, p. 
83-87. 



413. X... — Jeanne d'Arc [1869], in-12. 

Extrait des Petites lectures xxi e série p. 129-133 ; 14o-48 ; 101-66. 

413. DRIOU (Alfred). — * Notice sur Jeanne d'Arc, sa jeunesse, sa 
mission, son martyre. Corheil, Impr. Crète, [1870], gr. in-8 de 42 p. 

Tirage à part d'une notice des Grandes femmes de France, hist. de leur 
vie et de leur temps. Paris, Théod. Lefèvro, p. 111-154. 

Grav. hors texte, Jeanne d'Arc à Chinon par Desandré et Lefranc, un 
portrait. 

« Donnez à la muse épique le choix de l'intervention la plus merveilleuse, 
interrogez les traditions les plus imposantes que les âges d'héroïsme et de 
vertu aient laissées dans la mémoire des hommes, vous ne trouverez rien 
qui approche de ce phénomène du xv e s. qui a nom Jeanne d'Arc. » Ter- 
mine ainsi : « L'on peut dire de Jeanne d'Arc, le messie de la France, 
comme du divin maître : il est venu parmi les siens et les siens ne l'ont 
pas connu. » 



222 HISTOIRES GÉNÉRALES 

414. X... — Jeanne d'Arc guerrière. [Paris, Bray-Bétaux, 1870], in- 
18 de 9 p. 

Fig. s. bois. Extrait de YAlmanach de l'atelier, p. 57-66. 

415. X... — Jeanne d'Arc bergère. [Paris, Bray-Bétaux, 1870], in-18 
de 7 p. 

2 fig. s. bois. Extrait de YAlmanach du laboureur, p. 59-66. 

416. X... — Mort de Jeanne d'Arc. [Paris, Bray-Bétaux'], in-18 de 8p. 

3 iig. s. bois. Extrait du Coin du feu, almanach, p. 34-42. 

41 T. BERTAL (Josepb). — Jeanne d'Arc. [Paris, Lacroix, Verbœcko- 
ven, 1870], gr. in-8 de 6 p. 

Un portrait. Extrait du Livre d'Or des femmes, biographies, p. 165-70. 

418. LAROUSSE (Pierre). — * Darc (Jeanne). (Paris, Larousse et 
Boyer, 1870], in-i de 9 p. à 4 col. compactes. 

Extrait du Grand dictionnaire du xix e s. t. VI, p. 106-115. 

Cette notice assez complète serait bonne si Fauteur n'avait eu la malen- 
contreuse idée, d'emprunter à Villiaumé et à Vallet de Viriville leurs opi- 
nions les plus subversives. 

Quant au mobile qui a t'ait agir Jeanne, voici ce qu'il en dit : 

« Nous l'expliquerons sans recourir à l'inspiration divine. Ce système 
suranné, qui consiste avoir dans Jeanne une envoyée de Dieu et à prendre 
au sérieux ses visions, ses voix, à dogmatiser sur sa mission, à expliquer 
enfin sa vie par le miracle et le surnaturel, ne saurait arrêter les regards de 
la science et de la critique. Sans prétendre imposer notre opinion, nous 
nous bornerons à dire que nos idées philosophiques ne nous permettent 
pas d'admettre le surnaturel, et que c'est uniquement au point de vue hu- 
main que nous envisageons l'histoire de Jeanne Darc. 

On en est venu peut-être à ne plus croire à ses révélations, mais on re- 
connaîtra toujours les services qu'elle a rendus à la patrie. En tout cas qui 
ne serait saisi et ému par cet admirable mélange d'innocence et de bra- 
voure que M" c de Gournay exprimait déjà dans un quatrain destiné à figu- 
rer au bas d'une statue de l'héroïne : 

Comment concilier, vierge du ciel chérie, 
La douceur de tes yeux et ce glaive irrité ? 
— La douceur de mes yeux caresse ma patrie 
Et le glaive en fureur défend ma liberté. » 

Jeanne Darc joue une si grande ligure dans notre histoire nationale, 
qu'après avoir raconté sa vie tout d'un trait, selon nos impressions person- 
nelles, nous croyons utile de reprendre quelques uns des problèmes his- 
toriques qui se rattachent à la personne de Jeanne et de traiter chacun 
d'eux avec plus de détails. Nous allons discuter les cinq points suivants : 

1° Jeanne Darc eut-elle réellement des visions? (non). 

2° Son mobile le plus certain ne prit-il pas sa source dans les mouve- 
ments d'un patriotisme exalté? (oui). 

3° Quels furent les vrais sentiments du roi à son égard ? (Indifférence et 
défiance). 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 223 

4° Quel a été dans tous les temps la vraie pensée du clergé pour Jeanne ? 
Entraver sa mission, la faire mourir et sous prétexte de la réhabiliter 
charger de légendes apocryphes sa mémoire.) 

5° Quels sont les renseignements que l'on a sur plusieurs personnages 
qui voulurent continuer son rôle après elle '? » 

Larousse donne ensuite une bibliographie assez incomplète, quoique en 
dise l'auteur, et qui n'est pas toujours d une critique judicieuse — surtout 
en ce qui touche les panégyriques du 8 mai « morceaux oratoires inutiles, 
qui, pompeux et vides, ne s'éloignent pas du degré de médiocrité habituel à 
ce genre d'éloquence. » 

Voici les ouvrages dont il est donné un compte-rendu analytique : 

Chronique de la Pueelle de Cousinot ; VHistoire de Gœrres ; Les Procès et 
les Aperçus nouveaux de Quicherat; Recherches sur le nom et la famille de 
J. Darc par Vallet de Viriville ; l'Histoire d'Henri Martin ; le poëme de 
Southey ; celui de Duménil et celui de Soumet ; les tragédies de Schiller et 
de d'Avrigny. 

L'auteur termine par une revue iconographique qui est la meilleure par- 
tie de la notice. Après avoir énuméré les principaux monuments de l'art il 
décrit, en reproduisant les appréciations dont ils furent l'objet, les tableaux 
de Saint-Evre, Ingres, P. G. Comte, Paul Delaroche, Devéria ; les statues 
de Rude, de Gois, de Marie d'Orléans, et de Foyatier. 

Le Grand dictionnaire de Larousse contient en outre plusieurs articles re- 
latifs à notre sujet, notamment ceux de personnages du xv 8 s., d'auteurs 
etc. Voir notamment le mot Pueelle où se trouvent une défense de Voltaire 
et un éreintement de Chapelain. La morale de l'auteur se résume en ces 
mots : « Mieux vaut faire une œuvre mauvaise qu'on critique qu'une œuvre 
ennuyeuse qui tombe dans l'oubli. » 

419. HAAS. — La Pueelle d'Orléans. [Paris, Gaume et Dnprey, 1870] 

gr. in-8 de 7 p. 

Article biographique extrait du Dictionnaire encyclopédique de thèolog. 
cathol.. des doct. Welzer et Welte, traduit de l'allemand par Goschler. 
t. XVI, p. 442 et suiv. 

420. LECOCQ (Georges). — Patria ! Elude historique. Gand, Im- 
prim. Vanderhaeghen, 1871, in-8 de 4 ff. et 22 p. 

Se compose de deux études : l'une sur Vercingétoiix, l'autre sur Jeanne 
d'Arc, p. 9-22. 

« Au moment où la France, indignement livrée à l'ennemi par la lâcheté 
et l'impéiitie de quelques hommes, se débat dans une lutte gigantesque con- 
tre l'étreinte de l'invasion étrangère... nous pensons qu'il n'est peut-être 
pas sans intérêt d'évoquer le souvenir de deux grandes ligures que l'histoire 
a enregistrées sur son livre d'or, de raconter le dévoùment de deux héros 
qui se sont sacrifiés pour le salut de la Patrie : Vercingétorix et Jeanne 
d'Arc ! 

Ne pouvant servir la France comme je le désirais, j'ai voulu, dans un 
temps où chacun se doit à la Patrie, faire acquitter par l'esprit la dette du 
corps et j'ai choisi pour objet de mon travail deux grands exemples tirés 
de notre histoire nationale qui montrent qu'il ne faut jamais désespérer, 
car un grand peuple qui défend une cause juste est invincible ! » 

421. PRÉSEAU (V. Ch.). — Jeanne d'Arc... Jacques Cœur... grandes 
figures nationales et héros du peuple. Paris, Didier, 1872, gr. in-8 de 
359 p. 

Prix, 1.25. 



224 HISTOIRES GÉNÉRALES 

422. C'OZIC (IT.) — Jeanne Darc, comment L'ont Imitée le roi de France 
les nobles et les prêtres. Paris, Imprim. moderne [1873], in-8 de 16 p. 

Prix, 0,7o. Tirage à part de YHist. montrée dans la lanterne magique, 
Paris Armand Lechevalier t. I, p. 33-48. Diatribe contre la royauté. 



423. GUÉRIiV. — * Notice biographique sur Jeanne d'Arc la Pucelle 
d'Orléans, née à Domremy (Vosges), brûlée vive à Rouen (Seine Infé- 
rieure) le 30 mai 1481, à l'âge de 19 ans. Bar-le-dnc, Imprim. Bertrand , 
S. D, in-8 de 33 p. 

Bonne notice, assez détaillée, qui insiste particulièrement sur l'inspiration 
divine de Jeanne. Elle se termine ainsi : « Telle fut le mort de la Pucelle 
d'Orléans ; ainsi périt celle qui s'était sacrifiée pour la France. Quoique de 
lâches serviteurs de l'Eglise, la trahissant comme Judas trahit le Seigneur, 
l'eussent livrée à la mort, elle n'en resta pas moins fidèle h l'Eglise avec une 
inaltérable confiance et ne lui imputa point tes fautes de ses indignes mi- 
nistres. De même elle ne se détacha point de sa patrie, quoique des juges 
français, traîtres à leur patrie et à leur devoir, l'eussent condamnée, et mal- 
gré l'ingratitude de son roi, elle lui resta inébranlablement attachée, et 
c'est ainsi qu'elle fut surhumaine et céleste dans sa mort comme dans sa 
vie. » 

La notice se termine par un coup d'oeil sur le procès de rehabilitation et 
sur les monuments et souvenirs de Jeanne à Domremy, Vaucouleurs, Or- 
léans, Rouen, Paris, N. Dame de Bermont. 

— Le même. Bar-le-Due, typ, des Cèleslins, Guêrin, 1874, gr. in-8 de 
31 p. compactes. 

— La môme édition avec une feuille de titre et une couvert, nouvelles : 
Orléans, Herluison, 1875. 

Extrait des Petits Bollandistes, prix, 1 fr. 



424. X... — Jeanne d'Arc s nom. Paris, veuve Boger, [1874] in-8 de 
8 p. 

La couv. sert de titre. Le titre de départ porte « Notice sur la vie de 
Jeanne d'Arc. » Elle fut publiée à l'occasion de l'érection de la statue de la 
Place des Pyramides. 2 grav. s. bois grossières : Jeanne sur le bûcher et 
statue de Frémiet. 



425. CHAMP AGNY (le G te de).— Jeanne d'Arc à Paris. [Paris, Bray- 
Bèlaux, 1874] in- 18 de 4 p. 

Fig. s. bois. Extrait du Coin du feu, Almanach, p. 30-34. 

420. V... — Jeanne d'Arc. [Paris, Bray-Bêtaux, 1874], in-8 de 4 p. 
Extrait du Coin du feu p. 7o-79. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 225 

— Le même. [Paris, librairie Fénelon, 1877], in-8 de 2 p. 
Extrait de ['Almanach histor. et patriotique, p. 4G-48. 

427. RASTOUL (A). — Jeanne d'Arc et la guerre de Cent ans. Paris, 
Olmer, [1874], in-18 de 35 p. 

Prix, 50 c. Portrait sur bois. Notice des plus succinctes et sans aucun 
intérêt. 



428. QLIXET (M mo Edgard). — Les Sentiers de France. Paris, Dentu, 
1875, in-12. 

Court fragment. Prix, 3.50. 



429. DAVID (Jules), maître es jeux floraux. — Vie de Jeanne d'Arc. 
Paris, Imprim. de Soye, 1875, in-8 de 61 p. 

430. Y... — Jeanne d'Are. [Lille et Paris, Lefort, 1875], in-18 de 
6 p. 

2 fig. s. bois. Extrait de YAlmanach. illustr. des familles, p. 32-38. 

431. CHABAXXES (la baronne de). — La statue de Jeanne d'Arc. 
[Paris, Pion, 1875], in-18 de 14 p. 

Extrait du Petit Almanach national, p. 41-54, fig. 

Emprunté à La vie de Jeanne d'Arc, du même auteur. (Voyez suprà n° 297) 

432. MARIE EDJ1ÉE |I*Al .'].— Une visite à la chaumière de Jeanne 
d'Arc. [Paris, Pion, 1877], in-8 de 8 p. 

Extrait de V Almanach du bon catholique, p. 84-92. 

433. LACOMBE (Paul). — Jeanne d'Arc. [Paris, Hachette, 1878] in- 
18 de 30 p. 

Héliograv. hors texte représentant la statue équestre de Foyatier. 
Extrait du Patriotisme, (Biblioth. des Merveilles), chap. III, p. 115-145. 

43 I. MGLLAT (G). — Jeanne d'Arc. [Nantes, Imprim. de Bourgeois, 
1879], in-18 de 10 p. 

Courte notice extraite de l'Ami de la vérité. 

15 



226 HISTOIRES GÉNÉRALES 

435. X... — Domremy et Ferney [Paris, Pion, 1879], in-8 de 8 p. 

Fig. s. liois. Extrait, de l'Almanach du hon catholique, p. 02-100. 
Procès de l'œuvre de Voltaire. 



436. X... — Jeanne d'Arc à Patay. \ Paris, Soc. bibliographique, 1870], 
in-8 de 2 p. 

Extrait de l'Almanach histor. et patriot., p. 88-90. 

137. KERGOMARD (M Ile Pauline).- Jeanne d'Arc. [Paris, Hachette, 
1870), in- 12 de 32 p. 

Grav. hors texte Jeanne d'après Ingres. Extrait de la Galerie enfantine 
(/es hommes illustres, p. 117-144. 

Celle grav. a été reproduite coloriée, 72X~6, et éditée par Hachette pour 
1rs salles d'asile au prix de 1 IV. 

437 Ms . LA PORTE (A. de), de la Soc. archéol. du Limousin et des 

Anliq. de l'Ouest et de la Marche. — La guérie de (lent ans entre la 
France et l'Angleterre. Lille et Paris, Le fort, 1870, in-8 de 222 p. avec 
gravures et aussi 1883, 1887, 1802. 

Prix, 1.50 

L'épisode de Jeanne d'Arc occupe les p. 190-204. 

438. DANTIER (Alphonse).- Dieu et Patrie. Paris, Didot, 1870, in-i 
de 42 p. 

Extrait de? Femmes dans In .Soc. Chrétienne illustré d'après les monum de 
Vart. T. II. chap. XVIII, p. 101-143. 

3 grav. sur notre sujet, tirées du Wallon illustré. 

431). FOURXIER (Edouard). — Jeanne d'Are. S. lien, ni date, gr. in- 
4 de 3 IL 

Chap. XXI, p. 152-158, d'un recueil, hon esprit, et hon style. 

440. DURLY. — Jeanne Darc (1429-31). [Paris, Hachette, s. ,1. |, in-4 
de 30 p. 

Fig. d'Emile Bayard. Extrait de VHist. fie France populaire, chap. XXXIII, 

p. 4(14-494. 

Excellente notice qui a été éditée bien des fois. 

4 11. FRÈRE (S.).— Jeanne d'Arc. [Rouen, Mègard, 1880], gr. in-8 de 
6 p. 

1. grav. Extrait de Beaux traits de Vhist. de France, p. 81-86. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 227 

I 12. LEPAGE (Aug.). — Jeanne «l'Arc. | Tours, Marne, 1881 | gr. in-8 
de 16 p. 

Extrait de Récits sur Vhist. de Lorraine, p. 40-55. 

I lîî. CHARRIER (Albert), prof, de rhétor. au Lycée Louis-le-grand. 

— Jeanne d'An?. [Paris, Paul Dupont. ISSI ], in- 12 de 10 p. 

Extrail de sa Biographie des homme* illustres, méthode... p. 207-217. 

Sur l,i façon de dresser le plan d'une conférence ayant pour but de ra- 
conter l'histoire de Jeanne d'Arc aux enfants. Pédagogie. 



III. RI RI Y (George).— Jeanne d'Arc (1409-1431). | Paris, Hachette, 
1882], in-12 de 10 p. 

4 grav. Extrait de ses Biographies d'hommes célèbres, p. 177-187. 

445. RARRAS (l'abbé J. E,). Chanoine bon. d'Ajaccio, de l'Jnstit. 
hist. de France. — * Jeanne d'Arc. [Paris, Vives, 1883], in-8 de 50 p. 

Extrail du t. XXXI de son Histoire de VEglise, p. 280-330. 

Bonne histoire divisée en trois parties : La vocation, l'action, le martyre. 

« On dit que la Pucelle, récusant des juges vendus à ses ennemis, en 
appela au Saint-Siège, défenseur de tous les opprimés. Si sa voix eût été 
entendue, et si les vengeances politiques qui dirigèrent tous les actes de 
cet odieux procès l'eussent permis, l'humanité compterait un crime de 
moins. » 

L'abbé Haïras parlait déjà de Jeanne dans son Histoire abrégée, dont, la 
3 e édit. est de Paris. Louis Vives, 1857, I. III, p. 551-54. 

I 16. [DARMESTETER (.laines).] — * Jeanne d'Are. Extrait des lec- 
tures patriotiques par J. D. Lefrançais. Paris, C. Delagrave, [1883] in- 
18 de 35 p. 

Deux grav. s. bois dans le texfe. Prix, 0.30. La couvert, impr. sert de 
titre. 

B. Nat. Lb s6 213. 

Court et bon récit de la vie de l'héroïne se terminant par ces mots : 
« C'est ainsi que vécut el mourut la plus héroïque, la plus pure, la plus di- 
vine créature qui ail jamais paru sur la terré, en aucun temps et chez au- 
cun peuple. >> 



4 17. CARPENTIER (M m<i Emilie).— Jeanne d'Arc 1412-1431. [Paris, 
Th. Lefèvre, 1884], pet. in-4 de 28 p. 

2 grav. hors lexle. Extrait des Enfants. d'Alsace, ouvr. couronné par 
l'Acad. franc., p. 1-28. 

La même édit. s. date. 

Cf. aussi du même auteur. Les reines de France, Limoges, Ardant, 1882, 
in-8. 



228 HISTOIRES GÉNÉRALES 

448. HA YARD (Oscar). — Jeanne d'Arc, [Tours, Marne, 1885], gr. in- 

8 de 18 p. 

Trois grav. dans le texte. Extrait des Femmes illustres de la France, 
chap. XVI, p. 163-82. 

449. LAIR (x\lphonse), proviseur, agrégé d'histoire. — La guerre de 
Ceul ans. [Paris, Fume, 1884], in-12 de 86 p. 

Extrait de l'Héroïsme français, p. 03-148. Plusieurs grav. relatives à 
Jeanne d'Arc. 



450. MAli\ARD (Lcuis). — Jeanne d'Arc. [Paris, 45, R. des Saints- 
Pères, 1885], in-4 de 10 p. 

Grav. de Philippoteaux représentant le supplice. Extrait du Livre d'or 
de la patrie. 

Renferme des extraits de Michelet, d'Alain Chartier, lettre de la Pucelle, 
et la Messénienne de Delavigne. 



451. TULOU (Marc). — Jeanne d'Arc 1412-1431. [Paris, Gamier, 
1886], in-8 de 11 p. 

Frontispice par Le Natur : « Elle déclara au capitaine qu'elle était en- 
voyée par Dieu pour chasser les Anglais du royaume. » 

Extrait de la Galerie des Enfants célèbres, p. 13-26. 

452. LAAGERACK (M Ue J. Amory de). - Jeanne d'Arc. [Paris, Pé- 
risse, s. d. |, in-4 de 30 p. 

Frontispice, Jeanne sur les remparts d'Orléans. 

Extrait de la Galerie chrétienne des femmes célèbres, p. 241-69. 

45£l. HAWEDGLJCHE, Inspecteur de l'enseignement primaire. — 
Les héros de la guerre de Cent ans, Paris, Lecène el Outlin, 1887, pet. in- 
8 de 143 p. et 9 grav. 

Fait partit 1 de la Nouvelle bibliothèque de vulgarisation. 

L'auteur a certainement obéi à une pensée très louable en réunissant sous 
un même titre glorieux les noms des plus dévoués serviteurs de la France 
au xv c s. Rappeler le patriotisme et les exploits de Duguesclin, de Dunois, 
de La Hire, de Xaintrailles, de Richemont, suivre Jeanne dans l'accomplis- 
sement de sa mission libératrice, c'est offrir à la jeunesse de beaux exem- 
ples à imiter, c'est développer dans le cœur de tous l'amour de la France 
et le culte du passé. Mais vulgariser ne consiste pas à répandre des légen- 
des ni à accréditer des erreurs. L'auteur aurait dû se montrer plus sévère 
sur le choix des opinions qu'il est lion de vulgariser. 

Le Duguesclin de M. Rannedouche est un bien pâle personnage à coté du 
preux chevalier dont M. Luce nous a raconté la jeunesse. Sa Jeanne d'Arc 
« qui crut entendre une voix du ciel » n'est pas celle que nous connaissons. 
11 y a d'autres sources à consulter sur Charles VU que Henri Martin. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 2"29 

458 bis . PETIT (Maxime).— Jeanne d'Arc. [Pan>, Ladmirault, 1888], 
gr. in-4 de 12 p. 

Extrait de la Grande encyclopédie, t. III, p. 610-21, 1 grav. (tapisserie al- 
lemande du Musée d'Orléans). 

Bonne notice mais écrite par un sceptique. « Faut il voir dans Jeanne 
d'Arc une hallucinée? Faut-il voir dans son exaltation sublime un simple 
cas pathologique ? Nous laissons de côté cette question irritante, mais nous 
croyons que l'inspiration de la Pucelle, si haut qu'on en veuille placer 
l'origine, a été préparée par des faits humains, par des influences héréditai- 
res, locales, provinciales, par des circonstances de temps et de lieu parfai- 
tement mises en lumière par M Siméon Luce. Ne pourrait-on pas aussi, 
comme l'a fait M. Fahre, rapprocher les voix de Jeanne d'Arc des voix de 
Socrate ? » 



454. YVITT (M me de), née Guizot. — Jeanne d'Arc [Paris, Hachette, 
1888], in-ide28 p. 

Une douzaine d'illustr. dans le texte, tirées du Wallon ill. 
Extrait des Femmes dans l'histoire, p. 115-142. 

454 bis . X... — Les héroïnes de la France. Jeanne d'Arc. Paris, Lecène 
et Oudin [1888], in-32 de 63 p. avec vignettes. 

Prix, 0.25. 

Petite biographie pour les jeunes enfants. « Ce qu'est la Patrie, ce qu'est 
la France, mes enfants, de quel cœur elle doit être aimée et défendue, vous 
ne le sauriez pas si je ne vous racontais l'histoire de l'héroïne toujours po- 
pulaire dont notre pays se souvient avec orgueil... Le culte dont nous l'ho- 
norons de plus en plus, et dont l'honoreront après nous d'autres générations 
encore, deviendra l'emblème de l'immortalité de la France. » 



455. DEHOULIX (M me Gustave). — Jeanne d'Arc. [Paris, Hachette, 
1889], in-4 de 11 p. 

Extrait des Françaises illustres p. 84-95. Prix, 4 fr. 

Une grav. coloriée hors texte de Gilbert très fine et originale, dont 
nous donnons ci-contre la reproduction. Elle comprend le médaillon de 
Jeanne par Chapu, la maison de Domremy, Jeanne brûlée à Rouen. (Cette 
jolie planche a été utilisée ensuite par Hachette comme couverture de ca- 
hiers scolaires illustrés à 10 centimes, avec un texte qui est le résumé de la 
présente notice). Plusieur grav. sur bois : l'entrée de la maison de Jeanne, 
le château de Ctiinon, le tableau d'Ingres, le portrait de Charles YII du 
Louvre. 

Le récit est très succinct, mais bien sec, bien froid, sans un mot d'éloge 
pour la libératrice et dépourvu de toute considération morale. 

« Dès l'âge de treize ans, Jeanne s'imaginait entendre des voix qui l'appe- 
laient: Jeanne, fille de Dieu. Elle n'avait qu'une pensée : les dangers que 
courait son pays ; qu'un espoir, la délivrance. Avec celle préoccupation 
exclusive, cette idée fixe, ses visions se multiplièrent. Les apparitions mer- 
veilleuses devenaient pour elle de plus en plus distinctes, à tel point qu'elle 
croyait en réalité voir l'Archange Michel, sainte Catherine et sainte Margue- 
rite. » 

<( ... Atteinte par les ilammes, elle poussa un cri terrible Jésus, pencha 
la tête sur son sein et rendit sa belle âme, pure comme elle l'avait reçue. » 



230 



HISTOIRES grnbrai.es 




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Le même identique, 1<S ( ,K>. 



150. I.MàOUX (le baron Jules). — Chroniques du vieux temps. Paris, 
C/uu-lcs Schlseber, 1890, in-8 de 8 p. 

La couvert, sort do titre. 

Tirage à part de la lier, de In France moderne, mais 90. 

« L'autre jour en sortant de la Porte -Saint-Martin, où Sarah Bernhardt 
remporte tous les soirs un succès sans précédent, l'ail non seulement avec 
les battements do nos mains, mais aussi avec les battements de nos cœurs 
et les larmes dr nos yeux, je m'étais promis ^\r fouiller dans les bouquins 
do mes vieux amis qui parlent de Jeanne. Ce m'est une joie toute patriotique 
de compulser les livres écrits par les chroniqueurs d'autrefois. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES 231 

•157. [LOTH (Arthur)]. — * Jeanne d'Arc. S. nom. Abheville, C. Pail- 
lard [1890], in -.32 de 32 p. 

Treize grav, dans le lexle. La couvert, sert de titre. 

Jolie petite édit. d'une histoire destinée à la vulgarisation, approuvée des 
évêques de Verdun et de S'-Dié, faisant partie de la collection des brochu- 
res illustr. de propagande cathol. Les grav. originales sont très lines. 
Prix, 0.15. 

Le titre de départ porte : Vie populaire illustrée de Jeanne d'Arc. 



— Le même : Vie populaire illustrée de Jeanne d'Arc par Arthur Lolh, 
Abbeville, Paillart, 181)2, in-16 de 9:> p. 

U. Nat. Lb 2G 299. 



458. DACREMONT (Henri). — Jeanne d'Are. Châlons-sur-Marne, 
Imprim. Martin, 1891, in-Sde 10 p. 

B. Nat. Ln « 39916. 
La couvert, impr. sert de litre. 

Le litre de départ porte : « Œuvre ayant obtenu Le premier prix de prose 

au concours de l'Académie champenoise à Epernay, le 10 mai 01. » 

« Jeanne était trop grande pour nous, elle, devait passer comme une de 
ces visions qui illuminent leur passage et laissent longtemps après elles 
une vivifiante traînée de lumière. » 



450. LE («Ol4 v (Louis), agrégé de l'Univ. olî. d'Acad. prof, au Lycée 

d'Orléans. — Jeanne d'Are. Orléans, Reims, Rouen, trilogie. Orléans, 
Herluison, 1891, in-16 de 19 p. 

B. Nat. Réserve Lb 26 277. 
Tiré à 30 ex. 

Courte notice, résumant les hauts faits de l'héroïne, qui fut couronnée 
par L'Acad. Champenoise d'Epernay. 



400. SEIGi\OBOS (Charles), docteur es lettres. — Jeanne d'Arc [Pan>, 
Armand Colin, 1891] gc. in-4. 

Grav. La vocation de Jeanne d'Arc par Luc Olivier Merson. 
Extrait de Scènes et épisodes de r/iist. nationale. 

B. Nat. L 35 335. 
Prix, 40 fr. 



401. X... — Jeanne d'Arc. [Paris, A. Hennuyer. 1891] in-8. 

Extrait de La lecture en famille. 



232 HISTOIRES GÉNÉRALES 

462. DELAUXAY (Jeanne).— Jeanne d'Arc.[Limoges, Ardant, 1891] 
in-4. 

Extrait de la Nouv, Galerie des femmes illustres de la France. 

B. Nat. Lu. 17 156. 

463. GEXOLULHAC (H. Gourdon de). — Jeanne d'Arc. [Paris, Ilcn- 
nuyer, 1893] gr. in-8 de 12 p. 

Extrait des Françaises à foules les époques de noire histoire, in-8 de IX -402 
p. et 32 grav. Prix, fr. 

La notice sur Jeanne occupe les p. 64-74. Une planche Jeanne entendant 
ses voix d'après le groupe de J. Allard destiné à la Basilique de Domremy 
dessin de Paul Merwart. 

463 bis . LECOIXTE [(Irenée), instituteur. — Jeanne d'Arc. [Rouen, 
Mègard, 1893] gr. in-8 de 24 p. 

Extrait des Gloires de V armée française, in-8 de 332 p. Prix, 2.50. Fait par- 
tie de la Biblioth. morale de la jeunesse. 

Plusieurs grav. sur bois relatives à notre sujet, mais point d'originales. 
Pour les jeunes enfants. 



463 ler . BOXXEFOXT (P.). — Jeanne d'Arc. [Paris, Gedalge, 1893] 
gr. in-8 de 9 p. 

Extrait des Grandes Françaises, ouvrage de 243 p., destiné aux écoliers. 
Deux grav. représentant l'une Jeanne d'Arc, l'autre l'entrée à Reims. 



L. — XIV siècle. Conférences 



464. MARTIX (Henri), auleur de l'histoire de France (sic).— * Au profit 
des Polonais. Jeanne d'Arc, étude lue à la salle Barthélémy le dimanche 
21 février 1864. Paris, Fume, 1864, in-18 de 48 p. 

Prix, 0.3o. Dédié aux amis de la justice et de l'humanité. Qq. ex. in-8. 

B. Nat. Lb 26 127.' 

(( En résumant la vie de la libératrice de la France dans les conférences 
au profit des blessés polonais, nous avons tenté d'associer une sainte mé- 
moire à une sainte cause .. Nous demandons au nom de celte mémoire 
glorieuse que nous avons évoquée, au nom de celle qui a offert en ce 
monde l'impérissable idéal du patriotisme, nous demandons l'obole du 
pauvre et du riche pour les nobles victimes qui errent sans secours dans 
les champs de neige rougis de leur sang,... ne semble-t-il pas que Jeanne 
Darc elle-même, du haut du ciel, tende la main pour ceux qui font au- 
jourd'hui ce qu'elle fit autrefois? » 

— Le même. Paris, Didier, 1804, in-12 de 36 p. 

Extrait des Conférences littér. de la salle Barthélémy . (Paris, Didier, 1864, 
in-12 de X1I-275 p.), p. 133-108. 



46*>. FOXCIX (Pierre), [inspecteur général de l'Instinct, publique]. — 
Conférence faite à Mont-de-Marsan à l'Hôtel de Ville le 21 mars 1868, 
sur Jeanne Darc. Mont-de-Marsan, Impr. Delaroy, 1868, in-8. 

C'est l'hist. de Jeanne, de sa naissance à sa captivité. 

B. Nat. Lb 2S 148. 

466. FAVRE (Jules), de l'Académie française. — Eloge de Jeanne Darc. 
Discours prononcé au cercle artistique, scientifique et littéraire de la 
ville d'Anvers, le 6 avril 1874. Paris, Pion, 1874, in-18 de 59 p. 

Extrait de Quatre conférences faites en Belgique par Jules Favre au mois 
d'avril ISlb. (Paris, Pion, 1874, in 12, 3 fr.) p. 183-244. 



1 Le nombre de celles citées ici n'est pas considérable. Nous avons préféré, chaque 
fois que nous l'avons pu, placer ces conférences dans des rubriques plus spéciales, 
comme lorsqu'elles traitaient un point particulier de l'histoire de l'héroïne, lors- 
qu'elles étaient données dans un but spécial ou dans une ville se rattachant à 
Jeanne par quelque souvenir spécial. Voyez donc passim. Nous ne donnons ici que 
celles de ses conférences traitant de Jeanne d'Arc en général, et faites dans une 
ville à laquelle l'héroïne ne se rattache par aucun lien spécial. 



234 HISTOIRES GÉNÉRALES 

107. liOMIOMllK (Jacques).— As lu vu Jeanne d'Arc. Clichy , Impr . 
de Dupont, \ 1879] in-8 de i p. 

Diatribe violent contre M. Paul Lecreux à propos d'une conférence faite 
par lui à Bois-Colombe sur l'héroïne. Il y est «lit que les programmes de 
celte conférence étaient illustrés, nous n'avons pu en trouver. 



ION. Hl.Tiil'I'lT (Eugène) avocat à la Cour d'appel de Lyon. — * Nos 
gloires nationales. Jeanne d'Are libératrice de la France, conférence 
faile le 16 mars 1N1I0, au Cercle de l'Union à Saint Etienne (Loire). 
[Lyon, Impr. A. Waltener, 1890,] édit. faite par les soins du Vrai 
Français, in N de .'52 p. 

La couvert, sert de titre. 

Tirage à part du Vrai Français, organe des œuvres patriotiques fran- 
çaises, Lyon, du 29 mars 1890. 

Comprend : 1° une poésie de 40 vers de de Borelli Le cheval de J. d'Arc, 
extrait de la pièce Alain Chartier représentée à la Comédie française, 
poésie fort belle, pleine de souille qui se termine ainsi : 

Et des frissons sacrés vous prenaient aux entrailles 

A voir aller ainsi la Jeanne des batailles 

L'épée au poing, l'éclair aux yeux, la France au cœur ! 

2° Une poésie d'Henri Bomel couronnée par l'Académie champenoise en 
1886. 
3° La conférence par Hugue t. 
4° La mort de J. d'Arc, messénienne de Casimir Delavigne. 

La conférence de M. Huguet est faite dans un excellent esprit : 

h C'est au xix c s. que revient surtout l'honneur de cette glorification, et 
voilà que Jeanne d'Arc, qui demain sera consacrée sainte, est rentrée ra- 
dieuse dans la catholicité des autels... 

Qu'elle prenne donc sa place triomphante sur les autels, la douce vierge 
de Domremy, et qu'elle soit, de la plus humble chapelle à la plus grande 
basilique, la patronne de la réconciliation nationale, Sainte Jeanne de 
France ! 

Puis au jour des grandes luttes prochaines, quand l'heure des justes re- 
vanches sonnera, que son étendard flotte sur nos troupes, mêlé aux 
flammes tricolores de nos drapeaux. Alors, oh alors, lève-toi, Jeanne, toi 
deux fois française puisque tu es lorraine ! En nom Dieu, lève toi; con- 
duis-nous aux batailles, emporte-nous à la victoire, Jeanne de la frontière, 
Jeanne des armées, ô Jeanne la vengeresse ! » 



108 his AXIZAX (l'abbé), des Frères de Saint-Vincent de Paul. — 
Jeanne d'Arc. Conférence donnée dans une réunion populaire, au patro- 
nage de Sainte-Anne à Paris (Charonne), le 3 mai 1891. Paris, Bureau 
central, 32, rue de Verneuil, | 1891 |, in-S de 16 p. 

La couvert, sert de titre. 

C'est l'histoire de Jeanne racontée en C> parties : son enfance, sa mission, 
ses victoires, ses épreuves, son martyre, sa réhabilitation. 



CONFÉRENCES 235 

!(»!>. \l AS (le R. P.), dominicain. — Jeanne d'Arc. [Marseille, Imprim. 
Marseillaise, 1892], in-8 de 64 p. 

Prix, 2 fr. Extrait'de la Revue des Conférences populaires, t. IX, 1892, 
p. 713-93. 

« Au culle d'admiration et d'amour que rend la France et le monde civi- 
lisé à Jeanne d'Arc, n'y a-t-il pas à ajouter un culle de vénération et de 
prières à lui rendre par la catholicité tout entière. Parlons donc encore 
d'elle, on ne saurait trop la faire connaître pour la faire plus aimer. 

C'est d'abord son histoire que nous allons vous rappeler dans ces deux 
dernières conférences de cette année, et, quand nous aurons déclaré qui a 
tué Jeanne d'Arc, nous nous demanderons peut-être dans ces conférences 
ce que la France el l'Eglise ont l'ail et ce qu'elles doivent encore faire pour 
la glorifier. » 

Les deux premières conférences seules eurent lieu, l'abbé Bourcier, di- 
recteur de l'œuvre des conférences populaires, ayant été obligé de sus- 
pendre celles-ci pour raison de santé. 

Quelques années auparavant, M. l'abbé Beleau, curé de Saint-Mauront à 
Marseille avait fait deux conférences sur Jeanne d'Arc dans les mêmes cir- 
constances, mais elles ne furent pas imprimées. 



M. — XIX e siècle. Histoires en iit?ai»;cs. 



-170. X... — Histoire de Jeanne d'Arc. Geschichte der Jungfrau von 
Orléans. Paris et Wissembourg , Wentzel, [vers 1800], 4 pi. pet. in- 
fol. lithograph. et grossièrement coloriées. 

I. Vision de Jeanne d'AiG ; II. Jeanne d'Arc devant Charles VII ; III. La 
délivrance d'Orléans ; IV. Mort de Jeanne d'Arc. 

Chaque fig. est accompagnée de qq. lignes de texte en français et en al- 
lemand. 



470 bis II... (M mc ). — Jeanne d'Arc, le barbier de Midas, etc.. Epinal, 
Imprim. de Pellerin, [1866], in-16 de 32 p. 

Vignettes coloriées ; Fait partie de la Biblioth. de l'enfance. 

B. Nat. Lb 26 135. 



471. X...— Jeanne d'Arc. Epinal, Pellerin et C ic , [1873], in-8 de 
31 p. 

15 vignettes coloriées et 1 en noir. Pour les petits enfants. La couvert, 
illustrée sert de titre. 

Le titre de départ porte : Histoire de Jeanne d'Arc, la libératrice de la 
France ; le texte n'en est pas mauvais. 

— Le même. Epinal, Pellerin, [1875], in-8 carré de 16 fî, n. chiff. plus 
la couvert, avec 17 pi. coloriées et 1 en noir. 

Ici les pages ne sont pas numérotées. 



472. X... — Histoire de Jeanne d'Arc. Epinal, Lith. Ch. Pinot, s. d. 
in-fol. piano. 

Se compose de 8 vignettes coloriées et dorées pour enfants avec deux 
lignes de légende sous chacune. Le sacre de Charles VII y est daté de 1428 
et le siège d'Orléans de 1423. 

472 bis . X. — Jeanne d'Arc. (Paris, Bocjnard, 1877], pet. in-16, de 
10 chromos. 

Ce sont les principales scènes de la vie de l'héroïne d'après les tableaux 
les plus connus : Jeanne entendant ses voix d'après Benouville; Prophétie 
d'après Balze, etc. 



HISTOIRES EN IMAGES 237 

473. X... — Jeanne d'Arc. Paris, Chromolithographie Murai, 1882, 
in-fol. de 1 f. 

Collection de Y Enseignement patriotique par V image. 

473 bis . X... — Jeanne d'Arc. Limoges, Marc Barhou, [1882] in-8 carré 
de 6 fî. n. chi fi. 

Contient une histoire pour les enfants et 8 pi. coloriées. 

474. X... — Jeanne d'Arc. Paris, Bouasse-Lebel [1887] 1 fol. 

« Dieu nie garde de faire ou d'avoir jamais fait œuvre qui charge mon 
àme ! » 



475. X... — Histoire de Jeanne d'Arc, Orléans, Blanchard [1890] in-24 

de 6 fï. chromolithographies. 

Or et couleurs dans le genre des images de piété, avec capitales histo- 
riées. 1. Jehanne entend les voix de l'archange ; 2. Prise des Tourelles à 
Orléans ; 3. Entrée dans Orléans ; 4. Sacre du roi Charles VII ; o. Jehanne 
devant ses juges ; 6. Jehanne sur le bûcher. 

Prix, 1 IV. " 

— Le même. 

Mais avec, imprimée au dos de chaque chromo, une courte notice histo- 
rique et explicative. Un ex. en fut donné à chaque souscripteur de l'œuvre 
de la basilique de Domremy en 1890. 



475 bis . X... — Histoire de Jeanne d'Arc. [Orléans, Blanchard, 1890] 
in-24 de 12 iï. chromolithographies, oblong. 

Au dos de chaque chromo se trouve une notice explicative. 

1. A Domremy, apparition de S'-Michel ; 2 Départ de J. d'Arc de Vaucou- 
leurs ; 3. J. d'Arc au château de Chinon ; 4. Le roi Charles VII arme.J. d'Arc 
chevalier; o Jeanne d'Arc attaque le fort des Tournelles ; G Entrée de J. 
d'Arc à Orléans ; 7. J. d'Arc blessée au siège d'Orléans ; 8. J. d'Arc remer 
ciant Dieu après Patay ; 9 J. d'Arc ordonne de faire panser les prisonniers ; 
10. J. d'Arc prisonnière au sièije de Compiègne ; 11. Interrogatoire de 
J. d'Arc ; 12 Mort de J. Darc. 



470. X... — Histoire de Jeanne d'Arc. Epinal, Pellerinet C ie . S. date, 
pet. in-fol. de 8, ff. n. chiff. sans signât. 8 grav. coloriées et 1. couvert, 
illustrée. 0.27 X 0.20. 

477. X... — Jeanne d'Arc. Poitiers, Bonamij [1889], 4 pi. color. in-32. 

Quatre scènes de la vie de l'héroïne avec des prières au verso. 

Nous possédons en outre une centaine d'images de piété relatives h notre 
sujet. 



238 HISTOIRES GÉNÉRALES 

178. X...— Jeanne d'Arc. Paris. Garnis, 38 rue Saint-Sabin [1890] 
pet. in-lfi carré île 6 ff. en chromolithographies. 

Sont, des tableaux inspirés du drame de Barbier à la Porte-Saint-Martin, 
avec Sarah Bernhardt : 1. Les voix'; 2. L'épreuve; 3. Devant Orléans : 4. Ar- 
mée chevalier; 5. Devant ses juges ; 6. Brûlée vive. 



478 bis . X... 

M. Cli. Lemire, résident de France en Annam, au cours d'une de ses tra- 
versées, nous dit avoir vu en 1888 à S t0 -Hélène, une image anglaise coloriée 
dans le genre de nos images d'Epin al, représentant les scènes principales 
de la vie de Jeanne d'Arc présentées sous un jour aussi faux que choquant. 
(La dernière faisait brûler l'héroïne à Rome comme hérétique. Nous n'avons 
pu nous procurer ce curieux échantillon d'exportation anglaise, qui fait 
plus honneur au sens pratique de ses auteurs qu'à leur loyauté historique. 



\. — Historiens Anglais '. 



170. DARMESTETER (James). — * Jeanne d'Arc jugée par les 
Anglais. [Paris, Bureaux de la Revue nouvelle, 1883], in-S de 34 p. 

Extrait de la Nouvelle Revue, 15 juin 83, p. 883-9IG. 

Celte étude donne un aperçu de la littérature anglaise sur le sujet qui 
nous occupe et une histoire de la formai ion en Angleterre d'un véritable 
culte pour l'héroïne. 

« L'histoire de Jeanne d'Arc en Angleterre, depius sa mort jusqu'à nos 
jours, se divise en trois périodes : sorcière, héroïne, sainte. D'abord deux 
siècles d'insulte et de haine, puis un siècle de justice humaine; enfin, en 
1773, s'ouvre une ère d'adoration et d'apothéose. 

Nous essayons d'esquisser à grands traits ces trois périodes. Nous aurons 
dans les débuis bien des dégoûts à traverser, mais à mesure qu'on avance, 
le ciel s'éclaire et la huée des bourreaux de 1431 finit en hymne de gloire. 
Nulle part en Europe, la divinité de Jeanne n'a été plus profondément sen- 
lie et plus fervemmént proclamée que par les descendants de ceux qui 
l'ont brûlée. » 

M. Darmesteler cherche à établir que Shakespeare fut le premier réha- 
bilitaleur de Jeanne- ce qui est bien difficile à prouver. Il passe ensuite 
en revue les Anglais qui ont écrit sur ce sujet : Thomas Fuller, sous Char- 
les I, qui eût voulu la vénérer, mais ne put lui pardonne]' d'avoir porté les 
habits d'homme et les cheveux courts ! William Guthrie (1747) ; John Wes- 
ley (1775) ; Robert Southey (1793) qui place Jeanne en parallèle avec 
M me Rolland, ce qui prouve qu'il ignorait la morale et l'histoire ; Turner 
(1832), enfin John Sterling (1839), dont les vers sont puissants et enthou- 
siastes et saluent en Jeanne « le personnage le plus merveilleux, le plus ex- 
quis, le plus complet de toute l'histoire du monde ! » 

M. Darmesteter termine parcelle idée : « Peut-être dans cette histoire la 
conversion de l'Angleterre au culte de Jeanne d'Arc, conversion toute spon- 
tanée, y a-l-il une leçon pour nous-mêmes. La France a-t-elle fait pour 
Jeanne tout ce qu'elle lui doit ?... Qu'elle soil donc l'héroïne de l'histoire, 
non seulement du passé mais de l'avenir: la France doit se faire à son 
image. Un peuple ne peut vivre <|ue par un livre ou par un homme, un 
livre qui lui enseigne ce qu'il doit être, un homme dont la vie le lui mon- 
tre : nous n'avons plus délivre, ne croyant plus ; nous avons la vie, celle 
de Jeanne. A cette heure où la conscience nationale se refait, par l'éduca- 
tion civique, cette vie doit être l'école et la méditation de tout Français et 
de toute Française, comme la vie de Jésus et de Marie, était celle de tout 
chrétien et de toute chrétienne. Sa vie et son image doivent entrer dans 
toule chaumière el tout atelier. Jeanne d'Arc n'appartient pas à la France 
ancienne, elle appartient à la France éternelle! » 

CR. de Félix Rrun dans La France illustrée 2 juin 88 ; Jeanne d'Arc et la 
littéral, d'après les travaux récents. 



1 Nous rappelons qu'il ne s'agit ici que des historiens étrangers qui ont embrassé 
le sujet de Jeanne d'Arc dans son ensemble. Le lecteur, s'il veut avoir le senti- 
ment complet d'un pays sur l'héroïne, devra recourir en outre aux diverses autres 
sections : monographies, poèmes épiques, drames, etc.. et pour les traductions en 
langues étrangères aux ouvrages originaux eux-mêmes. 



2-iO HISTOIRES GÉNÉRALES 

480. RABBE (Félix). — * Jeanne d'Arc en Angleterre. Paris, A. Sa- 
tine, 1891, in- 18 de 377 p. 

Prix, 3 fr. 50. 

B. Nat. Lb 2G 284. 

« M. J. Darmesteter a pu dire en toute justice : nulle part en Europe la 
divinité de Jeanne n'a été plus profondément sentie et plus fermement pro- 
clamée que par les descendants de ceux qui l'ont brûlée. C'est cette thèse 
que je voudrais reprendre après M. Darmesteter pour faire connaître avec 
plus de détails les jugements et les œuvres qu'il n'a pu qu'indiquer en passant 
et caractériser d'un trait concis et sommaire. Montrer comment la sorcière 
de la légende anglaise est devenue pour les Anglais, par la seule force de 
la vérité, la sainte, la divine Pucelle de l'histoire, tel est le but de ces étu- 
des et leur justification. » 

Ce travail est très remarquable, d'une critique fort judicieuse, avec de 
très nombreux extraits à l'appui. 11 est à souhaiter qu'il se publie bientôt 
le travail correspondant pour les auteurs allemands. 

En voici la table : Introduction. 

I. Comment la légende anglaise se forma du vivant même de la Pucelle. 
II. La légende anglaise dans les chroniques. 

III. La légende anglaise au théâtre. Le premier Henry VI. 

IV. La légende anglaise aux xvn e et xvin e s. Premiers essais de réhabili- 

tation historique. 
V. La légende anglaise transformée par la poésie. Coledrige et Soulhey. 
VI. Le Livre d'Or de Jeanne d'Arc en Angleterre au xix e s. 

Epilogue et Appendice. 

Voici la conclusion : « Tout le xix e s. en Angleterre n'est sous toutes les 
formes de la littérature et de l'art que la glorification de l'antique sorcière, 
devenue, aux yeux des savants et du peuple, des poètes comme des histo- 
riens, des penseurs comme des rieurs, le type le plus pur, le plus surhu- 
main, de tout ce qu'il y a de plus saint dans le dévoùment, de plus sublime 
dans l'héroïsme. » 

CR. de G. de Beaucourt dans Rev. des quest. histor. oct. 92, p. 649-50 ; de 
G. Monod dans Rev. histor. Sep. -oct. 92, p. 82. 

— La même édition avec une feuille portant : Deuxième édition S. D. 



481. DRONSART (M me Marie).— 'Jeanne d'Arc en Angleterre. [Paris, 
Imprim. de Soye, 1891], in-8 de 32 p. 

Extrait du Correspondant, 25 août 91, p. 506-627. 

« Partout, dans toutes les langues .et sous toutes les latitudes, d'Espagne 
en Suède et en Norwège, d'Italie en Hollande, de Suisse en Ecosse, les 
cœurs ont battu au récit des prodiges dont une jeune pasfoure avait fait ; des 
réalités ; cet hommage unanime a été le résultat du sentiment inné d'ad- 
miration pour la grandeur et la beauté idéale qui, grâce au ciel, conserve 
sa place dans le cœur humain ; mais tous ces peuples, spectateurs désinté- 
ressés d'une lutte épique, pouvaient juger, applaudir, condamner de sang- 
froid, à leur aise, tandis que dans la conversion de l'Angleterre au culte de 
Jeanne d'Arc, conversion enthousiaste et retentissante, on peut voir un 
miracle nouveau, accompli par le rayonnement de sa vertu, par l'éclat de 
sa grandeur morale dans sa simplicité héroïque, et ce miracle, peu ou mal 
connu en France, nous voudrions le proclamer bien haut, afin d'ajouter 
un rayon à l'auréole qui éclaire le front de la libératrice, un fleuron à sa 
triple couronne d'héroïne, <le martyre et de sainte. 

Aujourd'hui c'est l'Angleterre qui reproche â la France son odieuse in- 
gratitude d'autrefois, puis sa longue indifférence et enfin sa tardive répara- 
tion. » 



ISTORIENS ANGLAIS 241 

L'auteur, après avoir passé en revue les principaux écrivains anglais qui 
se sont occupés de la Pucelle, après avoir constaté avec quel enthousiasme 
ceux du xix° s. ont parlé de Jeanne, conclut ainsi : <c Nous ne prétendons 
pas affirmer que toute trace de superstition et d'inimitié irraisonnée ait 
disparu de tous les cœurs anglais, mais nous croyons fermement que la 
lumière s'est faite en ce qui touche Jeanne d'Arc, chez tous ceux qui échap- 
pent aux deux fléaux de l'ignorance et de l'obscurantisme. Là aussi le jour 
de l'acquittement et de la réhabilitation viendra pour tous ; le but se rap- 
proche sans cesse, et, la Pucelle, étant où nous croyons fermement qu'elle 
est, peut attendre avec patience. » 

Tout récemment les journaux anglais posaient à leurslecteurs la question 
de savoir quelle est la femme la plus remarquable de l'histoire. Cf. Jean de 
Nivelle, Le triomphe de Jeanne d'Arc dans le Soleil du 11 déc. 88. « Des 
femmes remarquables, il y en eut beaucoup, et le choix au premier abord 
peut paraître difficile. Mais les lecteurs anglais, qui ont plus de bon sens 
que nous, sans doute parce qu'ils ne sont pas mêlés à nos néfastes luttes 
intérieures, ne pouvaient pas s'y tromper, et c'est ainsi qu'ils ont donné à 
notre Jeanne d'Arc une majorité des plus imposantes. » L'auteur examine 
comment les Anglais ont eu le courage d'avouer pareille chose, quel rôle 
joua l'Angleterre dans cette tragédie, quelle' leçon nous donnent nos voi- 
sins d'Outre-Manche. 

« Les Anglais nous disent : Mais votre patronne, la voilà ! Sa mémoire 
brille à l'aurore même de votre unité nationale et c'est sa statue colossale 
que vous devriez mettre au sommet de la tour Eiffel, car il n'y a nulle part, 
clans l'histoire du monde, une ligure plus grande ! » 



482. FABYAX (Robert). Alderman de Londres. — Chronicle ofEngland 
and France. London, Rich. Pynson, 1516. 2 t. en 1 vol. in-fol. goth. 

Vente Roberts 1815, 84 liv. 

Reproduit textuellement le récit de Caxton (Voyez suprà n° 52), et est 
aussi injuste que lui dans son appréciation sur Jeanne. Il reproche à Ga- 
guin, dont le Compendium venait de paraître, sa partialité et le trouve si 
fanatique, dit-il, qu'il ne veut pas salir son livre en en parlant. Après avoir 
raconté tous les hauts faits de Jeanne, il ajoute : « Mais le Dieu tout puis- 
sant qui permet un moment que la sorcellerie et les voies démoniaques 
prospèrent, dévoile enfin le mystère, Jeanne est prise envoyée à Rouen et 
brûlée pour ses démérites. 

Fabyan, comme ses successeurs immédiats, ne connaît plus Jeanne par 
tradition personnelle ; il ne la connaît plus que par le préjugé national 
d'un côté, et de l'autre par les récits français qui, en exaltant l'héroïne, 
exaspèrent le chauvinisme anglais. 

Fabyan inspire John Stowe, 1580, t. I, P- 369, qui se montre peut-être 
cependant un peu moins véhément. 

— Le même. London, W. Rastall, 1533, in-fol. 

— Le même. London, John Raynes, 1542, in-fol. 

— Le même. London, John Kingston, 1559, in-fol. 

— Le même. London, Ellîs, 1811, in-4, prix, 1 liv. 4 st. 

483. HALL, juge à la cour des shéritTs de Londres, 1499-1547. 

S'inspire uniquement dans son Histoire d'Angleterre du récit de Mons- 
trelet, il fait de Jeanne une fille d'auberge, une garçonnière hardie à mon- 
ter les chevaux et à les mener boire, à faire toutes sortes de choses dont 

16 



242 HISTOIRES GÉNÉRALES 

les jeunes filles ont horreur et honte. Néanmoins, dit-on, soit qu'elle fût 
trop laide pour inspirer aucun désir, soit qu'elle eût l'ait vœu de chasteté, 
elle avait gardé sa virginité... Les Français ont exalté et glorifié cette sor- 
cière, cette femme-homme, appelée la Pucelle de Dieu, disant que pai elle 
les Anglais ont élé souvent repoussés et abattus. Seigneur! Quelle honte 
pour la noblesse de France ! Quelle tache à la nation française ! Quel plus 
grand affront peut-on faire à un pays renommé que d'affirmer, écrire et 
confesser que toutes les victoires notables, les conquêtes honorables que 
n'ont pu obtenir le roi, la noblesse, le conseil, le peuple, ont été l'œuvre 
d'une fille de bergère, d'une chambrière d'auberge, d'une engeance de 
mendiant ! C'est de celte chronique qu'est inspirée la première partie 
d'Henri VI attribuée à Skahspeare. 

A été réédité à Londres en 1809, p. 148. 



484. BALE, évoque. — Scriptorum illustrium Majoris Britanniee cata- 

logus. Basilex, Oporinus, 1557, 2 t. en 1 vol. in -fol. 

Développe la même idée à savoir que « c'est un déshonneur pour les Fran- 
çais que d'avoir été guidée par cette Jeanne de Domremy qui conduisit 
d'abord des porcs, puis des Français! » Chap. Bunduica, 70 ans ap. J.-C. 

Vente Haillet de Couronne, 21 fr. ; Hanrott, 5 liv. 



485. HOL1NSHED (Raphaël).— The Chronicl.es of Englande, Se ithmde 
and Irelande. London, George Bishop, 1577, 2 vol. in-fol. grav. s. 
bois. 

T. Il, p. 121 et suiv. Bien qu'Holinshed appelle Jeanne la Pucelle de 
Dieu, on sent qu'il se plaît à multiplier les mensonges pour dissimuler 
l'iniquité de ses compatriotes, aussi ne craint-il pas de répéter toutes les 
accusations infâmes suscitées par la haine contre l'héroïne. Parlant de sa 
pureté il dit que « Satan, selon saint Paul, peut se changer en ange de lu- 
mière pour mieux tromper les hommes; il importe de justifier complète- 
ment le jugement rendu contre elle et son exécution. » Là-dessus, détails 
les plus fantaisistes et les plus faux. 11 lui fait notamment couper de sa 
propre main la tête à Franquet d'Arras. 

Voici comment il raconte le procès de Rouen : « Le régent ayant or- 
donné une enquête, il se trouva que cette malheureuse avait manqué à 
tous les devoirs de la pudeur et de l'honneur, reniant son sexe dans ses 
vêtements comme dans ses gestes et, plus tard, se livrant à la sorcellerie et 
poussant les peuples à s'enlr'égorger. Traduite en justice et condamnée, 
elle abjura ses crimes et fit acte d'humilité si bien qu'elle en fut quitte 
pour la prison perpétuelle ; mais, possédée du démon comme elle l'était, 
elle ne tarda pas à retomber. Prise de terreur devant le supplice et ne 
pensant qu'à sauver sa vie, elle se déclara en état de grossesse, ce qui lui 
valut par grâce du régent un sursis de neuf mois, au bout desquels il 
fallut reconnaître qu'ici encore elle en avait menti... » Voilà un historien 
et des lecteurs bien informés ! 



— Le même, 1580, 1728, 1807, etc. 

Son contemporain Richard Grafton, qui écrivait en 1569, n'étail pas 
moins partial qu'Holinshed quand il écrivait : « L'affreuse figure de la Pu- 
celle explique suffisamment sa vertu » (p. 531). 

Daniel, ou plutôt son collaborateur Trussel, 1704 et Hollinghs (p. 599), 
sont aussi injustes. 



HISTORIENS ANGLAIS 243 

486. MARTYX (William). — The historié and lifes of the Kings of 
England. London, 1615, in-fol. 

Trouve le moyen de raconter le règne d'Henri VI sans prononcer une 
seule fois le nom de Jeanne. Les Anglais sont toujours victorieux mais re- 
culent toujours, et de victoire en victoire finissent par évacuer la France. 

— Le môme. London, James Boler, 1628, in-fol. poitrails. 

487. SPEED. — The historié of Great Britaine. London, 1632. 

P. 818. Est un des premiers auteurs qui aient limité la mission de Jeanne 
au sacre de Reims, trouvant que sa perte n'était que la punition d'être 
restée trop longtemps à l'armée. 

488. BAKER. (R.). — A Ghronicle of the Kings of England from the 
limes of the Roman's Governement... London, 1641, in-fol. 

S'inspire d'Holinshed et réédite les mêmes erreurs. « A la fin la Pucelle, 
qui peu avant avait l'ait décapiter un capitaine anglais parce qu'il n'avait 
pas voulu s'agenouiller devant elle, fut prise et envoyée à l'évèque du dio- 
cèse qui procéda judiciairement contre elle comme sorcière et après de 
longs délais — promettant de révéler ses pratiques secrètes puis feignant 
d'être enceinte — elle fut brûlée à Rouen. » 

Voici pourtant le portrait qu'il fait de l'héroïne : « Elle passait pour être 
belle, forte et de taille virile, de grand courage, hardie, robuste, devinant 
les conseils sans y assister ; une grande apparence de chasteté dans son 
corps et sa conduite, le nom de Jésus toujours sur la bouche ; humble et 
obéissante, jeûnant plusieurs fois par semaine ; c'était — à en croire les 
Français — une personne suscitée par le pouvoir divin pour secourir le 
pays alors dans une profonde détresse. Elle chevauchait armée de toute 
pièce comme un gracieux capitaine. » 

Celte histoire de Baker bien que très populaire — de 1641 à 1697 il y en 
eut dix édit. Cf. le Manuel de Lowndes — contient beaucoup d'erreurs. 11 
fait sacrer le roi en 1428, presque tous les faits d'armes de Jeanne sont 
attribués au duc d'Alençon, etc. 



489. ELIUR (Thomas), théologien. — The holy and profane State. 
[Etat sacré et profane], London, 16i2. 

Est une sorte de galerie de portraits historiques. Fuller~ r donne comme 
modèles de sorcières la Pythonisse d'Endor et Jeanne d'Arc. Mais il ter- 
mine par cette idée : « De forts savants hommes ont pensé qu'elle était 
sainte et inspirée ; peut-être, après tout, eût-il mieux valu ne pas la con- 
damner, on eût dû la laisser vivre, il eût fait beau de voir blanchisseuse 
chez les Anglais celle qui avait commandé l'armée française, sa valeur pas- 
sée méritait l'éloge, sa misère présente la pitié. Quoi qu'il en soit, au ju- 
gement dernier on sera fixé sur ce point. » 

En somme, il résulte de la notice de Fuller ces deux points désormais 
acquis dans la pensée anglaise en faveur de la Pucelle : c'est bien à elle 
que la France dut son salut et il se pourrait qu'elle eût été un instru- 
ment divin. 



244 HISTOIRES GÉNÉRALES 

490. HOWELL(ledoct.).— Medulla hislorise anglicanœ. London, 1679. 

Est, lui aussi, indécis sur le jugement qu'il doit porter; il reconnaît pour- 
tant que : « Jeanne de Lorraine a fait de bien grandes choses. Qu'elle ait 
l'ait ce qu'on voudra, elle n'en a pas moins délivré Orléans dont les An- 
glais se croyaient déjà maîtres. » 



491. X... — The history of England, s. nom. (3 e édit), 1706. 
Copie le récit de Howell. 

492. TYRREL (James). — The gênerai history of England. London, 

1697-1704, 3 v. in-fol. 

Est très modéré dans ses griefs contre Jeanne. 

493. KEWET (VVhite). — A complète history of England. London, 
1709, 3 vol. in-fol. 

Ne prend parti ni pour ni contre l'inspiration. 

494. ELTCIIARD (Laurence).— The history of England. London, 1720, 
in-fol. 

S'est inspiré de Speed, Grafton et Holinshed. 

495. RYMER. historiographe du roi d'Angleterre, 1638-1714. — Foe- 
dera... et cujuscumque generis acta publica... London, 1710, in 8. 

Au t. X, p. 459-472, 421-432, appelle Jeanne « Un disciple et un membre 
du démon usant de faux enchantement et de sorcellerie. » Entre autres 
pièces originales, il publie l'ordonnance du roi d'Angleterre : Proclamatio 
contra capitaneos et soldarios tergiversantes incantationibus Puellœ terrifiea- 
tos, qu'a reproduite Quicherat, pièce qui monlre bien quel effroi avait jeté 
la Pucelle dans le parli anglais. 

Rymer donne plusieurs documents curieux sur la façon dont étaient ad- 
ministrées les armées anglaises au xv e siècle. 

— Le même. London, 1727. 

T. IV, p. 1G0. 

— Le même. Hagse-Comitum, 1739-45, 10 vol. in-fol. 

496. GUTHRIE (William), historien écossais. — A gênerai History of 
England. London, 1747-51, 3 vol. in-fol. 

T. III. 

Le premier en Angleterre, Guthrie, eut l'intuition de la vraie Jeanne, de 



HISTORIENS ANGLAIS 245 

cette « patriotique héroïne en qui l'enthousiasme religieux poussé jusqu'à 
la victoire, transfigure et divinise l'héroïsme. » 

« Si Jeanne, dit-il, avait été un imposteur, jamais elle n'aurait pu ac- 
complir de telles actions. L'enthousiasme seul pouvait la soutenir dans une 
telle œuvre, le moindre artifice aurait étouffé son ardeur, le moindre men- 
songe éteint ses vertus. Comme l'or, elle se montre plus pure à chaque 
épreuve. 

Je ne ferai pas de réflexions sur les circonstances de sa mort, elles crient 
trop haut pour que la voix de l'histoire ait besoin d'en enfler la clameur. 
Les Anglais peuvent d'ailleurs lire, dans les misères qui bientôt s'abattirent 
sur eux, l'histoire de leur châtiment pour la mort de cette vierge incompara- 
ble, qui, n'étant point née sous leur loi, ayant été prise en combat loyal, ne 
pouvait légalement être jugée par leurs cours, ni mise à mort par leur déci- 
sion. » 

Guthrie a puisé ses détails dans la chronique de Cousinot. 
— Le même. Ilistory of England to 1688. London, 1771. 

497. CARTE (Thomas). — General history of England... London, 
1718, 4 vol. in-fol. 

Prix, 8 guinées. 

T. II, p. 70 et suiv. Réédite toutes les erreurs historiques d'Holinshed et 
consorts, à commencer par le meurtre de Franquet d'Arras de sa propre 
main. C'était une hérétique qui, par sa révolte contre l'Église, avait mérité 
son supplice. Lenglet en a donné un extrait et une réfutation. 

498. TROLLK (A.). — Dissertatio historica de Joanna Puella aurelia- 
nensi, gallicè vocala Jeanne d'Arc ou la Pucelle d'Orléans. Londini 
Suev, 1751, in-4. 



499. SMOLI47T (Tobias). — Complète hislory of England... London, 
1757, 6 v. in 4. 

— Le même. London, 1758-05, 10 vol. in-8. 

— Le même, traduit en français par M. Targe, Paris, 1759, 19 vol. in- 
12. 

— La même traduct. Orléans, Bouzeau Montant, 1773, 19 vol. in-8. 

T. VII et VIII. 

500. HUME (David). — Hislory of England... London, 1761. 

Chap. xx. Niant le merveilleux, Hume rend cependant hommage au ca- 
ractère de l'héroïne, à sa sincérité, à la pureté de ses mœurs et flétrit ceux 
qui la mirent à mort. « La vengeance barbare de ceux qu'elle avait vaincus 
lui dressa un bûcher, la superstition généreuse des anciens lui aurait dressé 
des autels. » 



246 HISTOIRES GÉNÉRALES 

« Jeanne, ajoule-t il, devait être considérée comme prisonnière de guerre 
on lui devait tous les égards qu'en pareilles circonstances les peuples civi- 
lisés accordent au vaincu Guerrière elle était sans reproche, aucun acte de 

sa part déloyal ou cruel n'avait mérité le traitement qu'on lui lit subir, 
elle avail toujours vécu pure et sans lâche, s'était toujours montrée fidèle 
aux vertus de son sexe et à ses devoirs. Le duc de Beclford fut donc obligé 
pour en venir à ses fins de vengeance de couvrir du manteau de la reli- 
gion cette violation flagrante de la justice et de l'humanité. » 

Son récit n'est pas exempt d'erreurs, mais la couleur générale est l'im- 
partialité. » 

Cf. pour les diverses édit. de cet ouvrage. Brunet, Manuel du libraire 

t. 111, p. 377-78. 



— Le même: The maid of Orléans 1429-1481. [London, 1782], in-8 de 
22 p. 

Extrait du même ouvrage, t. III, p. 138-160. 

— Le même. [London, 1823], in-8 de 20 p. 
Extrait du même ouvrage, t. III, p. 138-158. 

— Le même. [London, 1854], in-8 de 30 p. 

Extrait du même ouvrage, complété par Hugues, t. II, p. 380 410. 

= The maid of Orléans. [London, 1703], in-8 de 100 p. 

Extrait de : The history of England by Hume abridged by the aulhor of 
the abridged of Gibbons, roman history, t. I, p. 199-304. 

rr Traductions françaises : 

— par M me B. [M rae Belot et l'abbé Prévôt]. Amsterdam, 1703, in-12. 

T. V et VI. 

— Le même. Histoire de la maison de Plantagenet, traduite de l'Anglais 
par B..., Londres, 1783 4 vol. 

= La Pucelle d'Orléans, [Paris, Ja.net et Cotelle 1823], in-8 de 25 p. 

Est le chap. XXI, extrait de l'Histoire d'Angleterre de Hume, traduite de 
l'Anglais, deuxième édit. revue et corrigée par Campenon de l'Ac. franc. 
t. Ili, p. 322 -47. 

« La Pucelle d'Orléans. — Levée du siège d'Orléans. — Couronnement du 
roi à Reims — Prudence du duc de Bedford. — Supplice de la Pucelle 
d'Orléans. » 

501. GOLDSMÏTH, auteur du Vicaire de Wahefield. — History of 
England in a séries of lelters from a nobleman to his son. [llist. d'An- 



HISTORIENS ANGLAIS 247 

glet. dans une série de lettres d'un gentilhomme à son fils.] London, 
1701. 

Cet ouvrage fut attribué par erreur à Harrington. Goldsmith raconte la 
vie de Jeanne avec assez d'inexactitude. « Baudricourt combina cette heu- 
reuse imposture et choisit pour instrument une servante d'auberge à la- 
quelle on enseigna aussitôt à jouer le rôle de guerrière et de prophétesse. 
Ce fut Jeanne d'Arc, la fameuse Pucelle d'Orléans, femme douée d'une force 
et d'un courage masculins, qui prétendit n'avoir que dix-huit ans alors 
qu'elle en avait vingt-sept. La foule donna facilement dans la supercherie. » 

Plus loin pourtant Goldsmith se prend de quelque pitié pour Jeanne et 
ne peut s'empêcher de blâmer la cruelle sentence qui, en frappant la Pu- 
celle ne fit qu'envenimer la haine entre les deux pays. 

Fut l'objet de nombreuses réimpressions Cf. Brunet t. VI, col. 1517. 



502. WESLEY, (John). — Complète Works, London, 1856, 15 vol. 
in-8. T. IV. 

D'après cet auteur — à qui l'Angleterre doit l'inspiration de son réveil 
religieux — Jeanne avait toujours agi et parlé au nom du Seigneur, elle 
était pure et innocente ; elle avait souffert le supplice atroce du feu pour 
l'amour de sa foi, en se proclamant chrétienne et bonne chrétienne ; 
cette horrible cruauté n'avait servi en rien les intérêts de l'Angleterre. 
Wesley écrivit vers 1775. 

503. WRAXALL (William). — Mémoirs of the Kings of France. Lon- 
don, 1777, 2 v. in-8. 

— Le même : The history of France under the Kings of Valois. London, 
1814, 2 v. in-8. 

Se montre favorable à Jeanne. 



50-1. WRAXALL (W). — Ilistorical memoirs of my own time. 1772- 
84. London, 1815 2 v. in-8. 

Raconte une visite à Orléans et dépeint le portrait de 1581 conservé à 
l'hôtel de ville. Conclut ainsi : « Je ne suis pas surpris du vif et enthou- 
siaste attachement que les Français entretiennent toujours pour sa mé- 
moire. Les circonstances désespérées où elle apparut, le succès sans égal 
qui couronna ses entreprises, la cruelle et détestable sentence qui la con- 
damna à mort, la teinte merveilleuse répandue dans toute son histoire, 
toutes ces causes ont concouru à l'élever au-dessus de l'humanité. Rome et 
Athènes l'auraient sans doute mise au nombre de leurs divinités tutélaires 
et lui auraient élevé des temples, Je ne puis m'empêcher d'être étonné 
qu'au milieu d'un nombre presque infini de saints modernes qui encom- 
brent et déparent leurs églises, aucun autel n'ait encore été dédié à la Pu- 
celle d'Orléans. » 



505. HENRY (Robert). — History of Great Britain. London, 1785, 
6 vol. in-4. 

Ce qu'il dit de Jeanne est inspiré de Hume. A été souvent réédité : en 
1799, 1805, etc. 



248 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— Le même, traduction de Canwtel et Boulard, Paris, Maradan, 1789, 
6 v. in-4. 

T. II, p. 69-82. 

506. COOTE (le doct), — History of England to 1783. London, 1791, 
9 vol. in-8. 

Se montre assez favorable à Jeanne. Fut réimprimé en 1812, 1825, 1834, 
49, etc. 

A peu près à la même époque, A. Bicknels (1794), Ch. Home (1796), Spen- 
cer et Bernard (1803), s'inspirant de Hume, font de Jeanne l'œuvre d'un 
parti politique qui la transforme de tille d'auberge en chevalier, ils lui re- 
connaissent toutefois un grand dévouaient, l'inspiration et l'héroïsme. 



507. LYTTLETON (G. Courtney). — The history of England. Lon- 
don, 1803, 3 vol. in-4. 

T. II. p. 40 et suiv. 

Court récit de la vie de Jeanne, fait dans le même esprit: « La Pucelle 
par aucun acte ni aucun crime n'avait mérité ce traitement, par ses vertus 
elle aurait dû au contraire être un objet d'estime et d'admiration, mériter 
les éloges de toute âme patriotique. Elle mourut sacrifiée à la politique 
barbare et au bigotisme superstitieux de l'Angleterre. » 



508. GRAVE (George-Anne). — Mémoirs of Jean d'Arc or du Lys, 
commonly called the Maid of Orléans, chiefly from the french of the 
abbe Lenglet du Fresnoy with an appendix and notes [Mémoires de 
Jeanne d'Arc ou du Lys, communément appelée la Pucelle d'Orléans, 
traduit du français de l'abbé Lenglet du Fresnoy avec appendice et notes.] 
London, Lonxjman, 1812, in-8. 

Traduction anglaise de l'ouvrage de Lenglet-Dufresnoy (voy. suprà 
n° 143) qui est un véritable panégyrique de l'héroïne. 

« Le Procès de la Pucelle ne fut qu'une tragique conspiration, une mo- 
querie solennelle de la justice, qui jeta sur la vertu l'opprobre du crime, 
laissant aux âges à venir une des puis lamentables preuves de la perversion 
dont l'humanité est capable quand elle est aveuglée par la bigoterie, la 
vengeance et le préjugé. 

... Son cœur était le sanctuaire d'une exquise sensibilité, quoique doué 
d'un courage qui n'a jamais été surpassé. Cette même femme qui escala- 
dait la première les remparts, pleurait sur l'âme de ses ennemis, les pro- 
tégeait quand ils étaient sans défense et embellissait la victoire des attri- 
buts bénis de la miséricorde. » 



509. DIBDIX (Thomas) auteur comique, 1771-18M. — Joan of Arc, 
a Tragedye fulle of Merrie Conceites. [London, 1813], in-8. 

Extrait de A metr.ical history of England, llist. d'Angleterre en vers tin- 
laniairesques. Sous une forme plaisante, Dibdin fait l'apologie de Jeanne 
et lui rend un sérieux hommage. 



HISTORIENS ANGLAIS 249 

« Pourrai -je raconter ce procès sans honte? infâme marché ! Soldats, 
gentilshommes, prélats... L'histoire s'arrête dans ma gorge, l'histoire de 
cet infâme traquenard ouvert sous les pas de la pauvre fille à qui on fait 
un crime d avoir porté une armure ! Honte aux chefs qui purent la mal- 
traiter ainsi ! Honte éternelle à tous ceux (je ne sais de quel nom les ap- 
peler) qui condamnèrent aux llammes cette vierge intrépide, coupable seu- 
lement de les avoir batlus à plate coulure ! » 



510. LINGARD (1771-1851). — The history of England from the 
first invasion by the Romans to in 1688. London, 1819-30 8 vol. in-4. 

T. III, p. 409-20. 

Lingard n'a mis ni impartialité, ni exactitude dans sa manière de juger 
Jeanne contre laquelle il réédite les calomnies du xvm e s., ce qui surprend 
de la part d'un écrivain d'un esprit généralement élevé, qui a écrit : 
« Quand une grande âme apparaît dans le monde, tous les peuples, même 
ceux dont la puissance ou la vanité a pu en souffrir, ne doivent-ils pas à 
cette grande âme justice et admiration, ne serait-ce que par cette consi- 
dération que ses vertus et ses œuvres^ bien loin de rester enfermées dans 
un pays, deviennent pour tous une semence féconde, et entrent ainsi dans 
le trésor commun de l'humanité. » 

— Hist. d'Angleterre de Lingard, traduite de l'anglais par le chevalier de 
Roujuux et Amédée Pichot. Paris, Desbarre, 1825-31, 14 vol. in-8. 

T. V, p. 181 et suiv. 

— Le môme. Paris, Charpentier, 1843. 

T. II. 

511. X... Lelter by Joan of Arc. 

Dans London Magazine, London, 1820, t. II, p. 037 et suiv. 



513. SHARON (Turner) 1768-1847. — The history of England during 
the midle âges. London. 1823, 3 vol. 

T. III, p. 42 et suiv. 

Il ne fait pas de Jeanne sans doute la complice d'un stratagème, mais il 
voit en elle un merveilleux instrument dont on sut user; néanmoins, il 
rend un magnifique hommage â la sagacité et au patriotisme de l'héroïne. 
« Il n'y a aucune raison de douter que Jeanne ne parla devant ses juges 
avec la pleine sincérité de sa foi entière. Il n'y avait rien dans sa carrière 
qui ressemblât à de l'imposture; nous devons donc oubien supposer qu'elle 
fut endoctrinée par d'autres, ou que sa jeune et enthousiaste imagination, 
ainsi que les organes dont elle dépendait, avaient été affectés par des émo- 
tions qui produisaient ces hallucinations prolongées, lesquelles â la longue, 
étant donné l'abandon avec lequel elle s'y livrait, devinrent un état habi- 
tuel. » Ne pouvant parvenir â une explication satisfaisante par les halluci- 
nations, il confesse : « Dans l'impossibilité où nous sommes d'expliquer 
complètement ce phénomène intellectuel, il nous faut abandonner cet in- 
téressant sujet aux propres réllexions et au jugement personnel du lec- 
teur. » 



250 HISTOIRES GÉNÉRALES 

« Jamais libérateur no se présenta qui ait obtenu une plus glorieuse cé- 
lébri té, qui ait accompli une si grande entreprise au milieu de pareilles 
difficultés, avec un semblable oubli de soi-même, que cette femme aux 
nobles intentions. Nous ne pouvons que regretter que Winchester et d'au- 
tres gentilshommes anglais se soient faits les témoins de son supplice. » 

Turner dans son récit suit pas à pas Le Brun de Charmettes. Fut sou- 
vent réimprimé noLamment en 1828, 1830, 1832, 1839. (T. V, p. 53o-oo). 



5 S t\. [IRELArVD (William Henri).] — Mémoirs of Jeanne d'Arc surna- 
med la Pucelle d'Orléans with the history of lier limes from the siège of 
Orléans in H28 to the period of her exécution in 1431, [Mémoires de 
Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans avec l'histoire de sa vie, 
depuis le siège d'Orléans en 1428 jusqu'à l'époque de son supplice en 
1431]. S. nom. London, Triphook, 1824, 2 vol. pet. in-8, 5 fîg. 

B. Nat. Lb 2G 42. 

Prix, 1 liv. Tiré à 50 ex. sur grand pap. à 2 liv. 

Cet ouvrage s'est fortement inspiré du Journal du Siège et des ouvrages 
de l'Averdy, Berriat S'-Prix, il reproduit, d'après ce dernier, l'itinéraire de 
la Pucelle. 

« Le châtiment infligé à Jeanne fut un outrage à la religion, à la vertu, à 
l'humanité, au droit des nations Qu'entreprit Charles VII pour arracher des 
mains de l'ennemi, l'héroïne qui avait sauvé sa couronne et son royaume, 
ou pour la venger ? Le cruel traitement infligé à Jeanne sera toujours, dans 
le jugement de la postérité, considéré comme une tâche indélébile à la 
mémoire du prince qui doit, à elle seule le surnom du victorieux. » 

Voici ce qu'il pense des révélations de Jeanne : « Sa foi en ces révélations 
n'est pas étonnante si nous considérons la crédulité superstitieuse qui do- 
minait dans cette partie du pays. » 

514. RUSSELL (C. W). — History of Joan of Arc [Charleslon, 1828]. 

Extrait de Southern Review, t. II, p. 86 et suiv. 

« Jeanne ne sera jamais oubliée même de nous, et nous pouvons lui 
jionner libéralement les acclamations et les pleurs que nos pères, dans l'ir- 
ritation de la lutte, lui ont durement refusés. » 

•> 1 »>» A ••• 

— dans The Monthly review, 1825, t. CVT, p. 226 suiv. 

5 1 O. \... 

— dans Muséum of foreign Literature, Philadelphie, 1825, t. VI, p. 226. 

517. [ROBINSON (J.)l-— The maid of Orléans, romantic chronicle. s. 
nom. 

Roman qui estime Etrange caricature sentimentale de l'histoire, qu'ad- 
mirait fort le roi Louis Philippe. 

La bibl. de Montargis V. H. 690 en possède une traduction m 9 2 forts 



HISTORIENS ANGLAIS 25i 

vol. in-4, s. nom d'auteur ni de traducteur : La Pucelle d'Orléans, roman 
historique traduit de l'anglais <l<- l'auteur de Whitefriars. En épigraphe : 

a J'ai lu la plupart des romans anglais modernes, spécialement les romans 
du genre historique, et je pense que celui-ei, la Pucelle d'Orléans, est 
égal, sinon supérieur à ses contemporains. Le roi Louis Philippe. » 

La traduction est de 1860, elle est dédiée « A M. le maire de la ville de 
Montargis. Aux habitants de la ville de Montargis, dont les pères ont été 
les précurseurs de l'astre glorieux et aux dames delà cité gàtinaise, comme 
il s'agit d'une femme la merveille de la France, l'éternel honneur de leur 
sexe, est dédiée humblement, respectueusement, non sans crainte celte 
pauvre traduction manuscrite, fille dégénérée de la belle et triste légende 
anglaise, la Pucelle d'Orléans, œuvre tardive mais éclatante de réparation 
et de justice, et qui présente le plus sublime de tous les spectacles, le ta- 
bleau des plus grandes misères humaines, amoncelées sur la tête de l'in- 
nocence et de la vertu ! » 

Fut traduit aussi en 1850 en Hollandais par G. M. Mensing. (voy. infrà 
n° 638). 



518. X... 

— Dans Dennie's portfolio, Philadelphia, 182:;, t. XXXIII, p. 137 suiv. 

51!). LANDOR (Wal 1er Savage). — Imaginary Conversations. Dialo- 
gues of famous Women. [Conversations imaginaires. Dialogues de 
femmes célèbres]. London, 182!). 

T. V, p. 220-27. 

Est un dialogue entre la Pucelle et Agnès Sorel, par trop fantaisiste. 
Jeanne persuade Agnès de décider le roi à l'action. En laissant de côté 
l'anachronisme choquant, ou est surpris du style empoulé de l'héroïne, 
plus surpris encore de voir l'auteur mettre in fine dans la bouche de 
Jeanne cette phrase à l'adresse d'Agnès : « Sauvez la France ! » 

Landor dans The last fruit of an old tree, [Le dernier fruit d'un vieil ar- 
bre], t. VIII, p. 203 de ses Œuvres complètes, consacre deux strophes à 
Jeanne se terminant ainsi : « Tu es assise parmi les anges et les saints 
avec les patriotes au grand cœur. » 

520. MACKINTOSH (James). — llistory of England by the right ho- 
nourable sir J. Mackintosh. London, 1830-40, 10 vol. in-8. 

Cette histoire est plutôt une série de discours historiques. En ce qui 
louche notre sujet, Mackintosh s'est surtout servi de VHist. des ducs de 
Bourgogne de de Rarante, Admet l'intervention divine : « L'intervention de 
la Providence, pouvait elle jamais avoir un plus noble objet que la déli- 
vrance de la France par les mains innocentes d'une pieuse et chaste 
vierge. » 

— Le même : Histoire générale des îles Britanniques par S. Wal ter Scott, 
Mackintosh, Thomas Moore, par A. J. B. Defauconpret. Paris, 1832-35, 
8 v. in-8. 

531. X. .. 

— Dans Penny magazine, London, 1833, t. II, p. 6. 



252 HISTOIRES GÉNÉRALES 

522. HERBERT (II. W.). — Fortunes of Joan of Arc. [New-York, 
1835], in -8. 

Extrait à" American Monthly magazine, t. V, p. 1 et 476 ; t. VI, p. 81, 
253, 401. 

— Death of Joan of Aiv. [New-York, 1836], in-8. 
Extrait d' American Monthly magazine, t. VII, p. 218. 

523. X... — A slight sketch of the life and character of Joan d'Arc. 
[Légère esquisse de la vie et du caractère de Jeanne d'Arc] London, 
Churton, 1830, in-12 de 36 p. S. nom. 

Avec une carte du théâtre de la guerre au temps de Jeanne où se trouve 
tracé le parcours de l'héroïne. 

524. X... — Hints on History. [Edinhurgh, 1840], in-8 de 16 p. 

Extrait de Blackwood's magazine, t. XLVU, p. 284 et suiv. 
Contient une appréciation fort élogieuse du caractère de Jeanne. 

« Ce qu'il y a de plus curieux dans cette histoire, c'est de voir ceLte 
jeune fille s'élever au premier rang de la vie publique, arriver à la tète 
des armées, à la direction des conseils. Dans l'âme de la Vierge éclatent le 
plus noble héroïsme, un courage indomptable, une ardeur et une persévé- 
rance bien faites pour mener à bonne fin de grandes entreprises, tout cela 
animé, inspiré par des rêves et de fantastiques illusions. Chose étrange 
que l'inspiration d'une tille rêveuse ne l'ait point abandonnée à son entrée 
dans la carrière militaire et qu'elle ait trouvé dans le monde réel un théâ- 
tre pour ses espérances visionnaires ! » 

525. EVANS (R. M.). — The story of Joan of Arc. London, William 
Smith, 1841, in-12 de VIII-182 p. fig. 

— La même édit. 1817. 



526. MA1IOX (Lord). — * Joan of Are, historical essay. [Essai histori- 
que.] [London, 1842], in-8 de 48 p. 

Extrait de Quaterly review, mars 42, t. XLIX, p. 281-323. 

C'est là assurément l'une des meilleures vies anglaises de la Pucelle, 
elle fut écrite à propos de l'apparition du t. I des Procès de Quicherat. 

Voici de quelle façon lord Mahon trace le caractère de l'héroïne : « Une 
croyance absolue et profonde dans la légitimité de sa cause, dans la vérité 
de tout ce qu'elle disait, la persuasion qu'en tout elle faisait son devoir ; 
un courage qui ne reculait ni devant les armées rangées en bataille, ni 
devant les murailles assiégées, ni devant les juges altérés de sang ; la sé- 
rénité dans les souffrances, la volonté la plus résolue en ce qui touchait sa 
mission, une parfaite douceur et humilité dans tout le reste, un bon sens 
simple et lucide, capable de confondre les casuistes, un loyalisme ardent 
comme celui qu'inspira plus tard notre Charles 1 er , un dévoùment en 
toutes choses à son pays et à Dieu. 



HISTORIENS ANGLAIS 253 

Nulle part les annales modernes ne montrent un caractère plus pur, 
plus généreux, plus humble, au milieu des visions imaginaires et de vic- 
toires certaines, plus dénué de tout égoïsme, plus semblable aux martyrs 
d'autrefois. Tels sont les traits que la justice et l'amour de la vérité nous 
forcent au moins à reconnaître. 

...Qui, en parcourant les splendides galeries de Versailles, ne s'est lon- 
guement arrêté devant la belle œuvre d'art qui est la touchante image de 
l'héroïne chrétienne, devant cette tète humblement inclinée, devant cette 
épée serrée dévotement sur sa poitrine comme une croix, devant la ferme 
résolution exprimée par ses" lèvres sacrées et qui rayonne sur son front? 
Tout en regardant, qui n'a laissé errer sa pensée de l'héroïne à l'artiste si 
richement douée et destinée pourtant à une fin si lamentable et si préma- 
turée ? La statue est ainsi devenue le monument funéraire non seulement 
de la Pucelle, mais aussi de la princesse, et parmi les futures générations 
françaises, tous ceux qui sauront apprécier le génie et la vertu de la 
femme, aimeront à unir les deux noms de l'artiste et de la guerrière, de 
Marie de France et de Jeanne d'Arc. 

- Le même. [London, John Murray, 1849], in-12 de 30 p. 

Extrait d" 1 Historical essays. 

- Le même : Joan of Arc. ReprJnted from Lord Mahon's historical essays. 
London, John Murray, 1853, in-16 de 41 p. 

B. Nat. Lb 26 103. 



537. X... — Joan of Arc an historical taie, by a young lady. [Jeanne 
d'Arc, légende historique par une jeune femme], s. nom. London, She- 
pherd et Sutton, 1844, in-18 de 127 p. 

B. Nat. Lb 2G 59. 



538. KMGHT (Charles).— History of England. London, 1847, in-8 de 
29 p. 

Reproduit à peu près le dire de Goldsmith, cherchant à écarter toute 
idée d'inspiration surnaturelle. « Le succès des actions de la Pucelle est 
dans la hardiesse de ses attaques, à une époque de prudente stratégie. Il 
n'est pas nécessaire de lui attribuer une puissance miraculeuse ; elle 
croyait sincèrement être inspirée et son enthousiasme était contagieux. » 
Knight commet une grossière erreur en disant que le courage de Jeanne 
l'abandonne et qu'elle fit sa soumission et sa contrition. 



529. LEECII (J.). — History comic of England. London, 1847, 2 v. 
in-8. 

Histoire burlesque qui se moque des Anglais bourreaux de Jeanne et qui 
en somme rend hommage à leur victime. 



530. CLARKE (J). 

— Dans Christian examiner, Boston, 1848, t. XLV, p. 1 et suiv. 



254 HISTOIRES GÉNÉRALES 

531 . Ql'IXCEY (Thomas de), critique. — * Joan of Arc in référence to 
M. Michelel's History of France. [Edinburgh, 1847], in-8 de 27 p. 

Extraits de Taii's Edinburg Magazine. 1847, t. XIV, p. 184 et 58o. 

Contient des pages merveilleuses sur Jeanne, malheureusement mêlées 
de violentes attaques contre Michelet et de plaisanteries déplacées dans 
une œuvre sérieuse. L'écrivain anglais célèbre avec enthousiasme le cou- 
rage, le dévouaient, la bonté, la noblesse de la femme ; il se prosterne de- 
vant la grandeur sublime de la sainte, de la martyre. « Jamais, depuis que 
la terre existe, il n'y eut de procès comparable à celui-ci pour la beauté de 
sa défense et le caractère infernal de l'attaque. Ob, Enfant de la France, 
paysanne foulée aux pieds par tous ceux qui t'entourent, combien j'honore 
ta fulgurante intelligence, vive comme l'éclair de Dieu, comme cet éclair 
allant droit au but. Toi qui devanças de plusieurs siècles la marche de la 
France et de la lente Europe, cpii confondis la malice des imposteurs et 
rendis muets les oracles du mensonge ! 

femme, ô ma sœur, il est des choses que vous ne faites pas aussi bien 
que l'homme, mais il en est une dans laquelle vous lui êtes bien supé- 
rieur, une chose au-dessus de ce que Milton, Mozart, Phidias ou Michel- 
Ange ont fait : vous savez mourir grandement. Si les sphères célestes 
peuvent voir notre terre, que pouvons-nous leur montrer de plus sublime 
que la mort de Marie-Antoinette, de Charlotte Corday, de Jeanne d'Arc? « 

Quincey termine par cette idée : Cauchon comparait devant le Père 
éternel, au jugement dernier : il est un objet de répulsion pour tous et 
personne ne veut prendre sa défense, lorsque apparaît Jeanne qui seule 
élève la voix pour réclamer du souverain! juge pitié pour son bourreau. 

M. Rabbe a donné la traduction complète de ce morceau dans Jeanne 
d'Arc en Angleterre, p. 284-332. 



— Le même. [London, James Hogg, 1854,] gr. in-12 de 39 p. 

Extrait de Miscellanies en 16 vol. t. III. 

— Le même. [Edinburgh, Adam et Charles Black 1863], in-12 de 40 p. 

Extrait des Œuvres complètes en 16 vol. t. III, p. 206-45. 

532. = Traduction française : 

— Thomas de Quincey. Jeanne d'Arc, traduction précédée d'une élude par 
le C te Gérard de Conlades. Paris, II. Champion, 1891, in- 16 de 102 p. 

pap. vergé. 

Prix, 3,50. 

H. Nat. Lb 2,J 287. 



- La mémo é dit. avec une feuille de titre nouvelle. Paris, Champion, 
1893, in-16. 

Se compose de trois parties : 

i° P. 1-70. Introduction dans laquelle M. de Conlades fait une analyse 
cl une critique fort judicieuse de l'étude de Th. de Quincey. « C'est en li- 
sant l'Histoire de France de Michelet, en février 18 4-7, que Jeanne d'Arc 
soudain lui fut révélée bergère, triomphatrice, condamnée, ayant pour un 
rêveur comme lui, le triple charme des champs, des armes et du martyre. 



HISTORIENS ANGLAIS 255 

Tl s'éprit aussitôt de cette figure sublime, et, se mettant sans tarder à 
écrire, il lui consacra un essay malheureux. 

Merveilleux, mais bien de lui, où, comme dans une merveille, si beaucoup 
éblouit, beaucoup étonne et inquiète. Vision étincelante, mais parfois voilée, 
retracée dans des périodes ardentes et tumultueuses, que coupent brutale- 
ment cà et là des dissertations de pédant, des chicanes de pamphlétaire, 
des plaisanteries manquées d'homme impuissant à rire. » 

2° P. 81-180. La traduction du texte anglais. 

3° P. 181-192. La traduction d'un passage de Quincey, de son Essai sur 
Charles Lamb, à propos du poème de Robert Southey. « C'est, dit-il. le 
plus glacial et le plus compassé des poèmes. Nous connaissons peu d'oeuvres 
moins inspirées que cette histoire versifiée remplie d'une impitoyable rai- 
son. » 



533. COXTADES (le comte Gérard de), — La Jeanne d'Arc de Tho- 
mas de Quincey. [Paris, Bureaux de la Revue des deux mondes, 1893], 
in -8 de 19 p. 

Extrait de la Revue des deux mondes, lo fév. 93, p. 907-2.'». 

Cette étude n'est que, remaniée, l'introduction de l'ouvrage précédent. 

« Certains héros par le prestige de leurs actes appartiennent, à l'huma- 
nité tout entière. Telle est notre glorieuse Jeanne d'Arc, dont la carrière 
dans l'histoire de l'humanité chrétienne est la manifestation la plus écla- 
tante de la valeur et de la vertu féminines. Elle a le droit d être comptée cà 
ce titre parmi les êtres exceptionnels, issus de diverses races, que leur 
vaillance, leur dévouaient et la sublimité de leur trépas eussent fait aux 
anciens jours placer au rang des dieux. >■> M. de Contades montre en Quin- 
cey, l'Angleterre frappée de cette vérité, rendant enfin hommage à 
Jeanne. 

Après nous avoir expliqué dans quelles circonstances Quincey, mangeur 
d'opium, fut amené à s'occuper de Jeanne d'Arc, M. de Contades nous 
montre tout le bizarre et l'imaginatif de l'essai du critique anglais. Car 
Quincey ne s'est pas borné à étudier et. à résumer ou à développer froide- 
ment des documents historiques. La Jeanne d'Arc dont il nous parle, il la 
voit, il vit avec elle tout comme si elle fût descendue vers lui, pour lui elle 
est dégagée de tous souvenirs littéraires et historiques. 

M. de Contades passe ensuite en revue l'essai de Quincey, il en fait res- 
sortir le vif sentiment d'enthousiasme qui l'anime, mais il en signale aussi, 
comme il convient, les parties qui sentent trop leur visionnaire, les contro- 
verses bizarres et les plaisanteries étranges, nées d'un humour maladif. 



534. CKAIK (George) et Charles MAC FARLA\U. — The pictural 
history of England. [Histoire pittoresque d'Angleterre]. London, 1849, 
8 vol. in-4. 

Récit emprunté à de Barante. En voici les conclusions : 1. Il n'y a pas 
eu dans le cas de Jeanne d'action surnaturelle. 2. C'est, son imagination 
exaltée par les misères de la France et par sa superstition qui produisit 
ses visions et ses voix. 3. Son dévoûment ne lui mérite pas moins les titres 
de patriote et de libératrice de la France. 4. Le fait d'une préméditation de 
l'entourage du roi pour produire Jeanne est inadmissible. 



535. OSGOOD (S.). 

— Dans Putman's monthly magazine, New-York, 18j4, t. III, p. 33 et suiv. 



256 HISTOIRES GÉNÉRALES 

536. X... — Joan of Arc. [Boston, 1855], in 8 de M p. 
Extrait de Living âge, t. XL VII, p. 372 et suiv. 

537. HALE (S. J.)- — Joan of Arc. [Neiv- York, 1855], in-8 portrait. 

Extrait de Woman's record, or sketches off ail distinguished women front 
(lie création. 

538. X... 

— Dans Tait's Edinburgh Magazine, 18o5, t. XXII, p. 311 et suiv. 

539. CARLYLE. — Life of Schiller. [Vie de Schiller]. London, 1857, 

in-8. 

A propos de l'œuvre du poète allemand, dont il se montre grand admi- 
rateur et dont il fait ressortir l'idéale beauté, Carlyle consacre une vingtaine 
de pages à Jeanne dont il fait un très beau portrait qu'il termine en di- 
sant : « Les Français sans cœur, railleurs et oublieux de Dieu, ne sont 
point dignes de cette noble vierge. » 

540. X... — Joan of Arc. [Edinburgh, 1857], in-8 de 12 p. 

Extrait d'Edinburgh review, t. CVI, p. 400 et suiv. 

A propos de YHist. de France d'Henri Martin, l'auteur anonyme discute 
l'exposé trop entbousiaste — à son avis — de l'historien français et pré- 
tend expliquer toute la vie de la Pucelle sans admettre la moindre in- 
iluence surnaturelle : Jeanne rassura le roi sur sa légitimité parce qu'elle 
avait inféré de l'inquiétude du roi sur ce point par la vie dissolue de la 
reine-mère ; Orléans fut conquis en rendant la confiance aux assiégés, etc. 

Jeanne aurait nié la suprématie de l'Eglise, ce qui est faux. Les affirma- 
tions des témoins lors du second procès devraient avoir été dictées par le 
désir qu'ils avaient de faire oublier leurs témoignages au procès de con- 
damnation. [La plupart des témoins parus au second procès n'avaient-ils 
pas aucun rapport avec le premier?] 11 est pourtant rendu hommage à la 
simplicité de Jeanne, à sa foi complète en sa mission. 

541. X... 

— Dans National Magazine, New-York, 1838, t. VIF, p. 209 et suiv. 

542. X... — Joan of Arc. [Edinburgh, 1858], in-8 de 9 p. 
Extrait de Tait's Edinburgh Magazine, p. t. XXV, p. 301 et suiv. 

543. O'IIAGAN (John), juge de la cour suprême d'Irlande. — Joan of 
Arc. |1858]. 

Extrait de Thé Atlantis, 18;>8, périodique établi par le cardinal Newman, 
alors recteur de l'Université catholique d'Irlande. 



HISTORIENS ANGLA.IS 257 

— Le même. London, Paul Kegan, 1893. 

Cette notice, faite dans un excellent esprit, est divisée en 3 parties : la 
première est une revue des documents et des sources ; la seconde une claire 
esquisse de l'histoire de celte époque ; là troisième, le récit de la vie de 
Jeanne de 1412 à 1431. L'auteur insiste tout particulièrement sur le côté 
miraculeux ; aussi l'éditeur de cette réimpression a-t-il raison de dire que 
cette notice ne sera pas déplacée justement au moment où le chef de 
l'Eglise se prépare à saluer en Jeanne l'enfant de Dieu. 

CR. dans The Tablet, 4 fév. 93. 



544, STEVENSON (Le Rev. Jos.)- — Tho maid of Orléans. [London, 
1861], Jn-i de 10 p. 

Extrait de Letters and papers illustrative of the wars of the English in 
France during the reign of Henry theSixth. 3 vol. in-4, t. I. LXII et suiv. 
Fait partie de la Collect. des historiens du Moyen âge en Angleterre. 

Est une des plus belles pages d'histoire écrites sur ce sujet. « Si Jeanne 
Darc était retournée au foyer paternel après le couronnement à Reims, 
si elle s'était échappée de prison, ou si les juges lui avaient pardonné, elle 
serait devenue l'héroïne de la légende, ou heu d'être celle de l'histoire. Le 
régent voulut qu'il n'en fût pas ainsi, il couronna son œuvre, car sa mort 
fut son triomphe et des cendres de son bûcher sortit la liberté de la France. 
Ses deux saintes, vierges et martyres, avaient promis à Orléans sa déli- 
vrance, à Charles sa consérration à Reims, à Jeanne elles ne promirent ja- 
mais qu'une seule chose : la faire entrer en Paradis. » 

Stevenson cite plusieurs pièces et documents relatifs à l'administration 
des armées anglaises au xV s. 

Quand il écrivit cet ouvrage pour le compte du gouvernement anglais, 
l'auteur était encore vicaire anglican, il entra ensuite, en 1877, dans la 
Soc. de Jésus. 



545. GURXEY (Le Rev. John Hampden). — Joan of Arc. [London, 
Longman, Brown, Green and Longmans, 1862], in-8 de Go p. 

Extrait de Chapters from French history, p. 159-222. 

Donne une assez bonne biographie de Jeanne, mais il « regrette de ren- 
contrer si souvent dans cette histoire les éléments dégradants du catholi- 
cisme romain mêlés aux pensées et aux sentiments les plus saints ; il se- 
rait bien aise d'entendre parler moins souvent de la Sainte Vierge, de 
S te Marguerite et de Sainte Catherine. » En frontispice lithograph. de la 
statue de la Princesse Marie d'Orléans. 

Vente Zahn, 1892, 4.50. 



540. DOYLE (.1. E.). — Joan d'Arc. [London, 1864], in-8 de 10 p. 

Extrait de A Chronicle of England, p. 380-90. 
Biographie très élogieuse de Jeanne. 



547. X... 

— Dans Once a iveek, London, 1865, t. XIII, p. 162 et suiv. 

17 



258 HISTOIRES GÉNÉRALES 

548. X,.. — The maid of Orléans. [Dublin. 1806], in-8 de 12 p. 
Extrait de Dublin review, t. LX, p. 118-130. 

549. X... 

— Dans Eclectic revieiv, London, 1866, t. CXX1V, p. 177 et suiv. 

550. PAI1R (Henriette). — The life and death of Jeanne d'Arc ealled 
the maid. [La vie et la mort de Jeanne d'Arc, dite la Pucelle]. London, 
Smith Elder, 1866, 2 vol. in-10 de V1TI-278 et 288 p. portrait. 

Vente L** 1885, cart. 10 fr. 

B. Nat. Lb i6 141. 

Histoire pour les enfants, inspirée de Wallon, de Le Brun de Charmettes 
et de Quicherat, bien faite, exacte et chaudement écrite. « J'ai voulu repré- 
senter Jeanne d'Arc dans toute l'évidence de sa véritable nature, assurée 
que la vérité d'une figure si loyale, si religieuse et si pure est plus tou- 
chante avec ses rudesses et ses ombres, qu'avec des gloires et des réflexions 
qui les dissimuleraient. Jeanne d'Arc, âme généreuse, qui devait enfin con- 
centrer les forces dispersées de sa patrie, Jeanne la sainte de la 
France, etc.. » 

GR. lier, des quest. histor., 1 juill. 70 p. 325; de 'A. Trollope dans 
Fortnightly review, 1866, t. VI, p. 632. 

551. X... — Predecessors and contemporaines of Joan of Arc. [Prédéces- 
seurs et contemporains de Jeanne d'Arc]. [London, 1868], in-8 de 9 p. 

Extrait de Colburn's new Monthhj revieiv magazine, t. CXLIII, p. 93 et 
suiv. 

552. X... — Joan of Arc... [Jeanne d'Arc, histoire d'une noble vie, 
écrite pour les jeunes filles]. Edinburgh, 1871, in-12. 

L'auteur, pieuse rationaliste, avertit ses jeunes lectrices de ne pas perdre 
de vue que les visions de Jeanne n'étaient pas réelles et qu'elles doivent, 
en l'imitant, songer seulement à aimer Dieu comme elle. 



55f*. BKAY (M me ). — >f< Joan of Arc and the limes of Charles the sevenlh 
King of France [Jeanne d'Arc et l'époque de Charles VII roi de France.] 
London, 1873, in-8 de 360 p. 

Bonne histoire, très complète, faite d'après Henri Martin et la Chronique 
de Cousinot. 

« On ne peut à notre avis douter que les actions de Jeanne n'aient été 
l'œuvre de Dieu. S'il a plu à Dieu de faire connaître d'une manière mysté- 
rieuse — qui est au-dessus, mais non contraire à notre raison — sa volonté 
à une simple et humble créature qu'il choisit pour l'accomplir, qui peut 
y objecter quelque chose ? » 



HISTORIENS ANGLAIS 259 

554. GRJEEN (John Richard) 1837-82. — The délivrance of Orléans. 
[London, 1874], in-8 de 10 p. 

Extrait de A Short history of theEnglishpeople. t. I, p. ooo et suiv. 

Dit que « Jeanne est la figure centrale de son siècle, la figure pure et déli- 
cate qui se détache du sein de l'avidité, de la luxure, de l'égoïsme, de l'in- 
crédulité du temps. » Malheureusement son récit est souvent fantaisiste et 
donne comme authentique ce qui n'est que légende. 

— Le même, 1878, 1880, London. Macmillan, 1880, in-8 chap. VI, sect. 
1 p. 265-73. 

A été traduit deux fois en français : 

— Histoire du peuple anglais, de J. R, Green, traduite en français par G. 
Monod. Paris, Pion, 1888 in-8. 

T. II, p. 315 et suiv. La délivrance d'Orléans. 

555. MORAX (S. E. le cardinal), archevêque de Sydney. — The maid 
of Orléans. [Dublin, 1890], in-8 de 9 p. 

Extrait de Occasional Essaya p. lG.'i et suiv. 

Le prélat australiens consacre une bonne notice à Jeanne, écrite en 

187;:. 

55G. X... 

— Dans Dublin University Magazine, t. LXXX1X, 1877, p. 417. 

A propos du drame de Shakspeare, dit qu'il est impossible même pour 
un anglais de chercher à justifier le rôle de Jeanne, et trace le caractère 
vrai de l'héroïne. 

557. HALLAM (H.) — Jeanne d'Arc. [London, 1877], in-8 de 10 p. 

Extrait de View of the State of Europe during the middle âges, t. I, p. 
60-70. Cet ouvrage a atteint déjà plus de douze éditions. 

« S'il est facile d'admettre qu'une ardente et enthousiaste imagination 
ait pu produire ses visions, il est difficile d'expliquer les succès réelsqu'elle 
obtint. La suppositiond'un plan concerté au préalable est inadmissible, ce 
plan paraissait si irréalisable, si voué à un échec, qu'il n'eût pu venir à la 
pensée de personne. » 

558. IfArVIVIXG (Miss). — Noble but, noblement atteint. 

Tient à la fois du roman, de la chronique et de l'histoire, tout en res- 
tant fidèle à la vérité des faits. 

559. MAC CARTIIY (George). — Jeanne d'Arc. 

Conférence faite en Irlande en janv. 1877. Dans le Weckly register du 
6 janv. CR. dans Journal du Loire/ 1 fév. 77. 



260 HISTOIRES GÉNÉRALES 

ïîGO. X,.. (M me ). — * Joan of Arc, astory of the fîfleenth century. Donc 
into modem English by the aulhor of Chronicles of the Schônberg Colla 
family [Jeanne d'Arc, histoire du xv- s. traduit en Anglais moderne par 
l'auteur des chroniques de la famille Schônberg Cotta]. London, 1878, 
in-8 à 2 col. de lOi p. 7 grav. hors texte. 

Tirage à part de The Sunday Magazine, 1878, p. 1-16; 73-88; 14j-1G0 ; 
217-235; 289-304; 361-71 ; 436-44. " 

Bonne histoire populaire. Elle fui traduite par Aima en Hollandais en 
1879 (voyez ci-après n° 639.) 

5G1. [CHARLES (M mo ).] — * Joan the Maid, deliverer of Englaud and 
France, a story of the fifteenth century. [Jeanne la Pucelle, libératrice 
de 1'Anglelerre et de la France, histoire du xv° s.] S. nom. London, 1879, 
in-8 de 310. p. 

En épigraphe : « Il n'y a de fécond que le sacrifice. » 

C'est le récit des exploits de Jeanne fait par un soldat anglais à ses com- 
pagnons, lequel ne peut à la lin s'empêcher de tombera geitoux remerciant 
Dieu d'avoir permis que l'Angleterre ne se répandit pas sur le continent où 
elle se serait fondue. 

Commence ainsi : « Sorcière ! Jeanne la Pucelle, une sorcière ! Pas plus 
que sainte Catherine ni que tous les saints bienheureux qui conversèrent 
avec elle. Hallucinée ! comme les nobles martyrs que traitaient de fous les 
hallucinés de leur temps. 

Je l'ai vue élinceler comme l'archange Saint-Michel, dans sa blanche ar- 
mure, sous les murs d'Orléans. Je l'ai vue pleurer comme une enfant sur 
sa blessure, et continuer néanmoins, malgré sa souffrance, à diriger l'ar- 
mée. Quelques uns de nous l'ont vu pleurer sur les blessés anglais et sou- 
tenir les mourants dans ses bras. Plus tard trahie, livrée aux ennemis, je 
l'ai vue frissonner devant la souffrance et pourtant vaincre la torture, secou- 
rant et sauvant les autres jusque dans les flammes. 

Je suis sur qu'elle était envoyée de Dieu, comme je suis sur que je res- 
pire. Envoyée pour sauver la France déchirée et saignante, envoyée pour 
écarter l'Angleterre de la voie du pillage et de la rapine où elle s'engageait, 
et la ramener vers ce qui est son œuvre et sa mission de lutle véritable 
parmi les nations. 

Aussi sur que le soleil brille aa ciel, elle a été donnée à notre pauvre 
siècle si obscur pour être l'image du Christ, roi, libérateur, victime, sau- 
veur des hommes. 

11 est bon de revenir sur l'histoire de cette vierge, l'histoire à la toi glo- 
rieuse, triste et sainte. . » 

Malheureusement ce ton ne se soutient pas toujours, et il y a dans la 
suite des passages bien froids. 

— Le même, London, T Nelson, Edinburgh nnd New-York, 1880, in-8 
de 318 p. 

562. COTTER-MORISON (J.). — Joan of Arc, a lecture. London, 
Virlue and C°, 1875, in-8, 

Conférence faite en 187o à Positivist School de Londres. 

L'auteur, disciple d'Aug. Comte, professe, comme lui et comme les 
deux grands révolutionnaires Mazzini et Barbes, un grand enthousiasme 



HISTORIENS ANGLAIS 261 

pour l'héroïne à laquelle il reconnaît « un esprit politique de premier ordre 
et des qualités physiques, mentales et morales merveilleuses. » « Son his- 
toire, dit-il, fait à la t'ois la gloire et la honte de la nature humaine. Qu'ua 
tel cœur et qu'un tel esprit n'aient trouvé que le plus atroce martyre en 
récompense de services transcendants, voilà ce qui causera à tout jamais 
une douleur sensible aux âmes supérieures, et pour un Anglais cette dou- 
leur est plus pénible que pour tout autre. » 

Ces paroles prouvent bien l'heureuse évolution survenue dans les idées 
de ses compatriotes sur la libératrice de la France. 



56tî bU . — Traduction française : 

— Appréciation anglaise de Jeanne d'Arc. [Versailles, Imprim. 
Anhert, 1879], in-8 de 16 p. 

Extrait de la Revue occidentale 1 janv. et 1 mai 79. 



563. TUCKEY (Miss Janet). — * Joan of Arc « The Maid. » London, 
Marcus Ward, 1880, in-12 carré de 224 p. 

En frontispice reproduct. grav. du tableau de l'Hôtel de Ville de Rouen, 
Fait partie de la collection du The new Plutarch. 

Est un récit sincère, ému, simple et fidèle. 

» De toutes les histoires de l'histoire, aucune ne demande moins de com- 
mentaires que celle de Jeanne d'Arc. Plus elle est simplement racontée, plus 
celui qui raconte et celui qui écoule doivent être remplis d'admiration et 
touchés de pitié. Parmi toutes les héroïnes de l'histoire, cette jeune fille 
occupe le premier rang par l'unique réunion des qualités qu'on trouve en 
elle : le courage du soldat, le dévoùment du patriote la pureté de la sainte, 
la constance du martyr, mêlés à la parfaite vertu féminine. 

Il semble extraordinaire qu'aucun poème digne de Jeanne n'ait jamais 
été écrit en son honneur, pourtant cela ne doit pas surprendre, car elle 
est du petit nombre de ceux pour qui le poète et le romancier ne peuvent 
rien. Aucun épisode de sa vie ne doit être caché, ne peut être embelli, et 
la lumière éclatante, pénétrante de l'histoire est celle qui nous la l'ait le 
mieux voir. » 



564. PARTO\ (J.) — Trial uf Joan of Arc. [New-York. 1881 J. in-8. 
Extrait de Harper's Magazine, t. LXIII, p. 91 et suiv. 

565. TOWELL (A.) 

— Dans Western, t. VII, 1881, p. 444 et suiv. 



566. HIGGLXS (N.). — Joan of Arc the maid of Orléans. [London, 1885]. 
in-8. 

Extrait de Women of Europa in the XVth and XVIth centuries, 2 v. in-8, 
prix, 3% fr. 



262 HISTOIRES GÉNÉRALES 

567. CLEVELAND (Miss Rose Elisabeth),fille du président desElat-Unis. 
— Joan of Arc. New- York and London, Funk and Wagnalls, 188G, 
in-8 carré de 18 p. 

Tirage à part de George Eliofs Poetry, Li c édil. p. 177-95. 

Est d'un métaphysique souvent incompréhensible. Repousse le mer- 
veilleux en « réduisant tout le miracle, le mystère de cette histoire au déve- 
loppement extraordinaire de deux sentiments humains: l'amour et la foi.» 
Mais comment alors concilier cette idée avec celle-ci : « que personne ne 
s'imagine que Jeanne fût très habile, qu'elle eût du génie militaire, elle 
n'eut d'autre puissance que sa volonté, sa foi en Dieu, en elle-même, dans 
l'humanité. » 

Se termine ainsi : « Jeanne est entrée comme force spirituelle dans l'hé- 
ritage des siècles, elle est devenue une influence pratique dans la vie hu- 
maine. Si vous et moi ne sommes pas actuellement aidés par cette influence, 
c'est à nous qu'en est la faute et non à elle. 

Chacun de nous a un Orléans à sauver, une bataille décisive à livrer. 
Nous avons besoin pour nous y préparer de cette foi de Jeanne qui donne 
la victoire ; d'entendre nos voix, de converser avec nos visions pour en re- 
cevoir les paroles de conviction, de consolation et de courage. Dieu veuille 
que nous répondions à cette voix angélique, que nous obéissions à cette 
céleste vision ! » 

568. CADDY (M me Florence).— >£ Footsteps of Jeanne d'Arc a Pilgrimage 

[Un pèlerinage sur les traces de Jeanne d'Arc], London, Hurst and Blac- 
kett, 1886, in-8 de XVI-375 p. 

Une excellente carte en fronlispice. 

R. Nat. l.b 26 229. 

Etude sérieuse de la vie de Jeanne, un des meilleurs ouvrages anglais, qui 
n'est pourtant pas une histoire proprement dite, v Mue par un sentiment de 
vénération pieuse, l'auteur a voulu connaître et décrire tous les lieux où 
vécut, où passa, où suffrit celle en qui elle honore une amazone sans 
cruauté, une héroïne qui ne perdit jamais sa pureté, une patriote qui ne 
combattit jamais dans un but d'intérêt personnel, une prophétesse qui 
proclama exclusivement la puissance de Dieu. 

L'auteur désire donner une vue générale des lieux témoins de sa vie et 
leur aspect habituel, arrêtant surtout ses regards sur les objets que Jeanne 
comtempla et qui concoururent à former son caractère, puis sur les traits 
géographiques et stratégiques du pays où elle conçut son plan de campa- 
gne. » 

Sa conclusion est que Jeanne n'échoua pas, car elle sauva la France. « Fi- 
dèle jusqu'à la mort, qu'il lui soit donné une couronne immortelle et res- 
plendissante de gloire ! » 

« Aucun ouvrage, dit M. Rabbe, n'a contribué mieux que Le pèlerinage 
de M me Caddy, à la réparation désormais accomplie par tout un siècle 
d'hommages sincères et généreux, rendus par les plus grands esprits de 
l'Angleterre, à l'héroïne française du xv c s. 11 faut mettre ces pages à côté 
de la trilogie qu'a tracée en l'honneur de Jeanne le pinceau d'un des plus 
grands coloristes anglais William Etty (Fierbois, Orléans, Rouen), lui aussi, 
pèlerin enthousiaste des lieux célèbres pour l'inspiration, les victoires et le 
martyre de la Pucelle. » 

569. ADAMS (W. II. 1).). — The maid of Orléans and [lie great War 
of the english in France. [La Pucelle d'Orléans et la grande guerre des 
Anglais en France]. London, 18S ( .), in-8. 

Prix, 3 fr. oO. 



HISTORIENS ANGLAIS 263 

570. WYIVDHAM (Le R. P. Francis), supérieur général des Oblats de 

S' Charles, de Westminster. — The maid of Orléans by the light of 
original documents. [La Pucelle d'Orléans d'après les récents documents 
originaux]. [London, Burns and Oates, 1891], in-8 de 18 p. 

Extrait de Dublin review, janv. 91. p. 54-72. 

Est une esquisse de la mission et du caractère de Jeanne d'Arc, d'après 
Les mémoires et consultations en faveur de Jeanne d'Arc de P. L. d'Arc ; La 
Puce/le devant l'Eglise de son temps du P. Ayroles ; Le martyre de Jeanne 
d'Arc de Léo Taxil. 

Cf. un art. [du chanoine Cochard] dans les Annales relia; d'Orléans 
Jeanne d'Arc en Angleterre par T. G. 2 mai 01 p. 290-92. dans le Journal 
du Loiret, 13 juin 91. 



571. \YY\I>ÏI AU (hR. P.). — * The maid of Orléans, der life and 
mission from original documents... with a Préface by his Emmenée Ihe 
cardinal Arehhishop of Westminster. [La Pucelle d'Orléans, sa vie, sa 
mission, d'après les documents originaux, avec une préface de S. Emi- 
nence le cardinal archevêque de Westminster]. London, S { -Anselm's 
society ; Orléans, Herluison, 1891, in- 12 de VI-74 p. 

Se compose: d'une préface du cardinal Manning, d'une introduction et 
de deux parties : 

La première, p. 1-3,'i, The maid of Orléans by the li;//il of original docu- 
ments, reproduction de l'art, de Dublin review cité au supra, p. 1-35. 

La seconde, p. 37-74, The mission of Jeanne d'Arc, ils ohjects and extent, 
est une conférence faite à l'Académie cathol. de Londres dans le palais 
archiépiscopal de Westminster, sous la présidence du cardinal Manning le 
18 nov. 90. 

Cette seconde étude sur la mission divine de Jeanne est très importante, 
étant donnée surtout la nationalité du conférencier. Il est curieux de voir 
un anglais conclure à la sainteté de Jeanne. 

1. Documents originaux du xv c s. 2. Histoires en contradiction avec les 
documents originaux. 3. Phases diverses subies par l'hist. de la Pucelle à 
travers les âges. 4. Evidence de sa mission divine, o. Distinction à faire 
entre la période qui a précédé et celle qui a suivi le sacre. 6. Interpréta- 
tion de la prédiction faite par Jeanne de sa délivrance. 7. Conclusion : sa 
mission seulement finie à sa mort. 

La reine d'Angleterre a accepté l'hommage de cet ouvrage. Cf. The Mor- 
ning Post, 23 déc. 92 ; The Bayswater chronicle 24 déc. 92. 



57 l Ms . = Traduction française : 

— * La Pucelle d'Orléans, sa vie et sa mission d'après les documents ori- 
ginaux par le Rev. Francis M. Wyndham, M. A. ex congreg. ohlat. S. 
Garoli, traduit par Ed. Pelletier, ancien conseiller à la Cour d'appel 
d'Orléans, vice-président de l'Académie de Sainte Croix, avec une préface 
de S. E. le cardinal archevêque de Westminster. Londres, S^Anselm's 
society ; Orléans, Herluison, 1892, in-8 de 80 p. et la table. 



264 HISTOIRES GÉNÉRALES 

B. Nat. Lb 26 288. 

Tirage à part des Mémoires de l'Académie de Sainte Croix. 

Prix, 1 fr. 75. 

Est la traduction exacte de la brochure précédente. 

CR. par l'abbé Cochard dans Annales relig. d'Orléans, 12 déc. 91. Jeanne 
dArc en Angleterre devant l'Académie de Sainte Croix 

572. RONALD GOWER (Lord). — Joan of Arc with ten illustrations. 

London, John C. Nimmo, 1893, in-8 de 330 p. et 10 grav. ou photo- 
grav. hors texte. 

Prix, 21 schell. 

Qq. ex. numér. sur gr. pap. avec épreuv. avant la lettre. 

Cette histoire de Jeanne, faite en collaboration de M. Lee Latrobe Bate- 
man, comprend sept chap. écrits d'après Quicherat, Wallon, J. Fabre, plus 
les appendices suivants : 1° Jeanne d'Arc chez les historiens français et 
anglais ; 2° Chez les poètes ; 3° Bibliographie des ouvrages français ; 4° Bi- 
bliographie des ouvrages anglais ; Index. 

Les dix gravures ou photograv. sont : 1° Tour Coudray (Chinon) : 2° Cbi- 
non ; 3° Château de Chinon ; 4° Salle d'audience (Chinon); 5° Tour de 
l'horloge (Chinon) ; 6° Porte Est (Reims) ; 7° Intérieur (Reims) ; 8° Maisons 
du xv e s. à Compiègne ; 9 n Tour de la Pucelle (Compiègne) ; 10° Saint-Ouen 
à Rouen. 11 est regrettable que l'auteur n'ait donné aucune gravure relative 
à Domremy, ni à Orléans. 

<( Conçu dans un sentiment de profonde admiration et de suprême jus- 
tice, le drame se déroule dans sa sublime et tragique grandeur, sans 
qu'aucun mot déclamatoire vienne en troubler la trame en faisant interve- 
nir intempestivement la personnalité de l'écrivain, » 

L'acte tardif de réhabilitation est considéré par l'auteur comme un désir 
intéressé de Charles VII de ne pas laisser imputer définitivement l'origine 
de sa couronne aux actes d'une sorcière, d'une apostate, d'une hérétique. 

Lord Gower travaille, paraît-il, à une statue de l'héroïne. Sa mère, la 
duchesse de Sutherland, qui fut la plus chère amie de la reine Victoria, 
avait une grande vénération pour la Pucelle : elle avait placé une statue de 
l'héroïne dans sa propriété de Cliveden non loin de Windsor. 

CR. de Marie Dronsart dans le Correspondant, 10 juill. 93, p. 169-71. 



O. — Historiens allemands '. 



573. X... — [Vies des rois de France]. Nuremberg, 1671, in-12 portr. 
P. 147 et suiv. 

574. BURGER (Christian-Am.). - Disserlatio de Puella Aurelianensi. 
Schneeberffse, 1686, in-4. 

575. DIESSELDORF. — Iohanna | Darcia, | seu puella aurelia- 
nensis | dissertatione historia in incluti Genadensium Athensei 
unditorio maximo prœside Du Johanne Godofredo a DiesseldorfT, 

j J. u. D. Cresarei Palatii comité, Jur. et histor. prof. publ. | nec non 
dicti Athensei inspectore J fautore suo ac studiorum promotore | aetatem 
devenerando, valedictionis loco | exhibetur | a Michaele Meyenreitz, 
Ged. nobilissimi Dieasterii alumno. Gedanitypis Johannis Zachariœ 
Stolii. MDCIiC (1608), pet. in-4 de 8 lï n. mira, 

Vente de Bouteiller, mar. 31 fr. 



576. X... — Bas Màgdlein von Orléans oder Lebens-Beschreibung, der 
durch ihre Thaten und erlangten Siège Weltberuhmten Jeanne d'Arc, 
Worinnen Richt alleine Derselben Geburt, ihre in der Jugend und da- 
rauff ersolgten reiffern Jahren gehabte Erseheinungen, derselben wieder 
die Engellânder besocbtenen Siège, und dennendlich ihre Gesangenschafft 
und darauff ersolgte Verbrennung, Kurtz doch griïndlich enthalten. [La 
Pucelle d'Orléans ou biographie de Jeanne d'Arc, fameuse par ses ex- 
ploits et les victoires qu'elle a remportées, contenant un résumé subs- 
tantiel de sa naissance, des visions de sa première jeunesse et de celles 
des années postérieures, de ses victoires sur les Anglais, de sa captivité 
et de sa mort par le feu]. Leipsig, 1721, in-8 de 39 p. 

B. Nat. Lb 26 96. 
Vente Zahn, 1892, 2 fr. 75. 

Petit livre populaire, écriten un allemand souvent incorrect et fortement 
empreint du caractère luthérien. Chaque fois que l'auteur en a l'occasion 



1 Voyez pour les traductions allemandes : Wallon, Roy, Dupanloup, etc. 



266 HISTOIRES GÉiN'ÉRALES 

— à propos des apparitions, à propos des faits miraculeux, à propos des 
miracles signalés postérieurs au supplice, à propos de la béatification pos- 
sible — il s'élève contre les superstitions des papistes, contre l'ignorance 
des moines et de ceux qui les suivent. 

Cet ouvrage est curieux en ce qu'il montre, qu'au commencement du 
xvii) e s., certains esprits pensaient déjà à la canonisation de la Pucelle, 
puisque ce livre parait avoir pour but principal de nier le caractère surna- 
turel et miraculeux des faits de Jeanne et l'utilité de la béatification de 
celle-ci. 



577. 1IEK11XOLD (Jean Godefroy), prof, à Altorf, 1720-66. — La 
Pucelle d'Orléans oder Johanna, die Heldinn von Orléans, cin Trauers- 
piel ; verferfertiget von Joh-Goltf. Berhnold der Aïumnorum und der 
Oekonomie auf der Altdorfischen hohen Schule Inspector, und der Je- 
naischen lateinischen Gesellschaft Ehrenmitglied. [Jeanne d'Arc l'hé- 
roïne d'Orléans, drame par J. G. Bernhold,..] Nuremberg, 1752, in-8 

578. IIETTIXG (Christian). Disputatio de puella Aurelianensi. Haf- 
niœ, 1758, in-4. 



579. X... — Frankreichs Retlung durch das Madchen von Orléans. [Dé- 
livrance de la France par la Pucelle d'Orléans]. Leipsig, Wilhelm 
Rein, 1801, pet. in-8 de 78 p. 

Histoire sommaire, extraite de Zwei Msedchen ohne Gleiehen. [Deux filles 
sans pareilles], in-8 de 122 p. 
La seconde vie est celle de la Msedchen von Marienburg. 
Vente Zahn, 1892, 3 fr. 



580. SCHLEGEL (Carl-Wilhem-Friedrich von). — Geschichte der 

Jungfrau von Orléans, aus alten franzôsischen Quellen, nebst einem 
Anhange aus Hume und einer Vorrede. Geschichte von England. He- 
ransgegeben von Schlegel. [Histoire de la Pucelle d'Orléans d'après les 
anciennes sources françaises, avec un appendice tiré de l'histoire d'An- 
gleterre de Hume]. Berlin, D. Sander, 1802, pet. in-8 de 132 p. 

B. Nat. Lb 26 98. 
Vente de Latour dem-vél. 2 fr. 

P. 1-114, le traducteur résume en allemand les mémoires publiés par 
Denys Godefroy, c'est-à-dire surtout la Chronique de Cousinot et le Journal 
de Jean Chuffart. Il ne s'occupe pas de la vocation surnaturelle de Jeanne 
et insiste pour montrer que les faits, quoique paraissant extraordinaires, 
sont réels. 

P. 115-152 en appendice, traduction littérale : La Pucelle d'Orléans d'après 
l'histoire d'Angleterre de Hume, chap. xx. 



HISTORIENS ALLEMANDS 267 

— Le même. Wien, 1865, in-8. 

Forme les livres XVI-XIX des Œuvres de Schlegel. 
Vente Zalm, 1892. 7 fr. 50 

581. X... — Die Jungfrau von Orléans; oder getreue Schilderung der 
Begebenheiten dièses unglùeklichen Opfer des Fanalismus und der Poli- 
tik, aus aechtenquellen, geschaepft, nebst Einigem iiber die romantische 
Tragédie gleichen Namens von Schiller. [La Pueelle d'Orléans ; ou pein- 
ture exacte des événements de celle malheureuse victime du fanatisme 
et de la politique, d'après les sources authentiques, mise d'accord avec la 
tragédie romantique du même nom de Schiller.] S. nom. Breslau, Buch- 
heister, 1803, in-8. 

— Le même. Die Jungfrau von Orléans, eine treue Schilderung gescheepft 
voni verfasser des Romando. Mit eine Kupfer. Neue Auflage. Breslau, 
Buchheister, 1820, in-8. 

5S3. BERTUCH (G.). — Beitrag zur Geschichte des Johanna d'Arc, ge- 
nannt die Jungfrau von Orléans. [Matériaux pour servir à l'histoire de 
Jeanne d'Arc, surnommée la Pueelle d'Orléans]. Weimar, comptoir de 
l'industrie, 1804, in-8. 

Extrait de Paris et Londre VI1-6. 

B. Nat. Lb 2Ô 33. 

583. X... — Geschichte des Jungfrau von Orléans, welche den 30 Mœrz 
1431 in Frankreich verbrannt wurde. [Histoire de la Pueelle d'Orléans 
qui fut brûlée en France le 30 mars 1431]. S. nom. Manheim, Jaquet, 

in-8. 

584. BCETTIGER (C. W.). — * Jeanne d'Arc, ay, la Pueelle d'Orléans. 
[Leipsig, Friedrich Gleditsch, 1820]. in-4 a 2 col, de 6 p. 

Extrait de Allgemeine Encyclopédie der Wissenschaften und Kùnste he- 
ransgegeben von Ersch und Gruber, 1 IC Sect. t. V, p. 117-122. 

Bonne notice, bien au courant des travaux histor. de cette époque et 
qui se termine par une revue des dernières product. histor. et littér. sur 
la Pueelle, mais qui n'est qu'un résumé allemand de la notice publiée en 
1818 par Walckenaer dans la Biographie de Michaud (voy. suprà n° 330). 

« Peu d'histoires montrent aussi clairement que celle-ci avec quel soin 
il est nécessaire de distinguer ce qui est merveilleux du miracle lui-même, 
et combien peu il est permis de conclure de l'un à l'autre ; combien aussi 
un caractère historique ne saurait èlre compris que si on l'envisage dans 
son milieu et à l'époque où il a vécu. Si on négligeait ce point capital, on 
en serait puni en l'espèce par une accumulation de merveilles sans pareille 
dans l'histoire et on s'engagerait dans un labyrinlbe de doutes inexplica- 
bles. 



268 HISTOIRES GÉNÉRALES 

Pour remplir le but de notre recueil, nous donnerons d'abord les faits ac- 
quis de l'histoire d'après les recherches les plus récentes, puis quelques 
considérations critiques, enfin quelques indications littéraires toutes nou- 
velles... » 

Boettiger, comme Walkenaer d'ailleurs, cherche à expliquer la mission 
de Jeanne ainsi : « Jeanne avait précédemment gardé les chevaux, elle 
était douée dune extraordinaire sensibilité d'imagination, de là vient la 
direction politique de ses rêveries. Mansuétude et piété, tel était le prin- 
cipal trait de son caractère et ainsi sous sa bannière tout pouvait facile- 
ment recevoir le cachet de guerre sainte. Les capitaines français ne parais- 
sent pas en avoir méconnu l'avantage. On laissa l'apparence à Jeanne parce 
que le peuple croyait en elle. » 

585. X... — Evelinaund Johanna, die Ileldinnen desXV tcn Jahrhunderts. 
Ein historischer Roman in zwôhl Biichern [Evelina et Jeanne, les héroï- 
nes du xv e siècle. Roman historique eu douze livres.] S. nom. Frank- 
furt am Main, Sauerlsender, 1825, in-12 deIV-212, 191, 172 et 1 f. d'er- 
rata. 

Vente Zahn, 1892 dem. rel. 4 fr. 

Roman populaire qui n'est guère qu'une traduction allemande de L'hé- 
roïne du xv e siècle de J. P. Brès. (Voyez suprà n° 307.) 

586. LA MOTTE FOI QUE (Fr. baron de). — * Gescbichte des Jung- 
frau von Orléans nach authenlisehen Urkunden und dem franzosischen 
Werke des Herrn Le Brun des Charmettes. [Histoire de la Pucelle d'Or- 
léans, d'après les documents authentiques et l'ouvrage français de Le 
Brun des Charmettes.] Berlin, Schlesiiujer, 1826, 2 vol. in-8 de 464 et 
372 p. 

Est une traduct. allemande à peu près littérale, mais résumée, de VHist. 
de Jeanne d'Arc de Le Brun de Charmettes (Voy. suprà n° 194). 

Vente Zahm, 1892, 3 thalers 8 gros. 

587. LEO (IL). — * Jungfrau von Orléans [Leipsig, Brockhaus, 1834L 
in-4 à 2 col. de 15 p. 

Extrait de Alhjemeine Encyclopédie von Ersch und Gruber, 3 e Sect. t. V, 
p. 400-414. 

Excellente notice inspirée surtout de[de Barante. 

« Il existe peu d'histoires qui donnent un spectacle aussi intéressant et 
d'un aspect général plus fantastique et plus féerique que l'hist. de la Pu- 
celle d'Orléans. Après qu'une nation a épuisé tous les moyens ordinaires 
de défense et que tous ses ressorts paraissent brisés, on voit l'esprit du 
peuple déjà couché au tombeau et prêt à expirer, redevenir libre, le senti- 
- ment national prend la forme d'une petite paysanne, mais de ce point unique 
où l'esprit national se concentre, il se développe si puissamment qu'il sai- 
sit à leur tour toutes les parties du corps qui n'étaient pas encore tombées 
en décomposition et qu'il leur rend la vie et la santé après une courte crise. 
Pour celui qui ne croit pas dans l'histoire à l'intervention du surnaturel 
et qui nie la divinité, pour qui l'histoire ne se compose que d'un enchaî- 
nement mécanique de circonstances fortuites sans lien de cause à effet, 
ces apparitions doivent être désagréables et hostiles ; car il ne lui reste 
plus comme explication qu'à se tromper ou à tromper les autres. Mais au 



HISTORIENS ALLEMANDS 269 

contraire, pour celui qui croit qu'une puissance plus haute et surnaturelle 
s'occupe activement de la marche des événements en ce monde, pour ce- 
lui qui a l'habitude d'admettre l'existence d'une Providence divine, cette 
incarnation de l'esprit national dans une pauvre fille de paysans, doit pa- 
raître un emprunt fait au monde des esprits, et celui-là seul pourra expli- 
quer tous les détails de cette histoire, voyant en eux non pas les détails 
matériels d'une vie privée, mais les éléments d'une personnification de 
l'histoire, substance supérieure. 

L'explication par la sorcellerie de l'hist. de la Pucelle d'Orléans, est 
restée jusqu'au xvin e s. l'explication ordinaire. Ensuite arriva son histoire 
matérialiste et la perversité de Voltaire n'a paru nulle part aussi éclatante 
que dans un poème aussi ennuyeux que sale sur ce sujet. Enfin cette exa- 
gération matérialiste a amené une réaction et on en est revenu en France, 
de plus en plus, à la vision supérieure du début, on s'est attachée à établir 
le miracle par la mise au jour des moindres détails, approfondissant cette 
histoire aussi loin que possible, afin de détruire toutes les objections faites 
par l'esprit matérialiste. 

Parmi les savants français qui ont traité le plus récemment cette histoire 
avec soin et cœur, se sont distingués surtout Le Brun des Charmettes et 
Barante t. V et VI. La comparaison des textes et documents qu'ils ont en- 
treprise a mis sous son vrai jour cette histoire, aussi croyons-nous pou- 
voir nous servir de leurs travaux, qui, s'ils n'élucident pas complètement 
toutes les questions, les éclairent suffisamment. » 



588 GŒRRES (Guido). — * Die Jungfrau von Orléans. Nach den Pro- 
cessakten und gleichzeitigen Croniken von G. Gôrres, mit einer Vorrede 
von J. Gôrres. Mit einer Abbildung. [La Pucelle d'Orléans d'après les 
actes du procès et les chroniques contemporaines.., avec une préface de 
J. Goerres, accompagnée d'une gravure]. Regenshurg, Friedrich, Pustet, 
1834, in-8 deXIT-418 p. 

Val. 3 fr. Le titre porte les armes de la Pucelle. En frontispice une assez 
jolie grav. de I. Fellher représentant la porte de la maison de Domremy, 
entourée de Dieu, des saints et des anges. 

Cette vie de Jeanne d'Arc est un livre sérieux écrit avec simplicité, dans 
un esprit sincèrement chrétien. Comme la plupart des auteurs qui ont plus 
à cœur l'éloge de Jeanne que la condamnation du roi — pour lequel il est 
d'ailleurs justement sévère — Gœrres borne à la délivrance d'Orléans et au 
sacre de Reims la mission de la Pucelle, tout en admettant comme prédic- 
tion l'annonce faite par elle de la prise de Paris, de l'expulsion des An- 
glais et de la délivrance du duc d'Orléans. 

« Le mysticisme vague et larmoyant dans lequel l'ouvrage de Gœrres 
est conçu, dit assez injustement le partial Larousse, est absolument faux, 
au point de vue de la critique moderne et suffirait à vicier les recherches 
les plus consciencieuses. » 

Gœrres s'est appuyée sur les travaux de l'Averdy et de Buchon ; il cite 
la chronique du siège, le récit de Pierre Sala, celui d'Eberard de Winde- 
cken, la relation du greffier de la chambre des comptes de Brabant. On 
regrette seulement l'attention qu'il donne — comme il était d'ailleurs 
d'usage à cette époque — à la vie de Guill. de Gamaches, moins estimée 
depuis la critique judicieuse qu'en a faite Quicherat. Il a peut-être aussi eu 
le tort de chercher à dissimuler tout ce qui était à la charge des théolo- 
giens. 

« Parfois, dit-il, il est justement dans les desseins de la sagesse éter- 
nelle de Dieu, d'humilier aux yeux du monde la prudence des sages par 
l'ingénuité des enfants et de briser le chêne orgueilleux avec la tige frêle 
du lis : afin que l'outrecuidance des impies et la circonspection des scep- 
tiques soit confondue et que le monde reconnaisse qu'il est un Dieu au 
ciel, lequel est le maître et auquel revient toute gloire. Telle est l'histoire 



270 HISTOIRES GÉNÉRALES 

de Jeanne d'Arc, histoire grande, hardie, riche en exploits comme celle 
du plus vaillant chevalier, et en même temps douce, gracieuse et touchante 
comme celle d'une vierge sainte consacrée à Dieu, histoire où se trouve 
partout le souffle de Dieu dont les prodiges se manifestent en mille en- 
droits comme les brillantes étoiles dans le ciel d'une nuit tranquille et se- 
reine. » 

«... Le feu ne peut consumer son cœur... c'est ce cœur que l'on sent 
battre dans le souvenir reconnaissant du peuple français et de tous les 
peuples, car il appartient à celui-là par le sang et à fous les autres par ses 
nobles actions : c'est aussi ce cœur qui bat dans le livre offert ici au public 
et cela suffit pour lui procurer des amis, sans qu'il soit besoin de le re- 
commander davantage. ■> 

CR. par de Parieu dans VUnivers cathol., 1830, t, I, p. 472-77. 

— Le même. Zweite Auflage. Regenshurg , 1835, in-8 de XI1-454 p. 

— Le même... Eine Festgabe fur die christliche Tugend, mit fùnf Abbil- 
dungen. [Histoire pour la jeunesse chrétienne, avec 5 gravures]. Be- 
genshurg, Fr. Pustet, 1835, in-8 de 314 p. et 5 grav. 

B. Nat. Lb 26 100. 



— Le même... Zweite Auflage, mit einer Zeichnung von A. Slra'hnber. 
| Deuxième édit. avec une notice de A. Streehnber]. Regenshurg, G. J. 
Manz, 1888, gr. in-8 de XII-400 p. grav. 

— Le même... Ausgabe fur die Iugend, [édition pour la jeunesse]. Re- 
genshurg, G. J. Manz, 1883, in-8 de 372 p, 

589. = Le même, traduction italienne. Milan, 1838, in-8. 

590. = Histoire de Jeanne d'Arc, traduite de l'allemand de G. Goerres. 
Bruxelles de Mal, 1840, in 18. 

591. — Jeanne d'Arc, d'après les chroniques contemporaines... traduite 
de l'allemand par M. Léon Bore. Paris, Lyon, Périsse, 1813, in-8 de 
XVI-400 p. 

Fait partie de la Bibl. hist. et litl. dé la jeunesse et de Page mûr. 
Prix, 5 fr. Vente de Bouteiller, dem. mar. 2.. '10. 

B. Nat, I.b 26 54. 

CR. de YUnivevs, 1 et 7 août, 43 ; Quotidienne, G sept. ; Journal des villes 
et des campagnes, 1 août, 4 sept. ; Bibliogr. cal h., oct. 43 ; La mode, 
15 août, 44 ; Bev. des 2 mondes, 1856, 1 p. 315 et suiv. ; Sickel dans Histo- 
risch Zeilschrift, IV, p. 282. 

— >f< Le mémo... Deuxième édition revue et corrigée par le traducteur sur 
la dernière édition allemande. Paris, V. Leeoffre, 1880, in-8 de XY11I- 
414 p. 



HISTORIENS ALLEMANDS 271 

Titre rouge et noir, prix 3 f. 50. 

13. Nat. Lb iG 54 bis. 

Cette traduction esta peu près celle de -1843, mais refondue, améliorée 
dans sa rédaction et mise plus en rapport avec le texte original. M. Bore 
étant mort avant la fin de L'impression, ce fut M. Ernest Faligan, docteur 
ès-lettres, qui acheva ce travail de révision. (Pourquoi ont-ils traduit Magd 
par servante, au lieu de jeune fille? Magd c'est la tille du peuple). 

« Si l'ouvrage de Gœrres n'a plus l'attrait spécial qu'il offrait lorsqu'il 
était une des rares histoires consacrées à la Pucelle, il apporte toujours le 
témoignage précieux d'un étranger impartial, d'un catholique compétent 
pour apprécier comme (die le mérite cette mission surnaturelle. Il contient 
des observations inspirées par une foi profonde et dont noire époque, 
comme celles qui l'ont précédée, pourrait bien se faire une application 
utile, sur la relation qui excite dans les plans providentiels entre la cor- 
ruption d'une nation et les maux dont elle est frappée, de même qu'entre 
son salut et la pureté des instruments destinés à la régénérer. » 

CR. Jeannin dans Diltl. cath., avril 86, p. 332-6 ; A. Desplagnes, Rev. des 
institut, et du droit, avril 80, p. 360 ; Ernest Faligan, Semaine des familles, 
26 sept. 85, p. 618-20; Rev. des quest. hist. 86, p. 674; M. Sepet, Polybi- 
blion, nov. 88, p. 444. 



592. [YVAIBEL (Aloïs-Adalbert), religieux à Staufen (Bavière).] — 
* Die JuDgfrau von Orléans. Eioe der schônsten Geschichten aus dem 
fiinfzehnten Jahrhunderte. Xeu erzahltund vorziiglich der reifern Iugend 
gewidmet, Mit eïnem Titelkrupfer. | La Pucelle d'Orléans. Une des plus 
belles histoires du xv e s. Nouvellement raconté pour la jeunesse, avec 
un frontispice], par l'abbé Théophile Nelk [pseudonyme de Waibel]. 
Landshut und Regensburg , Joseph Manz, IH'\Z, in-8 de VI-279. 

Vente de Latour, dem. vél. 1.50. 

En frontispice, grav. s. cuivre signée J. B. Die Iungfrau von Orléans, 
portrait avec le chapeau à plumes. 

Cet ouvrage est l'œuvre d'un catholique fervent, ayant foi au miracle, il 
est inspiré en grande partie de celui de Goerres. 



593. SCHM1DT, (Le doct.). — Geschichle von Frankreich. Ham- 
bourg, Perthes, 1810, in-8. 

Gollect. de YHist. des étals européens de Heeien et Ukert. 

T. II, p. 291 et suiv. notice très élogieuse sur Jeanne d'Arc. 

« Sa ferme hardiesse et son inébranlable courage, son intelligence dans 
la disposition et la conduite du combat, le zèle et la persévérance avec la- 
quelle elle partageait tous les dangers et les fatigues de la guerre, excitait 
l'admiration des chefs les plus expérimentés. Sa prévoyance pour les sol- 
dats malades ou blessés avait encore accru le respect à son endroit ; la pu- 
reté et la sévérité de ses moeurs lui avaient mérité les hommages de tous. 
Mais elle resta constamment pieuse et humble villageoise, déclinant les 
honneurs qu'on voulait lui rendre et avouant qu'il fallait seulement remer- 
cier Dieu de ce qu'elle avait fait. » 



591. |1IFXBEL (Frédéric)]. — Geschichte des Iungfrau von Orléans bei 
Franz. J. F. S. nom, Hamburg, Berrensohn, 18i0, in-8. 



272 HISTOIRES GÉNÉRALES 

595 X... —Jeanne d'Arc ou la Pucelle d'Orléans. Johanna von Arc, 
oder die Pucelle von Orléans. S. lieu [1840], pet. in-12 de 104 p. 

Au verso le texte fiançais, au recto La traduct. allemande. 
C'est une histoire de Jeanne divisée en trois sections, inspirée surtout 
de l'abbé Velly, continuée par Villaret et Garnier. 

596. X... —Die Iungfrau von Orléans. Resultate der neuesten Fors- 
chungen. [La Pucelle d'Orléans. Résultat des récentes recherches]. 
[Berlin, 1842] in-4, à 2 col. de 16 p. 

Extrait de Magazin fur der Literatur des Auslandes, n os 63-67 ; 27, 
30 mai, 1, 3, 6 juin 42, in-4 à 2 col. 

Fut fait à propos de Part, de Lord Mahon, paru la même année dans 
Quaterly review ; estime étude critique très détaillée d'après les ouvrages de 
Buchon, Petitot, Monmerqué, Guizot, Sismondi, etc. 

597. RAUMER (Fr. von). — Ueher Johanna d'Arc, die Iungfrau von 
Orléans Vortrag, gehalten im Wissenschaftlichen Vereine den 27 Jan- 
uar. [Sur la Pucelle d'Orléans, conférence donnée à la Société scienti- 
fique le 27 janvier 1844]. Leipsig, 1845, in-8 de 45 p. 

Extrait de son Historische Taschenbuch, t. VI, p. 445-90. 

« La limite du naturel est difficile à connaître, mais un écart pareil ne 
saurait être nié purement et simplement comme impossible, pas plus qu'il 
ne saurait être accepté à la légère sur des raisons futiles. » 

Voici sa conclusion : « lue étude impartiale confirme la sentence du 
procès de réhabilitation et montre que la Pucelle appartient aux figures 
les plus nobles et les plus rares, lesquelles ne perdent rien à la lumière de 
la vérité historique, mais gagnent sous tous les rapports. » 

Vente Zahn, 1892, 3 fr. 

598. PFEIFFER (Fr.). Bibliothécaire du roi de Wurtemberg. — Zur 
Geschichte der Iungfrau von Orléans. [Leipsig, 1847], in-8 de 2 p. 

Extrait de Serapeum, p. 357-59. 

Ce sont deux pièces trouvées dans un ms du xv c s. de laBibl. de Stuttgard 
(n° 1 Médira) : 1° une lettre écrite en juin 1429, au moment ou Charles VII 
partait pour Reims, probablement par un des agents envoyés en France 
par quelque puissance de la haute Allemagne. Elle ne porte ni adresse ni 
formule d'adieu, les signatures sont « Comte Vaste et Jean Bottenbof » 
l'allemand en est assez médiocre. 

2° Un rapport de Jean Desch de la ville de Metz, probablement au même 
personnage, faisant connaître tous les bruits qui circulaient dans l'Est de 
la France au moment du sacre du roi à Reims. C'est cette pièce qui nous 
apprend le refus des Flamands et des Picards de prendre les armes à ce 
moment contre Charles VII et la Pucelle, et la soumission de Vitry, Sainte 
Menehould et Epernay (16 juill. 1429). 

Quicherat a reproduit ces deux pièces, t. V, p. 347-55. 

599. PAELI (Reinhold). — Die Iungfrau von Orléans. [Gotha, 1858], 
in-8. 



HISTORIENS ALLEMANDS 273 

Extrait de Geschichte von England, t. V. p. 220 et suiv. 

« Le procès de Jeanne nous a fourni les matériaux les plus sûrs de la vie 
merveilleuse de l'héroïne et les preuves les plus indubitables de son inno- 
cence. Ses réponses furent ingénues et nettes, sa défense même au milieu 
des souffrances du cachot et en face de la torture fut terriblement humi- 
liante pour le fanatisme brutal de ses juges ecclésiastiques. » 



600. PAULI (R.). — Die Iungfrau von Orléans. {Gotha, 1860], in-8 
de 30 p. 

Extrait de Dihler aus Alt-England. [Esquisses de la vieille Angleterre], et 
aussi Zweite Auflage, Gotha, 1876, p. 303-333. 

« Ce qui était pour ses contemporains un prodige du ciel ou une élucu- 
bralion do L'enfer, reste aussi pour les esprits impartiaux une énigme. Elle 
est là au naturel, si humainement belle, si magiquement sublime, qu'aucun 
art, ni la poésie; ni la peinture, ni la sculpture, n'est capable de rendre 
dignement cette pure figure historique. Il n'y a point ici de légende, mais 
seulement des faits avérés, authentiques, qu'il faut lire dans de nombreuses 
et sobres relations. » 

. « ha Pucelle d'Orléans quitta ainsi la vie, aussi admirablement et aussi 
noblement que n'importe quel martyr inspiré de Dieu... Puisse la France 
se montrer toujours frère de Jeanne et ne pas laisser de nouveau déna- 
turer cette chaste figure telle que l'a dépeinte l'histoire. » 



601. HASE (le Doct. Charles). — Neue Propheten. Drei historisch- 
politische Kirchenbilder. [Nouveaux prophètes. Trois portraits religieux, 
historiques et politiques]. Leipsicj, 1857, in-12 de 96 p. 

Renferme trois vies : Jeanne d'Arc, Savonarole et Jean de Leyde. 

Cette histoire de Jeanne est assez bien racontée et assez complète, 
malheureusement l'auteur essaye d'expliquer, comme Hecker, le surnaturel 
par le système nerveux. « Ses voix sont pour elle, sans qu'elle s'en doute, 
son âme propre et sublime, comme le démon de Socrate, c'est pourquoi 
elle se laisse guider par leurs conseils et dit tout naïvement de ses saintes : 
je suis toujours de leur avis. » Et Hase a l'air de remettre les victoires de 
Jeanne, la délivrance de la France, le rétablissement de la monarchie au 
seul fait du hasard. « Ne faut-il pas que tout coïncide pour que l'histoire 
d'un peuple s'accomplisse ? Combien ne devait-il pas survenir pour nous 
de choses fortuites et imprévues avant que le trône impérial et guerrier 
s'élevât sur les ruines de la Révolution française ! » 

Il rend hommage à la bonne foi de Jeanne, « à son ardeur de dévotion, à 
'son abandon complet en Dieu, qui la rendent l'égale des plus grands saints 
du Moyen âge. » Toutefois Hase met dans la bouche de l'héroïne cette pa- 
role, qui non-seulement n'est établie par aucun texte mais encore est ma- 
nifestement fausse parce que l'expression de renommée n'est point de 
l'époque et qu'il est manifestement prouvé que Jeanne ne demanda jamais 
à ses voix que le salut de son âme : « Ce n'est pas du sang qui jaillit de 
ma blessure, c'est de la renommée. » 

— Le même : Die Iungfrau von Orléans. Zweite verbesserte Auflage. 
Neue Propheten. Erstes Heft. [Deuxième édition augmentée, premier 
cahier de Nouveaux prophètes]. Leipsig, Breitkopf und Hœrtel, 1801, 
in-12 deXVIIl-164 p. 

Ventes de Latour, dem. vél. 1 fr. ; de Bouteiller, cart. 1.50. 

18 



274 HISTOIRES GÉNÉRALES 

(502. SICKEL (Théodore). — * Jeanne d'Arc. Mùnchen, Wolf, 1860, 
gr. in-8 de 60 p. 

Tirage à part d'une notice parue dans Historicité Zeitschrift de Sybel, 
t. IV, chap. 2 p. 273-330. 

D'après les travaux de Quicherat, Wallon, Goerres, Desjardins. Passe en 
revue les diverses questions relatives à notre sujet : Quel fut le rôle de 
Charles VII, de l'inspiration divine, etc. 

L'explication que donne Sickel de l'inspiration de Jeanne est bien peu 
satisfaisante ; il se contente de rééditer les théories de Hecker, (voy. int'rà, 
n oS 705) et de Hase, cité suprà. 11 cherche à expliquer les prédictions ; 
c L'épée de Fierbois, dit-il, Jeanne a pu en avoir connaissance, l'avoir vue 
ou s'être douté qu'on trouverait bien une épée quelconque dans l'un des 
tombeaux. Ce sont ses propres souvenirs et ses propres sentiments qu'elle 
crut entendre de la bouche de ses saintes, quand celles-ci lui racontaient 
la détresse de son pays. » Avec cela, Sickel nous donne un très beau por- 
trait de l'héroïne : « La Pucelle nous montre par sa figure, ce que peuvent 
la foi et le patriotisme : entraîner à une lutte juste et victorieuse toute 
une nation pour son indépendance... » 



604. STRASS (le Doct. K. Fr. Henri), conseiller de justice. — * Jeanne 
d'Arc die Iungfrau von Orléans, deren wahrhafte Geschichte, ihr Pro- 
cessrihre Verurtheilung, ih, Feuerlod und ihrem Ehrenrettung, darges- 
tellt nach den auf der Kaiseriche Bibliotek zu Paris befindlichen Unfer- 
suchungsakten und den soustigen besten Quellen. [La Pucelle d'Orléans, 
son histoire vérilable, son procès, sa condamnation, sa mort sur le bû- 
cher et sa réhabilitation. Exposé d'après les actes du procès qui se 
trouvent à laBibl. impér. de Paris et d'après d'autres sources les plus 
authentiques]. Berlin, Fôrster, 1862, gr. in-8 de III-177 p. portrait. 

B. Nat. Lb 26 121. 
Prix 3 fr. 

Excellente biographie : « Parmi les plus nobles figures de tous les 
temps, on doit placer sans conteste la magnanime Jeanne d'Arc. Il est per- 
mis d'affirmer d'elle ce qu'on ne pourrait dire que de bien peu : la poésie 
et la fiction n'ont pu la poser plus admirablement que la réalité, elle ne 
fait que gagner au contraire à la pure simplicité de la vérité historique. » 

605. EYSELL(Herm.) — Geschichte der Jungfrau von Orléans. Rinteln, 
1863, in-4 de 139 p. 

606. EYSELE (le D 1 ' George-Frédéric), profess. titul. de dogme au gym- 
nase de Rinteln. — * Iohanna d'Arc, genannt die Iungfrau von Orléans. 
Ihre Iugend, ihre Thaten und ihre Leiden, getreu nach den Quellen mi- 
ter steteni Ilinweis auf dieselben und mit Benutzung der besten lïiilfs- 
mittel dargestellt. [Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans. Sa 
jeunesse, ses exploits, sa vie et ses souffrances. Exposé fidèlement d'après 
les documents originaux avec des renvois perpétuels aux sources]. Tte- 
gensburg, Mimz, 1864, in-8 de VIII-744, p. 



HISTORIENS ALLEMANDS 275 

B. Nat. Lb 2G 128. 

Histoire très complète et soigneusement faite d'après Quicherat ; l'ouvrage 
le plus étendu que possède l'Allemagne sur noire sujet. 

Sur la question d'inspiration Eysell se range lui aussi à l'avis de Hecker, 
Hase et Sickel « parce que, dit-il ces explications jettent sur la vie morale 
de la Pucelle une lumière absolument éclatante. Son Histoire ne perd de 
cette façon rien de sa magnificence. On ne peut lire sa vie et ses actions 
sans reconnaître le doigt de Dieu dans les mille hasards, conjectures, coïn- 
cidences, rencontres, et nulle part ailleurs dans l'histoire universelle on 
ne rencontre un épisode si merveilleux. Et pourtant ici ce merveilleux pa- 
rait naturel, de sorte que le prodige devient partout nature, comme la na- 
ture devient prodige. » 

« Où trouverons-nous un sentiment de foi plus profond, une plus ardente 
piété que dans cette âme de jeune fille? Un amour pareil au sien, pour 
son peuple et pour son roi ?... » 



- Le même... fur Gebildete aller Stânde dargestellt. Volstandiger Text 
aus des Verfassei'sgrosseren Werke. [Texte complet du plus gros ouvrage 
du môme auteur]. Regenshurg, G. J. Manz, 18Gi, in-8de 1V-579 p. 

Vente de Bouteiller dem. mar. 2 fr. Est une édit. abrégée quant aux no- 
tes. 

Eysell a donné en outre un excellent commentaire de la tragédie de 
Schiller avec notes historiques et critiques, (Voy. infrà n° 1878). 



60T. LIEBETRLÏT (le doct. Frédéric). — Geschichte und Kritik der 
Iungfrau von Orléans. [Histoire et critique de la Pucelle d'Orléans]. 
[Gotha,, Schloetzmann, 1869], in-12 de 108 p. 

Extrait de Vortrœge, p. 39-147. 

Ce sont deux conférences faites par Liebetrut à Madère en 1864, d'après 
l'ouvrage de Eysell. L'auteur évite de se prononcer sur la question de l'ins- 
piration divine. 



608. HITZIG (J. E.) undlEERIXG. - Johannad'Arc.Z,ei/m>.S.D. 
in-12. 

Est le tome XXI, 2 e série, de Der neue Pitaval. Eine Sammlung der Inte- 
ressanteslen Criminal geschichten aller Lœnder aus selterer und neuerer Zeit 
en 60 vol. 1857-91. 

Est une histoire traduite de celle de la collection française de Gayot de 
Pitaval, voy. supra n° 138. 



G09. HAGEN (le Doct. Frédéric-Guillaume) prof, à l'Univ. d'Erlangen.— 
Die Iungfrau von Orléans. Erlangen, Eduard Besold, 1870], in-8 de 
30 p. 

Extrait de Studien auf dem Gehiete der Aerztlichen Seelenkunde, p. 86 
116. 



276 HISTOIRES GÉNÉRALES 

G I O. X... — Gedenkblalter an Iohanna d'Arc, die Iungfrau von Or- 
léans, enthaltend ihr Bildniss die Abbildungen der ihr zuehre errichte- 
ten Standbilder und eine Skisse ihres Lebenslaufes. [Album de Jeanne 
d'Arc, la Pucelle d'Orléans, contenant son portrait, les images des monu- 
ments à elle érigés et un abrégé de sa vie. | Orléans, Herluison, 1870, 
in-8 grav, s. bois. 

Prix 4 fr. 

Réunion de grav. concernant Jeanne d'Arc, avec 1 f. de texte. 

61 1. SCHERR (Jean). — Jeanne d'Ark. Ein vortrag. [Leipsig, otlo 
Wigand, 1870] in-12 de 86 p. 

Extrait de Ferrago, p. 93-179. 

En épigraphe : Descendet virgo dorsum sagittarii et flores virgineos obs- 
curabit. (Vaticinium Merlini.) 

C'est une conférence publique donnée à Zurich le 27 janv. 70. L'auteur 
traite Jeanne en visionnaire, tourne en ridicule le concile du Vatican et 
trouve le poème de Voltaire une satire pleine d'esprit. 



61 *£. YOLMAR (l'abbé) prof, de septième au petit séminaire de S te Croix 
d'Orléans]. — Gescbicbte der Iungfrau von Orléans und Beschreibung 
der Bas-reliefe auf dem Piedestale des Denkmales Ioanna d'Arc in Or- 
léans. | Histoire de la Pucelle d'Orléans et description des bas reliefs du 
piédestal du monument Jeanne d'Arc à Orléans.] S. nom. Orléans, Her- 
luison, 1871, pet. in-8 de 16 p. 

Tiré à o00 ex. prix 1 fr. 

613. RECKER(F.) — Iohanna von Arc, die Iungfrau von Orléans. 
[Frihourg in Breisgau, Ilerder'sche Verlagshandlung , 1872], in-12 de 
69 p. 

Extrait de Sammlung historischer Bildnisse, p. 83-lo2. 

Bonne biographie de la Pucelle qui n'offre rien de remarquable. 



614. BECKMANN (P.) prof, à l'Ecole profess. de Munster. — Fors- 
chungen i'iber die Quellen zur Geschichte der Iungfrau von Orléans. 
[Recherches sur les sources de l'histoire de Jeanne d'Arc.) Paderhorn, 
Iusermann, 1872, gr, in-8 de 96 p. 

Prix 1 f. 50. 

Est un catologue assez succinct dos différentes chroniques contemporai- 
nes qui ont parlé d'une façon plus ou moins détaillée de la Pucelle. Cette 
énumération de matériaux bien connus, rangés dans le même ordre que 
celui dans lequel les a donnés Quicherat, ne renferme aucune réflexion 
nouvelle, mais, cbose bizarre, l'auteur après avoir pillé Quicherat est ex- 



HISTORIENS ALLEMANDS 277 

trêmement sévère et injuste pour lui. En somme il ne cite que trois sour- 
ces de plus que Quicherat : La Chronique de Tournai publiée par Smet en 
1863 ; La Chonique des religieux des Dunes donnée par Kervyn de Letten- 
hove en 1870 ; La Chronique allemande de Herman Korner, fort peu impor- 
tante d'ailleurs. 

L'esprit de Beckmann est tout à fait mauvais. Parlant de Jean Chartier 
il dit que sans lui et sans sa manie du merveilleux, les apparitions comme 
Jeanne et autres semblables n'eussent pas été possibles. Considère-t-il 
donc l'histoire de la délivrance de la France par la Pucelle comme une lé- 
gende créée par Chartier ? 

Il accuse Quicherat de manifester de la prévention à l'égard de tous 
ceux qui n'admettent pas le point de vue français ou qui admettent un 
trait pouvant défigurer l'image par trop idéale que se font de Jeanne les 
Français. Enfin Beckmann allègue, sans le prouver d'ailleurs, que, lors de 
son procès, Jeanne eut recours à des inexactitudes compromettantes. 

CIL Revue critique 4 janv. 73, p. 8-9. 



615. R A1ISIIORX (C.) — Jeanne d'Arc. Leipzig, 1873, in-8. 

Extrait de Fraucn Portraits. Geschichtsbilder ans der Frauenwelt. Prix 
5 fr. 



CIO. IIEXXIXG (Frédéric). — * Die Iungfrau von Orléans. llistoris- 
ch'e erzâhlung fur die Iugend, mit vier Stahlstichen. [La Pucelle d'Or- 
léans, récit historique pour la jeunesse avec 4 grav.] Sluttgard, Schmidt 
iind Spring, S. D. in-18 carré de 99 p. 

Fait partie de Franz Hoffmann's lugendbibliothek à l'S pfennigs, en est le 
t. 217. 

Bon récit populaire dans le genre roman, fait dans un bon esprit ; jolie 
impression et 4 gravures hors texte : 1 Jeanne écoutant ravie le récit d'un 
pèlerin ; 2 Jeanne devant le seigneur de Vaucouleurs; 3 Jeanne au sacre de 
Reims ; i Jeanne sur le bûcher. 



61T. X... — Die Iungfrau von Orléans, ein Tugendbild aus vergangener 

Zeit fur s Volk erzâhlt Zweite Auflage. [La Pucelle d'Orléans, image de 
la vertu du temps passé, récit populaire, seconde édition.] S. Nom. Reut- 
lingen, 1875, gr. in -16 de 64 p. 



618. GERLER (Karl von). — Die Iungfrau von Orléans. 
Dans Nord und Sud XII, p. 04. 

619. HIR/EL (le clocl. C.) — Jeanne d'Are. Ein Vbrtrag gehalten im 
Tiïbinger Muséum. [Conférence faite au Musée de Tubingue|. [Berlin, 
Cart Hahel, 1875], in-8 de 48 p. 

Fait partie de Sammlunq Wissenchaftlicher Vortrasge de Virchow et Hol- 
tzendorff. livraison 227, t. X, p. 340-391-. Prix, 0,70. 

Cette étude est précieuse pour l'iconographie de la Pucelle. 



278 HISTOIRES GÉNÉRALES 

Voici ce que pense Hirzel du caractère de l'héroïne : « II est impossible 
d'admettre aujourd'hui le type du caractère donné par Shakspeare et par 
Voltaire : en faire une débauchée ou une fourbe serait rompre com- 
plètement en visière a^'ec la vérité. » llirzel repousse le merveilleux : 
« Etant donné le temps éclairé où nous vivons, nous ne pouvons considé- 
rer de telles idées que comme les élucubrations d'un siècle disparu. » Mais 
il avoue ne pouvoir donner aucune explication satisfaisante : « Les expres- 
sions exaltation, extase, ravissement, enthousiasme peuvent convenir à 
maintes dispositions d'esprit de la Pucelle, mais ils ne suftîusent pas et ne 
suffiront jamais à expliquer son caractère ni ses actions. » 

Il conclut ainsi : » Reconnaissons en elle une nature parfaitement saine, 
organisée d'une façon extraordinairement heureuse, douée des plus no- 
bles dispositions qu'elle a su conserver pures, un caractère naïvement 
plongé dans cette religiosité enthousiaste pour laquelle est levé le voile 
qui sépare le monde d'ici bas, du monde de là haut. » 



620. IHX'iniAÎ\\(J.) — Die Iungfrau von Orléans Vortrag... LLa Pu- 
celle d'Orléans, conférence]. Breslau, 1876, gr. in-8 de 43 p. 

Est consacré en grand partie à l'analyse de la tragédie de Schiller. 

621. KAUFMAW (Amara-George). — * Die Iungfrau von Orléans, 
Johanna d'Arc. Ein Lebensbild. [La Pucelle d'Orléans, Jeanne d'Arc, 
biographie] Wuertzhurg Léo Wœrl, 1877, in-8 de 149 p. 

Tirage à paît de Die Katholischen Studien, t. II, XVIII, XIX, p. 3jo-503. 

Excellente biographie concluant par un vœu de canonisation de la Pu- 
celle. L'auteur s'est inspiré pour ce travail de Wallon, d'Eysell, de Gœrres 
et de M. Sepet. 

Vente Zahn, 1892, 1 f. 75. 



622. IÎAÏ AIGARTE\ (Le prof. sup. D r ). — Geschichte der Iungfrau 
von Orléans. Nach den besten Quellen erzahlt, mit einem Portrait der 
Jungfrau, einer Karte des Kriegsschauplazes und einem Plane der Stadt 
Orléans. [Histoire de la Pucelle d'Orléans tirée des meilleures sources, 
avec un portrait de la Pucelle, une carte du théâtre de la guerre et un 
plan de la ville d'Orléans.] Cobunj, liiemann, [1879] in-8 de 40 p. 

Le portrait, la carte et le plan, hors texte, sont copiés sur ceux de 
l'ouvrage de Berriat-Saint-Prix, Coup d'œil etc.. publié en 1817, (supra 
n° 193) le texte est un résumé du même ouvrage. Se termine par une poésie 
en trois strophes de 6 vers 

Vente Zahn, 1892, 1 f. 73. 

623. SEMMIG (le doct. Herman) anc. prof, d'allem. au Lycée d'Or- 
léans. — * Die Iungfrau von Orléans und ihre Zeitgenossen, mit beru- 
chksiehtigung ihrer Bedentung fur die Gegenwart. [La Pucelle d'Orléans 
et ses contemporains, avec des considérations sur son importance pour 
le temps présent.] Leipsig, Albert Unflad, 1885, in-8 de VI-258 p. 



HISTORIENS ALLEMANDS 279 

B. Nat. Lb iS 223. 

Histoire savante de Jeanne qui traite h fond les diverses questions ac- 
cessoires comme la nationalité de Jeanne, l'apostrophe de son nom, 
Jeanne dans la poésie, etc.. Ce dernier chap. renferme notamment 
une bonne étude du poème de Chapelain. 

Il réfute le système de Hase sur l'inspiration et celui de Quicherat disant 
que tout ce que la Pucelle a prédit ne s'est pas réalisé. L'auteur ne veut 
pas chercher à expliquer la merveilleuse énigme des apparitions, pour 
Jeanne elles étaient la réalité. Il se contente de faire remarquer que dans 
ces visions elle n'a rien à faire avec l'Église : elle n'en parla jamais à son 
confesseur et vécut tout à fait comme la conscience protestante, dans un 
commerce immédiat avec les célestes messagers de Dieu. Il est une chose 
que toutes les canonisations du monde ne pourront désavouer, c'est le ca- 
ractère protestant de la personnalité de Jeanne, caractère qu'a établi si 
puissamment Michelet quand il a dit : Jaanne a établi sur le bûcher le 
droit de la conscience, l'autorité de la voix intérieure. » 

CR dans Muenchn. Allgemeine Zeitung, 1886, n° 29. 



— Le même. Zweite vermehrte Auflage. Leipsig, Siegismund und Vol- 
kening ,[1887], in -8 de 280 p. 

Prix 4 fr. Renferme un nouveau chap. intitulé Neueste Forsehungen où 
l'auteur passe en revue les derniers travaux publiés en France sur le su- 
jet. 

Cf. du même auteur dans Allegemeine Zeitung, 1888, suppl. n os 126 et 
suiv. et dans la même revue 1887, n os 136-60, Isabeau von Bayern, Kœnigin 
von Frankreich, où il est encore question de notre sujet. 



62ÎJ bis . Kl'EHXI-:. — Das Màdchen von Orléans. 

62-1. Schauerte (Fr.) — Die Iungfrau von Orléans. Franck fur t, 1888, 
in-8 de 16 p. 

Prix 0.50. 



62 4 bis . RIEIÏS (D,), doct. en théolog. — Die Iungfrau von Orléans. Ein 
Kirchengeschichtliches Bild aus dem XV lahrhundert. [La Pucella 
d'Orléans. Un portrait de l'histoire religieuse du xv e siècle]. Berlin, 
Wiegandt und Griehen, 1800, in-8 de 100 p. 

En frontispice lithographie représentant Jeanne rendant grâce à Dieu 
après son entrée à Orléans, d'après un portrait de Herm. Stilke. 

Après un coup d'oeil sur la popularité moderne dont jouit Jeanne d'Arc, 
l'auteur examine si cette popularité est méritée ; il passe sommairement 
en revue les hauts faits de l'héroïne et étudie tout spécialement quelle fut 
son attitude vis-à-vis de l'Eglise ; la soumission qu'elle lui montra et sa 
condamnation pourtant comme hérétique. L'Eglise reconnaît son éclatante 
innocence. 

Vente Zahn, 1892, 2 fr. 



280 HISTOIRES GÉNÉRALES 

625. MAHRENHOLTZ (Richard). — Jeanne Darc in Geschielile, 
Légende, Dichtung auf Grund neuerer Forschnng, dargestellt mit 
Kartchen. [Jeanne d'Arc dans l'histoire, la légende, la poésie, pour fon- 
der une opinion nouvelle, avec une carte.] Leipsig, Benger (Gebhardt, 
und Wilisch), 1890, in-8 de 174 p. et une carte. 

Prix, 4 fr. 50. 

B. Nat. Lb :G 268. 

Histoire de Jeanne en dix chapitres, dans laquelle la passion rationaliste 
transpire à chaque page. En dépit des témoignages des compagnes d'en- 
fance de Jeanne, M. Mahrenholtz n'admet point qu'à Domremy la piété de 
Jeanne se soit élevée au-dessus de l'ordinaire. Il y avait au contraire, selon 
lui, dans la famille d'Arc des sentiments anticléricaux assez prononcés 
que Jacques d'Arc avait nécessairement dû apporter de Ceffonds, son pays 
d'origine, à cause de l'oppression que les moines de Montierender avaient 
dû faire peser sur ce pays dépendant d'eux. M. Mahrenholtz adopte pleine- 
ment la thèse de l'hallucination : il apporte même à l'appui une observa- 
tion nouvelle : la chaleur du jour d'été où S'-JVIichel apparut à Jeanne pour 
la première fois. Au reste les visions de Jeanne ne lui apprirent pas grand 
chose et le fameux secret révélé à Charles VII, dont les juges de Rouen 
désiraient tant connaître la nature, est aux yeux du profond érudit de Leip- 
sig une pure fiction légendaire. Aussi Charles ne crut-il jamais à sa mis- 
sion. Les historiens sont d'accord pour considérer La Trémoille comme le 
mauvais génie de la cause française à cette époque. Erreur profonde ! C'est 
lui qui avait pleinement raison, notamment contre la Pucelle, dont la perte, 
causée par son manque de mesure, fut un bonheur pour la France (p. 46). 

Les Orléanais se sont plu et se plaisent encore à attribuer la délivrance 
de leur ville au secours surhumain de l'héroïque vierge. En réalité, Orléans 
n'était pas sérieusement menacé. Le danger n'existait que dans l'imagina- 
tion des ecclésiastiques renfermés dans ses murs, dont l'égoïsme soupi- 
rait après une capitulation, parce qu'ils ne pouvaient plus clans une ville 
assiégée, faire bombance. Les succès obtenus à Orléans, à Jargeau, à Patay 
ne doivent pas être attribués au mérite de Jeanne, car chaque fois qu'on a 
laissé celle-ci agir à sa guise, comme à Paris et à Compiègne, elle a 
échoué. L'auteur n'hésite donc pas à refuser à Jeanne le surnom glorieux 
de Pucelle d'Orléans que la naïveté superstitieuse des bourgeois de cette 
cité lui décerna, qu'elle porte depuis plus de 400 ans et que, sans la superbe 
intervention de M. Mahrenholtz, elle aurait peut-être conservé jusqu'à la 
dernière postérité. Telles sont les conclusions de cet « étonnant érudit, 
comme le dit M. Sepet, que nous nous permettons de considérer comme 
une des curiosités du royaume de Saxe et de la librairie Renger. » 

CR. de M. Sepet dans Rev. des quest. hist. 1 er juill. 90, p. 282 et dans Le 
monde, 8 août 90 ; de J. Sarrazin dans Zeitschrift fur franzœsische Sprache 
, 30 juill. 91, p. 54-56. 



P. — Autres historiens étra 



620. VIRGILE (Polydore). — Historiée anglicanœ libri XXVI, Bâle, 
1534, in-fol. 

Au livre XXIII, cet italien raconte l'histoire de la Pucelle. Bien qu'il 
appelle l'héroïne Puella Del vates, et qu'il la reconnaisse inspirée de Dieu, 
il est assez injuste pour elle, et très partial pour ses juges qu'il cherche à 
excuser, en somme son portrait est très altéré 

Lenglet. t III en a donné un extrait, ainsi que Quicherat. 



— Le même. Bâle, 1536, 1546, 1555 in-fol. 

— Le même. Libri XXVII, B;\le, 1570, in-fol. 

— Le même. Gand, Corn. Manilius, 1556 et ausii sans date 2 v. in-8. 

— Le même, ex nova editione An t. Thysii, Lyon, Maire, 1619, in-8 et 
aussi 1651. 

Prix 6 fr. L'hist. de Jeanne se trouve p. 467 et suiv. 



627. MEXEGIIELEI (Antonio-Maria). — Giovanna d'Arc. Padoue, 
1841, in-8 de 16 p. 



628. BRACCIOLIXI (Jacopo di Poggio). — Novella délia pulzella di 
Franeia, dove si raconta l'origine délie guerre fra i Francesi e gli ln- 
glesi. [Histoire de la Pucelle de France où se raconte l'origine des guerres 
entre les Français et les Anglais]. Lueca, presso Baccelli, 1850, in-8. 

B. Nat. Lb 2 « 102 Rés. 



620. CROLLALAÎVZA (G. B,), memb. de la Soc. scient, et littér. 
d'Orléans. — Origine e Gesta di Giovanna Darco. [Origine et histoire de 
Jeanne d'Arc]. Marni, Typ. del Gallamelala, 1859, in-8 de 139 p. fig. 
s. bois dans le texte. 

Ce qu'il y a assurément de plus original dans cet ouvrage, c'est, p. 28 et 
suiv., une dissertation étrange sur l'origine toute italienne de Jeanne 
d'Arc. 



282 HISTOIRES GÉNÉRALES 

— La même édition : Deuxième édilion augmentée. Marni, typ. del Gat- 
tamelata, 1802, in-8 de 151 p. 



Avec 13 fig. s. bois dans le texte, prix, 4 fr. 



B. Nat. Lb 26 116. 



C'est la même édit. à laquelle on a ajouté in-fine 2 p. d'une poésie inti- 
tulée Giovanna Darco par Giuseppe Pinelli. 

— La môme édit. avec une feuille de titre nouvelle : Marni, Gatlame- 
lata ; Orléans, Herluison, 1862. 

630. VEXTURA (G.). — Storia di Giovanna d'Arco, detta la Pulzella 
d'Orléans, donna cattolica. [Histoire de Jeanne d'Arc, dite la Pucelle 
d'Orléans, vierge catholique]. Genova. 1874, in-16 de 48 p. 



(KM. LATOL'R (A. de). — Jeanne d'Arc chez les historiens espagnols. 
Paris, Bureau de la Revue britannique, 1875, in-8 de 16 p. 

Tirage à part de la Revue britannique, sept. 75, p. 103-110. 

Prix, 1 fr. Vente de Latour, 2 fr. 

Cet ouvrage est l'analyse de la Juana de Arco, drame de Taraayo y Baus 
(voy. infrà n° 1918) qui n'est qu'une pâle imitation de la pièce de 
Schiller. « Trop souvent, dit Latour, l'imitateur passe outre et résume, de 
telle sorte que d'un drame vigoureux et amplement développé il n'a pour 
ainsi dire tiré qu'une sorte d'opéra. » De la Virgen de la Lorena d'Herranz 
(voy. infrà n° 1919) ; de l'Histoire de Mariana; de la Défense des femmes 
de Feijoo ; enfin de la chronique du connétable de Lima. 



632. X... — * La Poncella d'Orliens. Comienca la destruycion de Fran- 
cia cuyo remedio fue casi la Poncella del cielo venida. [Ici commence la 
destruction de France dont le remède fut la Pucelle venue du ciel.] 

In fine : Imprimiose la présente cronica d'ia Poncella en la muy leal 
ciudad de Sevilla por Dominico de Robertis a V de noviemhre afio de 
AIDXII (1512), pet. in I golh. à long. lign. de 42 lî. n. chilï. 

Un des ouvrages les plus rares sur notre sujet, que Brunet n'avait pas 
vu. Il parut pour la première fois à la vente de D. José Miro où un ex. en 
très mauvais état, incomplet et réemmargé, atteignit 1500 fr. On dit qu'un 
ex. périt clans l'incendie des Tuileries en 1871. La Bibl. nat. acheta un 
autre ex. en 1879 au prix de 1500 fr. 

Quicherat avait cru un moment que c'était là une œuvre due à Hernando 
del Fugar, mais il s'aperçut bien vite que cet opuscule n'était, en dépit de 
son titre, qu'un roman tissu de fables sans aucune valeur historique, où le 
caractère de la Pucelle était rendu méconnaissable. « L'héroïne, dit Qui- 
cherat, t. V, p. 374, ne rêve que stratagème, massacres. Elle est féroce et 
dépouillée de toute inspiration religieuse ; autour d'elle ont été accumulés 
des incidents sans nombre où la chronologie et la géographie sont violées 
de la façon la plus ridicule. » 

Jeanne pénètre auprès du roi assiégé dans Orléans, par stratagème, elle 
gagne sa confiance en lui offrant de beaux fruits qu'elle avait apportés 



HISTORIENS ÉTRANGERS 283 

avec elle. A la tête de l'armée, elle s'empare de Tours, de Poitiers et de 
Rouen. Elle est faite prisonnière par le duc de Savoie qui ne lui rend la 
liberté qu'après qu'elle eût guéri ce prince dangereusement malade. Elle 
emporte d'assaut Ralicalapan, délivre Bourges, Paris, s'empare de tout le 
pays entre la Rochelle et Toulouse, de Cambrai, d'Arras et chasse finale- 
ment les Anglais. 

L'auteur a voulu donner à la vie de son héroïne un dénoûment à peu 
près tel qu'aurait dû le faire la reconnaissance de Charles VII. Il lui fait 
offrir le duché de Berry et la fait jouir d'une autorité telle qu'on peut dire 
qu'elle gouverne l'État. Son père est fait comte, son frère archevêque, ses 
autres parents évêques ; tous les princes illustres de la terre, le roi de 
Chypre notamment, la demandent en mariage ; elle finit sa vie en lisant et 
discutant les grands héros de l'antiquité. 

L'auteur en terminant dit : « Dieu qui créa cette héroïne si merveilleuse, 
pourrait seul écrire dignement son histoire. » 

Un épisode tout à fait imaginaire est le suivant : Jeanne d'Arc assiège La 
Rochelle, n'ayant pas assez de forces pour s'en emparer « elle expédia des 
ambassadeurs à Don Juan, le priant de lui envoyer quelques vaisseaux de 
son royaume de Castille, Les ambassadeurs de France furent reçus avec 
grandes fêtes par le roi Don Juan a Valladolid, l'an 1436, au temps de la 
grande faveur de Don Alvaro de Luna, maître de Saint-Jacques. Celui-ci, 
passionné qu'il était pour les personnes de grand courage était fort occupé 
des belles actions de la Pucelle et poussa le roi à lui prêter sa flotte. On 
envoya donc 35 vaisseaux de guerre et 15 caravelles munis d'hommes, 
d'armes et de munitions. Et par toute la cour le maître regardait la signa- 
ture de la Pucelle et la montrait aux grands du royaume comme si cette 
dépêche fût venue du ciel, car son renom non seulement en France mais 
dans le monde entier était tenu en grand honneur plus que ne le fut 
jamais celui d'empereur ou de prince. » 

Cet épisode tout à fait de fantaisie a été reproduit dans une des plus re- 
marquables et des plus sérieuses productions historiques de l'ancienne lit- 
térature espagnole, dans la Cronica (anonyme) de Don Alvaro de Luna, au 
chap. XLVI : « Corao la Poncela estando sobre la Rochela envio a pedir 
socorro al Rey e de lo que el condestable fizo por ella. » Milan, 1546, et 
aussi édit. de D. Miguel José de Flores, Madrid, 1784, in-4 p. 131. Dont 
Quicherat a reproduit un extrait, t. V. 



- Le même. Historia de la Ponzella de Francia (dorleans) y de sus gran- 
des sechos ; sacados de la cronica real por un cavallero discreto, embiado 
por ambaxador de Castilla a Francia por los reyes Don Fernando y Isabel. 
| Histoire de la Pucelle de France (d'Orléans), et de ses hauls faits, tirés 
de la chronique royale par un chevalier distingué envoyé comme am- 
bassadeur de Castille en France parles rois Fernand et Isabelle.] Sevilla, 
Juan Cromherger, 1530, in-4, 

La Biblioth. de Vienne en Dauphiné en possède un ex. 

- Le môme. Burgos, Pli. Junla, 1557, pet. in-i, goth. 

Vente Hébert mar. vert 17 shell. 

- Le même. La Hystoria de la Ponzella de Francia, y de sus grandes 
hechos, sacados de la chronica real por un cavallero discreto, embiado 
por ambaxador de Castilla a Francia por los serenissimos reyes don 
Fernando y dofia Isabel, a quien la présente se dirige. Ano de MDLX1I. 



284 HISTOIRES GÉNÉRALES 

In fine : Impresso con licencia en Burgos en casa de Philippe de 
Junta ano de MDLXI1 (1562) in-4 de 40 ff. 

B. Nat. Rés. Lb 26 252. 
Les Biblioth. de Barcelone et de Madrid ne possèdent aucune de ces édit. 

633. PUYMAIGRE (Th. de). — La chronique espagnole de la Pu- 
celle d'Orléans. Paris, V. Palmé, 1881, gr. in-8 de 18 p. 

Tirage à part de la Rev. des quest. histor., janv. 81, p. 553-66. 
Tiré à 100 ex. 

Est une étude analytique fort intéressante de l'ouvrage précédent, La 
Poneella d'Orliens, à propos d'un ex. que la Bibl. nat. venait d'acheter en 
1879. 

M. de Puymaigre fixe la rédaction de cette chronique aux environs de 
l'année 1460. Il étudie ensuite fort judicieusement les rapports entre La 
Poneella d'Orliens et la Cronica de D. Alvaro de Lima. Il conclut d'une cer- 
taine phrase que le récit imaginaire du siège de La Rochelle parla Pucelle 
et des secours envoyés à l'héroïne par D. Juan a été emprunté vers 1460 
par l'auteur de la Cronica à la Poneella, celle-ci daterait donc elle aussi de 
cette époque. 



634. AV^ALOS (D. Diego d'). — Primera (e seconda) parte de la mis- 
celanea austral en varios coloquios, interlocutores Delio y Cilena, con 
la defensa de Damas. Lima, Ant,Rieardo, 1002-03,2 part, en 1 vol. pet. 
in 4 de GCXIX f. et 8 de table. 

Vente S... 1892, chag. 50 fr. 

Prose mêlée de vers. Le 37 e octave du chant II, seconde partie, est con- 
sacré à Jeanne : « Venga Poncela luz de los Franceses... » 



635. MARI AXA (le P. Jean de) la O de Jésus. — Historiée de ré- 
bus Hispaniee libri XX. Tolède, Pierre Rodrigue, 1592, in-fol. 

B. Nat. O 52. 
Vente D... 1872 12 fr. 

Au fol. 959 courte mais exacte notice sur notre sujet. Le ton est simple, 
grave et mesuré, les détails précis, toutes qualités rares chez les meilleurs 
écrivains espagnols. C'est une raison de croire que le P. Mariana avait con- 
sulté les mss des procès, durant le temps où il professa la théologie à Paris, 
vers 1567. 

Voici ce qu'il dit de l'inspiration de Jeanne: « Cette jeune fille se pré- 
sentaau camp des Français et leur dit qu'obéissant à une révélation divine, 
elle venait délivrer Orléans du péril qui le menaçait... » 

... C'est encore l'opinion commune que cette jeune fille a été condamnée 
injustement et qu'elle est l'honneur éternel de la France, elle sera fameuse 
dans tous les siècles et illustre entre toutes les femmes, comme le décla- 
rèrent les juges à qui le Pape Calixte déféra cette cause plusieurs années 
après. » 

— Le même. Maguntîse, Imprimis heredum Andrece Wccheli, 1005. 



HISTORIENS ETRANGERS 



285 



636. LATOUR (A. de). — Juana de Areo la doncella de Orléans par le 
Padre Juan de Mariana con una noticia biographica de Don Antonio de 
Latour. Orléans, Herluison, 1877, in-8 de 17 p. 1 fig. 

C'est un extrait de ce qui est relatif à notre sujet avec traduction fran- 
çaise en regard. 

Tiré à 56 ex. sur pap. de Holl. et 4 sur vél. Prix, 4 fr. Vente de Latour, 
2 fr. 

Nous donnons ci-joint le portrait. 




-. \5SS^> 



637. ZAXTEX (L. van). — Treur-Toonel per Doorluchtige Vrouvven. 
Amsterdam, 1699, 2 t. en 1 vol. in-4. 

Fig. sur cuivre de J. Luykcn. Un chap. est consacré à la Pucelle d'Or- 
léans. 
• Prix 5 fr. 



638. MEXS1XG (G. M). — * De Maagd van Orléans. Historische Ro- 
man, door den schryfer van Aumerle, Ceesar Borgia, Euz. Naar het en- 
gelsch door C. M. Mensing. [La Pucelle d'Orléans roman historique par 
l'auteur d'Aumei le, César Borgia, etc. adaptée de l'Anglais par C. M. 
Mensing.] Amsterdam, P. N. Van Kampend. 1830, 2 vol. gr. in-8, 

Est la traduction du roman historique de .1. Robinson (voy. suprà n°. o!7). 



286 HISTOIRES GÉNÉRALES 

630. AL.MA. — * Jeanne d'Arc. Een verhaal nit de Vijftiende eeuw. 
door de sehryfsler van de familie Schonberg Cotta, nit het engelsch door 
Aima. [Jeanne d'Arc, récit du xv° s. par l'auteur féminin de « la famille 
Schonberg Cotla » traduit de l'Anglais par Aima.] Amsterdam, AV. H. 
Kirherger, 1879, gr. in-8 de 24i p. 

640. DIcïK (J. van). — Biaise Pascal. Girolamo Savonarola et Jeanne 
d'Arc. Arnhem, 1891, in-8. 

Prix '6 fr. 

641. X... — Iohanna d'Arc, eller Frankrigs Skytsengel. [Jeanne d'Arc 
ou l'ange protecteur delà France]. S. nom. Christiania, 1871, in-8. 

642. GJOERWEL (Carl-Cbristophersson). — Lefvernes Beskrifning 
om Johanna d'Arc. [Récit de la vie de Jeanne d'Arc]. Stockholm, 
17G7, in-8. 

643. LIEBELT (Cari). — Dziervica Orleanska ustep dziejow Francyi. 
[LaPucelle d'Orléans, épisode de l'histoire de France]. Posnau, 1847, 
in-8. 

644. = Traduction allemande : Dielungfrau von Orléans ein Brucbstuck 
aus der Gescbichle Frankreichs. Posen, Xuparisti, 1847, in-8. 

CR. dans Magazin fur die Literatur des Auslandes 10 sept. 1847. p. 443-44. 
— Le même. Berlin, 1848, in-8. 

645. GYULA (le Doct. Lazar). — Jeanne d'Arc az Orleansi szi'iz Tiirté- 
nate. Budapest, Franklin Tarsulat, 1878, pet. in-8 carré de 111 p. 

646. TCHEXG-KI-TOXG (le général), ambassadeur de Chine à Paris. 
— Jeanne d'Arc chinoise. 

Extrait du Gaulois du 24janv. 1890. 

Article curieux en ce qu'il donne l'appréciation d'un lettré chinois sur 
notre héroïne. Après avoir mentionné les questions controversées que sou- 
levait l'étude de la Pucelle, l'auteur dit : « Le public semble attacher une 
importance extraordinaire à savoir si Jeanne est morte vierge ou si la pa- 
triote est devenue femme et a eu des enfants. Ce n'est pasle fait en lui- 
même qui parait intéresser les parties en présence, on dirait plutôt que la 
constatation de la vérité historique devient secondaire : la discussion s'anime 
comme s'il s'agissait d'une grande question de principe à fixer. 



HISTORIENS ÉTRANGERS 287 

J'avoue, à mon point de vue de Chinois, ne rien comprendre à cette pas- 
sion qu'on montre aujourd'hui pour ou contre le mariage de Jeanne d'Arc. 
Qu'elle ait péri vierge et martyre ou qu'elle se soit endormie pour toujours 
au milieu d'une nombreuse postérité, qu'est-ce que cela peut bien faire 
aux admirateurs de la patriote de Domremy? Son mérite sera t-il diminué 
parce que, après avoir lutté pour son pays, elle aura bien élevé ses en- 
fants et vieilli à côté de son mari ? D'autre part sa valeur sera-t elle 
plus grande parce qu'elle sera morte sans avoir vécu de la vie commune ? 

En Chine nous ne faisons pas attention à ces détails qui, loin de nous 
passionner ne nous intéressent même pas. Et pourtant nous avons aussi 
notre Jeanne d'Arc à nous : celle qui sous la dynastie des Han sauva le 
pays de l'invasion des Hioung-Nou, des ces Huns qui devaient épouvanter 
l'Europe sous Attila .. » 




SECTION II 



MONOGRAPHIES 



(1) 



A. — Orthographe «lu nom d'Arc cl origine tic la 
famille de la l'ncellc. 



647. VALLET (Auguste), de Viriville, 1815-68, prof, à l'Ecole des 
Chartes. — * Mémoire adressé à L'Institut historique, sur la manière 
dont on doit écrire le nom de famille que portait la Pncelle d'Orléans. 
Sèvres, Impr. A. René, 1839, gr. in-8 de 10 p. à 2 col. 

Vente B... 3 fr. Tirage à part de L'investigateur, journal de lTnstit. his- 
tor 1839, p. toj-Gi. Dans ce recueil la notice est intitulée : Mémoire sur 
la manière... 

Le tirage à part porte le préambule suivant : « M. J'ai l'honneur de sou- 
mettre à votre haut jugement le mémoire ci-joint, réclamant une réforme 
philologique que, peut-être, vous estimerez, ainsi que moi, toute ration- 
nelle et nécessaire. » 

L'auteur, après avoir réfuté Jollois et Le Brun de Charmettes, conclut à 
la suppression de l'apostrophe : Darc. « Il ne s'agit pas ici d'une insigni- 
fiante question de lettres, d'une puérile variante de commentateur. En af- 
fublant d'une forme aristocratique le nom de cette illustre roturière, on a 
faussé la vraie physionomie de ce personnage, on a défiguré son caractère 
historique dans sa représentation la plus importante et la plus saisissable, 
dans son expression qui est l'expression par excellence, dans son nom. 
C'est même en dépit des faits les plus connus d'ailleurs et les plus contra- 
dictoires, un préjugé assez répandu que la bergère de Vaucouleurs était 
d'extraction seigneuriale. » 

En épigraphe : ((Notre nom propre c'est nous -même. » C'est, on peut le dire 
Vallet qui est l'inventeur de cette nouvelle orthographe. Quelle manie de 
vouloir changer les noms ! Que Vallet ait voulu prendre le nom de son 



1 C'est-à-dire travaux sur des points de détails relatifs à Jeanne d'An 



19 



290 MONOGRAPHIES 

pays natal, très bien, mais ce n'est pas une raison pour vouloir changer 
les noms de tous les humains ! 

Cf. sur le même sujet, II. Hallam : Supplemental noies to the view of the 
state of Europe during the middle âges, London, 1848, p. 58 et suiv. 



018. HAI.DAT (île). — Sur la particule héraldique attribuée à Jac- 
ques d'Arc. [Nancy, Grimblot et V vr Raybois, 1852], in S de X p. 

Extrait des Mèm. de VAcad. Stanislas, p. 131-38. 
Adopte la théorie de Vallet, écrit Darc sans apostrophe. 

O 11). VALLET (Aug.). — * Nouvelles recherches sur la famille et sur 
le nom dta Jeanne Darc, dite la Pucelle d'Orléans, accompagnées de 
tableaux généalogiques et de documents inédits. Paris, Dumoulin } 
1854, io-8 de 50 p. * 

Prix 2 fr. Tirage à part de Y Investigateur. 

« J'ai publié, il y a près de quinze ans, dans le journal de l'Institut his- 
torique, un premier travail sur le sujet qui me fait de nouveau prendre la 
plume, démontrant qu'il convient d'écrire Darc et non d'Arc selon la com- 
mune habitude. Mes observations ont été accueillies avec quelque faveur 
par divers historiens du premier rang. Je ne me fais toutefois aucune illu- 
sion sur l'imperfection de cet opuscule. Ce succès m'impose à mes propres 
yeux le devoir de le mieux justifier. C'est ce que je vais tenter en prenant 
du reste la question d'un point de vue plus général et plus étendu. » 

En voici le sommaire : 

I. De la famille de Jeanne d'Arc, généalogie de la postérité des frères et. 
sœurs de Jeanne d'Arc. II. Du nom patronymique et des ancêtres de 
Jeanne, diverses dénominations qui ont successivement servi à désigner 
Jeanne et sa famille. MI. Des noms du Lis et d'Are, de leurs variétés. 
IV. Signification nobiliaire, géographique. V. Raisons et documents qui jus- 
tifient la forme Darc. VI. Lettres d'anoblissement de la famille Darc. 

Cf. du même auteur sur le même sujet, Bibl. Ecole des Chartes, 3 e s., 

t. V, p. 277. 

M. Vallet, outre l'orthographe du nom, examine dans cette plaquette la 
question de nationalité. Résumant le débat qui s'était élevé sur ce point 
entre MM. Lepage et Renard, il conclut en laveur de l'opinion de ce der- 
nier, c'est-à-dire pour l'origine champenoise. Il s'appuie sur les lettres 
d'anoblissement en 1429 qui désignent, dit-il, Jeanne comme native du 
bailliage de Chaumont, prévôté d'Andelot, ce qui estime erreur, les lettres 
patentes ne parlant pas d'Andelot, comme Ta relevé Lepage dans sa se- 
conde dissertât., de îs.'i.'i. (Voy. infra, n° 003). 

« 11 résulte, ajoute Vallet, des divers documents allégués dans celle con- 
troverse que vraisemblablement de son temps la pierre plate mentionnée 
en 1459 était placée au sud, par rapport à la chaumière de Jacques Darc, 
entre cette chaumière et la route actuelle de Neufchàteau, et qu'un très 
petit nombre d'habitations de Domremy relevaient du duché de Bar. » 

Lepage montre la gratuité de la supposition de place prêtée à la pierre, 
en l'absence île tout document, et l'inexactitude de l'estimation du nombre 
de maisons. 



050. ItlvVYFtB) (Athanase), [«'épiilé, docteur en médecine]. — * Du 
nom de Jeanne d'Arc. Examen d'une opinion de M. Vallet de Viriville, 
Pari.;, (hirnicr, 1854, in-8 de 10 p. 



ORTHOGRAPHE DU NOM D'ARC 291 

La couvert, imprim. sert de titre. l'rix 1 fr. 

B. Nat. Ln •'• 551. 

« Faut-il une apostrophe au nom d'Arc, ou n'en faut il pa-' ? M. Vallet, 
ennemi juré de cette apostrophe, a déjà fait deux campagnes contre elles, 
l'une en 1839, l'autre toute récente [Nouvelles recherches...) et dans la- 
quelle il a déployé toutes les ressources d'une érudition vraiment straté- 
gique... » 

M. Renard conclut que le nom d'Arc doit s'écrire avec une apostrophe, 
et que la forme Darc n'a existé qu'antérieurement à l'invention de l'apos- 
trophe, époque où l'on écrivait aussi Damboise, Darmagnac, etc. 11 trouve 
que le nom Darc n'a pas une tournure française, tandis que d'Arc offre 
une étymologie, prouvée, au sens propre, par le blason à l'arc, adopté par 
sa famille, ou probable, au sens géographique, attendu que le père de 
Jeanne était né à Ceffonds, peu éloigné d'Arc en Rarrois, ainsi désigné 
parce qu'il ressortissait au xiv e s. du Comté de Bar- sur-Seine, et que le 
nom d'Arc vient probablement de cette ville, où auraient vécu ses an- 
cêtres. 



051. DUMAST [Je baron Prosper Guerrier de]. — Delà | véritable 
orthographe du nom de Jeanne d'Arc par P. G. Dumast. Nancy, 
Grimhlot et V ve Ray bois, 1856, in-8 de 16 p. 

Tirage à part des Mém. de l'Acad. Stanislas, 18,'j.'i, p. 5i-3-:>8. 

R. Nat. Lu 37 564. 

Protestation contre la suppression de l'apostrophe, étude de linguistique 
intéressante pour soutenir l'opinion de Renard. 

Cf. dans le même sens, du même auteur, L'intermédiaire des chercheurs 
et des curieux, 25 janv. GO, p. 43-45, signé, P. G. I). 



65£. BOUQUET (F.), profess.au Lycée de Rouen. — Faut-il écrire 
Jeanne Darc ou Jeanne d'Arc ? Rouen, Imprim. Cagniard [1860], gr. 

in-8 de 15 p. 

Prix 1.50. La couvert, sert de titre. Tirage à part de la "Revue de Nor- 
mandie, 1865, p. 78-92. Vente de Routeiller, dem. rel. 1 fr. 

Résume les arguments pour et contre l'apostrophe, passe en revue les 
opinions des divers ailleurs et conclut ainsi : « Puisqu'on ne peut donc 
justifier la nouvelle orthographe (car l'apostrophe est d'invention mo- 
derne), pourquoi ne pas respecter et reprendre l'ancienne orthographe où 
Darc s'écrivait sans apostrophe? Llle a pour elle la consécration du temps, 
de la famille, des pièces authentiques; l'exemple de tous les écrivains sans 
partage pendant plus de deux siècles et l'exemple aussi d'un bon nombre 
de nos contemporains qui ne sont pas sans valeur. Ce retour aux habitudes 
du passé aurait le double avantage de ne pas laisser croire à une origine 
nobiliaire et de signaler aux yeux l'humble origine de celle qui sauva la 
France. 

Par un juste sentiment de la vérité, le Comité de souscription pour le 
rachat de la Tour de Jeanne Darc et l'érection d'un monument à son hon- 
neur, a donc bien fait de supprimer l'apostrophe dans le nom de l'héroïne 
toutes les fois que les lettres, circulaires, appels, ont dû le mentionner. Ce 
ne sont pas les deux ou trois observations venues de Nancy ou de Paris, 
reproduction des arguments discutés plus haut, sans preuves nouvelles, 
qui doivent lui faire abandonner la bonne voie où il s'est engagé. » Est 
donc une réponse aux articles de Renard et de Dumast. 



292 MONOGRAPHIES 

Cf. sur le même sujet et dans le même sens : Le moniteur du soir, 
13 juill. 66 ; le baron de Goston dans Origine, êtymologie et signification des 
noms propres et des armoiries, 1867, ]). 336. 



053. BOUQUET (F.). — Nouvelles observations sur l'apostrophe dans 
le nom de la famille de la Pucelle. Rouen, Impr. Cngniard, 1868, in-8 
de 5 p. 

Extrait de la Revue de Normandie. 1868, p. 301-05. 

« La doctrine de l'apostrophe n'a pour elle ni l'ancienneté de l'usage 
(elle ne compte pas plus d'un siècle d'existence, en debors de quelques 
cas isolés), ni l'autorité de la logique. Ses partisans ne sauraient invoquer 
légitimement ni l'un ni l'autre. Ce qu'ils peuvent faire, c'est d'invoquer leur 
bon plaisir, sur ce point seulement ils échappent à toute contradiction, et 
bon gré, mal gré, ils en sont réduits à accepter le rôle de novateurs. 



654. CIIAPELLIER (J.), off. de l'Jnstr. publ., cheval, do la Concep- 
tion de Portugal, bibliothécaire de la ville d'Epinal. — Doit-on écrire 
Jeanne d'Arc ou Jeanne Darc ? Quelques mots sur le père de l'héroïne. 
Nancy, Crèpin-Lehlond, 1882, in-8 de G p. 

Extrait du Journal de la Soc. d'archêolqg. lorraine, 1882, p. 75-81. 

Conclut en faveur de la première orthographe, et combat l'opinion, gé- 
néralement accréditée alors, qui représente la famille de la Pucelle comme 
misérable, vivant pauvrement comme de simples laboureurs dans une 
pauvre chaumière. M. Cbapellier reproduit un acte qui prouve que Jacques 
d'Arc était procureur de Domremy. « Pour avoir été choisi comme le re- 
présentant de son seigneur et de ses compatriotes, il ne devait pas être le 
premier venu, mais bien l'un des principaux propriétaires de son village, 
un notable habitant par la considération, l'intelligence et l'aisance dont 
il jouissait. » 

Voy. infrà, Ghapellier (n° 6:9) et S. Luce (n° 680). 

— Le même. [Epinal, Chevreux et Gley, 1884], in-8. 

Extrait de Documents rares et inédits sur Vhist. des Vosges, t. VIII, 1884, 
p. 72 et suiv. 

Cf. sur la même quest. Adrien de Barrai dans VObsercateur français, 
30 avril 92, Jeanne d'Arc ou Jeanne Darc, concluant pour l'apostrophe. 



655. POU (le V te Oscar de), ancien préfet, grand croix de divers ordres, 
Président du Conseil héraldique de France. — Are, nobiliaire des croi- 
sades, [Paris, 1885], in-4 de 4 p. 

Extrait de La terre sainte, 15 janv. 85, p. 17-21. 

L'auteur après avoir étudié la maison d'Arc en Barrois établit que Jeanne 
appartenait par son père à cette famille qu'on voit figurer avec honneur, 
pendant les xn° et xui c s., aux croisades. 

(( Nous ne sommes donc pas éloigné de rattacher à la maison d'Arc, la 
virginale héroïne qui fut de par le roy du Ciel la libératrice du royaume 



ORTHOGRAPHE DU NOM D ARC 



293 



de France, celte miraculeuse Jehanne d'Arc, de qui le poète Chapelain di- 
sait que 

Le Ciel pour la former, lit un rare mélange 

Des vertus d'une ii lie et d'un homme et d'un auge. 

Mais comment oser tenter ce rapprochement inouï ? D'ailleurs est-ce que 
la glorieuse Pucelle a besoin d'ancêtres "? Des sommets constellés de son 
gigantesque piédestal, elle domine superbement tous les âges de la cheva- 
lerie de France, dont elle personnifia jusqu'au sublime les vertus, le loyal 
patriotisme et les vieilles croyances. » 




650. POLI (0. de). — Notes sur la famille de Jeanne d'Arc. Paris, 
Conseil héraldique de France, 21, avenue Carnof, 1890, in-8 de 64 p. 

Tirage à part de l'Annuaire du Conseil héraldique de France, t. III, 1890 
in-12, p. 41 99, tiré à 25 ex. 

Est le développement de l'étude précédente. Après avoir énuméré les 
membres de la famille d'Arc (Barrois et Bourgogne) qu'on voit jouer un 
rôle dans notre histoire du xi c au xv° siècles, M. de Poli conclut ainsi : 



294 MONOGRAPHIES 

« Je n'hésite pas à considérer les d'Arc de Domremy comme un rameau 
de cotte illustre race chevaleresque. Pour expliquer leur migration de 
Bourgogne en Champagne il suffirait de rappeler que Dijon faisait partie 
du diocèse de Langres et qu'au xiv e s. les délimitations spirituelles avaient, 
dans l'espèce, une importance capitale , on s'y mouvait comme plus tard 
dans sa province et le Bourguignon qui se transplantait en Champagne ne 
croyait pas changer de patrie lorsqu'il ne changeait pas de diocèse et de 
pasteur. Or, en se transplantant à Ceffonds les d'Arc étaient demeurés dio- 
césains de Langres. » 

Mentionnons, à l'appui de la thèse de M. de Poli, qu'un Richard d'Arc 
est cité anno 1180 dans une charte de la B. Nat. Msts, Collect. de Camps, 
règne de Louis VII, Nobiliaire hisfor., t. IV, (Revue nobiliaire du Moulin, 
t. X, p. 564) ; qu'en 1292 on voit un Hugues d'Arc épouser N. de Pesme, or 
cet, Hugues d'Are portait les mêmes armes que le père de la Pucelle : 
d'azur à un arc d'or chargé de trois flèches, l'une en pal et les deux autres 
en sautoir. (Dictionnaire de la noblesse, Franche-Comté et Bourgogne, I, VI, 
n° 10). En nov. 1352 on voit aussi un Guichars d'Arc chevalier et bailli de 
Sens, chargé par le roi Jean de gouverner le Barrois. 

Cette étude de l'origine de la Pucelle est suivie de considérations fort ju- 
dicieuses, écrites par une plume enthousiaste, sur la sublimité de la mis- 
sion de Jeanne, sur la foi populaire en sa sainteté et sur les principaux 
hommages récents rendus à la divinité de sa mission. 

« Jehanne d'Arc est l'âme de la patrie, l'épée de Dieu, le Messie de la 
France et comme le Messie divin, elle aura ses luttes, ses miracles, son sa- 
crifice. Elle est la sublime poésie de notre histoire, le nouvel agneau sans 
lâche qui va terrasser le léopard. Aussi sa glorieuse mémoire demeura dans 
l'âme du peuple comme un article de foi nationale et chrétienne. Partout 
où se voyait une statue de femme tenant une épée, ou ce qui paraissait 
être une épée, principalement dans les églises, le peuple disait que c'était 
sainte Jehanne d'Arc. Le clergé sanctionnait la vénération populaire en 
accueillant dans le saint lieu des portraits de l'héroïne, auréolée de la cou- 
ronne des Bienheureux... » 

Cette intéressante étude avait déjà paru comme préface du poème de 
M. Barghon de Fort-Bion. (Voy. infrà n° 1711). Elles furent reproduites en 
1892 dans les douze premiers n os du Sacré-Cœur. 

657. MOLAÎ\I)0\ (Boucher de), correspondant du Minist. de l'Instr. 

publiq., membre des Irav. histor., cheval, de la Lég. d'honn. — * Jac- 
ques d'Arc père de la Pucelle, sa notabililé personnelle, d'après les textes 
déjà connus et des documents récemment découverts. Orléans, Herlui- 
son, 1885, in-8 de 28 p. 

Prix 1.25. Tirage à part des Mcm. de la Soc. arcliéolog. de l'Orléanais 
t. XX, 1885, p. 301-20. 

Notice lue au Congrès des Soc. sav. à la Sorbonne, réunion à laquelle 
M. de Molandon fut décoré. Les textes et documents découverts, dont il est 
question, sont les baux passés par Jacques d'Arc que trouva M. Chapellicr 
et qui établissent le rang relativement élevé qu'occupait le père de la Pu- 
celle à Domremy. Ces actes publics se rattachent à une instance judiciaire 
soutenue de 1427 à 1429 par les habitants de Creux et de Domremy devant 
Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs. Précieux à tous égards, 
ils révèlent à la fois les phrases successives du litige communal au xv c s. 
et mettent en pleine lumière la confiance et la considération dont, étaient 
investis le père et, le parrain de la Pucelle avant les grands événements qui 
ont illustré leurs noms. » 

Cf. dans le t. Vil des Mém. de la Sue. archéql. de l'Orléanais, d'après le 
t. V du Bullet. de Tarn-et-Gfaronne, mention de l'ouvrage italien de Crolla- 
lanza. Origines et gestes de Jeanne d'Arc, d'après lequel la Pucelle serait 
d'origine italienne. ( v oy. suprà, n° 029). 



1$. — Lieu de naissance et nationalité provinciale 

«le Jeanne. 



608. CHIFFLET (Jean- Jacques). — Comment a nus Lbthariensis quo 
praesertim Barrensis ducatus imperio asseritur... auctore foanne Iacobo 
Chillelio équité ac regio Archiatrorum comité. Aniuerpiae ex officine 
Plantiniana Ballhasaris Moreii MDCXLIX (1649), in-4 de XlI-102 p. 

2 ff. de table. 

Cap. VIII, p. 20, curieuse dissertation suc la nationalité de Jeanne : 
« Ejusdem saeculi anno vicesimo noiio loanna Darcia Virgo, ovium custos, 
ad solvendam Aureliœ obsidionem vocata divinitus, Caroluni VII Francité 
regem adivit... Nata erat et educata in vico Danl-Remigio in Barrensi di- 
tione ad Mosam, prope Vallis coloris oppidum : ijua propter illam Iacobus 
Meyerus Imperialem appellat, quod Angli regno essent pulsi, inquit, hoc 
Gallorum virtute minime contingit, sed merâ Dei voluntate, mero miraculo, 
non per viros, sed per unicam puellam non gallicam sed imperialem divi- 
nitus missam. Pins II papa, Papyrius Massonus et alii ortum illi Puellai 
tribuunt in agro ïullensi : quod est quoque ab antiquo in iraperii djtione. 
Sic enim Wibertus archidiaconus, in vità Leonis IX pp. de Tullensibus : In 
trium regnorum constituti confiniis, in imperii scilicet finibus, in quibus 
tanlo acrius laborabant, quanto longius lerrarum spatia eos ab imperato- 
rum praesentia arcebant. 

Tum alio loco, ubi narrât Gonradum II Cassarem, diun Brunonis Dags- 
burgici animum a Leucorum episcopatu conabatur avertere, abjecisse illi 
quod urbs illa (Tullum) in extremis imperii sui finibus positaaut numquam 
aut rarissime digna existimaretur imperatorum consorlio. 

Quia ergo loanna virgo in Barrensi Tullensis provincial ditione lucem 
priniùm aspexerat, recte a Meyero dicta est puella imperialis. » 



05i). PERIVOT (F. A.), artiste peintre, cheval, de la lég. d'hoji. mem- 
bre de plus. soc. sav. — Mémoire sur la quatorzième question ainsi 
conçue : Faire connaître et apprécier les œuvres littéraires et artistiques 
inspirées par Jeanne d'Arc. [Orléans, Impr. Jacob, 1851], in-8 de 17 p. 

Extrait du Congres scientifique (F Orléans, t. II, 1851, p. 249 G.'i. 

Mémoire lu dans la xvm e session du Congrès scientifique de France en 
sept. 81, L'auteur, sous prétexte que le sujet est trop vaste et qu'il est im- 
possible d'analyser les 400 ouvrages littér. ou artistiques relatifs à Jeanne 
d'Arc, se contente de jeter un rapide coup d'œil sur qq monuments élevés 
à l'héroïne et de discuter la question de nationalité qu'il résout dans le 
sens champenois. 

Le seul document cité sur ce point par M. Pernot est un passage de 
{'Histoire abrégée de Champagne par de Montrol et son principal argument 
est celui-ci : « Domremy ne taisait qu'un avec Greux, dit Jeanne dans son 
procès, par conséquent il dépendait avec lui de la prévôté d'Andelot, du 
bailliage de Chaumont et de l'élection de Langres. » M. Lepage a montré 
l'inexactitude de cette conclusion dans sa seconde dissertation de 1855. 



296 MONOGRAPHIES 

En parlant de la Chapelle de Bermont, M. Pernot en reproduit les ini- 
tiales qu'il lit d'une façon aussi bizarre qu'invraisemblable. 

— Le même, sous le titre de : Jeanne d'Arc champenoise et non pas 
lorraine. Mémoire lu au Congrès scientifique de France, dans sa 
xvm e session, tenue à Orléans, en septembre 1851. Orléans, Alex. 
Jacob, 1852, in-8 de 19 p. 

Au plan lithograph. du bailliage de Chaumonl de 1766. 

Prix 1 fr. .'iO. Ce n'est sous un nouveau titre que le tirage à part du 
mém. précédent inséré au Congrès scientifique. 

660. REXARD (le D r Athanase). — Souvenir du Bassigny champe- 
nois. Jeanne d'Arc et Domremi. {Langres, Impr. Firmin Dangien, 

1851], in-8 de 10 p. 

Extrait des Mém. de la Soc. histor. et archéolog. de Langre^, 1851. 

-*Le même. Paris, Cîaye, 1857, in-8 de 24 p. 

B. Nat. Lk 7 2i82. 
Prix 1 fr. La couvert, impr. sert de titre. 

Cette notice est une réponse aux paroles prononcées dans le Congrès 
scientifique de Nancy en 1850, par M. Guerrier de Dumast sur l'origine 
lorraine. 

« L'auteur se propose, dit-il, de prouver que la Lorraine n'est point fon- 
dée à revendiquer le berceau de Jeanne d'Arc ainsi qu'elle en montre la 
prétention ; que Domremi dépendait au contraire de la Champagne, du 
Bassigny dont Chaumont était la capitale et qu'enfin il n'est aucun dépar- 
lement français auquel Jeanne d'Arc appartienne plus, par ses origines, 
qu'à la Haute-Marne. » 

M. Renard cherche à établir les points suivants : 1° Domremy était de 
l'élection de Langres et du Bassipny Champenois ; 2° 11 dépendait du bail- 
liage de Chaumont et de la prévôté d'Andelot. 3° Tous ses habitants à 
l'exception d'un seul étaient d'ardents royalistes. 4° Charles VII était le 
vrai souverain de Jeanne puisqu'elle l'appelait *on roi ; ,'i" Le fait si étrange 
d'une barroise ou d'une lorraine prenant la cause de la France et de 
Charles VII, n'est autre chose que l'histoire arrangée après coup par les 
écrivains lorrains. 

A l'appui de ces diverses assertions M. Renard invoque, outre le témoi- 
gnage de plusieurs écrivains modernes, la chronique de Cousinot, le traité 
de Charles de Lys, les lettres patentes d'anoblissement et celles qui affran- 
chissent d'impôt Greux et Domremy. 

Ce mém. de la Soc. hist. de Langres a été la source d'une polémique 
violente entre MM. Renard et Lepage. 

661. LEPAGE (Henri), archiviste de la Meurthe. — " Jeanne Darc 
est-elle lorraine ? Nancy, Grimblot et veuve Raybois, 1852, in-8 de 
56 p. 

Un plan de Domremy. Prix 1 fr. 50. Tirage à part des Mém. de l'Aca- 
démie Stanislas, 1852, p. 139-91. 

B. Nat. Ln 27 549. 

(( Une tradition constante, à peu près universellement admise, avait, 



NATIONALITÉ DE JEANNE 297 

pendant longtemps, placé le lieu de naissance de Jeanne Darc dans la 
portion de territoire qui formai! autrefois les duchés de Lorraine et de 
Bar ; nos contrées s'enorgueillissaient d'avoir donné le jour à l'héroïne 
qui sauva la France. On cherche maintenant à leur ravir un genre d'illus- 
tration dont elles étaient fières, pour en doter une province voisine de la 
nuire. De ce nombre d'auteurs est M Athanase Renard, auteur d'un 
travail intitulé Souvenirs du Bassigrny Champenois, qui a été inséré dans 
les Mémoires de la Soc histor. et arckéol. de L&ngres. C'est à lui surtout 
que je me propose de répondre. 

Pour y arriver je m'appuierai sur deux sortes de preuves : les ouvrages 
imprimés et les documents inédits, et j'essaierai de démontrer : 1° que 
Jeanne Darc a toujours été regardée comme lorraine — cela est prouvé 
par le témoignage de la plupart des écrivains du xv c s., et par la tradition. 

— 2° Que le village où elle est née était mi-partie Champagne et Barrois. 

— Les divers actes de dénombrement que je cite, aussi bien que les titres 
de 1459, 1571, 1003, ne peuvent laisser subsister de doute sur ce point. — 
.'1° Enfin que la maison de Domremy qu'habita Jeanne Darc était dans la 
partie barrisienne. — Le même titre de 1459 rapproché du plan de cette 
localité, ne permet pas la moindre contestation. 

D'où je conclus que Jeanne Darc appartient au Barrois par sa naissance, 
mais qu'on peut la considérer en même temps comme lorraine, puisque 
c'est de son vivant qu'eut lieu le mariage de René d'Anjouj'avec Isabelle, 
fille de Charles II, mariage qui eut pour conséquence la réunion des deux 
duchés. 

Au reste peu importe, si ce n'est au point de vue historique, que Jeanne 
Darc soit née sur tel ou tel point de territoire, sa gloire n'appartient ni à 
la Champagne — alors même que cette contrée lui aurait donné le jour — 
ni au Barrois, ni à la Lorraine, elle appartient à la France tout entière. » 

M. Berger de Xivrey, rendant compte de cet opuscule dans la séance pu- 
blique annuelle du 23 nov. 53 dit, dans son Rapport /;iit à l'Aacadém. des 
Inscriptions et belles lettres au nom de la commission des] antiquités de la 
France : 

« Mais ici la question n'est pas exactement posée. Alors même que 
Jeanne d'Arc serait née dans la moitié de son village appartenant au duc 
de Lorraine, cette héroïne aurait été non pas lorraine mais barroise et par- 
tant française. Car depuis 1301 les comtes de Bar s'étaient reconnus vas- 
saux des rois de France et c'était le bisaïeul de Charles VII qui, en 1355, 
avait érigé en comté ce duché. Les habitants savaient bien que leur duc 
avait le roi pour suzerain. Si Jeanne d'Arc eût été lorraine, elle n'aurait 
pas pu appeler Charles Vil son roi, la Lorraine étant une souveraineté 
absolument indépendante de la France. Duc de Bar par hérédité, le roi 
René était devenu duc de Lorraine par son mariage ; -mais l'organisation 
féodale lui interdisait l'entière fusion des deux duchés. Jouissant de la plé- 
nitude des droits souverains quant à ses états de Lorraine, il Tendait 
hommage au roi pour tout»; la partie du duché de Bar en deçà de la Meuse. 
Jeanne d'Arc née à Domremy, n'importe dans laquelle des deux moitiés, 
ne pouvait être que française, soit directement, soit comme sujette d'un 
vassal de la couronne. La question ne serait donc exactement posée qu'en 
ces termes : Jeanne Darc est-elle barroise ou Champenoise? » 



<»(»*. RENARD J( Athanase). — * Jeanne d'Arc était-elle française? 

Réponse au mémoire de M. H. Lepage, intitulé : Jeanne Uarc est-elle 

lorraine? Chaumonl, Renard-Charlel ; Langres, Sommier; Bour- 

bonne, Leclert, [1852], in-8 de 34 p. 

Prix 1 fr. 

B. Nat. Lu î7 550. 

A pour but but de répondre au mémoire de M. Lepage. 
L'un des grands étonnements pour moi, c'est le titre même du mémoire 
de M. Lepage. Comment Jeanne pourrait-elle être lorraine à ses yeux 



298 MONOGRAPHIES 

puisque l'objet qu'il se propose est de prouver qu'elle était née harroise. 
Or, il n'y avait pas moyen d'être à la l'ois lorraine et barfoise au temps de 
la naissance de Jeanne d'Are, la réunion des deux duchés ne s'étant ac- 
complie que quatre mois avant sa mort. >; 

M. Renard combat les deux arguments de Lepage, à savoir : 1° que le 
village de Domremy était divisé par le petit ruisseau des Trois-fontaines 
en deux parties, l'une barroise, l'autre champenoise. (M. Renard prétend 
que c'était le territoire mais non le village qui était ainsi divisé, — ce qui 
est une erreur) ; 2° que le château de l'Isle était sur sa partie barroise. 

11 cherche à prouver que Jeanne n'était ni lorraine, ni barroise, mais 
française, c'est-à-dire champenoise. 



OOÏ5. LMI'ACilK (II.). — * Jeanne Darc est-elle Lorraine? Seconde 
dissertation, accompagnée de documents inédits, notamment sur la 
maison de la Pucelle. Nancy, Grimhlot et V w0 Raybois, 1855, in-8 de 
90 p. 

Prix 2 fr. Tirage à part des Mém. de VAcad. Stanislas, 1854, p. 273-362 

P. Nat. Ln î7 561. 

Réponse au mémoire précédent de M. Renard, dont les conclusions furent 
adoptées par Pernot et par Vallet. 

« Si Domremy dépendait tout entier de la seigneurie de Vaucouleurs 
appartenant à Jean de Joinville, comment se fait il qu'en 1334 Jean de 
Bourlémoht ait pu rendre ses foi et hommage au comte de Par pour la 
moitié de ce village ? Si, en 1365, Domremy avait été uni à la Couronne et 
attaché au gouvernement de Champagne, comment se fait-il qu'en 1397, 
comme en 1334, il dépendait de la prévôté de Gondrecourt, c'est-à-dire du 
Parrois mouvant? Comment enfin expliquer le second acte de foi et d'hom- 
mage prêté au duc de Par par Jean de Bourlémont "? 

Les cartes géographiques qu'on invoque ne peuvent servir de témoignage, 
parce qu'elles ne sont pas dressées sur une assez grande échelle pour qu'on 
put marquer la division d'un village en deux souverainetés distinctes. 

En dépit des conclusions de M. Renard et de M. Pernot, malgré le juge- 
ment de M. Vallet de Viriville, je persiste à soutenir que Jeanne Darc, 
sujette du roi de France, était née dans la partie du village de Domremy 
qui dépendait du duché de Par. » 



001. RF\ARI) (A. ). — " Jeanne d'Arc était-elle française? Deuxième 
réponse à M. II. Lepage. Paris, Claye, 1855, in-8 de 32 p. 

Prix 1 fr. 

B. Nat. Ln 27 562. 

Suite et développement de l'argumentation en faveui de l'origine Cham- 
penoise. 

00î>. I.FI'ACjIF (IL). — * Un dernier mot sur celte question : Jeanne 
d'Arc est-elle lorraine? Nancy, ïmpr. A. Lepage, 1856, iu-8 de 16 p. 

Un plan. Prix i fr. 50. Tirage à part du Journal de la Suc d'Archéolog. 
lorraine, lS.'iO, p. 82-95. 

1?. Nat. Ln 27 563. 

« Sans m'arrêter aux interprétations qu'on a voulu donner non seule- 
ments aux documents historiques, mais à des phrases et à des mois, je 



NATIONALITÉ DE JEANNE 299 

vais prouver : 1° que le village de Domremy était mi-parti, c'est-à-dire qu'il 
appartenait pour une portion à la Champagne et pour l'autre au Barrois ; 
2° que la maison considérée aujourd'hui comme ayant été celle de Jeanne 
d'Arc, l'est bien réellement; 3 U enfin que cette maison était située dans la 
partie du village qui dépendait du Barrois et que, par conséquent, Jeanne 
appartient à cette province par sa naissance. 

Quoique Jeanne appartienne bien certainement à la France, la contrée 
qui l'a vue naître n'a t-elle pas le droit d'en être fière et n'est-ce pas un 
devoir pour elle de réclamer ce glorieux privilège ? » 



OOO. RENARD (A.). — * Jeanne d'Arc était-elle française ? Troisième 
et dernière réponse à M. II. Lepage. Paris, Claye, 1857, in-8 de 29 p. 

Prix 1 fr. 

B. Nat. Ln 27 oG7. 

L'auteur récapitule les arguments donnés par lui dans ses deux bro- 
chures précédentes, et formule ainsi l'intérêt, le côté moral de la discus- 
sion : 

« 11 ne s'agit rien moins que de savoir : si Jeanne a servi son pays, si 
elle a été fidèle à son souverain. Si elle était française, oui. Si elle était 
Barroise, non. » 

Voici la conclusion de l'auteur : « Conservons religieusement les tradi- 
tions françaises du vieux Domremi... Honorons surtout la vierge martyre 
et faisons-lui du moins la grâce de reconnaître avec ceux qui l'ont brûlée, 
qu'elle est morte pour sa patrie. » 



007. MOURIÎV. — Jeanne d'Arc est-elle champenoise ou lorraine? 
[Reims, 1853], in-8 de il p. 

Extrait des Travaux de l'Académ. de Reims t. XVIIÏ, 1852-53, p. 52 et 

suiv. 

Résume la discussion commencée entre MM. Lepage et. Renard, et adopte 
la solution de ce dernier. 

CL dans le même sens Vallet dans VAthenœum français, 10 juin 54, 
p. 528, qui donne le compte rendu des deux broeb. et conclut en faveur 
de la nationalité champenoise. Harmand dans les Mém. de la Soc. des scien- 
ces, arts, belles lettres de l'Aube, 2 e s. 1855, p. 47 et suiv. 



608 X... — Opinion de l'Académie des inscriptions sur la question de 
savoir si Jeanne d'Are est lorraine. [Nancy, Impr. A. Lepage, 1856], 
in-8 de 3 p. 

Extrait du Journal de la Soc. d'archéolog. lorraine, 18U0, p. 03-65. 
Conforme à la thèse de M. Lepage. 

000. WALLON (IL). — Noie sur le nom et la nationalité de Jeanne 
d'Arc. [Paris, 1866], in-8 de 10 p. 

Extrait des Comptes rendus de F Académie des inscriptions et belles lettres, 
1800, p. 423-31, 

Adopte la solution de M. Renard. 



300 MONOGRAPHIES 

070. R1AXT (l'abbé). — De la nationalité de Jeanne d'Arc. [Epinal, 
V* Gley, 1870], in-8 de 9 p. 

Extrait des Annales de la Soc. d'émulat. des Vosges, 1870, p. 218-25. 
En faveur de l'origine lorraine. 



07 I. CHAPELLIER (J. Ch.). — Etude sur la véritable nationalité de 
Jeanne d'Are. Epinal, V ve Gley 1870, in-8 de 1(1 p. 

La couvert, sert de litre. Tirage à part des Anna/es de la Soç. d'émulat. 
des Vosges, 1870, p. 228-38. 

Etablit que Jeanne née dans la partie dépendante du Barrois est barri- 
sienne ; que Domremy étant du Barrois mouvant, elle est née sujette des 
rois de France, suzerains des ducs de Bar pour cette partie de leurs états ; 
que pendant son existence, le duché de Bar ayant été réuni, d'abord pour 
l'administration, ensuite définitivement au duché de Lorraine, et gouverné 
par les ducs de Lorraine eux-mêmes, elle est devenue l'une de leurs sujets, 
d'où lui est restée la qualification de lorraine. » 



072. RENARD (A). — * L'état civil de Jeanne d'Arc. Langres, Im- 
prim. Firmin Dangien, 1879, in-8 de 1G p. 

Tirage à part du Bullet. de la Soc. histore. et archéoloff. de Langres. 

Toujours en faveur de l'origine champenoise. « Les néo-Lorrains sont 
tenaces à l'endroit de Jeanne d'Arc. Que les Lorrains, devenus français, cé- 
lèbrent avec nous la mémoire de la vierge inspirée qui a sauvé la nationa- 
lité française, rien de mieux ; mais qu'ils s'obstinent dans la prétention 
de l'accaparer, qu'après y avoir échoué sur le terrain d'une discussion sé- 
rieuse, ils essaient de regagner ce terrain sous la couverture de petits livres 
que la critique ne peut atteindre, voilà ce que nous ne pouvons leur pas- 
ser. 

On invite les descendants du vieux Domremi à renier les précédents de 
leur glorieuse histoire, on s'attache à leur faire oublier cette qualité de 
Français qu'ils ont portée si haut! Il est temps pour eux de se reconnaître 
et dese relever d'un préjugé qui les fait descendre du piédestal où leur 
fidélité à la cause de la France les a placés pour notre salut commun. 

Quant à l'ancienne Lorraine, à bon droit si fière de son passé, elle a des 
souvenirs assez beaux pour ne pas s'en créer d'imaginaires aux dépens de 
celle qui a payé de son sang l'honneur de les rallier à la grande patrie fran- 
çaise. » 



073. RENARD (A.). — * La patrie de Jeanne d'Are. Langres, Firmin, 
Dangien, 1880, in-16 de 15 p. 

Dans cet opuscule M. Renard prend à parti l'abbé Mourot qui dans son 
drame fait de Jeanne une lorraine, et aux pièces justificatives avait relevé 
Wallon et la Sein, relig. de Langres. 

Cf. encore Lettre de M. Renard relative A l'origine de la famille d'Arc dans 
Bévue de Champagne et de Brie, t. XX, 1880, 2 e Sem. p. 447-50, en réponse à 
l'art, de l'abbé Roussel paru dans la même revue, n° précédent. 

Même revue t. XI, 1881 l re Sem. p. 421 sur la même question ; t. XII, 

1881, l 1 ' Sein. p. 270, réponse de l'abbé Roussel à M. Voillard ; p. 508-12, 

réponse de M. Renard à l'abbé Roussel ; t. XIII, 1882 1'' Sem. p. 508-13. 
Origine de la famille de Jeanne d'Arc. 



NATIONALITÉ DE JEANNE 301 

674. GEORGES (l'abbé Etienne), du diocèse de Troyes, membre de 
plus. soc. sav. — * Jeanne d'Arc est-elle Champenoise ou Lorraine ? 
Mémoire récapitulatif, Troyes, Dufour-Bouquot, 1882, in-S de 32 p. 

Bonne dissertation sur l'origine champenoise de la Pucelle. Tirage àpart 
de Y Annuaire de l'Aube 1882, tiré ;ï 50 ex. 

B. Nat. Lu 27 33441. 

« Les arguments de mes compatriotes sont tellement péremptoires que pour 
réfuter leurs opiniâtres contradicteurs, il suffit de résumer les documents 
relatifs à ces trois questions historiques : 1° Jeanne d'Arc est-elle champe- 
noise par l'origine de ces ancêtres? 2° Jeanne d'Arc est-elle champenoise par 
le lieu de sa naissance? 3° Certains traits de la vie de Jeanne d'Are ne rap- 
pellent-ils pas quelque chose du caractère champenois? » 

CIL par Albert Babeau dans Mém. de l'Acad. de l'Aube, Troyes, Lacroix, 
1884, p. 34 3i) ; par M. IL dans liev. de Champagne et de Brie, Areis-S. 
Aube, t. XV, 83, l r S. p. 160. 



075. VAUTRIX (Félix). — Jeanne d'Arc était champenoise, Neufchà- 
leau, Imprim. Beducolin, 1885, in-8 de 52 p. 

B. Nat. Lu 27 35470. 

Résume le pour et le contre de la question et conclut en faveur de la 
Champagne. 

($76. CHAPELLIER (J. Ch.). — * Etude sur la véritable nationalité 
de Jeanne d'Arc. Nancy, Crépin-Leblond, 1886. in-8 de 15 p. 

Une carte. Tirage à pari du Journal d'archéolog. lorraine, déc. 85, p. 263- 

74. 

B. Nat. Ln 27 30294. 

Quoique portant le même titre, cette étude ne doit pas être confondue 
avec celle du même auteur publiée en 1870 (voy. ci- dessus n° 071). Celle- 
ci vient apporter un élément nouveau aux débals : les textes anciens nous 
disent que le ruisseau des Trois-fontaines formait la limite entre la Cham- 
pagne et le Barrois, que la rive gauche était champenoise, la rive droite 
étant du duché de Bar. Or, aujourd'hui la maison de Jeanne d'Arc étant 
située à gauche du ruisseau, il paraissait qu'elle était bien champenoise. 
Mais de récentes recherches ont fait découvrir que le ruisseau des Trois- 
fontaines avait changé de lit, qu'on l'avait détourné au milieu duxvni c s. 
lors de la construction de la route de Vaucouleurs à Neufehàteau, et qu'au- 
jourd'hui il coule à la droite de la maison d'Are, tandis que autrefois il cou- 
lait à gauche. Les preuves matérielles et les témoignages sont formels. 
Donc Jeanne étant née sur la rive droite du ruisseau, non pas sur la gau- 
cho comme on l'avait cru jusqu'ici, est bien barroise et non champenoise. 

677. | RENARD (M 110 Adèle), nièce du docteur Renard]. — Le culte de 
Jeanne d'Arc et sa nationalité. S. nom. Chaumont, Impr. Stanislas Da- 
tant, 1888, in-16 de 16 p. 

La couvert, sert de titre. Compte rendu de l'ouvrage de P. L. d'Arc. 
Le culte de Jeanne d'Are au xve s. (voy. infrà n° 1310). En faveur de l'ori- 
gine champenoise de la Pucelle. 

La broch. est signée à la fin. 



302 MONOGRAPHIES 

Est la réimpression de trois articles de YEcho de la Haute-Marne des 

. 20, 27, 31 octob. 88. 

— Le môme. Orléans, Herluison, 1888, in-16 de 16 p. 

La couvert, sert de titre, elle porte le nom d'auteur. 

078. [RENARD (M Ue A.)]. — Jeanne d'Arc et sa nationalité. Orléans, 
Herluison, 1890, in-16 de 12 p. 

Compte-rendu des Mémoires et consultations en faveur de Jeanne d'Arc de 
P. L. d'Arc. (Voy. infrà n° 1237.) 

Avait paru dans YEcho de la Haute-Marne du 9 août 90. 

Reproche à Ms r Turinaz d'avoir, dans son panégyrique de juin 90, fait 
Jeanne lorraine et non champenoise, adoptant et reproduisant les derniè- 
res conclusions de P. L. d'Arc. 

679. CIIAPELLIER (J. Ch.). — * Deux actes inédits du xv e siècle 
sur Domremy. Nancy, Imprim. de G. Crêpin-Lehlond, 1888, in-8 de 
16 p. 

Tirage à part de deux mémoires du Journal d'archéoloff. lorraine, janv. 
fév. p. 6-10 et 3!i-42. 

Le premier est intitulé Un nouveau document sur le père de Jeanne d'Arc. 
C'est un bail qui vient confirmer ce que l'on savait déjà de la position no- 
table qu'occupait Jacques d'Arc dans le village de Domremy. 

Acte du 2 avril 1420, par lequel Jacques d'Arc prend à ferme des sei- 
gneurs de Domremy la forteresse de l'Ile. Cette maison forte, située dans 
une île de la Meuse, pourvue d'un baile ou cour munie d'ouvrages de dé- 
fense et entourée de fossés larges et profonds, servait de refuge aux habi- 
tants de Domremy et à leurs troupeaux dès qu'on signalait l'approche de 
l'ennemi ou une des nombreuses bandes de pillards qui désolaient le pays. 
« (Conducebat Joanna) animalia ad unum castrum quod nominatnr Insula, 
pro timoré hominum armatorum. Procès I. 06. » La charte dit que le bail 
est donné à Jacques d'Arc comme au plus offrant. 

L'autre, intitulé Sous René d'Anjou, Domremy, Greux et Bazoilles étaient 
<lu Barrois mouvant, pourrait mettre d'accord les partisans de Jeanne 
française et ceux de Jeanne lorraine. Suivant lui, la Pucelle était née fran- 
çaise puisque Domremy appartenait aux ducs de Bar, qui reconnaissaient 
le roi de France pour suzerain, mais elle était devenue lorraine en 1419 
par suite de l'accord du cardinal Louis de Bar avec le duc de Lorraine 
Charles IL 

CO. de Siméon Luce dans la Revue critique 1888, n° 45 : La nationalité <■! 
l'origine provinciale de Jeanne d'Ar 



rc. 



080. LUCE (Siméon), membre de l'Institut, chef de section aux Archives 
nationales. — Jeanne d'Arc, son lieu natal et ses premières années 
d'après des documents nouveaux. Paris, Douniol, 1880, in-8 de 15 p. 

Extrait du Correspondant, 2.i juill. 89 p. 28(3-300. 

Celle étude renferme deux parties. Elle examine d'abord brièvement les 
trois opinions relatives à la nationalité provinciale de Jeanne : celle en fa- 
veur de la Lorraine — que repousse M. Luce — celle en faveur du Barrois, 



NATIONALITÉ DE JEANNE 303 

celle en faveur du Bassigny champenois. C'est à cette dernière qu'il se mon- 
tre favorable après avoir résumé les principaux arguments qui militent en 
faveur de chacune de ces opinions. 

En second lieu M. Luce reproduit la charte découverte par M. Chapellier 
et publiée par lui dans la plaquette précédente, le bail à ferme de l'Ile 
contracté par Jacques d'Arc. Cette pièce vient à l'appui de la thèse soute- 
nue par M. Luce dans sa Jeanne d'Arc à Domremy (Voy. ci -après n° 692), 
à savoir que le père de la Pucelle était dans une position aisée et jouissait 
de la considération de son village ; elle vient aussi montrer comment 
Jeanne fut amenée par la situation de sa famille et en raison des engage- 
ments contractés par son père, à prendre la part la plus vive aux angoisses 
aux souffrances des Français des bords de la Meuse, et même à faire jus- 
qu'à un certain point l'apprentissage de la vie militaire. Ce document nou- 
veau vient s'ajouter utilement à ceux que M. Luce avait mis en lumière 
pour déterminer dans la mission de la Pucelle la part de la nature et de la 
volonté humaines. 



— Le même. [Paris, Hachette, 1890] in-18 de 32 p. 

Extrait de La France pendant la guerre de cent ans, p, 261-92. 

Recueil dans lequel M. S. Luce a réuni divers mémoires disséminés, qui 
sont le fruit des études si curieuses et si approfondies auxquelles il s'est 
livré sur notre histoire aux xiV et xv c s. 



681. ltOi;iH:ULM<: (de), colonel d'ar lilleric en retraite. — Le pays de 
Jeanne d'Arc. Saint-Dié, Imprim. Humhert [1890] in-8 de 28 p. 

Carte color. « Le pays de Jeanne d'Arc, d'après les documents authenti- 
ques du xv c s. » Tirage à part du Bullet. de la Soc. philomat. vosgienne, 

1889-90. 

B. Nat. Lb 26 26o. 

Etude sur la nationalité de Jeanne, concluant contre l'opinion la faisant 
lorraine : «< Arnica Lotharingia, sed m agi s arnica veritas » porte en épigra- 
phe la feuille de titre. Mais n'apporte aucun document nouveau en laveur 
de celte thèse. 

Voici le sommaire de cette notice : 

1° La chatellenie royale de Vaucouleurs, le duché de Bar et ses dépen- 
dances — l'évêché de Toul, le village de Domremy. 

2° La ville de Neufchàteau et le duc Charles 11 de Lorraine, la route de 
Neufchâteau à Vaucouleurs par Domremy. 

3° La dynastie des ducs de Bar, mariage de René d'Anjou et d'Isabelle de 
Lorraine, traité de Troyes, les Anglo-bourguignons en Champagne, le ca- 
pitaine de Vaucouleurs. 

4° La famille de Jeanne d'Arc, la légende du saint royaume de France, 
les dominicains et les franciscains. 

5° Le voyage de Jeanne à Nancy, la Chronique de Lorraine. 

682. UIAPI-'.i.l Jl-'.it (.1. Ch.). — ' Elude historique sur Domremy pays 
de Jeanne d'Arc. Saint-Dié typogr. Humhert [1890] in-8 de 49 p. 

Deux plans. Tiaage à part du Bullet. de la Soc. philomatique vosgienne 

1889-90. 

B. Nat. Lk 7 27164. 

Celle notice fait un historique complet de la seigneurie de Domremy et 
reproduit les conclusions déjà citées de l'Etude sur la véritable nationa- 
lité... 188(3 en faveur de l'origine lorraine de Jeanne. Magistralement faite, 



.'!04 MONOGRAPHIES 

elle tranche à jamais le débat sur celle question. « Par son père, par sa 
mère, par sa naissance el par son séjour à Domremy, qui était du Barrois, 
Jeanne d'Arc était incontestablement Barisienne. Notre héroïne était lor- 
raine, car elle appartenait à un pays qui fut compris dans le royaume puis 
duché de Lorraine, depuis sa création jusqu'au milieu du XI e s. et ensuite 
de 1420 à 1766 date de sa réunion définitive à la Fiance, sans avoir en 
aucun temps perdu ni oublié celte nationalité lorraine créée au profit de 
l'arrière-pelit-fils de Charlemagne. 

Au lendemain de la conclusion du Traité de Troyes en 1420, les autorités 
et le peuple de celte ville capitale de la Champagne, prêtèrent au roi d'An- 
gleterre serment de fidélité, eequefirent successivement les autres villes de 
la province. Tous les Champenois se trouvèrent ainsi placés sous l'autorité 
de ce roi étranger, car, en s'engageant à son service, les autorités du pays y 
avaient aussi engagé toutes les populations, tous les sujets qu'ils avaient 
sous leurs ordres. Jeanne relevant de ces autorités si elle eût été 
champenoise pouvait donc être considérée comme le soldat qui abandonne 
son pays pour aller le combattre dans les rangs ennemis. Suivant les lois de 
la guerre cette désertion devenait un crime capital. Les Anglais et leurs 
trisles juges ne pouvaient rien imaginer de plus grave contre celle qu'ils vou- 
laient condamner ; ils ne le firent pas, donc elle n'avait pas été sujette du roi 
d'Angleterre quand, en février 1420, elle quitta son pays pour aller offrir 
ses services à Charles Vif, elle n'était champenoise ni par la naissance, ni 
autrement. » 



683. GEORGES (l'abbé Etienne), dé Troyes. — Quelques documents 
nouveaux relatifs à la nationalité de Jeanne d'Arc, Troyes, Imprim. 
Dufonr-Bouquot, 1892, in-8 de 17 p. 

Tirage à pari de l'Annuaire de l'Aube 1892. 

Le titre de cette brochure n'est pas exact, il ne s'agil point de documents, 
mais de la production d'une demi douzaine de lettres écrites à M. l'abbé 
Georges en remercîment de l'envoi de son étude de 1882 (voy. suprà n° 674). 
sur la question. 

084, GEORGES (l'abbé Etienne). — Jeanne d'Arc considérée au point 
de vue franco-champenois. Troxjc, Imprim. Dufonr-Bouquot, 1893, 

in-8 [Sous presse]. 

« J'ai voulu moi aussi prendre part dans la modeste sphère de mes études 
d'histoire locale, à ce concert universel de reconnaissance, d'admiration et 
d'amour en l'honneur de celle en qui je me plais à contempler, réunies 
dans un harmonieux ensemble, les inspirations delà nature humaine et 
les inspirations de la grâce divine. 

Je me suis simplement proposé de faire œuvre de patriotisme provincial; 
et, sans négliger de mettre en relief l'idée d'une intervention providen- 
tielle en faveur du relèvement de la France, je me suis attaché surtout à 
signaler les traits qui, dans Jeanne d'Arc, caractérisent sa physionomie 
franco-champenoise. 

Déjà M. Siméon Luce, dans son beau volume Jeanne d'Arc à Domrémy, 
à démontré que la conception, la gestation et l'enfantement de la mission 
de Jeanne s'étaient effectués dans un milieu franco-champenois, en face 
de la réaction de ce milieu contre la Lorraine féodale devenue anglo- 
bourguignonne. L'éminent historien s'est attaché surtout à déterminer les 
influences ambiantes, les circonstances de temps et de lieu, à rétablir l'en- 
chaînement des faits antérieurs à la mission. J'ose essayer d'adapter ce 
point de vue aux chapitres qui vont suivre, traitant non seulement Jeanne 
avant la mission, mais encore Jeanne durant sa. mission. » 



C— Influences ayant pu agir sur la vocation de Jeanne. 



685. BEAUMARCHAIS — Lettre sérieuses et badines. La Haye, 
Vanduren, 1740, 12 vol, in-8. 

T. III p. 26 et suiv. Beaumarchais réédite l'opinion de Labarre et de d'Ar- 
tigny (Nouveaux mémoires pour l'hist. t. II p. 52.), à savoir que Jeanne ne 
fut que l'instrument docile du frère Richard. Que celui-ci s'était emparé de 
son esprit comme de ceux de trois autres femmes Péronne et Catherine de 
La Rochelle ; qu'il les avait entrenues de visions et de révélations, échauf- 
fant leurs cerveaux déjà faibles. Elle se croyaient des saintes sur sa parole, 
et. n'avaient point de fantaisies qu'elles ne considérassent comme des ins- 
pirations. Jeanne fut préférée à ses compagnes, le roi mit sa pieuse folie à 
profit, affectant pour elle un profond respect afin de ranimer son parti en 
lui faisant croire que Dieu lui envoyait cette autre Débora pour chasser 
l'étranger. 



680. POLLUCHE (Daniel). — Examen de deux articles de l'abbé 
d'Artigny touchant la Pucelle d'Orléans. 

Extrait du Mercure de France de mai 1730. 

M. de Labarre dans ses Mémoires pour servir a l'hist. de France et de 
Bourgogne, Paris, 1729, in-4 t. I p. 119, accusait le frère Richard d'avoir fait 
croire à Jeanne qu'elle avait des visions et des révélations, et d'avoir excité 
son imagination après avoir prévu son enthousiasme. 

L'abbé d'Artigny avait paru admettre ce système. Polluche veut détruire 
les conséquences de cette liaison entre la Pucelle et le cordelier ; s'attache 
à faire voir que la Pucelle avait peu connu ce religieux, qu'en tous cas elle 
ne l'avait connu que sa mission et ses exploits une fois commencés et après 
le siège d'Orléans. 

Polluche reproche à d'Artigny d'avoir paru approuver ce sentiment in- 
jurieux pour la Pucelle, il ne fait point d'ailleurs l'apologie du frère Ri- 
chard, le représentant comme un intrigant très capable d'imaginer et de 
diriger pareille fourberie. 

— Le même, in-12 de 11 p. 

Extrait de Nouveaux mémoires de d'Artigny, t. VII, p. 57-67. 



687. POLLUCHE (D.). — Examen de quelques opinions sur la con- 
duite particulière de la Pucelle d'Orléans [Orléans, Herluison, 1866] 
in-8 de 2 p. 

Extrait du Bibliophile Orléanais, 1 avril 1866 p. 281-82. Prix 0.50. 

Est la reproduction d'un passage du t. I des Manuscrits de Polluche, con- 
servés à la Bibliothèque d'Orléans n° 461 bis > dans lequel Polluche réfute du 
Haillan en ce qu'il représente Jeanne comme une tille d'auberge sans mo- 
ralité. 

20 



306 MONOGRAPHIES 

688. ORCET (G. Grasset d'). — Les collaborateurs de Jeanne Darc. 
[Paris, bureaux de la Nouvelle Bévue, 188i] in-8 de 30 p. 

Extrait delà Nouvelle Revue, ici sept. 84, p. 22o-53. 

Article bizarre tendant à prouver que la Pucelle ne fut que l'instrument 
d'une secte de charbonniers ou de francs -maçons. L'auteur compare l'hé- 
roïne à Garibaldi et à Cromwell, c'est pour lui l'idéal de la louange ! 

« Sa mission ne lui vint pas de Dieu, mais des Dames du chapitre noble 
de Remiremont, qui possédaient la plus grande partie du département 
actuel des Vosges, et des charbonniers lorrains placés sous leur protection. 
A ces deux corporations s'en étaient jointes deux autres : celle des mar- 
chands de S l -Michel et des Cornars de S l -Marcel de Langres, lesquelles 
étaient des confréries de pénitents répandues en France et en Italie. 

Elle fut chargée d'une mission bien plus diplomatique que militaire, car 
si l'on comptait sur la finesse de son esprit, personne ne pouvait soupçon- 
ner ses talents guerriers. On se servit de son intermédiaire pour offrir de 
l'argent au fds de Charles VI, en échange de l'égalité du droit de vote dans 
les Etats de Champagne, et avec cet argent Charles VII devait pouvoir re- 
cruter des mercenaires pour chasser les Anglais. En cas d'acceptation, la 
jeune diplomate avait été munie d'un plan de campagne convenu à l'avance, 
qui lui traçait l'itinéraire à suivre de Bourges à Reims, de façon à ne' tra- 
verser, autant que possible, que des pays où l'on était sur d'être fortement 
appuyé par les partisans secrets de ces diverses associations et leurs corres- 
pondants. 

Les succès de Jeanne Darc furent donc habilement préparés par ces 
mandants occultes, parmi lesquels devaient se trouver des hommes de 
guerre et de fins politiques. [Pourquoi alors n'auraient-ils pas agi eux- 
mêmes, au lieu de s'en remettre à une villageoise ne sachant ni A ni B ?] 
Mais le mérite de l'exécution lui en revient tout entier, parce qu'elle élait 
de la race des Mahomet, des Cromwell, des Garibaldi et autres voyants 
qui, tout en se prétendant inspirés de Dieu, ne s'en remettent nullement à 
lui de leurs affaires. » 

L'auteur termine cette bizarre dissertation par celte conclusion : « Ce qui 
est bors de doute, c'est que Jeanne fut la fondatrice de la démocratie fran- 
çaise bien plus que de l'unité nationale et qu'elle en fut la première mar- 
tyre. Ce n'est donc pas la papauté, pour laquelle elle n'a rien fait, c'est la 
France, etavant tout la France démocratique, issue de 89, qui lui mar- 
chande depuis trop longtemps une apothéose. » 

Tout cela est très ingénieux, mais l'auteur n'a oublié qu'une chose, c'est 
de prouver le bien fondé de ces élucubrations ; il ne cite pas à l'appui un 
seul document. 

A été réfuté, notamment par E. de Las Cases, Jeanne d'Arc et sa mission 
(voy. infrà n° 731). 



680. LUCE (Siméon), membre de l'Institut, chef de section aux Archives 
nationales. — * Jeanne d'Arc et les ordres mendiants [Paris, 1881 ] in-8 
de 38 p. 

Extrait de la Rev. des deux inondes, 1 mai 81, p, 65-103. 

Nous montre l'influence des moines, des religieux et surtout des francis- 
cains de l'observance sur la vocation patriotique de Jeanne. 

CR. de Léon Gautier dans Le monde, 2 juin 81 ; L. de Kerval dans l'Univers 
29, 31 août 82; 

Voir de M. S. Luce sur le frère Richard Deux documents inédits relatifs 
à frère Richard et à Jeanne d'Arc, dans la Revue bleue 13 fév. 92, p. 201-204, 
suprà il". 



INFLUENCES AYANT AGI SUR JEANNE 307 

6i)0. LUCE (S.). — * Jeanne d'Arc et le culte de Saint Michel [Paris, 

1882], in-8de20 p. 

Extrait de la Iiev. des deux mondes, 1 déc. 82 p. 637-56. 

Nous dit pourquoi l'idée d'une intervention providentielle en faveur de 
la France à dû s'incarner dans l'archange Saint Michel, le chef de la milice 
divine. 

CR. de M. Tranchau dans Bullet. de la Soc. archêol. de l'Orléanais, 1882 
p. 564-57. 



601. LUCE (S.). — * Jeanne d'Arc à Domremy [Paris, 1885], in-8 de 
50 p. 

Extrait de la Rev. des deux mondes, 1 mai 83. p. 50-100. 

Etude très précieuse sur la jeunesse de Jeanne et sur les événements qui 
l'ont déterminée à agir et à choisir le mois de mai 1429 pour commencer 
sa mission. 

C'est dans le dessein de scruter le côté humain des origines de la mis- 
sion de Jeanne que cette notice a été écrite. Le savant historien commence 
par décrire l'état du village de Domremy au début du xv e s. : il porte ses 
recherches sur la famille de Jeanne et il prouve que Jacques d'Arc était un 
des notahles de Domremy et qu'il eut plusieurs fois l'honneur d'être délé- 
gué par ses concitoyens pour soutenir leurs intérêts. Venant ensuite aux 
faits qui ont dû avoir sur la mission de Jeanne une influence déterminante, 
M. Luce décrit avec les plus grands détails l'état politique de cette petite 
chatellenie de Vaucouleurs ; il la montre constamment ravagée soit par les 
hommes d'armes à la solde des seigneurs locaux qui, toujours en contesta- 
tion se faisaient sans cesse une guerre acharnée, soit par les troupes an- 
glaises ou bourguignonnes qui s'efforçaient d'enlevor à Charles Vil les pe- 
tites places qu'il possédait encore sur les bords de la Meuse. C'est un ta- 
bleau saisissant de la guerre de pillage de déprédation qu'on faisait à 
à cette époque. Les malheurs qui fondirent sur son village natal en 1428, 
durent avoir heaucoup d'influence sur la mission de Jeanne, dont l'âme 
ardente avait été de bonne heure remplie du vif amour pour la France 
que ressentait tout son entourage. La nouvelle du siège d'Orléans et la 
crainte que la prise de cette clef de la Loire n'amenât celle de Vaucou- 
leurs et des autres places de la région, décida Jeanne à obéir à ses voix. » 



692. IX CE (S.). — >j< Jeanne d'Arc à Domremy. Recherches critiques 
sur les origines de la mission de la Pucelle, accompagnées de pièces jus- 
tificatives. Paris, Champion, 1880, in-8 de CCCXVel 41G p. 

Prix 10 fr. 

B. Xat. Lb 2 ' 5 230. 

Est la réimpression des trois articles précédents avec de notables aug- 
mentations, p. I-CCCXV avec une seconde partie de 410 p. de documents 
venant à l'appui des thèses développées dans le corps de l'ouvrage. 

Le but de M. Luce, en publiant cet ouvrage, a été de faire une introduction 
qui servît comme de vestibule â l'histoire proprement dite de Jeanne d'Arc. 
Il a déterminé ainsi les influences héréditaires, locales, les circonstances 
de temps et de lieu qui, d'après lui, se sont réunies pour faire produire à 
« ce génie incarné dans une créature d'élite les fruits merveilleux que l'on 
sait, tirer de ce cœur fort et pour des sons si beaux qu'ils vibreront éternel- 
lement dans les âmes, enfin pour faire de Jeanne non seulement une vierge 
inspirée de Dieu, mais encore l'expression sublime de l'âme du peuple de 
France au milieu d'une des crises les plus graves que notre pays ait jamais 
traversées. » 



308 MONOGRAPHIES 

D'après M. Luce, l'enlèvement du bétail de Greux et de Domremy, l'in- 
vasion du Barrois par les Anglais, la victoire remportée en 142.'> par les dé- 
fenseurs du Mont Saint-Michel, sont les trois faits principaux qui ont pré- 
cédé immédiatement et qui expliquent, dans une certaine mesure, la pre- 
mière apparition de l'archange, chef des célestes cohortes, à Jeannette. 
Trois iniluences la poussèrent à agir : la première politique, l'hommage de 
vassalité exigé pour le Barrois, de René d'Anjou, par le duc de Bedford ; 
la seconde militaire, la seule qui eût été mise en lumière jusqu'à ce jour, 
l'imminence du danger créé par le siège d'Orléans ; la troisième, l'in- 
fluence religieuse, c'est-à dire la foi de la pieuse jeune lille aux grâces spé- 
ciales attirées sur la France par le jubilé du grand vendredi 1429, sa foi en 
la protection que venait de manifester à plusieurs reprises Saint-Michel et 
le désir de voir l'accès de son sanctuaire de Normandie, rendu libre aux 
pèlerins. 

« Ces recherches ont eu pour but, nous dit M. Luce en manière de con- 
clusion, de signaler les origines humaines, historiques de ce merveilleux 
épisode. Ce but a été atteint, si, sans amoindrir l'incomparable grandeur 
de cet épisode, nous avons réussi à mieux faire comprendre le curieux con- 
cours de circonstances qui a servi à le préparer et qui a permis, Dieu ai- 
dant, de l'accomplir. Quant aux origines célestes et tenant du prodige, dont 
les biographes de la Pucelle se sont presque exclusivement occupés jusqu'à 
ce jour, c'est Jeanne qui les a affirmées jusqu'à la mort et personne n'a le 
droit de mettre en doute la sincérité de son témoignage. 

Les lecteurs qui refusent d'admettre un rapport de cause à effet entre 
des événements d'un caractère purement terrestre et des phénomènes de 
l'ordre surnaturel, seront forcés de reconnaître l'étroite connexité qui relie 
les seconds aux premiers. Qui donc oserait affirmer d'une manière absolue 
que les faits relatés dans ce livre n'ont pas contribué à soulever sur les su- 
blimes hauteurs où la religion et le patriotisme devaient la transfigurer, la 
jeune paysanne de Domremy. » 

« Prière et amour, Jeanne tient tout entière dans ces deux mots, qui, en 
dernière analyse n'en font qu'un. Elle aima Dieu, et, après Dieu, ou plutôt 
en Dieu, sa patrie et sa famille d'un amour sans bornes. Au fond, son pa- 
triotisme lui-même fut, surtout à l'origine, une forme de sa piété ; aussi, 
prit-il un caractère mystique, pour ne pas dire surhumain, parce qu'elle 
portait dans son cœur un des sublimes rayons de l'idéal divin. » 



— Le même. Paris, Ilachellc, 1887, in-lG de XIX et 335 p. 

Prix 3,50. 

C'est, sans aucune modification, la première partie de l'édit. originale, 
c'est-à-dire le texte sans les documents qui l'accompagnaient et sans la ta- 
ble analytique de M. Stein. 

CR. d'Auguste Vitu dans le Figaro,2l juill. 86 L'enfance de Jeanne d'Arc; 
d'A. Roussel dans la Rev. lifter., janv. 87; G. de Beaucourt dans Rev. des 
quest. histor. janv. 86, p. 297 ; Jean Balva dans l'Autorité, 4juin 89 ; P. Dou- 
baire dans le Correspondant, 3o juill. 87, p. 382. 



39?t. ARC» (P. L. à"). — Jeanne d'Arc à Domremy de M. Siméon Luce. 
Paris, Bray-Rètaux, 188G, in-8 de 7 p. 

Extrait de la. Bibliographe cathol., 2o mars 86, p. 21u-221. 

Compte rendu de l'ouvrage précédent. L'auteur se demande à propos du 
pèlerinage que fit faire Jeanne à sa mère au Puy en-Velay à l'occasion du 
grand jubilé de 1429, juste au moment où elle-même commençait sa mis- 
sion, si le nom de Romée donné à Isabelle ne lui viendrait pas de ce pèle- 
rinage lui-même et par conséquent ne serait pas postérieur au printemps 
1429 ? L'auteur donne d'autres exemples de provençaux appelés Romée, 
Romieu, à la suite de ce même pèlerinage de 1429. 



INFLUENCES AYANT AGI SUR JEANNE 309 

— Le même. Grenoble, Dardelet, 1886, in-8 de 8 p. 

Extrait de la Revue des institut, et du droit, août 86, p. 130-37. 

694. MOI ROT (l'abbé Y.). — Jeanne d'Arc et le tiers-ordre de Saint 
François. [Saint-Dié, Ilumhert, 1886] in-8 de 18 p. 

Extrait de la Semaine religieuse de Saint-Dié, 1886, p. 7o3 56 ; 787-90; 
801-04 ; 817-20; 832-37. 

« 11 parait démontré maintenant que l'ange de Domremy était tertiaire, 
et nous allons essayer, d'après les chroniques du temps, les divers histo- 
riens de la Pucelle, M. Siméon Luce en particulier, de résumer ici les prin- 
cipaux arguments qui militent en faveur de cette assertion. 

Pour mettre ce point en relief nous tirerons spécialement nos preuves: 
1° des circonstances de temps et de lieux au milieu desquelles s'exerça 
l'action de Jeanne. 2° De la qualité des personnages influents de l'ordre de 
Saint-François que l'héroïne aima le plus à fréquenter. 3° Des pratiques 
de dévotion franciscaine dont elle sut toujours, même au milieu des camps, 
donner un si bel exemple. » 

Cf. sur le même sujet le [P. de Charancé] Saint François d'Assise, Paris, 
Pion, 188o, gr.in-4 ill. p. 359-62 avec une grav., étude sérieuse des relations 
entre Jeanne d'Arc et les Franciscains, notamment du rôle du frère Ri- 
chard. 

A l'appui de celte opinion nous dirons que le P. Louis Antoine, provin- 
cial de l'ordre, dont le 1res grand sens artistique, la profonde érudition et 
le zèle ardent sont connus, possède, dans la magnifique collection qu'il a 
formée à Marseille de tout ce qui a trait spécialement à l'ordre des Fran- 
ciscains, un très curieux et très précieux émail du xvi° s. représentant la 
Pucelle d'Orléans entourée du cordon de S l -François. Ce détail inédit est 
une preuve non équivoque des relations entre Jeanne et les Franscis- 
cains. 



694. KERVAL (L. de), du Tiers-ordre de Saint-François. — Jeanne 
d'Arc et les Franciscains. Vanves, Imprim. Gannereau, [1893], in-18 
de 79 p. 

Biblioth. franciscaine missionnaire, XXI. 

a De récentes recherches ont mis hors de doute l'influence prépondé- 
rante exercée par les Franciscains sur les sentiments religieux de la Pu- 
celle, sur l'éveil de sa vocation patriotique, c'est la part qui revient aux 
Frères mineurs dans le triomphe de l'indépendance française au xv° s. 
Qu'il nous soit permis, après M. S. Luce, d'étudier la part de l'influence 
fransciscaine dans cette grande épopée nationale dont Jeanne d'Arc est 
l'héroïne immortelle. Certes, à l'heure où nos hommes d'État n'ont pour les 
Franciscains que du mépris, à l'heure où les écrivains libres-penseurs pour- 
suivent de leurs calomnies impudentes ces Religieux dont le seul crime est 
d'aimer trop l'Eglise et le peuple, il est intéressant de contempler dans le 
passé le rôle des persécutés d'aujourd'hui, de les voir travailler à délivrer 
notre patrie du joug de l'étranger et contribuer puissamment à noire re- 
vanche nationale. » 

Celle étude est divisée en 4 chap. : 1 Les Frères Mineurs et l'indépen- 
dance française ; 2 Les Frères Mineurs et la mission de Jeanne; 3 Jeanne et 
les dévolions franciscaines ; 4 Jeanne faisait-elle partie du Tiers-ordre de 
Saint-François ? 

Cf. sur le même sujet de M. de Kerval: La Bévue franciscaine (Bordeaux) 
nov. 82 et nov. 87. 

Cil. Univers, 14 août 93. 




310 MONOGRAPHIES 

695. CIIAPOTIX (le P. Marie-Dominique) des Frères prêcheurs. — La 

guerre de Cent ans, Jeanne d'Arc et les Dominicains. Evrcux, Imprim. 
de l'Eure, 1888, in-8 de 4-190 p. et 1 erratum. 

13. Nat. Lb 25 242. 

Jaloux de la bonne renommée de Tordre dont il porte la robe, l'auteur 

sa 
res 
les 

là l'influence des Cordeliers tels que le frère Richard sur la formation 
du caractère de Jeanne ; d'autre part le rôle joué par les Dominicains au 
Concile de Constance et pendant la tragédie de Rouen. 

Le P. Chapotin prouve contre M. Luce : 1° que le célèbre Jean Petit 
n'était pas dominicain 2° Que les Dominicains n'avaient pas perdu à partir 
1390 tout crédit à la Cour d'Anjou Sicile. 3° Que certains Dominicains 
s'étaient attachés à la fortune de Jean-Sans-Peur, que d'autres avaient joué 
un rôle actif lois de l'expulsion des Anglais d'Orléans, de Chartres, de 
Troyes. 4° De la mission du prêcheur Martin Porée et de Pierre Cauchon au 
concile de Constance en 1417-18, on ne saurait conclure l'existence d'un 
pacte entre les Dominicains et le futur juge de la Pucelle. 

Le P. Chapotin énonce enfin de nombreux faits à l'honneur de son or- 
dre : Séguin fut chargé d'interroger Jeanne avant sa mission ; Jean Grave- 
rend, inquisiteur général, se déroba constamment pour ne pas prendre part, 
au procès ; Jean Lemaître, vice-inquisiteur, hésita d'abord à s'en occuper, il 
exigea une délégation spéciale espérant qu'elle ne lui serait pas donnée, 
son rôle y fut très secondaire, s'il montra, une faiblesse déplorable 
son déshonneur ne saurait rejaillir sur l'ordre tout entier. Raoul le Sau- 
vaige émit l'avis qu'on relut en français à la Pucelle ses affirmations et 
qu'en tous cas elles fussent transmises au Saint-Siège ; Ysambard de la 
Pierre et Martin Ladvenu n'éprouvèrent pour elle que la plus vive sympa- 
thie. Jean Bosquier ne put contenir son indignation et fit entendre le cri 
de pitié ; Jehan Bréhal prépara le procès de réhabilitation et, de concert 
avec le cardinal d'Estouteville, en amena la conclusion finale donnant ainsi 
une juste réparation aux torts de Jean Lemaître. Ces faits suffisent à ruiner 
la thèse de M. Luce. 11 n'en reste pas moins prouvé que ce sont certaine- 
ment les cordeliers. bien plus que leurs rivaux qui ont créé au xv e s. ce 
mouvement d'enthousiasme en faveur de Jeanne d'Arc. 

— Le même. Etudes historiques sur la province dominicaine de France. 
La guerre de Cent ans, Jeanne d'Arc et les Dominicains. Paris, Lecoffre 
et Lechevallier, 1890, in-8 de XXX1-3G1 p. 

B. Nat Ld 2î 91 
Prix o fr. Une grav. 

606. PAXGK (le comte de), — Le patriotisme en Lorraine antérieure- 
ment à Jeanne d'Arc. Paris, Champion, 1880, pet. in-8 carré de 107 p. 
1 fac-similé. 

L'auteur a pour but de démontrer que celle province, terre d'empire il 
est vrai, fut toujours française de cœur Jamais au Moyen âge ce pays n'a 
été rattaché à l'Allemagne par des liens bien solides et, à dater du xni c s., 
lec ducs de Lorraine obéissent le plus souvent à l'influence française et 
' servent sous la bannière des Valois durant la guerre anglaise. On eut bien 
étonné au -\vi e s. les princes de Guise en les traitant de princes allemands. 



INFLUENCES AYANT AGI SUR JEANNE 311 

Celte étude en faveur de la nationalité lorraine de Jeanne, apporte plu- 
sieurs corrections aux idées généralement admises. C'est ainsi qu'il prouve 
que Jean de Monteclère, dont M. Luce avait fait un champenois, était lor- 
rain — qu'il relève une erreur de Michelet confondant Domremy en 
Ormois avec Domremy-la-Pucelle, etc. 

CR. de Th. de Puymaigre dans Eev. des quest. histor., janv. 90, p. 344. 



697. FRANCE (Anatole), pseudon. d'Anatole Thibault. — Jeanne 
d'Arc et SaJnt-Remi. [Paris, Chamerot, 1802] gr. in-8 de 16 p. 

Prix i. 50. Extrait de la Revue de famille, 1 avril 92, p. 60-75. 
N'est qu'un court résumé d'une partie de l'ouvrage de M. Luce. 

698. DRAPEYROX (Ludovic), prof, d'hist. et de géogr. au lycée 
Charlcmagne, docteur es-lettres. — Jeanne d'Arc, application do la 
géographie à l'étude de l'histoire. Premier fascicule. (I. Le problème de 
la mission de Jeanne d'Arc ; IL Jeanne d'Arc et Philippe le Bon). Pa- 
ris, Delagrave, 1892, in-8 de 39 p. 

B. Nat. Lb 20 292. 

Tirage à part de lai?eu. de géographie, 1892. 

« En insistant sur la région où s'est écoulée l'enfance de Jeanne d'Arc, 
sur les influences qu'elle a subies avant son départ de Domremy et de 
Vaucouleurs, sur les milieux où elle a été appelée sucessivement à agir, 
nous nous rendrons mieux compte de ses inspirations, de ses succès et de 
ses revers. La géographie et l'ethnographie guideront constamment notre 
enquête. Que si nous ne faisons pas avancer la solution de ce problème 
ardu, autant que nous le souhaiterions, nous espérons du moins persuader 
à nos lecteurs que c'est à la rapidité de ce travail et non à notre méthode 
qu'il faut s'en prendre. » 

Voici les titres des principales divisions de la première partie : i° Le 
pays de Jeanne d'Arc ; 2° Les circonstances : le lieu et le temps ; 3° De 
Domremy à Chinon. 

Dans la seconde partie Jeanne d'Arc et. Philippe le Bon, Fauteur montre 
que c'est dans le rôle de la Bourgogne avant, pendant, et immédiatement 
après la mission de la Pucelle, qu'il faut chercher les raisons à faire valoir 
dans son histoire. 



1). — Inspiration on hallucination ? 



699. BERTHIER (le P.)- — Discours et dissertations sur la Pucelle. 
Paris, Simon et Montaient;, [1747], in-4 de 70 p. 

Extrait de YHist. de VEglise gallicane de Longueval, t. XVI, p. 449-ÎH9. 
Vente H... 187o, la fr. 

Ce mémoire a eu pour but de réfuter Rapin-Thoyras quand celui-ci pré- 
tend adopter le récit de Monstrelet comme seul vraisemblable dans le t. IV 
de son Hist. d'Angleterre, p. 180. (Voy, supra, n° 131). 

Le P. Berthier examine en quatre chap. les quatre points suivants : 
1° Les témoignages et raisons qui prouvent que Jeanne était inspirée de 
Dieu. 2° La fausseté des témoignages qu'on allégua pour l'accuser de sorti- 
lège. 3° Pour l'accuser d'être l'objet d'une intrigue politique. 4° Pour l'ac- 
cuser, comme Rapin-Thoyras, d'être le jouet d'une illusion. 

Le P. Berthier fut pris à parti par de Lucbet. Vers 1766 le P. «Berthier 
prononça le panégyrique de l'héroïne à Orléans, à la fête du 8 mai. (Voyez 
infrà, n° 1017). 



700. LUCHET (Pierre-Louis de la Roche du Maine, marquis de), an- 
cien off. de cavalerie, conseiller du Landgrave de Hesse-Cassel. — Dis- 
sertation sur | Jeanne d'Arc | vulgairement nommée la Pucelle d'Or- 
léans | . {Amsterdam, Paris Gueffier, 17GG], in-4 de 120 p. 

Extrait de son Histoire de l'Orléanais, p. 310-419. 

B. Nat. Lk 2 1302. 

— Le même. Dissertation | sur | Jeanne d'Arc | vulgairement surnommée 
| la Pucelle d'Orléans | . [Orléans, 1770], in-18 de 131 p. 

R. Nat. Lb 26 31. 

Vente de Latour, cart. 2 fr. ; de Bouteiller, dem. rel, 2 fr. 

Tirage à part de YHistoire de l'Orléanais, t. II, p. 414 et suiv. 

Luchet cherche à réfuter Lenglet-Dufresnoy et le P. Berthier qui ve- 
naient de publier deux mémoires en faveur de l'inspiration divine de 
Jeanne. « J'avoue que le P. Berthier a répondu sans réplique à plusieurs 
difficultés de Rapin-Thoyras, mais ces difficultés étaient celles de M. Tboy- 
ras et non celles du commun des auteurs, qui ne voient rien de merveilleux 
dans ce phénomène historique. » Voici sa conclusion : « Pour résumer ce 
que nous avons écrit sur cette fdle extraordinaire, nous pensons qu'elle n'a 
mérité ni les louanges dont on ne cesse de la combler, ni le supplice dont 
on l'a flétrie. Elle nous paraît plus à plaindre qu'à admirer. » 

Celte œuvre sans valeur fut critiquée comme elle le méritait, par Jousse, 
dans une brochure, anonyme intitulée : Lettres d'un Orléanais... sur la nou- 
velle histoire de V Orléanais par le marquis <lr Luchet. Bruxelles, (Paris), 
1766, in-12 de 40 p. 



INSPIRATION OU HALLUCINATION 3i3 

«... Comment traite- 1 il Jeanne? En s' efforçant de détruire tout ce qu'on 
a dit jusqu'ici à la louange de cette fille extraordinaire, c'est en injuriant 
tous ceux qui ont écrit sur cette matière ; c'est en l'accablant elle-même 
des injures les plus atroces. Ce n'est plus cette fille célèbre, guidée par 
une main divine, dont le bras toujours invincible sauva la France d'un es- 
clavage bonteux, soutint le trône chancelant et raffermit la couronne sur 
la tète de son roi : si ferme dans ses résolutions, si sage dans ses réponses,, 
victime funeste de la passion, de l'injustice, de l'ingratitude des grands et 
de la méchanceté des hommes. C'est une malheureuse insensée, une vi- 
sionnaire extravagante, laide, folle, brutale, dont la vie n'est qu'un tissu 
de fanatisme et de superstition, etc.. » 



701. DL1VERXET (l'abbé J.). — Jeanne d'Arc. {Paris, Buisson, 
1790), in-12 de 44 p. 

Extrait de son Hist. de la Sorbonne, dans laquelle on voit l'influence de la 
théologie, p. 161-205, ebap. XX-XXI1I. 

Curieuse dissertation ayant pour but de montrer que tous les crimes se 
trouvent réunis dans le jugement de condamnation, et cependant qui com- 
mence par ravaler son héroïne. « Jeanne, séduite par son imagination et 
confirmée dans ses erreurs par le moine Richard qui la confessait, la com- 
muniait et lui apprenait à faire des miracles, n'eut pas de peine à persua- 
der ceux avec qui elle passait sa vie qu'en dormant elle conversait avec 
Saint-Michel et Sainte Marguerite. Leur imbécile croyance aux apparitions 
les y disposait... A Neufchàtel elle se fit servante de cabaret : c'est là qu'elle 
devint habile à chevaucher... » 



702. IJOUYS (Théodore). — Nouvelles considérations puisées dans la 
découverte de la clairvoyonce instructive de l'homme sur Jeanne d'Arc, 
surnommée la Pucelle d'Orléans. [Paris, Desenne, Debray, 1806], in-8 
de 78 p. 

Extrait des Nouvelles considérations puisées dans la clairvoyance instinctive 
de l'homme sur les oracles, les sybilles et les prophètes, p. 160-238 et 
254-298. 

Pour prouver que Jeanne était somnambule magnétique. 



703. CALMEIL (le doct). — De la folie considérée sous le point de vue 
pathologique, philosophique, historique et judiciaire. Paris, Baillière, 
18i5, 2 vol. in-8. 

T. I, p. 128 et et suiv. étudie le cas de Jeanne i il en fait une théomane 
hallucinée, une véritable aliénée. « Cet état singulier de l'appareil nerveux, 
qui a fait croire à l'existence d'un sixième sens, agissait en enflammant son 
ardeur guerrière, en communiquant à son commandement un air de puis- 
sance presque inouïe, en entretenant une sorte d'illumination de tout l'en- 
tendement plutôt qu'eu faussant les combinaisons de son esprit et la recti- 
tude de son jugement. » 



701. BOISMONT (A. Brierre de). — * Des Hallucinations. Paris, 
Germer Baillière, 1845, in-8. 

Chap. XV, p. 455-529 et plus spécialement 501-507. 



314 MONOGRAPHIES 

— Le môme. Paris, Baillière, 1852, in-8 de 720 p. 

— Le même. Paris, Baillière, 1802, in-8. 

Chap. IX, p. 499-521. 

— Le même. De l'hallucination historique ou étude médico-psychologique 
sur les voix et les révélations de Jeanne d'Arc. Paris, Germer Baillière, 
Londres, New-York, Madrid, 1801, in-8 de 31 p. 

Tirage à part des Hallucinations vu histoire raisonnée des apparitions, troi- 
sième édit. 

Chose à noter, le docteur Brierre est spiritualiste et chrétien. Il ne nie 
pas a priori l'ange S'-Gabriel ni S'-Michel, mais sous l'influence des doc- 
trines matérialistes qui l'entourent, il n'admet pas que ces anges se soient 
montrés à Jeanne. Son livre est un monument de la science médicale con- 
temporaine. 

Pour lui Jeanne a été l'objet d'hallucination due à un désordre organique 
causé par le passage de l'enfance à l'adolescence, par une révolution de la 
circulation sanguine. Les visions relatives à sa mission auraient commencé 
durant cette crise, un jour qu'elle tournait les yeux vers les vitraux de 
l'église sur lesquels venaient se réfléchir les rayons ardents du soleil. Elle 
fut éblouie et resta plongée dans une espèce d'extase. « Les hallucinations 
peuvent n'affecter que les sens en laissant les facultés intellectuelles in- 
tactes. En supposant que ses visions n'aient été que des effets d'hallucina- 
tions, Jeanne doit être classée parmi les hallucinés entièrement sains d'es- 
prit. » 

Voici la conclusion : « Le patriotisme et le génie militaire élevés par la 
foi jusqu'aux dernières limites de l'inspiration, telle est la véritable expli- 
cation de la destinée glorieuse de Jeanne d'Arc, la seule que puisse ad- 
mettre la raison moderne. » 



705. HECKER (J. F.), conseiller général de médecine. — Uber Visio- 
nen. [Des visions], Berlin, 1848, in-8. 

P. 4-1G ; 24-35, étudiant les effets que peuvent produire les hallucina- 
tions dit que le plus bel exemple de ce qu'elles peuvent est celui de 
Jeanne. « Elle transporta ses pensées dans la réalité, clans le noble lan- 
gage de l'archange protecteur de la France ; une plus haute extase donna 
aux faits positifs sa volonté, sa décision, une expression surnaturelle... Les 
apparitions de Jeanne étaient des fantômes de son imagination, tout ce 
qu'elle a fait était l'effet d'une force d'esprit surhumaine qui fut accrue 
par des visions, synonyme pour elle d'une inspiration d'en haut... La sim- 
ple jeune fille de Domremy remporta une pareille victoire sur son siècle 
et sur la nature humaine grâce au pouvoir des visions. » 



700. LEUBUSCHER (le doct. RucL). — Der Wahnsinn in der vier 
Lezten Jahrhunderten. [La folie dans les quatre derniers siècles.] Halle, 
1848, in-8. 

Tient la Pucelle pour un phénomène pathologique parce qu'elle voit des 
choses qui ne peuvent pas exister et qu'elle croit que ses propres pensées 
lui sont suggérées par d'autres. 



INSPIRATION OU HALLUCINATION 315 

707. RAYAILIIE (l'abbé R,), curé de Suint-Thomas d'Aquin. — De 

l'inspiration de Jeanne d'Arc, appel à la France et à l'Eglise. [Paris, 
1853], in-8 de 29 p. 

Extrait de l'Ange gardien, 18j3. 

— Le même. Paris, V, Palmé, Bruxelles, Genève, 1890, in-8 de 2i p. 

Tirage à part de la Rev. du monde cathol. 1890. 

« En 18o3 il était moins question qu'aujourd'hui de notre glorieuse 
Jeanne d'Arc. Alors, les écrivains qui s'occupaient d'elle, historiens ou 
philosophes, ne lui refusaient pas l'hommage de leur admiration au point 
de vue de ses hauts faits et de son amour de la France, mais ils affectaient 
de ne voir en elle qu'une hallucinée de la patrie, une druidesse, une 
espèce de Velleda. 

Le jour de pleine justice s'est levé. Il n'est pas de nom plus souvent pro- 
noncé, que celui de la vierge de Domrémy, il n'est pas de mémoire en ce 
pays de ploires militaires, plus souvent évoquée que celle de la 
Pucelle d'Orléans ; il n'est pas de patriotisme plus célébré que le sien. Les 
fêtes annuelles du mois de mai, à Orléans, sont devenues tout à la fois 
plus religieuses et plus nationales. Il manquait un fleuron à la radieuse 
couronne de Jeanne, le fleuron de la sainteté reconnue et authentiquée 
par l'Eglise. L'Eglise s'émeut pour la placer à son front et donner à la 
France une satisfaction longtemps et universellement attendue... Ce que 
nous voyons en ce moment avec bonheur nous l'avions souhaité, demandé, 
espéré, il y a trente sept ans. C'est le sujet de Y Appel à la France et à 
l'Eglise qu'on va lire et qui est tiré sans le moindre chargement ni 
addition d'une humble et honnête revue, L'ange gardien, morte depuis 
bien des années. » 



708. JACKSOX (J. W.). — Ioan of Arc and Ecstatic [Jeanne d'Arc et 
extase] [London, 1850] in-8. 

Extrait de Zoisl, t. XIII, p. 2j" et suiv. 



709 JACKSON (J. W.), — Ioan of Arc, [London, 1870], in-8. 

Extrait d'Argosy t. X, p. 141 et suiv. 

Est la reproduction de la thèse de Brierre de Boismont précitée. 

710. CARXÉ (Louis de). — * Jeanne d'Arc et sa mission d'après les 
pièces nouvelles de son procès. [Paris, 1850], in-8 de 39 p. 

Extrait de la Revue des deux mondes 15 janv. 06 p. 310-48. 

A propos des Procès de Quicherat et de la Vie de Jeanne d'Arc par 
Goerres. Etablit que la mission de Jeanne était divine et conclut ainsi : 
« Telle fut Jeanne d'Arc dans l'histoire, telle elle devra rester dans la pos- 
térité. Cette glorieuse mémoire a eu de bien tristes fortunes et ne paraît 
point en avoir encore épuisé le cours. Voici venir les oripeaux de l'école 
humanitaire. L'on travaille à faire passer dans le nébuleux Panthéon où la 
République côtoie le scepticisme, la sainte qui manque au martyrologe 
chrétien. 

Aller droit aux gens qu'on ne connaît point, pénétrer des secrets cachés 
au plus profond du cœur, voir dans l'obscurité de la nuit des scènes qui, 
par la distance, échappent aux regards les plus perçants, prédire vingt fois, 



316 



MONOGRAPHIES 



avec la ponctualité d'un astronome annonçant une éclipse, les faits les plus 
invraisemblables et, humainement parlant, les plus absurdes, ce sont là 
des acies qu'on tenterait vainement d'expliquer par l'extase patriotiqueou 
par le miracle des forces morales. Qu'on le sacbe bien, aucune figure n'est 
moins propre que celle de cette douce madone à recevoir le vernis huma- 
nitaire. » 

- Le même. [ Paris, Didier, 1856] in-8 de 74 p. 

Extrait des Fondateurs de l'unité française, t. 1, p. 401-74. 







ftpp: 









Jeanne d'Arc entendant ses voix, tableau de P. Carrier- Belleuse, (extrait de la 
Mission patriotique de Jeanne d'Arc). Paris, Motteroz, 1889. 

711. SCHŒi\ (Bruno). — Die Tungfrau von Orléans. [Pest, Wien und 
Leipsig, Hartleben, 1859], in-8. 

Extrait de Mittheilungen aus dem Leben Geislesgestorter. [Communication 
sur la vie des insensés.] 

P. 251 et suiv. « Jeanne peut avoir eu des hallucinations, ce qui ne l'a 
pas empêchée d'avoir eu l'aide de Dieu dans l'accomplissement de son 
cœur certainement méritoire et digne d'éloges. » L'auteur développe ce 
thème en racontant l'histoire de Jeanne. 



71 S. SAINT-GERMAIN (le doct. Bertrand de). — La psychologie 
morbide dans ses rapports avec la philosophie de l'histoire. Paris, Ger- 
mer Baillière, 1860, in-8. 

Extrait de la lier m' médicale, fév. llsïiO. 

D'après lui, rien ne devrait étonner dans l'histoire de Jeanne, parce que 
celle-ci, n'avait pas tous les attributs et tous les sens de la femme. Cette 
thèse alors même que son point de départ serait vrai — ce qui e^t con- 
traire à tous les témoignages historiques — explique-t-elle comment, 
même dans ces conditions, Jeanne a pu sauver la France ! 

Cette théorie a été rééditée par Flourens, Delà raison, du génie et de la 
folie (Paris, 1861, in-8) ; Moreau de Tours, La psychologie morbide ; Despine, 

La folie au point de eue philosophique. 



INSPIRATION OU HALLUCINATION 317 

713. VALLET. — Caractère et mission de Jeanne Darc. Paris, 18G0, 
in-8. 

Dans le Magasin Pittoresque 18 JO, p. 103 et 221, 2 fig. : Tune Jeanne à 
Domremy d'après Benouville t l'antre l'entrée de Charles VII à Reims 
d'après Karl Girardet. 

714. VALLET. — Jeanne Darc, ses visions, ses précurseurs, ses ému- 
les. Paris, 18G7 in-8. 

Extrait de la Revue moderne, 1 mars 67. 

« En ce qui concerne l'inspiration de Jeanne, en présence des énigmes, 
des difficultés les plus ardues de l'histoire, la ressource suprême c'est le 
sens commun, nous y aurons recours. » 



715. VERGNAED-ROMAGNESI.— Examen philosophique et im- 
partial des apparitions et de la mission divine de Jeanne d'Arc. Anni- 
versaire de la délivrance d'Orléans. Orléans, chez les principaux li- 
braires, 1861, in-8 de 23 p. 

B. Nat. Lb 26 118. 

— La même édit. avec une feuille de titre nouvelle... et de la mission di- 
vine de Jeanne d'Arc. Orléans, Herluison, 1861. 

Refuse à Jeanne tout caractère surnaturel. « Exempte de cette loi de la 
nature pour les reproduction de l'espèce humaine, elle dut éprouver 
comme toutes les femmes dans le même cas, des dispositions d'esprit 
toutes particulières, et cela dut influer singulièrement sur son imagina- 
tion en la prédisposant aux rêveries, aux contemplations dont elle parle, 
aux extases, aux enthousiasmes, aux hallucinations... Elle fut, nous le 
croyons, de bonne foi dans la majeure partie de ce qu'elle a dit de ses 
apparitions, mais on est forcé de convenir qu'elle en a imposé dans plu- 
sieurs de ses réponses à ses juges, iniques à la vérité, mais cela 
n'excuse par les faits faux qu'elle a avancés. » Voilà des phases aussi irres- 
pectueuses qu'inexactes et qu'on s'étonne de trouver chez un homme qui 
se disait un des plus fervents admirateurs de la Pucelle. 

716. VASSAL (de). — Mission divine de Jeanne d'Arc. Orléans, 1861, 
gr. in-8. 

717. LELORRA1X (R.). — Jeanne d'Arc et l'Institut. {Paris, Palmé, 
1864], in-8 de 14 p. 

Extrait de la Rev. du inonde cathol. 10 août G4 p. 1-13. 

« L'Académie des Inscriptions a décerné cette année le second prix Gobert 
à l'ouvrage de M. Vallet (de Viriville) sur Charles VII et son époque. L'an 
dernier l'Académie française avait couronné VHist. de Jeanne d'Arc de 
M. Wallon. Ces deux auteurs, comme tous ceux qui ont écrit sur la célèbre 
héroïne, se sont trouvés en face de ce grand problème historique : faut-il 
voir, dans l'œuvre de Jeanne d'Arc, une intervention extraordinaire de la 
Providence, ou seulement le produit logique de causes purement naturel- 



318 MONOGRAPHIES 

les? Plus simplement: Jeanne d'Arc fut-elle inspirée de Dieu oui ou non ? 
Le lauréat de l'Académie française se prononce pour l'affirmative, M. Vallet 
est d'un avis contraire. » L'auteur expose la thèse de Vallet pour la réfuter 
et conclure dans le sens de M. Wallon. 



718. [REXARD (Athanase)]. — La montagne Sainte-Geneviève [Paris, 
Laplace, 1866] in-12 de 48 p, 

Extrait de Francs-Gauloises, t. II, p. 109-56. 

« De tant de gloire, enfin si Jeanne est couronnée 

C'est qu'elle était hallucinée 
La science en est là : c'est l'idéal du fin... 

Lisez Moreau, lisez Martin. . » 

En notes, p. 130-40 M. Renard consacre dix pages à comhallre énergi- 
quement les théories de Moreau (de Tours) d'Henri Martin et de Vallet (de 
Viriville) sur l'inspiration de Jeanne. 



719. JAUGE Y (l'abbé J. 13.), licencié en théologie. — Etude sur Jeanne 
d'Arc, sa vie, ses voix, sa sainteté, sa soumission à l'Eglise et à l'au- 
torité ecclésiastique. Langres, Dallet j Paris, Pedone-Lauriel, 1867, 
in-8 de II, 100 p. 

Prix 2 fr. 

B. Nat. Lb" 144. 

« Plusieurs historiens ont cherché à découronner Jeanne de son plus 
beau titre de gloire, qui est sa mission surnaturelle, la représentant comme 
une hallucinée, une visionnaire ; beaucoup hésitent à reconnaître en elle 
une envoyée du ciel; d'autres prétendent que si elle reçut une mission elle 
ne l'a pas accomplie avec fidélité ; enlin on n'a pas craint de la calomnier 
en faisant d'elle une fille rebelle à sa mère la Sainte Eglise catholique. 

Dans ce travail j'essaierai de rendre à Jeanne toute la gloire qu'elle mé- 
rite et de venger l'Eglise des imputations calomnieuses de ses ennemis. Je 
chercherai dans la vie de Jeanne à faire ressortir son vrai caractère, c'est à 
dire que je montrerai en elle le Messie miraculeusement envoyé parle 
Très-haut pour le salut de la France, le Sauveur accomplissant la rédemp- 
tion de sa patrie au prix de son sang, la pieuse chrétienne ornée de tou- 
tes les vertus qui font les grands saints. Je m'attacherai ensuite à démon- 
trer la nature miraculeuse de son inspiration, l'héroïsme de sa sainteté et 
sa soumission à l'Eglise ; enfin, dans un dernier chap. je prouverai que 
l'odieux de son procès ne doit point retomber sur le corps de l'Eglise, ni 
sur l'Inquisition, mais exclusivement sur les lâches et les traîtres qui ont 
condamné Jeanne. » 

Est une thèse de doctorat en théologie qui fut soutenue avec succès de- 
vant la Faculté d'Aix CR. La mémorial, 22 déc. 07 ; L'Echo des Bouches-du- 
Rhône, 22 déc. 07 ; La Bibliograp. cathol., avril 68; de G. de Beaucourt dans 
Rev. des quest. histor., IV. 68, p. 092. 



720. JAUGE Y (l'abbé). — Thesis theologica ex annalibus ecclesiasli- 
cis deprompta coram Aquensi theologiee facullate pro doctoratu. Toanna 
Aurelianensis Puello divinitus missa. Lingonis, ex typis L'huillier, 
1867, in-4de7 p. 

C'est la position latine des sept mômes questions développées dans l'ou- 
vrage précédent. 



INSPIRATION OU HALLUCINATION 319 

721. MO\CIIY (Le Ricque de) membre de l'Académ. des sciences de 
Montpellier. — Etude historique et physiologique. Jeanne d'Arc. Mont- 
pellier, Boehm, 1808, in-8 de 07 p. 

Prix 2 fr. Vente de Bouteiller dem. rel. 1 ,50. 

Divisé en huit chap. : 1° Sur le nom d'Arc (adopte l'apostrophe). 2° Jeanne 
était-elle française ? (Champenoise) 3° Jeanne ne croyait pas sa mission 
terminée à Reims. 4° Sanité d'esprit de Jeanne (l'auteur adopte la théorie 
de Brierre de Boismont : Jeanne fut une hallucinée mais saine d'esprit.) 
5° Pouvoir de Jeanne d'évoquer ses visions et ses voix (théorie de Bois- 
mont). 6° Accusation injuste de goût pour le luxe et la vanité portée contre 
Jeanne. 7° La missson de Jeanne n'était pas une mission révélée (ses voix, 
ses prédictions ; paroles de Jeanne non compatibles avec la mission révé- 
lée). 8° Jugement porté sur Jeanne. 

En somme cet ouvrage est surtout relatif à la question d'inspiration. En 
voici la conclusion : « Jeanne d'Arc, pour nous, n'est pas une inspirée ; la 
sanctification n'est pas sanctionnée par le miracle post mortem. Ses actes, 
tout prodigieux qu'il paraissent, peuvent s'expliquer par la raison humaine 
Mais le peuple néanmoins lésa inscrits dans un livre qui ne périra jamais : 
ce livre a pour titre Gesta Dei per Francos ! 



7SÎÏ. BAISSAC (Jules). — Les grands jours de la sorcellerie. Paris, 
Klinchsieck, 1890, gr. in-8. 

Est dédié spirituellement « A Jeanne d'Arc la plus illustre des sorcières 
mortes sur le bûcher » Prix 10 fr. 

Voir aussi du môme auteur Les femmes dans les temps anciens et modernes. 
Paris, 1857, in-8, p. 91 et suiv. 



72'.t. PIGELET (E.) — La Providence au xv e siècle dans l'histoire de 
France. Jeanne d'Arc, Jacques Cœur, Bourges, Impr, E. Pigelet, 1870, 
gr. in-8 de 92 p. 

Court aperçu sur la mission de Jeanne. « Qui oserait nier le rôle provi- 
dentiel de Jeanne d'Arc. Il s'impose à l'esprit le plus rehelle à la croyance 
au surnaturel. Que fut-il advenu de la France, si Charles VII persistant 
dans son indécision, n'eût pas cru à la délégation divine de Jeanne d'Arc et 
eût refusé d'accéder à la proposition humainement invraisemblable de la 
jeune bergère ? 

La mission de Jeanne d'Arc a son point de départ dans des visions cé- 
. lestes et extatiques avérées et reconnues. Nous avons vu la France sortie 
en quelques mois de ses ruines, rajeunie et puissante, parce que son sou- 
verain avait eu foi en Jeanne d'Arc l'envoyée de Dieu. » 

Les p. 85-92 sont une poésie à Jeanne Cœur par l'abbé S. Clément : 

« Aux deux sauveurs de la France expirante 
La calomnie a versé le poison. 
A Jeanne d'Arc la ilamme dévorante, 
A Jacques Cœur l'horreur d'une prison. 
C'est le secret du ciel, c'est un mystère : 
Tous les grands fronts de palmes couronnés, 
Pour féconder de leurs larmes la terre, 
A la douleur naissent prédestinés... » 



320 MONOGRAPHIES 



724. SOERY (Jules). 



Dans la Républiq. française du 24 oct. 73. 

Article idiot ou Jeanne est traitée de « pauvre garçon enjuponné. 

Cf. l'art, de protestation du Moniteur universel, 28 juin 84. 



725. BOLRBOX-EIGMÈRES (G te de). — * Etude sur Jeanne 
d'Arc et les principaux systèmes qui contestent son inspiration surnatu- 
relle et son orthodoxie. Paris, Soc. Bibliographique, 1875, in-8 de V- 
337 p. 

Prix 5 fr. Ventes de Latour, dem. mar. 4 fr. ; de Bouteiller dem. rel. 
2 fr..50. 

Etude magistrale sur l'inspiration de Jeanne, qui est la réfutation des 
systèmes Villiaumé, Lingard, H. Martin, Vallet, etc.. En voici le som- 
maire : 

1° Exposition et réfutation du système qui considère Jeanne comme 
l'instrument de la Cour, des politiques et des capitaines. 

2° Indication et classiiication des systèmes qui cherchent à expliquer la 
mission de Jeanne et son origine. 

3° Système de Villiaumé sur la probabilité d'expliquer par un génie su- 
périeur les succès de Jeanne. Sa réfutation. Difficultés extraordinaires 
qu'offrait l'état de la France, situation de Jeanne, caractère de la Pucelle. 
11 n'explique ni la délivrance d'Orléans ni l'expédition de Reims. 

4° Système cherchant à expliquer les succès de Jeanne par l'influence de 
l'enthousiasme (Lingard). 

5° Systèmes qui font de la Pucelle une hallucinée, soit par des causes 
pathologiques, soit physiologiques. 

G Réfutation du système d'Henri Martin. 

7° Conclusion en faveur de l'admission d'une intervention surnaturelle, 
comme explication seule possible de Jeanne d'Arc et de son œuvre. 

8° Réfutation de l'opinion qui ne reconnaît d'autres miracles que ceux 
dont les écritures font mention, 

9° Causes spéciales qui ont pu attirer à la France cette faveur divine. 

10° De l'orthodoxie de Jeanne. Réponse à M. II. Martin. 

11° Intervention de l'Université et des Anglais dans le procès, et caractère 
uniquement politique de cette intervention, comme du procès lui même. 

12° Jeanne ne s'est pas révoltée contre l'autorité ecclésiastique mais s'y 
est soumise même en ce qui concerne ses visions. 

13° Du procès de réhabilitation. 

14° Des précurseurs de la Pucelle : Marie Robin d'Avignon et le frère 
Richard. 

15° Des imitateurs de la Pucelle : Catherine de La Rochelle, Guillaume 
de Mende, la dame des Armoises. 

CR. par G. de Beaucourt dans Iïev. des quest. hist. 1 er janv. 76, p. 355-56. 



726. ROSIERES (Raoul). — Etudes nouvelles sur l'ancienne France. 
La légende de Jeanne d'Arc. [Paris, Germer Baillière, 1877], in-4 à 
2 col. de 6 p. 

Extrait de la Revue politique, .27 janv. 77, p. 724-29. 

Un- précurseur d'Ernest Lesigne, aussi mauvais esprit. 

« Evolution inconcevable ! Cette histoire si simple a pu dans la pleine 
clarté des temps modernes se transformer en une légende. Peu à peu une 
Jeanne d'Arc poétique, armée de forces surnaturelles, prophétisant et opé- 



INSPIRATION OU HALLUCINATION 321 

rant des miracles s'est substituée à l'héroïne d'Orléans. La patriote a dis- 
paru sous la sainte. On comprend que les peuples primitifs divinisent leurs 
héros. Us n'ont que cette manière de les grandir ; mais elle, avait-elle 
besoin d'une légende pour être admirée? » 

Après avoir cherché à détruire tout le merveilleux et le surnaturel des 
exploits de l'héroïne, l'auteur conclut : « Elle triompha parce qu'elle fut la 
première qui dirigea un soulèvement national contre les Anglais, parce 
qu'elle parut au moment opportun où la victoire devenait possible. » 

Cil. de M. Sepet dans Rev. des quest. histor. 1°'' avril 77, p. 658. 



727. DOXXIOT (le P. J. de). — Jeanne d'Arc a-l-elle été hallucinée? 
[Paris, Lecoffve, 1877], in-S de 31 p. 

Extrait des Eludes religieuses, oct. 1877, p. o00-o30. 

A propos des ouvrages précités de M. de Rourbon-Lignières et de Wallon. 
L'auteur passe en revue les diverses explications données pour expliquer 
le mobile qui a fait agir Jeanne ; il réfute successivement les opinions 
d*H. Martin qui donne comme mobile à Jeanne le génie de la Gaule ; de 
Lingard etVilliaumé qui lui donnent l'enthousiasme ; de Brierre de Rois- 
mont, qui lui donne l'hallucination physiologique : de Calmeil, qui lui 
donne l'hallucination pathologique ; de Raoul Rosières, qui lui donne le 
délire nerveux causé par le chagrin de voir sa patrie opprimée. 

Le P. de Bonniol conclut ainsi : « Pour nous, d'accord avec les écrivains 
les plus sages, nous croyons que la seule explication raisonnable de la vie 
de Jeanne d'Arc est l'explication donnée par Jeanne elle-même : Jeanne 
n'a pas plus été trompée qu'elle n'a voulu tromper. C'est ce que nous nous 
proposons d'établir. » 

- — Le même dans : Le miracle et les sciences médicales. Paris, Didier 
1870, in-12. 

P. 321-51. Prix 3 fr. 50. 

Cf. encore du V. de Bonniot sur le même sujet: Eludes religieuses, 1874, 
p. 143-60; 1879, p. 248. 



728. IRELAND (William M. D.). — On the character and hallucina- 
tions of JoanofArc. Read h» the medicopsychologual association al 
Edinburgh Tst november 1882. [Sur le earaclère et les hallucinations de 
Jeanne d'Arc, lecture faiteà l'association médico-phychologique d'Edim- 
bourg, le l' 1 ' nov. 82, London, Churchill, 1883, in -8 de 22 p. 

Tirage à part du Journal of mental science, janv. 83, CXXÏV, p. 88, 483- 
92, CXXV, avril 83, p. 18-26. 

7^9. IIOPPE. — Haltucinationen und Illusionen. [Hallucinations et 
illusions], 2 e édit. Berlin, 1884, in-8. 

Réédite la théorie de Hecker. 



7£l0. SIIJ.Y. — Die Illusionen, eine psychologische Unlersuchuri 

[Les Illusions, recherche psychologique.] Leipsig, 1884, in-8. 

21 



322 MONOGRAPHIES 

Cherche à expliquer aussi la vie de la Pucelle en écartant toute idée de 
surnaturel. 



7:il. LAS CASES (E. de), avocat, à la Cour d'appel de Paris.— 
Jeanne d'Arc et sa mission devant la critique contemporaine, conférence 
faite le 18 janv. I<S85 à Rodez. Rodez, Imprim, Brocn, 1885, in-8 de 
37 p. 

B. Nat. Ln " 3b636, 
Prix 1 fr. 

(( Je veux vous montrer en les réfutant par quels sophismes l'impiété a 
essayé de dénaturer cette belle et noble physionomie. 

Cette œuvre n'est-elle pas une œuvre d'actualité? N'est-ce pas vous faire 
assister à un des mille épisodes de cette campagne d'irréligion par la- 
quelle on s'efforce de déchristianiser la France en déchristianisant son his- 
toire et en la défigurant? N'est-ce pas aussi une œuvre consolante? N'est- 
ce pas vous montrer comment la main de Dieu nous a toujours sauvés à 
l'heure du péril? N'est-ce pas vous rappeler comment la France a su sortir 
victorieuse des plus rudes épreuves, des situations les plus désespérées? Et 
à quelle époque de son histoire notre pays a-t-il semblé plus irrémédia- 
blement perdu... sinon à l'heure où parut Jeanne d'Arc ? » 

M. de Las Cases réfuie la notice de M. d'Orcet Les Collaborateurs de 
Jeanne Dare précitée, qui fait de Jeanne l'agent de sociétés secrètes, et 
M. Fabre qui prétend expliquer les prodiges par cette phrase : « L'attente 
du prodige suscitera le prodige. » 

« Catholique, Jeanne d'Arc l'était, toutes les philosophies et toutes les 
éruditions ne pourront établir le contraire. A ce titre elle est nôtre. Elle 
est nôtre par sa piété, par sa foi, par le culte que nous n'avons cessé d'ap- 
porter à sa mémoire. 

Jeanne est nôtre, nous ne permettrons pas qu'on vienne nous la ravir. » 



Tfïi'i. ALLEMAGlXI'i (le baron d'), anc. oIT. de cavalerie, camérier de 
S. S. Léon XIII. — La mission providentielle de Jeanne d'Arc. 

Diverses conférences données : à Marseille le 11 janv. 85-, (Gazelle du 
Midi, l.'i janv. 85) ; à Vienne au Cercle catholique, le 14 nov. 86, (L'express 
de Lyon, lii nov. 86, Le nouvelliste de Lyon, 16 nov. 86) ; à Annecy le 
7 mai 87, (Semaine relie/, de Belleu, 14 mai 87) ; à Paris à la Salle des rois, 
le 14 déc. 90, (La Croix, 16 déc. 90) ; à Montmorillon dans la Vienne le 
5 juin 91, (Courrier de la Vienne, 10 juin 91), etc.. Dans le même sens et 
la même note que M. de Las Cases. 



7Î*:*. DÙHR (le P.), delà C io de Jésus. —Jeanne d'Arc ira Urtheile 
der neuern Geschiehlschreibung. [Jeanne d'Arc jugée par les historiens 
de ce temps.] [Fribourg en Brisgau, 1888], in-8 de 35 p. 

Extrait de Stimmen ans Maria Laaeh, t. XXXV, août et sept. 88, p. 147- 
64, 224-40. 

Intéressante revue des jugements portés sur Jeanne, et spécialement sur 
sa mission, par les historiens de notre temps en France, en Angleterre et 
surtout, en Allemagne. 

Voici les conclusions tirées par le P. Duhr de l'examen auquel il s'est 
livré : « 1° 11 ne peut ôlre question chez la Pucelle de maladie corporelle 



INSPIRATION OU HALLUCINATION 323 

ou mentale, elle était au contraire tout à fait saine de corps et douée 
d'une raison calme et lucide. 2° Toute supercherie doit être rejetée soit 
chez Jeanne, soit dans son entourage. 3° La Pucelle n'est pas capable de 
mensonge. 4° Dans sa vie se trouvent des énigmes qu'on ne saurait expli- 
quer d'après les lois humaines. 

Celui qui voudrait nier un de ces points se mettrait donc en opposition 
avec les résultats de la science historique moderne, avec les relations des 
chroniqueurs bien informés ses contemporains, avec les dépositions les 
plus dignes de foi de témoins oculaires et auriculaires. Toute discussion 
sur des questions particulières de la vie de la Pucelle, devra donc respec- 
ter ces propositions comme des murailles inébranlables entre lesquelles 
elle devra se mouvoir. » 



734. HATTE (l'abbé), du diocèse de Blois. — * Les apparitions et la 
mission divine de Jeanne d'Arc devant la critique rationaliste. Orléans, 
Herhiison, 1889, in-8 de 1 f. et 87 p. 

B. Nat. Lb 26 240. 

A pour but de mettre en relief les sophismes et les inconséquences du 
rationalisme, elle a pris comme objectif l'étude précitée de Vergnaud-Bo- 
magnési, Examen philosophique et impartial des apparitions et de la mission 
divine de Jeanne d'Are, « qui résume très bien toutes les idées du rationa- 
lisme sur ce sujet. » 

En voici le sommaire : 1° Idée générale du rationalisme sur Jeanne 
d'Arc. 2° Si Jeanne d'Arc a dû être une hallucinée. 3° Si la toute-puissance 
do Di^u ne peut avoir dos intermédiaires. 4° La prédiction de la journée 
des harengs. 3° Attitude de Charles VII à l'arrivée de Jeanne. 6° L'épée 
de Fierbois. 7° Entrevue de Chinon. N° Le secret du roi. 9° Enquête de 
Poitiers. 10" Conduite du roi et de ses généraux; de leur .confiance en 
Jeanne. 11° Les voix de Jeanne d'Are. 12" Sa blessure aux Tourelles. !•'!" 
Pourquoi sa canonisation n'a-t-elle pas encore élé prononcée. 14° Con- 
clusion. 

735. FRANCE (Anatole), pseud. d'A. Thibault. — Jeanne d'Arc et les 
fées. [Paris, G. Chameroi, 1890], gr. in-8 de !) p. 

Prix 1.30. Extrait de la Revue de famille, 1 avril 90, p. 34-42. 

Cherche à prouver que Jeanne s'est montée l'imagination dans le Bois- 
chesnu à la fontaine des Groseilliers, en croyant voir les fées. Contraire 
donc à toute inspiration divine. Œuvre de pure imagination, qui n'est 
appuyée sur aucun document. 



730. 1IARI\ T (Paul), capitaine d'artillerie. — La mission de Jeanne 
Darc. Conférence faite à Gènes à la Societa de Letture et Conversazioni 
scientifiche. Gènes, iinpr. Ciminngio, 1891, in-16 de G3 p. 

Tirage à part de YAteneo Ligure, mars 91, tiré à 30 ex. 

Beproduction d'une conférence faite à Gênes le 27 fév. 91, dans laquelle 
M. Marin s'est attaché à montrer, d'après les expériences spirites de 
M. William Crookes, que les apparitions qui ont indiqué à la Pucelle sa 
mission ne sont point les fantômes d'un esprit halluciné, mais des appari- 
tions réelles et subjectives. A ce propos l'auteur analyse l'ouvrage de 
Brierre de Boismont De V hallucination historique. 

La majeure partie de l'auditoire était, paraît-il, composée de médecins 
fort sceptiques et opposés à toute inspiration extérieure de Jeanne. 



324 MONOGRAPHIES 

7U7. ESTOC {M me G. d'), -* La psychologie de Jeanne d'Arc. Paris, 
tous les libraires, 1891, in~K. 

Bien que, à en croire sa feuille de titre, ce livre soit très répandu, nous 
n'avons pu, malgré tous nos efforts, nous le procurer. Mais nous avons un 
article curieux du Journal des interviews, 1 avril 91, — journal borgne qui 
n'a probablement jamais eu que ce seul numéro — contenant une longue 
biographie de cette femme auteur inconnue, qui met, parait-il, toute son 
ambition à ressembler à Jeanne d'Arc. Les neuf colonnes de l'article sont 
une comparaison entre cette femme à jeunes gens et la sainte héroïne. A 
en juger par les potins féminins, histoires de tilles et de souteneurs, monde 
interlope au milieu duquel elle vit, il faut que le signataire de l'article — 
qui croit écrire en français ■ — soit un imbécile pour avoir imaginé une 
comparaison pareille, et la dite M me d'Estoc une détraquée, pour avoir fait 
faire une tartine pareille. 

« Oui, Jeanne d'Esloc et Jeanne d'Arc, ce sont là des femmes qu'eût 
chéries le grand Léonard. Non pas de ces beautés animales qui exaltent le 
désir vulgaire, mais beautés toutes spirituelles faites d'irradieuse unité (?) 
et de la troublante ambiguilé d'on ne sait pas (!!) si c'est un brin d'atti- 
tude hère, sûre d'elle-même, militaire ; ou la muette passivité d'un loyal 
petit cœur de femme battant seul bravement la charge contre l'éternelle 
goujaterie des mâles et la mesquinerie de leurs femelles. Victime combien 
adorable ! » Là-dessus, description de son corps découplé d'éphèbe, de 
son ondulance, l'alanguissante femme au paon, la plus svelte et souple 
des Diane... 

« Ma Psychologie de Jeanne d'Arc est enfin presque terminée. Dans le 
premier volume j'ai tenté de reconstituer la genèse de son idée, en me ba- 
sant sur tous les documents connus quibusdam aliis, sur mon intuition de 
sa nature d'androgyne (moi aussi dans ces minutes extatiques, j'aurais cru 
entendre des voix comme l'enfant de Domremy !) Sur les conditions de la 
vie dans un vieux village des Vosges et sur les influences locales en ce 
qu'elles ont d'immuable. Assise à l'ombre du Bois-chesnu, m'efforcant de me 
mettre moi-même dans l'état d'âme de Jeanne d'Arc, me disant que sûre- 
ment elle avait vu celte plaine et ces collines, j'ai beaucoup cherché quelles 
suggestions avait pu donner à son esprit ce paysage tant de fois considéré. Il 
est vaste et, bien défini, dévoré par un grand ciel, nettement limité dans son 
lointain horizon. La terre matérielle en forme l'assise solide que domine 
l'immensité grise, nuageuse, sereine (?). Telle l'idée positive de l'action fut 
dans la vie de Jeanne dominée par un mysticisme constant, exhalté, pur. 

A cinq siècles de distance, la même dualité, apanage d'une femme, doit 
être employée non plus à la guerre au service d'un prétendu lieutenant de 
Dieu sur la terre, mais à la lutte pour la justice et là vérité. Telle fut la de- 
vise que je mis en exergue des livraisons de ma Revue Caudine publiée 
pendant l'hiver 1887-88. » Peste, voilà en effet qui vaut mieux que les ex- 
ploits de Jeanne d'Arc ! 

738. I)OI.\l-:r (Jules), archiviste du Loiret. — * Jeanne d'Are lollo 
qu'elle est. Orléans, H'erluison, 1892, in-8 de 8-'î p. 

B. Nat. Lb 2 * 290. 

Prix, 2 fr. Tirage à part de Mém. de la Soe. archêolog. de l'Orléanais, t. 
XXIII , notice qui mérita le premier prix du concours de la dite société. 

« Mon but, en écrivant ces pages, est, de démontrer scientifiquement que 
Jeanne d'Arc n'est pas une hallucinée, une malade, une folle sublime, 
mais une véritable inspirée; que ses voix sont réelles, indéniables; que son 
prestige vient de son inspiration et que sa conduite morale, dirigée par 
cette inspiration, eu fait une sainte incomparable, comme sa conduite po- 
litique et militaire, soumise à la même influence d'En-Haut, en l'ait une 
merveilleuse héroïne. Les vues nouvelles qu'un examen attentif des textes 



INSPIRATION OU HALLUCINATION 325 

m'a permis d'exposer dans ce petit livre, n'échapperont pas aux yeux des 
érudits, véritables familiers avec les choses du xv c s. et surtout avec les 
deux procès. Je n'apporte aucun fait inconnu, mais je crois avoir jeté 
quelque clarté sur la grande question des Voix de la libératrice... 

Ce ne sont ni des rêveries, ni des phrases, ni des systèmes, encore moins 
de dénégations orgueilleusement préconçues qui remplaceront la logique 
des faits et l'attestation solennelle et répétée des textes.-» 

En somme est une réfutation de la thèse émise par Quicherat dans ses 
Aperçus nouveaux sur l'inspiration de Jeanne. Section I. Les voix de la Pu- 
celle.' II. Ses dons psychiques. 111. Son prestige. IV. Sa soumission à 
l'Eglise. 

CH. du P. Ayroles dans Etudes religr., fév. 92, p. 113-i7; de Germain Le- 
fèvre-Pontalis dans B. de l'Ecole des Charles, juili. 92, p. 409-92; de G. Mo- 
nod dans Rev, histor. sept.-oct. 92, p. 82. 



7Ï$9. L''» M»]- — Le génie de Jeanne d'Arc. Essai d'analyse. S. nom 
d'auteur. Paris, librairie militaire Baudoin, 1892, in-12 de 172 p. 
et 1 f. de table. 



B. Nat. Lb 26 296. 



Prix 2 fr. 50. 
« 



C'est une Jeanne d'Arc plus intelligible pour nous, plus acceptable et 
tangible, que poursuit ma pensée. Il me parait indispensable de réagir 
encore contre l'esprit légendaire, qui sans cesse renaît de lui-même, trou- 
vant des formes nouvelles quand il a abandonné les anciennes. S'il ne nous 
présente plus guère la Jeanne d'Arc des à^es de foi naïve, il la dresse de- 
vant nous dans le ciel de la Patrie en traits indécis et en vagiaes formules. 

Et nous, les travailleurs de ce temps, ('pris de psyeholgie autant que 
d'érudition, nous nous acharnons à chercher le vrai de ce cœur, de cette 
imagination, de celte conscience ; nous voudrions saisir une personne vi- 
vante et palpitante, et nous allons la demandant à toutes les influences 
dont elle fut formée, en même temps qu'à l'éternelle nature humaine. 

Je présente donc, dans cet esprit, ce que j'ai cru entrevoir de la nature 
de Jeanne d'Arc, et, voulant donner du relief à ma pensée, j'essaie de formu- 
ler sa parole intérieure aux heures décisives. J'y mêle des dialogues avec des 
contemporains, toujours maintenus dans leur vérité historique, et, très rare- 
ment, avec des personnes imaginaires lorsque le sujet l'exige. La difficulté 
est giande, celte individualité étant toute d'impression et d'intuition, et 
représentant un cas positif d'hallucination. » 

L'auteur cherche à exprimer en vingt-et un dialogues ou monologues les 
pensées de Jeanne dans les principales circonstances de sa vie. Comment 
s'étonner que, la considérant comme une hallucinée, son imagination ne lui 
ait point prêté le langage que se figurent les historiens ? Le défaut inévitable 
d'un tel travail n'est-il pas d'appliquer à des personnages d'un autre siècle 
des procédés qui sont de notre temps. Jeanne étant née pour l'action, ne 
s'analysait pas, et en l'écoutant parler c'est la voix de l'analyste que. seule 
nous entendons ; nous nous en défions parce que nous ne sommes pas sûrs 
qu'elle soit conforme à la vérité. 



E. — Etendue de la mission de Jeanne. 



740. RENARD (le doct. Athanase). — La mission de Jeanne d'Arc. 
Examen d'une opinion de M. Jules Quicherat. Paris, G&rnier, 1855, 
in -8 de 32 p. 

Prix 1 fr. 

R. Nat. Lb 2G 105. 

Réponse à une opinion émise par Quicherat dans ses Aperçus nouveaux, 
à propos de l'étendue de la mission de Jeanne, à savoir que sa mission 
comprenait l'entière expulsion des Anglais et la recouvrance de Paris. « La 
mission de Jeanne d'Arc, dit M. Renard, ou, en d'autres termes, ce qu'elle 
avait charge d'exécuter, comme envoyée de Dieu, c'était de faire triompher 
les droits de Charles VII à la couronne de France ; et cette mission, qui 
devait avoir pour conséquence l'expulsion des Anglais du royaume, se rat- 
tachait à deux points bien précisés : la délivrance d'Orléans et le sacre du 
roi à Reims. Jeanne en quittant Domremi n'avait annoncé rien de plus. 
Telle a été véritablement sa première et seule inspiration, soit qu'elle lui 
vînt de Dieu, soit qu'elle lui vint seulement d'elle-même. 

Nous nous demandons quel est le droit de M. Quicherat de dire que la 
mission de Jeanne aurait été manquée? 

Nous devons croire que M. Quicherat n'admet pas l'intervention de Dieu, 
car il n'y aurait pas de conciliation possible entre l'idée d'une intervention 
divine et celle d'une mission manquée, ce serait dire que Dieu aurait été 
impuissant à faire ce qu'il voulait faire. » 



— Le même. Paris, (ramier, 1856, in-8 de 38 p. 

R. Nat, Lb 2G lui) A. 

7 1 I. CiiA/EAl.I (le P. F.). — La mission de Jeanne d'Arc d'après les 
historiens de nos jours. [Paris, Aikj. Durand, 1862], in-8 de 28 p. 

Extrait des Etudes religieuses, mars-avril 02, p. lo9-86. 

742. GAZEAE (le P. F.). — # Jeanne d'Arc a-t-elle rempli sa mission? 
Paris, Ain/. Durand, 1866, in-8 de 60 p. 

Tirage à part des Etudes religieuses, janv. et mars 66, p. 64-93, 311-41. 

Réfute l'opinion de MM. de Garni'-, Wallon, Trognon, etc.. disant que 
cette opinion aboutit forcément à la négation de l'inspiration divine chez 
Jeanne. 

En voici le sommaire : La tradition nationale et l'opinion de nos histo- 
riens contemporains. — Le vrai moyen de résoudre la question. — L'ori- 
gine et l'objet de la mission de Jeanne. — Les preuves qui servent à dé- 
montrer que la mission militaire de Jeanne était remplie et qu'elle se 



ÉTENDUE DE LA MISSION 327 

terminait au sacre de Charles VII. — Système de nos historiens contempo- 
rains. — Jeanne n'avait pas reçu mission de prendre Paris. — Ses échecs 
s'expliquent sans peine dans l'ordre providentiel de la destinée personnelle 
qui lui avait été prédite. — Sa prétendue mission militaire serait incom- 
patible avec la nouvelle directiou de ses voix. — Conlirmation de cette 
vérité pendant la captivité de Jeanne. — Le procès de condamnation 
prou/e qu'elle avait combattu sans révélation après le sacre, qu'elle était 
chargée de prédire le triomphe définitif de Charles VII, mais qu'elle n'avait 
pas reçu la mission d'y coopérer. — Il faut conclure que Jeanne a rempli 
sa mission. 

En somme la thèse du P. Gazeau est celle-ci : » La mission militaire de 
la Pucelle est terminée à Reims. Ses voix l'avaient d'abord guidée contre 
les ennemis de la France ; elles la laissent libre de les combattre encore, 
mais à ses risques et périls. » 

CR. de G. de Beaucourt dans lier, des quest. histor., t. I 18G6, p. 296, 

743. NETTEMENT (Alfred). — * La mission de Jeanne d'Are. Paris, 
Palmé, 1866, in-8de37 p. 

Tirage à part de la lier, des quest. histor. oct. 00 p. 32G-C 1 . 

« Jeanne d'Arc a-t- elle rempli une mission surnaturelle ou a-t-elle agi 
sans mission ? Si elle a eu une mission, quelle était cette mission".' où a-t- 
elle commencé, où a t-elle fini'? Peut-on répondre aux objections tirées 
de certaines circonstances de la vie de Jeanne d'Arc, pour infirmer la réa- 
lité de sa mission ? 

Nous aurons d'abord à faire aux écrivains rationalistes qui nient la mis- 
sion surnaturelle de Jeanne d'Arc parce qu'ils n'admettent le surnaturel 
nulle part. Pour discuter contre des esprits de cette trempe, nous compa- 
rerons la solution qu'ils repoussent et nous verrons si, aux yeux même de 
la raison, seul juge qu'ils consentent, à accepter, leur solution est admis- 
sible, si elle explique ce qu'elle est destinée à expliquer. 

Nous vous retrouvons ensuite en face d'un second genre, nous ne disons, 
pas d'adversaires, mais de contradicteurs, ce sont ceux qui, comme M. de 
Carné dans la Revue des deux mondes, MM. Lafontaine et Abel Desjardins 
dans leurs Vies de Jeanne d'Arc, M. Wallon dans son IHst. d<- Jeanne d'Arc, 
M. Trognon dans son ///.s/, de France, adoptent tous plus ou moins cette 
opinion nouvelle, mise en avant pour la première fois par M. Quicherat, à 
savoir que « Jeanne d'Arc n'accomplit qu'à moitié la mission dont elle se 
croyait investie d'en haut. » Ces écrivains ne se sont pas aperçus d'une 
chose : en admettant que Jeanne d'Arc ait été trompée sur une partie de 
sa mission par les voix auxquelles elle obéissait, ils ont admis que sa mis- 
sion tout entière n'avait rien de surnaturel. Dieu ne trompe pas et Dieu 
peut tout ce qu'il veut. Si Jeanne d'Arc a été trompée par ses voix, ce n'est 
pas Dieu qui lui parlait par l'intermédiaire de ces voix. Si Jeanne d'Arc a 
échoué dans une partie de la mission que ses voix lui assignaient, elle 
n'était pas l'instrument de la volonté de Dieu, car on nous accordera que 
ce n'est pas la volonté de Charles VII qui aurait pu entraver la volonté 
divine. La concession que font quelques écrivains catholiques à l'opinion 
nouvelle de M. Quicherat nous conduirait donc à accepter l'explication 
des rationalistes et si cette explication est, comme nous allons le prouver, 
inadmissible, il ne restera plus qu'à renoncer à comprendre cette page de 
notre histoire, et à déclarer une fois pour toute que l'épisode de Jeanne 
d'Arc est historiquement inexplicable. 

Non, il n'est point exact de dire que Jeanne d'Arc n'a pas rempli toute 
sa mission. Sa mission était de vaincre les Anglais, de faire lever le siège 
d'Orléans et de conduire le roi à Reims pour qu'il fût sacré. Les voix l'ont 
assurée qu'elle accomplirait cette œuvre: elles ne l'ont pas trompée, elle 
l'a accomplie. Au delà de Reims la mission s'arrête, mais le rôle continue... 
Ses voix ne lui parlent plus que pour lui aunoncer des épieuves, des mal- 
heurs. » 



328 MONOGRAPHIES 

-7-M. KlvU'i'Ol'KT (G. du Fresne de). - - * Jeanne d'Arc et sa mission 
d'après son dernier historien Paris, Palme, 1868, in-8 de 30 p. 

Tirage à part de la H>-r. des quest. histor. I oct. 07 p. 383-4 10, tiré à .'»() ex. 

IL Nal. Lb 2,; 143. 

A propos de l'ouvrage de M. Wallon. 11 combat l'opinion de cet historien 
et conclut: « La mission de Jeanne n'a eu que deux objets : la délivrance 
d'Orléans et le sacre de Reims. C'est se heurter contre les textes les plus 
forts que de prétendre qu'elle avait charge d'accomplir elle-même 
trois autres événements qu'elle se borna à prédire : la prise de Paris, la 
délivrance du duc d'Orléans et l'expulsion totale des Anglais. » 

745. [WAILLY (N. de)]. — Jeanne d'Arc par M. Wallon. S. nom. 
[Paris, Imprim. Laine et Ilarard, 1868], in-8 de 8 p. 

La couvert, sert de titre. Est signé à la fin. Tirage à part de la Biblioth. 
de l'Ec. des Charles, 1808, p. 282-87. 

H. Nat. Lb 2e 110. 

Avait déjà paru dans Le monde du 30 juill. 07. 

« La question de miracle se pose inévitablement dans la vie de Jeanne 
d'Arc : elle a embarrassé plus d'un écrivain et provoqué souvent d'étranges 
réponses. M. Wallon a pensé avec raison que le premier devoir d'un bisto- 
rien de Jeanne d'Arc était de ne pas éluder cette difficulté : il l'aborde de 
front et l'explique par l'intervention miraculeuse de Dieu. J'essayerai de 
montrer que cette solution est parfaitement conforme aux règles de la criti- 
que historique. 

Wallon comme Quicherat affirment contrairement à une opinion déjà 
ancienne et qui conserve encore des partisans, que, Charles VII une fois 
sacré à Reims, Jeanne d'Arc n'avait pas encore accompli toute sa mission, 
car elle s'était annoncée elle-même comme devant en outre expulser les 
Anglais. Le 22 mars 1429 elle leur écrivait : « Je suis cy venue de par Dieu 
le îoy du ciel, corps pour corps, pour vous bouter hors de toute France. » 
Je ne m'explique donc pas qu'un doute puisse exister, dans l'esprit de ceux 
qui croient à l'inspiration de Jeanne. Comment peuvent-ils connaître sa 
mission sinon par elle ? Et pourquoi lui refuser ici la créance qu'ils lui 
accordent ailleurs ? 

Le pieux Gerson, quelques mois avant de mourir et au lendemain de la 
délivrance d'Orléans, avait en quelque sorte prévu les revers après la 
victoire, non comme un désaveu pour Jeanne d'Arc, mais comme un châ- 
timent pour les ingrats qu'elle venait défendre. Il écrivait le 14 mai 1429: 
« Quand bien même — ce qu'à Dieu ne plaise ! -- elle se serait trompée 
dans son espoir et dans le nôtre, il n'en faudrait pas conclure que ce qu'elle 
a fait vient de l'esprit malin et non de Dieu ; mais plutôt s'en prendre à 
notre ingratitude et au juste jugement de Dieu, quoique secret... Car Dieu, 
sans changer de conseil, change l'arrêt selon les mérites. » Ce ne serait pas 
comprendre Jeanne d'Arc que de la glorifier dans ses triomphes pour la 
renier dans sa passion. » 

7 10. I.VfillK (l'abbé), anc. prof, d'hist. ecclésiastique à la Sorbonne, 

chanoine honor. de Paris, Nancy, Rodez. — Jeanne d'Arc. [Paris, Bloud 
et Barrai, 1881 |, in-8 de 58 p. 

Est le livre XL de son Hist. </<■ l'Eglise cathol. en France, en 20 vol. 

t. xi H, p. 252-309. 

Excellente notice tirée en grande partie de Wallon. Voici comment l'abbé 
Iager conclut son examen de la mission : « Est-ce à dire que Jeanne d'Arc, 



ÉTENDUE DE LA MISSION 329 

après avoir été entre les mains de Dieu un instrument si humble et si docile, 
se sera mise en élat de rupture ouverte avec ses volontés? Rien n'est plus 
Loin de notre pensée qu'une telle supposition ; toute la vie de cette vertueuse 
fille lui donnerait un démenti, et surtout L'humble aveu qu'elle fît de ses 
fautes dans les interrogatoires de son procès. Mais il nous semble que nous 
ne desservons pas sa mémoire en disant que Dieu voulut en elle et par elle 
opérer deux grandes choses : pourvoir avant tout au salut de la France au- 
quel elle donnerait une impulsion qui ne devrait plus s'arrêter, puis cou- 
ronner cette œuvre de dévouement, ainsi qu'il arrive presque toujours dans 
les œuvres de Dieu, parle sacrifice. Dans ce double but Dieu lui donne 
d'abord une puissance d'action et une détermination de volonté qui ne peu- 
vent qu'émaner de sa force invincible et de sa prescience infinie ; plus tard 
il semble s'être relire d'elle et la laisse tomber aux mains de ses ennemis. 
Mais, dès qu'il a mis cette âme, qui lui est chère, sur la voie du martyre, 
à ses yeux le plus grand des bien, il revient à elle pour la préserver du 
désespoir, pour la soutenir parmi les durs traitements de sa captivité, pour 
la relever dans ses défaillances et, jusqu'au milieu des flammes, lui faire 
proclamer la légitimité de son roi et la divinité de sa mission. » 

Cf. suprà sur ce sujet n° 571, '612, Wyndham, The maid of Orléans, dont 
la conclusion est que Jeanne a rempli sa mission jusqu'à la mort. 



1 17. IHÏIIR (le P.) de la O de Jésus. — Uber eine Irrung der Iung- 
frau von Orléans [Sur une méprise de laPucelle d'Orléans] [Fribourg, 
en Brisgau, 1889]. in-S de 14 p. 

Extrait de Stimmen ans Marin Laach t. XXXVI janv. 89. p. 24-37. 

L'auteur y analyse, avec beaucoup de sagacité critique, les rapports de 
Jeanne avec les êtres surnaturels que Dieu lui avait donnés pour conseils. 
Il établit que fout ce que la Pucelle a indiqué comme prédictions certaines 
et sans condition de ses Voix, a pu ne pas toujours se réaliser dans le sens 
où elle l'avait saisi, mais tout s'est réalisé. 

Il prouve que la mission de Jeanne se borna à deux points, Jeanne l'a 
toujours reconnu elle-même : la délivrance d'Orléans et le sacre du roi. 
Après ce dernier événement Jeanne devient faillible et est livrée à ses pro- 
pres lumières ; jamais ses Voix après le sacre ne lui ont ordonné un exploit 
quelconque. Elles lui annoncent dans sa prison la délivrance et Jeanne 
croit qu'elles lui prédisent la liberté. 

« La grande victoire dont les saintes avaient parlé, devait bien à la vérité 
délivrer la Pucelle, mais d'une façon bien différente de celle qu'elle atten- 
dait ! C'était une victoire plus précieuse que n'aurait pu l'être la plus 
grande victoire sur les Anglais ; c'était la victoire sur elle-même, la rési- 
gnation à la volonté divine, le sacrifice de soi-même, de ses convictions, 
de ses projets, de ses espérances. Elle qui rêvait d'une entrée triomphale 
dans Paris, à côté de son roi bien-aimé, puis une expédition maritime en 
Angleterre, enlin une grande croisade contre les ennemis de l'Eglise, contre 
les llussites et les Sarrazins ! Et ces projets jalonnaient, comme autant 
d'étoiles brillantes, ses rêves guerriers d'avenir ! 

Pourquoi cette erreur? 11 fallait bien que les Saintes eussent pitié de la 
faiblesse de leur protégée. Auraient-elles osé dire à cette pauvre fille, qui 
ne soupirait qu'après la délivrance et la victoire, toute la vérité si terrible ? 
Auraient-elles pu lui annoncer une mort aussi épouvantable que celle qui 
l'attendait ? Il leur fallait la guider doucement à traveres l'amère école de 
la souffrance, la conduire et la soutenir comme un enfant d'une main dé- 
licate de mère attentive. » 



F. — Domremy. 

La maison et les souvenirs de Jeanne. — Pèlerinages, fêtes et mo- 
numents commémoratifs L — Notre-Dame de Bermont. 

748. MONTAIGNE (Michel de). — Journal du voyage de Michel de 
Montaigne en Italie en 1580 par M. de Querlon. Rome et Paris, Lejny, 
1774, in-4. 

P. 8 et suiv. récit du voyage de Montaigne à Domremy en lo80. 

« Domremy sur-Meuse à trois lieues de Vaucouleurs, d'où estoit native 
celle fameuse Pucelle d'Orléans, qui se nommoit Jeanne d'Ay ou Dallis. Les 
descendans furent annoblis par faveur du roy, et nous monstra.rent les ar- 
mes que le roy leur donna, qui sont d'azur à une espée droitte couronnée 
et poignée d'or et deux Heurs de lys d'or au costé de la dicte espée ; de 
quoy un receveur de Vaucouleurs donna un escusson peint à M. de Gasalis. 
Le devant de la maisonnette où elle naquit est tout peint de ses gestes ; 
mais l'aage en a fort corrompu la peinture. Il y a aussi un arbre le long de 
la vigne qu'on nomme l'arbre de la Pucelle, qui n'a nulle chose à remar- 
quer. » 

— Le môme. Paris, Lejay, 1774, 2 vol. in-12. 
T. I, p. 16. 

740. HA 14) AT (de). — Monumens consacrés à la gloire de Jeanne d'Arc 
dans la commune de Domremy. Rapport. [Nancy, 1820], iii-8 de (S p. 

Extrait des Mém. de l'Académ. de Stanislas, 1819-23. 

Fut publié ensuite dans la Relation de la f< ; te inaugurale... et dansl'lftca- 

men critique... p. 272. Voy. ci-après, n os 7o3, 7.'ii. 



1 Les monuments publics actuellement existant à Domremy à la gloire de 
Jeanne d'Arc sont : 

1° Statue en pierre du xvi° s. à l'intérieur de la maison de la Pucelle. 

2° Statue en fonte au-dessus de la porte d'entrée de la dite maison, qui est une 
copie de la précédente, faite en 1820. 

3° Buste en marbre et monument par Legendre-Héral donnés par Louis XVIII et 
inaugurés le 10 sept. 1820. 

4° Statue eu bronze, par la princesse Marie d'Orléans, donnée par Louis-Philippe 
et inaugurée le 9 mai 1843 à l'intérieur de la maison de l'héroïne. 

5° Statue en fonte par E. Paul devant l'église de Domremy, inaugurée le 30 sept. 
1860. , 

6° Eglise commémorative érigée au Bois-Chenu, commencée en 1878 sur les 
plans de M. Sédille. Groupe colossal en bronze de M. Allard. 

La petite ville de Gousse;/, non loin de Domremy, possède une copie en bronze 
de la statue de la princesse Marie, et la commune uVAutreville, une autre , 
également en bronze, sur sa grande place. 



DO.MKEMY 



331 



750. X... — Fête pour l'inauguration du monument élevé à la mémoire 
de Jeanne d'Arc à Domremy, département des Vosges, 10 sept. 1820 S. 
nom. Neufchâlcau, Beaucolin, 1820, in-4 de 8 p. 



Cf. sur le même sujet suprà Jollois, n° 197. 



B. Nat. Lk 7 2479. 




Eglise de Domremy (Extrait de la Jeanne d'Arc de l'Abbé Debout). 

751.X... — Procès-verbal | delà dépulation | de la ville d'Orléans 
à Domremy la Pucelle, pour assister à la cérémonie de l'inaugu- 
ration du Monument élevé à la mémoire de Jeanne d'Arc, le 10 
septembre 1820. S. nom. Orléans, Rouzeau Monlaut [1820], in-4 de 
18 p. 



Vente de Boufeiller cart. 1 fr. 



B. Nat. Lk 7 2480. 



Est le récit des fêtes de Domremy du 10 sept. 1820, fait par le comte de 
Rocheplatte, maire d'Orléans, délégué de cette ville avec le V e de Gremion, 
adjoint, deNoury et Babelleau délégué du préfet du Loiret; il y est raconté 
la remise d'une médaille d'or à Gerardin, l'inauguration du monument delà 
Pucelle, il y est fait la description de Domremy et des souvenirs consacrés à 
Jeanne, la reproduction du discours du maire d'Orléans ; l'arrêté du préfet 
du Loiret et le procès-verbal du conseil municipal de cette ville relatifs à 
cette députation. 

- Le même. Procès-verbal | de la dépulation | de la ville d'Orléans | 
à Domremy la Pucelle, | pour assister à la cérémonie de l'inau gu- 
ration du monument élevé à la nié | moire de Jeanne d'Arc, le 10 sep- 
tembre | mil huit cent vingt. S. nom lieu, ni date [1820], pet. in-18 
de 15 p. 



752. HA I .DAT (Charles, Nicolas, Alexandre de), doct. en médecine, 
inspecteur de l'Univers, de Nancy, membre de plus. soc. sav. — Eloge 
de Jeanne d'Arc, Pucelle d'Orléans, prononcé à Domremy le 10 septem- 
bre 1820. Neufchâteau, Beaucolin [1820] in-8 de 31 p. 



332 MONOGRAPHIES 

B. Nat: Lu 27 535. 

Vente de Bouleiller dem. mar. 1 fr. 

Fut prononcé à l'occasion de la restauration de la maison de la. Pucelle 
à Domremy et de l'érection de sa statut;. 

« Laissant aux historiens et aux critiques L'exposition des faits et la dis- 
cussion des preuves, pour me conformer à vos désirs, je ne vous entre- 
tiendrai que des vertus qui furent la source de l'héroïsme de Jeanne d'Arc. 
Je vous les présenterai comme les titres les plus authentiques de sa gloire 
et les ornements les plus propes à décorer le triomphe que nous lui prépa- 
rons. Sa valeur intrépide dans les combats, sa modération après la victoire, 
sa constance dans le malheur, sa tendresse liliale, sa modestie, son désin- 
téressement et son humanité lui formeront un cortège auguste, au milieu 
duquel son amour pour Dieu, pour son lloi, pour sa Patrie, se montrera 
comme le soutien de ses éminentes qualités et le plus digne ohjet de vos 
hommages. » 

— Le même : Eloge historique de Jeanne d'Arc, rapport. [Nancy, 1820], 
in-8 de 11 p. 

Extrait des Mém. de l'Académ. Stanislas 1819-23. 

Fut réédité aussi dans Relation de la fête inaugurale et dans Examen cri- 
tique. 



753. HALI) AT (de). — Relation de la fête inaugurale célébrée à Dom- 
remy, le 10 septembre 1820, en l'honneur de Jeanne d'Arc; suivie de 
deux dissertations sur l'authenticité de la maison de l'héroïne et sur les 
monuments anciennement érigés à sa gloire dans la province de Lorraine. 
Nancy, Impr. Cl. llisselte, [1820], in-8 de 98 p. et 3 fig. hors texte. 

Bihl. Nat. Lk 7 2178. 
Prix2fr. Vente de Bouteiller dem mar. 1 fr. 

Les 3 fig. sont : portrait de la Pucelle en buste; fronton de la maison de 
Domremy; statue à genoux (réduction faite par Elit une Hordal de la statue 
de la cathédrale de Toul.) 

En voici le sommaire : 1. Votation du département des Vosges pour l'achat 
de la maison de Jeanne d'Arc. II. Description de la chaumière de Jeanne 
d'Arc avant et depuis sa restauration. III. Députation des villes et commu- 
nes rurales à la fête inaugurale. IV. Description topographique de Domre- 
my. V. Eloge de Jeanne d'Arc. VI. Discours de M. Boula de Colombiers, pré- 
fet des Vosges. VIL Discours du comte de Bocheplatte, maire d'Orléans. 
VIII. Discours de M. de Choiseul. IX. Description de la fête champêtre. X. 
Dissertation sur l'authenticité de la chaumière de Jeanne d'Are. XL Disser- 
tation sur les monuments anciennement consacrés à la mémoire de Jeanne 
d'Arc. 

Oettinger parle~d une édit. de Neu fchâtel, 1831, in-8 et aussi de Rouen, 
1821, in-8, sûrement par erreur. 

Fut réimprimé en 1840 dans VExamen critique... ci-après, p. 180-259. 

Cf. sur les fêtes de 1820 Le narrateur de la Meuse du 15 sept. 1820, p. 
132-44 en entier consacré au récit des fêtes et suivi de plusieurs poésies en 
l'honneur de Jeanne d'Arc : Ronde de Jeanne d'Arc i>our le jour de la fêle à 
Domremy. S. nom. Deux autres Chansons à l'honneur de Jeanne d'Arc de 
5 couplets de 8 vers chacune. Couplets en l'honneur de Jeanne d'Arc, par 
R...L 11 couplets de 6 vers. Le narrateur de la Meuse des 27 août, 20, 24 
sept. 1820 ; Le Constitutionnel, 7 août 1819, 15 sept. 1820. 



DOM REMY 



333 



7î> I. IIAIJJAT (de). — * Examen critique de l'histoire de Jeanne Dare 
suivi de la relation de la fête inaugurale célébrée à Dom-Remi en 1820, 
et de mémoires sur la maison de Jacques Darc et sur sa descendance. 
Nancy, Grimblot et V v " Raybois, 1850, in-8 de 338 p. portrait et 3 
lithograph. 

Ventes de Latour dero. mar. 2 fr. ; de Bouteiller, dem. mar. 2 fr. 

B. Nat. Ln - 1 548. 




Jeanne d'Arc, tableau de Démet (x.vn° S.), appartenant à M. .de Haldat 

du Lys à Nancy. 

Les fig. représent.: 1° L'ancienne statue de Jeanne à Dom Remy (assez 
médiocre reproduct. sur pap. vert, bien inférieure à la jolie grav. de la 
Relation de la fête inaugurale). 2° Le monument de Dom Remy. 3° Fon- 
taine de Jeanne Darc à Dom-Remi. Les deux prem. sont de la lithogr. 
Christophe à Nancy, la 3° d'Elisabeth Votant. Le frontispice est : « Ancien 
portrait de Jeanne d'Arc » dess. et lith. par Thorelle (Nancy, Christophe) 
dont nous donnons ci-joint le fac-similé. 

Se compose de trois parties : 

Origine de Jeanne Darc — son éducation — sa piété, source de ses ver- 
tus — Virginité. — Examen des inspirations, relations, apparitions. — A- 
t-elle été appelée par Charles VII? — De l'influence de Jeanne sur les suc- 
cès des armées de Charles VIL — Sur les inspirations et prévisions de 
Jeanne Darc. — Sur les causes de ses succès. -- Examen critique de son 
procès. — Dépositions de Dunois et. d'Alençom 

IL De la réimpression de l'ouvrape précédent Relation de la fêle inaugurale 
de la fête du iO sept. 182,0, avec les recherches sur l'authenticité de la 
maison de Jeanne Darc et la Dissertation sur les monuments; réimpres- 
sion qui occupe 297 p. 



33 ï- MONOGRAPHIES 

III. D'une partie nouvelle comprenant: I. l'épitaphe de M. Dalys (p. 298). 

2. Lettre à MM. les rédacteurs du Journal VEspérance de Nancy (p. 299). 

3. Passages d'un drame historique sur Jeanne Darc en 7 tableaux et en vers 
libres inédit (de M. A. Renard voy. infrà n° 1803) (p. 312). 4 Notes sur Jac- 
ques d'Arc, Jean et Pierre Dulys ses fils, sur Isabelle Romée et quelques- 
uns de leurs descendants, (p. 324-36). 

Une partie de la présente brochure avait déjà figuré dans le Précis des 
trav. de la Soc. de Nancy, 1819-23, p. 102-95 ; 1833 p. 96 et suiv. 



755. DUPIrV (Charles), membre de l'Institut. — Notice sur un monu- 
ment de Jeanne d'Are à Domremy. Paris, Impr. Plassan, 1823, in-8 de 
11p. 

B. Nat. Lk 7 2481. 
Tirage à part de la Bévue encyclopédique. 

756. PUYMAIGRE (Th. de). —Pèlerinage à Domremy [Metz, Alcan; 
Strasbourg, Rhein, 1841], in-8 de 16 p. 

Extrait de la Revue d'Australie, août 41, p. 105-19. 

Est le récit d'une visite faite par l'auteur à Vaucouleurs et à Domremy. 

757. DUMAST (le baron Guerrier do). — Ce que fut jadis la Lorraine 
et ce qu'elle est encore. Nancy, in-12 de 170 p. 

758. THOMAS (Auguste). — La Lorraine. Mirecourt, Hambert, in 8 

de 60 p. 

Voy. p. 6-9. 

759. X... — Inauguration à Domremy d'une slatue de la princesse Marie. 

Dans La quotidienne, 16 mai 43. 

Cf. aussi Le journal des villes et des campagnes, 14 mai 43 ; Débats, 15 
jnai 43 , L'Orléanais des 25 juin, 5, 16, 30 juill. 43 ; Le foyer, 1843 n° 55, 
par Dom Augustin. 

760. X... — La maison de Jeanne d'Arc à Domremy. 
Dans le Magasin pittoresque, 1843, p. 13-5 avec 2 grav. 

761. LEPÂGE et Ch. CHÀRTON. -7- Le département des Vosges, 
statistique historique. Nancy, Pfèiffer, 1845, 2 vol. in-8. 

L'art. Dornremy-la-Pucelle, 2 e part. p. 173 et suiv. renferme de bons ren- 
seignements archéolog. sur le village, la maison de Jeanne, l'église, les nié- 
dailh's et monuments de la Pucelle. 



DOMREMY 335 

762. X... — Philosophie de l'Histoire de Lorraine. Nancy, Vagner, 1850, 
gr. in-8 de 75 p. 

Renferme qq. aperçus forL curieux et originaux sur Jeanne Dare. 



763. HUIX (A. F.), habitant de Domremy, conservateur du Musée Jeanne 
d'Arc. — Plan géométral de la maison de Jeanne d'Arc, des salles de 
réception et des autres bâtiments construits depuis 1810 ; du jardin, de 
la place, du monument, de l'église, etc.. Neufchàteau, Kienné, [1830], 
in-18 de 16 p. 

Prix 0,75. 

76 l. IIUIiY (A. F.). — * Histoire populaire de Jeanne d'Arc, suivie de 
détails curieux sur sa chaumière, sur les lieux que la pieuse héroïne a vi- 
sités, et sur l'établissement d'un musée à Domremy (Vosges). Paris, 
Garnier ; Domremy, l'auteur ; Neufchàteau Kienné, 1850, in-12 de 
175 p. 

Prix 1 fr. au profit de l'église et de l'établissement du Musée Jeanne 
d'Arc* 

Vente de Lalour dem. mar. 2,30. 

B. Nat. Lb 26 106. 

Dans l'avertissement M. Victor Robert, président de ta Soc. de l'Union des 
poètes, dit que « le but de cette histoire est de répandre dans les campa- 
gnes le souvenir de L'humble bergère qui fut le type parfait des vertus chré- 
tiennes. Les détails inédits sur la chaumière de Jeanne, ceux des monu- 
ments qui ont été faits à Domremy, la description du Musée établi en son 
honneur dans le pays qui l*a vu naître, etc. recommandent cet ouvrage.. » 

Se termine par un projet de fondation d'un comité de patronage ayant 
des représentants par toute la France pour recueillir des ressources en fa 
veur du Musée Jeanne d'Arc de Domremy. Malheureusement celle organi- 
sation, imaginée par M. Félix Etienne, ne réussit pas et le musée resla- 
longtemps peu important, bien moins considérable que celui d'Orléans. 



765. IIUIIM (A. F.). — Histoire de la réhabilitation de la mémoire de 
Jeanne d'Arc Neufchàteau, Kienné, 1850, pet. in-18 de 95 p. et 12 p. 

B. Nat. Ln S7 a65. 

Prix 0.50. Vente de Bouteiller, dem. mar. 4 fr. 

« Ce petit ouvrage, complément nécessaire, à Y Hist. populaire de Jeanne 
d'Arc, écrit essentiellement, pour les habitants des campagnes, contient 
l'histoire abrégée de la réhabilitation de l'héroïne et de la révision de son 
procès. Tout en faisant connaître les principaux faits relatifs à Jeanne 
d'Arc, qui se sont passés depuis sa mort, il servira encore à répandre de 
plus en plus dans les campagnes la mémoire de celle qui doit vivre à ja- 
mais dans les souvenirs de tous les bons Français. » 

Est un bon résumé populaire d'après Le Brun des Charmettes et l'abbé 
Barthélémy. En voici le sommaire : 1. Impressions produites par la mort 
de Jeanne d'Arc 2. Isabelle Romée à Orléans. 3. Réhabilitation de Jeanne 



336 MONOGRAPHIES 

d'Arc par le peuple, par le roi, par l'inquisition, par le clergé, par le" sou- 
verain ponlife. 

Les douze dernières pages sont, une Notice de l'ermitage Sainte-Marie de 
Domremy, où il est parlé aussi de noire sujet. 



766. LORRAIX (Nicolas). — Notice sur Jean ne (l'Are et sur sa statue. 
Paris, Imp. G. Gratiol, tous les libraires, 1850, iu-S de 8 p. 1 fig. 

13. Nat. Lk 7 5942^ 
La couvert sert de titre. Prix 1 fr. 

Court résumé de la vie de l'héroïne. Les dernières lignes sont consacrées 
à la description de la statue d'Eugène Paul, exposée aux Champs-Elysées, 
qui devait être inaugurée à Domremy en sept. lS.'iO, placée près de l'Eglise. 



767. HL'OT (l'abbé), vicaire de Sairit-Qùentin. — Panégyrique de 
Jeanne d'Arc, prononcé à Domremy le 13 septembre 1863. NeufcKà- 
teau, Impr. Beaucolin, (1863), in-fol. plan. 

B. Nat. Lu r > 578. 

Au profit des exilés polonais. Fut prononcé à l'occasion de la bénédic- 
tion d'un étendard représentant Jeanne d'Are, envoyé en 1863 par les dames 
d'Orléans, qui l'avaient brodé. 

— Le même. Discours sur l'étendard de Jeanne d'Are. [Paris, Dentu, 
Palmé, 1805], in-8de 15 p. 

Extrait de Lettres apostoliques de S 1 Ignace. 

Cf. sur les fêtes de Domremy : Le Constitutionnel, 18 juin 63, Le voleur, 
25 juin, les veillées chrétiennes, 1-2 juill., Le petit journal, 14 sept., La 
France, 15 sept., Le Constitutionnel, 16 sept., le Journal du Loiret, etc. 



768. FABER (P. F.), correspond, du Minist. de l'instr. publ. - Le 
chevalier de Jeanne d'Arc. Tournai, Casterman ; Paris, Lethielleuxj 
Leipsig, 1864, in-12 de 118 p. et la table. 

Fait partie des Récils historiques et légendaires de la France. 
La couvert, porte comme nom d'auteur Balech-Lagàrde. 
Est le récit fantaisiste des pérégrinations d'un ardent admirateur de la 
Pucelle qui cherche à acheter la maison de Jeanne d'Arc à Domremy, 

CR. Bibliogr. cnth. fév. 67. 



760. i\IORIX (Ernest), prof, à l'Ecole Turgot. — Conférence sur Jeanne 
d'Arc faite à Domremy le 10 septembre 1863. 

Des extraits et des comptes rendus en furent donnés par La liberté du 
8 sept. 65 ; Le Constitutionnel, 8 sept. ; Le petit Journal, '.) el 21 sept. ; Le 
moniteur imiv. 27 sept. 



DOMREMY 337 

770. [IU IX-Y ARXIFJR]. — Domremy depuis 1815. Souvenir de 
reconnaissance aux religieuses Gerlrude Millot et Ursule Roux. 8. nom. 
Neufchâteau, Impr. Kienné, 1867, in-18 de 35 p. 

B. Nat. Pièce 135G7. 

Est signé à la lin. Est un court historique de Domremy, de la fondation 
en 1830 d'une maison d'éducation par les religieuses à qui on contia la 
garde de la maison de la Pucelle. L'auteur insiste tout particulièrement sur 
le dévoûment de ces deux religieuses à la mémoire de Jeanne et sur les 
soins qu'elles apportèrent non-seulement à embellir cette maison, mais à 
se procurer des objets d'art représentant la Pucelle et à établir la luise du 
Musée de Domremy. Elles étaient mortes en 1800 et 1807. 



77 I. X... — Pèlerinage à Domremy. S. nom. Paris, Impr. de Rodière, 
1870, in-4 de 2 p. 

H. Nat. Lk 7 16419. 

L'auteur, libre-penseur, veut organiser un pèlerinrge à Domremy. 

« Et pourquoi pas? Est-ce que la sainte de Domremy ne vaut pas la folle 
de la Salette... Et toi, ô ma patrie, ô France démembrée et pantelante, 
joins ta prière à la mienne... Alléluia ! 

Incessamment comité pour l'organisation du pèlerinage et la médaille, 
signe mystique de ralliement pour tous ceux qui ont du cœur. » 

772. LOHMAXX (Bernhard). — Eine Wallfahrt nach Dom-Remi. 
[Wiesbaden, Julius Nider, 1872], pet. in-8 carré de 18 p. 

Extrait d'Ethische Studien ans Frankreieh, p. 125-41. 

Ce livre écrit dans un esprit très gallopbobe raconte une visite d'Alle- 
mands à Domremy, ce qui n'est qu'une occasion pour l'auteur de faire 
l'apologie des vertus allemandes. 

773. X... — Appel du comité des Femmes de France pour l'érection 
d'un monument à Jeanne d'Arc, Paris, Impr. Derallois, [1873], 1 f. 
atlas. 

Contient les noms des dames palronnesses de l'œuvre. 



77 1. ÎATOI'K (Antoine de). — Jeanne d'Arc à Montmorency. Paris, 
bureaux de la Revue britannique, 1873, in-8 de 11 p. 

Prix 1 fr. Tirage à part de la Rev. Britannique, nov. 73, p. 109-17. 

L'auteur se promenant à Montmorency voit une maison portant l'ins- 
cription « Chapelle de Jeanne d'Arc. » N'ayant vu nulle part dans les his- 
toriens, mention du passage de Jeanne à Montmorency, M. de Latour est 
intrigué, il entre et s'aperçoit que la maison à la forme de celle de Dom- 
remy, porte les mêmes écussons, la même statue ; il s'informe et apprend 
que la tille d'un peintre lorrain, chassée par l'annexion, éprouvant le be- 
soin de reposer ses yeux sur quelque douce image de la terre 'natale, ne 
trouva rien qui lui rendit mieux la patrie absente qu'une reproduction de 
l'humble toit où était née l'héroïne. 

22 



£38 



MONOGRAPHIES 



775. WEBER (Johannès), critique musica du Temps. — La maison 
et les souvenirs de Jeanne d'Arc à Domremy, extrait du Journal le 
Temps. Paris, l'auteur, 10, rue S^Lazare, 1876, in-lG de 30 p. 

P. Nat. Pièce 19300. 

Tiré à 100 ex. Prix 1 fr. 50. 

Courte mais bonne description de Domremy et des souvenirs de Jeanne 
qui y sont conservés. 




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Maison de Jeanne d'Arc à Domremy. 

776. JAXr«KOT (l'abbé), curé de Laneuville au Rnpt, diocèse de Ver- 
dun, ancien directeur du collège ecclésiastique de Vaucouleurs. — 
* Jeanne d'Arc et ses souvenirs à Domremy et à Vaucouleurs. Nancy, 
Crèpin-Lehlond, 1878, in-12 de 117 p. 

Prix I.2.Ï. 

Approuvé par l'évêque de Verdun. 

Se compose de deux parties : 1° Jeanne d'Arc et ses souvenirs à Domremy, 
où est racontée la jeunesse de l'héroïne et où sont dépeints la maison de 
Jeanne, l'église de Domremy et les nombreux souvenirs consacrés à la Pu- 
celle. 2° Jeanne d'Arc et ses souvenirs à Vaucouleurs. Un dernier chapitre 
est intitulé De Vaucouleurs à Rouen et résume en quelques lignes la vie de 
l'héroïne. 



777. | RENARD (l'abbé), aumônier du couvent de Rongeur.] — * Guide 
et souvenirs du pèlerin à Domremy, publié par les soins de M. Bour- 
gaut, curé de Domremy. Nancy, Berger Levrault, 1878, pet. in-18 de 
85 p. et la table. 



Précieuse notice sur les monuments qui rappellent à Domremy le sou- 
venir de l'héroïne et sur bien des détails curieux relatifs à son histoire et à 
sa famille. 

« Une visite au berceau de Jeanne d'Arc est une des joies les plus émou- 
vantes pour un cœur chrétien et français. La difficulté des communications 
n'y est plus un obstacle, maintenant que Domremy est desservi par un 
chemin de fer. L'établissement de cette voie nouvelle a coïncidé providen- 
tiellement. avec le réveil de plus en plus manifeste qui ouvre tous les yeux 
sur le nom sympathique et populaire de Jeanne d'Arc. Trois calamités ont 
en effet ramené, dans ce siècle, les Français à l'admiration de Jeanne d'Arc 



DOMREMY 339 

et les pèlerins à sa chaumière : l'invasion de 1814, la guerre néfaste de 
1870 ; une dernière impulsion est résultée enfin de la réaction produite 
par le projet révoltant, conçu et en partie réalisé par des Français, de cé- 
lébrer une fête nationale le 30 mai dernier, jour anniversaire de la mort 
de Voltaire et de Jeanne d'Arc, non pas en l'honneur de la libératrice de 
la Patrie, mais bien de son répugnant insulteur. 

Cet opuscule est né de l'essor imprimé au pèlerinage de Domremy par 
ces événements divers. Il a pour but d'indiquer exactement les lieux, les 
monuments et les objets, consacrés par le souvenir de la Pucelle dans son 
pays natal. Après avoir servi de guide au visiteur, il pourra lui être un 
mémorial du voyage accompli. » 

- Le même. Deuxième édition. Nancy, Berger Levrault, 1890, in-16 de 
86 p. 

CR. de G. de Beaueourt, Rev. des quest. histor., t. XIX, p. 335 ; par le 
P. de Bonniotdans Etudes relief., 1877, p. o00-o30. 

Cf. sur le même sujet par Raymond House of Joan of Arc dans Catholic 
world, New-York, 187;i, t. XXI, p. 697 et suiv. 



780. PATROX (l'abbé), chanoine et aumônier du Sacré-Cœur à Or- 
" léans. — Panégyrique de Jeanne d'Arc prononcé dans l'église de Dom- 
remy. Saint-Dié, Imprim. L. Humhert [1877], in-8 de 28 p. 

Au profit du monument de Jeanne d'Arc à Domremy. 

Ce panégyrique fut prononcé le dimanche 9 sept. 77. De temps immémo- 
rial, à Domremy, le dimanche qui suit la nativité de la Sainte-Vierge, est 
consacré à célébrer la mémoire de l'héroïne, un panégyrique est prononcé 
devant les habitants de la vallée rassemblés. 

« Sic enim scriptum est per prophetam ; et tu Bethléem, terra Juda ; ne- 
quaquam minima es in principibus Juda, ex te enim exiet dux qui regat 
populum meum Israël. 

Nous verrons : premièrement Jeanne d'Arc à Domremy avec toutes les 
vertus qui embellissent son jeune âge et la préparent à sa divine mission ; 
deuxièmement, Jeanne sur les champs de bataille et dans ses triomphes ; 
troisièmement, Jeanne dans ses revers, en présence de ses juges et sur le 
bûcher de Rouen. » 



78 1. CHAR AUX (Charles), prof, de philosophie à la Faculté des lettres 
de Grenoble. — Une journée à Domremy (4 octobre 1877). Bar-le-Duc, 
Imprim. Constant Lacjuerre, 1878, in-12 de 36 p. 

Il y a deux édit. mêmes lieu et date, à peu près identiques. 

Fut réimprim. en 1884 à Grenoble dans un recueil de M. Charaux Philo- 
sophie religieuse, dialogues ei récifs, hors du commerce. 

Cette notice n'est pas la description des monuments. C'est plutôt l'ex- 
pression des réflexions élevées suscitées par une journée passée à Dom- 
remy. « Que les hommes politiques et les hommes de guerre viennent 
passer quelques instants à Domremy : ils y apprendront, mieux que dans 
le tumulte des capitales et les plaisirs des Cours, où est la vraie force de la 
France et des armées, par quelles vertus les nations se régénèrent. J'y 
voudrais voir aussi les artistes et les poètes qui jusqu'à ce jour ont si im- 
parfaitement rendu, quand ils ne l'ont pas altéré, le caractère de notre 
héroïne. Simplicité, candeur, abnégation, ces vertus semblent d'un autre 



3'iO MONOGRAPHIES 

âge et bien déplacées parmi les progrès de luxe et l'ardeur croissante des 
convoitises. On ne revient pas de ce petit coin de terre béni du ciel sans 
se sentir plus chrétien et plus Français. ». 



HSQ. X... — Programme de la Société des souvenirs meusiens de Jeanne 
d'Arc. Bar-le-Duc. Imprim. de Bertrand (1877), in-8 de 5 p. 

C'est un acte de fondation d'une société ayant pour but de relever dans 
la vallée de la Meuse plusieurs monuments historiques ayant trait à la Pu- 
celle. 

— Le même. [Nancy, Crépin-Leblondj 1878], in-8 de \ p. 

Extrait du Journal de la Soc d'archéologie lorraine^ 1878, p. 84-88. 

783. BRIEY (Mgr de), évèque de Saint-Dié. — Circulaire de Monsei- 
gneur l'évéque de Saint-Dié au clergé de son diocèse, au sujet d'un pè- 
lerinage à Domremy, 20 juin 1878. Saint-Dié, Humbert, [1878], in-4 
de 4 p. 

7 8-1. EI.\<»Klti i] (Aug. de Beugny d"). — La France à Domremy . 
[Lyon, Imprim. Jevain, 1878], in-i de 4 p. 

Appel à la France pour le pèlerinage à Domremy du lOjuil. 78. 

« Trente mille francs se sont trouvés en trente jours pour faire à Dom- 
remy cet acte de réparation et y élever à Jeanne d'Arc un monument digne 
d'elle. (Jue la France réponde à l'invitation de Mgr. de Saint-Dié et que le 
10 juill. prochain toutes les provinces soient représentées à Domremy. 
Dieu se laissera toucher pa^ cet acte expiatoire de la France, et il permet- 
tra aux saintes de Jeanne d'Arc de lui commander de la protéger encore, 
de la protéger toujours. Jeanne d'Arc a été l'épée de la France, elle en sera 
le bouclier ! >> 

Î(S5. \... - La France à Domremy. Homélie prononcée par Mgr de 
Briey, évoque de Saint-Dié. Panégyrique de Jeanne d'Arc par le R. P. 
Moyse de L'ordre de Saint-François. Récit des cérémonies de la journée. 
A T ancy, Crépin-Lehlnnd, 1878, in-8 de 40 p. 

Prix fr. KO, au profit du monument de Jeanne d'Arc à Domremy. 
Contient I rois parties : 

1° Une homélie très courte prononcée à Domremy par Mgr de Saint-Dié 
sur ce texte : l'usait me sagittam electam ; in pharetrâ suâ abscondit me. 

« Jeanne fut- une flèche dans la main de Dieu. Choisie avec un soin pé 
cial elle ne se détourna pas de sa voie, elle alla droit à son but, elle y pe- 
indra et y demeura. » 

L'orateur montre Jeanne comme le type éclatant du patriotisme inspiré 
par la foi religieuse. Il fait ensuite un pressant appel aux fidèles pour les 
exhorter à ériger à Jeanne un monument digne de sa mémoire et de 
l'amour de ses compatriotes. 

2° Un panégyrique du P. Moyse, d'Orléans, capucin, prononcé pendant 
la procession faite à N.-Pame de Berniont pendant la même fêle du 



DOMIŒMY 3 il 

10 juill. 78. « Cessaverunt fortes et Israël. Surge, Debora, Surge. Nous con- 
templerons dans la vierge de Domremy la vertu de force. Vertu qui, sim- 
plement morale, l'ail de Jeanne une héroïne, et, surnaturelle, en fait une 
martyre. 

3° Le récit de la fête du 10 juill. 78, signé Blanc. Pèlerinage de quinze 
mille personnes, organisé par M. de Beugny d'Hagerue cl présidé par 
Mgr de Briey. 

La Gazelle de l'Est du 12 juill. avait donné un long compte rendu de la 
fête et un extrait des discours. 



780. FRAXCE (Isabelle). — Jeanne d'Arc à Domremy. Pèlerinage du 

10 juillet 1878. Saint-Dié, Impr. L. Humhert, 1878, in-8 de 22 p. 

Prix fr. 50. Est le récit du même pèlerinage avec Un court résumé- de 
l'homélie de l'évêque de S^Dié et du panégyrique du P. Moyse. 

« Les habitants de Domremy disent tous : Jeanne, peu achèvent son 
nom : d'Arc. A quoi bon, ils la connaissent assez; elle n'est point morte 
pour eux, elle est toujours de leur famille. Vivante, les Anglais la leur 
avaient prise, morte son cœur leur est revenu ; ils le sentent dans sa mai- 
son, dans son église, dans les champs qu'elle traversait en priant... » 



787. BRETTES (l'abbé), chanoine de N.-Dame de Paris. — Saint- 
Michel et Jeanne d'Arc, panégyrique prononcé le 7 octobre 1878 à Dom- 
remy. [Saint-Dié, Humhert, 1878], iu-8 de G p. 

Extrait de la Semaine relig. de Saint-Dié. 

Ce panégyrique, sur le texte : « Consurget Miehael, et solvabitr.r popu- 
lus, » a été reproduit par V Univers et par V Union du '28 oct. 78. 



788. BRIEY (Mgr de). — Lettre pastorale et mandement de Monsei- 
gneur l'évêque de Saint-Dié, prescrivant une quête pour l'érection d'un 
monument à Jeanne d'Arc, 18 octobre 1878. Saint-Dié, Humhert [1878] 
in-4 de t p. 

789. IDEVILLE (Henri d'). --Domremy. 

Dans le Figaro du 28 juill. 83. Est le récit d'une visite à Domremy avec 
description des principaux souvenirs de l'héroïne. 

700. MOLAIMDOrVI (Boucher de). — La maison de Jeanne d'Arc à Dom- 
remy et Nicolas Gérardin son dernier possesseur. Tableau de M. de 
Cypierre donné au musée d'Orléans parM me l'amirale comtesse deMaus- 
sion de Candé née de Bizemont. Notice historique. Orléans, Herluison, 
1884, in-8 de 13 p. 

Prix 1 fr. Tirage à part du Bulle/, de la Soc. archéolog. de l'Orléanais, 
t. VIII, 1883, p. 9o-i0a. 



342 MONOGRAPHIES 

791. MENDÉS (Catulle). — Les oiseaux de Jeanne d'Arc. [Pan>, 
V. Bavard, 1884], in-8 de G p. 

Extrait de Jeunes filles. 

Parut aussi dans le Figaro du 26 juill. 84. 

792. PIERF1TTE (l'abbé). — Un jour à Domremy. 
Dans le Vosgien, 12 août 85. 

793. BESXARD (Aug.). — Une visite de la Comtesse du Barry à la 
maison de Jeanne d'Arc à Domremy (nouvelle). 

Extrait de Y Annuaire des Vosges, 188îi, p. 36-41. 

794. [DELVIXCOURT (J.)]. — Une visite au berceau de Jeanne d'Arc. 
Notes de voyage. S. nom. Vichy, Inipr. Wallon, 1886, in-18 de 30 p. 

B. Nat. Lk 7 25268. 
La couvert, imprim., sert de titre. 

Est signé in fine. C'est un récit de voyage à Domremy qui n'est guère 
qu'un abrégé du Guide du pèlerin a Domremy de l'abbé Renard. (Voy. ci- 
dessus n° 777). 

« Il n'existe plus à Domremy aucun rameau de la tamille de Jeanne 
d'Arc, mais les descendants de cette noble lignée qu'on retrouve en France, 
prouvent tous que le bon sang ne saurait mentir. L'un d'eux, le brave co- 
lonel Herbinger (je citerai celui-là seulement) vient de mourir après avoir 
fait au Tonkin son devoir de soldat sans peur et sans reproche. » 



795. LEMIRE (Charles). — * En vacances. Excursions patriotiques. 
Alsace, Lorraine, Domremy- Paris, Ch. Bayle, 1886, in-8 de 52 p. 
2 cartes, 31 grav. 

En dépit de son titre très général, ce vol. est presque en entier consacré 
à Domremy et à ses souvenirs de la Pucelle. Après une visite aux champs 
de bataille de 1870, l'auteur s'arrête à Domremy, dont il fait une patrioti- 
que description. 

L'auteur demande qu'on « jalonne l'itinéraire des deux années immor- 
telles de Jeanne, depuis le hameau de Domremy jusqu'à Rouen, » qu'on 
fasse une souscription nationale pour lui élever un monument digne d'elle, 
qu'on érige le 8 mai une fête nationale en son honneur. Enfin il recom- 
mande à la jeunesse de se découvrir chaque fois qu'elle passe devant une 
statue de la Pucelle. « C'est le symbole d'une noble pensée et d'une idée 
patriotique. C'est le souvenir du passé qui ranime l'espoir de l'avenir. 
C'est à la Patrie que l'on pense, délivrée de ses oppresseurs, rendue à elle- 
même, unifiée, glorieuse. C'est elle qu'on salue, comme lorsqu'on se dé- 
couvre devant le drapeau tricolore. » 

Voici la liste des phototypies hors texte, qui sont excellentes: -1° statue 
de Chapu ; 2 n 9 bas-reliefs de Vital Dubray ; 3° statue de Leroux à Compiè- 
gne ; 4° celle de Domremy de 1456 ; 5° celle de Crotoy par Fossé ; 6° Dom- 
remy (vu de l'église au Bois chesnu) : 7° maison de Jeanne Darc (plaque de 



DOMREMY 



343 



la cheminée, chambre, linteau de la porte d'entrée). Plus quatre grav. sur 
buis dans le texte. La carte repliée est celle des Itinéraires de Jeanne Z)a/*c, 
grav. par A. Simon, imprim. de Ch. Bayle, 



790. SOREL (Alexandre), président du trib. civil de Compiègne, prési- 
dent de la Soc. histor. de cette ville, chev. de la Lég. d'honn. — ' La 
maison de Jeanne d'Arc à Domremy, avec vues et plan. Paris, Cham- 
pion ; Orléans, Herluison ; 188G, gr. in-8 de 101 p.. 1 erratum, 5 grav. 
hors texte. 




Etat actuel de la maison de Jeanne d'Arc à Domremy. (Extrait de la Jeanne d'Ar c i 

par l'abbé Debout). 



Tiré à 200 ex. sur vél. (2 iï. 50), 25 sur pap. vèrg., 2 sur pap. teinté. Titre 
rouge et noir. 

B. Nal. Lk 7 25105. 

L'auleur, qui a fait son pèlerinage à Domremy, décrit minutieusement 
la maison de la Pucelle et en fait l'historique : habitée par Jacques d'Arc, 
possédée dan? le cours du xv° s., par la famille, elle passa au xvi e s., aux 
mains des comtes de Salm, seigneurs de Domremy, et, au xvm c , elle devint 
la propriété de Jean Gérardin. Le petit-fils de celui-ci, Nicolas Gérardin, 
la céda en 1818 au département des Vosges, Depuis, les pouvoirs publics 
ont pris à tache d'honorer cette maison célèbre par les inscriptions com- 
mémoratives'dout les murs sont couverts. 

Le texte de ces incriptions et des dessins accompagnent cette dissertation 
archéolog. et histor. : 1° Vue d'ensemble de la maison de Jeanne ; 2° sculp- 
tures du dessus de la porte d'entrée ; 3° statue d'après Pierson ; 4° chambre 
de Jeanne ;5° Maison de la Pucelle et habitations qui l'entouraient en 1829, 
d'après le plan de Jollois (dessin, par Alex. Duflot). 

M. Soreldonne in fine, le récit d'une excursion faite à Domremy du 23 
au 27 juill. 85, par la Société historique de Compiègne pour l'apposition 
d'une plaque commémorative dans la maison de l'héroïne. 

Cf. aussi le compte rendu de cette excursion par le C te de Marsy dans le 
Progrès de VOise, 1 et 12 août 85 ; l'Echo de l'Oise, 31 juill. et 14 août 85. 



344 M0N0GRAPI1IES 

796. LA RALI.AYE (Léonce de). — Jeanne d'Arc et la frontière des 
Vosges. [Paris, Palme, 1888], in-8 de 23 p. 

Extrait de la Rev. du monde cathol. I mars 88, p. 49j-517. 
Prix 2.50. 

Récit d'une excursion faite à Domremy, et description à celte occasion 
des souvenirs de la Pucelle. L'auteur a eu, parait-il, une autre intention 
plus haute, mais il ne l'a pas mise à exécution. 

(( Dans cette vie étrange, qui n'a d'analogue chez aucune race, ni dans 
aucun âge de l'humanité, il faut reconnaître et distinguer d'une part le 
grand courant d'idées et de sentiments qui régnait sur une portion consi- 
dérable de la nation française, et auquel obéissent le lrère Richard fran- 
ciscain, Sainte Colette elle-même, unissant leurs efforts pour rendre la 
paix et la liberté à la fille aînée de l'Eglise, et, d'autre part, la mission 
spéciale, extraordinaire de Jeanne. Pour comprendre cette figure sublime, 
il ne suffit pas de la replacer dans son milieu, on doit en même temps ré- 
tablir les traits qui lui sont propres. C'est le double but que nous nous 
sommes proposés d'atteindre dans cette courte étude sur Jeanne d'Arc et 
sa mission. » 



797. ROBIXET (le doct). — Pétition à M. le Préfet et à MM. les 
Conseillers généraux du département des Vosges relative à la garde de 
la maison de Jeanne d'Arc. [Versailles, Imprim. Aubert, 1888], in 8 
de 4 p. 

Prix 0.23. 



co 



« La République qui élimine le cléricalisme dont laPucelle futla victime, 
. jrnme contradictoire avec sa propre existence, exclut, irrévocablement 
l'intervention des pouvoirs théologique dans la conservation et la direction 
des choses de l'État. Voilà pourquoi il importe que, à Domremy tout par- 
ticulièrement, les actes des pouvoirs publics soient d'accord avec la mission 
de la France républicaine, avec ce régime dont Jeanne d'Arc, par sa vie 
et par sa mort, a contribué à préparer l'avènement. 

C'est donc en toute confiance que le Comité républicain de la Fête civi- 
que de Jeanne d'Arc s'adresse aux représentants du Gouvernement et de 
la population des Vosges pour leur demander de ne confier désormais qu'à 
de véritables citoyens, à des laïques, la garde du sanctuaire national de 
Domremv. » 



797 bis . ANTOINE (Emile). — La maison de Jeanne d'Arc et la Répu- 
blique. [Versailles, Imprim. Aubert, 1888], in-8 de 8 p. 

Prix 0..'i0. Tirage à part de la Revue occidentale, 1 mars 88. 

« Le Comité de la Fête civique de Jeanne d'Arc, en publiant la pétition 
qu'il a adressée au profet et aux conseillers généraux des Vosges, relative- 
ment à la laïcisation de la garde de la maison de Domremy, croit utile delà 
faire précéder de quelques indications sur la situation du personnel qui 
qui s'y trouve actuellement attaché. » 

A la suite de ces indications, qui occupent deux p. et qui sont dues à 
M. Antoine, suit la pétition ci-dessus. 

Cf. dans le même sens Emile Corra dans l'Événement du 20 mars 88, Le 
culte civique de Jeanne d'Arc. 



DOMREMY 345 

798. ROLSSEL (Auguste). — Le culte civique de Jeanne d'Arc. 

Bans Y Univers du 28 niais 88. 

Est une réponse au National du 20 Mars reproduisant la demande de laï- 
cisation précédente, et à l'art. d'E. Corra dans V Evénement. 

« Quelle pitié de parler laïcisation à propos de la vierge héroïque qui, 
portant dans son cœur l'amour de Jésus, avait sans cesse son nom divin 
sur les lèvres, et qui, depuis le commencement jusqu'au bout de sa mission 
déclarait ouvertement prendre conseil des voix d'en haut dont elle avait 
appris sa vocation ! » 

Après avoir repoussé le théories du doct. Robinet, l'auteur reproduit la 
pétition contraire des femmes de Vittel (Vosges) demandant à ce que la 
garde de la maison de Doinremy reste aux religieuses. 



798 bis . LA RALLAYE (L. de). — Laïcisation de la maison de Jeanne 
d'Are [Paris, 1888], in-8 de ;j p. 

Extrait du Journal des villes et des campagnes. Pour protester contre le 
projet gouvernemental d'établir un gardien civil de la maison de l'héroïne. 



799. OS.I l\ SIS» (le F. Marie-Joseph) des Frères-prêcheurs. — Au pays 
de Jeanne d'Arc. Lettre extraite de l'Année dominicaine, déc. 1888, 
n° :U2. Paris, Imprim. de Goupy et Jourdan [1889], in-8 do 8 p. 

B. Nat._LK 7 20409. 
Le couvert, sert de titre. 
Tirage à part de l'Année dominicaine, déc. 88, p. ;>.'i0-G4. 

Récit des pèlerinages dumois d'août et du 20 oct. 1888. Ce dernier joui', 
le P. Ollivier prononça dans l'église de Doinremy un panégyrique do la Pu- 
celle, sur le mot do Saint-Thomas d'Aquin : << La sainteté suppose la pureté 
et la fermeté. » 



800. KIGALI) (I). — * Allas général dos voyages et expéditions mili- 
taires de Jeanne Darc, avec notes bibliographiques, tables chronologique 8 
et itinéraire général de la libératrice de 1429... avec une préface de P. 
L. d'Are, avocat à la Cour d'appel d'Aix. Première partie, Doinremy la 
Pucelle. Paris, E. Lechevalier, Ch. Bayle ; Orléans, Herluison : l'au- 
teur, 1888. iii-| de ï 1T. et VII pi. en noir, marron et couleur. 

Prix 4 fr. 

Voici le détail des cartes : 

1° Etat politique do la France à la venue de Jeanne Darc. 

2° Essai sur la nationalité de Jeanne Darc (en faveur do l'origine cham- 
penoise). 

3° Domremy la Pucelle, d'après un croquis de|M. Humblot. 

4° La maison de Jeanne Darc en 1819, d'après le plan de M. Jollois. 

5° La maison de Jeanne Darc, plan actuel. 

0° La maison, attributs et écussons de la porte d'entrée. 

7° Premiers voyages de Jeanne aux environs de Domremy, avec un car- 
ton indiquant la position de l'arbre des fées, de la chapelle de Domremy, 



346 MONOGRAPHIES 

du Bois Chesnu, de la Fontaine de la Pucelle, etc.. Toutes ces cartes sont 
signées Rigaud, impr. Boisserie. 

« l'eu d'auteurs se sont préoccupés de permettre à nos yeux de suivre 
l'héroïne dans ses pérégrinations, de marcher à sa suite par les endroits 
qu'elle traversait, de voir ses expéditions. Plusieurs se sont bornés à dres- 
ser un tableau des localités par où Jeanne a passé, avec les dates de ces 
passages. Mais les dates sont des choses abstraites, l'esprit se rend assez 
mal compte des distances quand celles-ci sont exprimées en chiffres, et rien 
ne vaut à cet égard un simple coup d'oeil jeté sur une carte. 

Or, les auteurs qui ont joint à leur texte un croquis sont peu nomhreux : 
les cartes de MM. Berriat-Saint-Prix et Abel Desjardins sont tout-à-fait ru- 
dimentaires ; celle que M. Aug. Longnon a faite pour le Wallon illustré est 
sans doute une œuvre de mérite, mais il était difiicile en une seule feuille 
de détailler suffisamment les diverses expéditions de la Pucelle. Cette carte 
ne mentionne l'itinéraire de Jeanne qu'à partir de Chinon pour l'abandon- 
ner à Dieppe ; comprenant avec les mêmes détails toute la France, elle 
embrasse la guerre de Cent ans tout entière, ce qui la surcharge beaucoup; 
en un mot, cette carte n'est nullement faite au point de vue exclusif de 
notre sujet. 

C'est, frappé de ce besoin, que M. Rigaud eut l'idée de publier dans une 
fort élégante brochure le plan de la Campagne de Paris — aoùt-sept. 1429 
— (voy. infrà n° 1113), en mettant en regard de chacune de ses huit cartes 
les passages de la Chronique de Cousinot de Montreuil qui s'y rappor- 
taient. 

Encouragé dans cette voie par le succès qu'obtint cet essai, M. Rigaud 
entreprit une œuvre autrement importante : c'est la confection d'un atlas 
général de cartes et de plans pour éclairer les diverses époques de la vie 
de Jeanne d'Arc et pour permettre de suivre, tracés en main, le récit de 
n'importe lequel de ses historiens. 

11 ne faut pas croire que ce soit là un petit travail. On sait dans quel état 
rudimentaire la science géographique se trouvait aux xv c et xvi c s. ; l'étude 
des routes du Moyen âge est encore, à l'heure qu'il est, fort avancée, et 
c'est plutôt par les traditions locales, par les chroniques, c'est-à dire par 
l'histoire que doivent être résolues les questions si complexes d'itinéraire. 
De plus, si dans un récit, lorsque se présente une controverse on peut ex- 
poser le pour et le contre sans se prononcer, dans la confection de sa 
carte, le dessinateur doit forcément prendre parti, ce qui est souvent fort 
délicat... » 

Le premier fascicule Domremy parut; malheureusement, le 24 sept. 89, au 
moment où le reste de l'ouvrage venait d'être achevé, un incendie, qui ré- 
duisit en cendres la maison de M. Rigaud, détruisit tout ce consciencieux 
travail ; l'auteur n'a pas eu le courage de recommencer son œuvre. N'im- 
porte, nous demandons à ce qu'on comble cette lacune ; un atlas général 
serait une œuvre originale d'une utilité incontestable pour tous ceux qui 
s'intéressent à notre sujet. Espérons que notre desideratum sera écouté. 



801. [LE NORDEZ (l'abbé)]. — Le berceau de Jeanne d'Arc, Dom- 
remy et Vaucouleurs, S. nom. [Pari*]. A la croix de Lorraine, Pillu- 
Vuillaume, [1889], pet. in-12 oblong- do 22 IL n. num. 

Prix 0,:i.'). 

Ce sont 10 grav. sur bois, dans une forme naïve, imprimées en rouge, 
entremêlées d'une non moins naïve poésie de 17 strophes en forme de com- 
plainte, imprimée en bleu. 

« Que le vent du ciel vous seconde, 
Feuilles d'album, envolez-vous, 
Portez aux quatre coins du monde 
De Jeanne le nom fort et doux. 



DOMREMY 347 

En notre beau pays de France, 
Faites voir à tous l'humble nid 
Où, sous l'œil de la Providence. 
Naquit Jeannette à Domremy. 

Mais, du sein de la fleur ternie 
Le fruit jaillit vivant et fort. 
La France noble et rajeunie 
Naquit de Jeanne et de sa mort. » 

802. BRETTES (l'abbé). — Jeanne d'Arc à Domremy, panégyrique 
en l'honneur de Saint-Michel de Domremy et de Jeanne d'Are, prononcé 
en l'église de Domremy. Dijon, Armand ; Orléans, Herluison ; Dom- 
remy, 1800, pet. in- 12 de 24 p. 

Prix 0,50 au profit de l'école libre de Domremy. Edit. due à M. Bourgaut, 
curé de Domremy. 

Ce panégyrique fut prononcé le 7 oct. 89 aux fêtes en l'honneur de la Pu- 
celle. 

« La France est le peuple de Dieu. Elle sera catholique ou elle ne sera 
pas. Les échos de cette vallée répètent deux noms : Saint- Michel, Jeanne 
d'Arc. Saint-Michel, la plus pure ligure du ciel après la Vierge Marie; Jeanne 
d'Arc, la personnification la plus pure de la patrie française. Ecoutons 
Saint-Michel, imitons Jeanne d'Arc, et la France sera sauvée ! » 

En tète de la brochure figure la belle invocation de Carrier-Belleuse 
« Jeanne élève nos cœurs ! » (voy. infrà n° 2109). 



803. SOWOIS(Mgr), évêque de Saint-Dié, [aujourd'hui archevêque de 
Cambrai]. — Basilique de Jeanne d'Arc à Domremy (Vosges). Lettre de 
Mgr Sonnois, évêque de Saint-Dié à tous les évêques de France [Saint- 
Dié, ïhimhert, 1890], in-4 de 6 p. 

Lettre par laquelle Mgr Sonnois annonce qu'il reprend le projet de 
Mgr de Briey d'élever une basilique consacrée à Jeanne d'Arc à Domremy ; 
il annonce que les travaux d'exécution se continuent et il sollicite l'appui 
des évêques. 

« Je sais que, depuis plusieurs mois, cette œuvre de la Basilique, mise 
en face d'un projet de monument national, est représentée comme un bran- 
don de discorde. A tout ce qui a été dit, écrit, publié, je n'ai opposé jus- 
qu'à présent qu'un profond silence. Mais il devient nécessaire que je parle 
et je veux le faire avec toute la réserve possible... Domremy possède dans 
l'histoire de Jeanne d'Arc et de la France une place d'honneur, qui est son 
bien propre, à laquelle il n'a pas le droit de renoncer. 

Domremy a recueilli modestement, sans bruit, les ressources nécessaires 
au premier établissement de son œuvre ; il continuera son chemin avec le 
concours du patriotisme à la fois français et chrétien, jusqu'aujour où le 
Chef de l'Église aura donné le caractère éternel à la gloire de notre chère 
héroïne ; c'est pour cela que Domremy veut offrir à Jeanne d'Arc, non pas 
un monument, mais une Basilique, où la prière habite et agisse à perpé- 
tuité. » 

804. SOWOIS (Mgr). — Monument national à l'honneur de Jeanne 
d'Arc, Basilique de Domremy. Souscription commencée en 1881 par 
Mgr de Briey et continuée par Mgr Sonnois. 



348 



MONOGRAPHIES 



Plusieurs circulaires, appels de fonds, listes imprimées de souscription, 
in-4 et in-8. Vues de la basilique de Domremy. Deux photographies in-4, de 
Franck, photogr. à Saint- Dié, portant comme titres imprimés : l'un : « Ar- 
rivée de Jeanne d'Arc à Reims, » l'autre : « Prise de Jeanne d'Arc à Gom- 
piègne. » Toutes deux : « Reproduction d'un ivoire du xv c s. grandeur 
d'exécution, hommage aux bienfaiteurs. » (Les originaux de ces deux ivoi- 
res ne sont certainement pas du xv c s. à en juger par les photograph. Cf. là- 
dessus cependant l'abbé V. Mourot dans la Semaine relig. de Saint-Dié, 12 
juin 91, p. 406-09. L'iconographie de Jeanne d'Arc, deux ivoires du xv e s., 
notice dans laquelle M. Mourot soutient l'authenticité de ces deux pièces. 




Basilique de Domremy. 
« Ce qu'on admire surtout, c'est, de la part de l'artiste, une connaissance 
approfondie des lois de la perspective. Regardez ces deux ivoires d'un peu 
loin, en formant monocle avec la main fermée, vous serez ravi de cette 
puissance des reliefs qui donne aux lointains une précision pareille à celle 
du stéréoscope. » C'est justement ce qui nous rend l'ancienneté de ces ivoi- 
voires problématique. La forme des croix, l'abondance des hennins, etc.. 
nous en font sérieusement douter. 

Le 8 mai 1891 une fête fut célébrée à Domremy pour la prise de posses- 
sion de la crypte. Le panégyrique fut prononcé par le P. Létendard, supé- 
rieur des missionnaires de Jeanne d'Arc. CR. de J. Michel dans le Vosgien, 
L{ mai 91 ; d'Osvald Leroy dans le Courrier de Saône-et-Loire, Il mai 91. 



DOMREMY 349 

805. TURIXAZ (Mgr), évêque de Nancy. — Jeanne d'Arc et le monu- 
ment national de Domremy. Discours prononcé... à l'occasion du pèle- 
rinage national de Domremy le 22 juillet 1890. Nancy, Pierron et Hozé, 
1890, in-8 de 16 p. 

Prix 0,50. 

B. Nat. Ln 27 39352. 



« Positi sunt lapides isli in monumentum filioruni Israël usque in œter- 
num. » 

« Le peuple de France, dans sa marche vers les destinées glorieuses que 
Dieu lui a faites, traversait il y a quatre cents ans une des épreuves les 
plus terribles de son histoire, et il fut sauvé par l'intervention manifeste, 
incomparable de la miséricorde et de la puissance divines. C'est pourquoi 
il a voulu élever ici un monument destiné à célébrer la gloire de l'humble 
bergère que Dieu envoya autrefois pour le délivrer et le sauver, et affirmer 
ainsi son invincible espoir et son éternelle reconnaissance. Quand vos fils 
vous demanderont: que signifient ces pierres, quid sibi volunt lapides istis ? 
Vous leur répondrez : « C'est le monument élevé pour tous les siècles par 
les lils de la France. » 

Cette réponse, je voudrais l'interpréter devant vous et devant cette im- 
mense assemblée. Je voudrais démontrer que ce sanctuaire est le monu- 
ment national élevé à la gloire de Dieu et de Jeanne d'Arc, et j'en appelle- 
rai à trois grands et décisifs témoignages : la voix de Dieu, la voix de la 
France et la voix de notre vaillante et admirable armée. » 

CIC Moniteur unir. 24 juill. 90. 

800. <«Î'1\()T (Henri). — Jeanne d'Arc en France et à Domremy. Neuf- 
chhteau, Imprim. Goniier-Kienné, ont. 1800, in-8 de li p. 

B. Nat. Ln :1 39429. 
Au profit du monument national à Domremy. 

« Nous ne voulons pas parler de ces cerveaux malades qui s'efforcent au- 
jourd'hui d'expliquer la vie de Jeanne d'Arc parla physiologie contempo- 
raine. Pauvres gens ! Qu'ils nous laissent tranquilles ces raffinés avec leurs 
théories creuses et ridicules, de notre côté nous les laissons à leurs tristes 
dissections et nous les plaignons. Nous ne savons qu'une chose : lorsque 
Jeanne apparaît, le sang de la France est tari, et sans elle c'en est fait de 
la patrie. Cela nous suffit ; notre patriotisme ne veuf pas de théories ;il ne 
raisonne pas ; il admire et il se tait devant la gloire, devant le martyre. 
Tant pis encore pour ceux qui dédaignent les cultes du passé et sourient 
en face des merveilleuses époques de notre histoire : eux seuls en souffri- 
ront. Du reste ces hommes profonds sont rares : la solitude les entoure de 
leurs paroles comme leurs écrits ne rencontrent que de l'indignation ou de 
l'indifférence. 

... En te sentant au milieu de nous, ô illustre Jeanne, de nous Lorrains, 
qui serons les premiers à recevoir le choc, nous nous rappellerons que tu 
restes pour nous le passé glorieux et l'immortelle espérance ; nos cœurs 
seront plus forts, nos bras plus indomptables. Ainsi, après avoir autrefois 
sauvé la France parla grandeur de ton génie et le sacrifice de ton sang, 
lu la sauveras une fois encore par la seule puissance de ton exemple et de 
ton souvenir. » 



807. I.FJîOY (Osvald). — * Jeanne d'Arc à Domremy. — Son histoire. 
— Guide du pèlerin à Domremy et dans les environs. — Historique de 



350 MONOGRAPHIES 

la Basilique et de la statue monumentale. — La statue de Frémiet à 
Nancv. — Biographie de MM. Sédille, Frémiet et Osiris. Dessins à la 
plume par M. G. Save. Saint-Dié des Vosges, Imprim. L. Humhert, 
1890, in-18 de 72 p. et 1 table. 

B. Nat. Ln " 39427. 

Prix 1.2j ; 30 ex. sur pap de Holl. à 3 fr. 

Etudie les souvenirs de Jeanne à Domremy, les rôles des évêques de 
Saint-Dié et de Verdun dans le projet de monument national, et semble 
accuser ce dernier, Mgr Pagis, de s'être mêlé de ce qui ne le regardait pas. 

808. [ROYER]. — A Domremy. Souvenir de Jeanne d'Arc. S. nom. 
{Nancy, J. Royer et Garot, 1890], m-A de G ff. 

Couvert, en phototypie : maison de Jeanne d'Arc.. 

A la p. 4 : Statue de Nancy. Texte : programme du pèlerinage du 
22 juill. 90. Quatre photo typies : 1° Basilique de Domremy (2 vues): 
2° maison de la Pucelle ; 3° Statue à genoux du xvi e s. ; 4° Statue de la 
princesse Marie. 

809. SALVADOR (R.), sous-préfet de Saint-Dié. — * Domremy la 
Pucelle, ses environs, la maison de Jeanne d'Arc. S. nom. Epinal, Im- 
prim. E. Busy, 1890, in-lG de 42 p. une carte et 2 grav. 

B. Nat. Lk 7 26944. 

Prix 1 fr. 

Signé in fine : René Salvador du Fesq. 

La carte est une réduction de celle de l'Etat- major ; les deux grav. re- 
présentent la maison et la statue de la Pucelle à Domremy. 

Cette brochure se compose de deux parties : 1° la notice géographique et 
historique de Domremy, 2° la description de la maison de l'héroïne. 

On y lit : « Le Conseil général des Vosges, dans sa session d'avril 88, 
décida de reprendre possession de son immeuble qui semblait être devenu 
la propriété de la congrégation de Portieux. La direction de l'école des 
tilles a été donnée à une institutrice laïque, la donation du roi Louis XVJII 
ne spécifiant pas qu'elle serait confiée exclusivement à une institutrice 
congréganiste. 

Un ancien soldat, médaillé militaire, a été choisi comme gardien, D'après 
les instructions de M. Gentil, préfet des Vosges, le gardien a été installé le 
27 sept. 88, l'école ouverte le 1 oct. 88 et l'inventaire général fait pour tout 
ce qui est propriété départementale par M. Salvador, préfet de Neufchâ- 
teau. » 

« Cette notice a été imprimée par délibération de la commission dépar- 
tementale des Vosges, en date du 30 nov. 89 et est vendue par le gardien 
aux visiteurs de la maison de Jeanne d'Arc, au prix de 1 fr. Le bénéfice 
devant être consacré au Musée de l'établissement de Jeanne d'Arc. » 

Est loin de valoir celle de l'abbé Renard, toute question de parti mise à 
part. 



810. SAVE (Gaston). — La maison de Jeanne d'Arc à Domremy est- 
elle autheûlique? [Nancy, Crépin-Leblond, 1890], gr. in-8 de 6 p, et 
1 pi. 



DOMREMY 



351 



xtrait de la Lorraine artiste, 22 juin 90, p. 81-86. 

La planche est une vue de la maison de la Pucelle et de l'église de Dom- 
remy en 1818, d'après Gh. Pensée. 

« Je n'ai pas l'intention de contester l'authenticité relative de la demeure 
de Jeanne d'Arc à Domremy. J'admets absolument que celte maison, clas- 
sée ajuste titre au nombre de nos monuments historiques, ait fait partie 
du petit domaine de Jacques d'Arc ; j'admets que c'est dans ce jardin que 
Jeanne entendit des voix, mais je puis élever des doutes sur les attributions 
peu fondées que l'on trouve dans le nouveau guide officiel de Domremy, 
édité aux frais du Conseil général des Vosges et rédigé parfM. René Salva- 
dor du Fesq, sous-préfet de Saint-Dié. 

Ce guide nous donne, comme authentique, la chambre où naquit Jeanne, 
celle [,où elle couchait, celle de ses père et mère, celle de ses frères et 
sœur : tandis que j'essaierai de prouver que Jeanne et ses parents n'ont 
jamais habité ce bâtiment qui n'était qu'une dépendance de leur maison 
d'habitation. » 



811. ilOUROT (l'abbé V.). — * L'authenticité de la maison de Jeanne 
d'Arc à Domremy-Ia-Pucelle. Saint-Dié, Imprim. L. Humhert, [1890]. 
in-8 de 50 p. ef 4 pi. hors texte. 




Prix 0.78. Tirage h part de plusieurs art. de la Semaine relig. de S l -Dié. 

La couvert, porte : Orléans, Herluison ; Domremy, les religieuses ; Saint- 
Dié, L. tliimbert, 1890. 

Les planches représentent : 1° La maison et la chambre de Jeanne"; 
2° Les sculptures de la porte d'entrée; 3° La statue agenouillée de Pier- 
son ; 4° Un plan de la maison de Domremy, d'après Jollois. (Nous donnons 
ci -joint la seconde planche qui représente l'intérieur de la chambre de 
l'héroïne). A pour blinde réfuter la notice précédente de G. Save et un ar- 
ticle d'Henri Arsac dans VEcho de l'Est de Bar-le-Duc du 26 juill 90 
« cherchant à alléguer que la vraie maison de la Pucelle a été détruite et 
que celle qu'on montre actuellement n'est qu'une supercherie. <> 



35:2 MONOGRAPHIES 



« Je m'efforcerai, dit M. Mourût, d'établir l'authenticité de la maison de 
la Pucelle : 1° en publiant d'après les titres, ou sur le témoignage de la 
tradition, la sérié complète des propriétaires de cette maison, depuis la 
mort de Jeanne d'Arc jusqu'à nos jours. 

2° En faisant l'historique des restaurations et modifications de l'édifice, 
au cours des siècles, et sur lesquelles nos contradicteurs s'appuient pour 
attaquer l'identité de la chaumière de Doinremy. 

3° En répondant par des éclaircissements précis, aux objections qui ont 
actuellement cours et qui pourraient bientôt s'accréditer devant l'opinion 



812. SAVK (G.). — La maison de Jeanne d'Arc est-elle authentique? 
[Nancy, Crèpin-Leblond, 1892], gr. in-8 de 5 p. et 1 plan. 

Extrait de la Lorraine artiste, Il déc. 92, p. 802-806. 

Des réparations étant faites à la maison de l'héroïne à l'occasion de son 
appropriation en Musée Jeanne d'Are, M. Save visita les lieux ; comme on 
creusait un fossé contre le mur de la chambre dite de la Pucelle, on 
trouva les restes d'un four. M. Save en conclut que cette pièce étant un 
bmr ne devait sûrement pas être la chambre de Jeanne ; des restes de 
poutres semblent indiquer aussi que le plancher dans la maison primitive 
devait être plus bas qu'il n'est aujourd'hui et qu'il a été exhaussé ainsi que 
les plafonds. Enfin l'auteur conclut de l'examen des buis travaillés au ra- 
bot, des fenêtres, des moulures, etc., que la maison dite de Jeanne d'Arc 
est d'environ 350 ans postérieure à la naissance de la Pucelle ; la désigna- 
tion qu'on fait de l'attribution de ses diverses pièces en serait donc pure- 
ment fantaisiste, cette maison ayant seulement été construite après coup 
sur l'emplacement de la véritable demeure de l'héroïne. 

M. Save, postérieurement à cette brochure, écrivit en janvier 93, à la 
Lorraine artiste, au Patriote de Neuf château une lettre pour se rétracter et 
pour convenir de la fausseté de sa thèse. 



813. ARDOUIN-DUMAZET, rédacteur mililaircdu Temps. 

Dans ses Grandes manœuvres île VEst en 1891, Paris, Rouam, 1891, in-18 
de 3. : >2 p. consacre qq. pages, (p. 156 , r >8) à sa visite à Doinremy lesquelles 
avaient paru déjà dans le Temps du 31 aoùl 91. 

« Celte impression est si forte et soulève de telles pensées, qu'on a pen- 
dant longtemps le cœur gonllé d'émotion. Déjà sous prétexte d'honorer la 
la bonne Lorraine on a rempli sa maison et l'église de souvenirs et d'of- 
frandes quasi-ridicules. Combien, au lieu de ces bannières brodées par des 
châtelaines et des dévotes bien patriotiquement, mais fâcheusement inspi- 
rées, devait être plus suggestive la nudité brutale de la maison... Aujour- 
d'hui on achève l'œuvre de la dévastation. La partie du Bois-Cbenu où elle 
entendit pour la première fois ses Voix est couverte par une basilique en 
construction, où éclate le mauvais goût des marchands de la place Saint- 
Sulpice... Le culte de Jeanne est d'ailleurs en voie de taire place à celui de 
la Sainte Vierge. » 

CIL des Etudes relig. déc 91, p. 8G1-G3. 



DO M REM Y 



353 



Slii bis . FOUCAULT (Mgr), évêquc de SainUDié.— Allocution au pèle- 
rinage du 17 août 1893 à Domremy. 

« Et lu Bethléem nequaquani niiniina os in prineipibus Juda : ex te eniin 
exiet dux qui regat pûpulum meum Israël. •> 

« N'est-ce pas le moment pour nous de célébrer ici les gloires d'un mo- 
deste village et de nous écrier avec, le chantre inspiré : Et toi Domremy, 
tu n'es plus à nos yeux le petit village ignoré de tous, blotti à l'ombre du 
Bois-Chesnu ; tu peux rivaliser avec nos cités les plus laineuses, car c'est 
de toi qu'est sortie la libératrice de nos pères ! 

Domremy lu brilles d'un éclat incomparable. 

Domremy c'est le sol natal, berceau de la vie et de la vocation de Jeanne; 
c'est la terre sacrée gardienne de sa mémoire et de ses suprêmes volontés. 

Parut dans la Voix de Jeanne d'Arc, sept. 93, p. 37-45 ; la Sem. relig. 
de Sainl-Dié ; Jeanne d'Arc à Vaucouleurs, sept. 93 et dans divers journaux 
de la région. 




Jeanne d'Arc écoutant ses voix, groupe du sculpteur Allai- 
(Extrait de la Jeanne d'Arc de l'abbé Debout). 



23 



354 MONOGRAPHIES 

814. DEBOUT (l'abbé Henri). 

Voir son Panégyrique prononcé à Domremy le 25 août 4891 pour L'inau- 
guration du monument d'André Allar, suprà n° 26o. 

Nous donnons ci-joint la gravure de ce monument d'après le cliché 
même qui accompagnait le dit panégyrique de l'abbé Debout. 

815. IIALDAT (Alex. de). — Notice sur la cbapelle de Bermont. 
Nancy, Grimhlot et V ve Rayhois, 1835, in-8 de 10 p. 

Avait déjà paru dans les Mém. de VAcadém. Stanislas, 1833, p. 96-102. 

810. X... — Die Kapelle der Iungfrau von Orléans. [La cbapelle de la 
Pucelle d'Orléans. ] [Berlin, 1840,] in-4 de 1 f. 

Extrait du Magazin fur die Literatur des Auslandes, 30 mars et 31 août 
1840, p. 156 et 420. 

Etudie les diverses explications données pour la lecture de l'inscription 
de la cloche de N.-Dame de Bermont. 

81V. [OFFRION (Oscar)]. — OEuvre Jeanne d'Arc. Orphelinat mi- 
litaire de Bermont (Vosges). Appel aux Français à l'occasion du 8 mai, 
anniversaire de la délivrance d'Orléans (1420) et du 30 mai 1431, dont 
hommage réparateur à Rouen au 30 mai 1888. S. nom. [Paris, impr. 
Levé, 1888], in-4 de 8 p. 

Circulaire et appel de fonds pour la fondation du dit orphelinat militaire, 
lequel est resté jusqu'ici à l'état de projet. 

» A trois kilom. de Domremy est une colline agréablement soulevée près 
des bords accidentés de la Meuse Ce lieu a nom historique Bermont. Une 
antique chapelle couronne le sommet boisé de la colline. C'est dans cette 
chapelle même, aux pieds d'une statue de la Vierge, que Jeanne d'Arc 
reçut l'ordre du départ pour la délivrance de la patrie. Chapelle, sta- 
tue, cloche, existent encore par les soins pieux et désintéressés d'une 
famille française jalouse, en dépit de toute offre étrangère, de conserver à 
l'histoire et à la France de tels souvenirs. Cette propriété nous appartenant, 
nous désirons avant tout l'utiliser dans l'intérêt de notre cher pays, à la 
fondation d'une œuvre nationale utile et nécessaire à la patrie autant que 
pieuse au souvenir de la Pucelle. 

Avec le concours de la France, et des Français de cœur, soucieux des 
intérêts moraux de leur pays et du sort des orphelins de la guerre, nous 
fondons à Bermont un orphelinat national d'enfants, des militaires des deux 
sexes et d'enfants délaissés de marins. 

Français, nous sommes tous soldats aujourd'hui et, dès lors, frères d'ar- 
mes ! Quoi de plus beau pour la patrie... » Signé : Armand Dunois. 

P. 3 à 8, Histoire résumée de Jeanne d'Arc. Adresses aux principales lo- 
calités historiques de la mission de la Pucelle, « extraites d'un ouvrage iné- 
dit devant paraître. » Courtes poésies : 

" Français, voilez vos fronts pendant l'affreux supplice ! 
La Sainte, d'Albion, va devancer l'arrêt. 
Le prélat, qui condamne au nom de la justice, 
C'est Caïphe, A martyr, Ion sacrifice est prêt. » 



DOMREMY 353 

818. OFFRIOX (0). — Institut Jeanne d'Arc. Comité historique de la 
jeunesse de France, fondé à Paris le 6 janvier 1889 pour étudier, hono- 
rer, glorifier Jeanne d'Arc, par le droit, la religion, l'histoire, la littéra- 
ture et les beaux-arts, au moyen de la Croix de Lorraine, journal organe 
de l'Institut en l'honneur de Jeanne d'Arc, au service des œuvres Jeanne 
d'Arc autorisées, notamment de l'œuvre Jeanne d'Arc de Domremy-Ber- 
mont, Vosges, Diocèse de Sainl-Dié. [Paris, impr. de Soye, 1889], in-4 
de 5 p. 

Circulaire réclamant des abonnements à la Croix de Lorraine et des 
adhésions à l'Institut, donnant des renseignements sur ces deux créations. 
Nous ne sachions pas que ces deux projets aient été exécutés. 11 parut 
aussi divers prospectus, notes, lettres, le tout sous les auspices du nom de 
l'héroïne. 

819. OFFRIOX (0.). — Orphelinat national de Jeanne d'Are de Ber- 
mont-Gentilly, Vosges-Seine. [Paris, Blanc Pascal, 1891], in-4 de 

I p. 

Nouvelle circulaire, appel de fonds. 

« Dans le domaine historique de Bermont, prés de Domremy-la-Pucelle, 
lieu rempli des pins touchants souvenirs de la Vierge de Domremy, nous 
fondons notre établissement agricole principal, qui sera inauguré au prin- 
temps de 1892. Nous faisons appel à tous les cœurs fiançais. » 

Celte circulaire porte in due le fac-similé de la signature de Jeanne 
d'après sa lettre aux habitants de Riom. 

Il y a aussi une lettre d'envoi lilhograph. 2 p. in-8. 

820. GERMAIN (Léon). — La cloche de Bermont (Vosges). Nancy, 
Sidot, 1890, in-8 de 15 p. et une pi. hors texte. 

En épigraphe : « Johanna libenter et sœpè ibat ad ecclesiam sive here- 
mum Beata; Mari» de Bermont juxla dictam villam de Dampno-Remigio. » 
Quich. Procès 11, p. 389. 

Tirage à part du Journal de la Soc. d'archêolog. lorraine, 1899, p. 216-29. 
La couvert, sert de titre. 

B. Nat. Lj 20 392. 

La planche est le fac-similé de l'inscription de la cloche dont la lecture a 
donné lieu à plusieurs reprises à controverse. 

« La Chapelle de Bermont — si intéressante à cause des pèlerinages que 
Jeanne d'Arc dans son enfance y faisait chaque samedi — possède une clo- 
che qui préoccupe depuis longtemps les archéologues ; c'est peut-être, de 
tous les monuments eampanaires, celui qui, malgré ses petites dimensions 
a provoqué le plus grand nombre d'articles relatifs à l'interprétation de 
son inscription. » 

M. Germain, qui s'était déjà occupé de cette question dans l'Intermé- 
diaire des chercheurs du 10 août 86, col. 4o6 (avec la réponse M. Méresse, 
de Compiègne, dans l'Intermédiaire 1887, col. 30o suivi d'un fac-similé dé- 
fectueux), expose les diverses lectures faites de l'inscription de cette cloche 
et conclut qu'il faut lire : Ave Maria Dei Mater Ora pro nobis, ce qui parait 
naturel en effet. C'est donc une cloche d'angelus de la fin xv e s. 

M. Offrion, dans l'Univers du 1 er sept. 90, a proposé la lecture suivante : 
Ave Maria reijina dea armaiorum omni G;i//i:r futela. 



G. — Vaucouleurs ci son monument '. — Neufchàteau 
et sa statue -. — Toul 3 . — \aney, ses souvenirs, 

fêtes et statues 4 . 



821. X... — * Souvenir de la réunion du 21 février 1S90 en l'honneur 
de Jeanne d'Arc, tenue sous'la présidence de S. G. Mgr Pagis, évêque 
de Verdun et de M, de Lamarzelle, député. Aux étudiants catholiques de 
France, le Cercle catholique des étudiants de Paris (Cercle du Luxem- 
bourg.) Paris, Imprim. J. Mersch, 1800. in-8 de 40 p. 




Porte de France à Vaucouleurs. 



B. Nat. Ln 2l 39432. 

Est le récit d'une fête donnée le 21 fév. Ut) au Cercle des étudiants du 
Luxembourg, en présence de 1200 étudiants, en l'honneur de l'héroïne pour 

protester contre sa laïcisation. 



1 La façade de l'Hôtel de ville de Vaucouleurs est ornée d'une statue en bronze 
d'après la Princesse Marie. 

Le monument national conçu par Mgr Pagis en 1890 comprendra une chapelle 
votive à N.-D. des Voûtes avec statue équestre ; celte œuvre grandiose élevée par 
souscriptions coûtera plus d'un million. Voyez sur l'œuvre de Mgr Pagis suprà n° 
271 1>K 

- La statue, qui orne la place Jeanne d'Arc à Xeufchdleau, est un bronze de C. 
Pètre, de Metz, il a été inauguré en 1859. 

Ccffonds, dans la Haute-Marne, patrie de Jacques d'Arc possède aussi au centre 
de la bourgade une statue en bronze de Jeanne. 

3 La cathédrale de Toul possédait une statue en pierre érigée en 15G0 par Hor- 
dal du Lys doyen du Chapitre ; c'était une copie fidèle de celle du grand pout 
d'Orléans; elle fut brisée en 1793. En juillet 1893 a été inaugurée une statue du 
même modèle, due à M. Pierson de Vaucouleurs et élevée par souscriptions. 

* Nancy possède 1° la belle statue équestre en bronze de Frémiet, don princier 
de M. Osi'ris, laquelle fut érigée le 29 juin 1890 sur la place Lafayette ; 2° celle de 



VAUCOULEURS 



357 



Se compose : 1° d'un compte rendu de la séance par A. AL 
trait de l'Univers, du Monde, de la Croix du 23 fév. <H). 2° Allocution pîei 
d'enthousiasme de M. IL Terrât, président du Cercle ; 3 e Discours de M. 



ueperse, ex- 
ne 
de 




Le crypte historique à Vaucouleurs (vue extérieure). 
(Extrait de Jeanne d'Arc, sa mission, par R. de Gombervaux, Paris, Dentu, 1893) 



Lamarzelle ; 4° une poésie Pour Jeanne d'Arc qar M. Louis de Chauvigny ; 
o° un extrait de l'allocution de Mgr Pagis ; 6° Adresse au Saint-Père. 



l'hôpital militaire ; 3° celle du square du cercle catholique, (sans compter plu- 
sieurs autres, dans des propriétés particulières). 

Une statue de Jeanne d'Arc sera prochainement érigée sur la tourelle de 
l'église de Mousson. Cette statue dont le modèle a été donné par M m <> la duchesse 
d'Uzès, mesure 3 m. de hauteur, elle est en fonte dorée et pèse 750 kil. C'est le 
résultat d'une quête recueillie par l'abbé X„ Mundveiller, curé de Mousson, se 
montant à 2,500 fr. 

Le 18 août 1893 a été érigée à Batilly une statue en bronze de la Pucelle, 
offerte par le général de Briey à la mémoire des soldats français morts à Saint- 
Privat et à Sainte-Marie aux-Chênes. La cérémonie a été fort belle. 
^ Grâce au zèle de M. Emile Badel, professeur d'histoire à Nancy, la place de 
l'Eglise de Mars-la-Tour. où se réunissent chaque année des milliers de pèlerins 
et de patriotes, verra s'élever à l'entrée des champs de bataille du 16 août 1870 
une statue de Jeanne d'Arc : Souvenir et espérance! 



358 



MONOGRAPHIES 



Voici un extrait du discours de M. de Lamarzelle : « Monseigneur, la 
jeunesse catholique est heureuse de pouvoir aider Votre Grandeur dans 
la belle œuvre qu'elle a entreprise. Nous sommes prêts à y consacrer 
tout notre dévoûment, tout notre zèle, toute notre énergie, car votre admi- 
rable le tire nous a profondément émus. 

Comme vous, nous sommes convaincus qu'il faut un monument national 
à Jeanne d'Arc, à la jeune fdle sans laquelle aujourd'hui nous n'aurions 
plus de patrie. C'est en effet la patrie même que nous lui devons et cela 
nous l'avons trop oublié, nous l'oublions trop encore. 

Aussi, Monseigneur, il n'est pas en ce moment dans tout le pays un seul 
Français qui ne vous dise du fond du cœur : merci ! 

Mais ce n'est pas tout : nous autres catholiques nous vous devons une 
reconnaissance toute spéciale : nous sommes particulièrement heureux^ de 
voir un évèque à la tête de cette œuvre patriotique qui, grâce à vous, sera 
une œuvre chrétienne. Cela était nécessaire, cela, il le fallait à une époque 
où on veut faire disparaître l'idée chrétienne de toutes choses, où l'on 




La crypte historique de Vaucouleursjvue intérieure). 



veut chasser Dieu de partout, où l'on veut tout laïciser. Jeanne d'Arc n'a 
pas échappé à cette laïcisation générale. On entend nous ravir cet honneur- 
là. Vous connaissez tous la campagne entreprise : on veut faire croire au 
peuple ([lie Jeanne d'Arc ne nous appartient pas, qu'elle est une patriote, 
rien qu'une patriote et que, si elle a été inspirée, ce n'est pas Dieu, ses 
anges, ses saints qui l'ont inspirée, c'est uniquement l'amour de la pa- 
trie... » M. de Lamarzelle combat cette opinion. 

Voici quelques vers de la poésie Pour Jeanne d'Arc de M. Louis de Chau- 
vigny: 

« ... Quand il ne vit plus rien, rien qu'un peu de fumée 
Montant vers le ciel bleu comme un encens vainqueur, 
L'Anglais crut sa victoire à jamais consommée... 
Ton corps était brûlé, mais il restait ton cœur. 
vierge qu'honora l'outrage de Voltaire, 
Ce cœur est vraiment nôtre et lu nous appartiens ; 



VAUCOULEURS 359 

Mais ceux qui devant toi devraient au moins se taire 

Pour te rabaisser mieux te volent aux chrétiens. 

Sous un prétexte faux d'étude, on te ramène, 

Toi la fille robuste et saine de nos champs, 

A je ne sais quel cas de la folie humaine. 

Non, tes bourreaux félons n'étaient pas plus méchants. 

Nous ne voulons pas que l'on te laïcise, 

Héroïne à qui Dieu confia ses desseins... » 

L'adresse au Pape porte : « La jeunesse catholique de Paris, réunie pour 
acclamer le nom de son immortelle héroïne... Fils de la France, que Dieu 
sauva il y a tantôt cinq siècles par la main de Jeanne d'Arc, nous entou- 
rons sa mémoire d'un culte de respect, d'admiration et de reconnaissance, 
,en attendant que l'Eglise nous permette de prier au pied de ses autels. 

L'exemple de Jeanne d'Arc, si énergiquement ennemie du blasphème, 
si intrépide dans la lutte, si noblement résignée dans la douleur, parle à 
nos âmes et nous convie puissamment à la défense des causés sacrées, qui 
seront la fierté de notre jeunesse et qui assureront la vraie grandeur de 
notre bien-aimée patrie. 

L'œuvre commencée par Févêque de Verdun a déjà reçu de la voix pu- 
blique le nom de croisade de Jeanne d'Arc, nous nous enrôlons dans cette 
croisade... » 

CR. des journaux du 23 fév. 90, notamment le Monit. univers. 

822. DESPLAGNES (A.). — Monseigneur Pagis et Jeanne d'Arc. 
[Grenoble, Dardelet, 1890], in-8 de 5 p. 

Extrait de la Rev. (1rs insiit. et du droit, mars 90, p. 276-80. 

A propos des sermons prêches à Paris par Mgr Pagis pour le monument 
de Vaucouleurs, et de la fête du 21 fév. au cercle du Luxembourg. M. Des- 
plagnes expose la rivalité naissante entre les évêques de Saint-Dié et de 
Verdun ; le premier voulant élever une basilique à Domremy, le second à 
Vaucouleurs. 

L'auteur regrette que le plan de feu Mgr de Briey ait été d'élever sa ba- 
silique au Bois-Chesnu, près de l'arbre des fées, ce. qui semble consacrer 
une légende menteuse et anti-catbolique, donner raison à la libre pensée. 
Il préférerait qu'on l'élevàt à N.-Dame de Bermont. 

En tous cas, il faut aider Mgr Pagis et, une fois son monument élevé à 
Vaucouleurs qui fut la seconde station de Jeanne, on aidera Mgr Sonnois 
pour la basilique de Domremy. 

823. PAGIS (Mgr), évêque de Verdun. — Lettre pastorale de Monsei- 
gneur l'évéque de Verdun sur Jeanne d'Arc et la France. Verdun, 
Ch. Laurent, 1891, in-8 de 44 p. 

Mgr Pagis expose le but de sa croisade pour l'héroïne : « La glorification 
de Jeanne d'Arc s'étend nécessairement aux grandes idées qu'elle repré- 
sente et qu'elle a fait triompher par sa bravoure, par ses victoires, par son 
martyre : elle est le symbole du surnaturel qui seul explique sa mission 
et ses exploits invraisemblables ; de ce patriotisme ardent, généreux, qui 
brûle au cœur comme une vive flamme et inspire tous les dévoùments su- 
blimes pour l'honneur et le salut de la patrie ; enfin de cette belle alliance 
entre le patriotisme et la foi qui résume les destinées de la nation fran- 
çaise, fait la France soldat de Dieu, et les chefs de France, de quelque 
nom qu'ils s'appellent, lieutenants du Christ selon le mot de Jeanne d'Arc 
à Charles VIL 

Dès le jour où la France, glorifiant ces idées, reprendra conscience 
d'elle-même et de sa vocation providentielle, elle retrouvera la protection 
divine et, avec elle, son génie, sa bravoure, ses victoires et les larges 
expansions de son cœur. Or, il me semble que rien n'est capable de prépa- 



360 



MONOGRAPHIES 



rer cet heureux retour de la France à ces traditions glorieuses 1 , comme 
l'histoire mieux étudiée, mieux connue de notre sainte héroïne. C'est cette 




'*-,•^X^"^'#!» | ; \•'^ J ^ 



Monument de Vaucouleurs (premier projet de MM. Eude et Richardière). 
(Extrait de Jeanne d'Arc de R. de Gombervaux, Paris, Denlu, 1893). 



histoire que je raconte et que j'explique, en parcourant tous les diocèses 
de la France. » 



VAUCOULKURS 361 

Mgr l'avis réfute aussi les deux thèses du rationalisme qui veulent faire 
de Jeanne tantôt une exaltée, tantôt une hallucinée ou hypnotisée. La 
théorie de l'exaltation est condamnée par l'histoire qui nous montre 
Jeanne douce et bonne, toujours en pleine possession d'elle-même et aussi 
calme dans la vie ordinaire que transfigurée pendant la bataille. La théo- 
rie de l'hypnotisme n'est pas plus acceptable : la volonté de Jeanne loin 
de subir l'influence d'une autre volonté, a exercé au contraire son empire 
sur toutes les volontés, même les plus résistantes : l'héroïne entraînait 
tout le monde et ne suivait personne. Si Jeanne était hypnotisée, c'était 
Dieu l'hypnotisant. 

Le projet de Mgr Pagis d'ériger un monument à Vaucouleurs qui a été 
vivement attaqué, reçut les encouragements de Léon XIII, qui par un bref 
;< bénit de tout cœur 'cette noble entreprise et la recommande à la généro- 
sité de tous les catholiques français. » 

Cf. sur le même sujet dans le Monde du 7 janv. 90 une longue lettre 
de Mgr Pagis annonçant sa croisade pour un Monument national à Jeanne 
d'Arc. Le Soleil du <>' l'év. 90, Pèlerinage épiscopal par Jean de Nivelle ; Le 
Moniteur univ. 6 fév. 90 ; Le Soleil du midi et la plupart des journaux 
du lii fév. 90, rendent compte de la première conférence sur Jeanne d'Arc 
faite à la Madeleine par Mgr Pagis. 

Le Moniteur unir, du 17 fév. 90 publie une longue lettre de M. Buffet, 
directeur du Nouvelliste des Vosges, protestation contre la croisade entre- 
prise par Mgr Pagis. « Au moment où l'évèque de Verdun commence ce 
qu'on a appelé sa croisade, bien qu'il soit sur de ne plus trouver devant lui 
d'infidèles, il est absolument nécessaire qu'une voix s'élève dans la presse 
en laveur de Domremy, qui paraît avoir été relégué tout à fait au dernier 
plan. » Montre que la priorité d'idée et que la priorité d'exécution appar- 
tiennent au diocèse de Saint-Dié. 

Cf. encore Le Moniteur unir, du 31 mai 90 ; le Journal illust. 23 fév. 90, 
p. 37-38, avec portrait de Mgr Pagis; La famille 6 juillet 90, p. 417, avec 
portrait. De nombreux portraits, images, circulaires, comptes rendus, an- 
nonces ont été lancés dans le public, qui tous portent les aunes et le nom 
de l'héroïne. La croix île la Haute-Marne, 19 janv. 93. 

L'érection du monument national a été confié à MM. Lude et Richar- 
dière. Nous en donnons ci-dessus le projet, d'après la gravure donnée par 
M. de Combervaux dans l'ouvrage cité' par nous suprà n" 271 '"\ On trou- 
vera dans ce volume l'historique détaillé des efforts de Mur l'avis et de la 
question du monument de Vaucouleurs. 

Le 24 sept. 93 a eu lieu l'inauguration du monument sous la présidence 
de M. Poincaré ministre de l'Instruction publique, accompagné de M. De- 
velle, min. des aff. étrang., et de plus, députés et, sénateurs. Mgr Pagis a 
prononcé à cette occasion un magnifique discours : « Je suis l'évèque de 
la frontière et quand j'entends le canon ou le clairon je songe à Jeanne qui 
incarne la grandeur de la patrie. Il faut que la mémoire de Jeanne d'Arc 
soit symbolisée par l'union patriotique de la France immortelle, comme 
Jeanne le disait à ses geôliers de Rouen. » M. Poincaré a répondu en féli- 
citant l'évèque de Verdun de son initiative patriotique et en saluant en 
Jeanne d'Arc » la vraie créatrice de la patrie française qui incarne l'inal- 
térable dévoùment à la patrie, la passion de l'indépendance et de la 
grandeur nationale. » Le panégyrique de l'héroïne a été prononce par 
l'abbé Le Nordez. CIL dans les journaux du 23 sept. 93; de Jean de Nivelle 
dans le Soleil du 27 sept. Violente critique dans la Gazette de France du 
27 sept. 

823 bis |RAULX (L'abbé Victor), curé-doyen de Vaucouleurs.] — Jeanne 
d'Arc à Vaucouleurs. Verdun, Imprim. Ch. Laurent, 1893, in-8. 

Bulletin Paroissial en cours de publication, 3 fr. par an au profit du mo- 
nument de Vaucouleurs. 

Le I er n° est du 19 mars 93, il paraît deux fois par mois, par fascicule 
de 16 p. 



362 MONOGRAPHIES 

« Vous trouverez dans ce Bulletin, mes chers paroissiens, deux parties 
bien distinctes : la première sera consacrée à Jeanne d'Arc, à son histoire, 
à l'œuvre du monument national qui se prépare là-haut et vers lequel se 
portent vos aspirations, vos désirs. 

Dans la seconde, la partie pastorale, je dirai tout ce que je pourrai dire 
d'utile à vos vrais intérêts du temps et de l'Eternité... » 

Les premiers n° s contiennent une Histoire de Jeanne d'Arc au pays de 
Vaucouleurs par l'abbé Bonneau, curé de Burey-en-Vaux. 



824 [R01îli\l\T (le D r ), ancien maire du vi e arr., président du Comité 
républicain de la fêle civique de Jeanne d'Are. | — Culte civique de 
Jeanne d'Arc. Fête annuelle de Jeanne d'Arc dans les écoles primaires. 
Annexion au domaine public des restes du château de Vaucouleurs. Let- 
tre et mémoire au président de la République. Publication du Comité 
républicain de la fête civique de Jeanne d'Arc. S. nom. Paris, 
Versailles, Imprim. Auberf] 1890, in-8 de 20 p. 

La couvert, sert de titre. Prix 0,50. La brochure est signée. Tirage à part 
de la Revue occidentale, mai 90. 

Contre la croisade de Mgr Pagis ; demande à ce qu'on annexe au do- 
maine public le château de Vaucouleurs et qu'on institue dans les écoles 
primaires une fête annuelle en l'honneur de la PueeUe. Précédé de deux p. 
signées E. A. rapporteur (Emile Antoine). 

« Présenté par M. de Verdun, le projet d'honorer Jeanne d'Arc au nom 
de la France ne peut rallier les fidèles du grand diocèse de l'humanité qui 
n'ont point oublié la conduite passée de l'Eglise romaine envers elle. 
M. de Verdun a compris qu'un évêqne n'est pas l'homme d'un tel mouve- 
ment et cet appui il est venu le chercher auprès de vous, monsieur le Pré- 
sident. 

Votre participation à un hommage à Jeanne d'Arc, il la sollicite pour su- 
bordonner l'Etat au gouvernement catholique : nous, pour affermir lajuste 
prépondérance de la République française... 

Où cet hommage à Jeanne d'Arc serait-il mieux placé que dans la bou- 
che des jeunes représentants de l'avenir, dans ces établissements scolaires 
où l'on enseigne sa vie, où l'on apprend à ne jamais prononcer son nom 
sans un hommage spécial de reconnaissance '? Puisse le gouvernement dé- 
cider que dans toutes les Ecoles primaires de la République française, il y 
aura chaque année une fête de Jeanne d'Arc à l'anniversaire de son glo- 
rieux martyr ! 

Puisse-t-il également donner satisfaction aux vœux de nos concitoyens 
de Vaucouleurs et sanctionner ainsi la prépondérance du civisme sur les 
croyances quelconques ! En mettant, comme ils le demandent, sous la 
garde de l'Etat, les restes du château de Baudricourt, si étroitement liés 
aux débuts de la carrière civique de Jeanne d'Arc, le gouvernement les 
conserverait purs de toute altération, il en donnerait l'accès, et au même 
titre, à tous les Françsis, il rendrait possibles de véritables manifestations 
civiques ; toutes choses qui ne pourraient avoir lieu si la crypte était trans- 
formée en église et consacrée à un culte particulier. L'Etat et l'Eglise con- 
serveraient ainsi leurs rôles et leurs rangs respectifs, tout en participant, 
chacun à sa manière, à une œuvre commune. » 

Cf. sur le même sujet : Revue occidentale mai 89; La Chapelle de Vaucou- 
leurs dans YEstafetie du 12 sept., le Radical et la Justice du 20 sept. 92. 
Enfin dans, Le Temps du 21 sept. 92 une lettre de M. Siméon Luce, de- 
mandant à ce que la crypte de Vaucouleurs soit classée comme monument 
historique. 



VAUCOULEURS 363 

825. HUMBLOT (II.). de Landaville (Vosges). —Jeanne d'Arc et le 
clergé français. Dessin et grav.de A. de Tilly. Paris, imprim. Prissette, 
1891, in-12 de 54 p. 



Prix 0,50. 



B. Nat. Lb îfî 271. 



La couvert, porte : « En vente chez l'auteur, 150, Avenue de la Républi- 
que, Paris. » En frontisp. grav. de Jeanne au bûcher. 

« C'est pour répondre au désir exprimé par un grand nombre de patriotes 
que j'ai écrit ce livre. En face de la propagande effrénée faite par le clergé 
en faveur d'œuvres qui n'ont rien de national, tout en se réclamant de ce 
mot, en face des provocations audacieuses de ce même clergé, j'ai cru ac- 
complir un devoir en livrant au public un travail, très imparfait assuré- 
ment, mais qui a le mérite d'être l'expression de la vérité. Je prends la 
parole contre l'évêque de Verdun et son projet, et, pour bien montrer que 
je suis au-dessus des jalousies mesquines qui ont amené la guerre sainte 
entre les évêques français et leurs subordonnés, je les combats tous, car 
tous veulent arriver aux mêmes fins par les mêmes moyens. 

La plus belle et la plus pure de nos gloires nationales, Jeanne d'Arc, ne 
pouvait et ne devait pas échapper à cet entraînement du public vers ceux 
qu'il n'est pas permis d'oublier. Depuis une année son nom est dans toutes 
les bouches : partout, au théâtre comme à l'église, on fait revivre celle qui 
fut l'humble bergère de Domremy. Le gouvernement, les assemblées dé- 
partementales et municipales lui rendent hommage à qui mieux mieux. 
C'est un élan général et qui devrait être surtout patriotique. Mais il ne 
l'est pas, parce que dans certains milieux on honore en Jeanne d'Arc non 
pins la libératrice de la France, mais la visionnaire... Protestants et juifs, 
libres-penseurs et athées, peuvent franchement se découvrir devant son 
image; le pourront-ils encore quand il y aura, à côté de la libératrice, la 
sainte ? Je ne le crois pas et je répète qu'on poursuit en ce moment une 
œuvre anti-patriotique. » 



820. Y... — Inauguration de la statue de Jeanne d'Arc à Neufchâteau. 
Fête présidée par M. de la Guéronière préfet des Vosges, le 3 mai 1861 
[Neufchâteau, Beaucolin, 1861]. 

Extrait de Y Abeilles des Vosges, 12 mai Gl. 

Discours, poésie, récit, etc.. La statue, due au ciseau d'un sieur 
Paul, est presque grotesque. 



827. THIERY (A. D). — Histoire de la ville de Toul et de ses évèques. 
Paris, Roret ; Nancy Grimblot, et Bat/bois ; Toul, V™. Baslien, 1841, 
2 vol. in-8. 

T. I, p. 358 et suiv. Jeanne d'Arc à Toul. 

— Le 15 juill. I86G, en présence de l'Impératrice et du Prince impérial eut 
lieu à Nancy une cavalcade historique où était représentée la Pucelle. Cf. 
Le Constitutionnel, 27 juin 18 et 19 juill. Le petit Journal 14, 18, 19 et 20 
juill.; Le Moniteur univ. 18 juill. ; L'univers illust. 28 juill. ; Le voleur 
2 août, p. 531-32. 



364 MONOGRAPHIES 

828. Tl HIWZ (Mgr), évèque de Nancy. — La Très-Sainte-Vierge, 
Jeanne d'Arc et la France. Discours prononcé devant la grotte de Lour- 
des le dimanche 2 septembre 1888... à l'occasion de la bénédiction d'un 
étendard de Jeanno d'Arc, offert par le pèlerinage lorrain, Nancy, Cré- 
pin-Lehlond, 1888. in-8 de 30 p. 

Prix 0,75. 

B. Nat. Ln 27 38170, 

Avait déjà paru dans les Annales de N.-D. de Lourdes, 30 oct. 88 p. 169- 
75, 30nov.,p. 201-13. 

« L'étendard de Jeanne d'Arc offert à la Vierge immaculée de Lourdes, 
par le pèlerinage de la Lorraine et uni devant la grotte bénie aux banniè- 
res de Metz et de Strasbourg, quel spectacle, quels enseignements ! Quels 
consolants et merveilleux souvenirs ! Je voudrais recueillir en quelques 
paroles imparfaites et rapides quelques-unes de ces hautes et consolantes 
leçons et vous dire les relations de Jeanne d'Arc et de Marie immaculée, 
les relations de la mère de Dieu et de Jeanne d'Arc, avec la France. La 
sainte Vierge et Jeanne d'Arc, la sainte Vierge, Jeanne d'Arc et la France, 
tel est le résumé de ce discours. » 



82ï). X... — La statue de Jeanne d'Arc. [Nancy, Imprim. Crépin-Le- 
blond, 1889], in-8 de 4 p. 

Extrait du Journalde la Soc d'archéoloff, lorraine, 89 p. 171-74. 



830. HIÔUGENOT (Léon). — De remplacement de la statue équestre 
de Jeanne d'Arc à Nancy. Nancy, Imprim. ./. Royer, 1889, in-8 de 8 p. 
el 1 plan. 

F, élire à Frémiet, lui conseillant d'élever sa statue square La Fayette. 



831. MOUGENOT (L). — Jeanne d'Arc à Nancy et la Chronique de 

Lorraine. Nancy, Imprim. Berger-Levrault, 1890, in-10 de 27 p. 

Tiré à 22o ex numér. 

TL Nat. Ln 27 39256. 

Détruit la légende fantaisiste de la Chronique de Lorraine, d'après la- 
quelle Jeanne d'Arc aurait, en 1429, couru une lance sur la place du châ- 
teau de Nancy en présence du duc. 

M. Mougenot, qui est un fervent admirateur de Jeanne d'Arc, puisque, 
dès 1858, il demandait qu'une rue de Nancy portât le nom de l'héroïne, 
prépare une Jeanne d'Arc en Lorraine. 



832. BADEL (Emile), bibliothécaire. — * Jeanne d'Arc à Nancy (1429- 
1890). Orléans, Herluison, 1890, gr. in-8 de 102 p. 

B. Nat. Ln 2: 39261. 



VAUCOULEURS 



365 



La couvert, ill. porte Nancy, Pierron ef ITozé, S. 1). Nombreuses grav. 
dans le texte et 3 hors texte. Nous en donnons ci-dessous une comme spé- 
cimen. « Jeanne d'Arc statue par M. Daubrée, premier projet de statue 
pour Nancy, d'après le bois de J. Lévy. » 

Tirage à part d'une série de neuf articles parus dans La Lorraine artiste 
i er s. 90, n os des 18 mai au 13 juillet. 




Jeanne d'Arc, statue de Daubrée. 



L'auteur, à propos de l'inauguration prochaine de la statue de Frémiet 
à Nancy, passe en revue les monuments élevés en France à Jeanne d'Arc. 
11 raconte ensuite, le séjour de Jeanne à Tout, à Saint- Nicolas et à Nancy 
et termine par une chronologie. Voici sa conclusion : 

« C'était bien dans cette fière attitude que devait nous apparaître Jeanne 
d'Arc. Cette image de bronze où l'artiste a mis toute son âme et tout son 
génie, nous rappellera, à nous et à nos descendants, le souvenir de l'hum- 
ble fille qui voulut donner à Nancy même un preuve solennelle de son 
énergie et de sa foi inébranlable en se ruant dedans la selle du fougueux 
coursier préparé pour courir la lance. 

Faisons tous amende honorable à cette grande mémoire. Unissons-nous 
pour honorer Jeanne d'Arc. Si nous l'expliquons différemment: catholiques 
ou libres penseurs, républicains, ou royalistes, tous, Français, nous l'ad- 
mirons, nous la vénérons et nous l'aimons. 



366 MONOGRAPHIES 

Il est raconté qu'après la mort de Jeanne d'Arc à Rouen, quand le bour- 
reau s'approcha du bûcher, il ne trouva plus qu'un monceau de cendres et, 
au milieu, le cœur tout saignant de la vierge martyre. 
Le feu avait bien pu détruire jusqu'au dernier ossement, il avait respecté 
le cœur, ce cœur généreux qui avait tant aimé le doux pays de France. Le 
cœur de Jeanne d'Arc, conservé ainsi au milieu des flammes, n'est-ce 
point l'emblème sacré de la patrie, qui ne meurt jamais, de la France im- 
mortelle qui sort plus vivace de ses malheurs? 

Jeanne, ô bonne Lorraine, reste toujours vivante au fond de nos cœurs. 
Nancy t'honore et consacre ta gloire. Reste à nos yeux, sur notre terre mu- 
tilée, l'image de la foi vive, de l'espérance en l'avenir réparateur et de 
l'amour sacré envers la patrie française ! » 

Cf. La Lorraine artiste (E. Goutière-Vernolle avocat, et E. Badel, direc- 
teurs) année 1890 passim ; contient d'autres articles et phototypies sur no- 
'tre sujet. Le n° du 28 juin 90 notamment est en entier consacré à l'héroïne, 
à l'occasion des fêtes de l'inauguration de la statue de Frémiet. 



832 bis [AATOIXE (Emile)]. — Utilité d'une fête annuelle de Jeanne 
d'Arc. Lettre à M. le Maire de Nancy. [Nancy, 23 juin 1890], in-8 de 
4 p. 

Cette pétition demandant l'institution à Nancy d'une fêle civique de la 
Pucelle, fut distribuée aux membres du Conseil municipal de cette ville. 



833. X... — Jeanne d'Arc. S. nom. [Nancy, J. Royer, 1890]. Album 
in-8 obloog de 10 phototypies. 

Prix 2 fr. 

Ces phototypies signées J. Royer, Nancy, représentent : 
1. La statue équestre de Frémiet donnée par M. Osiris, inaugurée le 28 
juin 90 (d'après une grav. de la Gazette des beaux-arts). Nous en donnons 
ci-contre la reproduction. 2. Statue à genoux de Frémiet ; 3. Statue de la prin- 
cesse Marie; 4. Statue de Cois ; o. Statue et maison de Jeanne d'ArcàUom- 
remy ; 6. Statue équestre de Foyatier ; 7. Bas reliefs du monument de 
Jeanne d'Arc à Orléans ; 8. Jeanne attaquant le fort Saint-Loup devant Or- 
léans; 9. Portrait dessiné par Quéverdo d'après un tableau de 1581 (Musée 
d'Orléans) gravé par Delattre; 10 La tapisserie représentant l'entrée de 
Charles Vil à Reims, gravure de Poinssart, tiré du Recueil d'inscription de 
Ch. du Lis, 1628 (infra n° 1496). 



834. X... — Souvenir de Jeanne d'Arc. S. nom. [Nancy, Garol et 
J. Royer, 1890] in-4 de 6 IL 

Couvert, en couleurs, phototypies et texte imprimé sur la couvert : 
1° Statue de Jeanne d'Arc de Frémiet, en médaillon ; 2° Armoiries de la 
Lorraine et de Nancy. Dans l'intérieur : 3° Programme des fôtes ; 4° Statue 
équestre de Frémiet en phototypie ; 5" Basilique de Domremy (phototy- 
pie). 



835. X... — * Discours prononcés le 28 juin 1890 à l'inauguration de la 
statue de Jeanne d'Are. Ville de Nancy. Nancy, Imprim. de l'Est, 1890, 
gr, in-8 de 22 p. 



VAUCOULEDRS 



367 



Renferme les discours suivants : 

1° Celui de M. Develle, ministre de l'agriculture. 

« Messieurs, le gouvernement de la République a tenu à s'associer au 
grand acte de piété et de réparation nationales que vous allez accomplir. 
Après quatre cents ans d'indifférence et d'oubli, la Lorraine, toujours si 




Jp^nqe d'A-rc, statue d e FivJiiict-, 
donnée à la ville de Nancy par M. D. OsirU. 



fière cependant de ses gloires, s'est enfin souvenue qu'elle a donné le jour 
à la vierge guerrière qui a su mériter le beau titre de Libératrice de la 
France. La fête à laquelle vous nous avez conviés est sans doute la pre- 
mière manifestation de l'admiration et de la reconnaissance dont nous por- 
terons le témoignage à Domremy, Vaucouleurs... 

Félicitons-nous, Messieurs, car les solennités comme celle qui nous ras- 



368 MONOGRAPHIES 

semble nous élèvent au-dessus des vaines querelles qui peuvent nous divi- 
ser. Elles nous inspirent de fortes et consolantes pensées, car la statue que 
nous inaugurons aujourd'hui rappelle aux uns le sublime héroïsme de 
Jeanne la Lorraine, aux autres sa mission divine, elle est pour tous le 
syinhole du relèvement cl de l'espérance ! » 

2° Celui de M. D'ebidour, doyen de la Faculté des lettres de Nancy, mem- 
bre du conseil municipal. 

« L'Eglise qui t'avait condamnée a dû, à son tour, s'incliner devant ta 
sincérité, devant ton héroïsme. Sans doute, et malgré les efforts de quel- 
ques-uns de ses membres, elle ne pourra jamais, sans infirmer ses im- 
muables principes, te faire la réparation complète qui t'est due. Tu n'as 
voulu reconnaître à nulle autorité sur la terre, pas même à celle que lu 
révérais le plus, le droit de juger ta mission. Ce n'est pas à nous de le re- 
gretter. Pas plus que loi nous n'admettrons jamais un tribunal en ce 
monde dont notre patriotisme soit justiciable. Tu n'en seras pas moins 
une sainte. Mais tu seras la sainte laïque de la France, la patronne tou- 
jours jeune, toujours chérie d'une nation, à qui ton souvenir et ton exemple 
assurent une éternelle jeunesse. Tu as été à la peine, tu seras à 1 honneur ; 
et si chacun de nos cœurs est ton autel, chacun de nos soldats sera Ion 
prêtre. 

« Messieurs, un jour — prochain, je l'espère — la République française 
honorera solennellement d'un culte civique la Vierge victorieuse, la Vierge 
martyre. Chaque année, quand reviendra la date de son dernier sacrifice, 
la France chômera volontairement la fête de sa libératrice. Ce jour-là, 
comme aujourd'hui, il n'y aura plus de classes, plus de partis ; les haines 
se tairont, les factions déposeront les armes, et trente-huit millions 
d'hommes dans une libre et fraternelle communion d'âmes ne voudront 
plus se souvenir que d'une chose, c'est qu'ils ont eu la même mère, c'est 
qu'ils s'abritent sous le même drapeau. » 

3° De M. Osiris, le donateur de la statue. 
4° Du maire de Nancy, (M. Adam). 

Ces discours ont été reproduits in extenso ainsi que le récit très détaillé 
des fêtes dans l'Est républicain du 99 juin 90 ; n° de G p. entièrement con- 
sacré à l'héroïne, avec poésies, fragments de chroniques et illustrations. 

« En ce jour, où Nancy inaugure la statue de Jeanne d'Arc nous consa- 
crons ce n° à la gloire de la paysanne lorraine qui sauva la France et fut 
brûlée vive sur l'ordre d'un tribunal composé de docteurs ecclésiastiques 
vendus à l'Angleterre. Le roi Charles Vil qui devait son trône à Jeanne, ne 
tenta aucun effort pour la délivrer. » Ces deux derniers membres de 
phrase, parfaitement superflus, montrent l'esprit de la publication. 

Illustrât, en bleu : blasons du Barrois, de la Lorraine et de Nancy ; mé- 
daillon de la statue de Frémiet ; la place des Dames à Nancy où Jeanne 
courut une lance ; l'étendard de Jeanne ; statue agenouillée de Domremy. 

Courtes poésies de Sully-Prudhomme et de A. Mézières. (Extraits de 
Jeanne d'Arc à l'Académie française d'Ivan de Wœstyne.) Extrait de la 
(^ironique de Lorraine; parole de Gambetta ; Jeanne d'Arc à Toul, par 
E. Hadel ; l'anniversaire du 28 juin ; poésie de Martial d'Auvergne ; Supplice 
de Jeanne ; Compte rendu des fêtes de Jeanne d'Arc ; extraits des discours 
de Mgr Turinaz, du pasteur Nyegaard, du rabbin Bloch ; récit de l'inaugu- 
ration de la statue ; réception des ministres Barbey et Develle; discours in 
extenso du ministre de l'agriculture, de M. Dehidour, de M. Osiris, du 
maire, du président d'honneur et du président effectif, de l'association des 
étudiants, remise du drapeau aux étudiants, récit du banquet, toasts, ré- 
jouissances, etc. 

Se termine par une élude signée M. C. sur Jeanne d'Arc au théâtre et 
une poésie d'Emile Hinzelin, (extraite de la Lorraine artiste). A Jeanne 
d'Arc de 7.'i vers : 

« Ou versa ta cendre à la mer 
Pour noyer la moindre étincelle, 
[tes lors, chaque Ilot qui ruisselle, 
Oui court au loin rapide et clair, 
En possède quelque parcelle. •■> 



VAUCOULEURS 369 

836. DEBIDOUR, doyen de la Faculté des lettres de Nancy, [puis rec- 
teur à Limoges et inspecteur général de l'Univers.] — Lettres adressées 
au journal Y Espérance. Nontron, Goubault, 1890, in-8. 

Le discours précédent, dans lequel l'auteur prenait très vivement à parti 
l'Eglise, fut à son tour vertement blâmé. (Cf. notamment : Aigueperse dans 
le Monde, 1 juill. 90 ; Maggiolo dans le Moniteur univers., 1 juill. ; Semaine 
relie/, de Nancy, o juill. ; Le Journal de la Meurthe du 9 juill. sous le titre 
de Lettre de M. Henri Martin à M. Debidour, spirituel persifflage. 

Mais la première et principale critique vint de VEspérance, journal ca- 
thol. de Nancy, n° du 29 juin qui releva le manque de goût et de tact de 
M. Debidour. Celui-ci protesta. Ses lettres furent insérées dans VEspéranee 
des 2 et '6 juill. avec réponses de la rédaction dans les n os des 4 et 6 juill. 
90, (attribuées à l'abbé Etienne, prof, d'bist. à S'-Sigisbert). 

Ce sont ces lettres que M. Debidour fit réimprimer dans son pays natal. 



837. i\YECi<AARD (E.). — Jeanne d'Arc. Discours prononcé au tem- 
ple protestant de Nancy le 28 juin à l'occasion de l'inauguration delà 
statue de Jeanne d'Arc. Extrait de la Revue chrétienne. Dôle, Imprim. 
de Blind-Franck, [1890], in-8 de 12 p. 

B. Nat. Ln « 39447. 

Prix 0.30. La couvert, imprim. sert de titre. 

« Jeanne d'Arc a été une héroïne chrétienne et, quoiqu'elle ait appartenu 
aune Eglise qui n'est pas la nôtre, nous admirons sans réserve sa piété, sa 
foi, ses vertus. J'ose même dire, qu'en réalité, elle nous tient de plus près 
qu'il ne semble, puisque sa propre Eglise l'a solennellement rejetée de son 
sein et livrée au bras séculier pour la faire brûler vive sur l'avis du vicaire- 
général de la Srinte Inquisition romaine et sur l'arrêt rendu par un tribu- 
nal ecclésiastique présidé par un éyêque et inspiré par un cardinal. Sans 
doute, un grand nombre de prêtres et d'évèques éminents se sont noble- 
ment disputé depuis lors le soin de réparer le crime de leurs devanciers... 
il est même question, depuis très longtemps, de canoniser Jeanne d'Arc, 
de la mettre au rang des saintes auxquelles on élève des autels et dont on 
invoque l'intercession : mais il est, permis de douter que cet honneur su- 
prême soit jamais décerné à l'angélique jeune fille, parce que Home la 
trouvera toujours suspecte, et non sans raison, au point de vue de l'ortho- 
doxie. Elle a été en effet une chrétienne si foncièrement évangélique que 
ses juges ne se sont pas trompés en la condamnant comme hérétique. 
C'est sur ce caractère de la piété de Jeanne que je désire attirer principa- 
lement votre attention. » 



838. BLOC'II (Armand), rabbin de Toul. — Inauguration de la statue 
de Jeanne d'Arc. Allocution prononcée au temple consistorial de Nancy 
le 28 juin 1890. Nancy, Imprim. nouvelle, 1890, in-8 de 12 p. 

« Jeanne d'Arc n'appartient pas à notre culte ; mais je puis dire que 
celle, dont nous honorons ici la mémoire, n'appartient à aucun culte. 

Ce fut une Française, et nous ne sommes tous ici que des Français ; ce 
fut une patriote, et le sentiment patriotique est l'apanage de tous, nous le 
revendiquons comme tous, car il est également puissant dans tous les 
cœurs ! Voilà pourquoi le souvenir de Jeanne d'Arc est honoré dans ce 
temple, comme il est honoré dans les édifices religieux des autres cultes.» 

24 



370 MONOGRAPHIES 

— Le même. Deuxième édition. Paris, Diïrlacher, 1890, in-8 de 12 p. 
Le faux titre porte : « Le patriotisme juif. » 

839. TURIXAZ (Mgr), évèque de Nancy. — Jeanne d'Arc. Discours 
prononcé dans la cathédrale de Nancy le 28 juin 1890, à l'occasion de 
l'inauguration de la statue de Jeanne d'Arc par la ville de Nancy. Nancy, 
Pierron et Hozè, 1890, in-8 de 16 p, 

IL Nat. Lu « 39258. 
Prix 0.25. 

« Dominus liane in illam pulchritudinem ampliavit, ut incomparabili 
décore omnium oculis appareret. » 

« Dieu a donné à cette guerrière au cœur héroïque une beauté qui gran- 
dit toujours et la fait resplendir à tous les yeux d'un incomparable éclat. 
Grâce à un généreux bienfaiteur et à un artiste de grand talent. Nancy peut 
enfin s'unir à ces magnifiques et universelles manifestations. 

Et nous catholiques, nous sommes ici sous les voûtes de ce temple, pour 
faire monter vers Dieu les chants de notre reconnaissance, pour unir la 
voix de l'Eglise aux accents du patriotisme, la sainte bannière de Jeanne 
d'Arc au drapeau national et rapprocher tous les cœurs devant l'image de 
la libératrice et de la rédemptrice de la France. Nous venons célébrer une 
fête religieuse. » 

Ce panégyrique, plein de chaleur et de patriotisme a été reproduit par 
bien des journaux, notamment par Y Espérance de Nancy, le Monde, ï juill. 
90 ; Journal des villes et des campagnes du 3 juill ; Gazette du midi, 4 juill. ; 
Semaine relig. de Lorraine, 5 juill. ; Annales Cathol., 26 juill. 



840. FOURXEL (Victor). 

Dans le Correspondant du 25 juill. 90, p. 368, rend compte des fêtes de 
Nancy et apprécie d'une façon assez judicieuse les incidents auxquels elles 
donnèrent lieu. 

« Grâce à la générosité de M. Osiris, « la bonne Lorraine » a maintenant 
sa statue dans la capitale de sa province, à Nancy. L'hommage est un peu 
tardif, on s'est efforcé de le rendre éclatant. 

La religion est venue la première, comme il convenait, et, dans la chaire 
de la cathédrale, Mgr Turinaz a développé avec éloquence le caractère di- 
vin de la mission de Jeanne, montrant que ce serait à la fois trahir la vé- 
rité historique et rabaisser sa gloire que de la dépouiller de ce rayon 
céleste. Dans la cérémonie civile qui a suivi, tous les orateurs n'ont pas 
été aussi heureux, ni tous les hommages d'aussi bon aloi. M. le maire de 
Nancy, au moment où tombait le voile qui, jusque-là avait caché la statue 
de Frémiet, a salué noblement, au nom des Français d'avant-garde, l'image 
de la guerrière inspirée, symbole de foi et d'espérance. M. Develle, ministre 
de l'agriculture, n'a pas oublié, lui non plus, qu'il est lorrain, et il a parlé 
en vrai patriote : La note discordante est venue du discours verbeux de 
M. Debidour, doyen de la Faculté des lettres. 

M. Debidour est un ancien professeur d'histoire, arrivé jeune encore au 
décanat ; son mérite n'est certainement point étranger à ce rapide avance- 
ment. [A la suite du présent discours, M. Debidour a été nommé recteur, et 
Inspecteur général de l'Université]. M. Debidour a eu la fâcheuse idée de 
vouloir laïciser Jeanne d'Arc. 11 a fait de Jeanne, de cette fille des champs, 
simple, robuste et saine, une névrosée, tout en exaltant son courage, en 
célébrant sa grandeur, en comparant sa passion à celle du Christ dans un 
rapprochement dont les termes eussent produit à l'humble Pucelle l'effet 
d'un sacrilège. Il a osé dire que l'Eglise l'avait condamnée mais qu'elle a dû 
à son tour s'incliner devant sa sincérité et son héroïsme. Cauchon était un 



VAL' COULEURS 371 

évêque comme Judas était un apôtre, ni lu